BAISSER LES SALAIRES

 POUR SAUVER LES EMPLOIS ?

La direction de la compagnie aérienne Ryanair défraie la chronique : elle menace en effet de « licencier 27 personnes » si le principal syndicat « ne s'engage pas rapidement à accepter des baisses de salaires ». L'effondrement de l'activité de la compagnie irlandaise l'exigerait.

Le syndicat majoritaire chez Ryanair en France dénonce « un chantage au licenciement » exercé par la compagnie aérienne irlandaise. Interrogé sur ce conflit, Bruno Le Maire a estimé mardi que le chantage n'était « jamais une voie »tout comme sa collègue chargée du Travail, Muriel Pénicaud, s'est dite « choquée » et a appelé Ryanair à « revoir sa copie », en réunissant « d'urgence » son comité social et économique (CSE), pour « discuter vraiment, mais pas comme un chantage ».

Le ministre de l'économie a cependant rappelé l'existence d'accords d'entreprises. « En revanche, qu'il y ait des accords d'entreprise de longue durée qui permettent de préserver l'emploi, en inventant des dispositifs imaginatifs (..) ça oui, c'est même souhaitable », a ajouté le ministre.

Les Accords de Performance collective

Face à la menace de licenciements massifs, le gouvernement encourage en effet à davantage de flexibilité. « Il y a des alternatives. J’appelle les entreprises en difficulté à négocier des Accords de performance collective (APC)», a ainsi martelé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dimanche 31 mai sur LCI.

Depuis 2017, un dispositif d' « accord de performance » permet à une entreprise d'ouvrir des discussions sur le temps de travail ou les rémunérations, en contrepartie d'un engagement à ne pas licencier, ou à augmenter à nouveau les salaires quand la situation économique s'améliore sans que soit remis en cause les cinq semaines de congés payés ou les minimas salariaux prévus par les conventions collectives.

Mais pour être valide, un APC doit être approuvé par les organisations syndicales majoritaires. Les salariés sont alors contraints d'en accepter le principe, sous peine de licenciement. Depuis 2017, 350 accords ont été passés, concernant à 67% le temps de travail. Mais leur nombre pourrait exploser dans le contexte actuel avec un accent mis cette fois-ci sur la rémunération.

Concrètement donc, le salarié accepterait une baisse de son salaire pour garder son travail. Les entreprises fragilisées par le contexte actuel sont de plus en plus nombreuses à envisager cette contrepartie. À l’instar de Derichebourg Aeronautics Services, sous-traitant d'Airbus et Dassault. L'entreprise, qui prévoit un plan social avec 700 suppressions de poste, s'est engagée à en réduire l'ampleur si les salariés acceptent de renoncer à leur indemnité de transport et/ou de repas. FO, le syndicat majoritaire, en a accepté le principe.

La compagnie aérienne Ryanair a pour sa part proposé à son personnel de choisir entre une baisse de salaire pendant cinq ans (-20% pour les pilotes, -10% pour les hôtesses et stewards dès le 1er juillet) ou un plan social qui toucherait un quart des effectifs.

Une option - largement répandue Outre-Rhin- qui permettrait de sauver l'emploi des Français mais décriée par syndicalistes qui déplorent que les efforts soient une fois de plus demandés aux salariés au lieu des actionnaires




Alize Marion pour DayNewsWorld