KURT COBAIN LE CHANTEUR DE NIRVANA

RACONTE PAR SON MANAGER

Vingt-cinq années écoulées depuis la mort de Kurt Cobain avant que son ancien manager offre dans un livre son premier témoignage sur un artiste « hors du temps ».

Danny Goldberg dans le milieu de la musique depuis les années 1960, regrette que

« son image dans les médias était un peu déformée et axée sur sa mort de façon disproportionnée, plutôt que sur sa vie et son œuvre »,

souligne celui qui s'est aussi occupé d'un autre groupe de rock indépendant, Sonic Youth. Goldberg, qui fut proche du chanteur de Nirvana disparu il y a 25 ans, lui rend hommage dans le livre Serving The Servant: Remembering Kurt Cobain.

Il y décrit un artiste de génie, ainsi qu’un personnage mélancolique à l’esprit vif et d’une grande humanité.

« Sa voix avait une âme incroyable », dit-il, « et transpirait la vulnérabilité et l'intimité comme rarement ».

« Il avait une sensibilité qui aidait les gens à se sentir moins bizarres, moins seuls », explique-t-il.

Auteur ou co-auteur de tous les succès de Nirvana, Kurt Cobain s’est suicidé le 5 avril 1994 dans sa maison de Seattle, région du nord-ouest des États-Unis dont il était originaire, alors que le groupe grunge était devenu un phénomène mondial depuis la sortie de Nevermind en 1991.

Loin de son image d'adolescent attardé, cette fausse nonchalance qui « masquait un esprit très sophistiqué »,tel veut le présenter celui que Cobain appelait son « second père ».

« J'ai toujours su qu'il y avait une profondeur derrière cette énergie et ces sensations avec lesquelles il jouait », dit M. Goldberg.

En montrant de la fragilité, Kurt Cobain rompait aussi avec une certaine vision du rock, souligne l’ex-manager, et a contribué à «redéfinir la masculinité» dans le monde de la musique.

«Il pouvait être puissant et fascinant mais aussi sensible et attentionné en même temps» , explique celui qui a également collaboré avec Led Zeppelin.

Le groupe a fait décoller le phénomène grunge, un mouvement musical mais aussi vestimentaire et, plus largement, culturel. Une ascension fulgurante, stoppée par le désespoir de Kurt durant ses dernières semaines, admet l’ancien manager

. « Peut-être qu’il y a une cristallisation de la dépression qui le tourmentait depuis longtemps.», avoue l'ancien manager.

«Je n’ai plus la passion, donc souvenez-vous, mieux vaut brûler d’un coup que se consumer à petit feu», a écrit Kurt Cobain sur le mot qu’il a laissé à ses côtés lorsqu’il s’est suicidé, citant le titre My My, Hey Hey (Out of the Blue) de Neil Young.

Danny Goldberg a écrit son livre pour célébrer un artiste, «un génie musical», qui mérite davantage que l’évocation récurrente de sa dépression ou de son addiction à la drogue.

Pour lui, la musique de Kurt Cobain continue de parler à une génération née après sa mort, dans le monde entier.

« C'est l'un des quelques artistes dont l'oeuvre est hors du temps », considère Danny Goldberg, qui a rencontré le guitariste et compositeur américain en 1990, un an avant la sortie de l'album "Nevermind", qui allait placer Nirvana sur orbite.

Un livre puissant qui nous ramène sans cesse vers les chansons de ce jeune chanteur-culte aux yeux d'un bleu mélancolique.

Emily Jackson pour DayNewsWorld