ALERTE AU VIRUS DE LA TOMATE

La tomate est actuellement menacée par un virus qui pourrait toucher la production française, alerte l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Ce virus, le tomato brown rugose fruit virus (ToBREV) touche actuellement des pays proches de la France et grands producteurs de tomates comme l'Espagne ou l'Italie, mais aussi les Pays-Bas, la Grèce ou le Royaume-Uni.

Appartenant à la famille des tobamovirus, ce « virus du fruit rugueux brun de la tomate » est spécialisé, c'est-à-dire que seuls les tomates, les piments et poivrons, mais aussi les aubergines, les pétunias, le tabac et les plantes sauvages y sont sensibles.

S'il ne présente aucun danger pour la santé humaine, le virus ToBRFV inquiète les producteurs pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il affecte les tomates et les poivrons de manière très visible des mosaïques apparaissant sur les feuilles des tâches jaunes sur les fruits qui peuvent également présenter une surface rugueuse caractéristique. Résultat : ils deviennent tout bonnement impossibles à commercialiser.

Ensuite son mode de propagation est alarmant. Le virus se propage une fois dans la plante,de cellule en cellule jusqu'à l'envahir totalement. Les fruits, mais aussi les plants et les semences vont rester infectieux pendant des mois, sur tout type de support, ce qui explique la propagation du virus à travers la planète.

« C'est un virus très stable, persistant. Quand il est repéré, il faut donc passer par une étape de vide sanitaire », précise Philippe Reignault. Concrètement : il faut arracher les plants, les brûler, et cesser de cultiver l'endroit jusqu'à décontamination de la serre ou du sol. L'Allemagne et les États-Unis ont pris des mesures drastiques pour l'éradiquer. Les autres pays touchés n'ont pas encore réussi.

L'Agence sanitaire recommande aux autorités française d'étendre la réglementation déjà en vigueur aux fruits infectés, et de garantir que les plants importés proviennent tous de régions connues pour être indemnes du virus. Elle plaide également pour un renforcement des contrôles, et la mise en place d'un plan de surveillance.

Il est « crucial, écrit l'Agence, de signaler rapidement la présence » du virus dans les aires de production, afin d'engager au plus vite « une action rapide et déterminée d'élimination. »

Jenny Chase pour DayNewsWorld