LA POLITIQUE ZERO COVID POUSSE LES CHINOIS

A MANIFESTER  " XI JINPING DEMISSION ! "

Fait rare en Chine où les faits et gestes des citoyens sont constamment épiés, les manifestations contre les règles sanitaires et les confinements se multiplient ces derniers jours. Qu’il s’agisse de l’usine d’iPhone d’Urumqi, où un confinement a été imposé aux salariés, d'universités de Pékin ou d'autres villes du pays, la colère monte contre le régime et sa décision de poursuivre quoi qu’il arrive sa politique du « zéro covid ».

La colère monte en Chine contre la draconienne politique de « zéro Covid » pratiquée par le gouvernement depuis près de trois ans. La Chine poursuit en effet inlassablement une politique sanitaire zéro Covid, qui implique de stricts confinements, des quarantaines pour les personnes diagnostiquées positives et des tests PCR quasi-quotidiens, provoquant une colère croissante de la population. Les étudiants et les ouvriers sont parfois confinés durant de nombreuses semaines dans les campus ou les sites de production, sans la possibilité de se déplacer librement.

Appel à des « Xi Jinping, démission ! »

« On ne veut pas de tests PCR, on veut la liberté. » Selon une correspondante à Pékin du média allemand Die Zeit, les manifestations contre la politique « zero Covid » et ses restrictions strictes se poursuivent. Des protestations ont éclaté ce matin dans plusieurs villes du pays, dont Shanghai, où des manifestants ont appelé à la démission du président Xi Jinping.

Shanghai

Une vidéo largement diffusée sur internet et géolocalisée à Shanghai par une agence de presse montre certains protestataires crier « Xi Jinping, démission ! » et s'en prendre aussi au Parti communiste chinois. Pour commémorer les victimes d’un incendie qui a fait dix morts jeudi à Urumqi, la capitale du Xinjiang, dans l’Ouest.

Il s'agit là d'une très rare démonstration d'hostilité contre le président et le régime dans la capitale économique du pays, soumise au début de l'année à un épuisant confinement de deux mois. A Shanghai, la police intervient pour tenter de disperser les manifestants, rapportent sur Twitter les journalistes qui suivent la situation. Notre correspondant à Shanghai tweete des images ainsi que des témoignages recueillis dans ces manifestations inédites, dans un pays qui réprime sévèrement toute contestation. Sur Twitter, un correspondant de DW et du Guardian basé à Taïwan, donne la parole à des personnes qui manifestent à Shanghaï contre les restrictions du gouvernement et sa politique du « zéro Covid ».« Imagine who can accept not being allowed to leave the house for four months, with no food, no medicine for the chronically ill, and a woman in labor hemorrhaging in front of the hospital because she has no PCR test result? »

« Imaginez qui peut accepter de ne pas être autorisé à quitter son domicile pendant quatre mois, sans nourriture, sans médicament pour les personnes qui souffrent de maladies chroniques, et une femme qui accouche et fait une hémorragie devant l'hôpital car elle n'a pas le résultat de son test PCR ? Ou des gens qui meurent dans un bus qui les emmène en quarantaine ? »

A Pékin, plusieurs centaines d'étudiants manifestent

Plusieurs centaines d'étudiants de la prestigieuse université Tsinghua à Pékin ont pris part de leur côté dimanche à une manifestation contre la politique de lutte contre le Covid-19.

D'autres villes concernées

Des vidéos sur les réseaux sociaux ont par ailleurs montré une importante veillée à l'Institut des communications de Nankin, où les participants brandissaient également des feuilles de papier blanc, ainsi que de petits rassemblements à Xian, Wuhan et Canton, mais l'authenticité de ces images n'a pas pu être vérifiée Des manifestations ont également éclaté à Wuhan, contre la politique « zéro Covid »

#CHINE « I’m heading home now. Just want to add how incredible this is. Never seen anything like this in the decade that I report on China. The anger seems too much to crack down on. Wonder what happens next. »

#CHINE « Je veux souligner que ce qu'il se passe est incroyable. C'est la première fois que je vois ça depuis 10 ans que je couvre la Chine », a déclaré pour sa part une journaliste du média néerlandais Trouw, sur Twitter, hier soir.

Une colère née à Urumqi

Ces rassemblements emboitent le pas au rassemblement spontané qui s'est déroulé dimanche à l'aube dans la rue Wulumuqi, le nom en mandarin de la ville d'Urumqi dans le Xinjiang, où dix personnes ont péri trois jours plus tôt dans un incendie. Un feu qui a nourri la colère des habitants contre les mesures sanitaires, puisque les autorités sont accusées d’avoir alourdi le bilan humain en ayant imposé un confinement de l’immeuble et en entravant l’arrivée des secours. Puis dans l'après-midi, des centaines de personnes ont manifesté en silence dans le centre de la ville, brandissant des fleurs blanches et des feuilles de papier blanc, devenues un symbole de protestation contre la censure, avant d'être dispersées par la police.

De grandes manifestations ont également éclaté mercredi 23 novembre dans la plus grande usine de fabrication d’iPhone au monde, propriété du sous-traitant taïwanais Foxconn, selon des vidéos et des photos diffusées sur les réseaux sociaux Weibo et Twitter. Toujours en cause le confinement. L’entreprise taïwanaise, principal sous-traitant d’Apple, a en effet été confrontée ces derniers mois à une hausse des cas de Covid-19 sur son site de Zhengzhou, l’incitant à prendre des mesures de confinement. Surnommé « iPhone City », cet immense site industriel emploie généralement quelque 200 000 personnes, dont la plupart résident sur place dans des dortoirs. De premières images circulant sur les réseaux sociaux montrent une foule de travailleurs défilant de jour dans une rue ; certains font face à une rangée de personnes protégées d’une combinaison blanche et à la police antiémeute. Le hashtag #EmeutesFoxconn semblait censuré mercredi midi sur les réseaux sociaux chinois. Quelques messages faisant référence aux manifestations restaient cependant en ligne.

Dans un communiqué, Foxconn a confirmé mercredi que des « violences » ont eu lieu dans son usine. Le groupe taïwanais a reconnu que les travailleurs s’étaient plaints des salaires et des conditions de travail dans l’usine, mais a nié avoir hébergé de nouvelles recrues avec du personnel positif au coronavirus. « En ce qui concerne toute violence, l’entreprise continuera à communiquer avec les employés et le gouvernement [chinois] pour éviter que des incidents similaires ne se reproduisent », a-t-il assuré.

Ces événements sont la preuve que la colère s'est étendue à tout le pays, après presque trois ans de vie passés avec des mesures ultra-strictes contre le virus.

Après trois ans d’une stratégie zéro Covid appliquée avec la plus grande fermeté en Chine, la lassitude tourne au ras-le-bol, et la frustration, parfois à la colère. Les conséquences de cette approche ultra-stricte se font ressentir autant sur la vie quotidienne de la plupart des Chinois que sur l’économie (le Fonds monétaire international prévoit une croissance en 2022 à 3,2 %, la seconde plus basse depuis 1977).

« Concentration du pouvoir »

Le 11 novembre, la Commission nationale de la santé a annoncé une tentative d’allègement des restrictions liées au Covid-19, en précisant qu’il ne s’agissait « pas d’un relâchement de la prévention et du contrôle ». Si une partie de la population, notamment les habitants des campagnes et les plus âgés, continue d’adhérer à cette approche qui a permis d’éviter des centaines de milliers de morts, l’absence de perspectives pèse sur le moral des plus jeunes.

En  les retransmissions de la Coupe du monde de foot, les Chinois découvrent qu'ils sont les seuls au monde à ne pas avoir fait de progrès depuis trois ans de lutte contre le covid. Une exaspération qui à présent se traduit par des manifestations qui se répètent.

« Du jamais vu depuis 1989 et le Printemps de Pekin qui s’est terminé dans le sang. C’est spontané et inorganisé, seule forme d’action possible en Chine", a commenté Pierre Haski, président de Reporters sans Frontières (RSF)

Le manque d’opportunités économiques, mais aussi de voyages, de loisirs, de liberté en général, amène un nombre croissant de Chinois à oser aborder des questions politiques, habituellement évitées dans les conversations au quotidien. La confirmation de Xi Jinping pour un troisième mandat de secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), lors du 20e congrès de l’organisation, mi-octobre, n’a fait qu’accentuer la tendance : le 23 octobre, le dirigeant chinois a dévoilé une équipe exclusivement composée de fidèles.

Une concentration du pouvoir  dangereuse selon certains...




Garett Skyport pour DayNewsWorld

IRAN  L'AYATOLLAH KHAMENI JUGE QUE : 

L'ENNEMI PRINCIPAL C'EST L'ARROGANCE MONDIALE

Alors que des manifestations ont lieu en Iran depuis la mort, il y a deux mois, de Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans arrêtée pour infraction au code vestimentaire strict qui oblige les femmes à porter le voile islamique en public, les autorités dénoncent des « émeutes » et des centaines de personnes ont été arrêtées et plusieurs condamnées à mort.

Les autorités iraniennes continuent à dénoncer les manifestations déclenchées le 16 septembre par la mort de Mahsa Amini. Et considèrent qu'il s'agit « d'émeutes » encouragées par l'Occident, en particulier par les États-Unis.

« Le problème n'est pas quatre émeutiers dans la rue, même si chaque émeutier, chaque terroriste doit être puni (...). Le champ de bataille est bien plus vaste. L'ennemi principal c'est l'arrogance mondiale », a estimé Ali Khamenei, faisant référence à Whasington et ses alliés.

Rancœurs envers les États-Unis

Le plus haut personnage de l'Etat iranien a fait cette déclaration, retransmise par la télévision d'Etat, en recevant samedi 27 novembre 2022 à Téhéran une délégation de jeunes paramilitaires, à l'occasion de la semaine des Bassidji. Cette milice est chargée de la sécurité intérieure du pays, une police des mœurs justement décriée par les Iraniens depuis le début des manifestations.

« Certains nous disent dans les journaux ou sur internet qu'il suffit pour mettre fin aux troubles, commencés il y a quelques semaines, de résoudre votre problème avec l'Amérique et d'écouter la voix de la nation », a-t-il lancé.

« Comment résoudre le problème avec l'Amérique? Le problème sera-t-il résolu en s'asseyant, en négociant et en obtenant un engagement de l'Amérique ? », a-t-il ensuite demandé ?

« Non. La négociation ne résoudra rien. Notre problème avec l'Amérique ne peut être résolu qu'en acceptant de se laisser rançonner par ce pays », a-t-il affirmé.

Selon Ali Khamenei, les États-Unis exigent, pour mettre fin aux hostilités, que l'Iran abandonne son programme nucléaire, change la Constitution, cantonne son influence à l’intérieur de ses frontières et ferme ses industries de défense. « Aucun Iranien ne peut accepter de telles conditions », a-t-il souligné.

Les Bassidji également soutenus par le président

L'ayatollah d'Iran s'en est pris aussi à ceux qui disent qu'il faut « écouter la voix de la nation ». « L'énorme voix de la nation a retenti le 4 novembre (dans des manifestations pro-gouvernementales), ou lors des funérailles du (général Qassem) Soleimani. Cette immense foule c'était la voix de la nation iranienne », a-t-il martelé.

Ce général iranien a été tué à Bagdad dans une frappe de drone menée par les États-Unis, dans une période de vives tensions entre Washington et Téhéran.

Samedi, à l'occasion de la semaine des Bassidji, le président Ebrahim Raïssi a de son côté visité une unité de ces forces à Téhéran, a indiqué l'agence Tasnim. « Vous avez eu une performance brillante dans la lutte contre les émeutiers », a-t-il soutenu devant les membres de cette unité.

Dans trois jours, l'Iran et les États-Unis s'affronteront sur un tout autre terrain, celui de la Coupe du monde. À Doha, les joueurs iraniens n'ont d'ailleurs pas manqué de courage pour dénoncer la répression dans leur pays. Lors de leur premier match face à l'Angleterre, l'équipe a décidé de ne pas chanter l’hymne national. Resté en Iran, un autre footballeur iranien a cependant été arrêté jeudi par le régime pour « propagande », juste après une séance d'entraînement du Foolad Khouzistab

« Si la nation se soulève, nous serons tous jetés à la mer »…..

Face à l'ampleur de la contestation dans l'ensemble du pays, les mollahs ne savent qu'utiliser la répression , le déni, et la désignation d'un agent extérieur comme ennemi pour se maintenir au pouvoir, car il en va de leur vie. L’ayatollah Javadi Amoli, prédicateur du vendredi dans la grande ville de Qom en a pleinement conscience : « Si la nation se soulève, nous serons tous jetés à la mer »…..

La population iranienne se soulève... d'autant que la situation économique est catastrophique. L' inflation et le chômage ont connu une augmentation pratiquement constante au cours des 40 dernières années. Le guide suprême a reconnu, en 2019, ne jamais avoir eu comme objectif l’amélioration de la vie de ses concitoyens, mais le maintien de la République islamique. La population en est exaspérée.

Condamnations à mort...

Le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi a appelé les forces de l’ordre à « réagir fermement ». Devant l’ampleur de la mobilisation, le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a menacé de ne faire preuve d’« aucune indulgence » vis-à-vis des manifestants. En dix jours, plus d'une centaine de personnes ont été tuées selon Iran Human Rights et des centaines arrêtées. Un tribunal de Téhéran a déjà condamné à mort une personne jugée coupable « d’avoir incendié un bâtiment gouvernemental, de trouble à l’ordre public, de rassemblement et conspiration en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale, d’être un ennemi de Dieu et de corruption sur terre ».

La justice iranienne a également prononcé une seconde condamnation à mort en trois jours à l’encontre d’un « émeutier », a annoncé Mizan Online, l’agence de l’Autorité judiciaire. Dans le cadre du même procès, un tribunal révolutionnaire a condamné à mort une autre personne accusée d’avoir« terrorisé des gens dans la rue en utilisant une arme blanche, d’avoir incendié la moto d’un citoyen et attaqué un individu avec un couteau », a indiqué mardi soir l’agence Mizan Online.« L’accusé est un ennemi de Dieu pour avoir fait usage d’armes blanches », selon le verdict. Cinq autres personnes ont été condamnées à des peines de cinq à 10 ans de prison pour « rassemblement et conspiration en vue de commettre des crimes contre la sécurité nationale et trouble à l’ordre public ».

C'est que le propre de la République islamique est l’utilisation simultanée de l’appareil d’un État moderne et de l’idéologie religieuse pour asseoir son autorité, combattre les dissensions et contrôler les femmes. Ce que ne supporte plus la population !

Pour Farid Wahid, directeur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, ces protestations sont le résultat d’années de « frustration économique, politique, sociale ». «  C’est un mouvement fort, symbolique, qui fait peur au régime. Les autorités iraniennes ont reçu un coup très dur, les tabous sont brisés, les Iraniens en ont fini avec la liaison systématique de la politique et de la religion. La situation est tellement catastrophique que ces jeunes sont prêts à mourir pour changer les choses. La mort de Mahsa Amini a été l’étincelle qui a provoqué l’explosion », ajoute-t-il.

De la révolte à la révolution, tous les ferments sont réunis pour la révolution, selon le chercheur Gérard Vespierre.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LA STRATEGIE "ZERO COVID" MISE EN DEFAUT

LA FERMETURE A PEKIN 

DES RESTAURANTS ET ECOLES

Les écoles de nouveau fermées dans plusieurs districts à Pékin. Les autorités ont par ailleurs fait part de deux décès supplémentaires liés à la pneumonie virale dans la capitale chinoise. Ce rebond épidémique met à l’épreuve l’ajustement de la stratégie « zéro Covid » annoncé par les autorités.

Pékin a rapporté mardi 22 novembre un nombre record de cas de Covid-19 en près de trois ans, une hausse qui a poussé les autorités à ordonner la fermeture d'écoles et de restaurants, tandis que nombre d'employés sont appelés à travailler de chez eux.

La capitale de 22 millions d'habitants, qui avait enregistré 621 nouveaux cas locaux dimanche, en a comptabilisé 1438 mardi, un record depuis le début de la pandémie. À l'échelle du pays, le nombre total de cas quotidiens, cas importés inclus, dépasse désormais les 28.000, la province du Guangdong (Sud) et la ville de Chongqing (Sud-Ouest) étant les plus touchées, selon les autorités sanitaires.

Nouveaux variants et premiers décès depuis mai

La Chine est la dernière grande économie mondiale à appliquer une stricte politique sanitaire, dite zéro Covid, qui vise à tout faire pour empêcher contaminations et décès. Elle consiste à imposer des confinements dès l'apparition de cas, des quarantaines aux personnes testées positives et des tests PCR quasi-quotidiens à la population. À la suite des annonces du gouvernement central, plusieurs villes avaient pourtant annoncé la fin des tests Covid quotidiens. On a vu les kiosques à PCR dans les rues fermer, y compris à Pékin. Puis, les stations de tests ont rouvert. Même chose à Shijiazhuang, la capitale du Hebei qui entoure Pékin. Là aussi, dans cette ville pilote de l’optimisation ou de l’ajustement des mesures « zéro Covid», les tests massifs sont revenus, ainsi que les confinements partiels.

La Chine n’est cependant plus dans les confinements « spectre large » de l’année dernière. Les confinés rapportent que leur tour est verrouillée et qu’ils doivent rester chez eux, parce qu’il y a un résident positif quelques étages plus haut ou plus bas.

Ce renforcement temporaire des restrictions sanitaires est lié aux trois premiers décès dus au Covid-19 depuis samedi, chez des personnes âgées à Pékin et les premiers décès officiels depuis six mois en Chine. Mais c’est surtout lié à cette flambée épidémique de la fin de l’automne dans plusieurs mégalopoles chinoises, soit plus 26 800 nouveaux cas sur l’ensemble du territoire dimanche, 594 nouvelles infections dans la capitale : on est quasi revenu aux pics d’avril dernier.

Les autorités de la capitale semblent vouloir éviter pour l'instant un confinement strict comme celui appliqué à Shanghai au printemps, mais ont toutefois renforcé les mesures sanitaires ces derniers jours. Près de 600 zones de la capitale, notamment des immeubles résidentiels, sont considérées à «haut risque», ce qui oblige leurs habitants à rester confinés chez eux ou à être acheminés dans des centres de quarantaine.

Politique zéro Covid mise en défaut ?

Des écoles sont passées aux cours en ligne, des restaurants, salles de sport, parcs et sites touristiques ont été fermés et des employés sont invités à travailler depuis chez eux. Dans les rues, les queues face aux cabines de tests Covid-19 s'allongent, la plupart des lieux publics exigeant désormais un résultat négatif de moins de 24 heures pour entrer.

Mais cette stratégie, efficace dans un premier temps pour enrayer la propagation du virus, semble s'essouffler face aux nouveaux variants et porte un rude coup à l'économie, isolant la Chine du reste du monde et provoquant une forte lassitude des Chinois.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

FIASCO DE LA COP27 QUI NE DEBOUCHE QUE SUR

 UN FINANCEMENT CLIMATIQUE

Au terme de la journée de prolongation de la COP27, les participants ont arraché un accord historique dimanche sur l'aide aux pays pauvres affectés par le changement climatique mais ont échoué à s'entendre sur de nouvelles ambitions pour la baisse des gaz à effet de serre.

Les pays réunis à la conférence climat de Charm el-Cheikh (6-18 novembre 2022) sont parvenus à un accord sur la question des financements climatiques, via la création d’un fonds « pour pertes et dommages ». Dans sa décision finale, la COP27 ouvre ainsi la perspective d’un élargissement des transferts financiers des pays riches vers les pays moins avancés.

Bras de fer entre le Nord et le Sud

Avec cette question des financements au centre des négociations, la COP27 de Charm el-Cheikh promettait un bras de fer entre le Nord et le Sud. Elle n’a pas déjoué les pronostics et l’Afrique, fortement représentée (avec 2,3 fois plus de délégués qu’en 2021), y a donné de la voix.

« Les pertes et dommages dans les pays vulnérables ne peuvent désormais plus être ignorés même si certains pays développés avaient décidé d'ignorer nos souffrances », a salué la jeune militante ougandaise Vanessa Nakate.

Financer les dégâts irréversibles du changement climatique causés par les pays du Nord :

Le Pakistan a pris le leadership de ces pays du Sud qui ne participent que très peu au réchauffement climatique, mais qui subissent déjà des impacts majeurs. Ils réclament des moyens pour compenser les dégâts irréversibles de ce changement climatique.

Le Pakistan, tout particulièrement, a fait cette année les frais du réchauffement climatique. Le montant des dégâts des inondations au Pakistan s’élève à 30 milliards de dollars

Le Pakistan a en effet été touché par de terribles inondations entre juin et septembre. Un tiers du pays s’est retrouvé inondé après de violentes pluies. Plus de 30 millions de personnes ont été touchées directement et plusieurs millions ont dû fuir, selon Imran Saqib, directeur des politiques du WWF au Pakistan. « La plupart sont encore sur les routes et n’ont nulle part où revenir, avec des problèmes d’accès à l’eau potable et aux sanitaires », s’alarme-t-il. 1.700 personnes ont été tuées, 6.000 kilomètres de routes ont été emportées et plus d’1,5 million de maisons ont été détruites ou endommagées, notamment dans les provinces les plus rurales du pays, le Sindh et le Baloutchistan. A cela s’ajoute le problème des récoltes : « beaucoup de cultures, comme celles du coton et de la canne à sucre, ont été touchées », pointe Imran Saqib. « De nombreuses terres sont encore sous les eaux, ce qui est mauvais pour les récoltes à venir ».

Quid des pays émergents ?

Cette polarisation des débats entre pays riches et ceux moins avancés ne doit pas toutefois faire oublier le rôle crucial des pays émergents (la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, etc.) pour affronter le réchauffement global. Ce groupe de pays contrôle en effet plus de 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C’est de lui que dépend au premier chef la décrue de ces émissions.

Financements climatiques, un contentieux aux causes multiples

Sous l’impulsion des États-Unis, les pays développés ont promis en 2009 de transférer au moins 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 vers les pays en développement au titre de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique.

En 2015, la promesse a été inscrite dans l’Accord de Paris. En 2020, le compte n’y était pas (83 milliards selon l’OCDE). Et il ne devrait pas l’être avant 2023, d’après le Climate Finance Delivery Plan.

Une seconde pomme de discorde concerne l’interprétation de l’article 8 de l’Accord de Paris sur l’approche concertée face aux « pertes et dommages » induits par le réchauffement climatique. Les pays moins avancés ou insulaires, lourdement impactés, revendiquent des transferts au titre de ce qu’ils appellent la « dette climatique » des pays riches en se heurtant jusqu’à présent à un front du refus.

Les pays moins avancés n’ont pas accès à des financements parfois conséquents que peuvent obtenir certains pays émergents au titre de la reconversion de leurs infrastructures énergétiques. L’Afrique du Sud et l’Indonésie ont par exemple respectivement obtenu 8,5 et 20 milliards de dollars pour accélérer la sortie du charbon dans le cadre de partenariats avec des pays développés.

Le contentieux est enfin attisé par l’aggravation récente de la précarité énergétique et de l’insécurité alimentaire dans le monde.

L’année 2022 risque d’être celle du premier recul depuis plusieurs décennies du nombre de personnes ayant accès à l’électricité. Aujourd’hui, la guerre en Ukraine se conjugue à la récurrence des chocs climatiques pour renchérir les denrées de base qui deviennent inaccessibles pour les plus pauvres et font dramatiquement remonter la faim dans le monde, effaçant plusieurs décennies de progrès.

L’élargissement des financements

Obtenue à l’arrache durant les deux derniers jours de la conférence, la décision finale de la COP27 va élargir les financements climat de trois façons principales.

Primo, la COP27 a entériné le principe d’un mécanisme dédié au financement des pertes et dommages. C’est une victoire, imposée par les pays moins avancés et les États insulaires qui ont rompu le front uni des pays riches. Elle a été facilitée par la médiation de l’Union européenne, plus ouverte que les États-Unis sur la question.

Reste à négocier le détail du dispositif, notamment le périmètre des donateurs (positionnements des pays émergents ?) et les règles conditionnant l’accès à ces nouveaux financements.

Secundo, les pays se sont entendus pour accroître les financements climat traditionnels, notamment ceux au titre de l’adaptation, avec un accent sur l’agriculture pour faire face à l’insécurité alimentaire. Ces financements additionnels doivent permettre de dépasser les 100 milliards promis en 2009.

Tertio, les deux mécanismes de l’article 6 sur les marchés carbone constituent une troisième source de financement. Celui concernant les États (article 6.2) peut déjà être utilisé, des pays comme le Japon et la Suisse étant prêts à financer par ce biais des réductions d’émission dans d’autres pays.

Il faudra attendre 2024 pour que les acteurs privés puissent accéder à ce type de marché (article 6.4), ce qui facilitera la mobilisation des capitaux privés sans laquelle il ne peut y avoir de changement d’échelle des financements climatiques internationaux.

La question du 1,5 °C redevenue un objet de débat

L’inscription de l’objectif de limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C relativement à l’ère préindustrielle avait constitué une victoire des pays moins avancés et des petits États insulaires qui en avaient fait, en 2015 à la COP21, une condition de leur adhésion à l’Accord de Paris.

Paradoxalement, la question du 1,5 °C est redevenue un objet de débat au moment où ces pays ont obtenu une seconde victoire dans la négociation. Selon certains, le 1,5 °C serait irréaliste, au dire même des scientifiques.

Dans tous les scénarios climatiques analysés dans le 6e rapport du GIEC paru en 2021-2022, on atteint un réchauffement de 1,5 °C d’ici une à deux décennies, pour être ensuite légèrement dépassé. Cette année, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) générées par toutes les activités humaines seront restées à des niveaux record, selon une nouvelle analyse du Global Carbon Project, un organisme réunissant des scientifiques du monde entier. Cette année, les émissions mondiales de CO2 générées par nos activités devraient atteindre 40,6 milliards de tonnes de CO2 ; ce qui nous laisse un « budget carbone restant » de 380 milliards de tonnes de CO2 pour limiter le réchauffement global à 1,5 °C.

L’humanité devrait donc réduire de toute urgence ses émissions pour être en mesure d’éviter les impacts les plus catastrophiques du changement climatique.

La communauté internationale n’a, cependant pas réussi à se montrer plus ambitieuse sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Juste avant la COP, les Nations unies avaient pourtant prévenu qu’en l’état, les engagements climatiques pris par les Etats conduisait à une montée du mercure de 2,4 °C, bien loin du 1.5 degré visé par l’Accord de Paris.

Mais plusieurs pays, comme l’Arabie saoudite et la Chine ont essayé de faire disparaître cet objectif de 1,5 °C, jugé trop contraignant.

Ce mauvais débat sur le 1,5 °C a pollué les discussions sur les actions d’atténuation.

La clef d’une accélération de la baisse des émissions mondiales détenue par les pays émergents

L’autre échec enregistré à Charm-El- Cheikh concerne l’élimination progressive des combustibles fossiles. Aucune mention du sujet dans la déclaration finale, alors qu’on parle de la première cause du réchauffement climatique. Il faut sans doute y voir l’impact de la crise énergétique et les craintes de pénurie qui l’accompagnent. Mais aussi le fruit de l’intense lobbying des pays producteurs.

Cependant si les nouveaux financements sont au rendez-vous, le déploiement des sources d’énergie décarbonné dans les pays moins avancés va pouvoir s’accélérer, notamment en Afrique subsaharienne où les investissements dans le renouvelable ont décroché depuis deux ans. On se situera alors dans le cas de figure où tous les engagements conditionnels pris par les pays peuvent être réalisés.

Quoiqu'il en soit la clef d’une accélération de la baisse des émissions mondiales d’ici 2030 est détenue par les pays émergents qui ont un peu tendance à se faire oublier quand on discute du partage des responsabilités entre le Nord et le Sud. Plus de 60 % des émissions mondiales sont contrôlées par ce groupe de pays, qui n’appartiennent plus à celui des pays moins avancés sans avoir intégré le club des pays riches. Or, ces pays n’ont généralement pas aligné leurs objectifs de moyen terme avec la cible de neutralité qu’ils affichent à long terme. Sitôt qu’ils le feront, la baisse des émissions mondiales prendra un élan bien plus rapide.

Si la COP27 a levé un obstacle de taille à l’accélération de l’action climatique en désamorçant les contentieux qui s’accumulaient sur les financements,elle. n’a par contre apporté aucune avancée dans des résolutions pourtant capitales. De nombreux pays ont estimé que les textes proposés par la présidence égyptienne constituaient un retour en arrière sur les engagements d'en relever régulièrement le niveau, pris à Glasgow. « Cette COP a affaibli les obligations pour les pays de présenter des engagements nouveaux et plus ambitieux", a regretté Laurence Tubiana, architecte des accords de Paris de 2015.

A radio-classique de conclure:

« Cet accord in extremis n’est qu’un cache-misère, le paravent d’une COP parmi les plus conflictuelles de l’Histoire marquée par deux reculades très inquiétantes. Un paravent qui ne masque pas grand-chose, d’ailleurs, puisqu’il s’agit d’un simple accord de principe, dont les modalités et les contributeurs restent à préciser.

Autant dire que les îles du Pacifique ne sont près de recevoir les aides nécessaires à la construction de digues pour les protéger de la montée du niveau des océans. L’urgence a pourtant rarement été aussi grande »




Steve McQuillan pour DayNewsWorld

ENJEUX ET DESSOUS DE LA COUPE DU MONDE 2022

AU QATAR

Le Qatar rêve d’une grande fête du football.

Régime « rentier, oligarchique et clientéliste »), le Qatar a, comme l’explique le chercheur Danyel Reiche, mis en place une politique de soft power par le sport. Celle-ci, initiée à partir de 1995 après la prise de pouvoir du cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, a été renforcée en 2008 par la Qatar National Vision 2030, un programme ayant pour objectif à la fois de renforcer la sécurité nationale et de garantir le maintien au pouvoir de la famille régnante.

C’est dans ce cadre que, du 20 novembre au 18 décembre (jour de fête nationale), le Qatar accueiller la 22e Coupe du monde FIFA. La compétition n'a même pas encore commencé que les polémiques entourant la Coupe du monde 2022 font couler l'encre à flot ces derniers jours. 

Déjà très controversé, le Mondial 2022 au Qatar, qui débute officiellement ce dimanche par un Qatar - Équateur à 17 heures, est plus que jamais dans l'œil du cyclone. Les polémiques s'accumulent en tout cas dangereusement autour de l'organisation de la plus prestigieuse des compétitions.

De vives polémiques

De vives polémiques ont en effet agité les années séparant l’attribution de la compétition (2010) – controversée et entachée de soupçons de corruption – de son organisation.

Ces polémiques portent notamment sur le coût des travaux estimé à 200 milliards de dollars ; sur l’empreinte écologique de l’événement, bien que ce sera le Mondial géographiquement le plus ramassé depuis le tout premier, organisé en 1930 à Montevideo ; sur les conditions de travail sur les chantiers, quasi esclavagistes et le nombre de décès d’ouvriers, pointés en particulier par une enquête du Guardian…

Le non-respect des droits humains et des travailleurs

Dans le désert, difficile en effet d'entendre la voix des travailleurs immigrés ayant œuvré sur les chantiers du Mondial. Malgré quelques avancées sociales mises en avant par les autorités qataries, les ONG dénoncent le non-respect des droits humains dans le pays. Hors de question de parler à visage découvert des conditions de travail dans le pays. Manifester, n'y pensez même pas. Les derniers travailleurs étrangers qui s'y sont risqués, dans les rues de Doha, fin août, ont hérité d'un aller simple vers leur pays d'origine, sans espoir de retour. Contester le régime de l'intérieur est tout simplement impossible. Au rayon des accusations, un chiffre revient en boucle. Quelque 6 500 travailleurs étrangers sont morts dans le pays hôte depuis l'attribution de l'événement, selon une enquête du Guardian publiée en février 2021. L'ONG FairSquare est allée plus loin. A l'aide des documents transmis aux ambassades des ressortissants concernés, elle a pu établir que 60% des décès étaient classés comme « morts naturelles » ou « arrêts cardiaques », deux hypothèses peu crédibles...Quoi qu'il en soit, les candidats au départ pour le Qatar ne manquent pas, notamment en Asie du Sud-Est. Les grandes et modernes maisons construites en ville, les entreprises créées par des migrants de retour sont de véritables incitations à partir pour améliorer son statut social et économique.

Dernièrement, il était impossible de passer à côté des « faux » supporters dans l'émirat, des fans étrangers en réalité mobilisés par le comité d'organisation pour mettre de l'ambiance au Qatar à l'arrivée des différentes nations, mais aussi tout au long du tournoi tout en générant du contenu positif sur les réseaux sociaux. The Guardian révèle justement à ce sujet ce vendredi que ces personnes ne seront finalement tout bonnement pas remboursées par le Qatar !

Le quotidien britannique explique que ces supporters, qui se sont vus offrir le voyage, l'hébergement ainsi qu'une place pour la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde, ont été informés par les autorités qataries qu'elles ne percevraient pas leurs indemnités journalières. La mauvaise image dégagée par ce système mis en place par le Qatar semble avoir motivé le comité d'organisation à rétropédaler.

Cette nouvelle révélation devrait encore un peu plus alimenter les nombreuses critiques autour de cette Coupe du monde 2022, lors de laquelle, contre toute attente, les fans ne pourront pas consommer d'alcool autour des stades.

Les stades construits spécialement pour le Mondial qui déploient des technologies novatrices. Mais derrière les beaux discours des organisateurs, leur coût énergétique et leur impact environnemental posent question.

Le coût environnemental

La Coupe du monde de football, qui s'ouvre ce 20 novembre au Qatar, diffusera à des millions de passionnés les images éclatantes d'une abondance énergétique à contre-temps.

Déplacée en hiver pour échapper aux températures extrêmes de ce riche émirat du Moyen-Orient, la compétition se déroulera dans huit stades, dont sept ont été construits spécialement pour accueillir l'événement planétaire. Autant de « joyaux du désert » – c'est d'ailleurs le surnom de l'un d'entre eux – solidement incrustés dans le récit d'un Mondial « durable » et « neutre en carbone », conté par les organisateurs, la Fifa et le comité suprême Qatar 2022. Des bijoux de technologie assimilés par les associations écologistes à du greenwashing. « Comment des stades climatisés peuvent-ils être durables ? » Voici la question rhétorique posée sur le site officiel du Mondial.

Aussi communiquer sur une compétition « neutre en carbone » et mettre en avant les performances énergétiques des stades – jusque dans les allées de la COP26 – revient-il à « verdir l'emballage, alors que tout le produit pose problème », résume un chercheur. D'autant que, « dans les pays du Golfe, la clim' n'est pas un gros mot. Elle fait partie du mode de vie. », relève un autre chercheur : au Qatar, faire baisser la température à l'intérieur compte pour 60 à 70% de la consommation électrique totale du pays, relevait en 2021 le journal qatari The Peninsula.

Autre grief à l'encontre de ce pays : l'intolérance des moeurs

Ainsi du comportement individuel et collectif dans l’espace public : les traditions vestimentaires locales exigent la couverture du corps, même si une certaine tolérance est accordée aux touristes, et les démonstrations d’affection en public heurtent les valeurs culturelles locales et sont proscrites ; quant à la consommation d’alcool et l’ébriété sur la voie publique, elles sont punies par la loi. Toutefois, il est possible de se procurer de l’alcool dans certains restaurants et hôtels internationaux, et la FIFA a annoncé qu’il sera possible de se procurer de la bière du principal sponsor dans les fan zones trois heures avant et une heure après les matches.

En revanche, l’homosexualité n’est pas tolérée au Qatar. Elle tombe sous le coup de la loi et les personnes reconnues coupables sont passibles de sept ans de prison.

La FIFA assure toutefois qu’elle s’engage avec le Qatar à « garantir la sécurité et l’accueil chaleureux de tous les participants à la Coupe du Monde de la Fifa. Cela implique de veiller à ce que les activités des forces de l’ordre liées à la Coupe du Monde de la Fifa soient strictement nécessaires et proportionnées. Comme cela a été le cas lors de plusieurs événements internationaux que le Qatar a accueillis, la vie privée des personnes sera respectée. »

Alors que plusieurs capitaines ont annoncé qu'ils porteraient le brassard arc-en-ciel en soutien à la communauté LGBTQ+ lors de la Coupe du monde au Qatar (pays où l'homosexualité est interdite et pénalement sanctionnée), Hugo Lloris avait lui expliqué qu'il n'en ferait rien, préférant respecter le pays hôte du Mondial 2022. Nul doute que des démonstrations ostensibles heurteraient les nationaux au point de troubler l’ordre public...

Dans les pays occidentaux, on entend bien plus les critiques sur le non-respect des droits humains et des travailleurs ainsi que les conséquences écologiques et l’intolérance des mœurs que la ferveur populaire. Mais l'objectif est ailleurs pour l'émirat.

« Mettre le Qatar sur la carte du monde »

« La viabilité économique de la Coupe du monde n'entre pas dans les considérations des Qataris. C'est un pays qui a des standards économiques très différents des nôtres avec une manne gazière colossal pour un petit nombre d'habitants. Le PIB par habitant y est l'un des plus élevés du monde », rappelle Mathieu Llorca. Et rappelle la priorité de l'émir Al-Thani et de son père émir avant lui : « mettre le Qatar sur la carte du monde ». A n'importe quel prix.Ce qu'il a en partie réussi.

Un acteur international de premier plan

«  Comment un État « jeune » – il n’est indépendant que depuis 1971 – et dénué de tout attribut classique de la puissance est-il devenu en l’espace de quelques années un acteur international de premier plan, sur lequel les projecteurs du monde entier sont braqués au moment où il accueille la Coupe du Monde de football ?, se demande Lama Fakih , docteur en histoire contemporaine et relations internationales, chargée de cours à l' Université Saint-Joseph de Beyrouth dont nous reproduisons l'analyse publiée dans TheConversation .

Il y a cinquante ans, Doha n'était qu'un petit village de pêcheurs. Pour comprendre la trajectoire spectaculaire du Qatar, le Qatar a employé, principalement l’alliance avec les grandes puissances, la pratique du « hedging » (une approche consistant à maintenir de bonnes rrelations avec tous les acteurs de la communauté internationale, ignorant les divergences que certains peuvent avoir entre eux), et la « diplomatie de niches ». Si cette politique étrangère avait avant tout pour objectif de sécuriser la souveraineté de l’émirat, elle a été rapidement mise au service d’une quête démesurée de puissance, favorisée par un affaiblissement du leadership traditionnel dans le monde arabe.

Protectorat britannique de 1916 à 1968, le Qatar – petit émirat de la péninsule arabique d’une superficie de 11 571 km2 (environ celle de l’Île de France, pour donner un ordre de comparaison) et peuplé de quelque 2,5 millions de personnes aujourd’hui, dont à peine 10 % de Qataris, les autres résidents étant des travailleurs étrangers – n’a qu’une seule frontière terrestre, qui plus est controversée : avec l’immense Arabie saoudite, près de deux cents fois plus étendue. Le Qatar est en quelque sorte coincé entre les deux géants que sont l’Arabie saoudite et l’Iran.

Après son indépendance en 1971, le pays évolue durant près de 25 ans dans l’ombre de Riyad.

La première guerre du Golfe, en 1990-1991, constitue un tournant historique pour les pays du Golfe. Elle aura en particulier un impact majeur sur la relation entre Doha et Washington. Avec l’invasion du Koweït par l’Irak, le Qatar prend conscience de sa propre vulnérabilité et de la facilité avec laquelle l’un de ses puissants voisins pourrait l’annexer. Il considère le parapluie sécuritaire américain comme seule véritable garantie de survie. La base militaire américaine d’Al-Udeid, au Qatar, sera largement utilisée lors de l’opération « Enduring Freedom » contre les talibans afghans.

Le pays émerge progressivement comme allié régional privilégié des Américains – surtout après la révolution de palais de 1995, à laquelle Washington a sans doute donné son assentiment.

Si Hamad Ben Khalifa Al Thani cherche avant tout à assurer la souveraineté de son pays en s’appuyant fermement sur les États-Unis, il n’entend pas tout miser sur cette alliance : le Qatar multiplie les partenariats, au point de s’affirmer assez rapidement comme un acteur incontournable du concert des nations. En effet, Doha opte pour une politique de « hedging », qui consiste à entretenir de bonnes relations avec des acteurs opposés pour réduire des risques éventuels sur le long terme. Cette approche permet aux « petits » de gagner de l’influence pour promouvoir leur autonomie politique. Enfin, le Qatar élabore une diplomatie de niches, stratégie privilégiée des petits États et des puissances moyennes. Grâce à la diplomatie de niches, Doha se forge une image de marque nationale et une visibilité à l’échelle internationale.

Le Qatar cherche ainsi à se doter d’une réputation d’État neutre, ami de tous, « bon citoyen international », moderne, ouvert à l’Occident tout en restant fidèle à son identité arabo-musulmane.

Des moyens financiers quasi illimités avec le gaz

L’émergence « express » de ce pays demeure unique. Elle s’explique donc par la vision stratégique de son leadership, des moyens financiers quasi illimités et des conjonctures régionale et internationale favorables. Le Qatar n’a pu acquérir son statut de puissance régionale que dans la mesure où ses intérêts se confondaient avec ceux d’autres puissances, au premier rang desquelles les États-Unis.

Mais tout cette trajectoire a aussi été rendue possible par le fait que, troisième détenteur de ressources gazières au monde et premier exportateur de gaz naturel liquéfie, l’émirat dispose désormais de l’un des PIB les plus élevés au monde. À titre indicatif, il passe de 8,1 milliars de dollars en 1995 a 44,5 millards en 2005 pour dépasser les 100 milliards a partir de 2010. Cela est surtout possible grâce a son fonds d’investissement souverain fondé en 2005, Qatar Investment Authority (QIA).

Une force économique et d'investissement

Le Qatar investit donc massivement à l’étranger, notamment dans les grandes capitales. La crise financière de 2008 constitue ainsi une opportunité de se rendre indispensable, consolidant de surcroît ses alliances.

L’éducation (avec la Qatar Foundation), le sport (avec l’achat du Paris Saint-Germain, la diffusion de nombreux événements via la chaîne Bein Sports et bien sûr la prochaine Coupe du Monde), la culture (avec les nombreux musées prestigieux, les expositions des plus grands artistes ou l’achat de toiles de maître), les médiations (au Liban, au Darfour ou plus récemment entre les États-Unis et les talibans), et aussi la chaîne d’informations Al Jazeera, sont autant de niches qu’il exploite pour s’affirmer. Cette dernière, est plus explicitement qualifiée par un câble Wikileaks « d’outil diplomatique » servant les intérêts de Doha. Ceci vaut d’ailleurs au Qatar des accusations de soutien au terrorisme, déjà proférées depuis les apparitions exclusives de Ben Laden sur la chaine d’information qatarie en continu Al Jazeera au lendemain de l’invasion de l’Afghanistan en 2001...

L’accueil de cette compétition semble en soi régi par une forme de hedging.

« C'est le jeu d'équilibriste auquel se livre ce pays surexposé médiatiquement depuis qu'il a décroché en 2010 l'organisation de la Coupe du monde 2022 : vendre une image lisse de pavillon-témoin du pays arabe du XXIe siècle tout en s'appuyant sur un système social comparable à celui de l'Arabie saoudite et des autres régimes autoritaires de la région, où la moindre tête qui dépasse est expulsée, dans le meilleur des cas. »

Le Qatar « utilise le sport pour gagner en puissance et en influence sur la scène internationale. Il vise le Graal du sport. », prévient Raphaël Le Magoariec, spécialiste des sociétés de la péninsule arabique et du sport, co-auteur de L'empire du Qatar les nouveaux maîtres du jeu ? (ed. Les Points sur les i.).

Pas sûr pourtant que la projection d'un « soft power »  change les différentes perceptions internationales.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

DEUXIEME CONDAMNATION A MORT EN IRAN

 LIEE AUX EMEUTES

Deuxième condamnation à mort en Iran liée aux « émeutes » et  2000 inculpations enregistrées.

La justice iranienne a prononcé mardi une condamnation à mort à l'encontre d'un « émeutier », a annoncé l'agence de presse de l'Autorité judiciaire. Il s'agit de la seconde peine de ce type en l'espace de trois jours.

La justice iranienne a prononcé mardi une seconde condamnation à mort en trois jours à l’encontre d’un « émeutier », a annoncé Mizan Online, l’agence de l’Autorité judiciaire.

Des manifestations ont lieu en Iran depuis la mort, il y a deux mois, de Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans arrêtée pour infraction au code vestimentaire strict qui oblige les femmes à porter le voile islamique en public.

Les autorités dénoncent des « émeutes » et des centaines de personnes ont été arrêtées.Dimanche, un tribunal de Téhéran avait déjà condamné à mort une personne jugée coupable « d’avoir incendié un bâtiment gouvernemental, de trouble à l’ordre public, de rassemblement et conspiration en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale, d’être un ennemi de Dieu et de corruption sur terre ».

« L’accusé est un ennemi de Dieu »

Cinq autres personnes avaient également été condamnées à des peines de cinq à 10 ans de prison pour « rassemblement et conspiration en vue de commettre des crimes contre la sécurité nationale et trouble à l’ordre public ».

Dans le cadre du même procès, un tribunal révolutionnaire a condamné à mort une autre personne accusée d’avoir

« terrorisé des gens dans la rue en utilisant une arme blanche, d’avoir incendié la moto d’un citoyen et attaqué un individu avec un couteau », a indiqué mardi soir l’agence Mizan Online.

« L’accusé est un ennemi de Dieu pour avoir fait usage d’armes blanches », selon le verdict.

Le tribunal étant de première instance, les condamnés peuvent faire appel, précise l’agence.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

ATTENTAT TERRORISTE A ISTANBUL EN TURQUIE

La panique s’est emparée du cœur d’Istanbul (Turquie) ce dimanche. Une forte explosion a retenti dans l’après-midi sur l’artère commerçante et très fréquentée d’Istiklal au cœur d’Istanbul, ont rapporté les médias turcs.

L’avenue Istiklal, l’artère piétonne la plus fréquentée de la ville, était noire de monde et le soleil se donnait des airs d’été indien. Lorsque retentit le bruit d’une explosion, à 16 h 20, en plein milieu du passage, à l’intersection de la petite rue Imam-Adnan, entre le magasin de vêtements Mango et le glacier Mado.

L’explosion est survenue vers 16h20 (13h20 GMT), au moment où la foule était particulièrement dense dans ce lieu de promenade prisé, le dimanche, des Stambouliotes et des touristes. 

Selon les vidéos diffusées par les réseaux sociaux, l’explosion émet une puissante détonation, accompagnée de flammes, et déclenche aussitôt un mouvement de panique. Un large cratère noir est également visible sur ces images, ainsi que plusieurs corps à terre à proximité. Des familles avec des enfants dans les bras tentaient de fuir le quartier en courant.

De nombreuses victimes

L’attaque a fait six morts et 81 blessés, dont deux graves, selon un dernier bilan, donné ce dimanche soir par le vice-président turc Fuat Oktay. Un père et sa jeune fille ont perdu la vie, a notamment fait savoir Derya Yanik, ministre de la Famille et des Services sociaux. Elle était âgée de 9 ans, selon la télévision publique TRT et le quotidien Cumhuriyet.

Une mère de 38 ans et sa fille de 15 ans, ainsi qu’un couple âgé de 27 et 40 ans sont également décédés dans l’attentat, détaille le quotidien turc.

Réactions des autorités

Par crainte d’une seconde explosion, la zone a été complètement évacuée. Un imposant déploiement de forces de sécurité barre également tous les accès. La police a bouclé les accès à la rue Istiklal et aux rues adjacentes, et les hélicoptères survolaient le centre-ville où résonnaient de nombreuses sirènes. Dans le quartier voisin de Galata, beaucoup de boutiques ont baissé leurs rideaux.

Moins d’une heure après les faits, le Haut conseil audiovisuel turc a interdit aux médias audiovisuels de diffuser des images de la scène pour « empêcher de semer la peur ». Par ailleurs, l’accès aux réseaux sociaux a été restreint en Turquie après l’attentat, selon l’observateur des restrictions en ligne Netblocks.

Les suspects Une Syrienne et le PKK

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé, en direct à la télévision, « un vil attentat ». « Nous considérons qu’il s’agit d’un attentat terroriste dû à l’explosion d’une bombe déclenchée par un assaillant », a déclaré Fuat Oktay, le vice-président.

Alors que ce dernier avait évoqué une « kamikaze » dans un premier temps, le ministre de la Justice, Bekir Bozdag, a ensuite évoqué un « sac » déposé sur un banc. « Une femme s’est assise sur un banc pendant 40 à 45 minutes et, quelque temps après, il y a eu une explosion », a-t-il poursuivi. « Soit ce sac contenait un minuteur, soit quelqu’un l’a activé à distance », a-t-il ajouté.

« Que notre population soit sûre que les auteurs seront punis. Les tentatives de piéger la Turquie et la nation turque dans la terreur ne pourront atteindre leur but ni aujourd’hui ni demain, pas plus que cela a été le cas hier » a promis Erdogan, qui avait déjà été confronté à une campagne de terreur à travers le pays en 2015-2016. Revendiquée en partie par le groupe État islamique, elle avait fait près de 500 morts et plus de 2 000 blessés. « Nous trouverons ceux qui sont derrière cet attentat, qui que ce soit, même s’il va à l’autre bout du monde » a promis Fuat Oktay.


Le ministre de l’Intérieur turc, Souleyman Soylu, a annoncé ce lundi l’arrestation de 46 personnes, dont une partie à Kucukcekmece, dans la banlieue d’Istanbul. Parmi elles, une femme suspectée d’avoir posé la bombe et de nationalité syrienne a reconnu les faits, a confirmé la police turque..Elle aurait déclaré avoir agi sur ordre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et reçu des directives à Kobané dans le nord-est de la Syrie.

La ville est célèbre pour la bataille qui s’y est déroulée et a permis aux forces kurdes de repousser, en 2015, le groupe Etat islamique (EI). Elle est contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les Unités de protection du peuple (YPG), alliées au PKK, sont une composante majeure.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara mais aussi par ses alliés occidentaux dont les États-Unis et l’Union européenne, était depuis dimanche accusé d’être à l’origine de l’attaque par les autorités turques. « Les opérations continuent » pour arrêter d’autres suspects, a précisé le ministre de l’Intérieur.

La Turquie a « rejeté » ce lundi matin les condoléances des États-Unis qui 

« soutiennent les terroristes » kurdes de Kobané, a indiqué Souleyman Soylu.

« Nous n’acceptons pas les condoléances des États-Unis. Notre alliance avec un État qui entretient Kobané et des poches de terreur (…) doit être débattue », a déclaré le ministre, mettant à nouveau en cause le PKK.




Alize Marion pour DayNewsWorld

VIVES TENSIONS ENTRE LES DEUX COREES

ET TIRS DE MISSILES

Les deux Corées ont procédé mercredi à des échanges de tirs de missiles: Pyongyang en a lancé plus de 10, dont l'un est tombé près des eaux territoriales sud-coréennes, ce qui a amené Séoul à riposter avec trois missiles air-sol, le président sud-coréen Yoon Suk-yeol dénonçant une "invasion territoriale de fait". Un missile balistique de courte portée attribué à la Corée du Nord a tout d'abord franchi la Ligne de limite du Nord, qui constitue de fait la frontière maritime entre les deux pays, provoquant une rare alerte au raid aérien demandant aux habitants de l'île sud-coréenne d'Ulleungdo de se réfugier dans des abris souterrains.

Selon l'armée de Séoul, c'est "la première fois depuis la division de la péninsule" à l'issue des combats de la guerre de Corée en 1953 qu'un missile nord-coréen est tombé si proche des eaux territoriales du Sud. M. Yoon a "souligné que la provocation nord-coréenne est une invasion territoriale de fait par un missile qui a franchi la Ligne de limite du Nord pour la première fois depuis la division" de la péninsule, a déclaré la présidence sud-coréenne dans un communiqué.

Le missile tombé au plus proche de la Corée du Sud a amerri dans des eaux situées à seulement 57 kilomètres (35 miles) à l'est de la Corée du Sud continentale, a indiqué l'armée de Séoul, qui a qualifié de "très rare et intolérable" le tir de Pyongyang. "Nous déclarons que notre armée répondra de manière décisive à cela", a-t-elle ajouté.

Peu après, l'armée de Séoul a rapporté avoir tiré trois missiles air-sol près de l'endroit, au niveau de la frontière maritime, où le missile nord-coréen était tombé. L'état-major interarmées sud-coréen avait initialement affirmé avoir identifié un tir de trois missiles balistiques de courte portée.

Mais il a par la suite annoncé que la Corée du Nord avait lancé "plus de 10 missiles de types différents vers l'Est et l'Ouest". Le président Yoon a convoqué une réunion du Conseil national de sécurité au sujet de ce lancement, qui, selon les analystes, est l'un des plus "agressifs et menaçants" depuis plusieurs années. Le président sud-coréen a en outre ordonné des mesures "rapides et sévères afin que les provocations de la Corée du Nord paient un prix fort". Le Japon a également confirmé le lancement de missiles nord-coréens, le Premier ministre japonais Fumio Kishida déclarant aux journalistes vouloir "tenir une réunion sur la sécurité nationale dès que possible".

"Tempête vigilante"

Séoul et Washington organisent actuellement le plus grand exercice aérien conjoint de leur histoire, baptisé "Tempête vigilante" (Vigilant Storm), auquel participent des centaines d'avions de guerre des deux armées. Pak Jong Chon, maréchal et secrétaire du Parti des travailleurs au pouvoir en Corée du Nord, a qualifié ces exercices d'agressifs et provoquants, selon un rapport publié mercredi par la presse officielle nord-coréenne.

Selon lui, le nom de ces manoeuvres fait écho à l'opération "Tempête du désert", nom donné aux opérations militaires de la coalition conduite par les Etats-Unis contre l'Irak en 1990 et 1991 après l'invasion du Koweït.

"Si les Etats-Unis et la Corée du Sud tentent d'utiliser leurs forces armées contre la (République populaire démocratique de Corée) sans crainte, les moyens spéciaux des forces armées de la RPDC accompliront leur mission stratégique sans délai", a déclaré M. Pak, selon l'agence d'Etat KCNA. "Les Etats-Unis et la Corée du Sud devront faire face à une terrible affaire et payer le prix le plus horrible de l'histoire", a ajouté M. Pak.

Près de la Corée du Sud

Les missiles tirés mercredi par la Corée du Nord constituent "la plus agressive et menaçante démonstration (de force) contre le Sud depuis 2010", a déclaré à l'AFP Cheong Seong-chang, chercheur à l'institut Sejong. "Il s'agit d'une situation dangereuse et instable qui pourrait mener à des (affrontements) armés", a-t-il ajouté. En mars 2010, un sous-marin nord-coréen avait torpillé une corvette sud-coréenne, le Cheonan, tuant 46 marins dont 16 effectuaient leur service militaire obligatoire.

En novembre de la même année, le Nord avait bombardé une île frontalière sud-coréenne, causant la mort de deux jeunes soldats. Ce tir mercredi de missiles nord-coréens survient après une série de lancements, notamment de ce que le Nord a qualifié d'exercices nucléaires tactiques. Washington et Séoul avertissent de manière répétée que Pyongyang pourrait effectuer un nouvel essai nucléaire, qui constituerait le 7e de son histoire.

"Aussi longtemps que je me souvienne, la Corée du Nord n'a jamais procédé à une telle provocation lorsque la Corée du Sud et les Etats-Unis menaient des manoeuvres conjointes", a décrit Park Won-gon, professeur à l'université Ewha.

 "Pyongyang semble avoir achevé sa plus puissante (mesure de) dissuasion. C'est une grave menace. Le Nord semble également confiant dans ses capacités nucléaires."




Larry Rick pour DayNewsWorld

BOUSCULADE MEURTRIERE A SEOUL

 POUR HALLOWEN

AVEC AU MOINS 140 MORTS ET 100 BLESSES

Au moins 120 personnes sont mortes et une centaine d'autres ont été blessées dans la nuit de samedi à dimanche dans une bousculade lors d'une fête d'Halloween dans le centre de Séoul, a-t-on appris de source officielle.

Des dizaines de personnes ont été prises en charge en arrêt cardiaque à Séoul ce samedi 29 octobre lors des célébrations d’Halloween, ont indiqué les pompiers sud-coréens

« À 2 h 30 du matin, heure locale, 120 personnes ont été tuées et cent autres blessées », a indiqué à la presse sur les lieux de la catastrophe un responsable des pompiers de la capitale sud-coréenne, Choi Seong-beom

Un porte-parole des pompiers a confirmé l'incident, précisant que 140 ambulances avaient été déployées sur les lieux pour prendre en charge les victimes.

Selon l'agence Yonhap, des milliers de personnes fêtaient Halloween dans le quartier d'Itaewon, et une cinquantaine d'entre elles ont connu un arrêt cardiaque.

Les victimes semblent avoir été prises dans des mouvements de foule au sein de ce quartier de la capitale sud-coréenne où les célébrations d’Halloween rassemblent un grand nombre de personnes.

Le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, a demandé aux hôpitaux de se préparer à accueillir les blessés.

Des photographies publiées par Yonhap montraient plus d'une dizaine de personnes gisant dans une rue, des sauveteurs effectuant des massages cardiaques à certaines d'entre elles, alors que la police tenait la foule à distance par des cordons de sécurité.

Selon des images vidéo, une vingtaine de corps étaient cependant couverts de draps ou de couvertures, les sauveteurs ne tentant pas de réanimer ces gens. D'autres victimes étaient évacuées sur des civières vers des ambulances.

Les célébrations d’Halloween cette année 2022 sont les premières depuis le début de la pandémie de COVID-19, au cours de laquelle les Sud-Coréens ont été obligés de porter le masque à l'extérieur.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

LES FORCES DE SECURITE OUVRENT LE FEU SUR LES FIDELES VENUS SUR LA TOMBE DE MAHSA AMINI 

40 JOURS APRES LE DEUIL

Des heurts ont eu lieu, mercredi 26 octobre, dans la ville natale de Mahsa Amini. « Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes et ouvert le feu sur la place Zindan, dans la ville de Saqez », selon Hengaw. Le groupe de surveillance des violations des droits dans les régions kurdes d'Iran n'a pas précisé s'il y avait des morts ou des blessés.

Dès mardi soir, les autorités avaient renforcé leur dispositif à Saghez, déployant des forces sur une place centrale. Les accès à la ville auraient également été bloqués. Selon des militants des droits humains, les forces de sécurité avaient mis en garde les parents de la jeune femme contre l'organisation d'une cérémonie d'hommage sur sa tombe, allant jusqu'à menacer « la vie de leur fils ».

Malgré des mesures de sécurité renforcées, des colonnes de personnes en deuil avaient afflué à Saqez, dans la province du Kurdistan occidental, pour rendre hommage à Mahsa Amini sur sa tombe, quarante jours après la mort de la jeune femme .

"L'année du sang"

Défiant un dispositif de sécurité renforcé, criant « Femme, vie, liberté » ou « Mort au dictateur », une foule d'hommes et de femmes s'était réunie autour de la tombe de la jeune femme dans le cimetière Aichi de la ville de Saghez, dans la province du Kurdistan (ouest), selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Des fidèles ont commencé tôt mercredi à rejoindre le cimetière.

Des images mises en ligne par des militants et des défenseurs des droits humains montraient une foule très nombreuse, en voiture et à moto, à pied à travers champs et le long des routes, ou même traversant une rivière. Frappant des mains, criant, klaxonnant, la foule a envahi la route reliant Saghez au cimetière, distant de huit kilomètres, selon des images mises en ligne par Hengaw, que cette ONG a déclaré avoir vérifiées. « Cette année est l'année du sang, Seyed Ali sera renversé », criait un groupe sur une vidéo authentifiée , en référence au guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Dans plusieurs villes du Kurdistan, « Sanandaj, Saghez, Divandarreh, Marivan et Kamyaran, des grèves sont largement suivies », selon Hengaw. De même à Javanrud et Ravansar, dans la province du Kermanshah (ouest).

Selon Hengaw, deux figures du football iranien, le légendaire buteur Ali Daei et le gardien Hamed Lak, se sont rendus à Saghez pour ce 40e jour suivant la mort de Mahsa Amini, marquant la fin de la période de deuil traditionnel en Iran.

Ils sont descendus au Kurd Hotel, selon Hengaw, mais « ont été transférés dans la chambre d'hôtes du gouvernement (...) sous la garde des forces de sécurité ».

Cette Kurde iranienne de 22 ans est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique, imposant notamment le port du voile pour les femmes.

Sa mort a déclenché une vague de contestation sans précédent depuis trois ans, qui se poursuit à travers l'Iran. Jeunes femmes et écolières sont montées en première ligne, beaucoup tête nue, brûlant leur voile et bravant les forces de sécurité.

La justice iranienne a annoncé mercredi avoir inculpé plus de 300 personnes, portant à plus de mille le nombre officiel des inculpations liées à ces manifestations..

L'un des plus importants mouvements de contestation en Iran depuis 1979

Ce mouvement de contestation des autorités religieuses iraniennes est l'un des plus importants depuis la révolution islamique de 1979.

Ce mouvement, notamment alimenté jusqu'ici par la jeunesse iranienne – avec des grèves dans des dizaines d'universités – pourrait encore prendre de l'ampleur avec la fin de la période de deuil.

Nouvelles sanctions américaines contre Téhéran

Washington a annoncé mercredi des sanctions économiques visant des responsables iraniens et des entreprises, pour leur répression violente des manifestations qui secouent l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini, et les perturbations volontaires dans l'accès à Internet.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

UN TROISIEME MANDAT OU LE SACRE

DU TOUT-PUISSANT POUR XI JINPING

Troisième sacre historique pour Xi Jinping. Le président chinois a été reconduit dimanche 23 octobre à la tête du Parti communiste, après avoir balayé toute contestation, devenant le dirigeant le plus puissant depuis Mao Zedong, fondateur du régime.

L'homme fort de Pékin a promis de "travailler dur dans l'accomplissement" de ses "tâches", immédiatement après avoir obtenu un troisième mandat de cinq ans, par un Comité central largement remanié du Parti communiste chinois (PCC).

Il devient ainsi le dirigeant le plus puissant depuis Mao Zedong, fondateur du régime.

Point d’orgue de ce XXe congrès, la présentation du nouveau comité permanent du PCC ce dimanche matin, soit les sept hommes qui vont diriger la deuxième économie du monde.

Et comme le veut la tradition, c'est le président qui est arrivé en premier sur le tapis rouge, emmenant ses camarades, notamment Li Qiang, futur Premier ministre. 

Derrière lui et les autres, six costumes sombres et cravates rouges sur les strates du salon d'or, au troisième étage du Palais du peuple. Le visage fermé, bras le long du corps, presque au garde à vous, les six silhouettes ont écouté le secrétaire général et numéro un du Parti faire son discours.

On savait avec le départ à la retraite du Premier ministre Li Keqiang et celui, de l'ancien président Hu Jintao, poussé vers la sortie samedi, qu'il n'y aurait que des hommes du président dans ce comité. Ce sont des figures familières, explique Xi Jinping en les présentant. Il les a connus en partie quand il était secrétaire du Parti communiste du Zhejiang, une province de la côte orientale chinoise, et puis à Shanghai.

Son futur Premier ministre, Li Qiang, est le patron du PCC de Shanghai qui a la terrible réputation d'avoir confiné sa ville et ses habitants pendant 3 mois l'année dernière. Au Parti communiste, la fidélité prime en tout cas sur la popularité. 

Cette nomination est un signe "d’une fuite en avant toujours plus avérée dans l’idéologie, dans l’entêtement de Xi Jinping", observe Chloé Froissart, sinologue et professeure de sciences politiques des universités à l’Inalco.

"La politique zéro covid ne sera pas remise en cause".

Le secrétaire général du PCC de Pékin, Cai Qi, s'occupera du bureau des affaires générales du parti. Li Xi, secrétaire général du PCC de la province du Guangdong (sud), a été nommé au comité de discipline du parti. C'est un poste clé qui supervise la campagne anti-corruption lancée en 2012 par Xi Jinping pour faire tomber les corrompus et ses adversaires politiques.

Pour le jeune Zhao Leji, 65 ans, Ding Xuexiang, qui était assistant politique du président, et Wang Huning, l'idéologue en chef du régime depuis trois générations de dirigeants, ils sont tous considérés comme des proches du secrétaire général du PCC. Les deux grands partants, Li Keqiang, Premier ministre sortant, et Wang Yang, donné un moment comme nouveau chef du gouvernement, étaient tous les deux proches de l’ancien président Hu Jintao et de la faction de Jeunesses communistes.

Le saint des saints du Parti communiste chinois, l’instance suprême, ne compte plus aucun opposant potentiel au numéro un chinois Xi Jinping,.Désormais tenu par les plus proches alliés de Xi, le nouveau Comité permanent confirme la mainmise de Xi Jinping sur la formation politique, selon des analystes.

"Ce sont tous des hommes de Xi, cela montre qu'il veut gouverner au-delà d'un troisième mandat", donc après 2027, souligne Alfred Wu Muluan, expert en politique chinoise à l'Université nationale de Singapour.

Willy Lam, spécialiste du PCC à l'Université chinoise de Hong Kong, pronostiquait "une domination anormalement asymétrique d'une seule faction : celle de Xi Jinping".

Pas plus que le comité permanent, le bureau politique, instance de décision du Parti communiste chinois, ne compte de femme. Une première en 25 ans. L'unique femme qui faisait partie de ce groupe de 25 personnes a pris sa retraite et aucun des nouveaux membres dévoilés ce dimanche n'est une femme.

Évacuation de Hu Jintao

Seul incident marquant durant une cérémonie très chorégraphiée, l'ancien président Hu Jintao a été escorté vers la sortie samedi.

Visiblement contre son gré, l'homme de 79 ans, qui a présidé la Chine de 2003 à 2013, a été incité par des employés à se lever de son siège, situé à côté de Xi Jinping.Cette scène très inhabituelle n'a pas été expliquée par les autorités .

L'agence Chine nouvelle a affirmé en anglais que Hu Jintao "ne se sentait pas bien". Il va "beaucoup mieux" désormais, a-t-elle écrit sur Twitter, réseau social bloqué en Chine .Hu Jintao, qui a paru affaibli physiquement durant le congrès, est le prédécesseur de Xi Jinping et est considéré comme un réformateur. Toute référence récente à son nom semblait avoir été censurée de l'internet chinois.


"La Chine ne peut pas se développer sans le monde, et le monde a aussi besoin de la Chine"

Malgré une concentration presque totale des pouvoirs, Xi Jinping devra faire face à une économie en fort ralentissement, notamment en raison de sa politique « zéro Covid», une rivalité exacerbée avec les États-Unis et des critiques internationales sur les droits humains.

Lors d'une allocution devant la presse après avoir obtenu un troisième mandat à la tête du Parti communiste et donc du pays, Xi Jinping a assuré : "La Chine ne peut pas se développer sans le monde, et le monde a aussi besoin de la Chine".

Le président a salué les "deux miracles" réalisés dans le pays : "un développement économique rapide et une stabilité sociale sur le long terme".

En une décennie à la tête du pays, Xi Jinping a réussi le pari de faire de la Chine la deuxième économie mondiale, dotée d'une des armées les plus puissantes au monde. Le chef de l'État a d'ailleurs été reconduit également à la tête de la Commission militaire centrale. 

Au sein de celle-ci, plusieurs des généraux nouvellement promus font partie de la clique du détroit de Taïwan et sont très belliqueux et poussent pour une invasion de l'île. Cela confirme que Taïwan est une priorité absolue de la Chine de Xi Jinping.

La Grande renaissance de la nation pour 2049

Xi Jinping mène le navire Chine et il a redonné sur l'estrade du salon d'or du Grand Palais du peuple les objectifs : "La construction d'un pays socialiste moderne et la marche vers la grande renaissance de la nation correspond à un souhait et une longue attente, la modernisation de la Chine est le résultat des efforts conjugués du Parti communiste chinois et du peuple chinois".

La modernisation du pays est donc pour 2035, la Grande renaissance de la nation est pour 2049. Désormais, plus rien n'empêche Xi Jinping de se prolonger au pouvoir.

Et si la Chine doit devenir un pays socialiste moderne avec une économie ouverte, c'est le peuple, et surtout le Parti, qui prime sur tout le reste dans cette modernisation.




Alize Marion pour DayNewsWorld

DISCOURS DE XI JINPING AU XX E CONGRES DU PCC

LA CHINE PEUT-ELLE DEVENIR LA PREMIERE PUISSANCE MONDIALE ?

Xi Jinping a ouvert , dimanche 16 octobre 2022, le XXème congrès du parti communiste chinois.

A l’occasion de son discours d’ouverture du Congrès du Parti communiste, le président de la République populaire de Chine a réitéré dimanche que l’objectif premier du Parti restait celui du développement économique, mais que la sécurité du pays devait aussi guider l’action du Parti. Un discours largement consacré aux sujets de politique intérieure, prononcé devant quelque 2 300 délégués du parti, rassemblés dans l'immense Palais du peuple. Ces derniers devraient lui confier dans une semaine un troisième mandat historique à la tête du pays.

L’occasion pour le maître incontesté de Pékin de réaffirmer sa fermeté politique et d’afficher sa volonté de supplanter les Etats-Unis comme première puissance mondiale.

"Le recours à la force" sur Taïwan ?

Xi Jinping ne compte pas céder sur Taïwan. Tout en assurant que la Chine avait toujours « respecté » et s'était toujours « souciée » du peuple taïwanais, Xi Jinping s'est montré déterminé à réunifier « pacifiquement » ce qu'il estime être l'un de ses territoires, bien que la dirigeante taïwanaise, Tsai Ing-Wen, maintient son refus d’intégration à l'Empire du Milieu. « La résolution de la question de Taïwan est l'affaire du peuple chinois, et c'est au peuple chinois de décider », a martelé le chef de la République populaire de Chine devant les 2 300 délégués du PCC, présents au congrès du parti qui s'est ouvert samedi à Pékin. « Les roues historiques de la réunification nationale et du rajeunissement national roulent. La réunification complète de la patrie doit être réalisée. Elle sera réalisée », a-t-il ajouté. Pour parvenir à ses fins, le président chinois n'écarte pas tout recours à « la force », comme l'ont laissé entendre ces récentes manœuvres militaires dissuasives. « Nous œuvrerons avec la plus grande sincérité et les plus grands efforts pour une réunification pacifique de Taïwan, mais nous ne promettrons jamais de renoncer à l'usage de la force et nous nous réservons l'option de prendre toutes les mesures nécessaires », a confirmé Xi Jinping, tout en fustigeant tout « séparatisme » et « ingérence » étrangère dans ce conflit.

En septembre, le président américain Joe Biden avait assuré que les Etats-Unis défendraient l'île convoitée par Pékin « si une attaque sans précédent venait à se produire ». Après quoi, la Chine avait dénoncé une « grave violation » des promesses diplomatiques de Washington.

La lutte contre le réchauffement climatique

C'est justement en raison des tensions avec les Etats-Unis sur la question de Taïwan que Pékin avait annoncé la suspension au 1er septembre de sa coopération avec les Etats-Unis sur le réchauffement climatique, nouée dans les couloirs de la COP26, à Glasgow. Dimanche, Xi Jinping a toutefois évoqué brièvement la crise climatique, assurant que son pays allait « promouvoir activement » la lutte contre le réchauffement de la planète.

La Chine est un des plus gros pollueurs du monde et le premier émetteur de gaz à effet de serre. En mars 2021, le pays a publié le détail de sa politique de réduction de la part des énergies carbonées dans son mix énergétique, promettant de faire grimper la part des énergies renouvelables à 25% en 2025. Selon un rapport du think tank Carbon Tracker, publié en amont de la Conférence pour le climat, ce taux était passé de 7% à 15% entre 2009 et 2019.

« Nous participerons activement à la gouvernance mondiale sur le changement climatique », a encore dit Xi Jinping, tout en s'engageant à « renforcer l'utilisation propre et efficace du charbon ». Le pays, qui ambitionne d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2060, est très dépendant de cette énergie fossile pour alimenter ses centrales électriques.

Sa politique "zéro Covid"

XI Jinping a évoqué la politique « zéro Covid » mise en place par le pays et traduite pas le renforcement du contrôle social sur les citoyens, dont tous les déplacements sont désormais enregistrés informatiquement. La Chine a « protégé au plus haut point la sécurité et la santé du peuple et a atteint des résultats positifs significatifs en coordonnant la prévention et le contrôle de l'épidémie avec le développement économique et social », a-t-il estimé.

Sa campagne anticorruption

Dans son discours, Xi Jinping a également défendu sa redoutable campagne anticorruption, en réponse aux critiques qui l'accusent de l'avoir utilisée pour faire tomber ses rivaux et consolider son pouvoir.« La lutte contre la corruption a remporté une victoire écrasante et a été consolidée de manière exhaustive, éliminant les graves dangers latents au sein du parti, de l'Etat et de l'armée », s'est-il félicité. Selon des chiffres officiels, au moins 1,5 million de personnes ont été sanctionnées lors de cette campagne, entamée par Xi Jinping dès son arrivée au pouvoir en 2012 pour faire tomber les « tigres » (hauts dirigeants) et les « mouches » (petits fonctionnaires) avides de pots-de-vin.

Et à la veille de l’ouverture du XXe Congrès, les dirigeants du PCC ont officiellement entériné la décision d’expulser une poignée de responsables, dont Fu Zhenghua et Shen Deyong, qui faisaient partie du Comité central. Un des chefs de police les plus puissants du pays, Fu a été condamné à la perpétuité en septembre après avoir été accusé de former une « clique politique » avec d’autres hauts responsables de la sécurité, dont Sun Lijun, ancien vice-ministre de la Sécurité publique. Leur disgrâce est sans doute la plus grande purge du système de sécurité depuis que Xi a lancé sa vaste campagne de lutte contre la corruption. Quant à Shen, ancien vice-président de la Cour suprême de Chine, il est en attente de jugement pour corruption.

Pour les détracteurs de Xi Jiping, cette campagne a aussi été pour le numéro un chinois un outil politique, destiné à faire tomber des rivaux.

La Chine cependant dans une impasse

Mais malgré cette auto-consécration et la défense de son bilan, Xi Jiping ne peut ignorer que la Chine est aujourd’hui dans une impasse.

En effet entre la fin des années 70 et le milieu des années 2010, le pays a fait de son développement économique une priorité absolue. En 40 ans, la Chine est devenue l’usine du monde et le premier marché de la planète dans de nombreux secteurs. Pour le plus grand profit de sa population. Mais ce modèle est en crise. La croissance y est devenue anémique – elle ne devrait pas dépasser les 3,2% cette année -, un jeune urbain sur cinq est au chômage et l’immobilier, véritable poumon de l’activité, est à bout de souffle. Et selon Natixis, la dette chinoise représente 275% du PIB.

La crise rampante de l' immobilier

Pilier de l'économie chinoise et symbole du « miracle » des trente dernières années, le secteur immobilier est en effet pris dans une spirale de défiance inédite. Depuis l'effondrement d' Evergrande il y a un an, la bulle immobilière craquelle de toutes parts. Ces faillites en cascade ont mis sur le carreau des dizaines de millions de ménages obligés d'honorer leurs crédits immobiliers pour des logements achetés au prix fort et dont ils n'auront probablement jamais les clefs. Au fil des mois, une grève des remboursements, née sur le réseau social WeChat, s'est propagée dans tout le pays, fragilisant encore davantage des centaines de petites banques locales plombées par des monceaux de créances douteuses. Fin juillet, le boycott concernait plus de 320 chantiers identifiés et 800.000 logements, Natixis y voyant « la partie émergée d'un énorme iceberg ». Quand l'immobilier chinois s'enrhume, c'est tout le pays qui tousse. « Ces dernières années, quasiment 30% de la croissance est venue du boom immobilier », souligne Alicia Garcia Herrero, la chef économiste de Natixis à Hongkong.

Une économie minée par la dette et les choix politiques

La crise de croissance s'explique donc d’abord par un excès d’endettement, notamment au niveau des collectivités locales- la dette chinoise représenterait 275% du PIB- mais surtout, par les choix politiques fait par de Xi Jinping pour asseoir son pouvoir. La stratégie « zéro Covid », encore réaffirmée hier à la tribune du XXème Congrès, bride en effet l’activité des entreprises et la consommation des ménages. De même, la reprise en main des grandes multinationales privées, tout particulièrement dans la Tech agit comme un frein à l’innovation.

Rivalités Chine-Etats-Unis

C'est dans ce contexte difficile que s'annonce le conflit des puissances Chine-Etats-Unis. La lutte entre Washington et Pékin pour le leadership mondial s’annonce comme un bras de fer de longue haleine.

Un pas décisif dans la confrontation entre les deux principales économies mondiales vient d'ailleurs d’être franchi par Joe Biden, avec la mise en place de restrictions dans le secteur sensible des semi-conducteurs, ces « puces » électroniques indispensables à l’ère numérique. Washington est passé à l’action à la veille du rendez-vous politique majeur de Xi Jinping, le 20e Congrès du Parti communiste chinois (PCC). L’administration américaine vient en effet de publier un document d’une centaine de pages [PDF] visant ni plus ni moins, à « décapiter l’industrie chinoise des semi-conducteurs » selon l’image d’un expert américain.

Un leadership mondial qu'il reste à conquérir...dans un bras de fer de longue haleine, avec de réelles conséquences économiques et géopolitiques.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

DE LA REVOLTE CONTRE LE VOILE 

A LA REVOLUTION CONTRE LE REGIME IRANIEN ?

Dix jours après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police pour un voile mal porté, c'est maintenant Hadis Najafi tuée de six balles par la police qui devient le symbole de la révolte iranienne alors que des manifestants continuent de braver le pouvoir qui réprime brutalement. On voit, dos à la caméra, une jeune femme qui noue ses cheveux blonds en chignon et réajuste ses lunettes. 

Elle a laissé son voile et sa peur derrière elle, pour descendre dans la rue rejoindre le mouvement de contestation qui enflamme l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini. Cette vidéo amateur devenue virale sur les réseaux sociaux s'est rapidement imposée comme un symbole de toutes ces femmes qui ôtent leur voile et se coupent les cheveux pour protester contre le code vestimentaire imposé par la République islamique.

Un symbole de courage

Elle illustre surtout les derniers instants de la vie de Hadis Najafi, âgée d'à peine 20 ans, et tuée de six balles dans la tête, le cou et la poitrine par les forces de l'ordre dans la petite ville de Karaj, à l'ouest de Téhéran. «Hadis Najafi n'a pas gardé le silence face à la tyrannie. Elle a été tuée pour avoir protesté contre la mort brutale de Mahsa Amini», a annoncé le 25 septembre 2022 sur Twitter la journaliste et militante américaine d'origine iranienne Masih Alinejad, qui s'est entretenue avec la sœur de la victime. L'annonce de la mort de la jeune femme a ému au-delà des frontières de l'Iran.

« Les jeunes femmes iraniennes sont le véritable catalyseur de cette mobilisation. Le fait qu’elles soient les leaders de ce mouvement est un fait assez inédit en Iran », indique la journaliste Sara Saidi, correspondante en Iran de 2016 à 2019.

Le chant révolutionnaire Bella ciao

Le mouvement en cours dépasse largement le seul enjeu du voile. En première ligne de cette révolte certes, les femmes iraniennes. En signe de contestation, certaines jeunes femmes iraniennes, visage totalement découvert, prennent le risque de poster sur les réseaux sociaux des vidéos dans lesquelles elles revisitent en langue persane l'hymne révolutionnaire italien Bella ciao. Un symbole partagé de façon virale partout dans le monde.

Mais contrairement aux autres mobilisations où les femmes agissaient de manière isolée, il s’agit ici d’un mouvement collectif. Les très jeunes femmes ont réussi à rassembler dans les rues les femmes plus âgées mais aussi les hommes.

Le spécialiste de l’Iran Farid Wahid l'atteste  : « C’est un mouvement féministe, mais qui est soutenu par de nombreux hommes, qui sont là pour leurs sœurs, leurs femmes. Tout le monde est dans la rue, que ce soient les quartiers bourgeois, pauvres, la ville, la campagne. Le pays bouge, partout ! »

En effetl e propre de la République islamique est l’utilisation simultanée de l’appareil d’un État moderne et de l’idéologie religieuse pour asseoir son autorité, combattre les dissensions et contrôler les femmes. Ce que ne supporte plus la population!

Le rejet du pouvoir religieux

Pour montrer leur opposition aux lois religieuses, certains manifestants ont décidé de s'attaquer aux symboles de la République islamique instaurée en 1979. En déboulonnant des statues ou en déchirant des portraits des figures politiques qui ont instauré ces lois à travers tout le pays il y a plus de 40 ans.

Le Guide suprême Ali Khamenei, dans sa 84ème année, préalablement président de la République, est ainsi au sommet de l’État depuis 41 ans . Malade depuis plusieurs années, il est dans l’impossibilité d’incarner pour une jeune population, une espérance, ni de représenter un modèle.

De plus la corruption pratiquée par les fondations religieuses contribue profondément au rejet des religieux. Il faut citer l’ayatollah Javadi Amoli, prédicateur du vendredi dans la grande ville de Qom : « Si la nation se soulève, nous serons tous jetés à la mer »…..

La population iranienne se soulève... d'autant que la situation économique est catastrophique L' inflation et le chômage ont  connu une augmentation pratiquement constante au cours des 40 dernières années. Le guide suprême a reconnu, en 2019, ne jamais avoir eu comme objectif l’amélioration de la vie de ses concitoyens, mais le maintien de la République islamique. La population en est exaspérée

La révolte des minorités

Dans le pays les minorités ethniques, ignorées, aussi se rebellent .La jeune Masha Amini était d’origine Kurde. Téhéran vient de frapper, en Irak, des membres de l’opposition iranienne kurde, renforçant leur énergie à s’opposer au régime. A l’Ouest de l’Iran, la minorité Baloutche a manifesté violemment, la semaine passée, dans la ville de Zahedan, subissant une féroce répression. Ces minorités, ignorées politiquement, réprimées, attendent l’heure de la revanche sur le pouvoir central.


« Un mouvement fort qui fait peur au régime »

Or le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi a appelé les forces de l’ordre à « réagir fermement ». Devant l’ampleur de la mobilisation, le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a menacé dimanche de ne faire preuve d’« aucune indulgence » vis-à-vis des manifestants.

En dix jours,plus d'une centaine de personnes ont été tuées selon Iran Human Rights et des centaines arrêtées.

Pour Farid Wahid, directeur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, ces protestations sont le résultat d’années de « frustration économique, politique, sociale ». «  C’est un mouvement fort, symbolique, qui fait peur au régime. Les autorités iraniennes ont reçu un coup très dur, les tabous sont brisés, les Iraniens en ont fini avec la liaison systématique de la politique et de la religion. La situation est tellement catastrophique que ces jeunes sont prêts à mourir pour changer les choses. La mort de Mahsa Amini a été l’étincelle qui a provoqué l’explosion », ajoute-t-il.

De la révolte à la révolution, tous les ferments sont réunis pour la révolution, selon le chercheur Gérard Vespierre.

Pour seule réponse le gouvernement iranien a choisi la force et a coupé internet à la quasi-totalité de ses 80 millions d'habitants. Cela avait déjà été le cas, fin 2019, lors de manifestations catalysées par la hausse du prix du carburant.

Selon Reuters, la répression avait fait  1 500 victimes...




Jenny Chase pour DayNewsWorld

"FEMMES VIE LIBERTE" 

LE SOUTIEN DES ARTISTES AUX FEMMES IRANNIENNES

Jusqu'à présent, le milieu artistique français s'était fait peu entendre sur le mouvement de contestation déclenché par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini à Téhéran.

Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique qui oblige notamment les femmes à porter le voile. Sa mort a déclenché une vague de manifestations en Iran, violemment réprimée, et des rassemblements de solidarité avec les femmes iraniennes à travers le monde. Le peuple iranien, les femmes en tête, manifeste au péril de sa vie pour un accès aux libertés les plus essentielles. Bravant la mort les Iraniennes sont descendues dans la rue et ont commencé à brûler leurs voiles et à se couper les cheveux. Elles retirent leur hijab en criant « Mort à la République islamique » Un geste particulièrement symbolique: enlever le hijab est un crime punissable en Iran.

Dix jours après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police pour un voile mal porté, c'est ensuite Hadis Najafi tuée de six balles par la police qui devient le symbole de la révolte iranienne alors que des manifestants continuent de braver le pouvoir qui réprime brutalement. On voit, dos à la caméra, une jeune femme qui noue ses cheveux blonds en chignon et réajuste ses lunettes. Elle a laissé son voile et sa peur derrière elle, pour descendre dans la rue rejoindre le mouvement de contestation qui enflamme l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini. Cette vidéo amateur devenue virale sur les réseaux sociaux s'est rapidement imposée comme un symbole de toutes ces femmes qui ôtent leur voile et se coupent les cheveux pour protester contre le code vestimentaire imposé par la République islamique.

Un symbole de courage

Elle illustre surtout les derniers instants de la vie de Hadis Najafi, âgée d'à peine 20 ans, et tuée de six balles dans la tête, le cou et la poitrine par les forces de l'ordre dans la petite ville de Karaj, à l'ouest de Téhéran. «Hadis Najafi n'a pas gardé le silence face à la tyrannie. Elle a été tuée pour avoir protesté contre la mort brutale de Mahsa Amini», a annoncé le 25 septembre 2022 sur Twitter la journaliste et militante américaine d'origine iranienne Masih Alinejad, qui s'est entretenue avec la sœur de la victime. L'annonce de la mort de la jeune femme a ému au-delà des frontières de l'Iran.

« Nous avons décidé de répondre à l'appel qui nous était lancé »

Enfin les actrices Juliette Binoche, Julie Gayet, Isabelle Adjani, Charlotte Gainsbourg, Alexandra Lamy Isabelle Huppert, Laure Camaly, ou encore la chanteuse Angèle.... ont apporté leur soutien à ces femmes tyrannisées par le régime des mollahs iraniens. Dans cette vidéo publiée par le compte Instagram « Soutien femmes Iran », on aperçoit ainsi les actrices françaises. En fond musical, la reprise du chant italien Bella Ciao par la chanteuse iranienne Gandom, devenue l’hymne de la contestation. «Masha Amini est morte pour avoir laissé apparaître quelques mèches de cheveux», écrivent ces artistes dans un communiqué publié sur Instagram.

À l’initiative de cette vidéo, trois avocats : la bâtonnière de Paris Julie Couturier, l’ancienne présidente du Conseil national des barreaux, Christiane Feral Schuhl et Richard Sédillot, spécialisé dans la défense des droits humains.

Le texte qui accompagne la vidéo affirme qu'il est « impossible de ne pas dénoncer encore et toujours cette terrible répression (...).Les arrestations ne font que grossir le nombre des prisonniers et prisonnières déjà détenus en toute illégalité et trop souvent torturés. Nous avons ainsi décidé de répondre à l'appel qui nous était lancé en coupant, nous aussi, quelques-unes de ces mèches ».Toutes ont posté une vidéo les filmant en train de se couper une mèche de cheveux en signe de soutien aux femmes iraniennes.

« Femme Vie Liberté »

Près d'un millier de personnalités du septième art français, dont des stars comme Léa Seydoux, Isabelle Huppert et Dany Boon, des cinéastes renommés ou le patron du Festival de Cannes Thierry Frémaux ont appelé mardi à « soutenir la révolte des femmes en Iran », dans une tribune. Dans cet appel, intitulé « Femme Vie Liberté », le mot d'ordre des manifestations en Iran, les professionnels souhaitent « collectivement exprimer (leur) soutien aux femmes iraniennes qui luttent aujourd’hui pour leur liberté au péril de leur vie, et au peuple iranien qui soutient courageusement leur révolte ».

La tribune a également été signée par des lauréats de la Palme d'Or, comme Julia Ducournau et Jacques Audiard, du Lion d'Or comme Audrey Diwan, et des acteurs aussi divers que Marion Cotillard, Camille Cottin, Louis Garrel ou encore Alex Lutz.

« Nous appelons tou·te·s celles et ceux qui s’insurgent contre l’assassinat de Mahsa Amini et la répression massive, brutale et meurtrière, ordonnée par les autorités iraniennes, à exprimer haut et fort leur solidarité à l’égard du peuple iranien », poursuivent-ils.

Le « combat universel pour les femmes, pour la vie et pour la liberté est aussi le nôtre ».




Jenny Chase pour DayNewsWorld

TRENTE ET UN MORTS DANS LES MANIFESTATIONS EN IRAN CONTRE LE REGIME DES MOLLAHS

La mort de Mahsa Amini aux mains de la police des mœurs a suscité une nouvelle vague de protestation dans la République islamique. Face aux autorités qui nient toute violence ou négligence, les rassemblements se multiplient en Iran, pour protester notamment contre l'obligation de porter le voile. « Le peuple iranien est descendu dans les rues pour se battre pour leurs droits fondamentaux et leur dignité humaine […] et le gouvernement répond à ces manifestations pacifiques avec des balles », a dénoncé le directeur de l’ONG, Mahmood Amiry Moghaddam, dans un communiqué, en publiant un bilan après six jours de manifestations.

L’ONG dit avoir confirmation que des manifestations ont eu lieu dans plus de 30 villes et autres localités urbaines en Iran, et s’alarme « d’arrestations massives » de manifestants et de militants de la société civile.

Les manifestations ont éclaté aussitôt après l’annonce le 16 septembre de la mort de Mahsa Amini, 22 ans et originaire du Kurdistan (nord-ouest), tombée dans le coma après avoir été arrêtée à Téhéran le 13 septembre pour « port de vêtements inappropriés » et détenue par la police des mœurs.

Les premières manifestations se sont déroulées dans la province du Kurdistan d’où elle était originaire. Ces rassemblements de protestation se sont désormais propagés à travers le pays.

Iran Human Rights a indiqué que dans son bilan figuraient onze personnes tuées dans la seule soirée de mercredi dans la ville d’Amol, dans la province de Mazandaran (nord) qui borde la mer Caspienne, et six personnes tuées à Babol dans cette même province.

La grande ville de Tabriz (nord-est) a connu son premier mort dans ces manifestations, selon l’ONG. Jeudi, l’organisation kurde de défense des droits humains « Hengaw » avait indiqué que 15 personnes avaient été tuées dans la province du Kurdistan et d’autres régions du nord de l’Iran peuplées par des Kurdes, dont huit personnes tuées dans la soirée de mercredi. De son côté, la télévision d’État a annoncé jeudi un bilan de 17 personnes - dont des manifestants et des policiers - ayant péri dans ces manifestations.

Le leadership des femmes

A la différence des révoltes passées, les femmes ont pris le leadership en sortant dans la rue avant d’être rejointes par les hommes dans un contexte de difficultés économiques et sociales liées à la baisse du pouvoir d’achat. La contestation s’est transformée en agitation de grande ampleur contre un pouvoir honni.

Partout on scande des slogans hostiles au régime, incendiant même la photo du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

" Pour la première fois, les femmes ont pris la tête d’un mouvement social qui n’est pas culturel alors qu’historiquement elles menaient davantage leurs combats à travers les arts comme la littérature, le cinéma, le théâtre et la peinture ainsi que via le journalisme et la médecine, confie le sociologue Farhad Khosrokhavar, spécialiste de l’Iran et auteur de l’ouvrage Le nouveau jihad en Occident (Robert Laffont, 2018). Le mouvement féministe culturel a ainsi aussi mué en mouvement social ".

 Les Iraniens, épuisés par des années de sanctions et par la pandémie, s'insurgent maintenant contre les symboles même du régime de la République islamique, que sont notamment la question du port du voile et les instruments de répression et de contrôle réactivés depuis l'accession au pouvoir du président Ebrahim Raïssi, en août 2021.

" La contestation souterraine de l’ordre islamiste apparaît aujourd’hui au grand jour, assure l’iranologue Clément Therme, chercheur associé à l’Institut international d’études iraniennes (Rasanah).

Les autorités se trouvent face à un dilemme, soit elles renoncent à l’identité du régime, soit elles basculent dans une répression systématique contre une lame de fond populaire qui appelle à une transformation socio-culturelle profonde du pays. ", poursuit-il dans L'opinion.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

AVEC UNE MOBILISATION PARTIELLE

VLADIMIR POUTINE DURCIT LE TON CONTRE L'OTAN

Huit mois après son déclenchement l'« opération militaire spéciale » en Ukraine a vécu. Sans toutefois prononcer le mot de « guerre », Vladimir Poutine a franchi un nouveau cap, ce mercredi 21 septembre 2022, en décrétant la mobilisation des citoyens pour le front ukrainien, se disant prêt à utiliser « tous les moyens » de son vaste arsenal contre l'Occident. « Ce n'est pas du bluff », a martelé Vladimir Poutine, signifiant qu'il était prêt à utiliser l'arme atomique.

Mobilisation des réservistes et menace nucléaire

« L’oukaze est signé, le processus débute aujourd’hui », a annoncé le président dans une rare adresse télévisée à son peuple.

La mobilisation militaire partielle annoncée concerne 300 000 réservistes, en priorité des citoyens ayant une expérience militaire, âgés de 65 ans pour les plus vieux. Les étudiants et les appelés du contingent ne seront pas concernés par une mobilisation au front, ont pour l’instant promis les autorités russes. Selon le chef de la commission de la défense au Parlement, Andreï Kartapolov, sont principalement concernés les soldats et sous-officiers réservistes de moins de 35 ans ainsi que les officiers subalternes de réserve de moins de 45 ans.

Le ministre de la défense, Sergueï Choïgou, a fait valoir que la ligne de front « est longue de plus de 1 000 kilomètres. Evidemment, il faut renforcer cette ligne et les arrières, il faut contrôler ces territoires », a-t-il dit.

Vers des référendums d'annexion

En outre pas plus tard qu'hier les autorités séparatistes de quatre régions de l'Ukraine ont annoncé la tenue de « référendums d'annexion » du vendredi 23 au mardi 27 septembre. Le lendemain, dans son allocution télévisée, Vladimir Poutine a d'ailleurs apporté son soutien à ces initiatives, défendant le « droit à l'autodétermination » des habitants des provinces de Donetsk, de Louhansk, de Kherson et de Zaporijia.

L'organisation de ces référendums s'est accélérée avec la contre-offensive ukrainienne. « C'est une façon de sanctuariser ces territoires », explique Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France en Russie, directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). « La Russie annonce pour l'extérieur, qu'elle défendra ces territoires comme le sien. ». Avec comme conséquence que « toute menace terrestre sur ces territoires sera considérée comme une menace existentielle par Moscou. », selon Jean de Gliniasty. Une fois ces référendums approuvés , la Russie pourrait donc considérer que la guerre a désormais lieu sur son sol. « Et quand on parle de menace existentielle, c'est l'arme atomique qui est en jeu », poursuit Jean de Gliniasty. Vladimir Poutine a en effet menacé d' « utiliser toutes les armes à notre disposition si l'intégrité territoriale de la Russie est menacée » lors de son allocution télévisée

Même si la légitimité de ces votes est largement contestée par une partie de la communauté internationnale, ces annexions pourraient toutefois connaître une issue similaire à celle de la Crimée, annexée par la Russie en 2014 après un référendum non reconnu par la communauté internationale.

Contre un monde unipolaire occidental ?

La Russie avec cette guerre veut également acter une modification dans le jeu des relations internationales en se disant prêt à utiliser « tous les moyens » de son vaste arsenal contre l'Occident. En effet pour les pays faisant partie de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), il s'agit de contrebalancer l'hégémonie occidentale dans les relations internationnales. Ainsi la Chine et la Russie se sont rapprochées ces dernières années dans le cadre de ce qu'elles ont qualifié de relation « sans limite » visant à contrebalancer la domination mondiale des États-Unis. La semaine dernière, Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping se sont rencontrés en Ouzbékistan, lors d'un sommet régional, et ont rallié à eux des dirigeants asiatiques derrière un nouvel « ordre international » défiant l'influence occidentale.

« Les tentatives de créer un monde unipolaire ont récemment pris une forme absolument laide et sont totalement inacceptables. Nous apprécions beaucoup la position équilibrée de nos amis chinois en ce qui concerne la crise ukrainienne », a déclaré Vladimir Poutine lors de son tête-à-tête avec Xi Jinping, en marge du sommet de Samarcande. « La Chine est disposée à travailler avec la Russie pour assumer sa responsabilité de grande puissance, jouer un rôle de premier plan et injecter de la stabilité et de l’énergie positive dans un monde parcouru par le chaos », lui a répondu le dirigeant chinois qui a repris l’idée d’une alternative à l’actuel ordre mondial.

La Chine appelle à un cessez-le-feu par le dialogue

Toujours est-il qu' après ce sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) le week-end dernier, les dirigeants chinois et indien ont cependant signifié à Poutine leur frustration face aux désordres logistiques, financiers et économiques provoqués par les sanctions internationales contre Moscou.

Et ce mercredi 21 septembre, après l' allocution du président russe Vladimir Poutine annonçant une mobilisation militaire partielle, la Chine appelle à un « cessez-le-feu à travers le dialogue » dans le conflit en Ukraine « Nous appelons les parties concernées à mettre en place un cessez-le-feu à travers le dialogue et la consultation et à trouver une solution qui règle les préoccupations sécuritaires légitimes de toutes les parties dès que possible », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, lors d'une conférence de presse.

« La souveraineté et l'intégrité territoriale de tous les pays doivent être respectées, les objectifs et principes de la charte des Nations unies doivent être suivis, les préoccupations sécuritaires légitimes de tous les pays doivent être prises en compte, et tous les efforts propices à une résolution pacifique des crises doivent être soutenus », a ajouté Wang Wenbin. « La Chine appelle toutes les parties concernées à aplanir leurs différences convenablement par le dialogue et la consultation, et est prête à travailler avec la communauté internationale pour continuer à jouer un rôle constructif dans la désescalade de la situation », insiste-t-il.

Les États-Unis de leur côté « prennent au sérieux » la menace de Vladimir Poutine de recourir à l'arme nucléaire dans la guerre en Ukraine, a dit mercredi un porte-parole de la Maison-Blanche.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LES FEMMES IRANIENNES ENLEVENT LEUR VOILE APRES LA MORT DE MAHSA AMINI ARRETEE

PAR LA POLICE DES MOEURS

La mort d'une jeune femme enflamme l'Iran depuis plusieurs jours. Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs le 13 septembre, est morte trois jours plus tard après être tombée dans le coma. Elle avait été arrêtée à Téhéran pour « port de vêtements inappropriés » par la police des moeurs, une unité chargée de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique d'Iran pour les femmes. En clair parce qu'elle portait un foulard jugé non conforme à loi islamique en vigueur en Iran. Des militants ont jugé sa mort « suspecte » alors que la police de Téhéran a affirmé qu’il n’y avait « pas eu de contact physique » entre les policiers et la victime.

La mort dans des circonstances troubles de cette Kurde iranienne de 22 ans suscite depuis ce week-end une vague d'indignation et des manifestations spontanées dans de nombreuses villes du pays, dont la capitale Téhéran.

Les femmes enlèvent leur hijab

Sur Twitter, les vidéos montrant les manifestations dans le pays témoignent de la colère de la population, notamment du côté des femmes. Certaines retirent leur hijab en criant « Mort à la République islamique » Un geste particulièrement symbolique enlever le hijab est un crime punissable en Iran.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Hengaw a rapporté sur Twitter que deux personnes avaient été tuées à Saqez, la ville natale de Mahsa Amini, après que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule. Dans cette même ville, des manifestants sont allés jusqu'à décrocher un drapeau de la république islamique et le brûler.

Lundi soir, dans la rue Hejab (« voile musulman » en persan) au centre de Téhéran, « plusieurs centaines de personnes ont scandé des slogans contre les autorités, certaines d’entre elles ont enlevé leur hijab », a annoncé l’agence Fars.Une courte vidéo diffusée par cette agence montre une foule de plusieurs dizaines de personnes notamment des femmes ayant retiré leur voile criant « mort à la République islamique ». « La police a arrêté plusieurs personnes et dispersé la foule à l’aide de matraques et de gaz lacrymogènes », a indiqué Fars. Un rassemblement similaire a eu lieu à Mashhad, première ville sainte du pays située dans le Nord-Est, a rapporté l’agence Tasnim.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes iraniennes se sont filmées en train de couper leurs cheveux ou de brûler leur voile en signe de protestation.

Selon la sociologue Mahnaz Shirali, « cette mort a créé un tollé général, une indignation nationale des Iraniens partout dans le pays. C'est toute la société iranienne, aussi bien les hommes que les femmes, qui sont solidaires pour protester contre autant d'injustice ». Beaucoup de femmes notamment s'identifient au sort de Mahsa Amini : « Toutes les femmes iraniennes ont dans leurs souvenirs des accrochages, et plein de mauvais souvenirs avec la police des mœurs qui est partout et qui réprime les femmes systématiquement ».

Le président Ebrahim Raïssi a demandé une enquête. Mais peu de chance qu'elle aboutisse réellement. La défense du droit des femmes est théoriquement dévolue à Ensieh Khazali, vice-présidente de la république islamique, directrice des affaires féminines, un poste très largement honorifique. Nommée par le président Ebrahim Raïssi en septembre 2021, elle est connue pour ses positions ultraconservatrices, notamment sur le mariage des mineures, en toute cohérence avec le gouvernement en place.

De nombreux cinéastes, artistes, personnalités sportives, politiques et religieuses ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux. A l’étranger, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a condamné lundi le décès « inacceptable » de cette jeune femme et appelé les autorités à punir les responsables.

L'Iranienne Masha Amini est devenue un symbole de la répression du pays à l'encontre des femmes.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LE DERNIER VOYAGE DE LA REINE ELISABETH II

La reine Elizabeth II a entamé hier son dernier voyage : son cercueil, parti du domaine de Balmoral en Écosse où elle s’est éteinte, a rejoint Edimbourg au cours d’une procession saluée par des dizaines de milliers de personnes.

Reflet de l’émotion qui a saisi le Royaume-Uni depuis le décès de la monarque au règne le plus long de son Histoire, une foule compacte a accueilli dans la capitale écossaise la dépouille, qui a franchi les grilles du palais d’Holyroodhouse, la résidence royale écossaise à Edimbourg, peu avant 16 h 30 après avoir parcouru lentement 300 kilomètres en six heures.

Le cercueil a passé la nuit dans la salle du trône avant une cérémonie religieuse ce lundi, à laquelle assistera le roi Charles III, à un kilomètre d’Holyroodhouse, en la cathédrale Saint-Gilles, où sera transférée la dépouille. Et demain, elle rejoindra Londres, avant les funérailles nationales le 19 septembre.

Le cercueil de chêne, qui a quitté le domaine de Balmoral peu après 10 heures sous les applaudissements, était recouvert de l’étendard royal écossais sur lequel avait été posée une couronne de bruyères blanches, dahlias et pois de senteur, provenant des jardins du château où la reine a rendu jeudi son dernier souffle. Dans le cortège, la princesse Anne, fille de la souveraine défunte, qui avait pris place avec son mari Tim Laurence dans une limousine suivant le corbillard royal.

Des dizaines de milliers de personnes s’étaient massées le long du parcours, certaines en tenue de deuil, d’autres écrasant une larme ou inclinant la tête au passage du convoi, pour saluer une dernière fois celle qui avait régné 70 ans et 7 mois, présence familière et rassurante, mais toujours mystérieuse, ayant traversé, imperturbable, les époques et les crises.

La Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon a rendu hommage à « une femme extraordinaire ».

Les funérailles de la reine auront  lieu lundi prochain à l’Abbaye de Westminster à Londres, haut lieu des mariages, couronnements et enterrements royaux depuis près d’un millénaire.

C’est là que celle qui n’était encore que la jeune princesse Elizabeth avait épousé en novembre 1947, à 21 ans, Philip Mountbatten. C’est aussi là qu’elle avait été couronnée le 2 juin 1953 à 27 ans, 16 mois après être devenue reine à la mort de son père le roi George VI, le 6 février 1952.

Des dignitaires du monde entier sont attendus, dont le président américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre australien Anthony Albanese, ainsi que de nombreuses têtes couronnées.

Des centaines de milliers de personnes devraient aussi lui rendre un dernier hommage au palais de Westminster, où son cercueil reposera du 14 au 19 septembre, avant d’être transféré à l’Abbaye pour les funérailles qui débuteront à midi, heure de Paris. Au Royaume-Uni, le jour a été décrété férié.

Dans une semaine, la capitale britannique accueillera les premières funérailles nationales depuis celles de Winston Churchill, en 1965.




Kate White pour DayNewsWorld

CHARLES III PROCLAME ROI

Le fils et héritier de la reine Elizabeth II, le roi Charles III, est le nouveau monarque britannique . La transition a été officiellement marquée par la proclamation du roi lors d'une réunion du Conseil d'accession ce samedi. La cérémonie s'est déroulée au palais Saint-James, siège officiel de la monarchie, situé à quelques pas du palais de Buckingham.,

Cette réunion spéciale du Conseil privé a été retransmise à la télévision, une première historique, sous la présidence de Penny Mordaunt, Lord Président du Conseil.

Datant de 1708, le Conseil privé est un organe créé pour conseiller le monarque, même s'il remplit aujourd'hui une fonction essentiellement cérémoniale. Le Telegraph rapporte que si, historiquement, tous les membres du Conseil privé étaient convoqués à la réunion, leur nombre a tellement augmenté (plus de 700 personnes) que seuls 200 sont désormais invités, en donnant la priorité aux ministres actuels, aux anciens Premiers ministres, aux juges de haut rang, aux représentants du Commonwealth et aux archevêques de Canterbury et d'York

Les anciens chefs du gouvernement britannique John Major, Tony Blair, Gordon Brown, David Cameron, Theresa May et Boris Johnson étaient ainsi présents. Le secrétaire privé de la défunte reine en est également membre, tout comme son petit-fils (désormais héritier présomptif), le prince William -le nouveau prince de Galles-, et la reine consort Camilla, qui a été nommée conseillère privée en 2016.

« Dans l'accomplissement de cette lourde tâche qui m'a été confiée, et pour laquelle je consacre désormais le reste de ma vie, je prie pour la direction et l'aide de Dieu tout-puissant », a déclaré le souverain.

« J'ai profondément conscience de cet héritage et des graves devoirs et responsabilités qui m'incombent », a ajouté le nouveau monarque en promettant de suivre l'exemple « inspirant » de « vie et d'abnégation » laissé par sa défunte mère.

« Loyauté, respect et amour »

Le Parlement britannique va désormais lui faire vœu d'allégeance. Le rituel de succession prévoit également la lecture publique de la proclamation dans les capitales des trois autres nations constitutives du Royaume-Uni, outre l'Angleterre - Edimbourg en Ecosse, Belfast en Irlande du Nord et Cardiff au Pays de Galles.

Lors de sa première allocution, vendredi, Charles III avait promis de consacrer sa vie au service de son peuple et de servir la nation britannique avec « loyauté, respect et amour ».

Le nouveau monarque est le roi du Royaume-Uni et de quatorze autres pays parmi lesquels l'Australie, le Canada, et la Nouvelle-Zélande. Long life the King.




Alize Marion pour DayNewsWorld

ELISABETH II UNE REINE MODERNISATRICE

QUI A FAIT ENTRER LA MONARCHIE BRITANNIQUE DANS LE XXIe SIECLE

Lorsque l’historien britannique Sir Ben Pimlott s’est lancé dans sa biographie d’Elizabeth II en 1996, certains de ses collègues se sont étonnés qu’il considère la reine comme digne d’un tel travail de recherche. Pourtant, le jugement de Pimlott s’est avéré judicieux tellement la monarque a marqué son époque.

Le rôle politique de la monarchie a notamment fasciné le monde artistique. 

En 2006, le film The Queen, de Stephen Frears, était consacré au dilemme auquel elle a été confrontée après la mort de la princesse Diana ; en 2013, la pièce de théâtre The Audience de Peter Morgan montrait ses réunions hebdomadaires avec ses premiers ministres. 

La pièce King Charles III de Mike Bartlett (2014), qui imagine les difficultés qu’éprouverait son héritier au moment de lui succéder, et la série dramatique The Crown, diffusée à partir de 2016 sur Netflix, ont donné d’elle une image globalement positive et sympathique.

La reine du peuple

Le règne d’Elizabeth trouve ses origines dans la crise de l’abdication de 1936, l’événement déterminant du XXe siècle pour la monarchie britannique. 

L’abdication inattendue d’Édouard VIII a propulsé sur le trône son jeune frère Albert, timide et bègue, sous le nom de George VI. Peu après, il allait devenir la figure de proue de la nation pendant la Seconde Guerre mondiale.

La guerre a été une expérience formatrice fondamentale pour sa fille aînée, la princesse Elizabeth, âgée de 14 ans alors que les bombes allemandes commencèrent à s’abattre sur Londres en août 1940.

Dans les derniers mois du conflit, elle travailla en tant que mécanicienne automobile au sein de l’ATS (Auxiliary Territorial Service – le service militaire féminin), ce qui signifie qu’elle pouvait légitimement prétendre avoir participé à ce que l’on a appelé « la guerre du peuple ».

Dès lors, elle apparut naturellement plus proche de ses concitoyens que tous ses prédécesseurs sur le trône.

En 1947, quand Elizabeth épouse Philip Mountbatten – qui devient alors Duc d’Édimbourg –, son mariage égaye la vie d’une nation encore en proie à l’austérité et au rationnement de l’après-guerre.

Quelques années plus tard, le 6 février 1952, à la mort de son père, celle qui sera désormais nommée Élizabeth II hérite d’une monarchie dont le pouvoir politique n’a cessé de diminuer depuis le XVIIIe siècle, mais dont le rôle dans la vie publique de la nation semble, au contraire, avoir gagné en importance. Au XXe siècle, on attend des monarques qu’ils s’acquittent de leurs devoirs cérémoniels avec la gravité qui s’impose tout en sachant partager et apprécier les goûts et les intérêts des gens ordinaires.

La cérémonie du couronnement de la reine, en 1953, permet de concilier ces deux rôles. La tradition cérémoniale est rattachée aux origines saxonnes de la monarchie, tandis que sa retransmission télévisée la fait entrer dans le salon des gens ordinaires grâce à la technologie la plus récente. Ironie de l’histoire : c’est parce qu’il doit désormais être visible de tous que le cérémonial royal devient beaucoup plus chorégraphié et plus formel qu’il ne l’avait jamais été auparavant.

Plus tard, en 1969, la reine révolutionne la perception de la monarchie par le grand public lorsque, à l’instigation de Lord Mountbatten et de son gendre, le producteur de télévision Lord Brabourne, elle accepte de participer au documentaire Royal Family de la BBC. Il s’agit d’un portrait remarquablement intime de sa vie domestique, la montrant au petit-déjeuner, en train de participer à un barbecue à Balmoral et faisant un saut dans les magasins locaux.

La même année, l’investiture de son fils Charles comme prince de Galles, autre événement royal télévisé, est suivie en 1970 de la décision de la reine, lors d’une visite en Australie et en Nouvelle-Zélande, de rompre avec le protocole et de se mêler directement à la foule venue la voir. Ces « bains de foule » deviennent rapidement un passage obligé de tout déplacement royal

Le point culminant de la popularité d’Elizabeth II survient lors des célébrations du jubilé d’argent de 1977, qui voient le pays se parer de rouge, de blanc et de bleu lors de fêtes de rue semblables à celles du Jour de la Victoire en 1945. En 1981, le mariage à la cathédrale Saint-Paul du prince Charles et de Lady Diana Spencer sera également un événement extrêmement populaire.

Le temps des troubles

Les décennies suivantes se révèlent beaucoup plus éprouvantes. Au début des années 1990, la controverse sur l’exonération de l’impôt sur le revenu dont bénéficie la reine oblige la Couronne à modifier ses dispositions financières afin que la famille royale s’acquitte de ses obligations fiscales comme tout le monde. À la même époque, des commérages et scandales éclatent autour des jeunes membres de la famille royale. Trois des enfants d’Elizabeth II vont divorcer : la princesse Anne en 1992, le prince Andrew en 1996 et, plus grave encore, le prince héritier Charles, également en 1996. La reine qualifie l’année 1992, celle de l’apogée des scandales, d’« annus horribilis ».

Les révélations sur les humiliations que la princesse Diana avait endurées dans son mariage avec Charles révèlent au public un aspect beaucoup plus dur et moins sympathique de la famille royale, dont l’image se dégrade encore lorsque la reine, de manière inhabituelle, évalue mal l’humeur de ses sujets après la mort accidentelle de Diana en 1997. Après le décès tragique de sa très populaire ex-belle-fille, elle se contente en effet de suivre le protocole, en restant à Balmoral et en gardant ses petits-enfants auprès d’elle.

Cette attitude semble froide et insensible à un public avide de manifestations d’émotions qui auraient été impensables dans les jeunes années de la Reine. « Où est notre Reine ? », demande le Sun, tandis que le Daily Express lui intime : « Montrez-nous que vous vous souciez de nous ! », insistant pour qu’elle rompe avec le protocole et mette en berne l’Union Jack qui flotte au-dessus de Buckingham Palace. Jamais, depuis l’abdication de 1936, la popularité de la monarchie n’était tombée aussi bas.

Brièvement prise à revers par ce brusque revirement de l’opinion publique britannique, la Reine reprend rapidement l’initiative, s’adressant à la nation à la télévision et saluant de la tête le cortège funèbre de Diana au cours d’une cérémonie télévisée intelligemment conçue et chorégraphiée.

Son retour en grâce aux yeux de la majorité de la population se manifeste en 2002 par le succès colossal – et inattendu – de son jubilé d’or, inauguré par le spectacle extraordinaire de Brian May, le guitariste de Queen, exécutant un solo de guitare sur le toit du palais de Buckingham. Dix ans plus tard, quand Londres accueille les Jeux olympiques, la reine est suffisamment sûre d’elle pour accepter d’apparaître dans un mémorable caméo ironique lors de la cérémonie d’ouverture, où elle semble sauter en parachute dans le stade depuis un hélicoptère en compagnie de James Bond.

Le domaine politique

Si la reine Elizabeth a toujours cherché à maintenir la couronne au-dessus des partis politiques, elle n’en a pas moins été pleinement engagée, toute sa vie durant, dans les affaires du monde. Croyant fermement au Commonwealth, en dépit du fait que ses propres premiers ministres avaient depuis longtemps perdu confiance dans cette organisation, elle a joué un rôle de médiatrice dans les conflits entre ses États membres et a apporté son soutien et ses conseils aux dirigeants du Commonwealth – y compris à ceux qui étaient fortement opposés au gouvernement britannique.

Ses premiers ministres ont souvent salué sa sagesse et ses connaissances politiques, résultat de ses années d’expérience et de sa lecture quotidienne assidue des journaux du pays. Harold Wilson a confié qu’assister à la traditionnelle audience hebdomadaire avec la reine sans être préparé lui donnait la même impression qu’être interrogé à l’école sans avoir fait ses devoirs. Il est par ailleurs de notoriété publique que la reine, de son côté, trouvait difficiles les relations avec Margaret Thatcher.

La reine et le duc d’Édimbourg se sont même parfois opposés à l’utilisation politique dont ils pouvaient être l’objet. Par exemple, en 1978, ils n’ont pas dissimulé leur mécontentement quand le ministre des Affaires étrangères de l’époque, David Owen, les a contraints à recevoir au palais de Buckingham le dictateur roumain Nicolae Ceausescu et son épouse. La reine a également souvent joué un rôle très constructif dans la politique étrangère de Londres, donnant un aspect plus cérémonial et public en soutien du travail des ministres.

Par ailleurs, elle a établi de bons rapports avec plusieurs présidents américains, notamment Ronald Reagan et Barack Obama, et sa visite réussie en 2011 en République d’Irlande, au cours de laquelle elle a étonné ses hôtes en s’adressant à eux en gaélique, reste un modèle de l’impact positif que peut avoir une visite d’État.

Elle a même été capable de mettre de côté ses sentiments personnels concernant l’assassinat en 1979 de Lord Mountbatten (l’oncle maternel de son époux) et d’accueillir avec cordialité l’ancien commandant de l’IRA Martin McGuinness quand celui-ci a pris ses fonctions de vice-premier ministre d’Irlande du Nord en 2007.

En réalité, elle n’a exprimé ses propres opinions politiques qu’exceptionnellement, et toujours très brièvement. Ainsi, lors d’une visite à la Bourse de Londres après le krach financier de 2008, elle a demandé sèchement pourquoi personne n’avait vu venir la crise.

En 2014, son appel soigneusement formulé aux Écossais pour qu’ils réfléchissent bien à leur vote lors du référendum sur l’indépendance a été largement – et à juste titre – interprété comme une intervention favorable au maintien de l’Union. Et à l’approche de la conférence COP26 en 2021 à Glasgow, à laquelle elle a dû renoncer de participer pour raisons médicales, elle a exprimé l’irritation qu’elle ressentait en constatant l’insuffisance des actions politiques face à l’urgence du changement climatique.

Les dernières années

Ces dernières années, alors qu’elle avait eu 95 ans le 21 avril 2021, elle avait enfin commencé à ralentir, déléguant davantage à d’autres membres de la famille royale ses fonctions officielles, y compris le dépôt annuel de sa couronne au cénotaphe le dimanche du Souvenir. En mai 2022, elle délègue au prince Charles sa fonction cérémoniale la plus importante, la lecture du discours du Trône lors de l’ouverture officielle du Parlement.

Elle aura toutefois conservé jusqu’au bout sa capacité à faire face aux crises. En 2020, alors que la pandémie de Covid fait rage, la reine, contrairement à son premier ministre, a adressé à la nation – depuis Windsor, où elle est confinée – un message calme et fédérateur. Sa brève allocution combine la solidarité avec son peuple avec l’assurance que, selon une formule empruntée à la fameuse chanson de Vera Lynn datant de la Seconde Guerre mondiale, « We will meet again » – nous nous retrouverons.

Cette dernière décennie lui a également apporté son lot de tristesse. Son petit-fils, le prince Harry, et l’épouse de celui-ci Meghan Markle, ont renoncé à leurs fonctions royales, ce qui a profondément blessé la famille régnante – blessure aggravée lorsque, dans une interview accordée à la journaliste américaine Oprah Winfrey qui fit le tour du monde, les Sussex ont accusé la famille royale de les avoir traités avec cruauté, dédain et même racisme.

Peu après le choc causé par l’interview, Elizabeth perdait son mari depuis 73 ans, le prince Philip, mort le 9 avril 2021 à quelques mois de son 100e anniversaire. Lors de ses funérailles, organisées en petit comité du fait des exigences imposées par la crise sanitaire, la reine était apparue comme une silhouette inhabituellement solitaire, petite, masquée, assise à l’écart des autres personnes présentes. Dans les mois suivants, l’impact profond de cette perte n’est devenu que trop évident, sa santé déclinant progressivement.

La douleur provoquée par l’éloignement des Sussex a été fortement aggravée par la disgrâce, peu après, du prince Andrew, son deuxième fils et, selon certains, son fils préféré, dont le nom est désormais étroitement associé à celui du pédophile américain Jeffrey Epstein. Le monde entier a vu un membre éminent de la famille royale accusé par un tribunal américain de relations sexuelles avec des mineurs ; en outre, Andrew a aggravé son cas en accordant une interview désastreuse à la BBC.

La reine a réagi au scandale avec une détermination remarquable : elle a déchu son fils de tous ses titres royaux et militaires, y compris du très prestigieux « HRH » (Son Altesse Royale), le réduisant, de fait, au statut de simple citoyen. À ses yeux, personne, pas même ses plus proches, ne devaient saper par leur comportement tout ce qu’elle avait accompli au cours de son règne pour protéger et préserver la monarchie.

Le succès de son jubilé de platine, en 2022, montre à quel point elle a conservé l’affection de son peuple ; un moment fort, particulièrement bien accueilli, a été un charmant caméo la montrant prenant le thé avec l’ours Paddington, personnage de contes pour enfants.

Une idée très répandue dans le pays affirme que la reine apparaissait régulièrement dans les rêves des Britanniques ; mais son contact le plus régulier avec ses sujets était son message annuel de Noël, diffusé à la télévision et à la radio. Cette allocution ne reflétait pas seulement son travail et ses engagements au cours de l’année précédente ; elle réaffirmait aussi, avec plus de franchise et de clarté que chez la plupart de ses ministres, sa foi chrétienne profondément ancrée.

En tant que chef de l’Église d’Angleterre, elle était elle-même un leader spirituel et ne l’a jamais oublié. Au fil des années, le message de Noël s’est adapté aux nouvelles technologies, mais son style et son contenu sont restés inchangés, reflétant la monarchie telle qu’elle l’avait façonnée.

Sous Elizabeth II, la monarchie britannique a survécu en changeant son apparence extérieure sans modifier son rôle public. Les détracteurs républicains de la monarchie avaient depuis longtemps renoncé à exiger son abolition immédiate et accepté que la popularité personnelle de la reine rende leur objectif irréalisable de son vivant.

Elizabeth II, dont le règne de 70 ans aura été le plus long de toute l’histoire de la monarchie britannique, laisse à son successeur une sorte de république monarchique dans laquelle les proportions des ingrédients qui la composent – la mystique, le cérémonial, le populisme et l’ouverture – ont été constamment modifiées afin qu’elle reste essentiellement la même. Les dirigeants politiques et les commentateurs du monde entier reconnaissent depuis longtemps que la reine s’est acquittée de son rôle constitutionnel souvent difficile et délicat avec grâce… et avec une habileté politique remarquable.

Sa sagesse et son sens du devoir jamais pris en défaut lui ont valu d’être considérée avec un mélange de respect, d’estime et d’affection qui transcendait les nations, les classes et les générations.

Elle était immensément fière du Royaume-Uni et de son peuple, mais en fin de compte, elle appartenait au monde, et le monde pleurera sa disparition. 




Simon Freeman et Sean Lang pour DayNewsWorld

LA CANICULE EN CHINE UNE GRAVE MENACE

POUR SA SECURITE ALIMENTAIRE

La Chine connaît une vague de chaleur historique, et il faut remonter à 1961 pour retrouver des traces d'une sécheresse de cette ampleur. Des contreforts de l’Himalaya aux gratte-ciel de Shanghai, la moitié de la Chine suffoque cet été.

Les fleuves sont à sec dont le Yangtze, troisième plus grand fleuve du monde, qui traverse la Chine sur plus de 6.000 kilomètres et alimente les vastes plaines du centre, grenier à céréales du pays. Dans les régions le long du Yangtsé, les précipitations ont chuté de 45 % en juillet par rapport à leurs niveaux normaux, a indiqué le ministère de l'eau en Chine.

Une catastrophe pour l'agriculture. « L'étendue rapide de la sécheresse, exacerbée par des températures élevées et des dommages causés par la chaleur, fait peser une grave menace sur la production agricole d'automne », a confirmé ce mercredi le ministère de l'Agriculture. « Les risques pesant sur les grains sont importants, car les six régions concernées représentent 48 % de la production de riz. » Déjà 20 % des récoltes d'automne sont perdues.

Les moissons d’automne sont d'ores et déjà compromises, notamment dans les vastes plaines du Centre, le grenier à céréales de la Chine, où les besoins en eau sont très importants.

Selon Liao Yaoming, expert au centre national de météorologie, « la production agricole est sérieusement touchée. Dans la région du fleuve Yangtze, les cultures de riz et de coton sont affectées. Dans le sud-ouest, c’est le maïs et le soja qui sont concernés. Sans système d’irrigation, ces cultures seront définitivement perdues. »

Face à l'urgence, le gouvernement a débloqué une enveloppe spéciale d’un milliard et demi d’euros pour soutenir les agriculteurs. D’autant que ce coup de chaleur s’ajoute aux restrictions sanitaires liées au Covid-19 qui ont déjà retardé les semences au printemps dernier. Pour rafraîchir l’atmosphère et arroser les cultures, Pékin tente également le lancement d'un catalyseur dans le ciel : dans les nuages, cette technique entraîne de légères pluies.

De mauvaises récoltes risquent donc d'accroître les importations du pays au moment où l'offre de céréales est déjà mise à mal par la guerre en Ukraine.

Une situation qui inquiète les Chinois, dont le pays a déjà été frappé par des épisodes de famines meurtriers dans son histoire.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

LE POUVOIR JAPONAIS ENTRETIENT DES LIENS

AVEC LA SECTE MOON

Un mois exactement après la pourtant large victoire aux élections sénatoriales de la coalition de droite au pouvoir et en particulier du Parti libéral démocrate (PLD), le Premier ministre japonais Fumio Kishida a annoncé, mercredi, un vaste remaniement de son cabinet : quatorze des dix-neuf ministres ont été remplacés, dont le petit frère de Shinzo Abe, Nobuo Kishi, ministre de la Défense.

Cause de ce vaste chamboule-tout ? 

Les révélations de l’homme qui a tué, le 8 juillet, l’ancien Premier ministre Shinzo Abe. Tetsuya Yamagami a confié avoir voulu venger sa mère, détroussée par la Fédération des familles pour la paix mondiale et l’unification (FFPMU).

Or, la FFPMU, c’est le nom de la secte Moon depuis 2015. Le meurtrier reprochait à Shinzo Abe ses liens avec la secte. 

La mort de l’ancien chef de l’exécutif a enclenché un nouveau coup de projecteur sur les exactions de cette puissante organisation et l’ampleur de ses liens avec la sphère politique.

Fondé en 1952 en Corée du Sud par le révérend Sun Myung Moon, ce groupe religieux sectaire s’est rapidement mêlé de politique en adoptant une ligne anticommuniste et s’est implanté au Japon à partir de 1959.

Le grand-père de Shinzo Abe, Nobusuke Kishi, alors Premier ministre, s’inquiétait de la montée du communisme au Japon dans les années 1960 et c’est de cette époque que datent les liens que, de son vivant, Shinzo Abe ne cachait pas.

Mercredi, Tomohiro Tanaka, leader de la FFPMU, a reconnu des « liens » privilégiés avec des politiciens japonais et « des ponts » avec le PLD.

Un lien qui s’est maintenu malgré les victimes du système sectaire. Donations faramineuses, recrutement en porte-à-porte auprès des plus vulnérables : depuis 1994, des dizaines d’affaires civiles et criminelles ont été portées devant les tribunaux de tout l’archipel. 

D’anciens membres dénoncent aussi une participation forcée aux emblématiques mariages collectifs, associés à l’image de la secte.

Celle-ci est tellement bien implantée dans les sphères politiques nippones que, dès le lendemain du vaste remaniement ministériel décidé par Fumio Kishida, hier, les médias japonais pointaient au moins cinq membres du nouveau cabinet comme ayant des liens avec Moon.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

UN AN APRES L'ARRIVEE DES TALIBANS AU POUVOIR LE DROIT DES FEMMES AFGAHNNES EST BAFOUE

Il y a un an, les talibans s'installaient au pouvoir. Au lendemain de la conquête de Kaboul, leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, déclarait ainsi qu'il y aurait « de nombreuses différences » dans leur manière de gouverner, par rapport à leur règne à la fin des années 1990.

Une promesse qui n'a pas été tenue. « On assiste à un effondrement de la notion du respect des droits humains pour toute la population et en particulier pour les minorités ethniques et les femmes », rapporte le président d'Amnesty International France, Jean-Claude Samouiller. Dans un rapport publié fin juillet, l'ONG tire la sonnette d'alarme : le régime se montre désormais particulièrement répressif, notamment vis-à-vis des femmes. « Le concept de corruption morale, qui est un crime dans la législation talibane, est utilisé pour sanctionner les femmes. Sa définition très vague permet d'arrêter à peu près tout le monde: pour une femme qui circule sans 'mahram' ou qui a son foulard mal mis, c'est la prison », constate Jean-Claude Samouiller.

« Les cibles premières des talibans ont été les femmes » constate également Myriam Benraad, professeure en relations internationales à la Schiller International University, auteure de Terrorisme, les affres de la vengeance (2021).

Dès la mise en place de leur gouvernement les interdictions se sont en effet multipliées à l'encontre des femmes, leur retirant toujours plus de droits: elles ont été écartées des postes de fonctionnaires, des collèges et des lycées, interdites de voyager sansêtre accompagnées d' un homme... etc. Dernièrement, le port du voile intégral en public a été rendu obligatoire pour elles.  Conformément à l'interprétation ultra-rigoriste de la charia (loi islamique), faite par les talibans, un décret datant du 7 mai a acté cette nouvelle règle vestimentaire pour les femmes. Le texte, écrit par le ministère de la Promotion de la vertu, qui a remplacé le ministère de la Condition féminine dès septembre 2021, précise que les femmes devraient porter un voile intégral, « car c'est traditionnel et respectueux ».

C'et que les femmes sont un moyen pour les talibans de mieux contrôler, car elles sont souvent le pont entre la vie privée et la communauté. En les coupant de la vie communautaire, ils exercent un plus grand contrôle sur les familles : ils isolent ainsi davantage les foyers et généralisent la dénonciation. Pour isoler toujours plus les femmes, les talibans ont ainsi démantelé le système de protection contre les violences conjugales.

« Nous assistons à l'exclusion progressive des femmes et des filles de la sphère publique et à leur oppression institutionnalisée et systématique », déclarait début juillet Michelle Bachelet, Haute-Commissaire aux droits de l'homme.

Mariages forcés, tortures et menaces

Dans un rapport sur les violences faites aux femmes par les talibans, l'ONG Amnesty International écrit également que « le nombre de mariages d’enfants, de mariage précoces et de mariages forcés en Afghanistan est en forte hausse sous le régime des talibans » notamment en raison de « la crise économique et humanitaire » mais aussi de « l'absence d’opportunités sur le plan scolaire et professionnel pour les femmes et les jeunes filles », sans compter la pression exercée par les talibans.

La raréfaction de l'aide humanitaire et les situations extrêmement précaires dans lesquelles se sont retrouvées des familles a entrainé, en plus, un accroissement de comportements qui nuisent particulièrement aux femmes, notamment dans certaines régions pauvres: l'esclavagisme sexuel, la prostitution ou même la vente d'enfants, pour les familles en grande détresse.

Aujourd'hui beaucoup de femmes militantes se cachent en Afghanistan, entrées dans la clandestinité car elles sont menacées de mort par le régime.

Les ONG réclament une intervention de la communauté internationale « comme des sanctions ciblées ou des interdictions de voyager » visant des talibans, écrit par exemple Amnesty International.

« Si la communauté internationale s’abstient d’agir, elle abandonnera les femmes et les filles d'Afghanistan, et fragilisera les droits partout ailleurs », conclut la secrétaire générale de l'ONG.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LES RAISONS D'UNE NOUVELLE FLAMBEE DE VIOLENCE ENTRE ISRAEL ET GAZA

L’enclave palestinienne de Gaza connaît en ce début du mois d’août 2022 la pire flambée de violence depuis mai 2021.

Depuis fin mars, les forces de sécurité israéliennes mènent en effet des opérations quasi-quotidiennes en Cisjordanie à la suite d’une série d’attaques perpétrées par des Palestiniens et des Arabes israéliens en Israël et en Cisjordanie dans lesquelles 19 personnes, en majorité des civils, ont perdu la vie. Au cours de la même période, au moins 55 Palestiniens ont été tués, principalement en Cisjordanie occupée. Parmi les victimes figurent des militants présumés et des civils, parmi lesquels la journaliste américano-palestinienne d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, qui couvrait une opération israélienne à Jénine.

Une « attaque préventive »

C'est l'arrestation d'un chef du Jihad islamique Bassem al-Saadi en Cisjordanie en début de semaine qui a mené à cette nouvelle confrontation entre l'armée israélienne et Gaza. Craignant en effet des représailles, les autorités israéliennes ont affirmé lancer une opération préventive à Gaza, microterritoire gouverné par le mouvement islamiste Hamas et où le Jihad islamique est bien implanté. L'armée israélienne a donc commencé à frapper vendredi 5 août 2022 l'enclave de 2,3 millions d'habitants sous blocus dans le cadre d'une « attaque préventive » contre le Jihad islamique, a-t-elle dit.

« Une opération de contre-terrorisme », selon Israël

Pour Yaïr Lapid, c'est une « opération de contre-terrorisme précise contre une menace immédiate », celle du Jihad islamique, « un supplétif de l'Iran » voulant « tuer des Israéliens innocents ».

En 2019, la mort d'un commandant du Jihad islamique dans une opération israélienne avait déjà donné lieu à plusieurs jours d'échanges de tirs meurtriers. Le Hamas, qui a combattu Israël lors de quatre guerres depuis sa prise du pouvoir en 2007, s'était lui tenu à distance.

Les forces israéliennes ont également arrêté en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par l'État hébreu, 19 membres du groupe considéré comme terroriste par Israël, les États-Unis et l'Union européenne.

Escalade de la violence

Après les premiers raids, le Jihad islamique a accusé l'État hébreu d'avoir « déclenché une guerre ».

L’opération menée par les forces de sécurité israélienne contre le groupe Djihad islamique a entraîné des représailles, avec des tirs de roquettes visant Jérusalem.

Depuis le début de la flambée de violences entre les deux ennemis, 41 personnes, dont 15 enfants, sont mortes dans la bande de Gaza, selon les autorités palestiniennes. « 41 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants et quatre femmes, et 311 ont été blessés » dans la bande de Gaza lors des opérations militaire israélienne, a indiqué le ministère de la Santé local palestinien dans un communiqué. Le Hamas, mouvement palestinien au pouvoir dans l'enclave, a indiqué que parmi ces victimes, quatre enfants ont été tués dans les nouvelles frappes.

L'armée israélienne a assuré samedi 6 août avoir « neutralisé » les chefs « militaires » du groupe Jihad islamique, lors d'opérations. Oded Basiok, le chef de la direction des opérations de l'armée de l'État hébreu, a fait parvenir un communiqué à l'AFP dans lequel il affirme que « la haute direction de l'aile militaire du Jihad islamique à Gaza a été neutralisée ».

Trêve

Israël a accepté dimanche une trêve proposée par l'Égypte dans la bande de Gaza, a indiqué une source au sein des services de sécurité égyptiens, précisant que Le Caire attendait désormais la réponse palestinienne.

« L'Égypte s'attelle depuis 48 heures » à obtenir une trêve « entre les deux parties », a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat.

Le groupe armé palestinien a de son côté confirmé que les négociations se poursuivaient. « Des discussions sont en cours au plus haut niveau pour un retour au calme, la résistance ne cessera que lorsqu'un terme sera mis à l'agression et aux crimes de l'occupation (israélienne) », a indiqué une source en son sein.

Cette nouvelle confrontation qui a débuté vendredi 5 aout 2022 est la pire entre l'État hébreu et des organisations armées de Gaza depuis la guerre de mai 2021 qui avait fait, en onze jours, 260 morts côté palestinien, parmi lesquels des combattants, et 14 morts en Israël, dont un soldat, d'après les autorités locales.

Le Hamas, qui a combattu Israël lors de quatre guerres depuis sa prise du pouvoir en 2007, s’est lui tenu à distance pour l’instant.

Pour Jamal al-Fadi, professeur de sciences politiques à l’université Al-Azhar de Gaza, le Hamas ne veut pas « être entraîné dans une guerre totale » ​et « comme il ne s’implique pas »​, cette nouvelle flambée de violence devrait prendre fin « dans les jours à venir »​.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

LES ETATS-UNIS A TAIWAN DECLENCHENT LA FUREUR DE LA CHINE

La tension est à son comble entre la Chine et les États-Unis. Au grand dam de Pékin, la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi a atterri sur l’île autonome de Taïwan, hier, en milieu de soirée (heure locale). La preuve d’un «  soutien inconditionnel » de Washington à Taïpei, a aussitôt affirmé la plus haute responsable américaine élue à se rendre sur l’île, depuis la visite de son prédécesseur Newt Gingrich, en 1997.

C’est un camouflet pour Pékin, qui avait, à maintes reprises, alerté le pouvoir américain sur cette attitude «  extrêmement dangereuse » et «  provocatrice ». La Chine considère Taïwan, de facto autonome depuis 1949, comme une province historique qu’elle souhaite reconquérir par n’importe quel moyen. Le régime communiste ne supporte pas les initiatives étrangères risquant de donner à Taïpei une légitimité internationale. 

La présence de Nancy Pelosi à Taipei est donc vécue comme une humiliation par Pékin qui a multiplié les mises en garde et les menaces sans que cela dissuade la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis. Ce sentiment est renforcé par la manière dont elle est traitée par les autorités taïwanaises. En la rencontrant au palais présidentiel plutôt qu’à l’American Institute in Taiwan, l’ambassade américaine de facto à Taipei, ou au Parlement, la présidente Tsai Ing-wen ajoute à cette visite une dose de provocation diplomatique qui laissera des traces à la fois entre les deux rives du détroit de Taïwan et entre Washington et Pékin.

Des manoeuvres d'une ampleur inédite

La visite de Nancy Pelosi n'a d'ailleurs pas manqué de déclencher la fureur immédiate de Pékin En réaction, le pays du président Xi Jinping a d’abord envoyé plusieurs avions de chasse survoler le détroit de Taïwan et menacé : «  Qui joue avec le feu y succombera » , tout en annonçant de futures «  actions militaires ciblées » . Vingt autres avions militaires ont ensuite pénétré, deux heures plus tard, la zone de défense aérienne taiwanaise.

La Chine a en outre démarré ce jeudi 4 aout 2022 les plus importantes manœuvres militaires de son histoire autour de Taïwan, une réponse musclée à la visite de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi sur l’île. Elle a commencé ses exercices militaires dans six zones maritimes autour de Taïwan. « Les exercices commencent » et se poursuivront jusqu’à dimanche midi, a indiqué la télévision publique chinoise CCTV dans un message sur les réseaux sociaux. « Pendant cette période, les navires et aéronefs concernés ne doivent pas pénétrer dans les eaux et les espaces aériens concernés ». Selon le journal Global Times, qui cite des analystes militaires, les exercices sont d’une ampleur « sans précédent » car des missiles vont survoler Taïwan pour la première fois.

« Si les forces taïwanaises viennent volontairement au contact de (l’armée chinoise) et viennent à tirer accidentellement un coup de feu, (l’armée chinoise) répliquera avec vigueur et ce sera à la partie taïwanaise d’en assumer toutes les conséquences », a indiqué une source militaire anonyme au sein de l’armée chinoise.

« Blocus de l’île »

Les autorités de l’île ont dénoncé ce programme, soulignant qu’il menace la sécurité de l’Asie de l’Est. « Certaines des zones des manœuvres de la Chine empiètent sur […] les eaux territoriales de Taïwan », a déclaré Sun Li-fang, le porte-parole du ministère taïwanais de la Défense, fustigeant « un acte irrationnel visant à défier l’ordre international ».

Le ministère a indiqué que l’armée taïwanaise avait tiré une fusée éclairante dans la nuit de mercredi à jeudi pour éloigner un drone qui survolait l’île de Kinmen, qui se trouve à seulement 10 km de la ville de Xiamen, en Chine continentale.

Pour Pékin, ces exercices - ainsi que d’autres, plus limités, démarrés ces derniers jours - sont « une mesure nécessaire et légitime » après la visite de Pelosi. « Ce sont les États-Unis qui sont les provocateurs, et la Chine qui est la victime. La Chine est en situation de légitime défense », a assuré à la presse Hua Chunying, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Les exercices visent à simuler un « blocus » de l’île et incluent « l’assaut de cibles en mer, la frappe de cibles au sol et le contrôle de l’espace aérien », a indiqué l’agence officielle Chine Nouvelle.

Des exercices militaires qualifiés d’«extrêmement menaçants» par le Japon voisin

Des missiles balistiques chinois seraient en effet pour la première fois tombés dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, a déclaré jeudi le ministre de la Défense nippon, Nobuo Kishi.« Le Japon a déposé une protestation auprès de la Chine par la voie diplomatique », a dit Kishi, qualifiant l’incident de « problème grave qui affecte notre sécurité nationale et celle de nos citoyens ».

Certaines îles du département d’Okinawa, à l’extrême sud du Japon, se trouvent à quelques dizaines de kilomètres seulement de Taïwan, et le ministre a affirmé que c’était la première fois que des missiles balistiques chinois entraient dans la ZEE nippone, qui s’étend jusqu’à 200 milles nautiques (370 kilomètres) de ses côtes.

Quelle est la posture des États-Unis ?

Washington pratique une diplomatie dite d’ «  ambiguïté stratégique », consistant à ne reconnaître qu’un seul gouvernement chinois, celui de Pékin, tout en continuant à apporter un soutien décisif à Taïpei. Grâce à une loi de 1979, année même où les relations avec la Chine continentale ont été établies, Washington, qui s’oppose à une reprise de Taïwan par la force, s’est engagé à aider Taïpei à faire face à toute agression.

Compte tenu des tensions déjà vives entre les deux premières puissances de la planète, les Américains auront du mal à minimiser ce court déplacement de la troisième personnalité américaine sur le sol taïwanais. Nancy Pelosi en est d’ailleurs bien consciente. Avant de quitter, mercredi en fin d’après-midi, Taipei pour la Corée du Sud, elle a lancé : « Ne vous méprenez pas : L’Amérique reste inébranlable dans son engagement envers le peuple de Taïwan – maintenant et pour les décennies à venir ».

La Chine vient de répondre en renforçant sa pression militaire, domaine dans lequel le pays a beaucoup progressé ces dernières années.

D’où une augmentation du risque de dérapage qui pourrait conduire à un conflit, d’une prise de contrôle de certains territoires taïwanais comme les îles Pratas ou d’une invasion pure et simple à la manière de la Russie en Ukraine...




Mia Kennedy pour DayNewsWorld

AFGHANISTAN LE CHEF D'AL QAIDA AYMAN

AL-ZAWAHIRI A ETE TUE PAR UN DRONE AMERICAIN

Joe Biden a confirmé, lundi, la mort de l’Egyptien de 71 ans, considéré comme le cerveau du 11 Septembre. Il avait pris les commandes de l’organisation terroriste à la mort d’Oussama Ben Laden.

L’opération s’est déroulée au cours du week-end à Kaboul. Le président américain, Joe Biden, a confirmé lundi 1er août l’information qui avait fuité quelques heures plus tôt dans les médias américains : le chef d’Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, a été tué au cours du week-end lors d’une frappe de drone à Kaboul.

« Samedi, sur mes ordres, les Etats-Unis ont mené à bien une frappe aérienne sur Kaboul, en Aghanistan, qui a tué l’émir d’Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri », a-t-il lancé lors d’une courte allocution depuis la Maison Blanche. « Justice a été rendue et ce dirigeant terroriste n’est plus », a ajouté Joe Biden.

Préparatifs méticuleux

Cette liquidation ponctue une enquête méticuleuse. La CIA, qui présumait Zawahiri malade et terré aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan, a su, en avril, qu’il vivait avec les siens en plein Kaboul, dans une villa cossue proche de nombreuses ambassades. Elle a patiemment observé son habitude de prendre l’air au petit matin, toujours au même balcon de sa villa, dont une maquette avait été présentée à Biden le 1er juillet.

Le président américain a donné son feu vert au plan d’exécution le 25 juillet, convaincu par le renseignement que Zawahiri continuait, à bas bruit, d’émettre ses directives, même si la maison mère du djihad international était affaiblie depuis la mort de Ben Laden, puis la dissidence (et la concurrence) du groupe État islamique à partir de 2014. «" Peu importe le temps que cela prend, peu importe où vous vous cachez, si vous êtes une menace pour notre peuple, les États-Unis vous trouveront et vous élimineront »," a averti Biden.

L’attaque au drone a été menée dans la capitale afghane sans aucune présence militaire américaine au sol, a précisé un responsable américain, preuve de la capacité des Etats-Unis à « identifier et à localiser même les terroristes les plus recherchés au monde et de prendre des mesures afin de les éliminer ». Ayman al-Zawahiri avait été repéré « à de multiples reprises et pour de longues durées sur le balcon où il a finalement été touché » par la frappe dans la capitale afghane, a-t-il ajouté.

Le cerveau du 11septembre 2001

Cet Egyptien de 71 ans était considéré comme le cerveau des attentats du 11 septembre 2001 qui avaient fait près de 3 000 victimes. Zawahiri avait pris les commandes de l’organisation terroriste à la mort d’Oussama Ben Laden, tué lui-même lors d’une opération terrestre conduite par Washington au Pakistan. Héritant en 2011 d’une organisation affaiblie, il avait multiplié les « franchises » et les allégeances de circonstances, de la péninsule arabique au Maghreb, de la Somalie à l’Afghanistan, en Syrie et en Irak.

Dans son intervention télévisée tenue depuis un balcon de la Maison Blanche à Washington, Joe Biden a également souligné le rôle majeur joué par le chef terroriste au sein d’Al-Qaida depuis les attentats :

« Zawahiri était constamment avec Ben Laden durant tout ce temps après le 11-Septembre. De sa cachette, il coordonnait Al-Qaida dans le monde entier. Sa mort constitue un sérieux revers pour Al-Qaida et va détériorer la capacité du groupe à opérer. »

Avec sa mort, il y a tout lieu de penser qu’al-Qaida est décapitée pour de bon : c’est la génération des fondateurs de l’internationale djihadiste qui s’éteint. Aucun nouvel émir n’aura cette légitimité.

L’organisation terroriste avait déjà perdu son numéro 2, Abdullah Ahmed Abdullah, tué en août 2020 dans les rues de Téhéran par des agents israéliens lors d’une mission secrète commanditée par Washington, information révélée à l’époque par le New York Times. Les Etats-Unis avaient par ailleurs annoncé mi-juillet avoir tué le chef du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, Maher Al-Agal, lors d’une frappe de drone, opération qui avait « affaibli de façon considérable la capacité de l’EI de préparer, financer et conduire ses opérations dans la région », selon un porte-parole de l’armée américaine.

Faire le deuil

La disparition d’Ayman Al-Zawahiri va aider les très nombreuses victimes et proches de victimes du 11-Septembre à faire leur deuil, selon le président américain :

« Ground Zero à New York sera toujours là pour nous rappeler la promesse que nous avons fait aux pères, mères, frères, sœurs, amis, collègues de ceux qui ont péri en ce 11 septembre 2001. Ecoutez-moi bien, nous serons toujours là pour protéger nos concitoyens. Nous n’abandonnerons jamais. J’ai l’espoir que cette action décisive [leur] permette de tourner la page. »

Les talibans pris en flagrant délit de duplicité

La mort de Zawahiri fait également apparaître l’accord de Doha (Qatar), conclu en 2020 entre l’administration Trump et les talibans, comme un marché de dupes. En échange du départ des Américains, les islamistes afghans s’étaient en effet engagés à ne plus héberger de terroristes, comme ils l’avaient fait avec al-Qaida jusqu’en 2001. L’accord a été «  grossièrement violé », a constaté, hier, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken.

Preuve de la duplicité – ou de la division – des talibans, le chef d’al-Qaida était, selon de hauts responsables américains, hébergé par un aide de camp de Sirajuddin Haqqani, ministre de l’Intérieur et chef de la faction la plus puissante et la plus radicale, celle qui, depuis un an, règne sur la capitale afghane.

Un an après le chaotique retrait d’Afghanistan

La mort du chef d’Al-Qaida intervient près d’un an après le retrait piteux d’Afghanistan des forces américaines  de l’aéroport de Kaboul cerné par les talibans, en août 2021, qui avait permis à ces derniers de reprendre le contrôle du pays vingt ans après. Les images des civils afghans abandonnés sur le tarmac et de l’attentat sanglant devant l’enceinte, avaient précipité la chute de Biden dans les sondages.

Ce succès tombe à pic pour le président américain, à trois mois des élections de mi-mandat. Il démontre la capacité des États-Unis à frapper, un an après le retrait piteux de leurs soldats

« J’ai fait une promesse, nous continuerons de mener des actions de contre-espionnage en Afghanistan. Mon administration continuera d’attaquer les intérêts d’Al-Qaida. Nous n’arrêtons jamais, nous n’abandonnons jamais, nous ne le lâcherons rien. », a conclu le président dans son allocution.




Kelly Donaldson pour DayNewsWorld

XI XIPING AVERTIT JOE BIDEN DE NE PAS

 " JOUER AVEC LE FEU " SUR TAIWAN

Nancy Pelosi est en route ce 31 août 2022 pour une tournée en Asie. Le président chinois Xi Jinping jeudi , lors d'un entretien de deux heures avec son homologue américain, a averti de ne « pas jouer avec le feu » à propos de Taïwan, selon un média d’État chinois.« Ceux qui jouent avec le feu finissent par se brûler », a prévenu le président chinois, alors que Pékin menace depuis plusieurs jours de « conséquences » si la cheffe des députés américains Nancy Pelosi mène à bien son projet de visite à Taïwan.

« J’espère que la partie américaine comprend parfaitement cela », a ajouté M. Xi, cité par l’agence Chine nouvelle.

Selon cette agence d’État, « les deux présidents ont estimé que leur entretien téléphonique avait été sincère et approfondi ».

La Maison-Blanche a indiqué que l’entretien téléphonique, cinquième sommet virtuel entre les deux responsables depuis que M. Biden est devenu président il y a un an et demi, avait commencé à 8 h 33 et avait duré plus de deux heures.

Pékin et Washington étaient déjà en conflit au sujet du commerce. Les deux puissances mondiales s’opposent maintenant à cause de Taïwan. La Chine estime que l’île, peuplée de 24 millions d’habitants, est l’une de ses provinces historiques qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste du pays.

Opposé à toute initiative qui donnerait aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres États, et donc contre la potentielle visite de Nancy Pelosi.

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Kirby, avait déclaré avant l’appel que seraient à l’ordre du jour « les tensions autour du comportement agressif et coercitif de la Chine dans l’Indo-Pacifique » – terme employé notamment par les États-Unis pour désigner la réalité changeante d’alliances dans la région Asie-Pacifique.

Bien que des responsables américains se rendent fréquemment à Taïwan, Pékin considère qu’un voyage de Mme Pelosi, l’un des plus hauts personnages de l’État américain, serait une provocation majeure.

Washington devra « assumer toutes les conséquences » de cette visite potentielle, que Mme Pelosi n’a pas encore confirmée, avait averti Pékin mercredi.

Les tensions autour de ce voyage ne sont qu’une partie du problème. Les responsables américains craignent que le président Xi ne soit en train de réfléchir à l’usage de la force pour imposer son contrôle à Taïwan.

Les déclarations contradictoires de Joe Biden sur Taïwan – il a dit en mai que les États-Unis défendraient l’île, avant que la Maison-Blanche n’insiste sur le fait que la politique d’« ambiguïté stratégique » n’avait pas changé – n’ont pas aidé.

Selon la Maison-Blanche, le principal objectif de M. Biden était d’établir des « garde-fous » pour les deux superpuissances, afin d’éviter un conflit ouvert en dépit de leurs différends et de leur rivalité géopolitique.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

BIRMANIE PREMIERES EXECUTIONS D'OPPOSANTS POLITIQUES PAR LA JUNTE MILITAIRE

La junte birmane a procédé à l’exécution de quatre prisonniers, dont un ancien député du parti de l’ancienne dirigeante civile Aung San Suu Kyi, a indiqué lundi un média d’État, alors que la peine de mort n’avait plus été pratiquée depuis plus de trente ans.

Depuis le coup d’Etat militaire du 1er février 2021, la Birmanie a condamné à la peine de mort des dizaines d’opposants à la junte. Phyo Zeya Thaw, un ancien député du parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a été arrêté en novembre et condamné à la peine de mort en janvier pour avoir enfreint la loi antiterroriste.

Chanteur de 41 ans, il fut cofondateur du premier groupe de hip-hop birman, Acid, puis emprisonné de 2008 à 2011 pour avoir mené une campagne de graffitis contre la junte. Il avait été élu député de la Ligue nationale pour la démocratie en 2012, lors des premières élections partielles qui lui furent ouvertes, puis de nouveau en 2016.L

Les deux autres prisonniers exécutés sont deux hommes accusés d’avoir tué une femme qu’ils soupçonnaient d’être une informatrice de la junte. L’armée au pouvoir poursuit une répression sanglante contre ses opposants, avec plus de deux mille civils tués et plus de quinze mille personnes arrêtées depuis le coup d’Etat, selon une ONG locale.

« Un acte de la plus grande cruauté »

Les quatre exécutions annoncées lundi constituent un « acte de la plus grande cruauté », a réagi Elaine Pearson, la directrice pour l’Asie de l’ONG Human Rights Watch.

« Ces exécutions […] sont un nouvel exemple du bilan atroce des droits humains en Birmanie. […] L’armée va continuer à piétiner la vie des gens tant qu’elle ne sera pas tenue pour responsable », a déclaré Erwin van der Borght, le directeur Asie-Pacifique d’Amnesty International.

La Ligue nationale pour la démocratie s’est dite « dévasté » lundi après l’exécution des quatre prisonniers. « En plus des innombrables atrocités contre le peuple birman, la junte militaire a effrontément commis un autre crime outrageux (…) ignorant les demandes de la communauté internationale et de ceux qui réclament la justice », a écrit dans un communiqué le parti.

Ces exécutions risquent d’accentuer l’isolement international des militaires birmans, qui avaient pris le pouvoir par la force le 1er février 2021 sous prétexte de prétendues fraudes aux élections de l’année précédente, remportées de façon écrasante par la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

« Ces actes pervers doivent marquer un tournant pour la communauté internationale. (…) Le statu quo de l’inaction internationale doit être fermement rejeté », a réagi Tom Andrews, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Birmanie, dans un communiqué sur Twitter.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

 DES AFFRONTEMENT ENTRE GANGS

ENTRE LE 8 ET LE 12 JUILLET FONT 

AU MOINS 234 MORTS OU BLESSES EN HAITI

Au moins 234 personnes ont été tuées ou blessées entre le 8 et le 12 juillet 2022, victimes de la violence des gangs qui sévissent à Cité Soleil, la commune la plus défavorisée de l’agglomération de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, a annoncé l’ONU samedi.

« La plupart des victimes ne sont pas directement liées aux gangs mais ont été visées par des membres des gangs et nous avons aussi reçu de nouvelles informations sur des violences sexuelles », écrit le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, qui a enregistré 934 meurtres, 684 blessés et 680 enlèvements sur la période de janvier à fin juin 2022.

Des tirs en rafales dans les bidonvilles

Depuis vendredi, les rafales d’armes automatiques crépitent à longueur de journée à Cité Soleil, commune la plus défavorisée et la plus densément peuplée de l’aire métropolitaine : deux factions de gangs s’y affrontent sans que la police, en manque d’hommes et d’équipements, n’intervienne.

Le long des corridors de bidonvilles qui s’y sont formés au fil des quatre dernières décennies, des milliers de familles n’ont d’autre choix que de se terrer chez elles, sans pouvoir se ravitailler en eau et nourriture. Certains habitants sont victimes de balles perdues à l’intérieur même de leurs modestes logements, faits de simples tôles, mais les ambulances ne sont pas autorisées à circuler librement dans la zone pour venir en aide aux blessés.

Impunité

« Nous nous inquiétons profondément de l’aggravation des violences à Port-au-Prince et de la hausse des violations des droits humains qui sont commises contre la population locale par des gangs lourdement armés », écrit Jeremy Laurence, porte-parole du Haut-commissariat.

Depuis plus de deux ans, les gangs multiplient les rapts crapuleux dans la ville, séquestrant des personnes de toutes origines socio-économiques et de toutes nationalités. Jouissant d’une très large impunité, les bandes criminelles ont amplifié leurs actions au fil des semaines : au moins 155 enlèvements ont été commis en juin contre 118 au mois de mai, a signalé le Centre d’analyse et de recherches en droits humains, dans son dernier rapport publié mercredi .

« Nous exhortons les autorités à faire respecter tous les droits humains et à les mettre au cœur de leurs actions dans cette crise. La lutte contre l’impunité et les violences sexuelles, tout comme le renforcement des droits humains et la surveillance de leur mise en application doivent rester une priorité. » , explique Jeremy Laurence.

L'ONU appelle à la fin « immédiate » des violences

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi à l'unanimité une résolution des États-Unis et du Mexique demandant aux États membres de l'organisation d'interdire le transfert d'armes légères à ces gangs.

La Chine, qui avait réclamé en vain un embargo sur les armes légères à destination des gangs en Haïti, a estimé que « cette résolution était un avertissement » pour ces derniers.

Des sanctions individuelles pourraient être prises dans les 90 jours en vertu de la résolution à l'encontre de leurs chefs, a souligné après le vote l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun.

Le texte aurait « pu être meilleur », a-t-il ajouté, estimant cependant qu'il s'agissait « d'un bon pas dans le bon sens ».

Le Conseil de sécurité a aussi prolongé le mandat du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), « qui permettra de renforcer la réponse internationale collective à la crise des droits humains qui se déroule dans le pays, ainsi que de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire », souligne le Haut commissariat.

Ces affrontements meurtriers entre gangs affectent l’ensemble des activités à travers la capitale car c’est à Cité Soleil que se situe le terminal pétrolier qui alimente Port-au-Prince et tout le nord d’Haïti.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

ETAT D'URGENCE AU SKRI LANKA APRES LA FUITE

DU PRESIDENT GOTABAYA RAJAPAKSA AUX MALDIVES

Le Sri Lanka, en proie à une grave crise économique et politique, a déclaré l’état d’urgence, mercredi 13 juillet, quelques heures après la fuite de son président, Gotabaya Rajapaksa, a annoncé le bureau du premier ministre, Dinouk Colombage.

La police a annoncé un couvre-feu à durée indéterminée dans la province de l’Ouest, celle de la capitale Colombo, pour contenir les manifestations. Des milliers de personnes se sont rassemblées devant les bureaux du premier ministre, et les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour les empêcher d’envahir le bâtiment.

Fuite du président aux Maldives

Le président Rajapaksa, conspué par un fort mouvement populaire, s’est posé tôt mercredi aux Maldives après avoir quitté son pays à bord d’un avion militaire. Le dirigeant de 73 ans, qui a promis de démissionner et avait tenté mardi sans succès de quitter le Sri Lanka, a décollé de l’aéroport international de Colombo avec sa femme et un garde du corps à bord d’un Antonov-32, ont rapporté des responsables des services de l’immigration.

Selon des sources aéroportuaires sri-lankaises, l’appareil a été retenu pendant plus d’une heure sur le tarmac de l’aéroport dans l’attente d’une autorisation d’atterrir aux Maldives.

Mardi, M. Rajapaksa avait été refoulé de l’aéroport de Colombo par les agents de l’immigration et certains de ses conseillers avaient envisagé pour lui et ses proches une fuite à bord d’un navire de patrouille, selon une source haut placée dans le domaine de la défense.

Un vaisseau de la marine avait été utilisé pour transférer samedi le chef de l’Etat du palais présidentiel assiégé par les manifestants au port de Trincomalee, dans le nord-est du pays. Puis, M. Rajapaksa avait rejoint lundi en hélicoptère l’aéroport international de Colombo.

Valise remplie de 17,85 millions de roupies

N’ayant pas encore démissionné, ce qu’il a promis de faire mercredi pour une « transition pacifique du pouvoir », M. Rajapaksa bénéficie encore d’une immunité présidentielle.

Dans cette fuite, le président sri-lankais a laissé derrière lui une valise remplie de documents et 17,85 millions de roupies (49 000 euros) en liquide, désormais sous scellés.

Si le chef de l’Etat démissionne comme il l’a promis, le premier ministre, Ranil Wickremesinghe, sera automatiquement nommé président par intérim jusqu’à l’élection par le Parlement d’un député qui exercera le pouvoir jusqu’à la fin du mandat en cours, c’est-à-dire novembre 2024.

M. Rajapaksa est accusé d’avoir mal géré l’économie, menant à l’incapacité du pays, en manque de devises étrangères, à financer les importations les plus essentielles à une population de 22 millions d’habitants. Colombo a fait défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars en avril et est en pourparlers avec le Fonds monétaire international pour un éventuel renflouement.

« Etat d'urgence alimentaire » depuis août 2021

Cette île d'Asie du Sud de 22 millions d'habitants est confrontée à sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948 vis-à-vis du Royaume-Uni, subissant des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments, de longues coupures d'électricité quotidiennes et une inflation record. Le Sri Lanka a par ailleurs presque épuisé ses réserves d’essence. Le gouvernement a ordonné la fermeture des bureaux non essentiels et des écoles afin de réduire les déplacements et d’économiser du carburant

Depuis l'été 2021, le Sri Lanka subit des pénuries de lait en poudre, de kérosène et de gaz de cuisine. Ce pays d'Asie rencontre des problèmes d'approvisionnement et de distribution de nourriture. L'inflation galopante (55 % sur le seul mois de juin) rend les rares choses qu'on peut encore trouver inaccessibles pour une grande partie de la population. Pour certains économistes, la situation est bien pire . Steve Hanke, de l'université Johns Hopkins, avance le chiffre de 128 % ce qui situerait le pays à la deuxième place des pires performances en matière d'indice des prix juste derrière le Zimbabwe (365 %) .Le président Gotabaya Rajapaksa avait placé, le 31 août 2021, le pays en « état d'urgence alimentaire ». Les Nations unies (ONU) ont averti que le pays était en danger de grave crise humanitaire, avec plus des trois quarts de la population ayant déjà dû réduire leur alimentation .

« Nous nous dirigeons vers une période d'incertitude dangereuse », a déclaré un député tamoul, Dharmalingam Sithadthan.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

L'ANCIEN PREMIER MINISTRE JAPONAIS SHINZO ABE ASSASSINE POUR SES LIENS AVEC LA SECTE MOON

Alors que l’enquête se poursuit sur l’assassinat de Shinzo Abe les funérailles de l’ancien premier ministre japonais se sont tenues dans l’intimité, mardi 12 juillet, au temple bouddhiste Zojo-ji, au cœur de Tokyo.

Les funérailles de Shinzo Abe

Une veillée funèbre, ouverte au public, avait attiré, la veille, des centaines de personnes souhaitant rendre un dernier hommage à l’ancien chef de gouvernement tué à Nara alors qu’il prononçait un discours dans le cadre de la campagne pour les sénatoriales du 10 juillet. Elles pouvaient déposer des œillets blancs sur un autel orné de son portrait, souriant, en chemise blanche sans cravate. M. Kishida, un représentant de l’empereur Naruhito, des figures du monde politique et économique japonais et des diplomates étrangers s'y sont rendus. La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, actuellement en déplacement en Asie, s’est également rendue lundi à la veillée funèbre, et le vice-président de Taïwan, William Lai – la plus haute personnalité taïwanaise venue au Japon depuis la rupture des relations officielles, en 1972 a effectué une visite discrète à Tokyo pour l’occasion. De retour de Bali où il a participé à la réunion du G20, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a ensuite fait escale à Tokyo pour rendre hommage à « un homme porteur d’une vision » qui « a fait plus que beaucoup pour renforcer les relations entre les Etats-Unis et le Japon ».

Sur les lieux, une photographie montrant Shinzo Abe souriant, en chemise sans cravate était affichée, tandis qu’une vidéo montrait Akie Abe chanter et son mari l’accompagner au piano, ont rapporté des personnes présentes à l’agence Jiji.

Décoration posthume

Selon des médias locaux, Shinzo Abe recevra à titre posthume le Grand collier de l’ordre suprême du Chrysanthème, la plus prestigieuse décoration dans l’Archipel. Il avait été attaqué à l’arme à feu vendredi alors qu’il participait à un meeting électoral à Nara (ouest du Japon) en vue des élections sénatoriales de dimanche, où le Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste) auquel il appartenait a sans surprise remporté une confortable victoire.

Le suspect identifié comme un ancien de la marine japonaise .

En parallèle, des hommages, l’enquête se poursuit au sujet du suspect arrêté sur les lieux de l’attaque. Son assassin présumé, arrêté sur les lieux de l’attaque, a été identifié par la police comme Tetsuya Yamagami, 41 ans, un ancien membre de la Force maritime d’autodéfense, la marine japonaise.

Selon des sources policières citées par des médias locaux, il aurait regardé sur YouTube des vidéos montrant comment fabriquer une arme à feu artisanale comme celle utilisée pour l’attaque.

Vengeance contre la secte Moon

Pendant ce temps, la police continue d’interroger Tetsuya Yamagami, l’auteur des coups de feu. L’ancien marin de 41 ans reprochait à M. Abe ses liens avec « une organisation » que les autorités se refusaient à citer, tout comme les grands médias, jusqu’à ce que les hebdomadaires et publications en ligne, moins timorés, révèlent qu’il s’agissait de l’Association du Saint-Esprit pour l’unification mondiale, également connue sous le nom de secte Moon. « J’ai ciblé M. Abe en raison de sa proximité avec l’Eglise de l’unification », a expliqué Tetsuya Yamagami, qui a nié l’avoir tué pour des raisons politiques. Des médias nippons ont rapidement affirmé qu’il s’agissait d’une organisation religieuse à laquelle la mère de Mme Yamagami aurait versé des dons importants, mettant leur famille en grande difficulté financière. L’Eglise de l’Unification, un culte d’origine sud- coréenne également connue sous le nom de « secte Moon », a confirmé lundi lors d’une conférence de presse à Tokyo que la mère du suspect faisait partie de ses fidèles mais a assuré que Shinzo Abe n’était ni un membre ni un conseiller de l’organisation.

La mère de M. Yamagami appartient à l’Eglise de l’unification à laquelle elle a consenti des dons importants ayant conduit à sa faillite personnelle, le 21 août 2002. D’après M. Yamagami, sa haine de M. Abe est due à ce que cet engagement – confirmé par la secte – a conduit à l’éclatement de sa famille. L’Eglise de l’unification a été créée en 1954 par le révérend sud-coréen Moon Sun-myung (1920-2012). Comptant près de trois millions de membres dans le monde, elle a été rebaptisée, en 2005, Fédération des familles pour la paix mondiale et l’unification.

Liens entre politique et religion

L’assassinat de Shinzo Abe pose la question des sectes et de leur influence plus ou moins maitrisée dans le pays relançant la polémique sur les liens entre politique et religion au pays du Soleil-Levant. Les religions, traditionnelles (comme le culte local shinto), installées (comme la Soka Gakkai) et «nouvelles» (comme l’Église de l’unification ou Seicho no ie) jouent en effet un rôle discret mais capital dans la vie politique nippone. Leurs capacités à mobiliser des fidèles en force électorale et en donations en font des alliés précieux des partis, notamment dans la majorité, et surtout dans les villes à la population anomique, où existent peu d’occasions de socialiser. L’allié du PLD dans la majorité, le parti bouddhiste Komeito, n'est-il pas historiquement une émanation de la secte Soka Gakkai , aux millions de fidèles ? «Beaucoup de hiérarques du PLD sont liés à des organisations religieuses, dont ils sont les fondés de pouvoir dans le monde politique», explique Axel Klein, politologue à l’université de Duisbourg et Essen et spécialiste des relations entre religion et politique au Japon.

Ainsi le très nationaliste M. Abe était soutenu par une myriade de structures politiques ou religieuses, comme la très conservatrice Nippon Kaigi ou la nouvelle religion Seicho-No-Ie, créée en 1930 et dont un des héritiers, Tetsuo Ito, était proche de l’ancien premier ministre.

"L’Eglise de l’unification entretient par ailleurs des liens avec plusieurs personnalités politiques nippones, dont M. Abe et sa famille. « Le grand-père de Shinzo Abe, le premier ministre Nobusuke Kishi, a participé à la création de la Fédération internationale pour la victoire contre le communisme, qui a servi de pont entre l’Eglise de l’unification et le monde politique japonais », rappelait, en septembre 2021, le site d’informations Lite-ra. Cette fédération a été fondée en 1968 par le révérend Moon, en étroite collaboration avec les services secrets sud-coréens.

Lors de l’élection de la chambre haute en 2013 – Shinzo Abe était alors premier ministre – l’Eglise de l’unification a notamment explicitement soutenu la candidature de Norio Kitamura, un intime du chef de gouvernement. En septembre 2021, Shinzo Abe – de même que l’ancien président américain Donald Trump – a prononcé un discours lors d’un événement organisé par la FPU, afin de « remercier » l’organisation pour sa contribution à la résolution des conflits et à la réunification de la péninsule coréenne.

Ayant échoué à assouvir sa vengeance sur les dirigeants de l’Eglise de l’unification, M. Yamagami a donc ciblé l’ancien premier ministre. « Je regardais tous les jours sur Internet le programme des candidats pour l’élection de la chambre haute, et quand j’ai vu qu’Abe venait à Nara, j’ai pensé que j’avais une chance. »" (tiré du quotidien Le Monde)



Garett Skyport pour DayNewsWorld

CRISE POLITIQUE ET ECONOMIQUE SANS PRECEDENT AU SKRI-LANKA

Le Sri Lanka est en proie à une crise sans précédent depuis son indépendance en 1948. Un mouvement de protestation contre la crise économique fait rage depuis des mois dans l'île de 22 millions d'habitants. Le président du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa a fui ce samedi 9 juillet 2022 sa résidence officielle quelques minutes avant que plusieurs centaines de manifestants ne pénètrent dans le palais présidentiel, un ancien bâtiment colonial, symbole du pouvoir, devant lequel étaient rassemblés des centaines de milliers de personnes. « Le président a été escorté en lieu sûr », a indiqué une source de la Défense. Pour l'heure, « il est toujours le président, il est protégé par une unité militaire », a ajouté cette source, selon laquelle les soldats gardant la résidence officielle ont tiré en l’air pour dissuader les manifestants d’approcher jusqu’à ce que Gotabaya Rajapaksa soit évacué.

Une crise politique sans précédent.

Gotabaya Rajapaksa a cependant accepté ce samedi de démissionner la semaine prochaine. « Pour assurer une transition pacifique, le président a dit qu’il allait démissionner le 13 juillet », a déclaré à la télévision le président du parlement, Mahinda Abeywardana.

Le Premier ministre Ranil Wickremesinghe , quant à lui, a convoqué en urgence une réunion de crise du gouvernement associant les dirigeants des autres partis politiques, indiquant qu’il était prêt à démissionner pour ouvrir la voie à un gouvernement d’union nationale. « Pour assurer la sécurité de tous les Sri-lankais, (le Premier ministre) est favorable à cette recommandation des responsables des partis de l’opposition », ont affirmé ses services dans un communiqué.

Deux proches du président ont annoncé leur démission, le chef du service de presse Sudewa Hettiarachchi et le ministre des médias Bandula Gunawardana, qui a également démissionné de la tête du parti présidentiel. Dans la soirée, des manifestants ont assiégé la résidence du Premier ministre et y ont mis le feu.

Le Parlement a légalement un mois pour choisir son successeur. Mais le président du Parlement a promis une décision d'ici la fin de la semaine. Une promesse peut-être difficile à tenir car, pour l'instant, personne parmi les parlementaires ne semble en mesure d'obtenir un soutien suffisant.

« Nous nous dirigeons vers une période d'incertitude dangereuse », a déclaré un député tamoul, Dharmalingam Sithadthan.

« Etat d'urgence alimentaire » depuis août 2021

Cette île d'Asie du Sud de 22 millions d'habitants est confrontée à sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948 vis-à-vis du Royaume-Uni, subissant des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments, de longues coupures d'électricité quotidiennes et une inflation record.

Depuis l'été 2021, le Sri Lanka subit des pénuries de lait en poudre, de kérosène et de gaz de cuisine. Ce pays d'Asie rencontre des problèmes d'approvisionnement et de distribution de nourriture. L'inflation galopante (55 % sur le seul mois de juin) rend les rares choses qu'on peut encore trouver inaccessibles pour une grande partie de la population. Pour certains économistes, la situation est bien pire . Steve Hanke, de l'université Johns Hopkins, avance le chiffre de 128 % ce qui situerait le pays à la deuxième place des pires performances en matière d'indice des prix juste derrière le Zimbabwe (365 %).Le président Gotabaya Rajapaksa avait placé, le 31 août 2021, le pays en « état d'urgence alimentaire »

Les Nations unies (ONU) ont averti que le pays était en danger de grave crise humanitaire, avec plus des trois quarts de la population ayant déjà dû réduire leur alimentation .

Les raisons de cette crise économique sans précédent

Le secteur du tourisme, vital pour l'économie de l'île, a subi le contrecoup des attentats jihadistes d'avril 2019 contre des églises et des hôtels (279 morts dont 45 étrangers), puis de la pandémie de coronavirus.

La pandémie de Covid-19 a durement frappé l'activité économique du Sri Lanka qui s'est contractée de 3,6% en 2020 et frappé ses réserves de devises étrangères. Les autorités ont imposé une large interdiction des importations pour tenter d'économiser des devises étrangères. De plus les transferts de fonds de la diaspora, vitaux pour l'économie, se sont effondrés lors de la pandémie.

S'ajoutent à cela de mauvaises décisions politiques qui ont aggravé les problèmes, selon les économistes. Les plus importantes réductions d'impôts de l'histoire de l'île, octroyées par Gotabaya à son accession à la présidence en 2019, ont également vidé les coffres, et le Sri Lanka s'est retrouvé sans devises suffisantes pour importer ce dont il a besoin, que ce soit de la nourriture, des médicaments ou des combustibles. De plus, l'interdiction des importations de pesticides et d'engrais en 2021- motivée par une volonté de passer à une agriculture bio- a en particulier eu un effet dévastateur sur l'agriculture, la récolte de riz s'étant effondrée de 33 % au cours des trois premiers mois de l'année.

Enfin les restrictions imposées par la Russie aux exportations de céréales ukrainiennes pourraient avoir contribué aux troubles au Sri Lanka.

La crise actuelle risque de balayer les espoirs de renaissance du secteur touristique.

Malgré une aide de l'Inde et d'autres pays, en avril 2022 le pays fait défaut sur le paiement de sa dette extérieure de 51 milliards de dollars, et cherche un renflouement auprès du Fonds monétaire international.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

MEURTRE DE SHINZO ABE 

EX-PREMIER MINISTRE JAPONAIS

C'est la stupeur au Japon. Ce vendredi 8 juillet 2022, un homme a tiré sur l’ex-Premier ministre japonais Shinzo Abe, alors en meeting électoral. L’homme politique a été transporté à l’hôpital mais a succombé à ses blessures.

Shinzo Abe, 67 ans, était en train de tenir un discours vendredi en fin de matinée lors d’un meeting électoral organisé sur un carrefour près d’une gare à Nara (ouest du Japon) avant des élections sénatoriales dimanche dans le pays.

Il était venu soutenir Kei Sato, un candidat local de sa formation politique, le Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste), au pouvoir au Japon.

Vers 11 h 30 heure japonaise (02 h 30 GMT), un homme s’est approché de Shinzo Abe par derrière, selon des images de la télévision japonaise qui filmait son discours.

L’homme a tiré apparemment deux fois, terrifiant des spectateurs qui se sont baissés pour se protéger.

Shinzo Abe s’est effondré et des traces de sang étaient visibles notamment sur sa chemise blanche. Le tireur présumé a lui été rapidement plaqué au sol et arrêté par la police.

Comment est mort l’ex-Premier ministre

Shinzo Abe a été transféré en urgence dans un hôpital du département de Nara, à Kashihara, où il est arrivé à 12 h 20 (03 h 20 GMT) en état « d’arrêt cardio-respiratoire », a déclaré lors d’une conférence de presse Hidetada Fukushima, professeur de médecine d’urgence de l’établissement. 

Il avait été atteint par deux balles au cou, et malgré les efforts pour le réanimer sa mort a été confirmée à 17 h 03 (08 h 03 GMT), a précisé ce médecin.

Selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK, Shinzo Abe avait pu brièvement dire quelques mots aux personnes qui l’entouraient après l’attaque, avant de perdre connaissance.

Le tireur un Japonais de 41 ans

Selon des sources policières citées par les médias nippons, le suspect arrêté est un Japonais de 41 ans du nom de Tetsuya Yamagami.

Cet habitant de Nara a servi pendant trois ans dans la Force maritime d’autodéfense japonaise, la marine japonaise, jusqu’en 2005, toujours selon des médias locaux citant le ministère de la Défense.

Il aurait fabriqué lui-même son arme à feu, alors que les restrictions contre ces armes au Japon sont extrêmement fortes et où il est très difficile d’obtenir un port d’armes.

D’après la NHK, il aurait confié aux enquêteurs après son arrestation qu’il était « frustré » vis-à-vis de Shinzo Abe et qu’il lui tiré dessus avec l’intention de le tuer. La police a perquisitionné vendredi son domicile, où des produits potentiellement explosifs auraient été trouvés, selon la chaîne de télévision publique.

Des réactions d'émotion dans le monde entier

L’attaque contre Shinzo Abe a choqué le Japon tout entier et provoquait une vague d’émotion à l’étranger également.

Visiblement très affecté, Fumio Kishida, dont Shinzo Abe avait été le mentor politique, a dénoncé un « acte barbare » et « absolument impardonnable ». La classe politique japonaise a unanimement condamné l’attaque et les partis ont suspendu leur campagne électorale avant les élections prévues dimanche.

Fumio Kishida a lui déclaré que les préparatifs électoraux se poursuivraient car « nous devons absolument défendre les élections libres et équitables, qui sont le fondement de la démocratie ».

Des responsables politiques du monde entier, des États-Unis à l’Union européenne en passant par la Chine, ont fait part de leur choc et de leur tristesse.

Un nationaliste pragmatique

À la fois nationaliste et pragmatique, Shinzo Abe avait battu le record de longévité en tant que Premier ministre japonais. Il était arrivé pour la première fois au pouvoir en 2006, devenant à 52 ans le plus jeune chef du gouvernement de son pays depuis l’après-guerre, mais ce premier mandat n’a duré qu’un an.

Il a marqué les esprits durant son deuxième passage au pouvoir, beaucoup plus long (2012-2020) avec sa politique économique audacieuse surnommée les « Abenomics », combinant des relances budgétaires massives avec une politique monétaire ultra-accommodante, une stratégie qui perdure encore aujourd’hui au Japon, malgré des résultats inégaux faute de réformes structurelles suffisantes.

Shinzo Abe s’était aussi distingué par son intense activité diplomatique, renforçant notamment l’alliance nippo-américaine - il était proche du président américain Donald Trump (2017-2021), avec lequel il partageait la passion du golf.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

SOMMET DE L'OTAN A MADRID OU UN TOURNANT POUR L'ALLIANCE ATLANTIQUE ?

Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'Alliance atlantique se sont réunis à Madrid, pour un sommet qui se tient du 28 au 30 juin 2022 dans la capitale espagnole entièrement préoccupé par la menace russe et la guerre en Ukraine. 

Au-delà de l'Ukraine, la journée de mercredi a été l'occasion pour l'Otan d'adopter son nouveau « concept stratégique », la première révision de sa feuille de route depuis 2010, qui da évoqué pour la première fois les défis posés par la Chine.

L'adhésion de la Suède et la Finlande

Le sommet de Madrid marque un tournant majeur du côté occidental : les pays européens les plus exposés aux coups éventuels de la Russie ont obtenu de l’Otan les assurances nécessaires pour prévenir ou contrer ceux-ci :

c’est le processus d’adhésion de la Finlande et de la Suède, et le renforcement notable du dispositif otanien de la Roumanie à l’Estonie, avec une présence substantielle de la France. Le processus d'adhésion de la Finlande et de la Suède, qui ont décidé de rejoindre l'Otan en réaction à l'offensive lancée par la Russie en Ukraine le 24 février 2022, rompant ainsi avec une longue tradition de neutralité, a en effet été lancé. 

Cette adhésion était jusqu'à présent bloquée par la Turquie, membre de l'Otan depuis 1952, qui accusait notamment Stockholm et Helsinki d'abriter des militants de l'organisation kurde PKK, qu'Ankara considère comme « terroriste ». Mais au terme de longues tractations en marge du sommet, la Turquie a donné mardi soir son accord à l'entrée dans l'Otan de ces deux pays nordiques, le président turc Recep Tayyip Erdogan ayant estimé avoir obtenu leur « pleine coopération » dans sa lutte contre le PKK.

« La politique de porte ouverte de l'OTAN » s'est soldée par « un succès historique », a salué Jens Stoltenberg. « L'accueil de la Finlande et de la Suède dans l'alliance les rendra plus sûres, l'OTAN plus forte et la zone euro-atlantique plus sûre », a-t-il insisté. Les futurs membres suédois et finlandais apportent à l'Alliance 28 500 soldats d’active, 2 300 blindés, 1 000 pièces d’artillerie, 220 chars, 175 navires et 158 avions.

Une Force de réaction « bien au-dessus de » 300 000 hommes

Les dirigeants de l'Otan ont décidé au sommet de Madrid de transformer leur Force de réaction et de porter « bien au-dessus » de 300.000 hommes les troupes à haut niveau de préparation pour faire face à la menace russe, a annoncé lundi le secrétaire général de l'Alliance.

« En faisant cela, nous fournissons une dissuasion crédible dont l'objectif n'est pas de provoquer un conflit, mais d'empêcher la Russie ou tout autre adversaire potentiel d'attaquer un pays allié », a-t-il insisté.

« Je suis convaincu que le président Poutine comprend les conséquences d'une attaque contre un pays de l'Otan », a-t-il ajouté. L’état de préparation de ces forces est relevé pour éviter les mauvaises surprises, avec 300 000 soldats concernés au lieu de 40 000 auparavant.

Renforcement des groupements tactiques à l'est

« Nous allons renforcer nos groupements tactiques dans la partie orientale de l'Alliance, jusqu'au niveau de la brigade », a-t-il précisé.

Huit groupements tactiques ont été créés. Ils sont basés en Lituanie, en Estonie, en Lettonie, en Pologne, en Roumanie, en Hongrie, en Slovaquie et en Bulgarie.

Certains seront renforcés « jusqu'au niveau de la brigade » - unités tactiques de 3.000 à 5.000 hommes, a précisé Jens Stoltenberg.

L'Allemagne, chef de file du Groupement tactique basé en Lituanie, a annoncé son intention de porter sa capacité au niveau d'une brigade, mais l'essentiel des troupes restera stationné dans le pays. Des unités sont « pré-désignées » dans d'autres pays membres de l'Alliance pour intervenir dans les pays où sont basés des groupements tactiques et où des armements lourds auront été prépositionnés, a expliqué le secrétaire général de l'Otan.

Les Etats-Unis à la rescousse

Joe Biden, pour sa part, a annoncé un nouveau renforcement des forces US en Espagne, en Pologne, en Roumanie, dans les États baltes, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie. Deux frégates lance-missiles en Espagne pour renforcer les quatre déjà sur place ; deux escadrons de chasseurs F-35 au Royaume-Uni pour remplacer des F-15 redéployés en Pologne ; une brigade de combat en Roumanie ; un état-major permanent de Corps d’armée en Pologne ; davantage d’artillerie, d’aviation, de défense antiaérienne et de forces spéciales dans les trois pays baltes ; des moyens de défense antiaérienne en Italie et Allemagne…

Renforcement de l'aide à l'Ukraine

L’Ukraine qui entre dans son 127e jour de guerre, ce jeudi 30 juin 2022,a été au cœur des discussions lors du sommet de l’Otan à Madrid, mercredi. L’occasion pour les pays membres de réaffirmer leur soutien à l’Ukraine contre la « cruauté » de la Russie. Vladimir Poutine a, pour sa part, dénoncé les « ambitions impérialistes » de l’Alliance atlantique.

Le gouvernement britannique a profité de la journée de mercredi pour annoncer une aide militaire supplémentaire de plus d’un milliard d’euros à l’Ukraine.

Les pays membres de l’Otan ont aussi précisé s’être mis d’accord sur un nouveau plan d’aide passant par la « livraison d’équipements militaires non létaux », ainsi que par un renforcement des défenses ukrainiennes contre les cyber-attaques.

Un nouveau concept stratégique

L'Otan a par ailleurs adopté mercredi un nouveau concept stratégique identifiant la Russie comme « la menace la plus significative et la plus directe » à la paix transatlantique, et la Chine comme un « défi » aux « intérêts », aux « valeurs » et à leur « sécurité ».

Pour Moscou  un "nouveau rideau de fer"  en référence à la Guerre froide

Vladimir Poutine a pour sa part dénoncé une « hégémonie » de la part de l’Otan, lors d'une conférence de presse à Achkhabad, la capitale turkmène.

Concernant l’adhésion des deux pays nordiques, il a dit ne pas y voir de « problème », à condition toutefois qu’il n’y ait pas de déploiement de contingents militaires et d’infrastructures militaires. Auquel cas, a-t-il prévenu, « nous serons obligés de répondre de manière symétrique et de créer les mêmes menaces pour les territoires d'où émanent les menaces pour nous. »

Pour Moscou,un nouveau « rideau de fer » s'abattait en Europe au moment où l'Ukraine, forte du soutien renouvelé de l'alliance, reprenait aux Russes un îlot symbolique et stratégique pour la maîtrise des routes maritimes.

« Le rideau de fer, de fait, il est déjà en train de s'abattre », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse à Minsk, reprenant le terme qui a marqué l'histoire de l'Europe pendant la Guerre froide, et n'est tombé qu'avec la chute du mur de Berlin en 1989.« Ce rideau de fer est érigé aujourd'hui par les Occidentaux eux-mêmes », a renchéri son homologue biélorusse Vladimir Makeï, dont le pays est un allié de Moscou dans sa confrontation avec l'Ouest.

Moscou et Minsk réagissaient au sommet de mercredi et jeudi de l'Alliance atlantique qui a réaffirmé son soutien massif à l'Ukraine. Sa nouvelle feuille de route stratégique désigne désormais la Russie comme « la menace la plus significative et directe pour la sécurité des alliés », et dénonce les tentatives de Moscou et Pékin d'unir leurs efforts pour « déstabiliser l'ordre international ».

Un sursaut de l'Otan ?

« La guerre en Ukraine a provoqué un sursaut de l'OTAN, mais est-elle sortie de sa mort cérébrale pour autant? On peut en débattre. Cette guerre prouve surtout que le temps d'une OTAN porteuse de valeurs universelles - son credo à peine masqué depuis la fin de la Guerre froide - est révolu. 

L'Alliance va, peut-être, s'étendre à quelques nouveaux membres, et après? En refusant le règlement pacifique du conflit et en misant sur la bipolarité comme seule sortie de crise, les membres de l'OTAN ne font que s'affaiblir un peu plus. D'une certaine manière, les propos d'Emmanuel Macron de 2019 sont encore plus d'actualité aujourd'hui, et on ne peut que le déplorer. », selon Barthélemy Courmont, enseignant-chercheur à l'Université catholique de Lille et directeur de recherche à l'IRIS

Et si l’Otan sert puissamment en ce moment, qu’en sera-t-il du côté américain, avec la possibilité d’un retour de Trump et la probabilité d’un accaparement de l’attention et des ressources américaines face au grand rival chinois ?




Andrew Preston pour DayNewsWorld

TAIWAN LE TON MONTE ENTRE PEKIN ET WASHINGTON

Lors d'un sommet réunissant les Etats-Unis et la Chine à Singapour hier, le ministre chinois de la Défense a affirmé que son pays allait se battre « jusqu'au bout » contre l'indépendance de Taïwan, tout en appelant Washington à « cesser de dénigrer et de contenir la Chine ». Cette déclaration du ministre chinois de la Défense sonne comme une réplique à celle, la veille, du ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, qui avait dénoncé l’activité militaire « provocatrice et déstabilisante » de Pékin près de Taïwan. Cette joute verbale entre les deux superpuissances intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques au sujet de l’île autonome et démocratique, que Pékin considère comme faisant partie intégrante de son territoire.

C'est que les tensions entre Pékin et Taïwan se sont accrues ces dernières semaines, sur fond de guerre en Ukraine.

La guerre engagée par la Russie pour soumettre ou démembrer l’Ukraine est en effet venue alimenter l’inquiétude d’un prochain recours à la force par la République populaire de Chine à l’encontre de Taiwan afin de réaliser le « rêve chinois de réunification nationale ». Une inquiétude d’autant plus grande que, trois semaines avant l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine et Xi Jinping avaient publié une déclaration de totale solidarité lors de la visite du président russe à Pékin.

L’épineux dossier de Taïwan

La Chine estime que cette île de 24 millions d’habitants, démocratique et autonome, est l’une de ses provinces historiques, même si elle ne la contrôle pas, et a accru la pression contre Taipei ces dernières années, menant par exemple des campagnes d’incursions dans la zone de défense aérienne de Taïwan. Ces actions ont accru les tensions avec les Etats-Unis, alors qu’elles sont déjà vives sur de nombreux autres plans (mer de Chine, nucléaire notamment).

« Ceux qui poursuivent l’indépendance de Taïwan dans le but de diviser la Chine n’arriveront certainement pas à leurs fins », a déclaré Wei Fenghe, ajoutant que « personne ne devrait jamais sous-estimer la détermination et la capacité des forces armées chinoises à sauvegarder son intégrité territoriale ».Selon le porte-parole du ministère chinois de la Défense, a affirmé vendredi lors d’une rencontre avec M. Austin en marge de ce forum: « Si quiconque osait séparer Taïwan de la Chine, l’armée chinoise n’hésiterait pas un instant à déclencher une guerre, quel qu’en soit le prix. »

Un enjeu géostratégique pour la Chine

L’autonomie de Taiwan sous protection états-unienne constitue en effet, aux yeux des autorités chinoises, le point d’ancrage d’une barrière fermant les mers de Chine le long de la « première chaîne des îles ». Le manuel sur la géographie militaire du Détroit de Taiwan publié en 2013 par l’Académie de défense de Pékin comporte une présentation très explicite de l’enjeu géostratégique que constitue la possession de Taiwan : le contrôle de l’île est vital pour se prémunir d’un blocus, en même temps qu’il permettrait de menacer les communications du Japon ; et il offrirait à la marine de l’Armée populaire un accès libre à l’océan Pacifique et un moyen de pression décisif sur les États de la région, rapportent les chercheurs William Murray et Ian Easton.

L’argument politique

Aussi réels que soient les enjeux stratégiques et géopolitiques en cause, une dimension supplémentaire interviendrait selon Pierre-Yves Hénin, professeur émérite en économie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dans la motivation chinoise de mettre fin au statut de Taiwan.

Ce régime autoritaire voient une menace dans les démocraties situées à sa porte montrant aux Chinois qu'il peuvent parfaitement vivre autrement qu’en dictature.  « Les universitaires Kelly Brown et Kalley Wu Tzu-Hui soulignent que Taiwan présente désormais un modèle alternatif de modernité et de démocratie dans le monde chinois ;

c’est selon eux la principale raison pour laquelle Pékin a un problème avec Taiwan – « Trouble with Taiwan », expression retenue comme titre de leur ouvrage publié en 2019. », poursuit-il .




Garett Skyport pour DayNewsWorld

LEVEE DU CONFINEMENT STRICT DE SHANGAI

Le 2e plus long confinement en Chine, celui de Shanghai a enfin été levé ce mercredi 1er juin 2022. Durant deux mois entiers 25 millions d’habitants exaspérés vivaient cloîtrés chez eux avec des restrictions anti-covid très sévères. Plusieurs mesures avaient déjà été assouplies ces derniers jours à la faveur d'une forte diminution du nombre de cas positifs. Mais la population ne pouvait généralement pas sortir, au mieux, que pour quelques heures par jour, et à condition d'être dans un quartier sans aucun cas.

Mercredi matin donc, des Shanghaïens ont repris le chemin du travail, tandis que certains magasins ont rouvert. Le métro et les transports en commun fonctionnaient de nouveau. « C'est le moment que nous attendions depuis longtemps », s'est félicitée la mairie de Shanghai sur les réseaux sociaux.

Les autorités ont toutefois averti que le retour à la normale n'était pas pour tout de suite

Des restrictions toujours en vigueur

Centres commerciaux, supérettes, pharmacies et salon de beauté ne peuvent fonctionner qu’à 75 % de leur capacité.Les salles de sport et cinémas resteront pour leur part fermés et la réouverture des établissements scolaires se fera au cas par cas.

La mise sous cloche de la plus grande ville de Chine a été un coup de massue pour les Shanghaïens.

En dépit d’une hausse vertigineuse de cas positifs en mars, la municipalité avait d’abord écarté l’idée d’un confinement, arguant de l’importance de Shanghai pour l’économie.

Mais les autorités sont revenues sur leur décision début avril pour confiner à la hâte toute la métropole. Certains habitants l’étaient déjà bien avant cette date.Beaucoup ont été exaspérés par les problèmes d’approvisionnement en produits frais et d’accès aux soins médicaux hors-Covid.

Un confinement qui a fragilisé l’économie, pénalisé la production, limité la consommation et perturbé lourdement les chaînes d’approvisionnement.


Carl Delsey pour DayNewsWorld

CONDAMNATION A LA PRISON A VIE DU SOLDAT RUSSE JUGE POUR CRIME DE GUERRE OU UNE JUSTICE EXPEDITIVE ?

Le verdict dans le premier procès pour crimes de guerre est tombé ce lundi 23 mai 2022 à Kiev. Un soldat russe de 21 ans qui a reconnu avoir tué, au début de l’offensive russe, un civil de 62 ans qui poussait son vélo tout en téléphonant, a été reconnu coupable par un tribunal de la capitale.

Le soldat au visage juvénile et au crâne rasé, vêtu d’un chandail gris et bleu, a écouté le verdict, seul dans un box de verre. « Le meurtre a été commis avec une intention directe », a déclaré le juge. « Chichimarine a violé les lois et coutumes de la guerre », a-t-il poursuivi.

Lors du procès la semaine dernière, Vadim Chichimarine avait reconnu avoir abattu le sexagénaire mais s’était dit « sincèrement désolé » et avait « demandé pardon » à la veuve de la victime, justifiant son acte par les « ordres » reçus à ce moment-là.

Des arguments balayés par l’accusation qui avait réclamé la réclusion à perpétuité. « Il exécutait un ordre criminel et en était bien conscient », a lancé un des procureurs.

Le soldat fera appel de sa condamnation, selon son avocat.

Vers une justice expéditive?

Le procès n'a duré que six jours.

Outre ce premier procès, plus de 12 000 enquêtes pour crimes de guerre ont été ouvertes depuis le début de l'invasion russe le 24 février dernier, selon les autorités ukrainiennes. Une quarantaine d'enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) se trouvent actuellement dans le pays.

 « Si dans le déroulement des procès à venir, la perception qui s'impose est que les juridictions ont rendu une justice expéditive, alors l'Ukraine perdra beaucoup de sa crédibilité, tant au regard des organisations internationales que dans la guerre de communication qui l'oppose à Moscou », s'interroge cependant Emmanuel Daoud, avocat à la CPI.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

UN MEMBRE DE LA FAMILLE MARCOS REVIENT

 AU POUVOIR VOICI CE QUE CELA SIGNIFIE POUR

 LA DEMOCRATIE AUX PHILIPPINES

Sous le règne de Duterte depuis 2016, le président s'est forgé la réputation d'avoir utilisé la désinformation sur les réseaux sociaux - en particulier via Facebook - pour cultiver le soutien à sa brutale "guerre contre la drogue". En même temps, il a fréquemment attaqué le travail des journalistes et des détracteurs de son régime.

 Duterte a fait une tentative délibérée de saper la presse libre. En décembre 2020, après des mois de ciblage systématique par le président Duterte, le Congrès philippin a voté la fermeture d'ABS-CBN - le plus grand réseau de diffusion du pays.

Les Philippines restent l'un des endroits les plus dangereux pour les journalistes. Pas plus tard qu'en décembre 2021, le journaliste Jesus Malabanan a été abattu par des hommes armés dans sa propre maison. Malabanan, un journaliste très respecté qui a travaillé sur la couverture par Reuters de la guerre contre la drogue aux Philippines, a été le 22e journaliste assassiné sous le régime de Duterte.

 L'affaiblissement et l'intimidation du journalisme et des médias indépendants ont ouvert la voie au développement de la désinformation.

 La course présidentielle de Bongbong Marcos a été largement critiquée pour la manipulation des médias. Et la désinformation a été au cœur de l'évolution de l'opinion publique envers la famille.

 En 2019, Rappler, le site d'information indépendant fondé par la lauréate du prix Nobel de la paix Maria Ressa, a mené une enquête en trois parties qui a révélé dans quelle mesure Marcos avait déployé de la propagande numérique pour se propulser dans la faveur du public grâce à l'utilisation de la désinformation diffusée sur d'autres réseaux sociaux. plates-formes, et à travers diverses pages de fans et autres contenus viraux. Le premier régime de Marcos a été refondu dans une propagande trompeuse qui décrivait l'époque comme une période de progrès tout en niant ses violations des droits de l'homme.

 Et en 2020, la lanceuse d'alerte de Cambridge Analytica, Barbara Kaiser, a allégué que Marcos avait contacté l'entreprise – connue pour sa collecte de données d'utilisateurs de Facebook pour des campagnes politiques – dans le but de renforcer davantage l'image de sa famille. La campagne Marcos nie ce lien.

 Plus jamais ?

 L'élection de Bongbong Marcos intervient près de 50 ans après que son père a déclaré la loi martiale, le 23 septembre 1972.

 Cette ère originale de Marcos - avec ses exécutions extrajudiciaires et sa corruption endémique - a été soumise au révisionnisme, de nombreux Philippins considérant les années Marcos comme une période de stabilité et de croissance tout en ignorant les abus. Les 10 milliards de dollars pillés par les Marcos - qui faisaient autrefois la une des journaux - font moins parler d'eux. Imelda Marcos, elle-même kleptocrate notoire, s'est transformée en objet de fascination.

 Les manifestants se rassemblent en tenant des pancartes disant "Plus jamais la loi martiale".

 Pendant ce temps, les voix des survivants de l'ère de la loi martiale et des militants qui s'opposent au régime autoritaire sont devenues moins efficaces face à la popularité du président Duterte. Leur message de « plus jamais ça » n'a pas réussi à perturber le retour au pouvoir de la famille Marcos.

 En 2018, à l'occasion du 35e anniversaire de l'assassinat de Ninoy Aquino, Imee Marcos - la sœur de Bongbong - a déclaré que "la génération Y a évolué [de l'histoire de Ferdinand Marcos], et je pense que les gens de mon âge devraient également avancer".

 D'après Adrian De Leon, publié dans TheConversation  professeur adjoint d'études américaines et d'ethnicité, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences  Université de Californie du Sud

 La victoire électorale de son frère semble avoir donné raison à Imee Marcos.


Alize Marion pour DayNewsWorld

LES DIRIGEANTS DU G7 S'ENTENDENT

SUR UN EMBARGO PROGRESSIF SUR LE PETROLE RUSSE

Les dirigeants des pays du G7 réunis dimanche en visioconférence à l'initiative du président américain Joe Biden ont annoncé être tombés d'accord pour interdire ou supprimer progressivement leurs importations de pétrole russe.

Dans un communiqué conjoint, les dirigeants du G7 s'engagent également à interdire ou empêcher la fourniture de services clés dont dépend l'économie russe, ainsi qu'à continuer à prendre des mesures contre les banques russes "systémiques" et connectées au système financier mondial.

Ils appellent par ailleurs Moscou à lever le blocus des exportations de la production de céréales de l'Ukraine, qui menace le monde d'une grave crise alimentaire, et promettent de continuer à cibler les élites financières russes qui soutiennent le président Vladimir Poutine.

Les Etats-Unis, qui imposent déjà un embargo pétrolier à la Russie, alors que l'Union européenne continue de discuter du sien, ont dévoilé au même moment une nouvelle série de sanctions visant la banque Gazprombank, les médias publics et l'industrie de l'armement russes ou encore les exportations de matériel nucléaire vers Moscou.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

LA CRISE DU BLE POURRAIT PROVOQUER 

UNE CRISE ALIMENTAIRE

A New York, devant le Conseil de Sécurité de l'ONU, le secrétaire général de l'organisation, le portugais Antonio Guterres, avait dès le début de la guerre d'Ukraine poussé un gros « coup de gueule », prédisant « un ouragan de famines et un effondrement du système alimentaire mondial ». Le président ukrainien a exhorté pas plus tard que lundi 10 mai 2022 la communauté internationale à prendre des mesures pour mettre fin au blocage de ses exportations de blé. Odessa, le principal port de la mer Noire, ne connaît plus de mouvements réguliers de flotte marchande.

Le blocus est total de la mer d’Azov au port d’Odessa, qui représente en temps normal 60 % de l’activité portuaire du pays. Le port de Constanta, en Roumanie, est devenu une rare porte de sortie maritime des blés ukrainiens. Des trains chargés de céréales rejoignent aussi des ports lituaniens ou polonais. Bruxelles doit présenter, ce jeudi, un plan d’actions pour faciliter les exportations agricoles et le commerce bilatéral de l’Ukraine avec l’Union européenne, notamment au niveau logistique.

Car le moindre incident géopolitique alimente la spéculation. En raison de la guerre en Ukraine, le prix de la tonne de blé, qui sera moissonnée cet été dans l’hémisphère nord, se négocie aux alentours de 400 € (contre 200 € en mai 2021). Du jamais-vu.

Ukraine le grenier à céréales

La guerre en Ukraine a mis à feu et à sang le grenier céréalier de la planète. « Face aux sanctions occidentales après l'annexion de la Crimée, en 2014, Poutine a décidé d'investir massivement pour tendre vers l'indépendance alimentaire, en particulier dans les cultures céréalières, raconte Sébastien Abis, chercheur à l'Iris et directeur du Club Demeter. Quant à l'Ukraine, le virage a été pris à la fin des années 90, avec des volumes d'exportations de produits agricoles qui ont été multipliés par six en vingt ans ». Résultat, un tiers du blé tendre (servant notamment à la fabrication du pain) exporté sur la planète provient de ces deux pays, qui sont également incontournables sur les marchés du maïs, de l'orge, du tournesol ou encore du colza. Les pays de la mer Noire (Russie, Ukraine, Kazakhstan) exportent 40 % du blé mondial. Près d’une cinquantaine de pays dépendent de la Russie et de l’Ukraine pour plus de 30 % de leur blé importé.

Baisse de la production mondiale

Mais depuis l'entrée en guerre, la donne a changé. Selon FranceAgriMer, dont la commission « céréales » s’est réunie ce mercredi 11mai à Paris, « la production mondiale de blé (2022-2023) pourrait chuter pour la première fois en quatre ans ». La sécheresse printanière menace les rendements de blé dans des pays européens comme la Roumanie, l’Italie ou une partie de la France. D’après le département américain de l’Agriculture, la sécheresse a aussi affecté la récolte de blé d’hiver aux États-Unis. Depuis le début de la guerre, Moscou a pris le relais de Kiev, notamment en Égypte (+ 580 % en mars). 

Mais si la guerre durait jusqu’à la fin de l’année, les exportations russes et ukrainiennes pourraient chuter de 60 %, selon des experts américains. Le ministre de l'Agriculture ukrainien estime que la production agricole locale sera a minima divisée par deux cette année. Les semis de printemps (colza, maïs, et tournesol) et les récoltes risquent d'être entravés vu le nombre d'hommes partis au front pour défendre leur pays L’insuffisance des récoltes maintiendrait des prix élevés, écartant des pays importateurs du marché. Or le blé est un aliment de base pour 35 % de la population mondiale, rappelle la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

 Risque de pénurie alimentaire

L’invasion russe a provoqué une onde de choc dans le monde émergent : les prix ont flambé à des niveaux qu’ils n’avaient plus atteints de­puis des décennies et les impor­tations de matières premières sont à la peine, ce qui engendre des pénuries (en particulier dans les pays les plus défavo­risés qui avaient déjà du mal à se remettre de la pandémie). Dans certaines régions du Ken­ya, le prix du pain a augmenté de 40 %. En Indonésie, le gou­vernement a plafonné ceux de l’huile. Le Yémen dépend de l’Ukraine et de la Russie pour plus de 40 % de ses importations de blé.

En Turquie, l’explosion du prix de l’huile de tournesol a poussé les clients à se ruer dans les magasins pour en stocker autant que possible. En Irak, des manifestations ont réuni des citoyens mécontents de la hausse des prix de l’alimentation qui ont baptisé leur mouvement « la révolution de la famine ».

Une cinquantaine de pays, essentiellement défavorisés, achètent au moins 30 % de leur blé à la Russie et à l’Ukraine. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à elles deux, elles fournissent un tiers des exportations mondiales de céréales et 52 % du marché de l’huile de tournesol. « Si le conflit se poursuit, les répercussions seront vraisemblablement plus importantes que la crise du coronavirus, estime Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale en charge de la politique économique. »

« La révolution de la famine »

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont particulièrement dépendants des importations russes et ukrainiennes de blé. L’Egypte, premier importateur au monde, achète près de 70 % de sa consommation à ces deux pays. Idem pour le Liban. Pour la Turquie, c’est plus de 80 %. En 2011, l’envolée du prix du pain a joué un rôle dans le déclenchement du Printemps arabe. Le gouvernement égyptien a déclaré que la crise ukrainienne lui coûterait environ un milliard de dollars en subvention du pain et qu’il se mettait en quête de nouveaux fournisseurs. Il a également introduit un contrôle des prix du pain non subventionné pour enrayer la flambée des tarifs; Une envolée des prix qui accroît le risque d’un soulèvement populaire en Egypte, des années d’austérité ayant déjà fortement érodé le pouvoir d’achat de la population.

En 2008, l’explosion des prix de l’alimentation avait provoqué des émeutes dans 48 pays . La guerre en Ukraine fait dorénavant peser un risque alimentaire en Afrique et au Moyen-Orient, le blé étant un aliment de base pour 35 % de la population mondiale, rappelle la FAO.


Alyson Braxton pour DayNewsWorld

COVID-19 LA REVOLTE DES HABITANTS DE SHANGAI FACE AU CONFINEMENT STRICT

Alors que le reste du monde apprend à vivre avec le Covid-19, la Chine continue de prendre des mesures exceptionnelles contre la pandémie. À Shanghai, toute une partie de la mégalopole a été placée en confinement strict: 25 millions de personnes ne peuvent plus sortir de leur domicile.

Sur une vidéo diffusée sur Twitter, les résidents d'un quartier de Shanghai crient leur détresse et leur mécontentement. 

Les cris et les sifflets résonnent au milieu des barres d'immeubles d'un quartier de Shanghai. Les habitants sont sortis aux fenêtres de leurs appartements pour dénoncer le confinement très strict qui leur est imposé par les autorités. La tension monte, notamment à cause du manque de nourriture.

Une scène inédite en Chine, où ce genre de contestation est extrêmement rare. La censure sur les réseaux sociaux chinois empêche généralement ce type d’expression. Mais le confinement très strict, imposé en raison de la flambée épidémique, ne passe plus.

Car depuis fin mars, la plupart des habitants de la mégalopole ne peuvent plus sortir de chez eux. Le confinement a causé d'importantes pénuries alimentaires, et plusieurs résidents n'ont pas hésité à se rebeller, demandant à être ravitaillés. Dans un quartier de la ville, des scènes de pillage ont été filmées.

Tout cas positif ou cas contact devant être isolé, plusieurs milliers de personnes ont ainsi été placées, de gré ou de force, dans des centres spécialisés.

Allégement du dispositif ce lundi

Face au mécontentement croissant de la population, les autorités de la plus grande ville de Chine ont annoncé qu'elles autoriseraient progressivement les habitants des zones comptant le moins de contaminations à se déplacer en dehors de leur quartier.

Les responsables de Shanghai détermineront trois catégories de quartiers en fonction du taux d'incidence. Des mesures « différenciées de prévention et de contrôle » refléteront la situation « réelle » sur le terrain, a déclaré un responsable municipal.

Les habitants des zones « sous contrôle strict » et des « zones contrôlées » resteront confinés chez eux. Les habitants des quartiers où aucun cas n'a été enregistré au cours des deux dernières semaines seront autorisés à sortir de chez eux.

Mais la bataille contre le virus n'est pas terminée: ce lundi, 27.509 nouveaux cas de Covid-19 ont été signalés dans le pays, dont l'immense majorité à Shanghai.




Boby Dean pour DayNewsWorld

LES TALIBANS REFERMENT LES ECOLES DES FILLES

A PEINE REOUVERTES


Quelques heures seulement après avoir annoncé la réouverture des collèges et lycées pour les filles, les Taliban ont finalement prié le même jour les élèves de rentrer chez elles.

Vêtues d’abayas noires ou colorées – un large vêtement couvrant tout le corps – ou de longs manteaux, avec un foulard souvent blanc enveloppant leur tête, le bas du visage caché par un masque sanitaire, les adolescentes franchissaient ce mercredi 23 mars 2O23 la grande porte bleue du lycée. Des écoles dans d’autres provinces avaient aussi ouvert dans la matinée, comme dans le Panchir (nord-est), à Kunduz (nord) ou Herat (sud-ouest), avant de refermer leurs portes.

Les Taliban sont en effet revenus sur leur décision. Les filles qui avaient repris mercredi 23 mars le chemin du lycée à Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, après la décision des Taliban de rouvrir l'école secondaire aux filles dans le pays, plus de sept mois après l'arrivée au pouvoir des islamistes, ont dû rebrousser chemin. Les Taliban ont ordonné dans la même journée la fermeture des collèges et lycées pour les filles en Afghanistan, quelques heures seulement après leur réouverture, a confirmé un responsable taliban.

Inamullah Samangani, porte-parole des Taliban, a confirmé les informations selon lesquelles les filles avaient été priées de retourner chez elles.

Ces dernières, qui se réjouissaient de leur retour à l'école pour la première fois depuis la prise de pouvoir en août dernier des fondamentalistes islamistes, ont fermé leurs livres, emballé leurs affaires et quitté en larmes la classe.

Le droit à l'éducation au cœur des négociations

La communauté internationale a fait du droit à l'éducation pour tous une pierre d'achoppement dans les négociations sur l'aide et la reconnaissance du régime des islamistes fondamentalistes. Plusieurs pays et des organisations ont proposé de rémunérer les enseignants .

Les dirigeants ne sont pas sur la même longueur d'onde.

Le ministère de l'Éducation avait pourtant annoncé la reprise des cours mercredi pour les filles dans plusieurs provinces, sauf celles de Kandahar, ville du sud et berceau des Taliban, qui devait rouvrir le mois prochain. « Nous ne rouvrons pas les écoles pour faire plaisir à la communauté internationale, ni pour gagner la reconnaissance du monde », avait assuré le porte-parole du ministère, Aziz Ahmad Rayan. « Nous le faisons dans le cadre de notre responsabilité de fournir une éducation et des structures éducatives à nos élèves », a-t-il ajouté.

Les Taliban avaient insisté sur le fait qu'ils voulaient prendre le temps afin de s'assurer que les filles âgées de 12 à 19 ans seraient bien séparées des garçons et que les établissements fonctionneraient selon les principes islamiques.




Jenny Chase pour DayNewsWorld
 

GUERRE EN UKRAINE OU LA CHINE

 A L'HEURE DES CHOIX ?

C’est le nouveau spectre brandi par les États-Unis : un axe militaire Russie-Chine pour en finir au plus vite avec l’Ukraine.

Selon le New York Times du 13 mars. le quotidien américain, qui cite des responsables anonymes, la Russie a demandé à Pékin de lui fournir des équipements militaires et une aide économique pour l'aider à surmonter les sanctions internationales. Une accusation balayée par le géant asiatique. « Ces derniers temps, les Etats-Unis propagent constamment des fausses nouvelles à l'encontre de la Chine », a répondu devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Un renfort militaire venu de Chine aurait de quoi inquiéter les alliés de Kiev.

Pékin et Moscou ont en effet, au fil des ans, renforcé leur coopération militaire au point qu’une « alliance » entre les deux pays avait été évoquée à l’automne 2021, après des exercices militaires communs dans le nord de la Chine.

Des allégations américaines surprenantes

Mais au-delà des démentis chinois, les allégations américaines ont « de quoi surprendre », affirme Zeno Leoni, spécialiste des relations internationales de la Chine au King's College de Londres, sur France 24. D’abord, parce que le type de soutien que la Chine pourrait fournir à la Russie interroge.

En outre, c’est la Russie qui livre traditionnellement des armes et fournit du savoir-faire militaire à la Chine, « et non pas l’inverse », rappelle Zeno Leoni. Moscou a même considérablement augmenté ses ventes d’armes à Pékin ces dernières années.Mais cela ne veut pas dire que la Chine n’aurait absolument rien à fournir à Moscou pour l’aider.

D’abord, « la Russie commence à manquer de missiles de croisière et de munitions pour ses chasseurs », affirme Gustav Gressel, spécialiste des questions militaires russes au Conseil européen des relations internationales, contacté par France 24. Deux domaines dans lesquels la Chine pourrait, en théorie, renflouer la machine de guerre russe.

Une position officielle de neutralité ?

La Chine, alliée historique de la Russie, maintient une position officielle de neutralité dans le conflit armé qui oppose la Russie à l'Ukraine. Pékin assure respecter la souveraineté de tous les Etats et la Charte des Nations unies, mais elle a repris mot pour mot le discours de Vladimir Poutine en parlant « d'opération militaire spéciale », en refusant d'utiliser le terme d'invasion et en se gardant d'attribuer toute responsabilité du conflit à l'un ou l'autre des belligérants et en reconnaissant également les « préoccupations de sécurité légitimes » de la Russie.

« Une nouvelle ère dans les relations internationales »

Juste avant le début de la guerre en Ukraine, la Chine avait soutenu l’idée d’un « partenariat sans limites » dans un document signé avec la Russie, perçu comme un signal indiquant qu’un front anti-Occident était en train de se former autour de ces deux puissances..

Ce manifeste signé entre Pékin et Moscou appelait à « une nouvelle ère dans les relations internationales » mettant fin à la domination occidentale sur l'ordre international. Leur intérêt géostratégiques ont des similitudes.

La Chine soutiendrait donc implicitement la Russie dans cette guerre avant tout pour des raisons politiques à savoir leur opposition viscérale aux démocraties libérales occidentales. Il s'agit d'une opposition aux Etats-Unis, à l'Otan et, pour ce qui concerne particulièrement la Chine, une opposition au nouveau partenariat de l'Aukus (Australie, Royaume-Uni, Etats-Unis) , comme le rappelle Marc Julienne, responsable des activités Chine au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (Ifri). De plus Pékin observe attentivement ce qui se passe en Ukraine, en pensant à Taïwan ayant des velléités très explicites sur une « unification », selon ses termes.

Certes la Chine apporte son aide financière à la Russie depuis le début du conflit. Par des canaux de financements en yuans depuis que l'économie russe est exclue du système Swift, mais aussi en augmentant les importations de pétrole et de gaz, ou encore celles de produits agricoles, comme le blé.

La position ambiguë de la Chine

Mais « la Chine n'est pas partie prenante à la crise (ukrainienne) et veut encore moins être affectée par les sanctions», a encore déclaré Wang Yi, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue espagnol José Manuel Albares. Selon lui, le géant asiatique «s'oppose toujours au recours à des sanctions pour résoudre des problèmes, surtout des sanctions unilatérales sans fondement en droit international». «La Chine a le droit de sauvegarder ses droits et ses intérêts légitimes», a-t-il estimé.

Si la Chine soutenait trop ouvertement la Russie, elle pourrait elle-même être visée par des sanctions ayant de fortes répercussions sur son économie.

Dans l'immédiat : en octobre 2022 lors du 20e congrès du Parti communiste chinois le président Xi Jinping devrait être reconduit pour un troisième mandat. Il lui faut donc absolument préserver l'économie, pour la pérennité du président au pouvoir c'est pourquoi la Chine, dans un monde interconnecté, ne prendra pas le risque de fragiliser sa propre économie déjà affaibli par la Covid-19, estime Marc Julienne.

A plus long terme, la Chine a tout de même des visées de partenariat et de développement avec la Russie avec les projets militaires, l'approvisionnement énergétique et les terres arables notamment...

Le régime de Pékin se retrouve dans une position délicate, tiraillé entre la fidélité à son partenaire russe et sa volonté de ne pas trop détériorer ses relations avec les Occidentaux. Mais nul doute qu' un axe sino-russe se dessine dans le nouvel ordre international à naître...




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

EN ARABIE SAOUDITE 81 EXECUTIONS PAR DECAPITATION EN UN SEUL JOUR

Soixante-treize Saoudiens, sept Yéménites et un Syrien avaient été «reconnus coupables d'avoir commis de multiples crimes odieux» dans le pays, a rapporté l'agence de presse officielle SPA. Parmi eux, des hommes liés à l'organisation jihadiste Daesh, au réseau al-Qaida, aux rebelles Houthis du Yémen et à «d'autres organisations terroristes», a précisé l'agence.

Les 81 personnes avaient été condamnées à mort par l'Arabie saoudite, pour avoir «attaqué des lieux de culte, des bâtiments gouvernementaux et des installations vitales pour l'économie du pays», et pour des «crimes d'enlèvement, de torture, de viol et de contrebande d'armes», toujours selon SPA. «Ces crimes ont fait un grand nombre de morts parmi les civils et les forces de l'ordre», a-t-elle ajouté sans autres précisions.

Lutte contre le terrorisme

Pendant plusieurs années après 2014, le royaume a été visé par une série d'attaques meurtrières perpétrées par Daesh. Il est par ailleurs la cible d'attaques des Houthis depuis le Yémen voisin en guerre. D’après SPA, «le royaume continuera d'adopter une position (...) inébranlable contre le terrorisme et les idéologies extrémistes qui menacent la stabilité du monde entier».

Cette exécution de masse a fait réagir de nombreuses ONG, parmi lesquelles l’ONG britannique Reprieve, qui estime que «le monde doit déjà savoir que quand Mohammed Ben Salmane promet des réformes, l'effusion de sang suit». Ajoutant : «le prince héritier vient tout juste de dire la semaine dernière à des journalistes qu'il voulait moderniser le système judiciaire pénal, seulement pour ordonner la plus importante exécution en masse de l'histoire du pays.»

Le plus haut taux d'exécution au monde

Monarchie absolue, l'Arabie saoudite est dotée depuis 1992 d'une Loi fondamentale assimilée à une Constitution, reposant sur la charia, la loi islamique. L'homicide, le viol, les attaques à main armée, la sorcellerie, l'adultère, la sodomie, l'homosexualité et l'apostasie y sont passibles de la peine capitale.

En 2021, le royaume avait procédé à 69 exécutions. Et depuis le début 2022 et avant les exécutions de samedi, 11 personnes avaient été exécutées, selon un décompte basé sur des déclarations officielles.

L'Arabie saoudite, qui a l'un des taux d'exécutions les plus élevés au monde, a généralement recours à la décapitation pour mettre à exécution les peines capitales. Le royaume fait partie des 54 pays appliquant encore la peine de mort.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

LA CHINE RECONFINE

Confrontée à sa pire flambée épidémique depuis deux ans, la Chine a dû se résoudre vendredi 11 mars 2022 à confiner la grande ville de Changchun, dans le nord-est du pays.

Dans cette ville de neuf millions d'habitants, seule une personne par foyer est désormais autorisée à sortir, une fois tous les deux jours, pour assurer le ravitaillement, a fait savoir la mairie qui se prépare à dépister toute la population.

Ce confinement est le plus important annoncé en Chine depuis celui de la métropole de Xi'an (nord) et de ses 13 millions d'habitants à la fin de l'année dernière.

s. Si bien que le gouvernement chinois a décidé vendredi de confiner les neuf millions d’habitants de la ville de dans le nord-est du pays. Il s’agit du plus important confinement annoncé en Chine depuis celui de la métropole de Xi’an (Nord) et de ses 13 millions d’habitants à la fin de l’année dernière et pour un mois.

La mairie a ordonné la fermeture des écoles et des commerces ainsi que des transports publics. Il est défendu de quitter la ville, qui a enregistré plusieurs centaines de cas au cours des derniers jours.

La souche Omicron est à l’origine de flambées localisées qui concernaient vendredi 1.369 personnes exactement au cours des dernières 24 heures, selon les chiffres du ministère de la Santé.

Un chiffre qui reste faible par comparaison avec le reste du monde, mais qui n’en est pas moins le plus élevé pour la Chine depuis la première phase de l’épidémie, début 2020.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

LA DISPARITION DE LA TENNIS WOMAN PENG SHUAI

OU

 UN ENORME MALENTENDU ?

Dans une interview livrée à L'Équipe, Peng Shuai revient sur l'emballement médiatique autour de sa supposée disparition et ses propos sont des plus surprenants pour la presse occidentale.

Pour rappel, la tenniswoman chinoise avait disparu des radars, il y a quelques semaines, après avoir accusé un haut placé de viol. Une situation qui avait inquiété le monde entier, qui demandait des comptes au gouvernement chinois.

Ce dimanche 6 février, elle se livrait dans une interview accordée au journal L'Équipe, en marge des Jeux Olympiques de Pékin. Étonnamment, elle affirme ne jamais avoir disparu, évoquant « un énorme malentendu. Je n'ai jamais disparu, tout le monde a pu me voir », faisant référence aux quelques clips vidéo publiés par les autorités chinoises au bout de deux semaines, face à l'insistance du reste du monde.

Autre affirmation surprenante : « Agression sexuelle ?

Je n'ai jamais dit que quiconque m'avait fait subir une quelconque agression sexuelle » a poursuivi Peng Shuai.

Elle conclut en expliquant penser que « le sport ne doit pas être politisé car, lorsque c'est le cas, cela revient la plupart du temps à tourner le dos à l'esprit olympique et cela va à l'encontre de la volonté du monde du sport et des sportifs. »

Un retournement de situation dans l'affaire Peng Shuai qui en laisse plus d'un pantois...De l' Esprit Olympique en Empire du Milieu...




Carl Delsey pour DayNewsWorld

JO D'HIVER DE PEKIN OU LA VITRINE DE LA PUISSANCE CHINOISE ET DU RAPPROCHEMENT SINO-RUSSE

C’est officiellement parti pour les XXIVes Jeux olympiques d’hiver ! Le président chinois, Xi Jinping, a donné le coup d’envoi lors de la cérémonie officielle, vendredi 4 février. Pékin est ainsi entrée dans l’histoire en devenant la première ville à accueillir les Jeux d’été (en 2008) et d’hiver.

« La Chine fera de son mieux pour offrir au monde des Jeux olympiques d’hiver simples, sûrs et splendides. », a ainsi déclaré le président chinois, Xi Jinping jeudi 3 février, la veille de la cérémonie d’ouverture, dans un court message vidéo adressé au Comité international olympique.

L'allumage de la flamme olympique

Malgré le boycott diplomatique de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, une vingtaine de dirigeants, notamment le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le président russe, Vladimir Poutine, ont assisté au spectacle mis en scène par le réalisateur chinois Zhang Yimou.

Le « Nid d’oiseau », rempli au tiers, a vu les 91 délégations défiler. La flamme olympique s’embrase, et avec elle le nid d’oiseau, le stade national chinois. Pékin est officiellement la première ville à accueillir les Jeux d’hiver après ceux d’été, en 2008.. Sur la glace, des patineurs jouent avec la lumière, et 91 pays défilent dans le froid glacial de Pékin, à moins 6 degrés.

Après un peu plus de deux heures, la cérémonie s’est terminée lorsque la vasque en forme de flocon géant s’est embrasée dans le ciel de Pékin. Ce sont deux jeunes sportifs chinois qualifiés pour ces Jeux,Zhao Jiawen et Dinigeer Yilamujiang, née il y a vingt ans dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, qui ont été les derniers porteurs de la flamme.

Une façon de marquer ces olympiades de son empreinte.

Pékin 2022 ne sera pas un remake de Pékin 2008 .

La Chine ne veut plus seulement montrer au monde qu’elle est un grand pays moderne. Elle doit « se faire aimer », avait reconnu le président chinois au printemps 2021. D’où la mise en valeur, cette année, durant la cérémonie, non seulement de la technologie chinoise – avec quelques effets spéciaux spectaculaires –, mais aussi du peuple chinois, et surtout des enfants.

Le petit peuple et les enfants : deux catégories de la population chères à un président qui a fait de la « prospérité commune » et du renouveau démographique deux de ses priorités. Avec 3 000 figurants contre 14 000 en 2008, la Chine a voulu une cérémonie sobre, célébrant sa jeunesse pour un public relativement restreint et trié sur le volet. – pour raison sanitaire.

Dans les tribunes se trouvaient uniquement des invités, dont le président russe Vladimir Poutine.

Boycott diplomatique

Plusieurs pays occidentaux, États-Unis en tête, ont en effet décidé de snober les JO de Pékin pour dénoncer les violations des droits de l'Homme en Chine, notamment dans sa région du Xinjiang (nord-ouest) où vit la minorité musulmane ouïghoure.

En vertu d'un « boycott diplomatique », les Américains et quelques-uns de leurs alliés n'ont envoyé aucun responsable à Pékin pour assister à la cérémonie d'ouverture. Leurs athlètes en revanche participeront bien aux compétitions. C’est le cas des représentants officiels des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie.

Ces pays ont des relations extrêmement tendues avec la Chine depuis plusieurs mois. La ministre chargée des Sports française, Roxana Maracineanu, ne sera pas présente lors de la cérémonie d’ouverture, mais fera le déplacement plus tard pour soutenir les athlètes français.Sans revendiquer un boycott, beaucoup de pays ont invoqué la pandémie pour ne pas envoyer de chef d'État à Pékin.

Faute de têtes d'affiche occidentales, le pouvoir chinois se rattrape avec une liste de dirigeants amis, dont certains en délicatesse avec Washington ou les droits de l'Homme.Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane font partie de la vingtaine de dirigeants présents. Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, est également attendu, dans la foulée d'émeutes sanglantes réprimées avec l'aide de Moscou et l'approbation de la Chine.

Dans une tribune publiée jeudi par l'agence Chine Nouvelle, Vladimir Poutine en personne a dénoncé sans les nommer les États-Unis et leur « tentative de mélanger sport et politique au profit de leurs intérêts égoïstes ».

Mais Xi Jinping, le président chinois, n'en a pas moins invité son « ami » russe Vladimir Poutine pour un rare tête-à-tête diplomatique en période d'épidémie à Pékin utilisant ainsi à son tour la scène olympique pour montrer son rapprochement avec la Russie de Poutine.

Tribune politique et rapprochement sino-russe

À quelques heures de l'ouverture des JO d'hiver, organisés à Pékin, le président chinois Xi Jinping a ainsi accueilli vendredi 4 février 2022 son « ami » russe Vladimir Poutine, au centre de l'attention mondiale du fait des craintes d'invasion du voisin ukrainien,. « En ce qui concerne nos relations bilatérales, elles ont progressé dans un esprit d'amitié, de partenariat stratégique. Elles ont acquis un caractère vraiment sans précédent », a déclaré Poutine au début de sa rencontre avec son homologue chinois.

« Influence négative » des Etats-Unis

À l'occasion de cette rencontre officielle, la Chine et la Russie ont publié une déclaration commune pour dénoncer l'influence américaine et le rôle des alliances militaires occidentales, l'Otan et Aukus, en Europe comme en Asie, les jugeant déstabilisatrices.

Dans cette déclaration russo-chinoise « sur l'entrée des relations internationales dans une nouvelle ère », les deux pays, aux relations toujours plus tendues avec Washington, y dénoncent le rôle déstabilisateur des États-Unis pour la « stabilité et une paix équitable » dans le monde.

En particulier, ils se disent « opposés à tout élargissement futur de l'Otan », faisant écho à l'exigence première de Moscou pour parvenir à une désescalade des tensions russo-occidentales en Ukraine.Ils appellent « l'Alliance atlantique nord à renoncer à ses approches idéologisées datant de la guerre froide », une ligne défendue bec et ongles par la Russie.

La Russie et la Chine se rangent derrière le concept de « l'indivisibilité de la sécurité », sur lequel le Kremlin se fonde pour réclamer un départ de l'Otan de son voisinage, arguant que la sécurité des uns ne peut se faire aux dépens de celle d'autres, en dépit du droit de chaque État, et donc de l'Ukraine, à choisir ses alliances.

Moscou et Pékin dénoncent en outre « l'influence négative pour la paix et la stabilité dans la région de la stratégie indo-pacifique des États-Unis », les deux capitales se disant aussi « préoccupées » par la création en 2021 de l'alliance militaire des États-Unis avec le Royaume-Uni et l'Australie (Aukus) et estimant que cette union, notamment autour de la fabrication de sous-marins nucléaires, « touche à des questions de stabilité stratégique ».

Les Jeux olympiques d’hiver portent bel et bien les symptômes du moment : une cérémonie boycottée par de nombreux pays, Xi Jinping qui accueille Vladimir Poutine.

A cela ajoutons une pandémie, née sur le sol chinois, dont on ne connaît toujours pas l’origine, et qui force les athlètes à vivre au cœur d’une stricte bulle sanitaire.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LANCEMENT DE SON PLUS PUISSANT MISSILE

DEPUIS 2017 PAR LA COREE DU NORD

C’est une photo publiée par l’agence de presse nord-coréenne KCNA. Elle montre la Terre depuis l’espace et a, selon elle, été prise par une caméra installée sur la tête du missile. La Corée du Nord a confirmé lundi 31 janvier avoir lancé la veille son plus puissant missile depuis 2017, selon les médias d'État, couronnant un mois de tests en série, ce qui fait craindre une reprise des essais nucléaires et de missiles intercontinentaux.

La Corée du Nord n'a jamais testé autant de missiles en un mois qu'avec les sept essais menés en janvier. La dernière série importante de tirs remonte à 2019, après l'échec des négociations entre son leader Kim Jong-un et Donald Trump.

«Un tir d'évaluation du missile balistique sol-sol à portée intermédiaire et longue Hwasong-12 a été effectué dimanche», qui «a confirmé la précision, la sûreté et l'efficacité» de l'engin, en cours de production, a annoncé lundi l'agence d'État nord-coréenne KCNA

Avant cet essai, la Corée du Nord avait déjà effectué depuis le début de l’année six tests de missiles, alors que le numéro un du pays, Kim Jong-un, a appelé lors de ses vœux du Nouvel An à un renforcement des capacités militaires du pays, citant le contexte sécuritaire sur fond d’impasse diplomatique avec les Etats-Unis sur la dénucléarisation de la péninsule de Corée.

La dernière série importante de tirs remonte à 2019, après l’échec des négociations entre le leader nord-coréen, Kim Jong-un, et le président des Etats-Unis de l’époque, Donald Trump (2017-2021).

L’agence de presse nord-coréenne affirme lundi que le test a été effectué en utilisant le « système de lancement à l’angle le plus élevé » par souci de sécurité pour les pays voisins, et que la tête du missile contenait un appareil photo.

L’état-major interarmées sud-coréen avait annoncé, dimanche, avoir détecté à l’aube « un missile balistique à portée intermédiaire tiré à un angle élevé ». Un tir à angle élevé signifie que le missile n’atteint pas sa portée maximale. Pour la Corée du Sud, le Nord suit « une voie similaire » à celle de 2017, quand les tensions étaient à leur comble dans la péninsule coréenne..

La rupture imminente du moratoire

Pyongyang « est proche de rompre le moratoire » auto-imposé sur les essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux, a jugé dimanche le président sud-coréen, Moon Jae-in.

Le missile a été tiré depuis la province septentrionale de Jagang, d’où la Corée du Nord a lancé ces derniers mois ce qu’elle a présenté comme des missiles hypersoniques. Il a atteint une altitude maximale de 2 000 kilomètres et a parcouru environ 800 km en trente minutes avant de tomber en mer du Japon, a précisé l’état-major sud-coréen. Pyongyang avait déjà testé un missile Hwasong-12 en 2017, qui avait parcouru 787 km et atteint une altitude maximale de 2 111 km.

A l’époque, les analystes avaient calculé que ce projectile avait la capacité de parcourir 4 500 km, et donc d’atteindre l’île de Guam, un territoire américain dans l’océan Pacifique. En 2017, le lancement d’un Hwasong-12 avait été rapidement suivi du tir d’un Hwasong-15, qui peut atteindre l’Amérique du Nord, selon l’Institut coréen pour l’unification nationale. Le dernier test « signale la possibilité d’un lancement de missiles balistiques intercontinentaux et la rupture imminente du moratoire en utilisant la carte du lancement d’un Hwasong-12 », explique-t-il dans une note.

Avec de nouveaux tirs, «la Corée du Nord envoie le message qu'elle ne renoncera pas à son droit aux missiles»

Moderniser l'arsenal nord-coréen

Depuis l'investiture du président Joe Biden en janvier 2021, Pyongyang a rejeté les différentes propositions de dialogue faites par Washington. Et Kim Jong-un a réaffirmé en décembre que sa priorité était de moderniser l'arsenal du pays.

Les Etats-Unis ont proposé dimanche à la Corée du Nord des négociations directes, sans conditions préalables, sur ses programmes nucléaire et balistique, après ce tir. « Nous sommes persuadés qu’il est totalement opportun et totalement correct de commencer à avoir de sérieuses discussions », a déclaré à la presse un haut responsable de l’administration de Joe Biden.

Ces essais nord-coréens surviennent dans une période délicate pour la région : la Chine, seule alliée majeure du régime nord-coréen, accueille les Jeux olympiques d’hiver en février et la Corée du Sud tient une élection présidentielle en mars.

Pyongyang se prépare à célébrer le 80e anniversaire de la naissance du père de Kim, le défunt Kim Jong-il, en février, puis le 110e anniversaire de son grand-père, Kim Il-sung, le dirigeant fondateur du pays, en avril.

Pyongyang étant en proie à des difficultés économiques avec, selon des rapports, une flambée des prix des denrées alimentaires, les dirigeants pourraient être en quête de bénéfices rapides, estime Lim Eul-chul, professeur d’études nord-coréennes à l’université Kyungnam de Séoul.




Alize Marion pour DayNewsWorld

 CONDAMNATION DE AUNG SAN SUU KYI A DEUX ANS DE PRISON PAR LA JUNTE BIRMANE

Un tribunal birman a finalement condamné, lundi 6 décembre, l'ex-cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi à deux ans de prison pour incitation aux troubles publics et violation des règles sanitaires liées au Covid-19 au lieu des quatre ans de prison précédemment annoncés, a indiqué un porte-parole de la junte.

Aung San Suu Kyi, âgée de 76 ans, est détenue depuis que les généraux ont renversé son gouvernement aux premières heures du 1er février, mettant ainsi fin à une brève parenthèse démocratique en Birmanie.

La junte a régulièrement accumulé les chefs d'accusation contre elle, dont la violation de la loi sur les secrets officiels, la corruption et la fraude électorale.

Les journalistes n'ont pas le droit d'assister aux débats du tribunal spécial dans la capitale construite par les militaires, et les avocats d'Aung San Suu Kyi se sont récemment vu interdire de parler aux médias.

La junte birmane cherche à « asphyxier les libertés »

La junte birmane cherche à « asphyxier les libertés » en emprisonnant l'ex-prix Nobel de la paix, a pour sa part estimé Amnesty International dans un communiqué.

« Les lourdes peines infligées à Aung San Suu Kyi sur la base de ces accusations bidon sont le dernier exemple en date de la détermination de l'armée à éliminer toute opposition et à asphyxier les libertés en Birmanie », a déclaré Ming Yu Hah, directeur régional adjoint d'Amnesty International chargé des campagnes. « La décision farfelue et corrompue du tribunal s'inscrit dans un schéma dévastateur de sanctions arbitraires qui a vu plus de 1 300 personnes tuées et des milliers d'autres arrêtées depuis le coup d'État militaire de février. »

La Haute-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Michelle Bachelet a elle aussi déploré « un procès truqué avec une procédure secrète devant une cour contrôlée par les militaires n'est rien d'autre que politiquement motivée ». Elle estime que ce n'est pas seulement la négation de la liberté de la prix Nobel de la paix mais que cette condamnation « ferme aussi une porte au dialogue politique ».

Les généraux ont justifié leur putsch en assurant avoir découvert plus de 11 millions d'irrégularités lors des élections de novembre 2020, remportées massivement par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi. Les observateurs internationaux ont, eux, qualifié à l'époque ce scrutin de « globalement libre et équitable ».

La pression internationale exercée sur la junte pour qu'elle rétablisse rapidement la démocratie n'a pas fait dévier les généraux de leur route, et les affrontements sanglants avec les manifestants anti-coup d'État se poursuivent dans tout le pays.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

VERS UNE NOUVELLE GUERRE FROIDE ?

L'OTAN SE MELE DES TENSIONS ENTRE

LA RUSSIE ET L'UKRAINE

Depuis plusieurs semaines, la situation est extrêmement tendue à la frontière russo-ukrainienne. Les Etats-Unis ont évoqué, mercredi 1er décembre, des « preuves » attestant que la Russie envisage d’« importants actes agressifs contre l’Ukraine » et promis de lui faire payer « un prix élevé » si elle passait à l’acte. Selon le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, les « plans » de la Russie incluent « des efforts en vue de déstabiliser l’Ukraine de l’intérieur ainsi que des opérations militaires à grande échelle ». Le point sur la situation.

Dans un premier temps, Kiev et ses alliés occidentaux ont fait part de leur inquiétude face à un déploiement massif de troupes russes à la frontière ukrainienne, y voyant les préparatifs d’une possible invasion. La Russie, qui dément toute intention belliqueuse, a accusé l’Ukraine en retour, mercredi 1er décembre, de masser des troupes dans l’est du pays.

La situation dans cette région est très tendue depuis l’annexion en 2014 par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée. Depuis plus de sept ans, l’Ukraine est en conflit avec des séparatistes prorusses dans l’est de son territoire. Ce conflit a déjà fait plus de 13 000 morts.

La Russie hausse le ton et fustige les Occidentaux

C’est dans ce contexte que la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a affirmé mercredi 1er décembre que « l’armée ukrainienne renforce ses capacités militaires, en faisant venir des équipements lourds et du personnel » dans l’est du pays. Selon elle, 125 000 soldats se trouvent dans cette zone située près des frontières russes et où des pans de territoires sont sous contrôle des séparatistes prorusses. Mme Zakharova a aussi accusé Kiev de saboter le processus de paix entamé en 2015 avec les séparatistes en prévoyant des exercices militaires en présence de troupes étrangères pour l’année prochaine. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a fustigé mercredi la « politique destructrice » des pays de l’OTAN, qui « cherchent à attirer l’Ukraine dans leur orbite et à la transformer en pays antirusse ». Accusant également les Occidentaux de vouloir « dicter comment les forces armées russes doivent se comporter sur leur propre territoire », il a averti que Moscou « continuera de répondre à toute démarche inamicale ».

L’OTAN à la rescousse

L’Ukraine a demandé mercredi aux pays de l’OTAN réunis à Riga (Lettonie) un « paquet de dissuasion » contre la Russie. « Nous sommes confiants qu’en conjuguant nos efforts, en agissant de manière coordonnée, nous pourrons dissuader le président Poutine et l’inciter à ne pas choisir le pire des scénarios que représenterait une opération militaire », a déclaré le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kuleba, à son arrivée à cette réunion. Il a aussi évoqué de possibles sanctions économiques et un soutien militaire renforcé à Kiev.

« Nous restons déterminés à apporter un soutien politique et pratique à la Géorgie et à l’Ukraine », a réaffirmé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. La veille, M. Stoltenberg et le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avaient mis en garde Moscou contre toute « agression » visant Kiev, qui aurait de « graves conséquences ».« Nous avons clairement dit au Kremlin que nous riposterions, notamment par une série de mesures économiques à impact élevé que nous nous sommes retenus d’utiliser par le passé », a réaffirmé M. Blinken de la réunion de l’OTAN, mercredi.

Volodymyr Zelensky, a appelé mercredi, dans une adresse au Parlement ukrainien, à des « négociations directes » avec la Russie pour « arrêter la guerre » dans l’est de son pays.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

COVID FAUT-IL AVOIR PEUR DU

NOUVEAU VARIANT OMICRON ?

L'irruption soudaine du nouveau variant B.1.1.529 originaire d'Afrique du Sud montre qu'on est encore loin d'être débarrassé de la crise sanitaire. Le ministre allemand de la santé qui a frappé les esprits avec sa formule choc - « vacciné, guéri ou mort » avant la fin de l'hiver – n'avait-il pas prévenu que les fêtes de Noël ne seraient pas des plus tranquilles.

La découverte du variant dit B.1.1.529, baptisé Omicron , d’abord au Botswana puis en Afrique du Sud, est encore très récente mais son profil semble inquiétant. Potentiellement encore plus contagieux que le déjà très virulent Delta, Omicron pourrait contourner les barrières immunitaires des vaccins actuels. Le variant Omicron est ainsi jugé « préoccupant » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière estime toutefois qu’il faudra « quelques semaines » pour comprendre son niveau de transmissibilité et de virulence. L’efficacité des vaccins contre cette forme mutante du virus est également encore à l’étude.

Rapidement, la plupart des pays ont suspendu les vols en provenance d’Afrique australe. Le Royaume-Uni a été le premier à l’annoncer jeudi soir. La France a fait de même vendredi, interdisant « pour une durée minimale de quarante-huit heures » les arrivées d’Afrique du Sud, du Lesotho, du Botswana, du Zimbabwe, de Mozambique, de Namibie et d’Eswatini (nouveau nom du Swaziland). La Commission européenne a proposé à l’ensemble de l’Union européenne (UE) de faire de même.

Vendredi, la Belgique a été le premier pays européen à annoncer la présence d’un cas du nouveau variant sur son territoire, chez une personne « qui venait de l’étranger, (…) qui n’était pas vaccinée », selon le ministre de la santé belge. En France on saura très vite si la couverture vaccinale élevée (87% de la population éligible) évitera que la progression fulgurante ne tourne au drame. Avec une inconnue sur laquelle nous n'avons aucune prise : si le variant sud-africain déjà repéré en Belgique rend inopérants les vaccins existants, il faudra adapter très vite la production.

D'où l' l'intérêt de la technologie de l'Arn messager de BioNtech et de Moderna que de pouvoir procurer en quelques semaines un nouveau vaccin plus adapté à Omicron.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

 LE GENERAL EMIRATI AL-RAISI ACCUSE

DE TORTURE ELU PRESIDENT D'INTERPOL

Sa candidature soulevait des polémiques depuis plusieurs semaines. Et pourtant le général émirati Ahmed Naser Al-Raisi, accusé de torture, a été élu président d’Interpol, jeudi 25 novembre, a annoncé l’organisation internationale de police criminelle. Il a obtenu la majorité des deux tiers (68,9 %) au troisième tour du vote des Etats membres.

Le président d’Interpol, désigné pour quatre ans, occupe ses fonctions à temps partiel, de façon bénévole, et conserve ses fonctions dans son pays d’origine. La fonction de président est essentiellement honorifique – le directeur effectif de l’organisation étant son secrétaire général, Jürgen Stock –, mais des organisations de défense des droits humains et des élus européens s’inquiètent de l’arrivée de M. Al-Raisi.Inspecteur général du ministère de l’intérieur émirati, M. Al-Raisi est visé par plusieurs plaintes pour « torture » en France, où siège Interpol, et en Turquie, pays hôte de l’assemblée générale qui se tient à Istanbul depuis mardi.

Une crainte pour la mission d’Interpol

La fonction de président est essentiellement honorifique – le vrai patron de l’organisation étant son Secrétaire général -, mais des organisations de défense des droits de l’Homme et des élus européens s’étaient opposés à l’élection du général Al-Raisi. Elles estiment qu’elle pourrait porter atteinte à la mission d’Interpol.

Pour autant, la candidature du général émirati, dont le pays est devenu ces dernières années le deuxième contributeur au budget d’Interpol, avait suscité l’indignation d’organisations de défense des droits de l’Homme et d’élus européens. «Nous sommes profondément convaincus que l’élection du général Al-Raisi porterait atteinte à la mission et à la réputation d’Interpol et affecterait lourdement la capacité de l’organisation à s’acquitter efficacement de sa mission», écrivaient mi-novembre, à la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, trois députés européens dont Marie Arena, présidente de la sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen.

En octobre 2020, dix-neuf ONG, dont Human Rights Watch (HRW), s’inquiétaient déjà du choix possible du général émirati, «membre d’un appareil sécuritaire qui prend systématiquement pour cible l’opposition pacifique».

En parallèle, plusieurs plaintes pour «torture» contre M. Al-Raisi, qui a rejoint les rangs de la police de son pays en 1980 et exercé en son sein plusieurs décennies durant, ont été déposées ces derniers mois en France, où siège l’organisation, et en Turquie, pays hôte de l’Assemblée générale.

L’ONG Gulf Centre for Human rights (GCHR) accuse dans l’une de ces plaintes le général émirati d’«actes de torture et de barbarie» contre l’opposant Ahmed Mansoor, détenu depuis 2017 dans une cellule de 4 m2 «sans matelas ni protection contre le froid», ni «accès à un médecin, à l’hygiène, à l’eau et aux installations sanitaires».

Ces procédures n’ont pas abouti jusqu’ici.

«Un signal aux régimes autoritaires»

L’élection du général Al-Raisi enverra «un signal aux autres régimes autoritaires», notamment qu’utiliser d’Interpol pour poursuivre des opposants à l’étranger «n’est pas un problème», expliquait avant l’élection Edward Lemon, enseignant à l’Université A&M du Texas et spécialiste des régimes autoritaires

Un rapport britannique publié en mars a en effet conclu que les Emirats arabes unis ont détourné le système des notices rouges (les avis de recherche internationaux) pour faire pression sur des opposants.

D’autres pays sont accusés d’en faire de même.

Dans une référence à peine voilée à M. Al-Raisi, la Tchèque Sarka Havrankova (seule autre candidate pour la présidence d’Interpol) avait rappelé jeudi matin sur Twitter que les statuts de l’organisation impliquent de «s’opposer aux arrestations et détentions arbitraires et de condamner la torture».

Une fois en fonction, le général Al-Raisi sera «susceptible de travailler avec des gouvernements aux vues similaires [aux siennes] pour contrecarrer les réformes allant vers une plus grande transparence d’Interpol», estime Edward Lemon.

Les Emirats arabes unis ont fait un don de 50 millions d’euros à Interpol en 2017 — une somme presque équivalente aux contributions statutaires des 195 pays membres de l’organisation, qui s’élevaient à 60 millions d’euros en 2020.

Cette élection controversée pourrait également peser sur le maintien du siège d’Interpol à Lyon : cette semaine, deux élus régionaux de poids s’en étaient inquiétés dans un courrier adressé au ministre de l’intérieur français, Gérard Darmanin.

« Une candidature entachée de plaintes poserait un vrai risque au fond et pourrait délégitimer l’institution et son accueil dans notre démocratie », prévenaient-ils.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

L' INQUIETANTE DISPARITION DE LA JOUEUSE

 DE TENNIS CHINOISE PENG SHUAI

L'inquiétude autour de la disparition de la joueuse de tennis Peng Shuai grandit, faisant réagir joueurs, États mais aussi les Nations Unies. La tenniswoman professionnelle Peng Shuai n'a pas donné de signe de vie depuis le début du mois de novembre. La joueuse chinoise a accusé au début de novembre un ancien haut dirigeant du pays , l'ancien vice-premier ministre chinois Zhang Gaoli, de l’avoir contrainte à un rapport sexuel.

Depuis, l’ancienne numéro 1 mondiale en double, âgée de 35 ans, n’a fait aucune apparition publique. Vendredi, trois photos d'elle ont été relayées par un journaliste affilié au gouvernement chinois, qui a déclaré que la sportive de 35 ans venait de les poster sur WeChat [équivalent chinois de Whatsapp], sans que ces photos soient authentifiées.

Ces accusations fracassantes ont été les premières visant de hauts responsables du Parti communiste chinois depuis le début de #metoo, mouvement mondial contre les violences faites aux femmes.

L’accusation de viol

Le 2 novembre, un message publié brièvement sur le compte officiel Weibo de la joueuse (équivalent à Twitter en Chine) révèle publiquement une relation extraconjugale avec l’ancien vice-premier ministre Zhang Gaoli. De 2013 à 2018, il a été l’un des sept hommes politiques les plus puissants de Chine.Le texte accuse Zhang Gaoli d’avoir violé Peng Shuai, avant d’en faire sa maîtresse. Aujourd’hui septuagénaire, ce dernier n’a pas réagi à ces déclarations. Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de déterminer si le message a été personnellement publié par Peng Shuai.

La censure sur l'internet chinois

Le message de Peng Shuai accusant Zhang Gaoli a disparu une demi-heure seulement après sa publication mais des captures d’écran ont été effectuées pour être rapidement censurées sur l’Internet chinois. L’accusation portée par Peng Shuai a cependant été publiée sur Twitter – bloqué en Chine –, ce qui lui a permis de connaître un écho mondial.

L'inquiétude de la communauté mondiale

Sur Twitter, le hashtag #WhereIsPengShuai a pris de l’ampleur. Les plus grands joueurs de tennis mondiaux l’ont utilisé pour exprimer leur inquiétude à son sujet.L’ancienne numéro 1 mondiale Naomi Osaka s’est ainsi dite « choquée par la situation ». « Honnêtement, c’est choquant qu’elle ait disparu », a également déclaré à la presse Novak Djokovic. L’Américaine Serena Williams s’est dite « bouleversée et choquée ».

« Ça doit faire l’objet d’une enquête et nous ne devons pas rester silencieux », a-t-elle écrit sur Twitter. « J’espère qu’elle sera bientôt retrouvée, parce que l’on ne parle pas ici d’un match de tennis ou d’une compétition, mais on parle de vie humaine », a pour sa part déclaré l’Allemand Alexander Zverev.

Vendredi, plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, se sont dits « préoccupés » par le sort de la joueuse chinoise. L’Organisation des Nations unies (ONU) a demandé des preuves qu’elle se portait bien.

La WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis, a appelé à « une enquête approfondie, juste et transparente concernant les accusations de violences sexuelles émises par Peng Shuai ». En début de semaine, le patron de la WTA, Steve Simon a dit qu’il avait « la confirmation, de plusieurs sources incluant la fédération chinoise, qu’elle était en sécurité et pas menacée physiquement ».

La gestion de cette affaire par la Chine

Outre la censure sur internet, la télévision publique chinoise CGTN a publié, le 17 novembre, la capture d’écran d’un courriel attribué à Peng Shuai et qu’elle aurait envoyé à la direction de la WTA. La chaîne en anglais destinée au public étranger en dévoile son contenu supposé : les accusations « sont fausses » et Peng Shuai affirme qu’elle « se repose ». « Tout va bien. Merci encore d’avoir pris de mes nouvelles », conclut le courriel. Le contenu du message et son authenticité laissent perplexe M. Simon.

Quatre photographies de la championne de tennis ont été publiées vendredi par le compte Twitter de Shen Shiwei, libellé « média affilié à l’Etat chinois » par le réseau social. Une photo montre notamment la joueuse souriante avec un chat dans les bras à ce qui semble être son domicile. Le compte Twitter en question affirme, en anglais, que ces photos ont été postées en privé par la joueuse pour souhaiter un « bon week-end » à ses contacts.

Hu Xijin, influent rédacteur en chef du quotidien chinois Global Times, affirme avoir la confirmation que ces clichés sont « bien des photos actuelles » de Peng Shuai. « Ces derniers jours, elle est restée chez elle en toute liberté et ne voulait pas être dérangée », affirme-t-il en anglais sur Twitter, précisant que la joueuse « se montrera bientôt en public ».

Critique de l'élite de l'élite chinoise

Ce n’est pas la première fois qu'en Chine des personnes disparaissent pour avoir critiqué le régime chinois. Que l'on pense au milliardaire du commerce en ligne, le fondateur d'Alibaba Jack Ma, ou encore l'artiste Ai Wei Wei. Pour le régime chinois tout ce qui peut être interprété comme étant une instrumentalisation à l'étranger afin de fragiliser la légitimité du parti ou fragiliser le pouvoir central chinois est perçu extrêmement négativement. Mais dans l’affaire Peng Shuai ce n'est pas seulement l'accusation d'agression sexuelle, c'est bel et bien la cible de l'accusation qui est extrêmement gênante du point de vue de Pékin , selon Antoine Bondaz, chercheur français à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste  de la Chine.

Est en effet mis en cause Zhang Gaoli ,« non seulement le vice Premier ministre de la République populaire, mais surtout l'un des membres du comité restreint du bureau politique du Parti communiste chinois (sept dirigeants au total), c'est à dire l'élite de l'élite. Or depuis 2012, Xi Jinping a mis en avant le caractère vertueux, parfaitement moral et irréprochable de l'élite au sein du parti ».

« Si l'affaire Peng Shuai est politisée, on n'aura plus de nouvelles » selon le chercheur français Antoine Bondaz.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LE PRESIDENT CHINOIS XI JINPING CONFORTE

SON POUVOIR POUR UN TROISIEME MANDAT

Un responsable du comité central du Parti communiste chinois (PCC) a qualifié vendredi le président chinois Xi Jinping de « timonier » et « dirigeant du peuple », deux appellations jusqu'ici réservées à Mao Zedong qui confortent le poids politique d'un président quasiment assuré d'enchaîner un troisième mandat en 2022.

« Aussi longtemps que nous maintenons le camarade Xi Jinping en son coeur (...), le vaisseau géant de la régénération chinoise aura un timonier et sera capable de braver toutes les tempêtes », a déclaré vendredi à la presse Jiang Jinquan, directeur du bureau de recherche politique du PCC.

Comme prévu, les 348 membres (197 titulaires et 151 suppléants) du sixième plénum du comité central du PCC ont approuvé, jeudi 11 novembre, une résolution « sur les succès majeurs et le bilan historique des cent années de lutte du parti » qui, dans les faits, permet à Xi Jinping de rester au pouvoir, à l’issue du XXe congrès du parti, convoqué pour le « second semestre de 2022 ».

« Le comité central a lancé un vibrant appel à tout le parti, à toute l’armée et à tout le peuple chinois multiethnique pour qu’ils s’unissent plus étroitement au comité central du parti rassemblé autour du camarade Xi Jinping », explique le communiqué de quatorze pages qui rend compte de la résolution de la réunion plénière de quatre jours à huis clos du comité central du Parti communiste chinois (PCC), qui s'est achevée jeudi.

Cette résolution historique, la troisième seulement depuis la fondation du parti en 1921 , renforce l'assise du président actuel en le plaçant à la hauteur du fondateur du régime chinois, Mao Zedong, qui avait également consolidé son autorité par une résolution historique en 1945, tout comme Deng Xiaoping en 1981.

Secrétaire général du parti, président de la République et président de la commission militaire centrale, Xi Jinping a fait modifier, en 2018, la Constitution, qui limitait à deux le nombre de mandats de président de la République qu’un même responsable pouvait exercer. Une limite établie, en 1982, par Deng Xiaoping, pour éviter toute dérive maoïste. Xi Jinping a donc la voie libre pour rester au pouvoir et ouvrir une nouvelle page en son nom.

Il pourrait ainsi être reconduit à la présidence pour un troisième mandat de cinq ans lors du vingtième congrès du PCC, prévu en 2022.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS LES CHINOIS APPELLES A FAIRE

DES RESERVES DE NOURRITURE

Nouvelles restrictions sanitaires en vue ?

Risques de pénurie alimentaire ?

Le gouvernement chinois a appelé lundi 1er novembre la population à constituer des réserves de nourriture.

Si le gouvernement n’a pas fait de déclaration à ce sujet, depuis lundi, un avis affiché sur le site internet du ministère du Commerce invite « les ménages à stocker une certaine quantité de produits de première nécessité afin de faire face aux besoins quotidiens et aux cas d’urgence ».

Le ministère appelle aussi les différentes autorités locales à faciliter la production agricole et les flux d’approvisionnement, à surveiller les réserves de viande et de légumes et à maintenir la stabilité des prix.

Il se pourrait que la Chine qui tente actuellement de combattre un regain épidémique, essaie de ne pas se retrouver dans la même situation que lors de la première vague. En effet, début 2020, au plus fort de l’épidémie de Covid-19, les chaînes d’approvisionnement avaient été perturbées par la mise en quarantaine de plusieurs parties de la Chine et le blocage de nombreux axes routiers.

A  cent jours des Jeux Olympiques

A l’approche des Jeux olympiques d’hiver à Pékin en février prochain, le pouvoir redoute une nouvelle flambée épidémique et a pris ces dernières semaines des mesures radicales à la suite de l’apparition de foyers sporadiques de Covid-19 dans le nord du pays. Au moins 6 millions de personnes ont été confinées, notamment dans la grande ville de Lanzhou, à 1.700 km à l’ouest de Pékin. Le nombre de cas constatés reste cependant très bas par rapport aux bilans enregistrés dans le reste du monde. Seuls 71 nouveaux cas de contamination ont été annoncés mardi pour les dernières 24 heures, après 92 cas lundi, soit le décompte national le plus lourd depuis la mi-septembre.

Premier importateur mondial de produits alimentaires

Le pays a en outre été frappé à l’été dernier par des inondations qui ont perturbé la production agricole et poussé les prix à la hausse. Le changement climatique est susceptible d’augmenter la fréquence de ce type de catastrophes naturelles.

La Chine est déjà le premier importateur mondial de produits alimentaires, une situation qui la rend vulnérable aux tensions diplomatiques, comme celles en cours avec ses gros fournisseurs comme les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie.

Les raisons de cet appel des autorités n'ont cependant pas été précisées.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

COVID-19 LA CHINE CONFINE LANZHOU

 UNE VILLE DE QUATRE MILLIONS D'HABITANTS

A cent jours des JO d’hiver de Pékin, la Chine continue d’appliquer des restrictions dans tout le pays. Mardi, les autorités ont en effet imposé un confinement à Lanzhou, une ville de quatre millions d’habitants.

Tous les quartiers d’habitation de cette capitale de la province du Gansu vont être soumis à une « gestion fermée » avec un strict contrôle des déplacements, a annoncé la municipalité.

Toute sortie à l’extérieur du domicile ne sera désormais possible que pour des « achats de première nécessité », un impératif lié à l’épidémie, ou « un traitement médical d’urgence », précise un communiqué des autorités. La veille, plusieurs restrictions avaient été imposées​ à Pékin ou encore Wuhan.

La Chine a fait état mardi, à l’échelle nationale, de 29 nouveaux cas de Covid-19 d’origine locale.

La majorité sont liés aux déplacements d’un groupe de touristes contaminés.

Si les chiffres peuvent paraître dérisoires par rapport à ceux enregistrés quotidiennement dans d’autres parties du monde, ils poussent le pouvoir à redoubler de vigilance alors que la Chine s’apprête à accueillir les Jeux olympiques d’hiver à partir du 4 février 2022.

Un récent foyer épidémique en Mongolie intérieure, dans le Nord du pays, est responsable de plus d’une centaine de cas depuis la semaine dernière.

Les autorités chinoises, qui pratiquent une politique de « tolérance zéro » à l’égard du virus, ont réagi promptement, imposant des restrictions et organisant des campagnes de dépistage de masse dans les régions affectées.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

EN RENVOYANT DIX AMBASSADEURS

ERDOGAN VEUT FEDERER AUTOUR

DE L'ISLAMO-NATIONALISME CONTRE L'OCCIDENT

Le président turc Recep Tayyip Erdogan n'en est pas à son coup d’éclat. En déplacement, samedi 23 octobre, à Eskisehir, au nord-ouest du pays, il a ordonné de renvoyer « le plus vite possible » dix ambassadeurs en poste à Ankara, dont ceux de la France, de l’Allemagne et des Etats-Unis, qui ont lancé un appel en faveur de la libération de l'opposant Osman Kavala. Sept des pays visés sont des alliés de l’OTAN, six sont des membres de l’Union européenne, trois sont les principaux partenaires d’Ankara.

« J'ai ordonné à notre ministre des Affaires étrangères de régler au plus vite la déclaration de ces 10 ambassadeurs comme personae non gratae », a affirmé le chef de l'État lors d'un déplacement dans le centre de la Turquie, sans préciser la date à laquelle les diplomates devront partir. Ces ambassadeurs « doivent connaître et comprendre la Turquie », a affirmé Recep Tayyip Erdogan en les accusant « d'indécence »

Mesure rare dans les relations internationales, déclarer « personae non gratae » des diplomates ouvre la voie à leur expulsion ou leur rappel par leur propre pays.

« Du matin au soir ils (les diplomates) répètent : Kavala, Kavala... Mais celui dont vous parlez, Kavala, c'est l'agent de Soros en Turquie », a affirmé le président durant une réunion publique, faisant une nouvelle fois référence au milliardaire américain d'origine hongroise George Soros auquel il compare régulièrement l'opposant.

Ce nouvel affront intervient après que les dix ambassadeurs visés, tous en poste à Ankara, ont lancé un appel commun à la libération d’Osman Kavala, le mécène turc emprisonné depuis quatre ans sans jamais avoir été condamné. Dans un communiqué publié lundi 18 octobre, le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les Etats-Unis avaient réclamé un « règlement juste et rapide de l’affaire ». Cet appel a fait suite à une décision de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). En 2019 la CEDH avait en effet estimé que la détention de l'homme d'affaires ne reposait sur aucune preuve et avait un caractère politique. Elle avait réclamé sa libération immédiate, une décision ignorée par la Turquie.

Un opposant détenu sans jugement depuis fin 2017

Homme d'affaires, fondateur de plusieurs maisons d'éditions, philanthrope , Osman Kavala est à 64 ans une figure majeure de la société civile turque. En 2013, il a été l'un des acteurs du mouvement protestataire du parc Gezi, qui visait le gouvernement d'Erdogan, alors premier ministre. Défenseur de la cause arménienne et kurde, il a également milité pour le «non» au référendum constitutionnel d'avril 2017 sur le renforcement des pouvoirs du président.

Accusé d'avoir cherché à «renverser le gouvernement» au moment de la tentative de coup d'Etat de 2016, il est emprisonné sans jugement depuis octobre 2017. Il le restera au moins jusqu'au 26 novembre prochain, a décidé début octobre un tribunal d'Istanbul, malgré les menaces européennes de sanctions contre Ankara.

Pour le pouvoir turc, Osman Kavala est le symbole de l'homme riche qui a des relations étroites avec les organisations internationales, avec l'UE, qui soutient les minorités opprimées et qui peut mettre en mouvement la société civile. Dans le discours islamo-nationaliste du pouvoir, qui divise le monde et la société entre « nous » et « les ennemis », Osman Kavala est devenu en quelque sorte le prototype de « l'ennemi intérieur ».

Un calcul de politique intérieure face au désastre économique

En jouant la carte de l'ingérence étrangère à propos de la demande de libération par les ambassadeurs de Kavala , le président Erdogan  essaye de ressouder son électorat  autour de la « fibre nationaliste ». « Erdogan veut frapper très fort. Aujourd'hui, il est dans une situation de politique intérieure assez compliquée, a expliqué Didier Billion, spécialiste de la Turquie à l'Iris, sur franceinfo. Les sondages indiquent tous des intentions de vote autour de 30%. (...) Cette défection de son électorat traditionnel s'explique par une situation économique très dégradée. »

En effet l'annonce présidentielle intervient alors que les investisseurs s'inquiètent de la chute de la livre turque après la décision inattendue prise jeudi par la banque centrale de Turquie, sous la pression de Recep Tayyip Erdogan, d'abaisser de 200 points de base son principal taux directeur. La livre turque a perdu la moitié de sa valeur face au dollar depuis 2018.

Et Kemal Kilicdaroglu, chef de file du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l'opposition, ne s'y est pas trompé accusant le chef de l'Etat d' « entraîner rapidement le pays vers le précipice ».« La raison de ces initiatives n'est pas de défendre les intérêts nationaux mais de créer des causes artificielles à la ruine de l'économie », a-t-il écrit sur Twitter.

A Yavuz Agiralioglu, l'un des dirigeants du Bon Parti (IYI), autre formation d'opposition, d'ajouter pour sa part: « Nous avons déjà vu ce film. Revenez sans tarder à notre véritable agenda et au problème fondamental de ce pays, la crise économique. »

La popularité d'Erdogan en chute libre

Pour Emre Peker, du cabinet londonien Eurasia Group, la menace d'une expulsion d'ambassadeurs à un moment où l'économie turque est confrontée à « des défis énormes est au mieux mal avisée et au pire un pari stupide pour redresser la popularité en chute libre d'Erdogan ». « Erdogan a besoin de donner une impression de puissance pour des raisons de politique intérieure », a-t-il ajouté, en soulignant qu'une expulsion d'ambassadeur entraînait généralement des représailles équivalentes de la part du pays visé. Et tant pis si tous les pays ciblés font partie de l'OCDE, comme la Turquie, ou si sept d'entre eux font partie de l'Otan, dont la Turquie est un acteur-clé. « Cela promet des relations de plus en plus difficiles avec Washington et l'UE. »

Mais la date de cette mise à l'écart des ambassadeurs n'est pas encore actée même si le chef de l'Etat turc a fait savoir qu'il souhaitait qu'elle intervienne « au plus vite ». Et pour certains observateurs le président turc serait coutumier des menaces non suivies d'effets. En 2018, n' avait-il pas annoncé que la Turquie boycotterait les produits électroniques américains lors d'une querelle avec Washington et l'an dernier, appelé ses concitoyens à boycotter les produits français pour dénoncer la politique « anti-islam », selon lui, d'Emmanuel Macron ?

Dans les deux cas, les échanges commerciaux n'ont pas été perturbés.




 Garett Skyport pour DayNewsWorld

VERS UNE GUERRE ENTRE LA CHINE

ET LES ETATS-UNIS AUTOUR DE TAIWAN ?

Le nombre d'incursions d' avions de combat dans l'espace aérien contrôlé par Taïwan ne cesse de croître alors que les menaces proférées à son encontre par la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine sont de plus en plus acerbes : «Le principe d'une seule Chine est le fondement politique des relations sino-américaines. La Chine prendra toutes les mesures nécessaires pour écraser résolument toute tentative d'indépendance de Taïwan. La Chine a la ferme résolution et la volonté de sauvegarder la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale», a rappelé un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

C'est pourquoi, interrogé jeudi 21 octobre 2021 sur la possibilité d'une intervention militaire américaine pour défendre Taïwan Joe Biden a répondu « Oui, nous avons un engagement en ce sens. ». Une déclaration qui vient en contradiction avec la politique tenue de longue date par les Etats-Unis d' « ambiguïté stratégique », Washington aidant Taïwan à construire et renforcer ses défenses sans promettre de manière explicite de venir à son aide si une attaque avait lieu.

La Chine a appelé, à son tour, vendredi 22 octobre, Joe Biden à la « prudence » refusant tout « compromis » sur sa souveraineté. « Sur les questions liées à ses intérêts fondamentaux, comme sa souveraineté et son intégrité territoriale, la Chine ne laissera aucune place au compromis », a déclaré devant la presse Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le statut de Taïwan en question

L'île de 23 millions d'habitants, située à 180 km au large à l'est de la Chine a d'abord été chinoise puis profondément marquée par une occupation japonaise d'un demi-siècle de 1895 à 1945. Depuis 1949, l'île est une République unitaire à régime semi-présidentiel avec son propre gouvernement. Mais la Chine montre une très grande détermination dans sa volonté de se montrer puissante et sa volonté de récupérer Taïwan par la force ou de manière pacifique.

Pas plus tard que le 9 octobre 2021, à l'occasion du 110e anniversaire de la Révolution chinoise, le président chinois Xi Jinping prononce d'ailleurs un discours où il promet une « réunification » avec Taïwan par des moyens « pacifiques ».« Réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques est dans l'intérêt général de la nation chinoise, y compris des compatriotes de Taïwan (...) La réunification de notre pays peut être réalisée et le sera », détaille Xi Jinping. Ce à quoi réplique aussitôt la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen - la bête noire de Pékin - le même jour qu'elle ne cédera pas à la Chine : « Personne ne peut forcer Taïwan à emprunter la voie que la Chine a tracée pour nous (...) Il ne faut absolument pas imaginer que le peuple taïwanais cédera aux pressions ». Tsai Ing-wen défend en effet le maintien du statut de Taïwan mais n'a jamais officiellement demandé l'indépendance de l'île vis-à-vis de la Chine.

Ses agissements belliqueux de la part de l'Empire du Milieu ont des répercussions non seulement en Asie mais également entre la Chine et les Etats-Unis qui apportent leur soutien militaire à Taïwan  conformément au Taïwan Relations Act entrée en vigueur le 10 avril 1979 .

L'Indo-Pacifique une région clé du 21° siècle

En effet c'est une lutte d'influence entre les deux grandes puissances qui se joue autour de Taïwan dans la région Indo-Pacifique, une région clé du 21°siècle.

Aussi, pour contenir le colosse chinois, les Américains déploie-t-il dans l'Indo-Pacifique un réseau de partenaires locaux et d'alliés dans la région. Ces derniers sont ceux qui partagent des principes démocratiques (comme Taiwan), mais surtout qui mettent en œuvre des armes interopérables avec celles des États-Unis leur permettant de partager une logistique de combat optimisée.

Des armes américaines donc, les seules à pouvoir être produites en grand nombre. Ainsi le Japon, la Corée du Sud, la Grande-Bretagne, l'Australie disposent ou recevront bientôt des mêmes systèmes d'armes technologiquement avancées que sont le Aegis, l'avion de patrouille maritime Poséidon et le chasseur de cinquième génération F-35. La création récente de l'AUKUS permet également de définir un noyau central composé de pays de l'anglosphère autour duquel d'autres pourront s'agréger, comme l'Inde, le Japon et éventuellement la Corée du Sud.

Or la Chine nationaliste de Xi Jinping sait ne pas être capable d'affronter le géant américain lorsqu'il aura déployé ses forces raison pour laquelle elle avance ses pions pour reprendre Taïwan ...




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

HAITI LES RAVISSEURS DES MISSIONNAIRES

 EXIGENT 17 MILLIONS DE DOLLARS

En Haïti, le gang « 400 mawozo », qui a enlevé 17 citoyens nord-américains samedi16 octobre, réclame une rançon de 17 millions de dollars, selon des sources sécuritaires.

Liszt Quitel, ministre haïtien de la Justice a confirmé l'implication de cette bande armée et indiqué au Washington Post que les ravisseurs exigeaient d'ordinaire de fortes sommes, revues à la baisse lors de négociations, en précisant que son équipe ne prenait pas part à celles-ci.

Perpétré alors que les ressortissants étrangers venaient de visiter un orphelinat situé entre la capitale haïtienne et la frontière avec la République dominicaine, ce rapt de groupe porte la signature du gang appelé « 400 mawozo ». La bande armée contrôle depuis des mois cette partie du territoire haïtien sans que les forces de l’ordre parviennent à y remédier.

Les gangs, qui contrôlent depuis des années les quartiers les plus pauvres de la capitale haïtienne, ont étendu ces dernières années leur pouvoir sur Port-au-Prince et ses environs, où ils multiplient les enlèvements crapuleux.

Les habitants de la capitale haïtienne ont d'ailleurs exprimé ce lundi leur colère face à la criminalité des gangs qu’ils subissent depuis des mois en observant massivement l’appel à la grève générale qui avait été lancé pour dénoncer l’insécurité grandissante du pays.

Crise politique

Depuis des années, une profonde crise politique paralyse le développement économique de Haïti. L’assassinat, le 7 juillet, du président Jovenel Moïse par un commando armé dans sa résidence privée a plongé encore davantage ce pays pauvre dans l’incertitude.

« La nature a horreur du vide donc les gangs en profitent pour se renforcer », dit Gédéon Jean, directeur du Centre d’analyse et de recherche en droits humains, basé à Port-au-Prince, expliquant la prolifération des gangs par « l’absence de l’État ».

Haïti classé « zone rouge » par les États-Unis

Haïti est classé comme pays en zone rouge par les États-Unis qui déconseillent à leurs ressortissants de s’y rendre, notamment en raison des nombreux enlèvements dont « les victimes incluent régulièrement des citoyens américains ».

Plus de 600 cas d’enlèvements ont été recensés sur les trois premiers trimestres de 2021 contre 231 à la même période en 2020, selon le Centre d’analyse et de recherche en droits humains.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

AFGHANISTAN LES TALIBANS RENOUENT

AVEC LA PENDAISON PUBLIQUE

Le groupe islamiste radical a renoué avec les méthodes qu’il pratiquait lors de son premier passage au pouvoir : samedi 25 septembre 2021 les talibans ont pendu à des grues les corps de quatre hommes coupables d’un rapt après les avoir tués lors d’une fusillade dans la ville de Herat, dans l’ouest du pays. Ziaulhaq Jalali, le chef de la police de district nommé par les talibans à Herat, a déclaré que des membres des talibans avaient sauvé un père et son fils qui avaient été enlevés par quatre ravisseurs après un échange de coups de feu. Le gouverneur adjoint de la province de Herat, Mawlawi Shir Ahmad Muhajir, a déclaré de son côté que les corps avaient été exposés samedi sur plusieurs places de la ville le jour même de leur mort afin de donner une « leçon », faisant savoir que les enlèvements ne seraient pas tolérés.


Retour de la Charia

«Le but de cette action est d’alerter tous les criminels qu’ils ne sont pas en sécurité», a surenchéri à un commandant taliban. Le mollah Nooruddin Turabi, l’un des fondateurs du mouvement, a d'ailleurs déclaré en début de semaine que le groupe avait décidé que les exécutions et les amputations seraient à nouveau à l’ordre du jour comme punitions pour les crimes de droit commun.« Personne ne nous dira ce que doivent être nos lois », a déclaré le mollah Turabi à l’agence l’Associated Press. « Nous suivrons l’islam et nous ferons nos lois sur le Coran ».

« Les talibans ont tenté de persuader le monde qu'ils allaient respecter les droits de l'homme, mais les informations du terrain montrent une toute autre réalité. » C'est ce que souligne le rapport réalisé par Amnesty International, la Fédération internationale pour les droits de l'homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) dans un rapport publié ce mardi 21 septembre, listant une série d'exactions et d'abus survenus depuis mi-août.

La Haute Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Michelle Bachelet a réclamé que le Conseil - en session jusqu’au 8 octobre - lance un mécanisme de surveillance des violations des droits humains en Afghanistan.




Abby Shelcore   pour DayNewsWorld

COREE COURSE A L'ARMEMENT 

ENTRE PYONGYANG ET SEOUL AVEC

 DES TIRS DE MISSILES BALISTIQUES LE MEME JOUR

Il règne une drôle d’ambiance en Corée.Tandis que la Corée du Nord a opéré de nouveaux tirs de missiles ce mercredi, véritable menace pour la Corée du Sud et le Japon, la Corée du Sud a effectué quelques heures plus tard avec succès un tir de missile balistique depuis un sous-marin. Le missile a été tiré depuis le sous-marin Ahn Chang-ho, récemment mis en service, et a parcouru la distance prévue avant d’atteindre sa cible, a indiqué la Maison bleue, siège de la présidence sud-coréenne. La Corée du Sud devient ainsi le septième pays au monde à disposer de cette technologie de pointe , une avancée stratégique de taille pour Séoul qui possède désormais une longueur d'avance en termes de capacité militaire sur son voisin du Nord. Le président Moon Jae-in a supervisé cet essai.

La possession d’un SLBM est « très significative en termes de dissuasion contre les menaces venant de plusieurs directions », a déclaré la Maison Bleue. « Cela devrait jouer un rôle majeur dans la défense nationale autonome et l’établissement de la paix dans la péninsule coréenne à l’avenir », a-t-elle ajouté. La Corée du Sud a renforcé ses capacités militaires afin de contrer la menace que représente le Nord, doté de l’arme nucléaire et qui procède à de nouveaux tirs ces dernières semaines.

De son côté, Pyongyang cherche depuis longtemps à développer la technologie de lancement d’un missile balistique depuis un sous-marin. En janvier, lors d’une parade militaire à Pyongyang, la Corée du Nord a fait défiler quatre de ces missiles, « l’arme la plus puissante du monde » selon l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisent à la Corée du Nord la poursuite de ses programmes d’armements nucléaires et de missiles balistiques. Mais, bien que frappé par de multiples sanctions internationales, ce pays a rapidement développé ces dernières années ses capacités militaires sous la direction de Kim Jong Un. La Corée du Nord a procédé à plusieurs essais nucléaires et testé avec succès des missiles balistiques capables d’atteindre les Etats-Unis.

Les tirs de mercredi du Nord comme du Sud sont intervenus au moment où le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, est à Séoul pour s'entretenir avec son homologue sud-coréen. S'exprimant avant l'annonce de ces tirs, le ministre a dit espérer que tous les pays contribueraient « à la paix et à la stabilité dans la péninsule coréenne », selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, les invitant « tous à travailler ensemble à renouer le dialogue ».

Pour les analystes, ces tirs sont un signal destiné à la Chine, principal allié diplomatique et partenaire commercial du Nord.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LE DIRIGEANT D'AL-QAIDA AL-ZAWAHIRI REAPPARAIT DANS UNE VIDEO DIFFUSEE CE 11 SEPTEMBRE 2021 DATE ANNIVERSAIRE DES ATTENTATS

Pour l'anniversaire des 20 ans des attentats du 11 septembre 2001 qui ont frappé les Etats-Unis, le groupe terroriste al-Qaïda a diffusé le 11 septembre une vidéo de son dirigeant Ayman al-Zawahiri, sans que la date de ces images ne puisse être authentifiée, explique le Site intelligence group, une ONG américaine qui surveille la propagande numérique djihadiste.

Ayman al-Zawahiri, qui a été le médecin personnel Oussama Ben Laden du cofondateur d'al-Qaida a succédé en 2011 à la tête de l'organisation djihadiste après l'élimination de celui-ci par les forces spéciales américaines. L'Egyptien Ayman al-Zawahiri né en 1951 a pourtant fait l'objet depuis plusieurs mois de rumeurs insistantes sur une possible mort naturelle, des suite d'une maladie.

Dans cette vidéo parue sous le titre «Jérusalem ne sera jamais judaïsée», une formule qu'il avait déjà utilisée en 2018 après le transfert de l'ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, décidé par Donald Trump., il déclare qu'«il est vital pour nous de cibler l'Amérique». Mentionnant brièvement les attaques du 11-Septembre, il évoque le retrait américain d’Afghanistan : « Et n’oublions pas que dix-neuf moudjahidine, les guerriers de l’islam, ont poignardé l’Amérique en plein cœur… Une blessure comme l’Amérique n’en avait jamais connue auparavant et aujourd’hui elle fait sa sortie d’Afghanistan, brisée, vaincue, après vingt ans de guerre. »

La date à laquelle cette séquence a été tournée n'a pas encore été identifiée. Fin 2020, des rumeurs faisaient état de la mort du successeur d'Oussama Ben Laden. Or le dirigeant djihadiste évoque une attaque en Syrie en janvier 2021 donc après les rumeurs sur sa mort mais ne fait aucune référence à la récente prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, entrés dans Kaboul le 15 août 2021. Il fait bien mention du retrait militaire américain, mais celui-ci est en réalité acté depuis l'accord passé à Doha au Qatar entre les talibans et les Américains en février 2020.

Toujours est-il que d’un communiqué à l’autre, les djihadistes ne cessent de souligner que la victoire des fondamentalistes afghans valide leurs thèses et Al-Qaida espère en tirer profit.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

AFGHANISTAN LE GOUVERNEMENT DES TALIBANS

 CONSACRE LES CONSERVATEURS

Quelques heures après que le mouvement islamiste a repris la vallée du Panchir, les talibans ont annoncé, mardi, la composition d’un gouvernement qui n’a rien d’inclusif, contrairement à leurs engagements. En effet, tous les membres de ce gouvernement qui sera dirigé par Mohammad Hassan Akhund, un ancien proche collaborateur du fondateur du mouvement, le mollah Omar, mort en 2013, sont des talibans. L' équipe dirigeante est uniquement composée d’hommes. En outre, presque tous appartiennent à l’ethnie pachtoune.

Des ministres qui figurent sur des listes de sanction de l’ONU

Plusieurs des nouveaux ministres, dont certains étaient déjà très influents lors du précédent régime taliban, figurent sur des listes de sanction de l’Organisation des Nations unies (ONU). Quatre sont passés par la prison américaine de Guantanamo. Le premier ministre, M. Akhund, est connu pour avoir approuvé la destruction, en 2001, des bouddhas géants de Bamiyan, dans le centre du pays, selon Bill Roggio, rédacteur en chef du Long War Journal. Abdul Ghani Baradar, cofondateur du mouvement, devient vice-premier ministre et le mollah Mohammad Yaqoub, fils du mollah Omar, ministre de la défense. Le portefeuille de l’intérieur revient à Sirajuddin Haqqani, dirigeant du réseau du même nom, qualifié de terroriste par Washington et historiquement proche d’Al-Qaida.

En annonçant ce gouvernement, le porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a affirmé qu’il n’était « pas complet » et que le mouvement essaierait d’inclure par la suite « des gens venant d’autres régions du pays » . Le gouvernement , consacre les conservateurs ceux même qui avait imposé un régime islamiste brutal de 1996 à 2001.

Un gouvernement jugé ni « inclusif » ni « représentatif »

Les Etats-Unis ont relevé l’absence de femmes et se sont dits « préoccupés » par « les affiliations et les antécédents de certains de ces individus », même s’ils jugeront « sur les actes ».

Mercredi, l’Union européenne (UE) a critiqué le gouvernement, le jugeant ni « inclusif » ni « représentatif » de la diversité ethnique et religieuse du pays. C’était « l’une des cinq conditions posées » pour que puissent s’établir des relations entre le bloc européen et le nouveau pouvoir afghan, a rappelé un porte-parole de l’UE.

Pramila Patten, responsable d’ONU Femmes, l’agence créée pour promouvoir la parité et l’autonomisation des femmes, a ainsi estimé que leur absence de ce gouvernement « faisait douter du récent engagement à protéger et à respecter les droits » des Afghanes.

Respect de la charia

Lors de leur premier passage au pouvoir, les islamistes avaient bafoué les droits des femmes, qui étaient quasi exclues de l’espace public. Nombre d’Afghanes et la communauté internationale craignent qu’il en soit de même.

Depuis leur prise du pouvoir, les talibans n’ont cessé d’affirmer qu’ils avaient changé. Mais leurs promesses peinent à convaincre. Le retour du ministère pour la promotion de la vertu et la répression du vice, qui faisait régner la terreur dans les années 1990, devrait ainsi susciter bien des inquiétudes dans la population.« Tous les Afghans, sans distinction ni exception, auront le droit de vivre dans la dignité et la paix dans leur propre pays », a affirmé, mardi, le chef suprême des talibans, Haibatullah Akhundzada, resté silencieux jusque-là, sans toutefois jamais mentionner le mot « femmes ».

Il a invité le nouveau gouvernement à « faire respecter la charia » et à tout faire pour « éradiquer la pauvreté et le chômage ».




Alize Marion pour DayNewsWorld

CHINE LES HOMMES JUGES EFFEMINES

 BANNIS DE LA TELEVISION

Difficile de s'affranchir de la tutelle moralisatrice du Parti communiste chinois (PCC) dans l'empire du Milieu : désormais les hommes jugés «efféminés» sont bannis de la télévision chinoise, suspectés qu'ils sont de « corrompre la jeunesse » en promouvant le consumérisme et la déviation.

L’apparence des hommes à la télévision avait déjà fait l’objet de désapprobations en 2019. Certaines célébrités avaient par exemple vu leurs boucles d’oreilles, leurs tatouages ou encore leurs queues de cheval floutés à l'écran. Selon le PCC, le look féminin de ces hommes médiatisés serait également une cause de la baisse du taux de natalité. Il n’inciterait pas les jeunes hommes chinois à devenir «plus masculins».

Pour ce faire les émissions de divertissement, influencée en partie par la culture pop sud-coréenne deviennent interdites . Des critères de sélection des acteurs seront à privilégier, comme la bonne conduite politique et morale. Certains formats d'émissions et des concours de talents ont également été arrêté, l'Administration nationale de la radio et de la télévision ayant décidé que les chaînes de télévision et les plateformes en ligne «ne diffuseraient plus de programmes qui développent l'idolâtrie ou des émissions de variétés et de téléréalité».

Promouvoir la culture traditionnelle chinoise

Pour expliquer sa décision, l’administration chinoise de la télévision et de la radio a indiqué dans un communiqué, qu'elle souhaitait «promouvoir vigoureusement l’excellence de la culture traditionnelle chinoise (…) et la culture socialiste avancée.» Le régulateur de l’audiovisuel chinois a par ailleurs imposé une redéfinition plus correcte des critères de beauté des célébrités.

Il s'agirait de recentrer la jeunesse sur la vision du Parti communiste...




Larry Ricky pour DayNewsWorld

ALORS QUE LES COMBATS DANS LE PANCHIR CONTINUENT, L'ANNONCE DU GOUVERNEMENT TALIBAN EST ENCORE DIFFERE

Les talibans ont à nouveau différé samedi 4 septembre l’annonce de leur gouvernement, dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panchir .

La situation dans le Panchir, l’un des derniers foyers d’opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi.

Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d’accès située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi et le départ des dernières troupes américaines du pays de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

« La résistance continue »

Réfugié dans la vallée du Panchir, l’ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une « situation très difficile » dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la « résistance continu[ait] et continue[rait] ».

Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans auraient proposé d’attribuer deux sièges au FNR dans le gouvernement qu’ils veulent créer.

Et ce « alors que nous demandions un meilleur avenir pour l’Afghanistan. Nous n’avons même pas considéré » leur offre, a ajouté mercredi le fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda, estimant que les talibans avaient « choisi le chemin de la guerre ».

Vers un gouvernement « inclusif » ?

Depuis leur retour au pouvoir à l’issue d’une offensive militaire éclair qui a pris de court le gouvernement en place et la communauté internationale, les talibans se sont efforcés de montrer un visage modéré et ont multiplié les gestes d’ouverture.

Ils ont notamment promis un gouvernement « inclusif » et ont noué des contacts ces dernières semaines avec des personnalités afghanes qui leur sont opposées, comme l’ex-président Hamid Karzaï, ou l’ancien vice-président Abdullah Abdullah,

Mais rien n’a filtré à ce stade sur leurs véritables intentions ni sur la place qu’ils entendent accorder à des représentants de l’opposition ou aux minorités. Plusieurs pays ont répété vendredi que le nouveau régime serait jugé sur ses actes. Le président russe Vladimir Poutine a espéré que les talibans de comporteront de manière « civilisée » et Pékin les a appelés à « rompre » définitivement avec les groupes terroristes.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, qui sera de lundi à mercredi au Qatar, a de son côté espéré que le gouvernement mis en place par les talibans serait « réellement inclusif », avec « des non-talibans qui seraient « représentatifs des différentes communautés et des différents intérêts en Afghanistan. »

La composition de leur exécutif fera donc figure de test sur leur réelle volonté de changement.

Cependant selon les analystes , le gouvernement, dont on évoque qu’il comprendrait 25 ministres, devrait être composé principalement de talibans. Les analystes misent depuis des semaines sur un triumvirat composé du mollah Abdul Ghani Baradar, l’un des fondateurs du mouvement, de Mohammad Yaqoob (le fils du mollah Omar, l’autre fondateur), ainsi que de Sher Mohammad Abbas Stanikzai, un autre membre originel de l’organisation, qui assurera le poste de chef de la diplomatie. Sur le modèle iranien, ce gouvernement pourrait être placé sous l’autorité d’un guide spirituel, Haibatullah Akhundzada, mollah, lui aussi. Et les talibans ont laissé entendre qu’il pourrait n’y avoir aucune femme ministre, leur présence relevant plutôt des échelons inférieurs. Une perspective contre laquelle se sont élevées plusieurs militantes qui ont manifesté jeudi à Hérat puis vendredi à Kaboul.

Ahmad Nader Nadery, membre de la délégation afghane qui négocie avec les islamistes, interrogé par un journaliste du Point, déplore le blocage des pourparlers depuis la chute de Kaboul et fait le triste constat que « les discussions avec les talibans n’ont plus de sens ».

.«S’ils mettent du temps à rendre public leur gouvernement, cela ne veut pas du tout dire qu’ils négociaient avec qui que ce soit, note Kate Clark, codirectrice à l’Afghanistan Analysts Network . C’est simplement parce qu’ils veulent être sûrs auparavant qu’ils tiennent bien le pays et qu’aucune émeute ne viendra troubler la fête.»




Alize Marion pour DayNewsWorld

ATTAQUE TERRORISTE DANS UN SUPERMARCHE

 EN NOUVELLE-ZELANDE

Un homme a été abattu après avoir blessé six personnes avec un couteau lors d'une attaque « terroriste » dans un supermarché d'Auckland, en Nouvelle-Zélande. 

L'assaillant abattu était placé sous étroite surveillance en raison de ses convictions extrémistes, « inspirées du groupe État islamique ».

Un homme proche du groupe jihadiste État islamique a poignardé vendredi six personnes dans un supermarché d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, avant d'être tué par la police, qui l'avait placé sous surveillance, a annoncé la Première ministre Jacinda Ardern lors d'une conférence de presse peu après l'attaque.

Sous surveillance depuis 2016

L'homme, un Sri-Lankais arrivé en Nouvelle-Zélande en 2011 et qui figurait sur une liste antiterroriste des personnes à surveiller, est entré dans un centre commercial de la banlieue d'Auckland, s'est emparé d'un couteau sur un présentoir et a commencé à poignarder des passants, a relaté Jacinda Ardern.

Selon la Première ministre, six personnes ont été blessées, dont trois grièvement, avant que des policiers qui le surveillaient n'ouvrent le feu, dans la minute qui a suivi le début de l'attaque.

« Idéologie violente et inspirée du groupe jihadiste État islamique »

« Ce qui s'est passé aujourd'hui est ignoble, détestable », a déclaré Jacinda Ardern, ajoutant que cet acte n'était représentatif d'aucune religion ni d'aucune communauté : « Cela a été mené par un individu, pas par une foi, pas par une culture, pas par une ethnie, mais un individu mué par une idéologie qui n'est soutenue ici par personne ».

Interrogée sur les motivations de l'agresseur, la Première ministre a expliqué : « c'est une idéologie violente et inspirée du groupe État islamique », a t-elle ajouté, assurant ne pas pouvoir tout dire publiquement sur cet homme qui était surveillé depuis 2016 après une décision de justice.

Les autorités estiment que l'homme a agi seul et que la population ne court plus de risque, a assuré le commissaire de police Andrew Coster.

La Nouvelle-Zélande a connu sa pire attaque terroriste en mars 2019 à Christchurch, lorsqu'un suprémaciste blanc a ouvert le feu dans deux mosquées, tuant 51 personnes et en blessant 40 autres.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LES TALIBANS NOUVEAUX MAITRES

DE L'AFGHANISTAN

APRES LE DEPART DES SOLDATS AMERICAINS

Les talibans, nouveaux maîtres de l’Afghanistan, ont marché triomphalement, mardi 31 août, dans l’aéroport de Kaboul après le départ des derniers soldats américains, accompagnés de leurs hommes brandissant leur drapeau blanc sur lequel est inscrit en noir le début de la chahada, la profession de foi de l’islam et l’un des cinq piliers de la religion. .

Un jour historique

« Félicitations à l’Afghanistan (…). Cette victoire est la nôtre à tous », a déclaré dans la matinée le principal porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, à l’aéroport de la capitale. Dans la matinée du mardi 31 août, les talibans sont venus planter leur drapeau à l'aéroport de Kaboul.

« Nous avons un message à l'adresse de tout envahisseur éventuel : quiconque se tourne vers l'Afghanistan avec de mauvaises intentions sera confronté à ce que les États-Unis ont connu aujourd'hui », a déclaré Zabihullah Mujahid, le porte-parole des talibans.

Les Américains étaient entrés en Afghanistan en 2001, à la tête d’une coalition internationale, pour chasser du pouvoir les talibans en raison de leur refus de livrer le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. « C’est une grande leçon pour d’autres envahisseurs et pour notre future génération », et « c’est aussi une leçon pour le monde », a-t-il estimé. « C’est un jour historique, c’est un moment historique et nous en sommes fiers. »

Assurer la sécurité de l’aéroport

Pendant les quinze jours qui ont suivi la prise de la capitale par les talibans, le 15 août, les environs immédiats de l’aéroport international ont été occupés par une foule nombreuse tentant de monter désespérément dans les vols d’évacuation de la communauté internationale, orchestrés par les Etats-Unis. Mais bien plus d’Afghans sont restés bloqués à l’extérieur de cette zone par une série de barrages talibans. Mardi, tous ces postes de contrôle, sauf un, ont été démantelés sur la route menant à l’aéroport. Désormais assurer la sécurité de l’aéroport Hamid-Karzaï après le retrait définitif des troupes américaines est une question-clé. Les talibans ont répété à de multiples reprises qu’ils n’accepteraient pas d’aide militaire internationale.

Des blindés mis hors d’usage par l’armée américaine

Assurer la sécurité de l’aéroport Hamid-Karzaï est une question-clé. Les talibans ont répété à de multiples reprises qu’ils n’accepteraient pas d’aide militaire internationale.

A l’intérieur de l’enceinte, des dizaines d’avions et d’hélicoptères, donnés à l’armée régulière afghane par Washington, gisent, vides, après avoir été détruits par les troupes américaines avant leur départ. Quelque 73 aéronefs ont été « démilitarisés », c’est-à-dire mis hors d’usage, selon le chef du commandement central de l’armée américaine, le général Kenneth McKenzie. « [Ces appareils] ne pourront être utilisés par personne », a-t-il expliqué. Les fenêtres de leurs cockpits ont notamment été brisées et leurs pneus crevés.

Quelque 70 véhicules blindés MRAP et 27 véhicules légers Humvee ont également été mis hors d’usage par l’armée américaine au terme du pont aérien mis en place pendant deux semaines, et qui a permis d’évacuer 123 000 personnes. Washington aidera tous les Américains – il en reste entre 100 et 200 dans le pays – qui veulent quitter l’Afghanistan, a assuré le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken. Les Etats-Unis ont aussi détruit leur système de défense antimissile C-RAM, qui a arrêté, lundi, des tirs de roquettes de la branche locale de l’organisation Etat islamique, l’Etat islamique au Khorassan (EI-K). « C’est une procédure complexe et longue de démonter ces systèmes, a souligné le général McKenzie, alors, on les démilitarise pour qu’ils ne soient plus jamais utilisés. »

2 300 milliards de dollars en vingt ans

Joe Biden doit s’adresser mardi à ses concitoyens, nombreux à se demander à quoi auront servi ces deux décennies d’engagement en Afghanistan. Le président américain a maintes fois justifié le retrait par son refus de faire perdurer plus longtemps cette guerre, la plus longue qu’ait connue l’Amérique.

Au total, les Etats-Unis déplorent 2 350 morts et un coût financier évalué à 2 300 milliards de dollars par la Brown University.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LE LANCEMENT DE ROQUETTES

CONTRE L'AEROPORT DE KABOUL

REVENDIQUE PAR L'EI EN AFGHANISTAN

Les États-Unis ont mené plusieurs frappes au cours du week-end contre des cibles de l’EI. Dimanche, ils ont détruit un de ses véhicules chargé d’explosifs qui menaçait l’aéroport. Au lendemain de ces frappes, des roquettes ont été tirées, lundi matin, vers l’aéroport de Kaboul, a confirmé la Maison Blanche. Cette attaque survient à la veille du départ prévu de l’armée américaine en Afghanistan qui procède à ses dernières évacuations dans un climat extrêmement tendu.

Selon les médias afghans, ces roquettes auraient été tirées depuis un véhicule. L’agence de presse Pajhwok a évoqué plusieurs roquettes ayant frappé différents quartiers de la capitale afghane.Un responsable taliban sur les lieux a déclaré que cinq roquettes avaient été tirées et qu’elles avaient été arrêtées par le système de défense antimissiles de l’aéroport. Un autre drone américain a ensuite, selon lui, visé une voiture qui avait servi à lancer les roquettes, à près de 2 kilomètres de l’aéroport.

L’EI-K a revendiqué, dans l’après-midi, cette nouvelle attaque.

« Les soldats du califat ont ciblé l’aéroport international de Kaboul, avec six roquettes », a déclaré le groupe dans un communiqué. L’État islamique au Khorasan (EI-K) a déjà revendiqué l’attentat meurtrier de jeudi aux abords de l’aéroport de la capitale afghane qui a fait une centaine de morts, dont 13 militaires américains et deux Britanniques.

Des frappes qui agacent les talibans.

Les attaques contre l'aéroport de Kaboul tant des Etas-Unis que celles de l' EI sont dénoncées par les talibans. Les frappes américaines sont mal vues par les talibans.« Ils n’ont pas la permission de mener de telles opérations [..]. Notre indépendance doit être respectée » ​, a averti Zabihullah Mujahid.

Les attaques commises par l’État islamique en Afghanistan devraient cesser avec le départ des troupes américaines du pays, faute de quoi le nouveau gouvernement réprimera ce groupe, a assuré un porte-parole des talibans.« Nous espérons que les Afghans qui sont sous l’influence de l’EI […] abandonneront leurs opérations en voyant la mise en place d’un gouvernement islamique en l’absence de puissances étrangères », a déclaré le principal porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid,

« S’ils créent une situation de guerre et continuent leurs opérations, le gouvernement islamique […] s’occupera d’eux », a prévenu Zabihullah Mujahid dont le mouvement a promis la paix à son arrivée au pouvoir, deux décennies après en avoir été chassé.

Branche locale de l’EI, l’EI-K a mené une série d’attaques sanglantes ces dernières années en Afghanistan et au Pakistan, n’hésitant pas à massacrer des civils dans des mosquées, des écoles et des hôpitaux.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LE DOUBLE ATTENTAT DE KABOUL RAPPELLE

 LA RIVALITE ENTRE LES TALIBANS

ET LE GROUPE  L'ETAT ISLAMIQUE

Des dizaines d’Afghans et treize militaires américains ont été tués dans la double explosion survenue, jeudi 26 aout 2021 dans l'après-midi, près de l’aéroport international de Kaboul, où se pressent des milliers de personnes tentant de fuir le nouveau régime des talibans. Les explosions ont eu lieu près de la porte Abbey, qui constitue l’un des trois points d’accès à l’aéroport, et à proximité de l’hôtel Baron. Ce dernier était notamment utilisé par les Occidentaux pour préparer leurs évacuations.

Le décompte exact des victimes demeure difficile vendredi à la mi-journée. Le Pentagone a confirmé le décès de 13 soldats américains et une trentaine de blessés parmi ses troupes. Le correspondant du Wall Street Journal fait état d’au moins 60 morts et de plus de 150 blessés parmi la population présente sur les lieux au moment de l’attentat.

Revendiquée par la branche locale du groupe Etat islamique, l’Etat islamique au Khorasan (EI-K), l’attaque fait craindre que l’Afghanistan ne redevienne, sous le régime taliban, un refuge pour le réseau djihadiste et d’autres organisations terroristes.

La branche locale du groupe Etat islamique s’est créée, après 2014, autour de certains anciens talibans pakistanais et des Afghans, déçus par la politique, jugée trop modérée, des talibans, alors en négociations avec les Etats-Unis. Des Afghans ont ainsi rapidement rejoint l’EI, qui a officiellement reconnu, au début de 2015, la création de la province du Khorasan. L’EI-K a établi, dès 2015, sa tête de pont dans le district montagneux d’Achin, dans la province afghane de Nangarhar, la seule où il parviendra finalement à s’implanter durablement, avec celle, voisine, de Kunar. Partout ailleurs, le groupe s’est heurté aux talibans. Toutefois, il a réussi à former des cellules dormantes dans le pays, notamment à Kaboul, et au Pakistan, selon les Nations unies. Les dernières évaluations des effectifs de la branche locale varient d’un minimum de 500 à quelques milliers de combattants, selon un rapport du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies.

Le groupe État islamique, ennemi juré des talibans

L’objectif ultime des talibans se résumerait à faire de l’Afghanistan un émirat islamique dont la base serait l’application des principes religieux de l’islam radical et les traditions tribales pachtounes. Le groupe terroriste État islamique (EI), lui, est bien plus radical que les talibans A l’inverse des talibans, l’EI-K répond en effet à l’appel du groupe Etat islamique pour un djihad international. Il a revendiqué certaines des attaques les plus meurtrières commises au cours des dernières années en Afghanistan et au Pakistan. Notamment des attentats suicides dans des mosquées, des hôpitaux et d’autres lieux publics. Le groupe a en particulier ciblé des musulmans qu’il considère comme hérétiques, principalement des chiites de la minorité hazara. En août 2019, il a ainsi revendiqué un attentat contre des chiites lors d’un mariage à Kaboul, où 91 personnes ont été tuées. L’organisation profite actuellement du chaos dans le pays pour préparer des attentats. Cela lui permet d’étendre son influence, d’obtenir davantage de soutien de la part d’autres groupes terroristes pour maintenir la rivalité avec les talibans, et de conserver son statut de deuxième groupe extrémiste le plus important en Afghanistan.

En février 2020, les talibans s’engagent à Doha à chasser toute organisation terroriste.

Dans l’accord conclu en février 2020 avec les Etats-Unis sur le retrait des forces étrangères, les talibans ont promis de ne pas laisser le pays servir de base pour l’organisation d’attaques contre les Américains et leurs alliés. Le groupe Etat islamique s’était montré très critique à l’égard de cet accord de retrait, accusant les talibans d’avoir renié la cause djihadiste.

C'est pourquoi le groupe Etat islamique pourrait profiter de l’effondrement de l’Etat afghan. « Malgré les pertes essuyées en 2020 au niveau du territoire, du financement, de la direction et des effectifs, l’EIIL-K continue de faire peser une menace sur le pays et la région. Il aspire à avoir voix au chapitre et à reconstituer ses rangs, cherchant à recruter et à former de nouveaux partisans au sein des talibans qui seraient réfractaires au processus de paix », rappelait, en juin 2021, un rapport des Nations Unies.

« La double explosion revendiquée par l’Etat islamique d’Iraq et du Levant-Khorassan (EIIL-K) est l’illustration que la situation est loin d’être figée en Afghanistan et que les talibans sont loin d’en être les maîtres absolus », avance le journaliste Claude Leblanc dans l'Opinion




Alize Marion pour DayNewsWorld

FACE A UNE MENACE TERRORISTE IMMINENTE

 LES OCCIDENTAUX ENJOINTS  DE QUITTER

L'AEROPORT DE KABOUL EN AFGHANISTAN

Le secrétaire d’Etat britannique chargé des forces armées, James Heappey, a indiqué ce jeudi matin que la menace terroriste qui a poussé Londres à déconseiller dans la nuit à ses ressortissants de rejoindre l’aéroport de Kaboul était «très sérieuse» et «imminente». «Les informations recueillies au cours de la semaine sont de plus en plus sérieuses : elles font état d’une menace imminente et grave pour la vie, a indiqué James Heappey sur Times Radio. Il s’agit d’une menace très sérieuse, très imminente.»

Les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni ont enjoint leurs ressortissants à s’éloigner au plus vite de l’aéroport de Kaboul en raison de menaces «terroristes», alors que des milliers de personnes s’y massent toujours dans l’espoir de fuir le pays tombé aux mains des talibans. Ils ont émis simultanément des mises en garde très précises et presque identiques dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les personnes «se trouvant actuellement aux entrées Abbey, Est et Nord devraient partir immédiatement», a indiqué le département d’Etat américain, invoquant des «menaces sécuritaires». La diplomatie australienne a pour sa part mis en garde contre une «menace très élevée d’attentat terroriste» tandis que Londres a émis une alerte similaire, ajoutant : «Si vous vous trouvez dans la zone de l’aéroport, quittez-la pour un endroit sûr et attendez d’autres instructions. Si vous êtes à même de quitter l’Afghanistan en sécurité par d’autres moyens, faites-le immédiatement.»

Face à la menace, les Pays-Bas ont annoncé qu’ils allaient interrompre leurs vols d’évacuation depuis Kaboul ce jeudi, les forces américaines leur ayant demandé de quitter l’aéroport de la capitale afghane avant qu’elles n’opèrent leur retrait prévu. «Les Pays-Bas ont été informés aujourd’hui par les Etats-Unis qu’ils devaient partir et vont probablement organiser les derniers vols plus tard dans la journée», ont annoncé les ministres néerlandais des Affaires étrangères et de la Défense dans une lettre au Parlement.

«Engagements en public et en privé» des talibans

Ces avertissements interviennent alors que le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avait assuré peu auparavant que les talibans s’étaient engagés à laisser partir les Américains et les Afghans à risque se trouvant encore dans le pays après la date butoir du 31 août : «Les talibans ont pris des engagements en public et en privé pour fournir et permettre un passage sûr aux Américains, aux autres étrangers et aux Afghans à risque, dans le futur, après le 31 août.» Il n’a toutefois pas spécifié comment leur départ s’organiserait, alors que les forces américaines doivent quitter le pays d’ici la fin du mois – une deadline confirmée mardi par le président des Etats-Unis, Joe Biden.

L’Allemagne a également affirmé mercredi avoir reçu l’assurance des talibans que des Afghans pourraient quitter leur pays à bord de vols commerciaux après le retrait définitif des troupes américaines le 31 août. Le chef adjoint du bureau politique des talibans au Qatar, Sher Abbas Stanekzai, «m’a assuré que les Afghans possédant des documents valides continueront à avoir la possibilité de voyager sur des vols commerciaux après le 31 août», a affirmé sur Twitter le diplomate allemand qui négocie avec les talibans, Markus Potzel, à l’issue d’une rencontre au Qatar.

Le Premier ministre français, Jean Castex, a pour sa part fait savoir que l’opération française d’évacuation s’achèvera totalement vendredi soir, et non pas ce jeudi, comme laissé entendre ces derniers jours.

«Risque grave et croissant d’attaque»

La Belgique a de son côté annoncé que les évacuations de ses ressortissants et des Afghans qu’elle protégeait avaient cessé mercredi soir, et la France a prévenu que son pont aérien cesserait dès jeudi soir si la date du 31 août était maintenue. La Turquie a quant à elle annoncé le retrait de ses soldats, qui gardaient l’aéroport de Kaboul au côté des militaires américains, abandonnant ainsi sa proposition de continuer à assurer la sécurité de l’aéroport de Kaboul après le retrait des forces américaines.

Lors d’un sommet virtuel mardi avec les autres dirigeants du G7, Joe Biden avait écarté l’idée de prolonger la présence militaire américaine à Kaboul, évoquant déjà un «risque grave et croissant d’attaque» de l’Etat islamique (EI) à l’aéroport en Afghanistan. « Chaque jour d'opérations apporte un risque supplémentaire pour nos troupes », a affirmé le président américain dans une allocution télévisée. La branche locale de l'EI , « un ennemi juré des talibans », a-t-il rappelé, « cherche à viser l'aéroport et attaquer les forces américaines et alliées ainsi que les civils innocents ».

Le groupe État islamique, ennemi juré des talibans

L’objectif ultime des talibans se résumerait à faire de l’Afghanistan un émirat islamique dont la base serait l’application des principes religieux de l’islam radical et les traditions tribales pachtounes. Le groupe terroriste État islamique (EI), lui, serait bien plus radical que les talibans, d'où la crainte de son expansion. Il s’est répandu dans le pays à partir de 2015 et a créé sa propre « filiale » afghane la même année, l’ISKP (État islamique-province du Khorasan). De nombreux combats meurtriers se sont, depuis, produits entre les talibans et l’EI sur le sol afghan.

En février 2020, les talibans s’engagent à Doha à chasser toute organisation terroriste.

Cependant, cette menace terroriste venant de l'EI viseraient non pas les Afghans mais plutôt les intérêts étrangers occidentaux dans la zone complètement désorganisée qu'est actuellement Kaboul .




Alize Marion pour DayNewsWorld

LES ANNONCES DES TALIBANS

 CONCERNANT LES FEMMES AFGHANES

Depuis la chute de Kaboul, dimanche 15 août 2021, l’Afghanistan est de nouveau aux mains des talibans, vingt ans après qu’ils ont été chassés du pouvoir. Les insurgés cherchent à rassurer, en multipliant les gestes d’apaisement à l’égard de la population et surtout des femmes.

Manifestation de quelques femmes

D'ailleurs plusieurs femmes afghanes ont manifesté mardi dans les rues de Kaboul, devant des talibans, deux jours après leur prise du pouvoir, pour défendre leurs droits

Les images ont été largement relayées sur les réseaux sociaux. Elles montrent quatre femmes afghanes qui manifestent, brandissant des affichettes, devant des talibans en armes. C'est le correspondant d'Al Jazeera en Afghanistan qui a filmé cette manifestation à Kaboul, mardi, soit deux jours après la prise de pouvoir des talibans dans la capitale du pays. Selon Le Parisien, ces femmes se seraient brièvement rassemblées devant l'entrée de la zone verte - le quartier international et diplomatique - pour demander le droit de revenir y travailler comme cuisinières ou femmes de ménage. Des talibans auraient dans un premier temps tenté de les disperser sans succès. Des civils les auraient ensuite convaincues de partir.

Les femmes « nécessaires pour la société »

Pour l'instant, les talibans tentent de rassurer. Un porte-parole a ainsi assuré lors d'une conférence de presse qui s'est tenue mardi que les femmes ne seraient pas obligées de porter la burqa. Le port de la burqa, un voile intégral, ne sera pas obligatoire pour les femmes car « il existe différents types de voile », a annoncé ce mardi 17 août un porte-parole des talibans qui ont pris le pouvoir en Afghanistan. « La burqa n’est pas le seul hijab [voile] qui peut être porté, il existe différents types de hijab qui ne se limitent pas à la burqa », a déclaré Suhail Shaheen, porte-parole du bureau politique du groupe à Doha, à la chaîne britannique Sky News.Suhail Shaheen n’a pas précisé quels sont les autres types de hijab qui seraient jugés acceptables par les talibans.

Scolarisées du primaire à l’université

Avec le retour au pouvoir des talibans, qui ont appliqué une version ultra-rigoriste de la loi islamique, de nombreux pays et organisations de défense des droits humains se sont dits préoccupés du sort des filles et femmes en Afghanistan.Le porte-parole a également déclaré que les femmes étaient « nécessaires pour la société », « on a besoin d'elles pour la médecine, l'éducation, la police, la justice ». Des images montrant des fillettes allant à l'école ont également été diffusées.

« Elles peuvent recevoir une éducation du primaire à l’université. Nous avons annoncé cette politique lors de conférences internationales, à la conférence de Moscou et ici à la conférence de Doha [sur l’Afghanistan] », a expliqué Suhail Shaheen. Des milliers d’écoles dans les zones contrôlées par les talibans sont toujours ouvertes, a-t-il précisé.

Des inquiétudes tout de même

Si les talibans ont déclaré que les droits des femmes seraient respectés, qu'elles seraient autorisés à travailler et étudier - dans le respect de la loi islamique - les inquiétudes demeurent. Lorsque les talibans dirigeaient l'Afghanistan entre 1996 et 2001, les écoles de filles étaient fermées, les femmes ne pouvaient ni voyager ni travailler et étaient obligées de porter en public une burqa - un voile intégral qui recouvre le corps et le visage avec une grille en tissu au niveau des yeux. Les femmes ne pouvaient quitter leur domicile qu'accompagnées d'un « mahram », un chaperon masculin de leur famille.

Et  les flagellations et les exécutions, y compris les lapidations pour adultère, étaient pratiquées sur les places des villes et dans les stades.




Alize Marion pour DayNewsWorld

AFGHANISTAN OPERATIONS

 D'EVACUATION DANS LE CHAOS

Le chaos continue à l'aéroport de Kaboul, où des milliers d'Afghans tentent de fuir l'arrivée des talibans. Les Taliban ont encerclé la capitale de l’Afghanistan, dimanche, après plusieurs semaines d’offensive dans le reste du pays. Face à l’arrivée du groupe islamiste, de nombreux habitants paniqués ont essayé de fuir, alors que les ambassades étrangères évacuent leur personnel.

Le chaos à l'aéroport de Kaboul

Des vidéos et des photos partagées sur les réseaux sociaux montrent le chaos qui régnait à Kaboul lorsque les Taliban sont arrivés aux portes de la ville le 15 août 2021. Des habitants se sont précipités pour retirer de l'argent et prendre la route dans l’espoir de quitter le pays, désormais presque entièrement contrôlé par les Taliban.Les combattants taliban ont dans un premier temps reçu l’ordre d’attendre à l’extérieur de la ville en attendant les négociations avec le gouvernement pour une transition « pacifique » du pouvoir, ainsi que de laisser passer les personnes qui souhaitaient partir.

Parallèlement, des milliers d'Afghans, n'ayant jamais travaillé pour les étrangers et n'ayant aucune chance d'obtenir un visa à ce titre se sont rués vers l'aéroport dans un climat de chaos total.

Ainsi une incroyable image de l'intérieur d'un avion de transport américain qui a décollé dimanche soir de Kaboul montre 640 Afghans à son bord. Le site américain Defense One (article en anglais), qui a publié cette image très partagée cette nuit, raconte que l'avion n'est théoriquement pas capable de transporter autant de personne, mais que l'équipage a choisi de décoller quand même. Un responsable du ministère américain de la Défense assure même que d'autres appareils ont décollé avec davantage de civils à bord, vers une base au Qatar.

Lundi après-midi, le chaos était tel à l'aéroport de Kaboul, dont les pistes étaient envahies de candidats au départ, que les vols civils et militaires ont dû être suspendus.

Les évacuations de diplomates

L'évacuation de diplomates, d'autres étrangers et d'Afghans ayant travaillé avec les Occidentaux s'organisait dès lundi dans l'urgence et dans des conditions très difficiles à Kaboul, tombée aux mains des talibans.

Les Américains ont envoyé 6.000 militaires pour évacuer quelque 30.000 personnes, à savoir leurs diplomates ainsi que des civils afghans ayant coopéré avec les États-Unis.De Madrid à La Haye, en passant par Paris, Bucarest, Londres... : partout, les chancelleries s'activent pour dépêcher des moyens aériens. Les exceptions russe et chinoise -

Les membres du personnel de l'ambassade des Etats-Unis et de nombreuses autres ambassades ont été regroupés à l'aéroport de la capitale afghane, sécurisé par les soldats américains, pour être évacués. Certains ont déjà tous pu quitter l'Afghanistan, à l'instar de l'ensemble du personnel de l'ambassade de Norvège, a déclaré lundi l'armée norvégienne.

A l'exception de la Russie et de la Chine

Pour sa part, la Russie ne prévoyait pas d'évacuer son ambassade.

La Russie fait partie des pays ayant reçu des garanties de la part des talibans quant à la sécurité de leurs ambassades, a expliqué Zamir Kaboulov, l'émissaire du Kremlin pour l'Afghanistan.

Quant à La Chine, qui a rapatrié début juillet 210 de ses ressortissants d'Afghanistan, elle a appelé les nouvelles autorités à assurer la sécurité de ceux restés sur place.

L'ambassade de Chine à Kaboul « continue de fonctionner normalement », a précisé lundi une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

Evacuation française.

Un premier avion français a quitté Kaboul pour une base militaire française à Abou Dhabi (Emirats arabes unis) dans la nuit, a annoncé la ministre des Armées, Florence Parly sur RTL. Elle n'a pas précisé qui était à son bord, ni combien de passagers il a transporté. Le ministère des Armées a précisé que 45 personnes exfiltrées de la capitale par la France étaient attendues à Roissy dès cet après-midi. Interrogée sur le sort des Afghans employés par l'armée française , Florence Parly a exprimé le souhait de les évacuer, mais a affirmé que leur localisation n'est pas toujours connue et que « la vraie difficulté est d'obtenir que ces personnes puissent passer » les barrages tenus par les talibans, pour atteindre l'aéroport.

Emmanuel Macron a dans sa prise de parole lundi a promis de « mettre en sécurité nos compatriotes ».

Il a aussi déclaré que la France protégerait les Afghans l'ayant aidée et « celles et ceux qui sont les plus menacés », mais a appelé à anticiper des « flux migratoires irréguliers importants ».




Alize Marion pour DayNewsWorld

PRES DE 1 300 MORTS ET 5700 BLESSES

 DANS UN SEISME EN HAITI

Des équipes de sauveteurs cherchent encore des survivants lundi 16 aout 2021 en Haïti au surlendemain d'un séisme de magnitude 7,2 qui a ravivé les terribles souvenirs du grand tremblement de terre de 2010. Le séisme s'est produit samedi à 08H29 (12h29 GMT) à 12 km de la ville de Saint-Louis-du-Sud, située à quelque 160 km de la capitale haïtienne Port-au-Prince, selon les données de l'Institut américain de géophysique (USGS).

Le bilan, toujours provisoire, faisant état d’au moins 1 297 morts et 5 700 blessés, pour environ 30 000 maisons endommagées ou détruites.

Trois départements du sud-ouest d’Haïti – ceux du Sud, de Grand’Anse et de Nippes – ont payé le plus lourd tribut à cette catastrophe.Tous trois forment l’extrémité occidentale de la péninsule de Tiburon, étroite bande de terre tout en longueur qui s’étire sur 200 kilomètres, à l’ouest de Port-au-Prince.

La situation est tout aussi critique dans de nombreuses localités de la région de Tiburon. A une cinquantaine de kilomètres à l’ouest, la ville des Cayes, chef-lieu du département du Sud, est l’une des plus touchées.

De nombreux bâtiments se sont effondrés lors de la puissante secousse qui a piégé des centaines d'habitants sous des dalles de béton.

Les habitants se sont mobilisés pour secourir des victimes blessées dans l'effondrement des édifices. « Les premières interventions, menées tant par les sauveteurs professionnels que par des membres de la population ont permis d'extraire de nombreuses personnes des décombres », ont souligné les services de la protection civile.Les efforts des secours pourraient se voir entravés à l'approche de la tempête tropicale Grace, avec un risque de pluie torrentielles et d'inondations rapides, selon le service national météorologique des Etats-Unis.

Le chef du gouvernement, Ariel Henry, qui a survolé en hélicoptère les zones les plus affectées samedi, a annoncé que l'état d'urgence avait été déclaré pour un mois sur les quatre départements affectés par la catastrophe.

Menace des gangs

Du personnel et des médicaments ont été acheminés par le ministère de la Santé vers la péninsule sud-ouest mais la logistique d'urgence est mise en péril par l'insécurité qui mine Haïti depuis des mois.

Sur un peu plus de deux kilomètres, l'unique route reliant la capitale à la moitié sud du pays traverse le quartier pauvre de Martissant sous contrôle des gangs armés depuis début juin, empêchant la libre circulation.

Aide internationale

Le président américain Joe Biden a offert samedi l'assistante « immédiate » des Etats-Unis. Il a chargé la directrice de l'agence américaine d'aide internationale (USAID), Samantha Powers, de coordonner cet effort.

De son côté le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a assuré « suivre les dernier développements de la tragédie en Haïti ». « Les Nations Unies travaillent pour soutenir les besoins d'urgence », a-t-il tweeté.

Les 253 médecins cubains présents dans le pays pour coopérer dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 adaptaient un hôpital de Port-au-Prince pour recevoir des blessés.

La République Dominicaine, voisine de Haïti sur la même île, a annoncé l'envoi de 10.000 rations d'urgence et des équipements médicaux.

La joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka, dont le père est Haïtien, va offrir la totalité des gains qu'elle percevra lors d'un prochain tournoi aux victimes du séisme. « Cette dévastation fait vraiment du mal », a-t-elle écrit sur twitter.

Le pays le plus pauvre des Amériques garde encore en mémoire le séisme du 12 janvier 2010 qui avait ravagé la capitale et plusieurs villes de province.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LES TALIBANS AUX PORTES DE KABOUL,

LE PRESIDENT ASHRAF GHANI A QUITTE LE PAYS

Les talibans sont sur le point de reprendre le pouvoir en Afghanistan, après être arrivés aux portes de Kaboul tandis que le président Ashraf Ghani a quitté le pays.

Le président afghan réclame le maintien l'ordre public à Kaboul. Ashraf Ghani a demandé aux forces de sécurité de garantir la « sécurité de tous les citoyens » en maintenant l'ordre public à Kaboul. « C'est notre responsabilité et nous le ferons de la meilleure manière possible. Quiconque pense à créer le chaos ou à piller sera traité avec force », a déclaré le chef de l'Etat dans un message vidéo envoyé à la presse.

Le ministre de l'Intérieur promet « un transfert pacifique du pouvoir ». Abdul Sattar Mirzakwal a annoncé qu'un « transfert pacifique du pouvoir vers un gouvernement de transition » allait avoir lieu dans le pays. Le ministre a également tenté de rassurer la population : « Les Afghans ne doivent pas s'inquiéter (...) Il n'y aura pas d'attaque sur la ville [de Kaboul] ».

Les talibans avaient aussi pris, dimanche, le contrôle du dernier poste-frontière encore aux mains du gouvernement afghan : celui de Torkham, à la frontière avec le Pakistan, a déclaré dimanche le ministre de l’intérieur pakistanais, Sheikh Rashid Ahmed. Cela signifie que les insurgés ont désormais la maîtrise de l’ensemble des frontières afghanes, faisant de l’aéroport de Kaboul la dernière porte de sortie du pays.

Déroute totale pour l’armée

Une poignée de villes mineures sont encore sous le contrôle du gouvernement, mais, dispersées et coupées de la capitale, n’ont plus une grande valeur stratégique. La déroute est totale pour le gouvernement du président, Ashraf Ghani, et pour les forces de sécurité afghanes, pourtant financées pendant vingt ans par les Etats-Unis.

Face à l’avancée fulgurante des talibans, des dizaines de soldats afghans se sont réfugiés en, Ouzbékistan voisin, ont annoncé dimanche les autorités de Tachkent dans un communiqué. En juillet, un millier de soldats afghans avaient déjà traversé la frontière vers le Tadjikistan après des combats avec les talibans. Les troupes ouzbèkes à la frontière entre les deux pays ont arrêté 84 soldats afghans et des discussions ont été engagées avec les autorités afghanes pour organiser leur retour dans leur pays, a fait savoir le ministère des affaires étrangères ouzbek.

Evacuation des ambassades

Face à l’effondrement de l’armée afghane, le président américain, Joe Biden, a porté à 5 000 soldats le déploiement militaire à l’aéroport de Kaboul pour évacuer les diplomates américains et les civils afghans ayant coopéré avec les Etats-Unis et qui craignent pour leur vie. Le Pentagone évalue à 30 000 le nombre de personnes à évacuer.

Comme la veille, les hélicoptères américains continuaient dimanche leurs rotations incessantes entre l’aéroport et l’ambassade américaine, un gigantesque complexe situé dans la « zone verte », ultrafortifiée, au centre de la capitale. Le président des Etats-Unis a menacé les talibans d’une réponse « rapide et forte » en cas d’attaque qui mettrait en danger des ressortissants américains lors de l’opération d’évacuation.

Mais il a aussi défendu sa décision de mettre fin à vingt ans de guerre, la plus longue qu’ait connue l’Amérique, lancée dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. « Une année ou cinq années de plus de présence militaire américaine n’aurait fait aucune différence, quand l’armée afghane ne peut ou ne veut pas défendre son propre pays », a-t-il affirmé. L’ambassade américaine a ordonné à son personnel de détruire les documents sensibles et symboles américains qui pourraient être utilisés par les talibans « à des fins de propagande ».

Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir, et fait savoir dimanche que le parlement serait convoqué en urgence pour discuter de la situation en Afghanistan. Plusieurs pays occidentaux vont réduire au strict minimum leur présence, voire fermer provisoirement leur ambassade.

Le ministère des affaires étrangères français a annoncé dimanche des renforts militaires seraient déployés aux Emirats arabes unis (EAU) pour faciliter l’évacuation de ses ressortissants, après avoir déplacé son ambassade à l’aéroport de Kaboul.

De son côté, la Russie ne prévoit pas d’évacuer son ambassade à Kaboul, a fait savoir dimanche un responsable du ministère des affaires étrangères russe à l’agence de presse Interfax. Moscou dit également œuvrer pour la tenue d’une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies.

Les talibans, qui veillent à afficher une image plus modérée que lorsqu’ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001, ont maintes fois promis que s’ils revenaient au pouvoir, ils respecteraient les droits humains, en particulier ceux des femmes, en accord avec les « valeurs islamiques ».

Mais, dans les zones nouvellement conquises, ils ont déjà été accusés de nombreuses exactions : meurtres de civils, décapitations, enlèvements d’adolescentes pour les marier de force, notamment.



Joanne Courbet pour DayNewsWorld

NEUF CAPITALES REGIONALES

AUX MAINS DES TALIBANS

En Afghanistan, des « centaines » de membres des forces de sécurité, qui s’étaient retirés près de l’aéroport de Kunduz (nord), après la chute ce week-end de la ville, se sont rendus mercredi 11 août aux talibans, a déclaré Amruddin Wali, un conseiller provincial.

« La plupart des soldats qui étaient postés dans l’aéroport se rendent », a confirmé un soldat sur place, qui a requis l’anonymat. « Les talibans nous encerclaient, ils nous tiraient des obus dessus. Il n’y avait aucun moyen de répliquer », a-t-il justifié.

Les talibans ont lancé une offensive en mai, à la faveur du début du retrait final des troupes américaines et étrangères, qui doit être achevé d’ici le 31 août. Ils se sont emparés depuis de vastes territoires ruraux sans rencontrer grande résistance. Leur avancée s’est accélérée ces derniers jours avec la prise de plusieurs centres urbains.

Les talibans sont aujourd'hui à la tête de neuf des 34 capitales provinciales de l'Afghanistan dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté....

Entre vendredi et lundi, ils ont pris le contrôle de Zaranj, de Sheberghan, puis de la grande ville du Nord-Est, Kunduz, mais aussi de Taloqan et Sar-e-Pul. Et dans la nuit de mardi à mercredi, c'est la ville de Faizabad qui est tombée Les talibans se sont ainsi rendus maîtres en moins de trois mois de la quasi-totalité des districts du Nord et de l'Ouest.

« Seul le centre de l'Afghanistan reste sous contrôle de l'État. Le reste du pays, de peuplement pachtoune dans l'Est et le Sud, d'où sont originaires les talibans, leur est déjà quasiment acquis. »,conclut sur France info Georges Lefeuvre chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de l'Afghanistan, du Pakistan et de l'Inde

Le président afghan, Ashraf Ghani, est arrivé mercredi à Mazar-e Charif, une grande ville du nord du pays ciblée par les talibans, pour tenter de coordonner la riposte aux insurgés. .Après être arrivé dans la nuit à Mazar-e Charif à la tête d’un large contingent d’hommes armés, le maréchal Dostom, puissant dirigeant d’ethnie ouzbèke, a lancé un avertissement aux talibans.

Ils « n’apprennent jamais du passé. Ils sont venus plusieurs fois dans le Nord et y ont toujours été piégés », a-t-il déclaré à la presse locale.

Washington agacé par la faiblesse de l’armée de Kaboul

La perte de Mazar-e Charif serait catastrophique pour le gouvernement, qui n’aurait plus aucun contrôle sur toute la moitié nord du pays. Cela permettrait aussi aux talibans de reporter leurs efforts sur d’autres régions et peut-être même sur la capitale, Kaboul.

« Je ne regrette pas ma décision » de quitter l’Afghanistan, a assuré mardi le président des Etats-Unis, Joe Biden. Les Afghans « doivent avoir la volonté de se battre » et « doivent se battre pour eux-mêmes, pour leur nation », a-t-il également déclaré. Washington cache de moins en moins son agacement face à la faiblesse de l’armée de Kaboul, que les Américains forment, financent et équipent depuis des années.

Une réunion internationale avec des représentants du Qatar, des Etats-Unis, de Chine, du Royaume-Uni, de l’Ouzbékistan, du Pakistan, des Nations unies et de l’Union européenne a eu lieu mardi à Doha.

L’émissaire américain, Zalmay Khalilzad, devait y exhorter les talibans « à cesser leur offensive militaire et à négocier un accord politique ».

Le processus de paix entre le gouvernement afghan et les talibans s’est ouvert en septembre au Qatar, dans le cadre de l’accord conclu en février 2020 entre les insurgés et Washington prévoyant le départ total des troupes étrangères d’Afghanistan. Mais les discussions sont aujourd’hui au point mort.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

COVID  ENVOLEE DU NOMBRE D'ENFANTS HOSPITALISES

Partout où sévit le variant delta du virus responsable du Covid-19, les données hospitalières suggèrent une envolée du nombre d'enfants hospitalisés.

Aux États-Unis, les données de deux États parmi les moins vaccinés et les plus frappés par le variant delta inquiètent: en Floride et en Louisiane, un nombre considérable d'enfants se retrouvent à l'hôpital pour Covid-19.

À la Nouvelle-Orléans (Louisiane), en seulement deux semaines, pas moins de 20 enfants ont contracté une forme grave du Covid-19.

Depuis le début de la pandémie, 4,1 millions d'enfants ont été testés positifs au Covid-19 aux Etats-Unis, soit 14,3% des contaminations. Un pourcentage qui avoisine les 20% fin juillet.

Au Royaume-Uni aussi, le nombre d'enfants hospitalisés pour Covid s'est envolé en même temps que le variant delta, en juin et juillet. Les hôpitaux britanniques ont accueilli plus de 300 enfants par semaine fin juillet - un niveau jusque-là inédit.

En France aussi, dans les régions les plus fortement touchées, le nombre d'enfants hospitalisés a atteint des records.

C'est le cas en Occitanie, où il y a depuis quatre semaines plus d'enfants hospitalisés que n'importe quand depuis le début de la pandémie.

Un virus plus contagieux ou plus dangereux ?

Dès lors, cette forte hausse des cas chez les enfants est-elle une conséquence d'un virus plus dangereux pour eux, ou simplement d'un virus qui circule plus?

Pour l'instant, les scientifiques ne savent pas l'expliquer, mais les observations sont sans appel. Les médecins supposent que l'hypertransmissibilité de ce variant, conjugué à une population peu ou pas assez vaccinée, sont une partie de l'explication.

Et ce d'autant plus que les enfants les plus jeunes ne sont pas encore éligibles à la vaccination.

L'Organisation mondiale pour la santé (OMS) n'imagine pas que le variant delta soit plus virulent chez les plus jeunes:

« Je serai très claire : nous ne constatons pas que le variant Delta prend pour cible spécifiquement les enfants. Le taux d'incidence augmente dans toutes les tranches d'âge »

Maria Van Kerkhove, directrice de l'équipe technique Covid-19 pour l'OMS

Une chose est toutefois certaine: le fait qu'ils ne soient pas vaccinés « pousse » le virus à infecter les enfants plutôt que les adultes, chez qui une part croissante de la population est immunisée.

C'est pourquoi l'Association américaine de pédiatrie réclame désormais la vaccination pour les 5-11 ans.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

COVID DES RETICENCES A UN MORATOIRE SUR LA TROISIEME DOSE DEMANDE PAR L'OMS

Le patron de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé mercredi 4 août 2021 à un moratoire sur l’administration de ces vaccins de rappel, afin de laisser ces doses à disposition des pays qui n’ont pu immuniser qu’une partie infime de leur population.

Ceci pour servir une approche globale pas de nouvelles injections dans les pays riches avant d'avoir distribué les premières dans les pays pauvres.« Nous avons un besoin urgent de renverser les choses : d’une majorité de vaccins allant dans les pays riches à une majorité allant dans les pays pauvres », a-t-il affirmé lors d’un point presse à Genève.

Jusqu'ici, sur les quelque 4 milliards de doses injectées dans le monde, 80% sont allées à des pays aux revenus moyens ou supérieurs... qui représentent moins de 50% de la population mondiale. Le secrétaire général de l'ONU s'était engagé à atteindre en septembre une couverture vaccinale minimale de 10% dans chaque pays du monde, et le compte n'y est pas.

1,5% seulement de la population des pays à faibles revenus est vaccinée, ce ratio étant proche de zéro dans de vastes portions du monde. Concrètement, l'OMS appelle les pays riches, comme les producteurs de vaccin, à se tourner vers le système de redistribution international Covax, encore largement sous-doté, pour rétablir l'équilibre.

Le gouvernement israélien n’a pas commenté directement la demande de l’OMS , mais a continué d’administrer ce jeudi des troisièmes doses de vaccin anti-Covid, principalement des laboratoires Pfizer/BioNtech. Sous l’œil des caméras, le président Isaac Herzog, le chef de l’opposition Benyamin Netanyahou et la mère du Premier ministre Nafatli Bennett ont notamment reçu cette troisième dose.

Cette piqûre de rappel vise à renforcer le système immunitaire face à la propagation du variant Delta, plus contagieux que les autres.« Ceux qui sont âgés de 60 ans et plus et qui n’ont pas encore reçu de troisième dose sont six fois plus susceptibles d’être gravement malades, voire de mourir », a déclaré M. Bennett.

« Je demande à ce que, dans les deux à trois prochaines semaines, d’ici à ce que vous vous fassiez vacciner et que vous attendiez cinq jours après votre troisième dose, de faire attention à vous », a-t-il ajouté. L'Allemagne a déjà annoncé une campagne pour une « troisième dose ». En France, l'exécutif devrait arbitrer la semaine prochaine la question d'une vaccination des plus fragiles dès septembre.

Les États-Unis, de leur côté, ont aussitôt fait savoir leur opposition à un tel moratoire, dénonçant d'ailleurs « une fausse alternative », même si les Etats-Unis n'ont pas encore formellement prévu de campagne de rappel.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki a ainsi estimé : « Nous pensons que nous pouvons faire les deux, nous n'avons pas besoin de choisir » entre les doses de rappel pour les Américains déjà vaccinés, et les pays défavorisés qu'il faut soutenir....




Larry Ricky pour DayNewsWorld

COVID DANS LE MONDE

UN GRAND NOMBRE DE PAYS RENOUENT

AVEC LES RESTRICTIONS SANITAIRES

Le variant Delta du coronavirus aura eu, en quelques semaines, raison de l’insouciance estivale et de nombreux pays renouent, en plein cœur de l’été, avec les mesures restrictives.

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 4,2 millions de morts dans le monde depuis la fin de 2019, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse vendredi 30 juillet à partir des chiffres officiels fournis par les autorités de chaque pays. Mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que ceux-ci pourraient être deux à trois fois plus élevés si la surmortalité directement et indirectement liée à la maladie était prise en compte.

Plus de 4 milliards de doses de vaccin contre le Covid-19 ont été administrées à travers le monde. La vaccination reste toutefois fortement inégalitaire : les pays à revenu élevé ont ainsi inoculé en moyenne 97 doses pour 100 habitants, contre seulement 1,6 dose dans les pays pauvres.

Le variant Delta se propage en Chine

La Chine est confrontée à un rebond épidémique, qui menace sa politique du zéro cas de Covid-19. Le regain de contamination, encore très limité, touchait vendredi cinq provinces et la ville de Pékin. Ces cas ont leur épicentre dans la ville de Nankin (est). Le foyer épidémique apparu à l’aéroport de Nankin (est) fin juillet, s’est désormais propagé à plus d’une vingtaine de villes et plus d’une dizaine de provinces. Des millions de personnes ont subi ce dimanche 1 er août un test de dépistage au Covid-19 dans plusieurs grandes villes de Chine pour tenter de juguler une hausse des cas de coronavirus. La Chine a fait état dimanche de 75 nouvelles contaminations parmi lesquels 53 transmissions locales.

Des centaines de milliers de personnes sont désormais confinées dans la province du Jiangsu, dont Nankin est la capitale, tandis que la ville a soumis ses 9,2 millions d’habitants à deux dépistages. La ville touristique de Zhangjiajie, dans la province du Hunan, où une poignée de personnes positives ont assisté à une représentation théâtrale, a confiné ses 1,5 million d’habitants et fermé toutes les attractions touristiques vendredi, selon un communiqué officiel. Célèbre pour ses formations rocheuses impressionnantes, la ville est l’endroit où une partie de la superproduction Avatar a été filmée.

En France la Réunion et la Martinique reconfinées

La Réunion et la Martinique, départements français d'Outre-mer, s'apprêtent à reconfiner face à la hausse fulgurante des cas de Covid-19, une situation qualifiée de «dramatique» par le Premier ministre Jean Castex.

En Guadeloupe, le guitariste Jacob Desvarieux, membre fondateur du groupe de zouk Kassav', est décédé vendredi des suites du Covid-19.Alors que la hausse des contaminations dues au variant Delta se concentrait ces dernières semaines en métropole, principalement dans les zones touristiques - littoral atlantique et côte méditerranéenne -, le gouvernement juge aussi la situation épidémique «inquiétante» dans l'Est et chez les jeunes.

Le japon étend l'état d'urgence

Le gouvernement japonais a décidé vendredi de prolonger l’état d’urgence à Tokyo et à Okinawa jusqu’au 31 août et de l’étendre à quatre autres départements, trois voisins de la capitale, Chiba, Saitama, Kanagawa, et à Osaka (dans l’ouest). « L’infection se propage à une vitesse jamais atteinte auparavant », notamment dans la région du Grand Tokyo, a déclaré le premier ministre, Yoshihide Suga. « Si l’augmentation du nombre des personnes infectées ne s’arrête pas, il est possible que les hôpitaux soient débordés. »

La capitale japonaise recensait vendredi 3 300 cas supplémentaires, tandis que le nombre de cas quotidiens au niveau national a dépassé les 10 000 pour la première fois. La vaccination au Japon a démarré plus lentement que dans d’autres pays industrialisés, et seulement 27,6 % de la population nationale est totalement vaccinée, selon les derniers chiffres du gouvernement.

Les organisateurs des JO 2020 à Tokyo ont quant à eux fait état vendredi de 27 nouveaux cas chez des personnes liées à l’événement, dont trois sportifs ; il s’agit du chiffre quotidien le plus élevé à ce jour. Le CIO conteste tout lien entre la tenue des JO et la recrudescence de la pandémie au Japon.

Aux Etats-Unis, Joe Biden prend des mesures pour accélérer la vaccination

Le président américain Joe Biden, qui promettait un « été de liberté », a dû prendre jeudi une série de mesures pour relancer la vaccination. « Nous ne sommes pas complètement sortis du bois », a déclaré le président américain dans un discours à la Maison Blanche, alors que le pays fait face à une flambée de contaminations due à la propagation rapide du variant Delta et que la campagne de vaccination s’est ralentie après un démarrage tambour battant.

Dorénavant, les employés fédéraux (4 millions de personnes, dont 2 millions de civils) devront soit être vaccinés, soit se plier à une série de contraintes. Les non-vaccinés auront l’obligation de porter le masque même dans les zones où la circulation du Covid-19 est faible, et de se soumettre à des tests réguliers, une ou deux fois par semaine. Sans aller jusqu’à l’obligation vaccinale pure et simple, il s’agit d’un changement de cap pour l’administration Biden, qui jusqu’ici se refusait à associer toute idée de contrainte à la vaccination. « Je sais que les gens parlent de liberté » mais « avec la liberté vient la responsabilité », a commenté le président démocrate.

A l’armée, il demande de réfléchir à « comment et quand » ajouter le vaccin contre le Covid-19 à la liste des vaccins obligatoires pour les troupes. Parmi les mesures d’incitation, Joe Biden appelle les autorités locales à verser 100 dollars à toute nouvelle personne se faisant vacciner, en puisant dans des fonds d’urgence débloqués pour faire face à la pandémie.

Israël lance une campagne de vaccination de rappel

Israël a lancé vendredi une campagne de vaccination de rappel destinée aux personnes âgées de 60 ans et plus. « Nous commençons la campagne de rappel », a déclaré vendredi le président israélien, Isaac Herzog, qui s’est fait administrer une troisième dose dans la banlieue de Tel-Aviv. « Israël est un pionnier, en allant de l’avant avec [cette] troisième dose de vaccin », s’est félicité le premier ministre, Naftali Bennett, qui a accompagné le président à l’hôpital.

Selon Pfizer, « de nouvelles études montrent qu’une troisième dose a des effets neutralisants contre le variant Delta [qui sont] plus de cinq fois plus élevés chez les jeunes et plus de onze fois chez les personnes plus âgées. » Mais, pour l’heure, l’autorité américaine de réglementation des médicaments, dont Israël suit généralement les recommandations, n’a pas donné son feu vert à l’administration d’une troisième dose pour les personnes âgées.

Environ 55 % de la population israélienne a été entièrement vaccinée grâce à une vaste campagne lancée à la fin de décembre, avec en majorité des vaccins de Pfizer-BioNTech. Au début de juin, les autorités ont étendu la vaccination aux jeunes de 12 à 16 ans et, à partir du 1er août, les enfants âgés de 5 à 11 ans risquant des complications graves à cause du Covid-19 pourront être vaccinés.Si l’épidémie reste sous contrôle, Israël a toutefois réinstauré jeudi le passe sanitaire, face à une augmentation des contaminations.

En Australie Sydney confinée jusqu'à fin aout, Brisbane pour quelques jours

Environ 300 militaires seront déployés dans les rues de Sydney dans les prochains jours pour veiller au respect du confinement dans la plus grande ville australienne, en proie à une flambée épidémique, ont annoncé vendredi les autorités. Leur mission consistera principalement en des opérations de porte-à-porte pour vérifier que les citoyens respectent les mesures de confinement.

L’agglomération de cinq millions d’habitants en est à sa cinquième semaine de confinement. Cette mesure devrait durer jusqu’à la fin d’août. Les habitants ne sont censés pouvoir sortir de chez eux que pour faire du sport, pour aller travailler si leur emploi est jugé essentiel, pour des raisons médicales ou pour faire leurs courses. Mais voilà des semaines que parcs et promenades de front de mer sont bondés d’habitants.

Un confinement strict de trois jours doit entrer en vigueur samedi après-midi à Brisbane, la troisième ville d’Australie, et dans certaines parties de l’Etat du Queensland, ont annoncé les autorités, qui tentent de contenir un regain épidémique du Covid-19 dû au variant Delta. «  La seule façon de vaincre la souche Delta est d’agir vite, d’être rapide et d’être fort », a déclaré Steven Miles, le vice-Premier ministre de l’Etat du Queensland, dont Brisbane est la capitale.

Treize millions de personnes reconfinées aux Philippines

Les Philippines se préparent à reconfiner 13 millions de personnes de la région de la capitale, Manille, dès la semaine prochaine, a annoncé vendredi le gouvernement, qui tente de contenir une recrudescence de cas liés au variant Delta.

Les restaurants et les rassemblements collectifs sont frappés d’une interdiction immédiate, tandis qu’un confinement de deux semaines va débuter le 6 août, a déclaré à la télévision officielle le porte-parole de la présidence, Harry Roque.

Les Philippines ont enregistré plus de 1,5 million de cas de contamination au Covid-19 – ce qui en fait le deuxième pays d’Asie du Sud-Est le plus touché –, dont près de 28 000 décès depuis le début de la pandémie.

Variant Delta : l'OMS et des documents américains sonnent l'alarme

Le variant Delta du Covid-19 est aussi contagieux que la varicelle, a probablement des effets plus graves que ses prédécesseurs et les personnes contaminées semblent autant le transmettre qu'elles soient vaccinées ou non, selon des documents officiels américains circulant en interne au sein des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence sanitaire des États-Unis.

Pour l'Organisation mondiale de la Santé, le Delta, à l'origine d'une nouvelle vague de contaminations dans de très nombreux pays, est un avertissement qui doit inciter à agir vite avant l'apparition de mutations plus dangereuses.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

RETRAIT AMERICAIN DE L'AFGHANISTAN

VERS UN RETOUR SPECTACULAIRE DES TALIBAN

Les attaques talibanes ont fortement augmenté en Afghanistan depuis la signature de l’accord de paix entre les insurgés et Washington, en février 2020, qui a conduit au départ des forces américaines, selon un rapport officiel américain publié jeudi.

Forte augmentation des attaques

La situation sécuritaire s’est fortement dégradée en Afghanistan .

Les « attaques initiées par l'ennemi », attribuées majoritairement aux Taliban, en effet passées de 9 651 fin 2019 à 13 242 fin 2020, indique le Bureau de l'inspecteur général spécial pour la reconstruction de l'Afghanistan (Sigar, qui dépend du Congrès), s'appuyant sur les données de la mission de l'Otan en Afghanistan.

C'est la première fois, depuis décembre 2019, que cette dernière publie des chiffres détaillés de ces attaques. Entre le 1er mars et le 31 mai, date des dernières données recueillies par la mission de l'Otan en Afghanistan, Resolute Support, avant le retrait de la plus grande partie des forces de la coalition, 1383 attaques ont été recensées, dont 3 268 ont été mortelles, selon le bureau du Sigar.

À la demande du gouvernement de Kaboul, l'Inspecteur général ne publie pas le nombre des pertes de l'armée afghane, dont les effectifs s'élèvent à quelque 300 000 hommes et femmes. Selon la mission de l'Otan, la violence contre les civils a atteint de records en avril et mai, avec 705 civils tués et 1330 blessés – presque autant que les trois mois précédents cumulés.

Resolute Support attribue 93 % des victimes civiles des derniers mois aux forces antigouvernementales (40 % aux talibans, 38 % à des insurgés non identifiés, 14 % au groupe État islamique et moins de 1 % au réseau Haqqani,proche des Taliban).

Un retour spectaculaire des Taliban

Le rapport note aussi que les Taliban ont pris le contrôle d'un nombre significatif de districts dans les zones rurales, même s'ils ne contrôlent pas les grandes villes.

« Ce qui est le plus inquiétant, c'est la vitesse et la facilité avec lesquelles les Taliban ont apparemment pris le contrôle de districts dans le nord du pays, ancien bastion de l'opposition aux Taliban », observe encore John Sopko. Les talibans font tomber les districts les uns après les autres. À ce jour, ils contrôlent plus de la moitié du territoire. Au 31 août, plus aucune troupe étrangère ne sera présente dans le pays.

Chassés du pouvoir au début de l’offensive américaine, les talibans, ces fondamentalistes qui protégeaient Oussama Ben Laden, opèrent donc un retour spectaculaire dans de nombreux districts du pays au fur et à mesure que les forces étrangères quittent le territoire. Leur progression depuis que les Etats-Unis ont achevé leur retrait militaire, le 3 juillet, sidère les experts.

Vers une reprise du pouvoir par les Taliban ?

La récente avancée éclair des Taliban fait ainsi craindre qu'ils ne s'emparent à nouveau du pouvoir, 20 ans après en avoir été chassés fin 2001 par une coalition internationale menée par les États-Unis, après leur refus de livrer le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden dans la foulée des attentats du 11-Septembre.

« La tendance globale est clairement défavorable au gouvernement afghan qui pourrait faire face à une crise existentielle s'il ne la renverse pas », souligne l'inspecteur général, John Sopko, dans le rapport. L’hypothèse d’un gouvernement d’unité nationale à Kaboul, constitué de l’actuel régime et des talibans, paraît de moins en moins réalisable.

Des mises en garde contre les Taliban

L’Afghanistan semble aujourd'hui au bord du chaos et la crainte qu’une guerre civile n’éclate ne fait que se renforcer jour après jour. Face aux forces de sécurité en déroute, la population a pris les armes dans plusieurs provinces, appuyant l’armée et la police afghanes dans leur combat contre les talibans, assurant parfois seule même la lutte contre l’expansion des fondamentalistes religieux.

Dimanche à Kaboul, le chef des opérations américaines en Afghanistan, le général Kenneth McKenzie, a prévenu que les États-Unis continueraient leurs frappes aériennes contre les Taliban, si ceux-ci poursuivaient leur offensive.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

UN RECORD EN CHINE

AVEC 76 NOUVEAUX MALADES DU COVID

C'est un record depuis janvier. La Chine a fait état lundi de 76 nouveaux malades du Covid, la plupart de ces cas ayant été enregistrés dans une province limitrophe de Shanghai, la ville chinoise la plus peuplée. Premier pays confronté au coronavirus fin 2019, le géant asiatique a quasiment éradiqué la maladie sur son sol depuis le printemps 2020 et la vie y est depuis largement revenue à la normale.

Un succès obtenu grâce notamment à des dépistages massifs, des confinements stricts ou au placement obligatoire en quarantaine de toutes les personnes en provenance de l'étranger.Des foyers de contamination sporadiques persistent

39 des 76 nouveaux malades annoncés par le ministère chinois de la Santé ont été recensés dans le Jiangsu, une province située au nord de Shanghai, dans l'est de la Chine. Des milliers d'habitants de Nankin, la capitale provinciale, sont actuellement en confinement après la récente découverte d'un foyer épidémique dans son aéroport.

Et depuis dimanche, les 9,2 millions de personnes vivant dans cette métropole doivent subir un second test de dépistage pour identifier les patients qui pourraient mettre plus de temps que d'habitude à présenter des symptômes.

La Chine suit une politique de tolérance zéro vis-à-vis du virus et s'empresse d'endiguer les nouveaux foyers, à un moment où le variant Delta, plus contagieux, sévit en Inde et en Birmanie voisines.

Une petite ville chinoise frontalière de la Birmanie recourt ainsi à des caméras de reconnaissance faciale afin de surveiller les déplacements de ses habitants et d'éradiquer un petit foyer de Covid-19.




Boby Dean pour DayNewsWorld

RETOUR DE L'EPOUSE DU PRESIDENT ASSASSINE EN HAITI POUR LES FUNERAILLES

Martine Moïse, l'épouse du président assassiné Jovenel Moïse, a rejoint Haïti samedi afin de préparer les funérailles de son mari prévues le 24 juillet. La première dame avait été blessée dans l'attaque qui a été fatale à son mari.

L'épouse du président haïtien assassiné la semaine dernière, Martine Moïse, blessée dans l'attaque qui a tué son mari, Jovenel Moïse, est rentrée samedi 17 juillet à Port-au-Prince après avoir été soignée à Miami, aux États-Unis, a annoncé le secrétaire d'État haïtien à la Communication.

« La 1ère dame @martinejmoise vient tout juste d'arriver en Haïti dans le cadre des préparatifs liés aux funérailles nationales » de son époux, prévues le 23 juillet, a tweeté Frantz Exantus.

Le bras en écharpe, gilet pare-balles sur ses vêtements noirs, Martine Moïse, 47 ans, a été accueillie par le Premier ministre par intérim, Claude Joseph. Celui-ci a promis de rendre justice à son époux, dont la mort a aggravé le chaos dans ce pays des Antilles gangrené par la violence et la misère.

Des zones d'ombre dans l'enquête

Dix jours après le drame, l'enquête a avancé mais de nombreuses zones d'ombre subsistent. La police haïtienne a arrêté une vingtaine de personnes, dont plusieurs anciens militaires colombiens accusés d'avoir fait partie du commando venu tuer Jovenel Moïse.

L'apparente facilité avec laquelle les assaillants sont parvenus à le tuer ayant éveillé des soupçons, quatre responsables de l'équipe de sécurité du président ont également été incarcérés et 24 agents frappés de mesures conservatoires.

Le directeur général de la police nationale d'Haïti, Léon Charles, a assuré vendredi travailler avec des enquêteurs internationaux, notamment des agents de la police fédérale américaine, pour identifier les commanditaires de l'assassinat.

La police haïtienne a déjà arrêté un médecin haïtien de 63 ans longtemps établi en Floride, Christian Emmanuel Sanon, qu'elle soupçonne d'être un des cerveaux du crime.La police colombienne, qui mène aussi une enquête, a pour sa part affirmé qu'un ancien fonctionnaire haïtien du ministère de la Justice, Joseph Felix Badio, avait donné l'ordre aux mercenaires colombiens d'assassiner le président.

Les autorités haïtiennes ont lancé un avis de recherche à son encontre, ainsi que contre l'ancien sénateur John Joel Joseph, tous deux étant décrits comme des individus "dangereux et armés"




Andrew Preston pour DayNewsWorld

LA CHINE LANCE LE PLUS GRAND MARCHE

 DU CARBONE AU MONDE

La Chine se lance dans la pénalisation des pollueurs. Le pays a lancé, vendredi 16 juillet, le plus grand marché du carbone au monde afin d'aider à réduire les émissions polluantes du géant asiatique, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre.

Le pays est aussi celui qui investit le plus dans les énergies nouvelles et Pékin a promis de parvenir à la neutralité carbone en 2060.

Les échanges ont débuté à 9h30 heure locale (01H30 GMT) à la Bourse de l'environnement et de l'énergie de Shanghai, a indiqué dans un bref communiqué l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

Transparence

Ce marché du carbone autorise, pour la première fois, les autorités provinciales à fixer des quotas pour les centrales thermiques et permet aux entreprises d'acheter des droits de polluer à d'autres ayant une empreinte carbone plus faible.

Concrètement, les autorités délivrent un certificat pour chaque tonne de dioxyde de carbone (ou d'autre gaz à effet de serre) qu'une entreprise est autorisée à émettre. En cas de non-respect, cette dernière doit payer des amendes.

Dans un souci de transparence, les entreprises devront rendre publiques leurs données en matière de pollution et les faire vérifier par des tiers.

Ce marché du carbone ne concerne pour le moment que le secteur de l'électricité, dont les centrales en Chine fonctionnent encore très largement au charbon, une des énergies les plus nocives pour l'environnement. Et pour certains analystes, les amendes pour non-conformité ne sont pas assez dissuasives.

Le prix du carbone devrait être très bas dans le cadre du système chinois - environ 6 dollars la tonne - contre environ 36 dollars dans l'Union européenne et 17 dollars en Californie l'an dernier.

Permis de polluer

Autre point : les permis de polluer sont distribués gratuitement au lieu d'être mis aux enchères. Résultat, cela incite moins les entreprises à réduire rapidement leurs émissions.

Le président Xi Jinping s'est attiré des applaudissements fin 2020 en annonçant que son pays commencerait à réduire ses émissions polluantes avant 2030 et entend parvenir d'ici 2060 à la neutralité carbone - c'est-à-dire d'en absorber autant que d'en émettre.




Alize Marion pour DayNewsWorld


COVID RECONFINEMENT TOTAL DE SYDNEY EN

AUSTRALIE A CAUSE DU VARIANT DELTA

Reconfinement total pour les habitants de Sydney. Les rues de Sydney et de sa banlieue étaient presque vides samedi 26 juin, au début d’un confinement de deux semaines visant à contenir la progression du très contagieux variant Delta du SARS-CoV-2 dans la plus grande ville australienne.Les autorités australiennes ont décidé, samedi 26 juin, de remettre la ville de Sydney sous cloche, pour faire face à une flambée de nouveaux cas de Covid-19 qui inquiète partout dans le monde même si plusieurs pays d'Europe continuent d'alléger leurs mesures de restriction.

Le confinement, qui était déjà en vigueur depuis vendredi minuit dans quatre quartiers de la ville, commence à s'appliquer samedi à partir de 18 h (8 h GMT) à l'ensemble de la métropole, a annoncé la Première ministre de l'État de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian.e 18 h (8 h GMT) à l'ensemble de la métropole, a annoncé la Première ministre de l'État de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian.

Plus de 80 personnes ont été testées positives cette semaine, toutes en lien avec un chauffeur qui conduisait des équipages de compagnies aériennes de l'aéroport de Sydney jusqu'aux hôtels de quarantaine.

« Le variant Delta s'avère être un ennemi particulièrement redoutable », a déclaré à la presse le ministre de la Santé de l'État, Brad Hazzard. « Quelles que soient les mesures défensives qui sont prises, le virus semble savoir comment contre-attaquer », a-t-il ajouté.

Delta un variant « indien » classé «préoccupant »

Delta est un variant « indien » classé «préoccupant » par l’OMS (alors que Kappa, son proche cousin, est seulement qualifié d’« intérêt »). Entrent dans cette catégorie les variants susceptibles de dégrader la situation épidémiologique, qui se révèlent plus virulents, ou qui modifient le tableau clinique de l’infection par le nouveau coronavirus, ou encore qui amoindrissent l’effet des mesures de santé publique, dont la vaccination. Dans une note communiquée le 23 juin, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) écrit que Delta pourrait être associé à un plus grand risque d’hospitalisation, c’est-à-dire de forme grave de Covid-19. Une étude publiée par la revue Cell le 16 juin avance que Delta est plus fort que certains anticorps. En clair, avoir déjà contracté le Covid-19 ne constituerait pas à tous les coups une garantie contre une réinfection par ce variant.

Les préoccupations se concentrent surtout sur la contagiosité de Delta. Dans sa note du 23 juin, l’ECDC précise que, à ce stade des connaissances, il s’avère de 40 % à 60 % plus contagieux que le variant dit « britannique », qui a joué un rôle majeur dans la troisième vague épidémique en France. Delta devrait ainsi représenter 90 % des nouveaux cas de Covid-19 dans l’Union européenne, d’ici à la fin d’août. « Il est très probable que le variant Delta circule largement pendant l’été, en particulier chez les jeunes qui ne sont pas ciblés par la vaccination », a averti Andrea Ammon, la directrice de l’agence européenne des maladies.Si augmenter la couverture vaccinale paraît donc nécessaire pour lutter contre le variant Delta, cela ne sera sans doute pas suffisant. En effet, plus un virus est contagieux, plus le niveau de vaccination nécessaire pour atteindre l’immunité de groupe (le seuil au-delà duquel il ne parvient plus à circuler) est haut, a expliqué Samuel Alizon à l’Agence France-Presse.

Or, au regard du variant Delta, les scientifiques s’accordent à dire qu’il faudrait plus de 80 % de la population vaccinée, d’autant qu’il échappe en partie à l’immunité développée par les personnes qui ont déjà contracté le Covid-19.

Présent dans au moins 85 pays

La découverte de ces nouveaux cas a constitué un choc pour la métropole la plus importante d'Australie avec plus de cinq millions d'habitants, où la vie était quasiment revenue à la normale. Quand vous avez un variant aussi contagieux que le virus Delta, un confinement de trois jours ne marche pas », a expliqué Gladys Berejiklian, défendant la décision d'imposer un confinement de deux semaines. "La transmissibilité est au moins le double des variants précédents, nous devons donc nous préparer à un nombre potentiellement élevé de cas dans les jours qui viennent", a-t-elle ajouté.

Le variant est désormais présent dans au moins 85 pays, selon l’OMS, à des proportions variables. En Inde, il l’a vite emporté sur ses deux cousins, tandis qu’au Royaume-Uni il lui a suffi de quelques semaines pour prendre le pas sur le variant local. Aux Etats-Unis, il est passé d’environ 10 % des prélèvements positifs séquencés le 5 juin, à 35 % la semaine dernière. Une proportion comparable est observée en Israël.

En République démocratique du Congo et en Ouganda, il est respectivement responsable d’environ 77 % et 97 % des cas diagnostiqués.En France, il représente plus de 74 % des tests positifs réalisés du 14 au 20 juin dans les Landes, selon l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine, contre 12,1 % dans les Pyrénées-Orientales et en Gironde, et 9,5 % à l’échelle nationale.




Garett Skyport  pour DayNewsWorld

L'ULTRA CONSERVATEUR RAISSI

NOUVEAU PRESIDENT EN IRAN

L'ultra conservateur Ebrahim Raïssi a remporté la présidentielle iranienne dès le premier tour avec 62% des voix, selon des résultats partiels officiels publiés samedi en fin de matinée. Sur 28,6 millions de bulletins dépouillés, Ebrahim Raïssi a obtenu «plus de 17.800.000» voix, a déclaré Jamal Orf, président de la Commission nationale électorale lors d'une conférence de presse à Téhéran.

La «nation iranienne» a démontré à l'occasion de la présidentielle qu'elle avait vaincu «une fois de plus» la «propagande des médias mercenaires de l'ennemi», a déclaré ce samedi le guide suprême iranien Ali Khamenei au lendemain du scrutin. Avant l'élection, Ali Khamenei avait exhorté à de nombreuses reprises ses compatriotes à faire échouer une campagne d'appels au boycottage du scrutin relayée par l'opposition en exil.

Dans son discours du 6 juin 2021, prononcé à l'occasion du 22e anniversaire de la mort du fondateur de la République Islamique d'Iran Ruhollah Khomeiny, l'actuel Guide Suprême, Ali Khamenei avait ainsi considéré que l'abstention aux élections présidentielles qui se tiendront les 18 et 25 juin est un « grand pêché », équivalent au pêché de meurtre en Islam. Dans sa deuxième fatwa, il a même interdit le vote blanc. L'Ayatollah Ahmad Alam al-Hoda, un grand ayatollah proche à Ali Khamenei, avait également affirmé que quiconque s'abstient au vote n'est pas musulman.

Chef de l'Autorité judiciaire, Ebrahim Raïssi, 60 ans, faisait figure d'archifavori, faute de concurrence réelle après la disqualification de ses principaux adversaires. La campagne électorale a été fade, sur fond de ras-le-bol général face à la crise, dans un pays riche en hydrocarbures mais soumis à des sanctions américaines. Se présentant comme le champion de la lutte anticorruption et le défenseur des classes populaires au pouvoir d'achat miné par l'inflation, Ebrahim Raïssi est le seul des quatre candidats à avoir véritablement fait campagne.

Un membre du clergé détesté

Il est très largement détesté parce qu'il était l'un des grands acteurs de la purge du début de la République islamique [durant l'été 1988, le régime a exécuté des centaines d'opposants politiques]. Cet ultraconservateur de 60 ans est le chef de l'autorité judiciaire depuis 2019. Il avait déjà obtenu 38% des voix lors de la présidentielle de 2017.  C'est un membre du clergé, présent depuis le début de la révolution islamique, très puissant.

Pour l'opposition en exil et des défenseurs des droits humains, Ebrahim Raïssi est l'incarnation de la répression et son nom associé aux exécutions massives de détenus de gauche en 1988, drame dans lequel l'intéressé nie toute participation. Il figure sur la liste noire des responsables iraniens sanctionnés par Washington pour «complicité de graves violations des droits humains». Face à des appels au boycottage lancés par l'opposition en exil, et par quelques dissidents en Iran, le guide suprême Ali Khamenei a multiplié les appels à participer en masse au scrutin. Sans appeler à l'abstention, l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad, populiste qui avait vu sa candidature invalidée en mai, a dénoncé une élection organisée «contre les intérêts du pays» et annoncé sa décision, à titre personnel, de ne pas participer à «ce péché».

Des promesses électorales

L'homme fort du régime a cependant promis, lors d'un débat organisé à la télévision publique samedi 5 juin, « une lutte incessante contre la pauvreté et la corruption ». Comme tous les autres candidats, il est pour la poursuite des négociations avec les puissances occidentales sur la question du nucléaire, une position d'ailleurs partagée par le Guide suprême. Mais c'est surtout l'économie qui est au cœur de la présidentielle. L'Iran a grandement souffert des nouvelles sanctions imposées par les Etats-Unis à la suite du retrait du pays des accords sur le nucléaire en 2018. Le PIB iranien a ainsi chuté de 6% en 2018, et de 6,8% en 2019 avant de se stabiliser, selon le Fonds monétaire international.

Prérogatives limitée

Le président a cependant des prérogatives limitées en Iran, où l'essentiel du pouvoir est aux mains du guide suprême. Le bilan de Hassan Rohani est entaché par l'échec de sa politique d'ouverture après le retrait des États-Unis, en 2018, de l'accord sur le nucléaire iranien conclu avec les grandes puissances. Ce retrait et le rétablissement de sanctions américaines punitives qui a suivi ont plongé le pays dans une violente récession en privant notamment le gouvernement de ses recettes pétrolières à l'exportation. En décembre et janvier 2017-2018 et en novembre 2019, deux vagues de contestation ont été violemment réprimées.

Sur la question du nécessaire redressement de l'économie, la solution passe par la levée des sanctions américaines, actuellement objet de négociations pour sauver l'accord de Vienne en y réintégrant les États-Unis.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

KIM JONG-UN RECONNAIT

UNE «SITUATION ALIMENTAIRE TENDUE »

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a reconnu que le pays fait face à une « situation alimentaire tendue », ont rapporté mercredi des médias officiels. Le Nord, dont l’économie est plombée par de multiples sanctions internationales imposées en riposte à ses programmes militaires interdits, est depuis longtemps la proie de graves pénuries alimentaires.

L’an passé, la pandémie de coronavirus ainsi que des typhons et des inondations ont fini de porter un sérieux coup à son économie.

Lors d’une réunion plénière du Comité central du Parti des travailleurs au pouvoir, M. Kim a affirmé que la situation économique s’est améliorée, avec une augmentation de la production industrielle de 2 % par rapport à l’année précédente, a rapporté mercredi l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Le leader a cependant reconnu avoir rencontré une « série de difficultés » en raison de nombreux « défis » à relever.

« La situation alimentaire est désormais tendue car le secteur agricole n’a pas pu atteindre son objectif de production de céréales en raison des dégâts causés l’an dernier par les typhons », a déclaré M. Kim.

Au cours de l’été 2020, des milliers de maisons et de terres agricoles ont été détruits par des typhons qui ont été accompagnés d’inondations.

M. Kim a appelé à l’adoption de mesures afin de minimiser les conséquences de ces catastrophes naturelles, affirmant que s’assurer de « bonnes récoltes » était une « priorité de premier plan ».

Lors de cette réunion, la « situation durable » de la pandémie de coronavirus a été évoquée, selon KCNA.

Le Nord fut l’un des premiers pays à imposer de strictes restrictions sanitaires, parmi lesquelles la décision, très tôt, de fermer ses frontières et notamment avec son voisin chinois pour empêcher la propagation du coronavirus.

Le régime soutient que l’épidémie n’est pas arrivée sur son sol, ce dont doutent nombre d’experts.

Le commerce avec Pékin, premier soutien économique et diplomatique du régime, s’est réduit à peau de chagrin.

Mais cet isolement a eu un coût économique élevé, au point que M. Kim a reconnu en avril les difficultés auxquelles son pays était confronté. Il a ainsi appelé ses lieutenants à « mener une nouvelle “Marche forcée”, plus dure encore, afin d’aider la population face aux difficultés, ne serait-ce qu’un peu ».

La « Marche forcée » est l’expression employée au Nord pour désigner la famine des années 1990 qui a fait des centaines de milliers de morts, à la suite de la réduction de l’aide de Moscou après l’effondrement soviétique.

Il est « très probable » que la pandémie ait « aggravé » la situation humanitaire au Nord, où 10,6 millions de personnes sont dans le besoin, a récemment estimé le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

LE NOUVEAU PREMIER MINISTRE ISRAELIEN

 NAFTALI BENNETT

MARQUE LA FIN DE L'ERE NETANYAHU

Une page se tourne en Israël avec la fin de l'ère Netanyahu, . Naftali Bennett est devenu Premier ministre d'Israël. Après douze ans à la tête du gouvernement israélien, Benyamin Nétanyahou a été écarté du pouvoir lors d'un vote au Parlement, dimanche 13 juin 2021.

Une majorité qui ne tient qu'à un fil.

Sur les 119 députés présents (sur 120 au Parlement) 60 ont voté en faveur de la nouvelle coalition, qui va de la droite à la gauche, en passant par l'appui d'un parti arabe.Une alliance bancale de huit partis de gauche, du centre, de droite et de droite radicale avec la participation du Raam, un mouvement islamiste.

Cinquante-neuf députés, principalement du parti Likoud de Benjamin Netanyahu, de l'extrême droite et des partis ultra-orthodoxes, s'y sont opposés. Leur unité est cimentée par la volonté de se débarrasser de ­Benyamin Netanyahou qui devient le chef de l'opposition.

N. Bennett, figure de l'extrême droite israélienne

est devenu ce dimanche soir le nouveau Premier ministre de son pays. Une consécration pour ce personnage atypique qui, à seulement 49 ans, semble déjà avoir plusieurs vies.

Fils d'immigrants américains, ce natif d'Haïfa débute sa carrière dans la prestigieuse unité militaire « Sayeret Matkal ».

Il restera six ans sous l'uniforme. Après l'armée, diplôme de droit en poche, il prend un premier virage à 180 degrés et se lance dans les nouvelles technologies. Avec un certain succès : avec son entreprise de cybersécurité Cyotta, il devient une figure de la « start-up nation »" en Israël avant de vendre sa société pour 145 millions de dollars en 2005. L'année suivante, il décide de repartir à zéro et fait le saut en politique.

Il s'encarte au Likoud, le parti pour lequel a toujours voté sa famille et où il devient le bras droit d'un certain Benjamin Netanyahu. Très proches, les deux hommes prennent rapidement leurs distances

Naftali Bennett, le chef du parti Yamina, dirigera le gouvernement pendant les deux premières années avant de céder la place au centriste Yaïr Lapid pour une période équivalente, selon un accord de rotation. Après les dernières législatives de mars, l’opposition s’est progressivement soudée contre Benjamin Netanyahu et -fait rarissime dans l’histoire israélienne – a rallié la formation arabe israélienne Raam, dirigée par l’islamiste Mansour Abbas.

Ex-ministre de l'Éducation de « Bibi », le surnom du premier ministre déchu, Naftali Bennett est considéré comme un religieux moderniste.Cet ancien homme d'affaires dans le high-techest premier ministre alors que Yamina ne compte, à la suite d'une défection, que six députés au Parlement mais que la droite et les religieux dont il est l'un des porte-drapeaux occupent plus de la moitié des travées. Il incarne après quatre élections législatives en deux ans, sans véritables vainqueurs ni vaincus, le « Tout Sauf Bibi.

Fin de l’ère Netanyahu

Reconnaissant presque d’emblée sa défaite juste avant le vote de confiance, Benjamin Netanyahu, Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël, a assuré devant le Parlement qu’il resterait en politique, à la tête de l’opposition, afin de « faire tomber » le nouveau gouvernement, et qu’il serait « de retour bientôt » au pouvoir. Il pourrait devoir aussi affronter, outre son procès, une vague de contestation au sein de son parti, le Likoud, des élus cherchant déjà à tourner, en interne, la page Netanyahu.

Les priorités du nouveau gouvernement

Avant lui, le chef de la droite radicale Naftali Bennett a présenté les membres et les priorités du futur gouvernement qui doit entrer en fonction dès ce dimanche soir. Le gouvernement travaillera pour « l’ensemble » de la population israélienne y compris la minorité arabe, mais aussi les juifs ultra-orthodoxes qui n’ont aucun élu dans cette coalition, a déclaré Naftali Bennett dans un discours sans cesse interrompu par des partisans de Benjamin Netanyahu. « Citoyens d’Israël ! C’est un moment politique critique et j’appelle chacun à faire preuve de retenue », a lancé Naftali Bennett qui doit en principe succéder à Benjamin Netanyahu.

Sur la politique étrangère, il a conservé le même ton que le Premier ministre sortant sur le dossier nucléaire de la République islamique d’Iran, ennemi juré d’Israël. La nouvelle coalition « ne laissera pas l’Iran se doter de l’arme nucléaire », a prévenu Neftali Bennett.

"L'accord met cependant de côté les sujets sensibles comme la colonisation de la Cisjordanie ou la création d'un État palestinien mais ils pourraient resurgir en cas de tensions à Jérusalem-Est, de violences en Cisjordanie ou de guerre avec le Hamas. Les questions sociétales comme la place de la religion ou celle des LGBTQ, les rapports entre la politique et la justice, entre juifs conservateurs et réformés, obligent à des grands écarts."

"Les sujets de frictions ne devraient pas manquer tant l'attelage est hétéroclite !", conclut un confrère Français du Figaro.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

ISAAC HERZOG ELU PRESIDENT DE ISRAEL

Isaac Herzog a par le passé, milité pour la résolution du conflit avec les Palestiniens,

Il devient en ce 2 juin 2021 le onzième président de l’Etat hébreu et remplace Reuven Rivlin, dont le mandat de sept ans s’achève le 9 juillet 2021, à cette fonction largement honorifique.

Travailliste Isaac Herzog, 60 ans, a été élu président de l’Etat d’Israël par les députés.

Il a recueilli le soutien de 87 députés de la Knesset, 26 ayant préféré l’autre candidate, Miriam Peretz, une ancienne enseignante.

M. Herzog, surnommé « Bouji », a passé plusieurs années aux Etats-Unis, au gré des postes occupés par son père, avant de servir comme officier dans les renseignements militaires, puis d’étudier le droit à l’université de Tel-Aviv.

Il a été élu pour la première fois au Parlement en 2003 et a ensuite été secrétaire du gouvernement travailliste d’Ehoud Barak, avant de détenir plusieurs portefeuilles ministériels entre 2005 et 2011.

Il a pris la tête d’un parti travailliste en crise en novembre 2013.

Pour la résolution du conflit avec les Palestiniens

A peine dix jours après sa prise de fonction, en 2013, il rencontrait le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Pendant la campagne de 2015, il avait promis de relancer le processus de paix, interrompu en avril 2014, et même affirmé être prêt à « évacuer » des colonies israéliennes si besoin.

Lors de sa dernière mission en date, il était à la tête de l’Agence juive, une organisation para-gouvernementale qui s’occupe notamment de l’immigration juive et des relations avec la diaspora.

Il a quitté ce poste, qu’il occupait depuis 2018, pour être candidat à la présidence.

Le nouveau président de l’Etat d’Israël, né en 1960, il est l’héritier d’une des plus grandes familles israéliennes.

Il marche dans les pas de son père, Chaïm Herzog, chef d’Etat de 1983 à 1993.

« Herzog porte sur ses épaules le lourd poids de son héritage familial », écrivait en 2015 le quotidien Haaretz, parlant d’une version israélienne des Kennedy.

Son père, d’origine irlandaise, a été chef des services de renseignement de l’armée, avant de devenir ambassadeur aux Nations unies, puis sixième président d’Israël.

Son oncle, Abba Eban, est un diplomate renommé dans le pays.

Il a été en poste à Washington et aux Nations unies, puis a endossé le costume de chef de la diplomatie israélienne, fonction qu’il occupait lors de la guerre des Six Jours, en 1967.

Quant à son grand-père, Isaac Halevi Herzog, il fut le premier rabbin ashkénaze de l’Etat d’Israël.

Alors que Isaac Herzog avait été battu par le premier ministre Benyamin Nétanyahou lors des législatives de 2015, Isaac Herzog accède à la présidence alors que son ancien rival pourrait être renversé par une coalition hétéroclite. Marié à une avocate et père de trois enfants, il vit à Tel-Aviv, sa ville natale.




Simon Freeman pour DayNewsWorld

LA MUCORMYCOSE, CE « CHAMPIGNON NOIR »,  

 QUI TUE LES VICTIMES DU COVID EN INDE

Les autorités du pays ont signalé des milliers de cas de mucormycose, communément appelée « champignon noir », que les spécialistes lient au diabète et au système immuno-déprimé des victimes du coronavirus. Le Covid-19 a déjà causé la mort de plus de 100.000 personnes le mois dernier dans tout le pays.

Les autorités n'étaient toutefois pas en mesure de déterminer le nombre de décès dus à la mucormycose depuis le début de la deuxième vague de coronavirus, il y a six semaines.

Création de centres spécialisés

Le chef du gouvernement de la capitale, Arvind Kejriwal, a annoncé la création de centres spécialisés au sein de trois hôpitaux de Delhi pour éviter la propagation du champignon, promettant de veiller à ce que les malades bénéficient des traitements appropriés.

La presse rapportait que plus de 200 malades de la mucormycose sont traités dans les hôpitaux de New Delhi et des dizaines en attente de lit.

Les États du Rajasthan et de Télégana se sont dit confrontés à une épidémie de champignon noir et celui du Maharashtra a signalé à lui seul plus de 2000 cas.

Certains médecins affirment que cette mycose noire touche en particulier les convalescents du Covid-19 qui ont été traités avec des stéroïdes.

L'infection opportuniste tue plus de 50% des personnes qui en sont affectées en quelques jours.




Boby Dean pour DayNewsWorld

COVID-19 PRESENCE DU VARIANT INDIEN

AU MOINS DANS 17 PAYS

Le variant indien du coronavirus, qui a plongé l'Inde dans une crise sanitaire majeure, a été détecté dans « au moins 17 pays », dont plusieurs nations européennes, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le variant B.1.617, plus communément appelé variant indien du fait de sa première occurrence en Inde, a été détecté dans plus de 1 200 séquences de génome dans « au moins 17 pays », a annoncé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la nuit de mardi à mercredi.

La plupart des échantillons « viennent d'Inde, du Royaume-Uni, des États-Unis et de Singapour »", a précisé l'OMS dans son compte-rendu hebdomadaire sur la pandémie de Covid-19. Ces derniers jours, le variant a aussi été signalé dans plusieurs pays européens (Belgique, Suisse, Grèce, Italie). « Le B.1.617 a un taux de croissance plus élevé que les autres variants en circulation en Inde, ce qui suggère une plus grande contagiosité », assure aussi l'OMS, même si elle l'a laissé dans la catégorie des « variants d'intérêt » et non des « variants préoccupants ».

Dans le monde entier, le variant « indien » suscite encore des interrogations. Selon l'OMS, on ne sait pas encore si « les rapports faisant état d'une mortalité élevée sont dus à la gravité accrue du variant, à la mise à rude épreuve des capacités du système de santé en raison de l'augmentation rapide du nombre de cas, ou aux deux ».

L' Inde submergée par le variant B.1.617

L'Inde, quatrième pays le plus endeuillé (derrière les États-Unis, le Brésil et le Mexique), a désormais dépassé les 200 000 morts. Elle a encore connu mardi un nouveau total impressionnant d'infections (350 000) pour une journée.

Les crématoriums ne connaissent pas de trêve, leurs cheminées se fissurent et les armatures métalliques des fours fondent sous l'intensité de la chaleur. Le bois commence à manquer aussi dans certains établissements, et des familles sont priées d'apporter leur propre combustible.De nombreux crématoriums et cimetières affirment que le bilan officiel des décès dus au virus est loin de correspondre à la réalité, compte tenu de l'afflux de corps qu'ils voient défiler.

Le monde se ferme au variant "indien"

La première cargaison d'aide médicale britannique, contenant notamment 100 ventilateurs et 95 concentrateurs d'oxygène, a atterri mardi à Delhi. La France, le Canada, les États-Unis ou encore l'Allemagne ont annoncé qu'ils apporteraient également de l'aide à l'Inde.

Les coupures aériennes avec l'Inde se multiplient. L'Australie a décidé mardi de suspendre jusqu'au 15 mai les vols en provenance d'Inde tandis que le Canada, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande ont déjà suspendu ou restreint leurs vols.

La Belgique a annoncé la fermeture de ses frontières à l'Inde mais aussi au Brésil et à l'Afrique du Sud, où sévissent deux autres variants. L'Islande a pour sa part interdit l'entrée aux voyageurs de seize pays considérés comme des zones « à haut risque », comme la France.

La présence du variant indien inquiète en Europe au moment où le Vieux Continent respire un peu mieux au bout de longs mois de restrictions.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

COVID-19 LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE AU SECOURS DE L 'INDE

Hôpitaux saturés, oxygène manquant, crématoriums à ciel ouvert: l’Inde et sa capitale New Delhi sont submergées par l’épidémie de coronavirus. Rendue plus dure par le variant.

Chaque jour, le bilan tombe comme un coup de massue. Dimanche 25 avril n’a pas échappé à la règle. Alors qu’un grand nombre de centres de dépistage étaient fermés, l’Inde a établi un nouveau record d’infections : 352 991 nouveaux cas de Covid-19 et 2 812 morts ont été comptabilisés en vingt-quatre heures. Du jamais vu au niveau mondial, le géant d’1,3 milliard d’habitants ne parvient pas à juguler la flambée épidémique. Dans une Inde laminée par un tsunami épidémique, des milliers de malades sont victimes du manque de lits d’hôpitaux, d’oxygène et de médicaments vitaux. 16,9 millions de personnes y ont été contaminées depuis le début de la pandémie, et plus de 192.000 en sont mortes.

Face cette « tempête », selon le Premier ministre indien Narendra Modi, les autorités locales ont prolongé d’une semaine le confinement en vigueur dans la capitale New Delhi.

Demande pour obtenir de l’oxygène

La progression de l’épidémie est telle, le système de santé est si étranglé, que l’on sait désormais que le pays ne pourra pas s’en sortir seul.

La communauté internationale a pris la mesure du drame qui se joue dans le sous-continent. Dimanche, les Etats-Unis ont été les premiers à promettre leur aide, suivis de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France, de la Russie. Même le Pakistan, le frère ennemi, a proposé de fournir des ventilateurs et affirmé sa solidarité avec le peuple indien.

La polémique sur la question des vaccins et de l'embargo

La question des vaccins faisait polémique depuis plusieurs semaines. Le plus grand fabricant au monde, le Serum Institute of India, basé à Pune, en Inde, avait alerté à la mi-avril sur son accès restreint à certains composants venus des Etats-Unis et nécessaires à la fabrication. Le responsable de l’institut avait lancé un appel public au président américain pour qu’il lève les embargos sur les exportations de matières premières.

La Maison Blanche va « immédiatement » envoyer des composants pour la production de vaccins ainsi que des équipements médicaux, des médicaments, des tests à diagnostic rapide, des respirateurs et des équipements de protection. « Tout comme l’Inde a envoyé de l’aide aux Etats-Unis lorsque nos hôpitaux ont été mis à rude épreuve au début de la pandémie, nous sommes déterminés à aider l’Inde en ces temps difficiles », a assuré, dimanche, Joe Biden sur Twitter. Et les États-Unis vont « déployer rapidement un soutien additionnel au peuple de l’Inde et aux héros du système de santé indien », a dit le secrétaire d’État américain Antony Blinken. Les Américains vont aussi dépêcher des experts des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

Les pays européens ont promis des équipements d’urgence et des respirateurs. « Au peuple indien, je veux exprimer toute ma sympathie face à la terrible souffrance que le Covid-19 inflige à nouveau à la population », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.Hier, la chancelière allemande Angela Merkel a aussi annoncé que son gouvernement se préparait à fournir une aide d’urgence.« Des équipements médicaux vitaux, dont des centaines de concentrateurs d’oxygène et des respirateurs, sont maintenant en route du Royaume-Uni vers l’Inde », a de son côté annoncé le Premier ministre britannique Boris Johnson. La France va apporter « un soutien significatif en capacités d’oxygène » à l’Inde qui affronte une flambée des cas de coronavirus, en envoyant « des respirateurs dès la semaine prochaine par avion », a annoncé hier l’Élysée.

L’Union européenne a promis de fournir une « assistance » à l’Inde, via son Mécanisme européen de protection civile

Plusieurs jours de délai

Les mesures prises par le gouvernement de Narendra Modi pour tenter d’assurer l’approvisionnement en oxygène des hôpitaux du pays vont mettre plusieurs jours à produire leurs effets. Des trains indiens et des vols spéciaux de l’étranger provenant notamment de Singapour ou d’Arabie saoudite sont en route, chargés de matériel. En attendant, les établissements de soins continuent d’envoyer des SOS déchirants pour prévenir ici et là qu’il ne leur reste que trois, deux, parfois une heure d’oxygène pour leurs patients en soins intensifs.

Le monde se ferme au variant indien

En parallèle, plusieurs pays ferment leurs portes à l’Inde. Le Bangladesh voisin va suspendre les passages terrestres pendant deux semaines. Les États-Unis y déconseillent les voyages, tandis que le Canada a suspendu pendant 30 jours vendredi les vols en provenance d’Inde et du Pakistan.

La détection du variant « indien » en Belgique, en Suisse et hier en Grèce, inquiète en Europe.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS FLAMBEE DU VARIANT DOUBLE MUTANT EN INDE QUI INQUIETE LE MONDE

L'Inde est frappée de plein fouet par une deuxième vague de Covid-19. En l'espace de 24 heures, 200 000 contaminations ont été recensées dans le pays, un record.

Cette flambée pourrait être due au « variant indien », dit « double mutant ». Il serait à la fois plus contagieux et plus résistant aux anticorps.

Deuxième pays le plus touché dans le monde

L'Inde est le deuxième pays à être le plus touché par le virus avec 13,9 millions de contaminations.

Cette flambée des cas pourrait être due à ce fameux variant, dit « double mutant » (B.1.617).Selon les données de l'Institut national de virologie (NIV) indien, 61 % des échantillons prélevés entre janvier et mars dans la région de Bombay comportaient des traces de ce variant qui possède deux mutations du Covid-19. Fin janvier, il ne représentait que 15 à 20 % des prélèvements. Il se propage dans le Maharashtra, à Delhi et dans le Punjab, des lieux qui connaissent une recrudescence du virus.Dans l’État du Maharashtra, le variant indien est majoritaire à 55%, ce qui veut dire qu’il circule rapidement et semble disposer d’un avantage sur les autres Sars-Cov-2.

Plus contagieux, plus résistant

B.1.617 a été catégorisé comme un « variant of interest (VOI) », selon le site outbreak.info qui reprend la classification de l’OMS. Il possède des mutations sur des endroits clefs du génome du coronavirus, ce qui invite à la plus grande vigilance, car il pourrait être potentiellement plus transmissible et causer des infections.

«Ce variant contient deux mutations spécifiques, appelées E484Q et L452R», décrit dans The Wire Gautam I. Menon, professeur à l'Université Ashoka de Sonipat et à l'Institut des sciences mathématiques de Chennai. Le variant indien est aussi appelé « double mutant » (ou « recombinant ») parce qu'il a les propriétés de deux souches du virus. La mutation L452R, détectée en Californie, et la mutation E484Q, proche du variant sud-africain et brésilien. La première rend le virus plus contagieux, la seconde le rend plus résistant aux anticorps et potentiellement aux vaccins.

Ces mutations ne sont pas rares et pourraient engendrer un « échappement immunitaire et une infectivité accrue », expliquait le ministère de la Santé indien fin mars.Ce variant serait moins détectable via les tests PCR et que des scans seraient nécessaires. Du côté des symptômes, le saignement du nez est souligné. S'agissant de sa létalité, peu d'informations sont pour l'heure disponibles. En plus du «double mutant», plusieurs nouvelles souches du virus se propagent sur le territoire, notamment le variant du Kent. Le «scénario catastrophe» qu'a exposé Gautam I. Menon il y a quelques jours, soit «la combinaison de réinfections étendues avec une ou plusieurs nouvelles souches se propageant plus rapidement», semble peu à peu se profiler.

Nouveau confinement à New Dehli »

Des messages de détresse sur les réseaux sociaux de personnes cherchant un hôpital pour accueillir un de leurs proches, des familles en pleurs devant les établissements médicaux , des morts du Covid brûlés au bord des routes.… New Delhi manque de lits et de matériels pour les malades du Covid-19, alors que l’épidémie se propage dans la capitale indienne, aux 25 millions d’habitants, à une vitesse fulgurante et n’épargne aucun milieu social. C’est une véritable hécatombe. Le taux de positivité chez les personnes testées atteint désormais 30 %.

Confronté à une pénurie d’oxygène et de lits, le chef du gouvernement régional lance un appel à l’aide et annonce huit jours de confinement. Dans la capitale indienne, débordée, le taux de positivité atteint 30 %.

« La situation est très grave et inquiétante, a commenté, dimanche 18 avril, le chef du gouvernement centriste de Delhi, Arvind Kejriwal. Les gens sont admis dans les hôpitaux à un rythme sans précédent. A la vitesse à laquelle le Covid se propage, on ne peut pas dire quand le pic sera atteint », a-t-il reconnu.

Inquiétude dans le monde

Ce variant a été détecté pour la première fois le 7 décembre dernier. Des cas auraient été recensés au Royaume-Uni, à Singapour, en Australie et aux États-Unis. Pour le moment, la France est épargnée. À tel point que le gouvernement britannique a interdit ce lundi l’entrée au Royaume-Uni des voyageurs en provenance d’Inde, n’autorisant l’accès qu’aux résidents britanniques, qui devront observer une quarantaine à l’hôtel à leurs frais. En Inde, la situation inquiète les autorités qui craignent les conséquences de rassemblements politiques et religieux, notamment du récent pèlerinage hindou de la Kumbh Mela, durant lequel près de 650.000 fidèles se sont baignés dans le Gange le 14 avril.

La campagne de vaccination en Inde connaîtrait par ailleurs des difficultés de stocks mais aussi de confiance. Près de 108 millions de doses ont été administrées depuis la mi-janvier et l'objectif est d'atteindre 300 millions de personnes fin juillet. Face à cette pénurie, les exportations de l'Inde, le plus gros fabriquant de vaccins au monde, vont diminuer.

Le pays a par ailleurs autorisé le sérum russe, Spoutnik V.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

BIRMANIE MANIFESTATIONS CONTRE LE COUP D'ETAT SANCTIONNE PAR L 'UE

Lundi, l'Union européenne a condamné les violences meurtrières perpétrées en Birmanie par le chef de la junte au pouvoir après le coup d'Etat militaire ainsi que dix autres responsables.

Depuis le 1er février, plus de 2.600 personnes ont été arrêtées et 250 tuées. Un niveau de violence « absolument inacceptable » selon le chef de la diplomatie allemande.

L'Union européenne a sanctionné lundi le chef de la junte au pouvoir en Birmanie et dix autres responsables pour la répression meurtrière des opposants au coup d'Etat militaire, qui continuent à manifester dans tout le pays.

Depuis le coup d'Etat du 1er février qui a renversé la dirigeante civile Aung San Suu, plus de 2.600 personnes ont été arrêtées et quelque 250 tuées, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Le bilan des victimes pourrait être plus lourd, souligne cette organisation locale de défense des droits de l'homme.

Un niveau de violence « absolument inacceptable »

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont approuvé des sanctions contre le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, ainsi que neuf des plus hauts gradés des forces armées et le président de la Commission électorale. Ils se voient interdire de se rendre dans l'UE ou d'y transiter et imposer un gel de leurs avoirs ou de leurs ressources dans l'Union.

Les violences atteignent un niveau « absolument inacceptable », a estimé le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas. Il s'agit des premières sanctions depuis le putsch décidées par l'UE, qui avait déjà sanctionné en 2019 quatorze militaires et policiers pour les persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Les manifestants demandent à l'ONU d'intervenir

Les opposants au coup d'Etat ont décidé de manifester de jour mais aussi de nuit, nouveau défi à la répression. A Mandalay, capitale culturelle et deuxième ville du pays, des manifestants dont des enseignants ont comme la veille défilé en nombre avant l'aube lundi, avec pour certains des pancartes appelant l'ONU à intervenir.uit personnes ont été tuées dimanche et une cinquantaine blessées dans cette ville, a indiqué à l'AFP une source médicale. Des tirs d'armes automatiques ont pu être entendus dans un quartier jusque vers 23h.

Pour s'élever contre la brutalité de la répression, un groupe de médecins de Mandalay a organisé une « manifestation de pancartes » alignées dans la rue comme autant de manifestants virtuels, a rapporté le media indépendant Voice of Myanmar. Des moines ont tenu une manifestation similaire. A Rangoun, capitale économique et principale ville du pays, des manifestations se sont également déroulées tôt lundi dans certains quartiers. Des automobilistes klaxonnaient en signe de soutien.

A Hlaing, banlieue de Rangoun, des habitants ont lancé de centaines de ballons rouges munis d'affiches réclamant une intervention de l'ONU, selon des médias locaux. La situation reste très tendue à Rangoun où deux des cinq millions d'habitants sont soumis à la loi martiale.

Des condamnations internationales

Les condamnations internationales s'enchaînent, laissant jusqu'à présent les généraux de marbre. Avant les sanctions décidées par l'UE, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient pris des mesures punitives.

Les voisins de la Birmanie élèvent aussi la voix au sein de l'Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est), à laquelle appartient la Birmanie et qui n'interfère habituellement pas dans les affaires d'un Etat membre. L'Indonésie et la Malaisie ont appelé à une réunion d'urgence des dix pays de l'Asean pour discuter de la crise birmane. Le ministre des Affaires étrangères de Singapour, Vivian Balakrishnan, entame lundi à Brunei, qui préside cette année l'Asean, une tournée qui le conduira aussi en Malaisie et en Indonésie.

Le groupe français d'électricité EDF a annoncé dimanche la suspension d'un projet de barrage hydroélectrique en Birmanie, un investissement de 1,51 milliard de dollars dans l'Etat Shan, à la suite du coup d'Etat.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS L'ASTRAZENECA EFFICACE A 79% ET SANS RISQUE DE THROMBOSE

Le vaccin contre la COVID-19 développé par AstraZeneca et l’université d’Oxford s’est montré efficace à 79 % dans la prévention des symptômes de la maladie dans le cadre d’un important essai mené aux États-Unis, au Chili et au Pérou, a déclaré ce lundi le laboratoire anglo-suédois, ce qui ouvre la voie à une demande d’homologation aux États-Unis.

Les résultats de l’essai clinique de phase III mené sur plus de 32.000 volontaires montrent que le vaccin présente une efficacité à 100 % contre les formes graves ou sévères de la maladie conduisant à une hospitalisation et qu’il est sûr, a ajouté AstraZeneca.

Les injections du vaccin AstraZeneca ont été récemment suspendues pendant plusieurs jours dans plusieurs pays européens à la suite de cas suspects d’effets secondaires graves, dont des caillots sanguins.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Agence européenne des médicaments (EMA) ont cependant maintenu leur confiance dans ce vaccin, estimant que les avantages l’emportaient largement sur les risques qu’il implique.

« Aucune augmentation du risque de thrombose »

AstraZeneca a indiqué qu’un comité de sécurité indépendant, le DSMB, s’était penché spécifiquement, avec l’aide d’un neurologue indépendant, sur les caillots sanguins et la thrombose veineuse cérébrale (TVC) dans l’ensemble des données de l’essai américain.

À l’issue de cet examen spécifique, « le DSMB n’a constaté aucune augmentation du risque de thrombose ou d’événements caractérisés par une thrombose parmi les 21.583 participants ayant reçu au moins une dose du vaccin », indique AstraZeneca.

« La recherche spécifique de thrombose veineuse cérébrale (TVC) n’a trouvé aucun événement dans cet essai », ajoute le laboratoire.

« Ces résultats sont d’excellentes nouvelles car ils montrent l’efficacité remarquable du vaccin dans une nouvelle population et sont cohérents avec les résultats des essais menés par Oxford », a déclaré Andrew Pollard, qui dirige l’Oxford Vaccine Group.

L’essai a évalué l’administration de deux doses à quatre semaines d’intervalle. L’efficacité du vaccin était cohérente quelle que soit l’ethnie et l’âge des candidats, selon AstraZeneca, qui note une efficacité de 80 % chez les participants âgés de 65 ans et plus, qui représentaient environ 20 % des candidats.

AstraZeneca et son partenaire vont à présent préparer les données en vue d’une demande d’homologation de leur vaccin auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité sanitaire américaine, a déclaré à la BBC Sarah Gilbert, professeur à l’Université d’Oxford.

Cette préparation nécessitera quelques semaines, a-t-elle précisé.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

LA PUBLICATION DU RAPPORT EXPLOSIF

SUR LE MEURTRE DU JOURNALISTE KHASHOGGI PRELUDE A UN TOURNANT DE LA POLITIQUE AMERICAINE ENVERS L'ARABIE SAOUDITE ?

Les services de renseignement américains ont publié vendredi 26 février 2021 un court rapport déclassifié dans lequel ils accusent le puissant prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, d’avoir « validé » l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018.

Le rapport potentiellement explosif de la CIA

« Nous sommes parvenus à la conclusion que le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, a validé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Istanbul, en Turquie, Jamal Khashoggi », écrit la direction du renseignement américain dans ce document de quatre pages, déclassifié à la demande du président des Etats-Unis, Joe Biden, alors que son prédécesseur Donald Trump l’avait gardé secret.

« Le prince héritier considérait Khashoggi comme une menace pour le royaume et plus largement soutenait le recours à des mesures violentes si nécessaire pour le faire taire », ajoute-t-elle.

Critique du pouvoir saoudien après en avoir été proche, Jamal Khashoggi, résident aux Etats-Unis et chroniqueur du quotidien américain Washington Post, avait été assassiné le 2 octobre 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite. Son corps, démembré sur place, n’a jamais été retrouvé.

La Maison Blanche a annoncé que des « mesures » seraient dévoilées dans la foulée, sans plus de précisions. « Il s’agit d’un crime, comme je l’ai déjà dit, qui a choqué les consciences. Nous serons en mesure, bientôt, de parler de mesures pour que les responsables rendent des comptes. ».


Un tournant de la politique américaine ?

L’ex-président républicain n’avait jamais voulu blâmer publiquement Mohammed ben Salmane, pour préserver l’alliance avec Ryad, pilier de sa stratégie anti-Iran, premier exportateur mondial de pétrole brut et gros acheteur d’armes américaines. Le gouvernement de Joe Biden a fait savoir que le rapport du renseignement américain potentiellement explosif sur Jamal Khashoggi, serait bientôt dévoilé .

S'agit-il avec le nouveau président d'un tournant de la politique américaine vis-à-vis de l'Arabie Saoudite ? Le président Biden n' avait-il pas jugé avant son élection en novembre que le royaume du Golfe devait être traité comme un Etat « paria » pour cette affaire ?

Certes le gouvernement américain a d’ores et déjà prévenu que Joe Biden entendait « recalibrer » sa relation avec Riyad. Dorénavant le président démocrate ne s'adressera plus qu’au roi Salman et non au prince héritier, interlocuteur privilégié de Donald Trump. Il a aussi mis fin au soutien américain à la coalition militaire, dirigée par les Saoudiens, qui intervient dans la guerre au Yémen, et il tente également de renouer le dialogue avec l’Iran, grand ennemi régional de l’Arabie saoudite.

Mais si jeudi Joe Biden ,dans son premier appel téléphonique au roi Salman, a mis l’accent sur « les droits humains universels » et « l’Etat de droit », il a aussi adressé un satisfecit au monarque pour la récente libération de «  plusieurs militants américano-saoudiens et de Mme Loujain al-Hathloul », une militante féministe. Et il a évoqué « l’engagement des Etats-Unis à aider l’Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iran », selon la présidence américaine.Les Etats-Unis ont d'ailleurs bombardé, jeudi 25 février, des infrastructures utilisées par des milices pro-iraniennes dans le nord-est syrien, faisant au moins 17 victimes parmi les combattants pro-Iran. Il s'agit de la première opération militaire de l'administration de Joe Biden. Il s'est également, selon l’agence de presse officielle saoudienne, engagé à ce que Téhéran ne soit « jamais autorisé à posséder l’arme nucléaire ».


Joe Biden n' a pas manqué de rappeler le « partenariat de longue date » et « historique » entre les deux pays alliés, a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué. « Le président a dit au roi Salmane qu’il œuvrerait pour rendre les relations bilatérales aussi fortes et transparentes que possible », a ajouté la Maison Blanche.

Alors qu’elle laisse planer la menace de nouvelles mesures punitives suite à l'affaire Khashoggi , l’administration Biden n’a pas pour l’instant confirmé qu’elle était prête à aller jusqu’à sanctionner le princehéritier MBS.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LE NOUVEL AN CHINOIS

La Chine et une grande partie de l'Asie fêtent le Nouvel An .

Ce vendredi 12 février 2021 marque le Nouvel an lunaire et l’entrée dans l’année du bœuf de métal ou du buffle.

L’animal, dans le zodiac chinois, symbolise l’énergie retrouvée et le retour au travail.

À Pékin, beaucoup espèrent que cela permettra d’oublier l’année du rat et la pandémie de Covid-19.

Chasser la pandémie, oublier l’année horrible qui vient de s’écouler :

beaucoup le répètent.

Mais en raison des restrictions sanitaires, beaucoup de Chinois renoncent aux retrouvailles familiales et aux vacances de printemps.

Selon l’agence Bloomberg, 85 % des employés du Sud resteront travailler dans l’atelier du monde.

Si l’année du bœuf, est l’année tremplin avant de sortir de la crise sanitaire, elle est aussi l’année de l’effort, du travail retrouvé.




Boby Dean pour DayNewsWorld

300 MILLIONS DE DOLLARS DE CRYPTMONNAIES DEROBES PAR LA COREE DU NORD

La Corée du Nord a dérobé au cours des derniers mois plus de 300 millions de dollars de cryptomonnaies via des attaques informatiques, selon un rapport confidentiel de l’ONU. Cet argent est destiné à financer ses programmes nucléaires et balistiques interdits.Le document, rédigé par un groupe d’experts chargé de contrôler l’application des sanctions prises contre Pyongyang, estime qu’«au total le vol de biens virtuels commis par le pays entre 2019 et novembre 2020 s’élève à environ 316,4 millions de dollars», d’après un Etat membre des Nations unies.

Des institutions financières et des bourses ont été piratées afin de financer le développement des programmes nucléaire et balistique nord-coréens, selon ce rapport . Une large majorité des recettes provenait de deux détournements commis à la fin 2020.

La Corée du Nord a déployé des milliers de pirates informatiques aguerris qui visent des entreprises et des institutions en Corée du Sud et ailleurs dans le monde. Leur objectif est également de trouver des sources de revenus face aux multiples sanctions auxquelles le pays est soumis en raison de ses programmes d’armement.

Négociations au point mort

Les négociations entre Pyongyang et Washington sont au point mort depuis l’échec du sommet de Hanoï en 2019. Une des raisons de cette impasse a été l’absence de consensus sur les concessions que le Nord devrait faire en change d’une levée des sanctions internationales pesant sur elle.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a depuis montré, notamment lors de parades militaires en octobre et janvier, de nouveaux modèles de missiles et fait part de sa volonté de renforcer l’arsenal nucléaire du pays.

Les capacités en matière de piratage de Pyongyang avaient été mises en lumière en 2014, lorsque le Nord avait été accusé d’avoir attaqué Sony Pictures Entertainment pour se venger du film «The Interview», une satire tournant en dérision Kim Jong-un.




Alize Marion pour DayNewsWorld

COVID-19 LES RESULTATS TOUBLANTS

 DE L'ENQUETE DE L'OMS A WUHAN

Chargée d’enquêter dans la ville chinoise de Wuhan sur l’origine de la pandémie qui a fait plus de 2,3 millions de morts dans le monde depuis plus d'un an, l’équipe internationale d’experts chinois et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) envoyée sur place durant quatre semaines, a rendu ses conclusions lors d'une conférence de presse mardi 9 février. On fait le point.

Une équipe d'experts de l'OMS, dépêchée à Wuhan, en Chine, considérée comme le berceau de l'épidémie de coronavirus dans le monde, a enquêté pendant deux semaines sur le terrain. Au préalable, ils ont observé une quarantaine de deux semaines dans un hôtel de Wuhan à leur arrivée dans la ville avant de mener leurs investigations aux côtés d'experts chinois.

Ils ont livré, ce mardi 9 février, leurs premières conclusions.

Tout d'abord , souvent évoquée dans la presse, l’hypothèse de la fuite du coronavirus d’un laboratoire de Wuhan a été balayée comme étant « hautement improbable », selon le chef de la délégation de l’OMS à Wuhan. Cette ville abrite en effet un important institut de virologie impliqué dans les recherches sur la pandémie.

Si les experts ne sont pas parvenu encore à identifier l'origine de la pandémie, ils privilégient cependant la transmission du virus par un animal. .Premier constat dressé par les experts, seul un virus hautement adaptable peut être capable de provoquer une pandémie mondiale . « Cela implique qu’il s’est d’abord familiarisé au contact humain en circulant probablement parmi les animaux », a expliqué le professeur Liang Wannian, le chef du panel d'experts Covid-19 à la Commission nationale de santé chinoise.

À ce stade, les études ne permettent pas pour l’instant de confirmer quel animal pourrait avoir transmis le virus à l’homme.que ce soit le pangolin, la chauve-souris incriminée pour le Sras et le Mers-CoV, ou encore le vison... Pour l’instant, l’animal à l’origine du coronavirus « n’a pas encore été identifié ».

En outre les expert sont arrivés à la conclusion que le virus pourrait avoir circulé dans d’autres régions avant que les premiers cas n’aient été détectés à Wuhan. Il n’y a pas « assez de preuves […] pour déterminer si le Sars-CoV-2 s’est propagé à Wuhan avant décembre 2019 ».

Tout comme il apparaît que la transmission à l’homme n'a pas eu lieu uniquement sur le marché de Huanan, mais également en même temps sur d’autres marchés de la ville, et dans des lieux autres que les marchés. Le virus s’est donc propagé en même temps ailleurs dans la ville, concluent encore les experts. La Chine avait d'ailleurs avancé l' hypothèse d’une arrivée du virus dans la ville via des aliments congelés et avait affirmé à plusieurs reprises avoir découvert des traces du coronavirus dans de la nourriture importée.

Peter Ben Embarek, chef de l’équipe d’experts de l’OMS, a déclaré qu’une transmission du coronavirus par la chaîne du froid était aussi une possibilité et méritait de plus amples investigations.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

EN BIRMANIE MANIFESTATIONS

CONTRE LE COUP D'ETAT ET LOI MARTIALE

Après le coup d’Etat militaire du 1er février en Birmanie qui a permis à l’armée de reprendre le pouvoir sans coup férir, les généraux birmans semblent aujourd’hui en position de force.

Lundi, le chef de l’armée a promis la tenue de nouvelles élections législatives après la création d’une nouvelle commission électorale, et la remise du pouvoir entre les mains du vainqueur du scrutin. La junte formera une « démocratie véritable et disciplinée », a ajouté Min Aung Hlaing.

Il a assuré que l’armée n’entendait pas gouverner le pays comme lors des nombreuses périodes de dictature militaire qu’a connues la Birmanie depuis son indépendance, en 1948.

Accusée par l’Occident d’avoir fermé les yeux sur la tragédie de la minorité musulmane des Rohingyas, leur principale adversaire politique Aung San Suu Kyi – placée en résidence surveillée – manque de moyens tangibles pour leur résister malgré les 83% de votes obtenus par son parti.

Cependant partout en Birmanie, une résistance civile et pacifique est à l’œuvre depuis le coup d’Etat. Dans la métropole économique Rangoun, mais aussi dans d’autres grandes villes et même à Naypyidaw, la capitale administrative , des milliers de Birmans ont choisi de manifester pour la troisième journée de suite afin de protester contre le coup d’Etat. Un appel à la grève générale a été lancé par les contestataires..Et ce malgré les arrestations et les coupures d'Internet

La pression monte et les autorités ont fait savoir via la chaîne MRTV, contrôlée par l’Etat, que « des actions doivent être prises (…) contre les infractions qui troublent, empêchent et détruisent la stabilité de l’Etat et la sécurité publique ». Il s’agit du premier avertissement lancé par les autorités depuis le début des manifestations samedi

A Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, la loi martiale a été décrétée dans plusieurs quartiers, ont annoncé les autorités locales. Les manifestations et les rassemblements de plus de cinq personnes sont désormais interdits, et un couvre-feu est instauré de 20 heures à 4 heures (heure locale), précise la déclaration.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

ISRAEL LA COUR PENALE INTERNATIONALE COMPETENTE DANS LES TERRITOIRES PALESTINIENS

La Cour pénale internationale s'est déclarée compétente, vendredi, pour les faits survenus dans les territoires palestiniens occupés. Ce qui pourrait ouvrir la voie à une enquête pour crimes de guerre.

La CPI, située à La Haye (Pays-Bas), a expliqué dans un communiqué avoir « décidé à la majorité que la juridiction territoriale de la Cour pour la situation en Palestine s'étendait aux territoires occupés par Israël depuis 1967 ».

Fatou Bensouda, la procureure de ce tribunal international créé en 2002 pour juger les crimes les plus terribles commis sur la planète, lui avait demandé un avis juridique sur ce point. Et ce après avoir annoncé en décembre 2019 vouloir ouvrir une enquête complète sur d' éventuels « crimes de guerre » – sans désigner leurs auteurs – dans les territoires occupés par Israël.

La CPI prenne le relais d'une enquête préliminaire de cinq ans à la suite de la guerre de 2014 dans la bande de Gaza. Cette ancienne avocate gambienne, qui doit quitter ses fonctions en juin, a poussé pour que la Cour prenne le relais d'une enquête préliminaire de cinq ans sur les actions menées au cours de l'opération israélienne « Bordure protectrice » de l'été 2014. Selon l'ONU, 1.163 Palestiniens, dont 795 civils et 230 enfants, y avaient été tués. Israël avait à l'époque engagé ses troupes dans l'opération « Bordure protectrice » pour contrecarrer les activités du Hamas, le mouvement islamo-nationaliste, qui contrôle ce petit territoire surpeuplé.

Mais selon la procureure, « les forces de défense israéliennes ont intentionnellement lancé des attaques disproportionnées » à plusieurs occasions durant l'été 2014. Elle reproche par ailleurs au chef du gouvernement israélien de s'être déclaré favorable à l'annexion de territoires en Cisjordanie violant ainsi le droit international. Elle estime que des investigations devraient être diligentées sur la répression par Tsahal des manifestations palestiniennes dites de la « marche du retour » de mars 2018 à Gaza qui se sont soldées par plus de 200 morts et des milliers de blessés.

Elle ne dédouane pas pour autant le Hamas. Il y a « une base raisonnable pour croire que des membres du Hamas et des groupes armés palestiniens ont commis les crimes de guerre pendant l'opération Bordure protectrice, notamment le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des civils et des biens civils, en utilisant des personnes protégées comme boucliers et la torture ».

La Cour a ajouté qu'avec sa décision, elle « ne statuait pas sur un différend frontalier en droit international ni ne préjugeait de la question de quelconques futures frontières » mais avait eu l'« unique objectif de définir sa juridiction territoriale ».

Netanyahou vent debout contre la décision, les Etats-Unis inquiets

A la suite de cette décision, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a qualifié vendredi la Cour pénale internationale d'« organe politique ». « Aujourd'hui le tribunal a une nouvelle fois prouvé qu'il est un organe politique et pas une institution judiciaire », a commenté le chef du gouvernement israélien, estimant que, par sa décision, la CPI nuisait au « droit des démocraties à se défendre contre le terrorisme ».

Le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a lui salué une « victoire pour la justice».L'Autorité palestinienne qui n'est pas un État reconnu par la communauté internationale a adhéré à la CPI en 2015 alors qu'Israël s'y refuse.

Les Etats-Unis se sont dits de leur côté « sérieusement préoccupés par les tentatives de la CPI d'exercer une juridiction sur les militaires israéliens ».  « Nous avons toujours été d'avis que la compétence de la Cour devrait être réservée aux pays qui y consentent ou qui sont déférés par le Conseil de sécurité des Nations unies », précise le Département d'État. « Nous continuerons à nous opposer à ceux qui cherchent à cibler injustement Israël », a twitté son porte-parole, Ned Price.

Israël avait déjà vigoureusement condamné la CPI quand sa procureure avait réclamé une enquête approfondie. Les Etats-Unis, qui ne sont pas non plus partie aux statuts de l'instance internationale, avaient eu une réaction similaire.

Le gouvernement de Donald Trump avait même pris en septembre des sanctions contre Fatou Bensouda, qui a de son côté demandé à Joe Biden de les lever.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

COUP D 'ETAT EN BIRMANIE ET INCULPATIONS

 DU PRESIDENT ET D'AUNG SAN SUU KYI

Après seulement dix ans de fonctionnement démocratique, l’armée birmane a repris le pouvoir lors d’un coup d’État, lundi 1er février. Aung San Suu Kyi, qui dirigeait le gouvernement, et le président birman ont été arrêtés. .Aung San Suu Kyi a été arrêtée sur ordre de l’état-major de l’armée birmane, la Tatmadaw, lundi 1er février, alors que le nouveau Parlement, issu des législatives de novembre 2020, devait se réunir pour la première fois. Le président birman, Win Myint, et plusieurs hauts représentants du parti au pouvoir ont aussi été interpellés lors d’une opération menée à l’aube dans la capitale Naypyidaw.

Etat d’urgence proclamée par l'armée pour une période d’un an.

Aung San Suu Kyi a été inculpée ce mercredi 3 février 2021 « pour avoir enfreint une loi sur les importations/exportations ». Un tribunal « a ordonné sa détention provisoire » jusqu’au 15 février, selon Kyi Toe, porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). L’ancien président Win Myint est, quant à lui, poursuivi pour avoir violé une loi sur la gestion des catastrophes naturelles, d’après Kyi Toe. Des raids ont été menés dans différents locaux du mouvement et des documents saisis, selon le parti.

De son côté, l’armée qui a pris le pouvoir avec le général Min Aung Hlaing a sa tête, conteste les résultats des élections législatives de novembre, remportées massivement par la LND, et promet de nouvelles élections une fois que l’état d’urgence d’un an sera levé.

Des appels à la désobéissance civile

La LND a appelé sur Facebook à la « libération » immédiate d’Aung San Suu Kyi et de ses autres responsables. Un porte-parole du parti a précisé qu’aucun contact direct n’avait été noué avec Aung San Suu Kyi, même si des voisins l’ont aperçue se promenant dans le jardin de sa résidence officielle entourée de murs.

Pressentant les événements, cette dernière, qui serait pour le moment assignée à résidence dans la capitale Naypyidaw, a exhorté la population à « ne pas accepter » le coup d’État dans une lettre écrite par anticipation.

Après ce putsch condamné par de nombreuses capitales étrangères, les premiers signe résistance émergent. Des médecins et des professionnels de santé, portant des rubans rouges (la couleur de la LND), refusent de travailler, sauf en cas d’urgence médicale. « Nous obéirons uniquement au gouvernement élu démocratiquement », a déclaré Aung San Min, responsable d’un hôpital de 100 lits dans la région de Magway (centre).

Des membres du personnel médical de l’hôpital général de Rangoun se sont réunis devant l’établissement, faisant le salut à trois doigts, un geste de résistance déjà adopté par les militants pro-démocratie à Hong Kong ou en Thaïlande.

Un groupe, « le mouvement de désobéissance civile », a aussi été lancé sur Facebook et comptait mercredi quelque 160 000 abonnés. « Honte à l’armée », « les militaires sont des voleurs », pouvait-on lire. Mardi soir, dans le quartier commerçant de Rangoun, la capitale économique, des habitants ont klaxonné, tapé sur des casseroles, certains scandant : « Vive Mère Suu ! » (Suu Kyi).

Mais la peur des représailles reste vive dans le pays qui a vécu, depuis son indépendance en 1948, sous le joug de la dictature militaire pendant presque 50 ans.

Pression de la communauté internationale

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a promis mercredi de mobiliser suffisamment la communauté internationale pour qu’elle fasse pression sur l’armée birmane. « Nous ferons tout notre possible pour mobiliser tous les acteurs majeurs et la communauté internationale afin de mettre suffisamment de pression sur la Birmanie pour nous assurer que ce putsch échoue », a déclaré Antonio Guterres dans un entretien diffusé par le Washington Post.

« Cela est absolument inacceptable après des élections - qui se sont déroulées normalement, je crois - et après une large période de transition » démocratique, a-t-il ajouté.

Un projet de communiqué soumis pour discussion par la Grande-Bretagne aux 15 membres du Conseil de sécurité de l'Onu condamne le coup d’État et appelle l’armée birmane à respecter la règle de droit et les droits humains et à libérer immédiatement les personnes qu’elle a emprisonnées.

D’après des diplomates, il est probable que la formulation du communiqué sera adoucie afin de s’assurer du soutien de la Chine et de la Russie, qui protègent traditionnellement la Birmanie devant le Conseil de sécurité, alors qu’un consensus est nécessaire pour la publication de communiqués de ce type.

Antonio Guterres a déclaré qu’Aung San Suu Kyi pouvait, tout au plus, être accusée d’avoir été « trop proche de l’armée birmane, d’avoir trop protégé l’armée, notamment par rapport à ce qui s’est passé avec l’offensive dramatique de l’armée contre les Rohingya ».

Facebook perturbé

Facebook a indiqué jeudi 4 février que l’accès à ses services était « interrompu pour certaines personnes » et a appelé les autorités à rétablir les connexions. Le réseau social est le principal moyen de communication en Birmanie, que ça soit pour les familles mais aussi pour les ministères qui l’utilisent pour la publication de leurs communiqués.

NetBlocks, une organisation non gouvernementale qui surveille les coupures d’internet dans le monde, a déclaré que des fournisseurs en Birmanie bloquaient ou restreignaient l’accès à Facebook, Instagram et WhatsApp. « Les services de Facebook sont actuellement restreints par de nombreux fournisseurs internet en Birmanie, les opérateurs se conformant avec un ordre apparent de blocage », a écrit NetBlocks sur Twitter.

Selon l’ONG, c’est le fournisseur d’accès internet MPT, propriété de l’État, qui a pris les mesures de blocage les plus étendues.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS DES FAMILLES DE VICTIMES BAILLONNEES PAR LES AUTORITES CHINOISES FACE AUX ENQUETEURS DE L'OMS ?

Les dix enquêteurs internationaux de l’OMS sont sortis de leur quarantaine en Chine pour entamer leurs investigations sur le terrain sur l’origine de la pandémie de Covid-19. Ils étaient arrivés le 14 janvier à Wuhan, où les autorités chinoises leur ont imposé une quarantaine.

Mission sensible des enquêteurs de l’OMS en Chine

Cette visite est ultrasensible pour le régime chinois, soucieux d’écarter toute responsabilité dans l’épidémie qui a fait plus de 2,1 millions de morts dans le monde alors qu’elle est pratiquement éradiquée en Chine. Pékin s’efforce en effet de convaincre que l’épidémie n’est pas apparue sur son sol et aurait pu être importée .

La désignation des dix experts-enquêteurs avait déjà été au centre d’intenses tractations entre Pékin et l’OMS. La Chine avait déjà obtenu de coopter les scientifiques en question et de restreindre leur marge de manœuvre. En particulier, les termes de l’accord conclu entre la Chine et l’organisation onusienne stipulent que leur enquête

«s’appuiera (…) sur les informations existantes et viendra compléter, plutôt que dupliquer, les efforts en cours ou existants ». Les enquêteurs de l’OMS devront donc se fonder, au moins en partie, sur des travaux déjà conduits sous l’égide de Pékin, sans être habilités à reproduire eux-mêmes certaines analyses. Cependant, des membres de la mission cités dans la presse scientifique ont déclaré que toutes les hypothèses seraient étudiées.

Pots-de-vin ou intimidation des familles de victimes

Mais des proches de victimes accusent le régime communiste de tenter de les dissuader d’approcher les experts internationaux. Ces familles se sont rassemblées l’an dernier pour réclamer des sanctions pour les responsables locaux qui ont minimisé l’épidémie il y a un an, allant jusqu’à réprimander les tout premiers lanceurs d’alerte. Plusieurs d’entre elles ont même tenté de saisir la justice mais affirment que leurs plaintes ont été d’emblée jugées irrecevables.

Depuis l’arrivée des experts de l’OMS, la pression des autorités s’est accrue, affirment-elles. Alors que près d’une centaine de parents de victimes échangeaient sur la messagerie WeChat, très populaire en Chine, leur groupe de discussion a été brutalement bloqué il y a une dizaine de jours, rapporte Zhang Hai, l’un des animateurs du mouvement.« Quand l'OMS est arrivée à Wuhan, (le groupe) a été démantelé de force. Résultat, nous avons perdu le contact avec de nombreux membres », déplore-t-il. Comme d'autres réseaux sociaux en Chine, WeChat, géré par le géant de l'internet Tencent, bloque régulièrement les contenus jugés sensibles par le pouvoir. « Cela montre que [les autorités] sont très nerveuses. Elles redoutent que ces familles entrent en contact avec les experts de l’OMS. »

L'épidémie a officiellement tué 3.900 personnes à Wuhan, soit la grande majorité des morts enregistrés en Chine (4.636 décès). Le pays est parvenu à enrayer largement la pandémie dès le printemps, même si des cas limités ont éclaté ces dernières semaines dans certaines régions. Avec moins de 90.000 malades selon les chiffres officiels, la Chine reste très loin des bilans enregistrés dans le reste du monde, avec désormais plus de 100 millions de personnes contaminées.

Beaucoup de proches de victimes disent douter de ces chiffres officiels, affirmant que nombre d’entre elles ont succombé avant de pouvoir être formellement identifiées comme malades du coronavirus. Une retraitée, qui pense que sa fille a été tuée par le virus en janvier 2020, a raconté avoir été convoquée la semaine dernière par les autorités qui lui ont intimé l’ordre de ne « pas parler aux médias ni de se laisser manipuler ». « Après ça, elles sont venues chez moi hier, m’ont chanté la même chanson et donné 5.000 yuans (640 euros) au titre de condoléances », a-t-elle témoigné.

Zhang Hai appelle les experts de l’OMS à avoir « le courage » de rencontrer les familles, disant redouter que ces derniers se laissent embobiner par les autorités ou soient bloqués dans leur enquête. Selon lui, le témoignage des familles sur l’explosion du virus à Wuhan pourrait utilement éclairer les enquêteurs internationaux, au moment où Pékin cherche à évacuer toute responsabilité.

Une enquête internationale « claire et poussée » exigée par Washington

Mercredi, les Etats-Unis ont exigé une enquête internationale « claire et poussée ». « Il est impératif que nous allions au fond des choses dans l’apparition de la pandémie en Chine », a ainsi affirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki. Washington va « évaluer la crédibilité du rapport d’enquête une fois terminé » et puiser dans « les informations rassemblées et analysées par le renseignement » américain sur le sujet, a prévenu Mme Psaki.

Pékin a mal pris cet avertissement, la diplomatie chinoise rejetant, jeudi, des « a priori négatifs » et des «ingérences politiques» risquant de mettre en danger « la recherche de résultats scientifiques sérieux».




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS ÉTUDE INQUIETANTE

SUR LE VARIANT SUD-AFRICAIN

Selon une étude préliminaire publiée, le variant sud-africain du coronavirus pose un «risque important» de réinfection.

Les scientifiques s'inquiètent également de son impact sur l'efficacité des vaccins.

Ce variant appelé 501Y.V2, détecté en Afrique du Sud en décembre dernier, contient la mutation E484K.

Certains tests en laboratoire ont déjà montré qu'elle peut diminuer la reconnaissance du virus par les anticorps, et donc sa neutralisation.

Ce variant « est largement résistant aux anticorps neutralisants provoqués en réponse à une infection par des souches en circulation précédemment », expliquent les chercheurs alors que leur étude n'a pas encore été évaluée par d'autres scientifiques.

Selon eux, «la plupart des individus infectés avec des souches précédentes du Sars-Cov-2 auront une réponse de neutralisation minimale ou non-détectable contre le 501Y.V2»

Deux autres études préliminaires concluent, de leur côté, que les anticorps des patients du coronavirus sont plutôt efficaces contre le variant anglais.

Ces données restent pour l'instant fragiles et demandent à être confirmées plus avant.




Larry Rick pour DayNewsWorld

DISPARITION D 'HOMMES D'AFFAIRES CHINOIS

DONT JACK MA , FONDATEUR D'ALIBABA

Dans le monde des affaires en Chine, plusieurs millionnaires subissent actuellement les foudres du pouvoir communiste qui serre la vis au secteur de la finance devenue au yeux du président Xi Jinping trop puissant. Ainsi Lai Xiaomin, ancien patron du conglomérat financier China Huarong , a été condamné à mort, mardi 5 janvier 2021 , pour « corruption et bigamie », a annoncé la justice chinoise.

Il a notamment été reconnu coupable de corruption, pour avoir obtenu 215 millions d'euros de pots-de-vin et tenté d'en obtenir 13 millions supplémentaires et condamné à mort. Lai Xiaomin, ancien patron du conglomérat financier China Huarong, avait auparavant travaillé à la Banque centrale et pour le gendarme des banques.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping, un seul haut responsable chinois a été condamné à mort, en 2016 pour une affaire de meurtre.

D'autres ont aussi été condamnés à la peine capitale, mais avec sursis. Le jugement survient au moment où le pouvoir communiste serre la vis au secteur de la finance.

Le fondateur d'Alibaba , Jack Ma est, quant à lui, invisible depuis deux mois et son clash fracassant avec les autorités chinoises.Interrogations et spéculations se multiplient autour du récent destin du milliardaire chinois, qui n'a pas été vu en public depuis plus de deux mois, comme le rapporte Yahoo Finance dimanche 3 janvier 2021.

Son absence, en novembre, de l'épisode final d'«Africa's Business Heroes», un show de télé-réalité dont il est le créateur et dans lequel il était juge, n'est pas passée inaperçue. Il y a été remplacé au pied levé par un cadre d'Alibaba et, selon le NY Mag, sa photo a été retirée du site officiel du programme.en novembre dans un spectacle télévisé qu'il a fondé. Un autre cadre d'Alibaba l'a remplacé, et le site web de l'émission a retiré sa photo, rapporte The Telegraph.

Il y a un peu moins de deux mois, Pékin avait annulé à la dernière minute, à la stupeur générale, l’introduction en Bourse l’introduction en bourse d’Ant Group, filiale d’Alibaba. La décision avait été prise quelques jours après que Jack Ma, a critiqué l’action des régulateurs financiers lors d'une conférence à Shanghai fin octobre, les qualifiant de « club de vieux » mal adapté pour superviser l'innovation technologique chinoise. C'en était trop, beaucoup trop pour Xi Jinping. Le président chinois décidait dans la foulée de taper du poing sur la table, intervenant lui-même pour mettre fin à l'IPO d'Ant Group et, plus largement, entamer la reprise en main d'un secteur chinois de la tech devenu trop puissant. De plus Jack Ma a été convoqué par les autorités et il n’a pas été revu en public.

En quelques jours, l'empire de Jack Ma commençait à se déliter. Le pouvoir central chinois soumettait Alibaba à une enquête sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles puis exigeait d'Ant Group la révision profonde d'un business model un peu trop libre à son goût.

Depuis plusieurs mois d'ailleurs on reproche à cet homme d'affaire, longtemps populaire, sa cupidité, son arrogance, l’exploitation de ses salariés. Longtemps appelé « Daddy Ma » Ma a été récemment déclassé au rang de « fils », voire de « petit-fils ».« Un milliardaire populaire comme Jack Ma sera certainement pendu au sommet du lampadaire » scande un message populaire sur les réseaux sociaux chinois, repris par le New York Times, en allusion à la célèbre exclamation « à la lanterne » lors des pendaisons sous la Révolution française.Sur les réseaux sociaux chinois, l’homme d’affaires se fait traiter de « capitaliste malfaisant » ou encore de « fantôme suceur de sang » .

L' absence et la campagne de dénigrement de Jack Ma rappelle celle d'autres hommes d'affaires chinois qui ont disparu après s'être battus avec les régulateurs. Ainsi Xiao Jianhua, un gestionnaire d'actifs, a été enlevé dans un hôtel de Hong Kong en janvier 2017, rapporte Reuters. Il a disparu en garde à vue, et le pays a ensuite saisi des parties de sa société, Tomorrow Group, rapportait le New York Times en juillet. Les régulateurs ont accusé Xiao Jianhua et d'autres magnats d'éloigner les investisseurs potentiels des marchés boursiers chinois, explique le Guardian. Le pouvoir central semble vouloir reprendre les choses en main en affaiblissant les conglomérats suffisamment puissants pour concurrencer le régime et surtout déstabiliser l'économie. Et la réussite financière n'autorise pas toutes les libertés.En mars 2020, le magnat de l'immobilier Ren Zhiqiang disparaissait lui aussi des radars, après avoir critiqué la gestion de la crise du coronavirus par le Parti communiste chinois et décrit Xi Jinping comme un «clown mis à nu mais désirant toujours être empereur».

Il n'est réapparu qu'en septembre, devant un tribunal: accusé de divers faits de corruption, il a écopé d'une peine de dix-huit ans de prison.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS : QUEL VACCIN POUR QUEL PAYS ?

Les campagnes de vaccination contre le Covid-19 ont débuté dans une cinquantaine de pays dans l’espoir d’enrayer enfin la pandémie un an à peine après la première alerte lancée par les autorités chinoises auprès de l’Organisation mondiale de la Santé. Dans la course aux vaccins quatre fabricants sont particulièrement en avance : l'américain Pfizer/BioNTech, Moderna, l’alliance britannique AstraZeneca-Université d’Oxford et l’institut d’Etat russe Gamaleya.

Pfizer-BioNTech

L’alliance américano-allemande Pfizer-BioNTech est de loin la plus en avance dans le monde. Le Royaume-Uni a été le premier pays à autoriser le vaccin à l’ARN messager- molécule qui dicte à nos cellules ce qu’il faut fabriquer pour lutter contre le coronavirus- et a débuté sa campagne de vaccination dès le 8 décembre 2020. Le Canada et les Etats-Unis ont ensuite suivi le mouvement le 14 décembre. La Suisse, la Serbie, Mexique, le Costa Rica, le Chili, Dubaï, le Bahreïn, Israël, le Qatar, le Koweït, Oman ont aussi opté pour ce vaccin dans un premier temps. La France l’a approuvé le 24 décembre. Tous les pays n'optent pas pour les mêmes procédures à propos de la vaccination contre le Covid-19 : alors que les autorités britanniques ont récemment changé leur stratégie vaccinale pour injecter une seule dose du vaccin Pfizer/BioNTech et ainsi protéger plus de monde, la France choisit de faire injecter deux doses, pour plus d'efficacité. Cela permet une efficacité à 95% du vaccin, contre 70% si une seule dose est reçue, selon les laboratoires. Les doses ont la particularité de devoir être conservées à -70°C, ce qui rend la logistique délicate et onéreuse.

L’UE a donné son feu vert à la toute fin 2020, comme la Norvège et l’Islande. Une nouvelle unité de fabrication va d’ailleurs entrer en production plus tôt que prévu en Europe, à Marburg (Allemagne), pour fournir 250 millions de doses supplémentaires durant le premier semestre 2021. La Jordanie, Singapour et l’Argentine ont également approuvé le vaccin Pfizer-BioNTech.

Moderna

L’américain Moderna avait été l’un des premiers laboratoires à annoncer une efficacité de 94,1% pour son vaccin. Les Etats-Unis et le Canada ont été les deux premiers pays à l’avoir autorisé. L’UE pourrait enfin donner son feu vert mercredi. Tout comme Pfizer, il utilise La jeune société de biotechnologie américaine dirigée par le Français Stéphane Bancel a vu sa valeur boursière s’envoler grâce à la mise au point de son vaccin de pointe contre le Covid-19.

AstraZeneca-Oxford

Le vaccin de l’alliance britannique AstraZeneca-Université d’Oxford est efficace en moyenne à 70%. Le Royaume-Uni a été le premier pays à approuver ce vaccin le 30 décembre et l’injectera à sa population dès lundi 4 janvier 2021. L’Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde, l’a approuvé pour une utilisation d’urgence au premier jour de 2021.

L’Union européenne par contre tarde à donner son autorisation, l’Agence européenne des médicaments (EMA) ayant demandé à l’entreprise «des informations scientifiques supplémentaires sur les questions liées à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité du vaccin», explique-t-elle dans un communiqué. L’agence se dit bien «consciente» que le MHRA, le régulateur britannique, a approuvé le vaccin «dans le cadre d’une utilisation d’urgence, qui est distincte d’une autorisation de mise sur le marché» dans l’UE, plus exigeante.

Spoutnik V

La Russie a commencé à vacciner sa population le 5 décembre avec le Spoutnik V, mis au point par son Centre national d’épidémiologie Gamaleya. Il s’administre par voie intramusculaire en une seule dose et son taux d’efficacité serait de 91,4%. Le pays s’est d’abord concentré sur la vaccination des travailleurs à risques et les professions jugées «prioritaires». C’est désormais au tour des plus de 60 ans. Ce vaccin a dernièrement été approuvé au Belarus et en Argentine, qui ont débuté leur campagne de vaccination. L’Algérie prévoit de leur emboîter le pas en janvier. Cependant, le vaccin est encore dans sa troisième et dernière phase d’essais cliniques.

Les vaccins chinois

La Chine, berceau de la pandémie, a approuvé «sous conditions» le 31 décembre la mise sur le marché d’un premier vaccin anti-Covid, développé par Sinopharm avec l’Institut des produits biologiques de Pékin. Il est efficace à plus de 79% selon le groupe pharmaceutique.

Dès cet été, alors qu’aucun vaccin n’était encore formellement autorisé , le pays a commencé les vaccinations. Près de 5 millions de personnes à risque se sont déjà vu administrer différentes doses. Les Emirats arabes unis utilisent également depuis le 14 décembre ce vaccin.

Un autre vaccin chinois, CoronaVac, du laboratoire chinois Sinovac Biotech, attend son homologation. Plusieurs pays dont l’Ukraine l'ont commandé.




Jenny Chase pour DayNewsWorld


VACCINATION ANTI- COVID:

LA FRANCE EST-ELLE A LA TRAINE ?

En France la campagne de vaccination anti-Covid lancée dimanche 27 décembre 2020 avance bien plus lentement que dans d'autres pays.Pour cette première semaine, elle ne doit se déployer que dans 23 établissements accueillant des personnes âgées. Ce choix de stratégie est complètement assumé par le gouvernement qui rappelle que la vaccination est basée sur le consentement, notamment en raison du scepticisme des Français face au vaccin.Une étude BVA publiée dans le JDD montre en effet que seuls 44% des Français ont l’intention de se faire vacciner, l’une des proportions les plus basses parmi 32 pays étudiés.

Un sondage Ipsos Global Advisor publié mardi octroie même à la France la place de « championne du monde » des pays réfractaires, devant la Russie et l’Afrique du Sud.« Notre démarrage est beaucoup plus lent mais notre approche est en phase avec la réalité des doutes des Français », explique le ministère, « la santé publique, ce n'est pas que du médical, c'est aussi du sociétal », ajoute-t-on. L'objectif hexagonal est cependant de vacciner 15 millions de Français d'ici l'été 2021 .

Le généticien Axel Kahn regrette pour sa part que le gouvernement n’adopte pas une stratégie plus offensive pour persuader les Français de la nécessité de se faire vacciner contre le Covid-19. La stratégie prudente du gouvernement « n’est pas adaptée à une situation qui est très périlleuse », souligne le président de la Ligue nationale contre le cancer.

Les autres pays

Certains pays ont adoptéune campagne de vaccination à marche forcée. Selon le site Our World in Data qui compile les données mondiales relatives à la vaccination, on compte déjà 4,68 millions de vaccinés contre le Covid-19 dans le monde.

Parmi ceux-ci, 2,13 millions (d'après des chiffres datés de lundi) vivent aux Etats-Unis, qui ont commencé leur campagne de vaccination depuis le 14 décembre.

Selon les derniers chiffres communiqués par Pékin, remontant déjà au 19 décembre, la Chine a vacciné quant à elle un million de personnes. La particularité chinoise est d'avoir vacciné à titre expérimental tandis que ses vaccins, élaborés par les groupes Sinopharm et Sinovac n'étaient qu'en phase 3 des essais cliniques. Ceux-ci touchent cependant à leur fin: Sinopharm a annoncé ce mercredi que sa solution était efficace à 79%.

Au Royaume-Uni, où l'épidémie frappe durement (encore 53.000 nouveaux cas environ entre lundi et mardi), modulée dans une nouvelle variante du virus, on avait déjà vacciné 800.000 personnes au moment du réveillon de Noël. La saison de la vaccination s'y était ouverte le 8 décembre. De plus, l'Agence britannique du médicament a autorisé, ce mercredi 30 décembre 2020, la mise sur le marché d'un second vaccin: celui élaboré par les équipes de l'université d'Oxford pour le compte du groupe AstraZeneca.

En Israël aussi, l'heure est à la vaccination de masse et ce, depuis le 19 décembre dernier. 491.600 personnes avaient subi la piqûre au 28 décembre, dans ce pays qui entre dans une nouvelle phase de confinement national (la troisième) .À Tel Aviv, les autorités comptent avoir immunisé un quart des 11 millions d’habitants fin février, à raison de 15 000 vaccinations par jour.

On observe ensuite un décrochage: le Canada s'en tient à 58.818 vaccinés deux semaines après le début de la campagne, et le Bahreïn, qui vaccine depuis le 17 décembre, à 56.041. En Russie, 52.000 habitants étaient vaccinés au 22 décembre.

Le pays a entamé la distribution de son vaccin Sputnik V dès le 5 décembre. L'Allemagne a elle aussi commencé à vacciner ses patients dimanche, comme la France et comme le reste de l'Union européenne.  On y recensait déjà 41.962 vaccinés lundi.




Boby Dean pour DayNewsWorld

DE L'ADULATION A LA DISCRACE DU FONDATEUR D'ALIBABA JACK MA OU COMMENT LA CHINE REPREND EN MAIN SES GEANTS DU NUMERIQUE

Fondateur d’Alibaba, Jack Ma a longtemps incarné la réussite d’une Chine ouverte sur le monde et à la pointe de la technologie et suscité l'adulation. Homme d’affaires, acteur, chanteur, artiste , Jack Ma s’est même hissé au rang de célébrité.

Il a ainsi joué le rôle d’un maître de kung-fu invaincu dans un court métrage aux côtés de grandes stars du cinéma chinois. Il s’est également essayé à la musique en chantant avec Faye Wong, une figure emblématique de la pop chinoise.

Par ailleurs, Jack Ma a participé à la création d’une œuvre d’art avec l’artiste mondialement connu Zeng Fanzhi. Leur tableau a été vendu par Sotheby’s pour 5,4 millions de dollars.

Mais depuis plusieurs mois on lui reproche sa cupidité, son arrogance, l’exploitation de ses salariés Longtemps appelé « Daddy Ma » Ma a été récemment déclassé au rang de « fils », voire de « petit-fils ».

Sur les réseaux sociaux chinois, l’homme d’affaires se fait traiter de « capitaliste malfaisant » ou encore de « fantôme suceur de sang » .

« Un milliardaire populaire comme Jack Ma sera certainement pendu au sommet du lampadaire » scande un message populaire sur les réseaux sociaux chinois, repris par le New York Times, en allusion à la célèbre exclamation « à la lanterne » lors des pendaisons sous la Révolution française.

Il y a un peu moins de deux mois, Pékin avait annulé à la dernière minute, à la stupeur générale, l’introduction en Bourse l’introduction en bourse d’Ant Group, filiale d’Alibaba. La décision avait été prise quelques jours après que Jack Ma, a critiqué l’action des régulateurs financiers. Cette entrée en Bourse s’annonçait comme un record avec une levée de 37 milliards de dollars (30 milliards d’euros).Ce fiasco aurait coûté à Jack Ma son titre de première fortune de Chine, malgré un matelas tout de même évalué à 58 milliards de dollars. De plus Jack Ma a été convoqué par les autorités et il n’a pas été revu en public.

Le spécialiste du paiement en ligne Ant a de plus reçu dimanche 27 décembre 2020 l’ordre de mettre sur pied un plan pour satisfaire à une longue liste d’exigences réglementaires et stopper certaines activité illégales, a indiqué Pan Gongsheng, vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine. Le reproche fait à Ant Group est son activité de prêts en ligne alors que la dette chinoise dépasse les 300% du PIB et celle des ménages atteint les 60% du PIB.« Compte tenu de ce qui s’est passé, Ant devra éventuellement être contrôlée, voire détenue en majorité par l’État », prévient Zhiwu Chen, économiste à l’école de commerce de l’Université de Hong Kong.

Le 24 décembre 2020, c’est l’entreprise phare du groupe, Alibaba, qui a été visée par une enquête antitrust. Par ailleurs, le service de paiement Alipay figure également dans le viseur du gouvernement chinois.

Le Parti communiste chinois , lors d’une réunion sur l’orientation de la politique économique du pays, a en effet émis comme ligne directrice le renforcement des règles antitrust pour empêcher « l’expansion désordonnée des capitaux ».

C'est que pour le président chinois, comme c’est le cas aux États-Unis, la puissance de ces entreprises incarne une menace pour le gouvernement. Pour cause, Ant Group et son rival Tencent contrôlent davantage de données personnelles que les géants américains, comme Google ou Facebook. Leur taille et leur influence sont aujourd’hui perçues par le Parti communiste comme une menace.

Au-delà du cas personnel de Jack Ma, le pouvoir central semble vouloir reprendre les choses en main en affaiblissant les conglomérats suffisamment puissants pour concurrencer le régime et surtout déstabiliser l'économie.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

IL FAUT « NOUS PREPARER A PIRE » QUE LE COVID-19, PREVIENT L'OMS

Lundi, l’Organisation mondiale de la santé a tiré la « sonnette d’alarme », prévenant que des virus pires que celui qui nous touche actuellement sont susceptibles de se répandre à l’échelle planétaire dans l’avenir.

L’Organisation mondiale de la santé a prévenu lundi que malgré la sévérité de la pandémie de Covid-19, qui a tué plus de 1,7 million de personnes et en a infecté des dizaines de millions d’autres en un an, il était urgent de se préparer « à pire ».

« C’est une sonnette d’alarme », a prévenu Michael Ryan, le responsable de l’OMS en charge des situations d’urgence lors de la dernière conférence de presse de l’année de l’organisation, qui est en première ligne dans le combat contre la pire pandémie depuis 100 ans.

« Cette pandémie a été très sévère. Elle s’est répandue à travers le monde très rapidement et elle a touché chaque recoin de la planète, mais ce n’est pas nécessairement la pire », a mis en garde le médecin, qui dans sa carrière a eu à affronter sur le terrain des agents pathogènes parmi les plus mortels.Tout en reconnaissant que le virus « se transmet très facilement et tue des gens (…) son taux de mortalité est relativement bas par rapport à d’autres maladies émergentes », il nous faut « nous préparer à l’avenir à quelque chose qui sera peut-être encore pire », a martelé le docteur Ryan.

Son collègue et conseiller auprès de l’OMS, Bruce Aylward, a enfoncé le clou, en estimant que malgré les exploits scientifiques réalisés dans la lutte contre le Covid-19, y compris la création de vaccins efficaces en un temps record, le monde était loin d’être préparé à combattre des futures pandémies

« Nous sommes dans la deuxième et troisième vague de ce virus et nous ne sommes toujours pas prêts et capables de les gérer », a-t-il lancé lors de la conférence de presse.




Boby Dean pour DayNewsWorld

REVENDICATION DE BOKO HARAM POUR L'ENLEVEMENT DE 330 LYCEENS AU NIGERIA

Abubakar Shekau, leader du groupe djihadiste de Boko Haram, a revendiqué l’enlèvement de centaines de lycéens dans le nord-ouest du Nigeria dans un message vocal de propagande, diffusé ce mardi 15 décembre.

Les faits remontent au week-end dernier.

Plus d’une centaine d’hommes armés à moto ont attaqué dans la nuit de vendredi à samedi un lycée situé dans la ville de Kankara dans l’État de Katsina, dans le nord-ouest du Nigéria.

Des centaines d’adolescents ont fui dans la brousse pour s’y cacher. Au moins 333 adolescents sont toujours portés disparus depuis l’attaque, survenue à des centaines de kilomètres du territoire de Boko Haram, qui opère habituellement dans le nord-est du pays, autour du lac Tchad.

C’est pourtant Boko Haram qui a revendiqué l’enlèvement des lycéens, par la voix de son leader.

« Je suis Abubakar Shekau et nos frères sont derrière l’enlèvement à Katsina », annonce, dans un message vocal de propagande, le chef de file, qui avait déjà été responsable de l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en 2014, déclenchant une vague d’indignation mondiale.

Le président ordonne le renforcement de la sécurité dans toutes les écoles

Ce kidnapping avait été initialement attribué à des groupes armés, appelés « bandits » qui terrorisent les populations dans cette région instable ou les enlèvements contre rançons sont devenus monnaie courante. Cette revendication par Boko Haram marque un tournant extrêmement important dans la propagation de l’influence des groupes djihadistes dans le nord-ouest du Nigeria.

Le président Muhammadu Buhari a condamné l’attaque et ordonné le renforcement de la sécurité dans toutes les écoles. Dans l’État de Katsina, les établissements scolaires ont fermé. L’armée a affirmé, lundi, avoir localisé « le repaire des bandits », ajoutant qu’une opération militaire était en cours.

La situation sécuritaire s’est largement détériorée dans le nord du Nigeria depuis l’élection de Muhammadu Buhari en 2015, qui avait pourtant fait de la lutte contre Boko Haram la priorité de son mandat.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

L'AGRESSIVITE GUERRIERE D'ERDOGAN

 EN AZERBAIDJAN CONTRE L'ARMENIE

Dans le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan , Erdogan souhaite « continuer la lutte ».

Le président turc, qui était en visite à Bakou en Azerbaïdjan afin de « célébrer » la victoire du pays dans le Nagorny Karabakh, s’est montré offensif. Si le conflit dans le Nagorny Karabakh a été remporté par l’Azerbaïdjan, allié turc, la situation de la République autoproclamée n’en est pas pour autant réglée. D’importants territoires militaires ont été cédés, mais surtout, le statut de la République est en suspend malgré le cessez-le-feu négocié.

En visite à Bakou, la capitale azérie, le président turc Recep Tayyip Erdogan est venu apporter son soutien à son allié en l'enjoignant de continuer la « lutte ». « Le fait que l’Azerbaïdjan a sauvé ses terres de l’occupation ne signifie pas que la lutte est terminée. La lutte dans les sphères politiques et militaires va se poursuivre désormais sur de nombreux autres fronts », a martelé Erdogan lors d’une parade militaire.

Erdogan a aussi appelé les dirigeants arméniens à « revenir à la maison » tout en tenant un discours belliqueux et d’assurer que l’Azerbaïdjan continuera ses reconquêtes qui seront « le début d’une nouvelle ère ».

Selon le président turc, l’Arménie s’est livrée à des « crimes de guerre au Nagorny Karabakh » et se serait adonnée à des « massacres, destruction et armes » sous l’influence des « impérialistes occidentaux ».

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est également entretenu avec son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliev, au sujet du rôle que la Turquie compte jouer dans la région. Ankara entend bien participer aux opérations de maintien de la paix.

Le rôle de la Turquie en Azerbaidjan

L’accord de cessez-le-feu signé le 9 novembre par les dirigeants azerbaïdjanais, arménien sous l’égide de la Russie ne dit en effet rien du rôle de la Turquie dans la nouvelle configuration régionale..

L’accord laisse entier le problème du statut du Haut-Karabakh, conquis par les indépendantistes arméniens lors d’une guerre au début des années 1990, reconquis en partie par l’Azerbaïdjan lors de la guerre éclair – quarante-quatre jours – menée à l’automne avec l’aide de l’armée turque. «

Soucieux de ménager sa relation avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine a donné son feu vert à la création d’un centre de coordination russo-turc chargé de veiller au maintien de la paix depuis le territoire azerbaïdjanais. Théoriquement, c’est là que les soldats turcs seront déployés.

Moscou, Ankara et Bakou ont un intérêt en commun : écarter le groupe de Minsk, coprésidé notamment par la France et les Etats-Unis, qui était chargé depuis vingt-huit ans de résoudre le conflit.

La Turquie renforce son poids géopolitique dans la région et permet à l’Azerbaïdjan d’obtenir des succès qui n’auraient pas été possibles sans son aide. Pour rappel, l’Arménie avait vaincu les forces de Bakou en 1994.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

DUBAI UNE ECONOMIE FLORISSANTE

Devancés par la Malaisie et l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis occupent le troisième rang mondial des pays où l'économie islamique est la plus développée selon la dernière étude annuelle « The State of the Global Islamic Economy ». Ce pan de l'économie implique que les pratiques des entreprises et des systèmes de financement et d'investissement qui en font partie soient conformes aux textes sacrés et aux préceptes de l'Islam.

Dans la zone économique du Dubai International Financial Centre, hub pour les affaires dans la région, deux formes d'économie cohabitent : sa version conventionnelle et sa déclinaison islamique qui comporte trois domaines-clés : la finance, les produits halal et les activités liées à l'art, au tourisme et à la mode.

À l'échelle mondiale, l'économie islamique inclut la finance où 2400 milliards d'euros ont été investis l'an dernier, mais aussi d'autres secteurs dans lesquels 1,9 milliards de musulmans ont dépensé en 2019, un peu plus de 1700 milliards d'euros, l'alimentation halal, la mode pudique et enfin, les médias et divertissements étant les types de produits qui génèrent le plus de recettes.

Créé en 2013, le Centre de développement de l'économie islamique de Dubaï (Dubai Islamic Economy Development Centre - DIEDC) a pour ambition de faire de l'émirat, la capitale régionale de cette forme d'économie.

De nouveaux comportements d'achat

À Dubaï, une population musulmane relativement jeune et de plus en plus nombreuse affirme sa sensibilité islamique dans ses comportements d'achat de nourriture , services bancaires et financiers, vêtements, cosmétiques, voyages et soins. La mode pudique est de plus en plus populaire dans la région et au-delà. Selon un rapport de TechSci Research de 2018, le marché de l'alimentation et des boissons halal aux Émirats devrait dépasser 4,63 milliards d'euros en 2022. Une population musulmane plus nombreuse, une hausse des revenus par personne et un e-commerce en plein essor figurent parmi les facteurs qui font croître la demande.

Quant aux perspectives économiques pour l'an prochain, la dernière étude "The State of the Global Islamic Economy" a mesuré l'impact de la pandémie sur le PIB et l'emploi dans différentes catégories de pays à travers le monde. La tendance générale est à la reprise et à un retour à des niveaux équivalents, voire supérieurs à ceux d'avant la crise.

« Aujourd'hui, Dubaï est à la première place mondiale en termes de valeur totale des obligations islamiques cotées sur le marché," précise Abdulla Mohammed Al Awar, PDG du DIEDC. "On constate que des sukuk sont émis pour financer de nombreuses initiatives qui contribueront à la reprise », dit-il.

Malgré la tourmente de la pandémie, Dubaï réaffirme sa volonté d'accélérer le développement de l'ensemble des secteurs de l'économie islamique.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

ETRANGE SOMMET DU G20 VIRTUEL

Le but du sommet du G20 est loin d’être anodin. Celui-ci est destiné à « favoriser la coopération internationale et de trouver des solutions qui protègent la vie et les moyens de subsistance des gens ».

On a eu des promesses sur l’accès aux vaccins, un président américain au golf, des organisateurs saoudiens interpellés sur l’affaire Khashoggi…

La «solidarité» pour l’accès aux vaccins mais manque de chiffres

La pandémie de nouveau coronavirus a fait près de 1,4 million de morts sur la planète. Et le sujet des vaccins a dominé les débats du G20, sur fond d’inquiétudes sur leur accès pour les pays les plus pauvres.

«Nous ne reculerons devant aucun effort pour assurer l’accès abordable et équitable» aux futurs vaccins, ont promis les membres du G20 dans leur déclaration finale dimanche.

Tout en reconnaissant la vaccination comme étant un « bien public mondial », les chefs d'Etat et de gouvernement ne font mention d'aucun chiffres.

Les Nations Unies estiment le besoin de financement à 28 milliards de dollars (23,6 milliards d’euros), dont 4,2 milliards en urgence. «Nous n’arrêterons le Covid-19 que grâce à la solidarité», a rappelé le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Les leaders du G20 promettent

de « combler les besoins de financement encore existants », au moment où eux-mêmes mettent déjà sur les rails des campagnes de vaccination à grande échelle mais ils ont également endossé le cadre, établi par leurs ministres des finances une semaine plus tôt , régissant les restructurations ou annulation à venir des dettes de tous les pays en développement et les pays les moins avancés .

Trump snobe le G20 pour le golf

Dans une brève allocution samedi, peu après l’ouverture des débats, le président américain Donald Trump a salué son propre bilan, et notamment son action pour «lancer des traitements révolutionnaires et développer des vaccins en un temps record» contre le Covid-19.

Puis il s’est éclipsé avant la réunion des dirigeants mondiaux, consacrée à la réponse à apporter à la crise du Covid-19. Le président sortant a préféré aller jouer au golf sur les terrains de golf de Sterling, en Virginie.

En effet, à l’heure où devait débuter la première réunion, comprenant les interventions de la France, de l’Allemagne ou de la Corée du Sud, Donald Trump était photographié, veste rouge et casquette blanche, sur le parcours du « Trump National Golf Club ». Son nom n’apparaissait d’ailleurs pas sur la liste des orateurs de la réunion.

Donald Trump avait bousculé les précédentes éditions du G20 par sa contestation virulente du principe même du multilatéralisme.

Selon un participant, Donald Trump, qui conteste sa défaite à l’élection présidentielle, aurait pourtant déclaré: «Je me réjouis de travailler avec vous à l’avenir et pour une longue période».

.Khashoggi

L’ombre de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a encore plané sur l’événement, dont Ryad espérait faire une fastueuse vitrine de sa modernisation et de ses réformes économiques.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Investissement Khalid al-Falih a été interrogé pour savoir si le retentissement de ce crime avait causé un préjudice économique au royaume. Dans un pays peu habitué à ce que les journalistes posent des questions dérangeantes, le modérateur a voulu éluder.

Mais le ministre a tenu à répondre. » Les investisseurs ne sont pas des journalistes, ils sont à la recherche de pays où ils peuvent avoir confiance dans un gouvernement qui soit efficace et qui prenne des décisions économiques appropriées», a-t-il déclaré en haussant les épaules.

Le «monde entier regarde»… en visio

Pandémie oblige, l’image qui restera de ce G20 sera celle d’un écran sur lequel sont apparues les miniatures des grands leaders mondiaux autour du roi saoudien Salmane, âgé et affaibli, aux côtés du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Un format virtuel devenu familier en ces temps de distanciation physique généralisée et toujours accompagné de quelques ajusteme