LANCEMENT DU SATELLITE ESPION FRANCAIS COS-1

« On assiste à une démocratisation de l’espace, avec l’arrivée sur le marché de satellites et lanceurs petits et pas chers et de plus en plus de pays s’équipent. Nous sommes dans une compétition pour l’accès à l’espace », explique le général Michel Friedling

Mercredi 19 décembre 2018, à 17h37mn14s précisément , CSO-1, un satellite militaire d’observation optique, a été placé en orbite à 800 km d’altitude. C’est le premier d’une constellation de trois satellites identiques de 3,5 tonnes, destinés à remplacer la série des systèmes Hélios 1 et 2 , qui assurent la surveillance depuis l’espace depuis 1995 pour le compte de la DGA (direction générale de l’armement) et le ministère des armées.

Depuis octobre 2011, des lanceurs Soyouz sont tirés depuis l’Ensemble de lancement Soyouz (ELS) situé sur la commune de Sinnamary, à 27 km de Kourou, et à environ 13 km des installations Ariane. Chaque année, au moins quatre tirs de Soyouz sont réalisés depuis le site guyanais. Huit ont déjà eu lieu cette année et le dernier vient d'être réalisé ce mercredi après-midi avec le satellite français d’observation CSO-1 (Composante spatiale optique).

Ce satellite, qui fournira des images de très haute résolution, sera rejoint par deux autres, en 2020 puis en 2021, pour former une constellation destinée à remplacer les actuels satellites d’observation militaires français Helios 2A et 2B. Prévue pour durer 10 ans, la constellation coûtera 920 millions d’euros, et 1,4 milliard d’euros avec le segment sol.

Ce dernier lancement d’Arianespace de 2018 est d’une importance majeure pour la défense française. Il s’inscrit dans les projets spatiaux de la Loi de programmation militaire française (LPM) 2019-2025 qui prévoit un important budget de 3,6 milliards d’euros pour le spatial de défense.

Ces satellites de prises de vues assurent en effet les besoins opérationnels des différentes armées en termes de renseignement, qu’il s’agisse de la surveillance des sites à risques, du respect des traités internationaux ou de la fonction de veille stratégique mondiale.

Les informations collectées par ces satellites d'observation sur l’environnement géographique permettent de préparer au plus près les missions. Ainsi ces satellites ont permis de localiser les caches de Daech au Levant.

« Le renseignement spatial permet aussi une autonomie politique », souligne le général Michel Friedling, commandant du commandement interarmées de l’espace. « En 2003 lorsque se profilait l’entrée en guerre avec l’Irak, nous disposions de nos propres images. Ce qui a permis de remettre en question le discours américain, et à partir de là, nos autorités ont décidé de ne pas intervenir »

Dans une compétition pour l'accès à l'espace, nouveau champ de confrontation, les innovations en matière de défense militaire s'avèrent indispensables.

Paul Emison pour DayNewsWorld