UNE POSSIBLE VIE SUR LA PLANETE ROUGE

L’astrobiologiste Jennifer Eigenbrode, du centre Goddard de l’agence spatiale américaine a indiqué : “C’est une avancée significative car cela indique que de la matière organique est préservée dans les environnements les plus difficiles de Mars“, ajoutant : “Curiosity a montré que le cratère Gale était habitable il y a quelque 3,5 milliards d’années, avec des conditions comparables à celles de la Terre en formation, où la vie a évolué à cette période“.

Rappelons que le rover Curiosity roule depuis le mois d'août 2012 sur les couches sédimentaires à l'intérieur d'un cratère martien dénommé Gale (en l'honneur d'un astronome amateur australien du XIXe siècle). Et enfin le voilà qui vient de livrer une découverte des plus importantes !

D’étonnantes molécules organiques ont été découvertes par le rover Curiosity dans de la roche sédimentaire datant d’environ 3,5 milliards d’années. Or, ces roches se sont déposées dans un lac considéré comme une des zones les plus difficiles de Mars à une époque où la vie pouvait prospérer. Les chercheurs en savent également un peu plus sur l’atmosphère de Mars avec la découverte de traces de méthane.

Curiosity semble avoir aussi confirmé la présence de variations saisonnières de méthane dans l’atmosphère martienne. Or ce gaz, souvent signe de la présence de la vie, vient de la planète elle-même et pourrait être contenu dans des plaques de glaces situées sous la surface.

S'il s'agit d' une avancée dans le cadre de la recherche de vie sur la planète rouge, cela ne laisse pas pour autant encore présager de la découverte de la vie sur cette planète. En effet les échantillons de matière organique peuvent avoir une origine abiotique, provenir de formations géologiques similaires au charbon, ou encore d’une météorite.

En 2014 de la matière organique en petite quantité avait déjà été retrouvé par Curiosity. Si cela ne veut pas dire que la vie est présente,selon Sanjeev Gupta, professeur de SVT à l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni) et co-auteur de l’étude, « les composés organiques sont les pierres de construction de la vie ».

Ces deux découvertes évoquent cependant la potentielle vie existante ou passée sur la Planète Rouge. Ces types de molécules s’avèrent être des éléments constitutifs à l’apparition de la vie. Et il y a deux possibilités concernant leur origine : soit il s’agit d’un processus exclusivement physique, soit ces molécules signifient qu’il y a eu une vie sur Mars dans le passé.

Des molécules organiques et une potentielle vie sur Mars ?

Sachant que ces molécules organiques sont apparues en même temps que de l’eau liquide sur Mars et que ces deux éléments réunis ont déclenché la vie sur Terre, la seconde possibilité est tout à fait probable. A cela s’ajoute la présence du méthane, un autre indicateur potentiel de vie sur Mars.

En effet, c’est la variabilité saisonnière de ce méthane qui intrigue les scientifiques, d’autant plus qu’un pic survient l’été. Pour notre Terre, ce phénomène est associé à un processus biologique. Mais est-ce la même chose pour Mars ? Nul ne le sait pour l’instant ...

Méthane et molécules organiques pourraient être des biosignatures de formes de vie mais leurs origines pourraient également être abiotiques.

Gageons que les Rovers Mars 2020 de la Nasa et ExoMars 2020 de l’ESA débarqueront sur la planète rouge pour élucider cette nouvelle trouvaille intrigante.

Paul Emison pour DayNewsWorld