ATTAQUE DE L'IRAN SUR ISRAEL VERS UN EMBRASEMENT REGIONAL ?

Pour la première fois, l’Iran a directement mené une attaque massive contre Israël dans la nuit du samedi 13 avril 2024 au dimanche 14 avril. Téhéran a déclaré que l’opération, baptisée "Promesse honnête", répondait à la frappe qui a détruit son consulat à Damas le 1er avril, qu’elle attribue à l’Etat hébreu 

Le consulat iranien à Damas le 1er avril 2024 a décapité le haut commandement de la force Al-Qods, la branche des gardiens de la révolution chargée des opérations extérieures, en Syrie et au Liban.

Dans le même temps, les alliés de l’Iran, le Hezbollah libanais et les rebelles yéménites houthis ont mené des attaques anti-israéliennes, le premier en tirant deux salves de roquettes en quelques heures sur le Golan occupé par Israël, et les seconds en lançant des drones en direction du territoire israélien.

L’armée israélienne a affirmé avoir " déjoué " l’attaque, en interceptant " 99 % des tirs " grâce à son système de défense et l’aide de ses alliés. 

Selon son porte-parole, trois cents projectiles ont été lancés contre l’Etat hébreu (cent soixante-dix drones, trente missiles de croisière et cent dix missiles balistiques), dont " quelques-uns seulement sont tombés sur le territoire israélien ", notamment dans la base aérienne de Nevatim, dans le Néguev.

L’armée israélienne a pour l’instant signalé une seule blessée grave, une fillette de 7 ans, touchée à la tête par un éclat d’obus lancé pour intercepter un projectile iranien.

L’Iran a estimé, dimanche matin, que l’attaque menée dans la nuit contre Israël avait " atteint tous ses objectifs ", par la voix de son chef des forces armées. " Nous n’avons aucune intention de poursuivre cette opération, mais si le régime sioniste entreprend une action contre la République islamique d’Iran, que ce soit sur notre sol ou dans les centres nous appartenant en Syrie ou ailleurs, notre prochaine opération sera bien plus importante que celle-ci ", a prévenu le général Mohammad Bagheri.

Le président des Etats-Unis, Joe Biden, a déclaré que les forces américaines avaient contribué à abattre " presque tous " les drones et missiles tirés par l’Iran sur Israël. Téhéran a " envoyé un message aux Etats-Unis avertissant que leurs bases ne seraient pas sûres s’ils coopéraient avec Is2raël pour les prochaines actions éventuelles [iraniennes] ".

Israël a annoncé avoir intercepté, avec l’aide des Etats-Unis et d’autres pays alliés dont la France et le Royaume-Uni, mais aussi la Jordanie et l’Arabie saoudite, la quasi-totalité des 350 drones et missiles lancés par l’Iran contre son territoire. L’opération défensive a été baptisée «Bouclier de fer».

La région en état d'alerte

La Jordanie et le Liban, voisins d'Israël, ont annoncé la fermeture de leur espace aérien, de même que l'Irak, frontalier de l'Iran. Egalement voisine d'Israël, l'Egypte a annoncé la mise en état d'alerte maximal de ses défenses aériennes et mis en garde contre un " risque d'expansion régionale du conflit ". L'Arabie Saoudite a pour sa part appelé toutes les parties à « la plus grande retenue »

Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies doit avoir lieu dimanche, à la demande d’Israël. Le chef de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné dès samedi l’attaque iranienne contre l’Etat hébreu et dénoncé " une grave escalade ".

C’est en effet la première fois depuis 1979 que le régime des mollahs mène une attaque directe contre son ennemi israélien. Cette attaque militaire aéroportée de l’Iran contre Israël, lancée dans la nuit de samedi à dimanche, pourrait transformer la crise de Gaza en une guerre à grande échelle au Moyen-Orient. 

“La guerre israélo-iranienne sort officiellement de l’ombre sans que l’on sache pour l’instant avec quelle intensité elle sera menée à visage découvert”, décrypte L’Orient-Le Jour.

Le risque d’embrasement régional "à son paroxysme" ?

pour Téhéran “L’attaque était une mesure défensive légitime suite à l’action israélienne à Damas et désormais ‘l’affaire peut-être considérée comme close’, a déclaré la mission iranienne auprès des Nations unies”. En lançant une opération massive, qui n'a pas fait de victime, contre le territoire israélien, Téhéran espère avoir rétabli sa dissuasion sans provoquer de riposte israélienne.

Pour Daniel Hagari, porte-parole de l'armée israélienne cette « attaque directe lancée depuis le sol iranien » est une « escalade dangereuse » . Le cabinet de guerre réuni autour de Benyamin Nétanyahou étudierait différentes options  comme des frappes aériennes ou le lancement de drones sur l’Iran, éventuellement sur des bases militaires ou des installations nucléaires  mais plus vraisemblablement sur le Hezbollah au Liban.

Il semble en tous cas acté que la riposte israélienne se fera après concertation avec les États-Unis, qui ont pour ce dimanche appelé à une réunion du G7.

Cette réunion des dirigeants du G7 devrait remettre la pression sur l'Iran qui continue à développer son programme nucléaire.


Alize Marion pour DayNewsWorld

TURQUIE UN CINGLANT REVERS POUR ERDOGAN LORS DES MUNICIPALES

Moins d’un an après sa réélection ,en mai 2023, à la tête de la Turquie contre un candidat désigné par six partis d’opposition, le président Recep Tayyip Erdogan a subi dimanche 31 mars, à la faveur d’élections municipales, le pire revers politique qui lui ait été infligé depuis son arrivée au pouvoir en 2002.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a concédé dimanche la victoire historique de l'opposition aux élections municipales, qui constituent selon lui un "tournant" pour son camp, au pouvoir depuis 2002. Le dépouillement de près de 99 % des urnes à l'échelle nationale confirme que l'opposition turque a infligé au parti AKP (islamo-conservateur) du chef de l'Etat sa pire débâcle électorale en deux décennies.

"Nous n'avons pas obtenu les résultats que nous souhaitions." Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a concédé "un tournant" pour son camp, dimanche 31 mars, après la victoire historique de l'opposition aux élections municipales.

Le premier parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), une formation laïque, a devancé le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, en nombre de voix, totalisant 37,7 % des suffrages exprimés, contre 35,5 % pour l’AKP. Non seulement l’opposition conserve les mairies d’Istanbul et d’Ankara, mais elle s’est imposée dans un grand nombre d’autres villes et villages qu’elle n’avait pas réussi à conquérir jusque-là, y compris des bastions de l’AKP.

Pour nombre d'observateurs, le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, très populaire, dispose désormais d'un boulevard vers la présidentielle 2028. Le CHP, formation sociale-démocrate, a raflé de nombreuses autres mairies, comme à Bursa, une importante cité industrielle du nord-ouest du pays, qui était acquise à l'AKP depuis 2004. Outre Izmir, troisième ville du pays et fief du CHP dans l'Ouest, et Antalya, dans le Sud, le premier mouvement d'opposition a réalisé une percée spectaculaire en Anatolie. Il fait la course en tête dans des chefs-lieux de provinces longtemps tenus par l'AKP.

"Les électeurs ont choisi de changer le visage de la Turquie", s'est félicité le chef du CHP, Ozgür Ozel. "Ceux qui ont été ignorés ont envoyé un message clair à ceux qui dirigent ce pays", a abondé le maire CHP d'Ankara, Mansur Yavas.

Le parti pro-kurde DEM s'est, lui, assuré une confortable avance dans plusieurs grandes villes du Sud-Est à majorité kurde, dont Diyarbakir, la capitale informelle des Kurdes de Turquie.

Erdogan promet de "respecter la décision de la nation"

Depuis le siège de son parti à Ankara, devant une foule abattue et inhabituellement silencieuse, le président turc a promis de "respecter la décision de la nation". Résigné, il a évoqué les "quatre années de travail (...) à ne pas gaspiller" d'ici 2028, une manière d'écarter l'éventualité d'une élection anticipée qui lui permettrait de se représenter une nouvelle fois.

La très mauvaise situation économique du pays, l’inflation, dont le taux a atteint 80 % fin 2022 et se maintenait encore à 67 % en février, et la hausse du coût de la vie qui en a résulté expliquent en bonne partie le verdict des électeurs. Ces facteurs ont sans doute incité les électeurs mécontents de l’AKP à rester chez eux .




Andrew Preston pour DayNewsWorld

EN HAITI, THEATRE DE VIOLENCE ENTRE GANGS, 

UN PONT AERIEN POUR L'AIDE HUMANITAIRE

 EST MIS EN PLACE

Les Nations unies vont mettre en place un "pont aérien" entre Haïti et la République dominicaine voisine pour permettre "la fluidité de l'aide humanitaire" vers le pays en crise, a annoncé la mission de l'ONU en Haïti sur X, mercredi 13 mars.

La mission des Nations unies a également spécifié qu'une fraction du personnel serait temporairement réinstallée "à l'extérieur" du territoire, tandis que l'arrivée d'autres membres du personnel "de crise" était attendue. Cette décision n'est pas unique : l'Union européenne a annoncé lundi avoir évacué tout son personnel d'Haïti. Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a également déclaré que "les personnels non essentiels" de la France avaient été évacués de la capitale Port-au-Prince mardi matin.

De plus, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a exprimé mercredi l'espoir que le nouveau conseil de transition haïtien puisse être constitué "dans les jours à venir", ce qui permettrait le déploiement d'une force de sécurité dans le pays en proie aux gangs.

Un pays en proie aux gangs

En effet, depuis la fin du mois de février, la capitale Port-au-Prince est le théâtre de violences. Des milices prennent pour cibles des sites stratégiques tels que le palais présidentiel, des commissariats et des prisons. Les administrations et les écoles de la capitale haïtienne sont fermées en raison des affrontements entre les forces de l'ordre et les bandes armées, qui ont connu une recrudescence pendant le week-end du 9 mars. Des milices ont assailli des hôpitaux, obligeant les équipes médicales à fuir avec les patients - y compris des nouveau-nés - selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Depuis le 29 février, plus de 160 000 civils ont été déplacés dans la région de Port-au-Prince. Yanick Lahens, lauréate du prix Femina 2014 pour son roman "Bain de Lune", n'a "jamais connu une telle violence" dans son pays, qui traverse une crise politique et sécuritaire aiguë.

Le départ d'Ariel Henry, le Premier ministre, constituait l'une des priorités majeures des factions armées. En l'absence de président et de Parlement - le dernier chef d'État, Jovenel Moïse, ayant été assassiné en 2021 - Haïti n'a pas organisé d'élections depuis 2016. Ariel Henry, accusé par le parquet de Port-au-Prince du meurtre de Jovenel Moïse, aurait dû quitter ses fonctions au début du mois de février. Le 28 février, il avait consenti à "partager le pouvoir" avec l'opposition, dans le cadre d'un accord stipulant des élections dans un délai d'un an. Cependant, cette concession n'a pas été jugée suffisante : Jimmy Chérizier, un chef de gang influent surnommé "Barbecue", avait proféré des menaces le mardi 5 mars, évoquant une "guerre civile conduisant à un génocide" si Ariel Henry demeurait au pouvoir.

Finalement, le chef du gouvernement haïtien, qui était bloqué sur le territoire américain de Porto Rico, a cédé à la pression exercée par les partenaires régionaux. Son départ a été annoncé lors d'une réunion d'urgence rassemblant les membres de la Caricom et des représentants de l'ONU en Jamaïque. "Le gouvernement que je dirige ne peut rester indifférent à cette situation. Comme je l'ai toujours affirmé, aucun sacrifice n'est trop grand pour notre patrie, Haïti", a déclaré Ariel Henry.

Un accord de gouvernance transitoire

Après l'annonce de la démission d'Ariel Henry, le président du Guyana et de la Caricom, Mohamed Irfaan Ali, s'est dit "heureux" d'annoncer "un accord de gouvernance transitoire ouvrant la voie à une transition pacifique du pouvoir". Ce dénouement doit déboucher selon lui sur "un plan d'action à court terme en matière de sécurité" et "des élections libres et équitables".

Selon l'écrivaine haïtienne Yanick Lahens,les gangs "ont des commanditaires nationaux et surtout internationaux". En effet, de par sa position géographique, Haïti est un lieu de passage idéal pour tous les trafics. "Moins les institutions fonctionnent, plus ça fait l'affaire de ces personnes-là", avance-t-elle. Elle dénonce aussi "une collusion entre une partie de la classe politique" et les gangs.

Il reste toutefois de "l'espoir", selon elle qui se trouve "en dehors de Port-au-Prince, qui est un monstre qui dévore et cache le reste du pays". Il y a "un autre pays dans lequel il y a très peu de policiers" voire "pas de policiers du tout, et où les choses fonctionnent".




Carl Delsey pour DayNewsWorld

CHINE UNE HAUSSE DU BUDGET MILITAIRE CONTINUE DANS UN CONTEXTE GEOPOLITIQUE HOSTILE

Au cours des réunions annuelles simultanées du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois et de l'Assemblée nationale populaire, la Chine a révélé le 5 mars 2024 une augmentation de son budget militaire, le classant ainsi au deuxième rang mondial derrière les États-Unis, avec une croissance de 7,2 % en 2024, identique à celle de l'année précédente. Cette augmentation a été divulguée dans le rapport d'activité du gouvernement, diffusé en marge des travaux de ces deux organes liés au pouvoir central.

Pékin prévoit d'allouer 1 665,5 milliards de yuans (231,4 milliards de dollars) à des fins de défense, ce qui représente trois fois moins que les dépenses militaires de Washington. La nation asiatique maintient une politique de "croissance raisonnable" de son budget militaire afin de "protéger sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts de développement", a déclaré Lou Qinjian, porte-parole de la session de l'ANP. En comparaison, les États-Unis conservent le titre de plus gros dépensier en matière de défense, avec 877 milliards de dollars en 2022, selon les données les plus récentes. La Chine (292 milliards de dollars), la Russie (86,4 milliards de dollars), l'Inde (81,4 milliards de dollars), l'Arabie saoudite (75 milliards de dollars), le Royaume-Uni (68,5 milliards de dollars), l'Allemagne (55,8 milliards de dollars), la France (53,6 milliards de dollars), la Corée du Sud (46,4 milliards de dollars) et le Japon (46 milliards de dollars) suivent respectivement.

Dans son projet de budget militaire, le ministère chinois des Finances a souligné la nécessité de concentrer les ressources sur des "domaines clés" considérés comme des "priorités" pour stimuler les avancées technologiques. Cette augmentation s'inscrit dans le cadre de "la mise en œuvre complète de la pensée de Xi Jinping sur le renforcement militaire", précise le document, ajoutant que Pékin prévoit de fournir "des garanties financières plus solides pour moderniser la défense nationale et les forces armées dans tous les domaines, et pour consolider l'intégration des stratégies nationales ainsi que les capacités stratégiques".

Les dépenses militaires chinoises augmentent depuis plusieurs décennies, suivant globalement le rythme de la croissance économique. Cependant, cette augmentation du budget de la défense est en contraste avec une crise économique sans précédent qui secoue la Chine depuis quelques années, soulignant ainsi la détermination du Parti communiste chinois (PCC) à poursuivre ses efforts militaires à tout prix. De plus, le montant officiel des dépenses militaires du pays est largement inférieur aux dépenses réelles, une pratique traditionnelle de l'opacité en Chine communiste, bien que cela ne trompe guère les observateurs. En septembre dernier, le sénateur américain Dan Sullivan, membre de la Commission militaire du Sénat à Washington, avait déclaré que le budget militaire "réel" de la Chine approchait en réalité les 700 milliards de dollars, selon les analyses des services de renseignement américains, soit plus de trois fois le montant officiel annoncé par Pékin.


Les dépenses militaires représentent le principal poste du budget chinois, absorbant environ 40 % des dépenses totales du gouvernement central. Ces dépenses sont dix fois supérieures à celles consacrées à l'éducation et près de cinq fois supérieures à celles allouées aux sciences et technologies. Le gouvernement chinois a souligné que les dépenses militaires étaient "une priorité", tandis que celles des autres secteurs sont toutes réduites "en conformité avec les nécessités d'économies" budgétaires.

Cet effort militaire survient dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis depuis l'entrée en fonction du président Joe Biden à la Maison Blanche en janvier 2022, ainsi que des tensions également vives avec le Japon et d'autres pays d'Asie de l'Est. Cette tendance est regardée avec suspicion par les États-Unis, l'Australie, l'Inde et les Philippines, qui sont en litige avec la Chine pour le contrôle d'îlots et de récifs en mer de Chine méridionale.

Elle suscite également des inquiétudes à Taïwan, une île de 23 millions d'habitants revendiquée par la Chine, qui espère "réunifier" ce territoire insulaire avec le reste du pays, par la force si nécessaire.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LA GUERRE MEDIATIQUE MENEE PAR LE HAMAS CONTRE ISRAEL

La République islamique est engagée dans une guerre par procuration contre Israël ; un pays dont elle va jusqu'à nier le droit même à exister. Si l'Iran se garde de mener des actions militaires directes en territoire israélien, il finance un réseau d'organisations armées à l'extérieur de ses frontières qu'il surnomme " l'axe de résistance" contre Israël. 

Et juste après l’Iran et son programme nucléaire, deux organisations figurent sur le podium des menaces, considéré depuis Tel-Aviv : le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais, qui disposerait de "100.000 fusées" prêtes à être lancer contre l’Etat hébreu.

Le Hamas avec les atrocités commises en Israël du 7 octobre 2023 n'a pas démérité de sa réputation. Et il a su utiliser les médias pour propager l'horreur de leurs actes.

" Nous livrons une bataille, et que plus de la moitié de cette bataille se déroule sur la scène médiatique. Nous sommes donc engagés dans une bataille médiatique pour gagner les cœurs et les esprits des membres de notre communauté. " , clamait déjà en 2004 Ayman al-Zawahiri, autrefois numéro deux d'Al-Qaida et ensuite leader après l'élimination d'Oussama Ben Laden en 2011, sur le rôle crucial de la sphère médiatique en tant que champ de bataille autonome.

Le message d'Al-Zawahiri en 2004, encourageait pour Irak à mobiliser l'ensemble des musulmans dans un djihad global contre ce qu'il percevait comme une nouvelle "croisade" américaine contre l'islam. Al-Zawahiri soulignait la nécessité de déplacer les sanctuaires d'Al-Qaida des zones rurales vers les centres urbains pour exploiter le potentiel médiatique des conflits urbains.

Un usage médiatique des civils

Ce basculement géographique reposait sur un constat stratégique : la ville, dans les conflits contemporains asymétriques, est devenue un véritable catalyseur capable d’alimenter la « guerre médiatique ». Les destructions qui y sont commises par l’ennemi sont plus spectaculaires qu’en zone rurale, la présence de milliers de civils peut faire hésiter l’assaillant au moment de lancer ses attaques, le nombre de victimes collatérales plus élevé, la quantité de photos et de vidéos qui y sont prises est plus importante – autant d’éléments qui permettent de mieux mobiliser les publics lointains contre l’armée qui mène l’offensive.

Il est difficile de ne pas voir dans les modes opératoires du Hamas mis en œuvre actuellement à Gaza une logique similaire à celle utilisée par Al-Qaida en Irak à Falloujah (quelque 300 000 habitants) en 2004.
De plus en concentrant les bastions défensifs soit autour d’une mosquée stratégique soit autour de l’hôpital de Falloujah les terroristes bénéficient non seulement de la protection de boucliers humains mais transforme aussi l’opération en une véritable profanation aux yeux des populations musulmanes, la mosquée revêtant un caractère sacré. L'objectif recherché : réveiller chez l’Oumma le « réflexe » du djihad dit « défensif ».

Cette approche stratégique persiste dans les tactiques actuelles du Hamas à Gaza, mettant en œuvre des méthodes similaires à celles employées par Al-Qaida en Irak, telles que l'utilisation de boucliers humains et la concentration des opérations dans des zones urbaines densément peuplées.Les objectifs consistent à maximiser les pertes civiles en cas de frappe, provoquant ainsi une réaction émotionnelle et un soutien accru de la population locale.

Soulever "la rue arabe" et fragiliser les régimes arabes partenaires d’Israël

A la différence d’Al-Qaida, le Hamas ne cherche pas a priori à susciter des vocations djihadistes, mais plutôt à soulever "la rue arabe", à la radicaliser afin de fragiliser les régimes arabes partenaires d’Israël et d’isoler un État hébreu soucieux de normaliser ses relations avec ses voisins. Les stratèges d’Al-Qaida ont d’ailleurs théorisé la vocation du djihad palestinien à saper la légitimité des régimes arabes en paix avec Israël .

Après les deux ans de la signature des accords d'Abraham qui, ont contribué à détendre les relations avec d'autres pays arabes - l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les pays du Golfe- à l' exception près du Qatar qui soutient les Frères musulmans et le Hamas palestinien, qui en est une émanation- la riposte d’Israël contre Gaza aux attaques du Hamas a mis a fortement mis à mal les efforts de part et d'autres...

La filiation idéologique et stratégique entre Al-Qaida et le Hamas éclaire le conflit en cours à Gaza, soulignant l'importance du champ de bataille médiatique et la manipulation des médias pour influencer l'opinion publique.




Alize Marion pour DayNewsWorld

UNE POSSIBLE TREVE AU MOYEN-ORIENT

 SELON JOE BIDEN

Après bientôt cinq mois de guerre, une accalmie pourrait se profiler au Moyen-Orient. Le président américain Joe Biden a affirmé lundi qu’Israël était prêt à cesser ses opérations militaires à Gaza pendant le ramadan, pour permettre la libération de tous les otages « Le ramadan arrive et il y a eu un accord des Israéliens selon lequel ils ne s’engageraient pas dans des opérations durant le ramadan, afin de nous donner le temps de faire sortir tous les otages » toujours sur place, a-t-il affirmé , interrogé lundi sur la chaîne de télévision américaine NBC.

En coulisses, les négociations lancées depuis plusieurs semaines se poursuivent sous la houlette des États-Unis , mais aussi de l’Égypte et du Qatar, alors que l’offensive israélienne lancée en représailles de l’attaque meurtrière du 7 octobre approcherait les 30 000 morts dans l’enclave palestinienne, selon le ministère de la Santé du groupe islamiste.Mais les deux camp semblent encore réticents à mettre en place un accord.

Selon Israël, 130 otages sont encore retenus par le Hamas à Gaza, dont 31 seraient morts, après la libération de 105 otages et de 240 Palestiniens détenus par l’État hébreu lors d’une précédente trêve fin novembre, la seule qui a eu lieu depuis le début du conflit.

Les médiateurs espèrent en effet obtenir une pause dans les combats avant le début du ramadan, le mois de jeûne des musulmans, qui doit commencer cette année le 10 ou 11 mars. Des délégués égyptiens, qataris, et américains, ainsi que des représentants d'Israël et du Hamas, se sont rassemblés dimanche à Doha pour reprendre les discussions, qui, selon AlQahera News, seront suivies de réunions au Caire.

Ces pourparlers visent à suivre les avancées réalisées lors des précédentes discussions tenues à Paris, où le chef du Mossad, l'agence de renseignement israélienne, David Barnea, s'est rendu vendredi dernier.

L’émir du Qatar à Paris

Les pourparlers se poursuivent dans la capitale française en ce début de semaine, marqués par l'arrivée ce mardi de l'émir du Qatar, un acteur central dans les négociations depuis le début du conflit. Tamim ben Hamad Al-Thani est prévu pour un dîner ce soir avec Emmanuel Macron à l'Élysée. Selon l'agence de presse officielle du Qatar, l'émir a récemment rencontré à Doha le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, afin de discuter des efforts déployés en vue d'obtenir un accord de cessez-le-feu immédiat et permanent.

Les deux camps loin d'un accord

Les récentes déclarations du Premier ministre Benyamin Netanyahou pourraient tempérer les espoirs. Il maintient notamment son projet d'offensive terrestre sur la ville densément peuplée de Rafah, dans le sud de Gaza, où selon l'ONU, près d'un million et demi de Palestiniens ont trouvé refuge. Malgré les préoccupations de la communauté internationale, il a affirmé avec certitude que cette opération visant le "dernier bastion" du Hamas aboutirait à une "victoire totale" sur l'organisation en "quelques semaines". Il a souligné dimanche que toute trêve ne ferait qu'"ajourner" cette offensive, soulignant la possibilité d'une évacuation des civils vers le "nord de Rafah", hors des zones de conflit.

De son côté, le Hamas n’a pas encore commenté officiellement la proposition de trêve.

Abdel-Hadi accuse Reuters de la fuite sur la question des négociations, estimant que les propos de Biden relèvent d’une forme de " guerre psychologique " de la part des États-Unis.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

 L'ARMEE ISRAELIENNE INONDE LES TUNNELS 

DU HAMAS

L'armée israélienne a admis mardi envoyer "de gros volumes d'eau" dans des tunnels utilisés par le mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza pour les "neutraliser", assurant ne pas compromettre pour autant l'accès à l'eau potable de la population civile

"Divers outils ont été développés pour envoyer de larges volumes d'eau dans les tunnels (...)", a indiqué l'armée dans un communiqué.

"Cette capacité a été développée de façon professionnelle, y compris l'analyse des caractéristiques du sol et des canalisations" dans les zones concernées pour s'assurer qu'il n'y a aucun dégât sur les nappes phréatiques, a-t-elle précisé, évoquant une méthode utilisée uniquement dans les lieux où c'était "approprié".

L’eau de mer pompée en Méditerranée

Fin 2023, des médias locaux avaient cité des sources israéliennes indiquant que l’armée envisageait d’inonder les galeries avec de l’eau de mer pompée en Méditerranée, au large du petit territoire côtier.

Le chef de l’armée, Herzi Halevi, y avait vu « une bonne idée ». Mais certains scientifiques et responsables humanitaires avaient dit craindre une contamination des nappes.

La bande de Gaza fait entre six et 12 km de large, et la salinisation des nappes phréatiques y est déjà un fléau, aggravé par la montée du niveau des océans. S’y ajoutent un réseau d’évacuation des eaux usées chroniquement défaillant et un usage incontrôlé des pesticides et herbicides.

En novembre, la coordinatrice humanitaire de l’ONU pour les Territoires palestiniens avait expliqué craindre pour la qualité de l’eau y compris pour les « générations à venir ».

Un réseau de tunnels souterrains sophistiqués par le Hamas

Des centaines de galeries ont été creusées sous la frontière avec le Sinaï égyptien pour faire circuler personnes, marchandises, armes et munitions entre Gaza et le monde extérieur.

Après la guerre entre Israël et le Hamas en 2014, le Hamas a étendu le réseau, d'où peuvent surgir ses combattants pour tirer leurs roquettes vers le sol israélien. Dans une étude publiée le 17 octobre, l'Institut de la guerre moderne de l'académie militaire américaine West Point évoque 1.300 galeries sur 500 kilomètres.

La construction de ce réseau de tunnels souterrains sophistiqués par le Hamas a été un projet de longue haleine, s'étendant sur deux décennies. Dans le tunnel construit en étoile, tout sens de direction est aboli . Est-ce que l'on part en direction de Gaza ? Est-ce en direction de l’Égypte ? On perd tout point de repère. Ces tunnels ne sont pas construits de façon linéaire, ils sont en zigzag. Ils sont sur plusieurs niveaux. Avec des artères, des chambres, des salles,des portes, de l’électricité. une Une base militaire sous une population civile.

C’est une vraie base militaire. C’est une base militaire sous une population civile.

Ils permettent au Hamas d’opérer loin des yeux technologiques de l’État d’Israël et de l’armée israélienne qui est pourtant une des armées les plus performantes du monde.

La possibilité d'une influence extérieure, notamment de l'Iran, est envisagée. Bien que cela ne puisse pas être confirmé pour le moment, il existe des similitudes avec d'autres pays comme la Corée du Nord ou l'Iran, où des tunnels plus larges pourraient permettre le passage de motos ou même de camions. Il est également envisageable que certains endroits servent à la fabrication et au stockage d'armes.

Du point de vue stratégique, un tunnel peut servir à diverses fins, notamment pour des attaques, des embuscades, des enlèvements de civils ou de soldats, ou même pour le trafic. Tous les tunnels ne sont pas identiques, ce qui signifie que leur détection et leur élimination peuvent varier.

L'opération actuelle un défi considérable

La guerre souterraine elle-même est complexe, et la lutte contre les tunnels souterrains a toujours été un défi majeur pour les armées. Enfin s' ajoute à la situation une dimension humaine délicate, avec comme priorités la protection des otages, des civils innocents à Gaza, et la sécurité des militaires engagés dans ces opérations.

"Pour Israël, c’est une guerre existentielle."




Alize Marion pour DayNewsWorld

SANCTIONS CONTRE L'AGENCE DE L'ONU

 POUR LES PALESTINIENS 

FACE A L'IMPLICATION DE MEMBRES

 DANS LE 7 OCTOBRE

Une situation qui ne pouvait survenir à un moment plus délicat pour la population palestinienne de la bande de Gaza éprouvée par les bombardements. La viabilité financière de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), essentielle en tant que seule source d'assistance d'urgence, est désormais sérieusement compromise.

Les États-Unis et l’Allemagne, les deux principaux contributeurs, ainsi que six autres pays - le Canada, l’Australie, l’Italie, le Royaume-Uni, la Finlande et les Pays-Bas - ont suspendu leur aide financière à la suite de l’implication d’au moins douze membres de l’agence sur les 30.000 employés à Gaza dans les massacres commis par le Hamas le 7 octobre dans le sud de la bande de Gaza, qui ont fait près de 1200 morts. La France, comme la Suisse, déclare ne pas prévoir de nouveau versement au premier trimestre 2024», mais «décidera le moment venu de la conduite à venir».

10% des employés de l'Unrwa auraient des liens avec le groupe terroriste

Les détails concernant cette affaire ont été dévoilés par les services de renseignements de l'armée israélienne avant d'être transmis aux Américains. Philippe Lazzarini, à la tête de l'UNRWA, a confirmé ces informations et révélé que l'agence avait résilié les contrats de certains de ses employés, lançant simultanément une enquête indépendante et transparente. Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, horrifié par ces révélations, a précisé que neuf employés ont été licenciés, un autre a perdu la vie, tandis que le sort des deux derniers demeure inconnu. Toutefois, les services israéliens estiment que le nombre d'employés impliqués dans des crimes de sang pourrait être plus élevé.


Après avoir exprimé des regrets, Philippe Lazzarini a qualifié de "choquante" la réaction des pays contributeurs, soulignant le rôle vital de l'UNRWA dans la survie de 2,2 millions de Palestiniens de la bande de Gaza, confrontés à une situation humanitaire catastrophique.

L'agence assume la responsabilité de l'éducation de plus d'un demi-million d'enfants, en plus de fournir une assistance alimentaire au compte-gouttes dans une enclave où 80 % de la population vivait déjà sous le seuil de pauvreté avant la guerre. Cette institution étend son action parmi les réfugiés en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie. Établie en 1949 après l'expulsion ou la fuite de 700 000 Palestiniens consécutive à la guerre ayant conduit à la création de l'État d'Israël, elle demeure la plus importante agence de l'ONU. Une particularité notable réside dans le fait que seul le peuple palestinien bénéficie du statut de réfugié de génération en génération, portant actuellement à 6 millions le nombre de Palestiniens pris en charge par l'UNRWA.

Selon Israël, le maintien du statut de réfugié ne fait qu'exacerber le conflit. Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a appelé Philippe Lazzarini à démissionner, saluant l'arrêt des contributions internationales. Il estime que l'UNRWA n'aura aucun rôle après la guerre, accusant l'agence de perpétuer la question des réfugiés, de faire obstacle à la paix, et de servir d'armée civile au Hamas. 

En décembre, le précédent ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, avait dénoncé Antonio Guterres, l'accusant de mettre en danger la paix mondiale en critiquant sévèrement l'impact des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza sur la population civile.




 Garett Skyport pour DayNewsWorld

ATTAQUE PAR LES HOUTHIS 

D'UN NAVIRE DE GUERRE AMERICAIN

EN MER ROUGE

La mer Rouge est le théâtre d'une nouvelle escalade alors que les rebelles houthis du Yémen ont lancé un missile vendredi sur un navire de guerre américain, en l'occurrence le destroyer USS Carney, patrouillant dans le golfe d'Aden. Cette attaque représente un tournant majeur dans la confrontation en mer, marquant la première fois que les Houthis ciblent directement un navire de guerre américain depuis le début de leurs attaques contre le transport maritime en octobre.

L'incident a contraint le navire de guerre américain à abattre le projectile, tandis que dans la nuit de vendredi à samedi, les tirs de missiles houthis ont également enflammé un autre navire commercial. Tôt samedi, les forces américaines ont répliqué en lançant une frappe contre un missile antinavire houthi dirigé vers la mer Rouge et prêt à être lancé, selon le commandement central de l'armée américaine.

Les frappes américaines ont eu lieu près de la ville portuaire de Hodeida, selon la chaîne d'information par satellite Al-Masirah des Houthis, qui n'a toutefois pas fourni d'évaluation des dommages causés. Le porte-parole militaire des Houthis, le général de brigade Yahya Saree, n'a pas reconnu l'attaque contre le Carney mais a revendiqué l'attaque au missile contre un navire commercial, identifié comme étant le pétrolier Marlin Luanda, battant pavillon des Îles Marshall.

Le service des opérations maritimes du Royaume-Uni, qui supervise les voies navigables du Moyen-Orient, a également confirmé qu'un navire avait été touché par un missile et était en feu dans le golfe d'Aden. Le commandement central a précisé en fin de journée vendredi que le Marlin Luanda avait été touché par un missile balistique antinavire tiré depuis le Yémen, et que le Carney ainsi que d'autres navires de la coalition ont porté assistance au navire en difficulté, sans faire état de blessés.

Les dernières semaines, la mer Rouge a été le théâtre de plusieurs incidents de ce type. Au moins six navires commerciaux ont été pris pour cible, par des drones ou des missiles. L’attaque la plus spectaculaire remonte au 19 novembre quand un commando houthi s’est emparé d’un cargo qui appartient à un homme d’affaires israélien. Le groupe armé du Yémen a filmé l’opération et diffusé les images. Le bateau a été conduit dans un port du Yémen. Ses 25 membres d’équipage sont toujours séquestrés.

Leur soutien au Hamas

Les Houthis affirment attaquer des bateaux ayant des intérêts israéliens ou un point de départ ou d'arrivée en Israël, en soutien aux Palestiniens. Ils menacent tous les bateaux en mer Rouge, en route pour Israël et ce, tant que les populations de Gaza ne recevront pas une aide humanitaire d’urgence.

Ils se sont invités dans la guerre. Ils affichent leur soutien au Hamas et ont plusieurs fois visé directement Israël en envoyant des drones et des missiles contre son territoire, notamment contre la ville d’Eilat, dans le sud. Des engins presque tous interceptés par Israël.

L’axe de la résistance iranienne au Moyen-Orient

Difficile de ne pas y voir la main de l’Iran. Les Houthis appartiennent à ce qu’on appelle l’axe de la résistance iranienne au Moyen-Orient, aux côtés du Hamas, du Hezbollah au Liban, des milices chiites en Irak et en Syrie. Tous ces mouvements, ennemis d’Israël, sont des bras armés de Téhéran dans la région, même s’ils conservent une certaine autonomie.

Les Houthis disposent en effet d’armes très élaborées, des drones, des missiles de croisière, mais aussi des missiles balistiques capables de frapper des navires, donc des cibles mouvantes. L’Iran fournit aux Houthis un arsenal de premier plan. Reste que l'Iran, principal allié de ce groupe rebelle yéménite, la République islamique semble, pour l'heure,vouloir éviter une escalade régionale

Un obstacle au commerce international

En outre, la situation dans la mer Rouge a des répercussions significatives sur le trafic maritime, avec une hausse notable des frais d'assurance et des ajustements de plans de route pour plusieurs navires. Les Houthis, un groupe rebelle qui exerce son contrôle sur une partie du Yémen, notamment sur le détroit stratégique régulant l'accès à la mer Rouge, posent une menace sérieuse au commerce international et à la liberté de navigation dans cette région cruciale.

En effet, environ un dixième du trafic maritime mondial traverse cette zone. Le détroit de Bab-el-Mandeb, situé au sud de la mer Rouge entre le Yémen et Djibouti,est considéré comme le 4ème point de passage le plus important au monde pour les pétroliers.

Face à cette menace, les pays occidentaux appellent à une mobilisation internationale pour sécuriser cet axe commercial majeur. Cependant, les moyens d'influencer ce groupe rebelle sont limités.

Parmi les options envisagées, l'option militaire est sur la table.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LE BHOUTAN 

ROYAUME DU BONHEUR NATIONAL BRUT

Dans la monarchie constitutionnelle du Bhoutan, célèbre pour son attachement au concept de “bonheur national brut” et son bilan carbone négatif, des élections viennent d'avoir lieu et c'est l'occasion de présenter ce petit pays singulier et hors du temps.

Dans le royaume du Bhoutan, les habitants étaient appelés récemment aux urnes. Ils ont finalement prolongé au pouvoir le parti de l’ancien Premier ministre - mais l’enjeu était mince : les deux partis en lice avaient des programmes proches.

Le Bhoutan, un pays pas comme les autres

Si ce pays a la taille de la Suisse, il est perché dans l’Himalaya avec une population dix fois moindre, et il est le seul pays au bilan carbone négatif. Il compte près de 70 % de forêts et quasiment pas d’industries. Cela fait partie de son image positive, avec un couple royal jeune et se présentant bien. Dans ce royaume bouddhiste de l’Himalaya, Le Bhoutan vit à un autre rythme : celui des saisons, de la Lune, des rituels religieux.

Cet État a mis en avant le concept original de Bonheur national brut (BNB), qui de manière statistique est fondé sur certains critères socio-économiques, écologiques ou psychologiques.

Le Bhoutan se mérite et cultive son originalité... En 1987, ce royaume himalayen décide de restreindre l'accès aux touristes pour préserver la religion et les traditions. Depuis 1972, la notion de produit intérieur brut (PIB) a été remplacée par celle de BNB : le bonheur national brut.

Dans la rue principale, sur Norzim Lam, à défaut de grands magasins, on y trouve des petites boutiques en particulier de tissus dans lesquelles est taillée la tenue nationale : les élégantes Kira de soie chatoyante que drapent les femmes et le Go, le manteau des hommes qui évoque à la fois un kimono et un kilt écossais. Fierté des bhoutanais qui portent le costume traditionnel et arborent un large sourire comme si chacun semblait jouir d’un bonheur simple et communicatif.

Un pays où le bonheur et le bien être spirituel sont inscrits au cœur de la constitution, depuis 2008… Cela fait dire à certains que Thimphu serait la capitale du "Shangri-La", ce lieu imaginé dans le roman Horizons perdus (1933), de James Hilton dans les années 30, lieu utopique, et de paix…

Une économie en berne

L'économie du Bhoutan est une des moins développées au monde ; elle est fondée sur l'agriculture, l'élevage, l'exploitation forestière, la vente à l'Inde d'électricité d'origine hydraulique et le tourisme.

Au nord du pays, au-delà de 3 500 mètres d'altitude (région du Grand Himalaya), l'élevage du yack prédomine mais perd en rentabilité pour les éleveurs. Cette activité, en 2010, ne représente plus que 3 % de la production du beurre, du fromage et de la viande du pays. Elle a, par contre, l'avantage d'être utilisée pour les fêtes traditionnelles et surtout d'être un attrait touristique.

L'agriculture est en grande partie vivrière et comprend l'élevage. Les montagnes dominent le territoire et rendent la construction de routes et de toute autre infrastructure difficile et chère. L'économie est étroitement alignée sur celle de l'Inde par de forts liens commerciaux et monétaires et dépend fortement de l'aide financière de ce pays. Le secteur, très délaissé, de la technologie industrielle n'est pas une priorité et la plupart des productions proviennent d'ateliers familiaux.

La majorité des projets de développement, tels que la construction de routes, est tributaire de la main-d'œuvre saisonnière indienne. Le potentiel de production hydro-électrique et l'activité touristique sont les ressources principales en capitaux du pays.

Le Bonheur national brut suffit-il ?

L’économie est néanmoins en berne au Bhoutan .Beaucoup de jeunes ont quitté le pays. Lors des dernières élections de janvier 2024 les deux partis qui étaient en lice pour ce second tour souhaitent relancer une économie qu’ils souhaitent aussi verte que possible, développer l’agriculture et créer une zone économique spéciale à la frontière indienne pour attirer les capitaux étrangers”.

Ainsi, l’accent est davantage mis sur la relance économique que le bonheur national brut, qui n’apparaît plus comme la priorité.




Larry Ricky pour DayNewsWorld

POURQUOI L'OTAN LANCE

L'OPERATION "STEADFAST DEFENDER"

 LA PLUS IMPORTANTE DEPUIS LA GUERRE FROIDE

Et si l’Otan n’était plus en "mort cérébrale" comme l’avait jugé Emmanuel Macron ? Quelque 90 000 soldats de l’Otan vont participer pendant plusieurs mois à compter de la semaine prochaine au plus important exercice militaire organisé par l’Alliance atlantique depuis la guerre froide, sur fond de conflit en Ukraine. "Ce sera une démonstration claire de notre unité, de notre force et de notre détermination à nous protéger les uns les autres", a déclaré jeudi, 18 janvier, le commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur), le général américain Christopher Cavoli, au cours d’une conférence de presse à Bruxelles, où siège l’Otan.

Une "nécessité"

L'opération ne relève pas d'un luxe, mais constitue une "nécessité". Après deux jours de délibérations, le comité militaire de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) a officiellement lancé, ce jeudi 18 janvier, le début de "Steadfast Defender". Décrite comme le plus grand exercice militaire de l'Alliance depuis la guerre froide, cette manœuvre s'étalera de la semaine prochaine jusqu'en mai.

Selon l'amiral Rob Bauer, à la tête du comité militaire de l'Otan, l'opération réunira environ 90 000 soldats issus de 31 pays alliés ainsi que de la Suède. Pas moins de 50 navires de guerre, 80 avions et 1 100 véhicules de combat participeront à ce gigantesque "jeu de guerre". Un chiffre "record" en termes de soldats, comme l'a souligné le chef du comité, rassemblant les chefs d'état-major des armées des 31 pays membres de l'organisation.

"Il s'agit d'un record en termes de nombre de soldats", a réitéré l'amiral néerlandais Rob Bauer lors de la conférence de presse, soulignant la nécessité de se préparer à toutes les éventualités dans une époque où "tout peut arriver à tout moment". Il a ajouté que "les plaques tectoniques du pouvoir se déplacent".

Ces manœuvres engloberont la zone de l'Atlantique jusqu'au flanc est de l'Otan, conformément à la même conférence de presse. Elles adopteront la forme d'un scénario de conflit contre un "adversaire de taille comparable", selon la terminologie de l'Alliance atlantique. À l'instar de l'année 2021, elles impliqueront le renforcement de troupes "venant d'Amérique du Nord" sur le continent européen.

L'objectif de cet exercice d'envergure, le plus imposant depuis l'opération Reforger de 1988 en pleine guerre froide, est décliné.

"L'environnement de sécurité est devenu exigeant",

L'exercice militaire conjoint de l'Otan vise à améliorer les capacités des Alliés "à se déplacer rapidement à travers l'Atlantique et l'Europe pour se protéger mutuellement en cas de besoin", explique l'amiral Rob Bauer. L'objectif est de garantir que les forces soient entraînées, aptes à collaborer et prêtes à répondre à toute menace, indépendamment de sa provenance.

Cette coalition revêt une importance cruciale à une époque où "l'environnement de sécurité est devenu exigeant", désignant implicitement la Russie et son intervention en Ukraine. Le conflit en Ukraine a démontré que, en matière de sécurité, "le local n'existe pas". "Toute la sécurité est connectée", souligne l'amiral Rob Bauer lors de la conférence de presse.

Un message clair

Au-delà des aspects techniques, le comité militaire cherche à transmettre un message clair avec cette opération baptisée "Défenseur inébranlable". Le général américain Christopher Cavoli, chef des forces alliées en Europe, insiste sur le fait que l'exercice sera une démonstration claire de l'unité, de la force et de la détermination de l'Alliance à se protéger mutuellement. Grant Shapps a estimé que l’Otan faisait face à des défis "plus importants que jamais" de la part de la Russie, de la Chine, de l’Iran ou de la Corée du Nord, avertissant que les adversaires de l’Alliance étaient "plus connectés entre eux" que jamais.

Du côté britannique, 20 000 militaires participeront à cet exercice, soulignant l'ampleur de l'engagement des Alliés dans cette initiative visant à renforcer la cohésion et la préparation face aux défis contemporains.Des unités de la Royal Air Force, de la Royal Navy et de l’armée de terre seront envoyées dans toute l’Europe et au-delà pour cet exercice baptisé "Steadfast Defender" ("Défenseur inébranlable"), a expliqué Londres.

Kiev réclame plus de moyens

Sur le terrain en Ukraine, l ’amiral néerlandais Rob Bauer, relève que la marine et l’aviation russes restaient des forces "considérables". "D’intenses combats" ont toujours lieu. «  L’année dernière, le monde a peut-être été un peu trop optimiste et il est donc "important qu’en 2024 nous ne soyons pas trop pessimistes", a lâché ce haut responsable de l’Alliance.La ligne de front entre les armées russe et ukrainienne reste largement inchangée ces derniers mois, incitant Kiev à réclamer avec insistance des renforts en armes et en munitions pour envisager une percée significative.

L'Ukraine exprime notamment le besoin accru de moyens de défense antiaérienne, alors que ses infrastructures et ses villes subissent des bombardements quotidiens. Cependant, une aide militaire américaine de plus de 60 milliards de dollars est bloquée au Congrès en raison de résistances d'élus républicains, tandis qu'une contribution financière européenne de 50 milliards d'euros sur quatre ans fait face au veto de la Hongrie. Un possible dénouement pourrait émerger lors du sommet des Vingt-Sept prévu le 1er février à Bruxelles.

Depuis le début de l'assaut russe en Ukraine en février 2022, l'Alliance atlantique a renforcé ses défenses sur le flanc oriental en déployant des milliers d'hommes. L'Otan cherche à transmettre un message de dissuasion, visant à convaincre le Kremlin que son engagement en Ukraine aura des conséquences significatives.

Cette tentative russe d'affaiblir l'Otan et l'UE a, au contraire, renforcé leur détermination. Pour les États baltes, l'Otan représente la seule garantie de protection, et leur adhésion est considérée comme leur meilleure assurance sécurité, selon le journal libéral The Economist. L'Otan a positionné des bataillons multinationaux dans les États baltes pour retarder toute progression agressive en cas d'invasion.

Jusqu'à présent, la Russie n'a pas osé défier l'Alliance, qui demeure plus vigilante que jamais depuis le début de la guerre en Ukraine.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

CONFLIT IRAN /PAKISTAN DANS

 DANS LES ATTAQUES RECIPROQUES

La tension monte entre l'Iran et le Pakistan.

L'organisation terroriste Jaish al-Adl

Islamabad n’aura pas mis longtemps à répliquer. Moins de 48 heures après les bombardements iraniens dans sa province occidentale du Baloutchistan, le Pakistan a frappé ce 18 janvier au matin la région iranienne du Baloutchistan-et-Sistan, près de sa frontière. L’opération ressemble à celle conduite par Téhéran. L’Iran avait déclaré mardi avoir lancé des missiles contre des bases du Jaich al-Adl, un groupe armé sunnite qui se bat pour l’indépendance du Balouchistan mais entretient des liens avec le djihadisme international, et a commis plusieurs attentats sur son sol. 

En réponse, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que ses forces armées ont réalisé «une série de frappes militaires chirurgicales et coordonnées contre des caches terroristes" en Iran, qui ont fait neuf morts, selon la télévision publique iranienne.Une brusque aggravation des frictions entre les deux voisins, au moment où, un peu plus à l'ouest, la région est déjà sous forte tension en raison de la guerre entre Israël et le Hamas.

L'Iran intervient contre l'organisation terroriste Jaish al-Adl, dont le quartier général se situe au Pakistan. Par le passé, l'Iran a déjà attaqué des bases, et a même envoyé des commandos il y a quelques mois pour attraper des dirigeants.

Une délicate situation intérieure

Le Pakistan se trouve dans une délicate situation intérieure, avec des élections législatives cruciales anticipées prévues pour le 8 février. Une manœuvre politicienne au sein du Parlement a interdit à l'ancien Premier ministre Imran Khan, actuellement en détention, de participer à ces élections. Imran Khan, figure la plus populaire du Pakistan, se voit ainsi exclu du processus électoral. Face à cela, la coalition provisoirement au pouvoir, dirigée par le Premier ministre Anwaar-ul-Haq Kakar, a décidé qu'il était impératif de riposter.
A moins d'un mois des élections la coalition aspirait à laver l'affront. Cette région frontalière entre l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran est notoirement difficile d'accès et caractérisée par une sécurité précaire. C'est un lieu de passage pour la contrebande, notamment les trafiquants de drogue, avec des affrontements déjà documentés par le passé, permettant à diverses organisations de s'implanter dans les villages.

L'Occident, la Chine et la Russie

Pour la première fois, l'Occident, la Chine et la Russie ont réagi. "Elles sont une source de vive inquiétude, car elles violent la souveraineté et l'intégrité territoriale des pays", s'est alarmé Peter Stano, porte-parole de la diplomatie européenne. La Russie a appelé les deux pays à "la plus grande retenue", tandis que la Chine dit "espérer que les deux parties pourront faire preuve de calme". La Chine a annoncé son intention de contribuer à une résolution de la situation. Forte de son influence au Pakistan, malgré la proximité de ce dernier avec les États-Unis, la Chine entretient également d'excellentes relations avec l'Iran.

Cette initiative représente une nouvelle dynamique, où des puissances mondiales s'impliquent pour apaiser les tensions dans une région complexe et volatile.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LE PARI DU NOUVEAU PRESIDENT LAI CHING PROTEGER LE STATU QUO A TAIWAN TOUT EN APPELANT AU DIALOGUE AVEC LA CHINE

Avec un peu plus de 40 % des suffrages exprimés, Lai Ching-te a remporté les élections présidentielles de Taïwan samedi dernier. Ce résultat marque sa victoire sur son adversaire principal, Hou Yu-ih, âgé de 66 ans, qui préconisait un rapprochement avec Pékin. Succédant ainsi à Tsai Ing-wen en mai, Lai Ching-te a occupé le poste de vice-président pendant plusieurs années sous son prédécesseur.

En tant que candidat du Parti démocrate progressiste (PDP), Lai Ching-te a exprimé sa gratitude envers ses électeurs pour avoir "résisté avec succès aux efforts des forces extérieures visant à influencer cette élection". Face à ses partisans jubilants arborant des drapeaux rouges et verts, il a souligné sa détermination à protéger Taïwan contre les menaces et les intimidations constantes émanant de la Chine.

Lai Ching-te a déclaré : "Nous choisissons d’être du côté de la démocratie." Cependant, malgré sa victoire, son score est nettement inférieur aux 57 % obtenus par sa prédécesseure, Tsai Ing-wen, quatre ans plus tôt. Par ailleurs, bien que le PDP conserve le pouvoir présidentiel, le parti perd sa majorité parlementaire avec seulement 51 sièges au yuan législatif, la chambre basse, comparé aux 52 sièges remportés par le Kouomintang, favorable à un rapprochement avec la Chine, et 8 sièges pour une troisième force politique, le Parti du Peuple de Taïwan.

La délicate question des relations avec la Chine communiste a constitué le point de départ de la carrière politique de Lai Ching-te. Son entrée en scène politique remonte à la troisième crise dans le détroit en 1995-1996, lorsque Pékin, démontrant sa puissance militaire en lançant des missiles, incite ce médecin et militant de Tainan, une ville située au sud-ouest de l'île, à se lancer dans la course électorale.

À cette époque, Taïwan se prépare à ses premières élections, et Lai Ching-te exprime son engagement envers la démocratie taïwanaise, déclarant dans une tribune parue l'an dernier dans le « Wall Street Journal » : « J'ai décidé que j'avais le devoir de participer à la démocratie taïwanaise et d'aider à protéger cette expérience naissante de ceux qui lui voulaient du mal. »

En faveur du statu quo


Cet homme de 64 ans, diplômé de Harvard en médecine, fait son entrée en politique dans les années 1990, confronté aux pressions militaires chinoises, alors que Taïwan s'ouvre progressivement à la démocratie. Après avoir été député puis maire, il accède au poste de Premier ministre sous Tsai Ing-wen en 2016. À cette époque, il prononce des paroles devant le Parlement qui lui attirent l'antipathie de Pékin : « Je suis un travailleur pragmatique pour l’indépendance », affirme-t-il alors. Ces propos, loin d'être une maladresse, reflètent sa pensée profonde, une position dont il n'a jamais dévié : « Je ne
dévierai jamais de cette position, quel que soit le poste que j’occupe. »

Bien que ses déclarations semblent avoir pris un ton plus modéré au fil du temps, Lai Ching-te a promis, pendant la campagne électorale, un soutien « inébranlable » au maintien du statu quo dans le détroit de Taïwan. En d'autres termes, ni indépendance ni rattachement à la Chine.

Ces affirmations traduisent « une position assez mesurée, promettant qu'il n'y aurait aucune mauvaise surprise », selon Mathieu Duchâtel, directeur du programme Asie à l'Institut Montaigne. Cependant, malgré ces assurances, des doutes persistants du côté de la Chine subsistent quant à ses véritables convictions, la percevant comme favorable à l'indépendance, souligne le chercheur.Bien que Lai Ching-te ait considérablement modéré ses positions et insisté sur sa volonté de maintenir le statu quo, ses déclarations passées continuent de hanter sa réputation, exploitées par la Chine pour dénoncer le prétendu "profond" danger que représente le président élu samedi à Taïwan.

Mise en garde aux États-Unis

Jamais le régime chinois n’avait autant fait pression pour infléchir en sa faveur les résultats des élections dans cette démocratie du Sud Est asiatique : manœuvres navales et aériennes, satellite et ballons d’observation, campagnes massives de désinformation, menaces de sanctions économiques. Ces derniers jours , cinq ballons chinois avaient franchi jeudi la ligne médiane du détroit, selon le ministère taïwanais de la Défense, qui avait aussi repéré dix avions et six navires de guerre. 

La réunification est historiquement inévitable, assurait Xi Jinping lors de ses vœux du Nouvel An. L’Armée populaire de libération écrasera toute velléité d’indépendance, promettait hier encore un porte-parole du ministère chinois de la défense.


Quelques heures après la publication des résultats de l'élection présidentielle taïwanaise, marquée par la victoire de Lai Ching-te, un candidat décrié par Pékin en raison de ses positions indépendantistes présumées, la réaction de la Chine ne t a été aussi cinglante qu'anticipée.

Le pays a clairement signifié qu'il ne tolérerait aucune "activité séparatiste" sur l'île, ajoutant que le vote ne changerait rien à la "tendance inévitable" d'une réunification avec la Chine, selon un porte-parole du bureau en charge des relations avec Taïwan. Ces déclarations correspondent au profond rejet que suscite cet homme au sein du Parti communiste chinois, pour lequel la "réunification", qu'elle se fasse par la négociation ou par la force, demeure un objectif fondamental.


De plus, la Chine a émis une mise en garde catégorique samedi, affirmant qu'elle s'opposerait "fermement" à toute "ingérence étrangère". Cette avertissement s'adresse clairement aux États-Unis, alliés de Taïwan, qui ont promis de la soutenir en cas d'invasion.



Andrew Preston pour DayNewsWorld

GUERRE AU PROCHE-ORIENT

 UN HAUT-CHEF MILITAIRE DU HEZBOLLAH ALLIE DU HAMAS TUE AU LIBAN ET LE RISQUE DE PROPAGATION DU CONFLIT AU LIBAN ?

Plus de trois mois après l'attaque meurtrière du Hamas contre Israël, le conflit persiste avec des frappes aériennes dévastatrices de l'aviation israélienne sur Gaza. L'État hébreu prépare également sa position post-Gaza, rejetant à la fois le Hamas et une "administration civile israélienne" dans le territoire palestinien après les combats. Antony Blinken, le secrétaire d'État américain, entame une nouvelle tournée au Proche-Orient ce lundi 8 janvier pour éviter une escalade régionale, alors qu'un haut commandant militaire du Hezbollah a été tué dans une frappe dans le sud du Liban.

Un haut responsable militaire du Hezbollah tué dans une frappe israélienne

La frappe israélienne du 08 janvier2024 a ciblé un haut responsable militaire du Hezbollah, Wissam Hassan Tawil, dans le sud du Liban, le tuant. Il jouait un rôle clé dans la direction des opérations militaires dans le Sud, d'où le Hezbollah lance des attaques quasi-quotidiennes contre Israël depuis trois mois. Dans un communiqué publié ce lundi, l’armée israélienne a affirmé avoir détruit un immeuble du Hezbollah au Liban.
Cette attaque survient après la mort du numéro deux du Hamas, Saleh al-Arouri, et d'autres responsables dans une frappe attribuée à Israël le 2 janvier. En représailles, le Hezbollah a tiré 62 roquettes sur une base militaire dans le nord d'Israël.

Le commandant tué, Wissam al-Tawil, était également connu sous le nom de Jawad et dirigeait les opérations militaires dans le sud du Liban. Il a été tué par «dans une frappe israélienne qui a visé sa voiture dans le village de Kherbet Selem», à une dizaine de kilomètres de la frontière avec Israël. Il s’agit du plus haut responsable militaire du Hezbollah tué depuis que cette puissante formation a ouvert le front avec Israël afin de soutenir le Hamas.

De nombreuses inconnues sur la force Radwan

Wissam al-Tawil, connu sous le nom de Jawad, était notamment chargé de la direction des opérations militaires dans le sud du Liban, où le Hezbollah mène depuis trois mois des attaques quasi-quotidiennes contre Israël. Le mouvement a d’ailleurs rapporté qu’il s’agissait d’une perte douloureuse.

Selon plusieurs sources, l’homme était un commandant de la force Radwan, considérée comme l’unité d’élite du Hezbollah. Il avait été nommé quelques semaines plus tôt. Les informations sur cette unité sont peu nombreuses. En novembre, le Hezbollah, allié du Hamas et de l’Iran, assurait ne pas connaître le nombre de combattants de la force Radwan, là où Israël estimait leur nombre à 2 500.

Une propagation du conflit au Liban avec le Hezbollah ?

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, menace le Hezbollah de reproduire à Beyrouth ce qui se passe à Gaza. Il annonce le début de la troisième phase de la guerre dans la bande de Gaza, avec des opérations plus ciblées et avertit le Hezbollah que les opérations pourraient également s'étendre à Beyrouth. Yoav Gallant a mis en garde le Hezbollah, n’hésitant pas à menacer le mouvement chiite libanais. «Nous sommes prêts à faire des sacrifices. Le Hezbollah voit ce qui se passe à Gaza et il doit savoir que nous sommes prêts à répliquer ces opérations à Beyrouth», a-t-il lancé dans une interview accordée au Wall Street Journal.

De son côté le leader de l'opposition israélienne, Yair Lapid, appelle certains ministres à quitter le gouvernement, affirmant que le gouvernement actuel ne peut pas diriger le pays. Selon lui, il est possible d’établir en peu de temps un «gouvernement large, raisonnable et bienveillant» qui soutiendrait Tsahal et les soldats de réserve, allouerait le budget au bénéfice des citoyens, ramènerait les déportés dans leurs foyers et présenterait un plan de reconstruction sur la table.

Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, est en Israël pour tenter d'obtenir une désescalade et éviter une propagation du conflit au Liban.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

SEISME MEURTRIER AU JAPON 

LE TREMBLEMENT DE TERRE A ELARGI LA COTE DE 175 METRES

Le puissant séisme d'une magnitude de 7,5 qui a frappé la péninsule de Noto au Japon le 1er janvier a laissé dans son sillage une transformation spectaculaire du littoral, étendant ses contours de 175 mètres, indique NHK World Japan, le réseau médiatique du service public japonais.

Une équipe de chercheurs, dirigée par un professeur de la faculté d'études supérieures de l'université d'Hiroshima, a mené une étude approfondie sur les conséquences du séisme en examinant les déplacements du sol et les effets du tsunami à partir de photographies aériennes. Cette analyse a couvert environ cinquante kilomètres du littoral de la partie nord-est de la péninsule. Les résultats indiquent une expansion totale de 2,4 kilomètres carrés de la superficie terrestre, avec des ports de la côte nord de la péninsule présentant une quasi-disparition de l'eau de mer, selon les rapports de la presse japonaise.

Au moins 128 morts et 195 disparus

Le bilan humain du séisme s'est alourdi, atteignant au moins 128 décès, avec 560 personnes blessées et 195 toujours portées disparues, selon les autorités locales qui ont communiqué ces chiffres dimanche après-midi. Les conséquences dévastatrices du tremblement de terre, associées à des centaines de répliques, ont entraîné des effondrements de bâtiments et de routes, ainsi qu'un millier de glissements de terrain et des incendies, notamment à Wajima, où de nombreux habitants sont présumés sous les décombres.

La secousse, ressentie jusqu'à Tokyo, située à 300 km de l'épicentre, a également généré un tsunami avec des vagues dépassant un mètre de hauteur. Les équipes de secours s'efforcent toujours de retrouver les personnes disparues et isolées en raison des routes endommagées, tout en acheminant des vivres et des équipements aux réfugiés. Selon le département d'Ishikawa, plus de 30 000 personnes étaient hébergées dans 366 abris gouvernementaux le samedi.




Larry Ricky pour DayNewsWorld

IRAN ATTENTAT LORS DE LA CEREMONIE D'HOMMAGE A SOLEIMANI 

ANCIEN CHEF DES GARDIENS DE LA REVOLUTION

Deux explosions sont survenues coup sur coup ont fait au moins 103 morts et des dizaines de blessés dans le sud-est de l'Iran, où se déroulait une cérémonie marquant le quatrième anniversaire de la mort de l'ancien chef de la force d'élite Al Qods des Gardiens de la révolution, Qassem Soleimani.

Cérémonie d'hommage à Soleimani

Il était environ 17 h en Iran quand la foule se rassemblait à Kerman, ville de 700 000 habitants, près de la tombe du général Qassem Soleimani. Un hommage devait être rendu, quatre ans après la mort de l’ancien chef de la force d’élite iranienne Al Qods. Il était considéré comme le dirigeant des forces pro-iraniennes en Irak et en Syrie, notamment contre l’État islamique, avant d’être tué le 3 janvier 2020 par une frappe américaine à l’aéroport de Bagdad.

Les explosions se sont produites sur les axes menant à Golzar Shohada, le cimetière du Jardin des Martyrs de Kerman. Le corps de Qassem Soleimani y est enterré avec 1 024 autres personnes considérées comme martyrs. Un lieu de rassemblement pour les opposants aux États-Unis et l’Occident.

"Les explosions ont été provoquées par des attaques terroristes", a déclaré un responsable local cité par les médias d'Etat, sans préciser qui pourrait en être derrière.

L’agence semi-officielle Nournews a rapporté que plusieurs bonbonnes de gaz avaient explosé à 10 minutes d’intervalle, sur la route conduisant au cimetière.

Les images terribles de l’attentat en Iran mercredi 3 janvier 2024 montrent que les deux explosions ayant eu lieu à Kemran (sud-est de l’Iran) visaient à faire le plus de victimes possible.

Qui est derrière l’attaque « terroriste » ?

Avec le conflit entre Israël et Gaza et la récente mort du numéro 2 du bureau politique du Hamas au Liban, une éventuelle action américaine ou israélienne pouvait être envisagée. Cependant, le mode opératoire, un attentat au milieu de la foule, ne correspond pas aux tactiques habituelles de ces deux pays, qui préfèrent généralement des attaques plus ciblées ou des assassinats directs, comme l'illustre la récente frappe israélienne en Syrie ayant tué Razi Moussavi, un commandant des Gardiens de la Révolution.

L’Iran a récemment déclaré avoir démantelé sur son sol un groupe soutenu par le Mossad, les services secrets de l’État israélien.Un attentat préparé directement en Iran alors par des opposants comme les Moudjahidines du peuple, qui ont mené des attaques par le passé ?

Quant au mouvement populaire contre le régime théocratique qui conteste notamment le foulard pour les femmes, ses différentes actions ont toujours eu pour cible les autorités et non le peuple qu’il affirme représenter. Aucune revendication n'a été faite jusqu'à présent.

Le régime peut du reste avoir intérêt à accuser l’étranger pour cacher des problèmes internes en lien avec des minorités du pays. En décembre 2023, à 700 km de Kemran, une attaque djihadiste avait tué onze policiers dans la province du Sistan-Baloutchistan, dans le sud-est de l’Iran.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

MENACE DE GUERRE NAVALE EN MER ROUGE

 "L'AXE DE LA RESISTANCE IRANIENNE" 

DERRIERE LES ATTAQUES DES HOUTHIS

La tension monte d'un cran en mer Rouge : les rebelles houthistes du Yémen ont revendiqué hier l'attaque au drone contre la frégate française Languedoc en mer Rouge. L'engin a été abattu ce lundi dans cette zone cruciale pour le commerce maritime international. 

Celui-ci menaçait un pétrolier norvégien, qui avait déjà été touché par un missile de croisière tiré depuis les zones contrôlées par les rebelles sans faire de victime.C'était là le dernier incident en date visant des bateaux empruntant cette route par laquelle transite 40% du commerce mondial.

Les dernières semaines, la mer Rouge a été le théâtre de plusieurs incidents de ce type. Au moins six navires commerciaux ont été pris pour cible, par des drones ou des missiles. L’attaque la plus spectaculaire remonte au 19 novembre quand un commando houthi s’est emparé d’un cargo qui appartient à un homme d’affaires israélien. Le groupe armé du Yémen a filmé l’opération et diffusé les images. Le bateau a été conduit dans un port du Yémen. Ses 25 membres d’équipage sont toujours séquestrés.

Leur soutien au Hamas

Les Houthis affirment attaquer des bateaux ayant des intérêts israéliens ou un point de départ ou d'arrivée en Israël, en soutien aux Palestiniens. Ils menacent tous les bateaux en mer Rouge, en route pour Israël et ce, tant que les populations de Gaza ne recevront pas une aide humanitaire d’urgence.

Ils se sont invités dans la guerre. Ils affichent leur soutien au Hamas et ont plusieurs fois visé directement Israël en envoyant des drones et des missiles contre son territoire, notamment contre la ville d’Eilat, dans le sud. Des engins presque tous interceptés par Israël.

L’axe de la résistance iranienne au Moyen-Orient

Difficile de ne pas y voir la main de l’Iran. Les Houthis appartiennent à ce qu’on appelle l’axe de la résistance iranienne au Moyen-Orient, aux côtés du Hamas, du Hezbollah au Liban, des milices chiites en Irak et en Syrie. Tous ces mouvements, ennemis d’Israël, sont des bras armés de Téhéran dans la région, même s’ils conservent une certaine autonomie.

Les Houthis disposent en effet d’armes très élaborées, des drones, des missiles de croisière, mais aussi des missiles balistiques capables de frapper des navires, donc des cibles mouvantes. L’Iran fournit aux Houthis un arsenal de premier plan. Reste que l'Iran, principal allié de ce groupe rebelle yéménite, la République islamique semble, pour l'heure,vouloir éviter une escalade régionale

Un obstacle au commerce international

En outre, la situation dans la mer Rouge a des répercussions significatives sur le trafic maritime, avec une hausse notable des frais d'assurance et des ajustements de plans de route pour plusieurs navires. Les Houthis, un groupe rebelle qui exerce son contrôle sur une partie du Yémen, notamment sur le détroit stratégique régulant l'accès à la mer Rouge, posent une menace sérieuse au commerce international et à la liberté de navigation dans cette région cruciale.

En effet, environ un dixième du trafic maritime mondial traverse cette zone. Le détroit de Bab-el-Mandeb, situé au sud de la mer Rouge entre le Yémen et Djibouti,est considéré comme le 4ème point de passage le plus important au monde pour les pétroliers.

Face à cette menace, les pays occidentaux appellent à une mobilisation internationale pour sécuriser cet axe commercial majeur. Cependant, les moyens d'influencer ce groupe rebelle sont limités. Parmi les options envisagées, l'option militaire est sur la table. Les attaques contre les navires commerciaux dans cette région ne sont pas nouvelles, et une force internationale est déjà présente depuis plus de deux décennies. 

Les États-Unis expriment le souhait de renforcer cette présence, envisageant d'accroître leur propre engagement en mer Rouge et de mobiliser d'autres nations, dont la Chine. Néanmoins, l'escorte de chaque navire longeant la côte ouest du Yémen, contrôlée par les Houthis, demeure une tâche impossible pour les forces navales.

Par conséquent, Washington explore également des options de représailles diplomatiques. Une possibilité serait la réintégration des Houthis dans la liste américaine des organisations terroristes, ce qui pourrait compromettre les transferts de fonds nécessaires dans le cadre des négociations en cours pour un accord de paix entre le Yémen et l'Arabie saoudite. Cependant, les pays occidentaux risquent de se retrouver isolés dans leurs sanctions, car il serait difficile pour les nations arabes de condamner les Houthis sans être perçues comme des partisans d'Israël.

Pour le général américain McMaster, ancien conseiller à la Sécurité nationale américaine, l'Iran, qui finance ces mouvements islamistes, doit être frappé au porte-monnaie. "Nous l’avons fait sous l’administration Trump. Et ça a marché ! De nombreuses études le prouvent", avance-t-il dans un entretien avec un confrère.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

COMMENT PRENDRE EN CHARGE ET GERER

 LE STRESS POST-TRAUMATIQUE DES OTAGES

 DU HAMAS ?

Alors qu' Israël dénonce "l'impasse des négociations" sur une nouvelle trêve humanitaire et fait rentrer ses émissaires au Qatar, l’armée israélienne a confirmé, vendredi, la mort de cinq otages dans la bande de Gaza, en donnant leurs noms, ajoutant avoir " informé les familles de leurs décès ". Après la libération de 110 otages depuis le début du conflit, dont 105 pendant la trêve, il reste 136 otages à Gaza aux mains du Hamas et d’autres groupes affiliés, ont annoncé les autorités israéliennes.

Au lendemain d’une visite en Israël, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a dit que les Etats-Unis, principaux alliés d’Israël, restaient  " concentrés " sur la libération des otages. " Nous continuons de travailler avec Israël, l’Egypte et le Qatar afin de remettre la trêve sur les rails ", a déclaré, de son côté, le secrétaire à la défense américain, Lloyd Austin.

Les soldats, un enjeu particulier

Parmi ces otages, pourraient encore se trouver des soldats, prises précieuses du Hamas, dans un pays où chaque famille ou presque compte un soldat . Au moins 11 soldats, dont quatre femmes, ainsi qu’une quarantaine d’hommes en âge d’être réservistes feraient partie des 240 personnes enlevées le 7 octobre 2023.

Si les corps des otages décédés peuvent constituer un enjeu dans les négociations, ceux des soldats encore plus, Israël souhaitant les inhumer avec les honneurs qui leur sont dus.

Quatre Français encore présumés otages

Avant la trêve, la France comptait encore huit ressortissants portés disparus, dont certains étaient retenus en otages dans la bande de Gaza.

Mia Schem,21 ans, Eitan, 12 ans, et Sahar et Erez, frère et sœur de 12 et 16 ans ont été libérés, Après la trêve, restent quatre Français présumés otages :

Le Hamas n’est pas le seul groupe à retenir des otages dans la bande de Gaza. Le Djihad islamique est aussi dans ce cas, de même que d’autres organisations palestiniennes.

" Dans le désordre qui a accompagné les attentats terroristes, des civils [et des soldats] israéliens ont été pris en otage par le Hamas, par une autre organisation terroriste qui s’appelle le Djihad islamique et aussi par des individus qui étaient entrés [ en Israël ] ", expliquait la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna le 28 novembre. "Le Hamas a la responsabilité, si je puis dire, de la majorité des otages, mais il n’est pas le seul", ajoutait-elle.

Des conditions de détention extrêmement difficiles

Les récentes libérations d’otages ont permis d’en savoir plus sur les conditions de détention dans la bande de Gaza.

Le Dr Ronit Zaidenstein de l’hôpital Shamira examiné 17 otages thaïlandais à leur libération, a expliqué qu’ils n’avaient reçu qu’une " alimentation très faiblement nutritive " durant leur captivité. " Les gens que nous avons admis ont perdu une part importante de leur poids en très peu de temps, – 10 % ou plus ", a-t-il ajouté.

Le site d’information Ynet, qui a interrogé le Dr Margarita Mashavi de l’hôpital Wolfson, par où ont transité de nombreux otages à leur libération. Détenus en sous-sol, ils n’avaient " que deux heures de lumière " par jour, a-t-elle expliqué. Par ailleurs, ils mangeaient « du riz, du houmous et des fèves en boîte et parfois du fromage avec du pain, mais rien d’autre ". La parole commence a se libérer.

Des enfants traumatisés à vie

Le président Joe Biden a annoncé la libération dimanche par le Hamas d'une otage américaine de 4 ans. La petite, nommée Abigail, "est libre et elle est en Israël", a-t-il indiqué lors d'un discours. L'enfant avait été prise en otage le 7 octobre par le Hamas. Selon un haut responsable américain, sa mère a d'abord été assassinée sous ses yeux. Son père a essayé de protéger l'enfant avant d'être tué à son tour. "Elle a subi un traumatisme terrible", a déploré dimanche le président américain.

Les enfants ont livré des récits tout aussi inquiétants. "Eitan a vécu des horreurs, a rapporté Deborah Cohen, la tante de ce Français de 12 ans. Le Hamas l’a obligé à regarder le film d’horreur [ de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre ]. 

Là-bas, chaque fois qu’un enfant pleurait ils le menaçaient avec une arme pour qu’il se taise. Quand il est arrivé à Gaza, tous les civils l’ont tapé".

Le père d’Emily, une Israélo-Irlandaise de 9 ans, a aussi expliqué à The Sun qu’elle était "terrifiée de faire du bruit" depuis son retour et qu’elle ne faisait plus que "murmurer".

Les violences sexuelles

Mais un mois et demi après, la parole commence à se libérer concernant les violences sexuelles commises sur des femmes israéliennes, notamment celles présentes au festival de musique Tribe of Nova, qui a été pris pour cible par le mouvement islamiste dans le désert du Néguev. 

"Nous avons de multiples témoins dans plusieurs affaires", précise David Katz, chef de la section cyber de l'unité de police criminelle Lahav 433, surnommée "le FBI israélien" Dans la presse, les témoignages de survivantes se multiplient. 

Le quotidien israélien Haaretz s'est fait l'écho de celui d'une jeune festivalière, qui dit avoir assisté au viol collectif d'une femme. Celle-ci aurait ensuite été abattue d'une balle dans la tête par les hommes du Hamas. 

Ce week-end, c'est Le Parisien qui publie le portrait d'une rescapée du 7 octobre, "Esther", qui raconte avoir été violée et tabassée sous les yeux de son petit ami : 

"C'était si douloureux que j'ai perdu connaissance, ils ont arrêté lorsqu'ils m'ont crue morte". La jeune femme raconte ensuite avoir été mutilée par un homme du Hamas. 

Outre les interrogatoires des combattants du Hamas détenus par le Shin Bet, les agents israéliens peuvent s'appuyer sur de nombreuses preuves vidéo (caméras de surveillance, images de caméras GoPro du Hamas), ainsi que sur la reconnaissance faciale pour tenter d'identifier les responsables de ces crimes.

"Certains éléments, comme les pelvis brisés ou des corps de femmes nues, laissent penser qu'il y a eu des viols et d'autres exactions à l'égard des femmes lors de cette attaque, ce qui n'est pas étonnant au vu de sa barbarie, mais pour l'instant nous avons très peu de détails", estime Céline Bardet, juriste en droit international, spécialiste des crimes de guerre.

"Le phénomène du viol comme arme de guerre est connu depuis très longtemps. C'est une arme qui détruit les générations suivantes", complète Me Julie Goffin, avocate au barreau de Bruxelles et auprès de la Cour pénale internationale (CPI), une instance non reconnue par l'État hébreu. 

La police israélienne a annoncé le 14 novembre l'ouverture d'une enquête pour des viols et des mutilations commises par des hommes du Hamas ce jour-là. Des exactions qui pourraient également avoir été commises sur les otages.

Un stress post-traumatique et syndrome de Lazare

Selon le psychiatre Patrick Clervoy, les individus libérés après une période de captivité sont susceptibles de développer un stress post-traumatique, phénomène qu'il qualifie de possible "syndrome de Lazare". 

Ces civils, majoritairement des femmes et des enfants, ont enduré une détention d'environ cinquante jours, marquée également par les violentes attaques du 7 octobre 2023. 

Le traumatisme subi est donc double, souligne le professeur agrégé du Val-de-Grâce, qui, tout au long de sa carrière, a traité des survivants de prises d'otages et d'attentats. L'éventualité d'un syndrome de Lazare est évoquée dans son intervention sur TF1Info.
Pour le psychiatre, la captivité ne représente qu'une phase, souvent la seconde, d'une série d'épisodes traumatiques. La prise d'otages, précédant souvent la captivité, est décrite comme un acte de guerre brutal, plus ou moins prolongé, plongeant le sujet dans un état de stress aigu, le laissant totalement désorienté. 

Pendant cette période, les capacités psychiques permettant à une personne de comprendre, maîtriser ses réactions et assurer sa survie sont saturées. Les cris, l'obscurité, la brutalité des événements, les blessures physiques et le spectacle de proches décédés sont autant d'éléments contribuant au stress aigu. 

Les individus vivent des épisodes de déréalisation, se déconnectant de la réalité et évoquant un sentiment d'extrême bien-être, voire d'invincibilité.
La captivité constitue ensuite une phase instable, marquée par des moments cruels, odieux, parfois assortis de tortures ou d'abus physiques et sexuels.

Le troisième temps survient avec la libération, qui s'accompagne également d'un stress. Dans ce contexte, la probabilité de développer des troubles psychiques prolongés, sous la forme d'un stress post-traumatique, est élevée. 

Seule exception possible : le cas de certains enfants qui, restés avec leurs parents, ont pu se sentir sécurisés grâce à un rôle de protecteur bien assumé par le parent. 

Cependant, les autres enfants connaîtront probablement un parcours de vie chaotique.
Parmi les symptômes post-traumatiques figure le syndrome de Lazare.

Pour le psychiatre Patrick Clervoy, les personnes qui sortent de captivité, développent un stress post-traumatique .Il évoque un possible syndrome de Lazare.

Parmi les symptômes post-traumatiques : le syndrome de Lazare

C'est un dysfonctionnement social insidieux et prolongé qui transforme profondément celui qui a vécu un événement traumatique, où la mort semblait imminente, altérant sa nature initiale de manière irréversible. 

Il est hautement probable que les otages développent ce syndrome, d'autant plus qu'ils réintègrent une société elle-même marquée par le traumatisme. 

L'ex-otage peut envisager un retour dans un monde identique à celui d'avant, espérant sa stabilité pour se reconstruire et retrouver sa place. Cependant, cette attente est vouée à la déception, car la population israélienne est traumatisée de manière indélébile depuis l'opération terroriste du Hamas. 

Que ce soit pour ceux qui accueillent l'otage ou pour l'otage lui-même, le monde d'avant a irrémédiablement disparu.

Les séquelles psychologiques nombreuses.

L’expérience même d’un otage présente des particularités susceptibles de servir de ressort à des troubles futurs : 

mise en retrait de la vie sociale, avec toutes sortes d'évitement, humiliations potentielles, sentiment d’impuissance… 

De plus, les prises d’otages, par la médiatisation dont elles font souvent l’objet, mettent particulièrement en lumière la capacité des victimes à s’en remettre ou pas.

Certaines ont sombré, comme le journaliste Brice Fleutiaux, qui a mis fin à ses jours en 2001, peu de temps après avoir été retenu en otage en Tchétchénie, ou l’héritier John Paul Getty III, qui ne s’est jamais remis de son enlèvement en Italie dans les années 1970 alors qu’il était enfant, et a plongé dans une spirale de dépendances qui l’ont laissé tétraplégique jusqu’à sa mort.

Sans être aussi dramatiques, une vaste série de symptômes post-traumatiques ont été recensés chez les anciens otages : difficultés à se concentrer et pertes de mémoire, accès dépressifs ou anxieux, mise en retrait de la vie sociale.

Mais les victimes tendent tout de même à reprendre le contrôle de leur vie, et certains anciens otages, aussi paradoxal que cela puisse paraître, enregistrent à terme des conséquences positives de leur expérience sur le plan psychologique.

Ces différences sont difficiles à comprendre. Les psychiatres peinent à répondre et admettent qu’il est difficile de savoir à l’avance si un otage risque plus qu’un autre de développer des troubles mentaux. 

"On n’a pas clairement délimité les facteurs qui conduisent à une évolution défavorable après une prise d’otage", admettaient en 2009 les auteurs d’un résumé sur le sujet, dans la revue de la Société royale britannique de médecine (RSM).

Un élément, enfin, complique le suivi des séquelles psychologiques : les troubles peuvent mettre longtemps à émerger.

"Cela peut ressurgir un an, deux ans, 10 ans après, et c’est absolument imprévisible », explique la psychiatre Christine Roullière, spécialiste des troubles post-traumatiques, qui souligne notamment la nécessité d’une prise en charge dès la libération d’un otage. 

Il faut "tout de suite permettre à la personne de verbaliser ce qu’elle a pu vivre", insiste-t-elle.

"C’est une façon de remettre dans le fil de sa vie des événements hors normes qui l’ont fait passer de l’autre côté du miroir. L’objectif, c’est d’accompagner le retour dans le monde des vivants".

Et c'est effectivement ce retour dans le monde des vivants que les autorités israélienne tente de mettre en place avec la prise en charge médicale, les retrouvailles avec ses proches et la gestion du traumatisme. Autant d’étapes imposées par Israël que les ex-otages du Hamas vont devoir suivre à lettre .

La prise en charge médicale, les retrouvailles avec ses proches.

Le protocole national israélien mis en place avec les otages est scientifiquement approuvé dans le monde entier . 

Il consiste à "déchoquer les gens, les faire sortir de cette glaciation, les ramener dans le réel" pour éviter que les patients ne tombent "dans une sidération, une glaciation psychique" sur le long terme. Pour cette raison, les otages libérés suivent un protocole strict et encadré.

Un premier examen médical personnalisé est donc mis en œuvre par le CICR à Rafah lors de leur réception, avant d’être transférés aux représentants de l’armée israélienne.

"D’un point de vue médical, évidemment, le médecin va demander s’ils n’ont pas de douleurs. (...) Il faut savoir s’ils n’ont pas de problème médical spécifique et faire des examens physiques", détaille-t-il. Les soins médicaux adéquats sont ensuite prodigués dans l’un des six hôpitaux israéliens où ont été envoyés les patients.

Des recommandations gouvernementales ont d’ailleurs été fournies au personnel en charge des otages. 

Et une attention toute particulière doit obligatoirement leur être accordée. The Times of Israël cite l’exemple des contacts physiques qui ne peuvent avoir lieu qu’avec l’accord de l’ex-otage ou la manière de les nourrir lors de cas de sous-alimentation prolongée en captivité.

En cas de détention sous terre, il est également demandé de porter une attention spécifique à leur sensibilité vis-à-vis de la lumière naturelle.

Le ministère de la Santé israélien a aussi demandé au personnel médical "de rechercher et de documenter tout signe de torture, de viol ou d’autres crimes de guerre", comme l’indique le média israélien. Un travail de documentation essentiel.

Se reconstruire au contact de ses proches

Une fois ces premières précautions passées, les otages vont progressivement revenir à la réalité. Ce qui commence par récupérer leurs effets personnels. Un moment important avant de retrouver les familles, alors informés du lieu où leur proche a été transféré.

Mais pour les retrouver, le personnel en charge du suivi des otages doit avant tout s’assurer "qu’ils soient à nouveau en bonne santé". Ensuite ils pourront retrouver leurs familles. Un moment crucial pour reprendre "le contrôle de leur vie car la guérison est à la fois physique et mentale".

"Ils ont besoin d’être avec leurs familles, car être en famille est très important pour leur rétablissement".

Durant cette période de retrouvailles privées, les médias ne pourront pas avoir accès aux otages, ni à leurs familles. 

Ce qui s’explique par une volonté de laisser les otages se reconstruire loin de la lumière médiatique dans un premier temps. Toutefois, les familles seront ensuite libres d’échanger ou non avec des médias si elles le souhaitent.

Les enfants israéliens retenus en otage à Gaza ont un long chemin à parcourir pour se rétablir après leur libération. 

Selon le gouvernement israélien, jusqu'à 40 des otages sont des enfants, dont un bébé de 10 mois et des enfants d'âge préscolaire, dont certains ont vu leurs proches assassinés sous leurs yeux juste avant d'être kidnappés.

"Il n'y aura jamais de rétablissement complet", a déclaré M. Dollberg, psychologue clinique et du développement à l'Academic College of Tel Aviv-Yaffo. "Ce ne sera jamais que ce qui leur est arrivé ne les affectera pas et ne sera pas oublié. Les enfants connaitront un parcours de vie chaotique.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LA COP28 A DUBAI SOUS LES FEUX DE LA CRITIQUE

La 28ème Conférence des Parties sur le Climat de l'ONU (COP 28), prévue du 30 novembre au 12 décembre, s'apprête à ouvrir ses portes à Dubaï, aux Emirats arabes unis.

Les délégués mondiaux se rassembleront aux Émirats arabes unis pour le prochain cycle de négociations internationales sur le climat. Au cours de l'année 2023, de nouveaux records météorologiques extrêmes ont été établis, marqués par des inondations dévastatrices en Libye et des incendies de forêt ravageurs au Canada, en Grèce, et sur l'île hawaïenne de Maui. 

Alors que ces négociations de la COP28 sont cruciales pour obtenir les accords mondiaux nécessaires afin d'éviter des changements climatiques dangereux, la confiance envers ce sommet est actuellement ébranlée, en grande partie en raison de la personne qui le dirige.

Le choix de Dubaï comme lieu de cet événement international majeur a suscité des vagues de critiques, notamment de la part des défenseurs de l'environnement. De plus, le choix de Sultan Ahmed Al Jaber, PDG de la compagnie pétrolière émiratie Adnoc, pour présider cet événement majeur est lui aussi contesté. Cette nomination a soulevé des interrogations quant à la neutralité des décisions prises lors de la COP28, alimentant ainsi le débat sur les liens entre intérêts économiques et réelles avancées environnementales.

Ahmed al Jaber, président de la COP28, le loup dans la bergerie ?

Les Émirats arabes unis ont suscité la controverse en annonçant, en janvier 2023, que le sultan Ahmed al Jaber, PDG de la compagnie publique Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc), présiderait le sommet sur le climat, lui conférant ainsi un large contrôle sur l'ordre du jour.

Le président de la COP, le Sultan Al-Jaber, est en proie à des conflits d’intérêts majeurs en ce qui concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Alors qu’il est censé guider la rédaction des décisions de la négociation d’une manière neutre et indépendante, Al-Jaber représente aussi le pays hôte, les Émirats arabes unis, en tant que CEO de la compagnie pétrolière nationale, Adnoc.

Étant donné que les combustibles fossiles représentent près de 90 % des émissions de CO2 à l’origine du changement climatique, certains dénoncent un conflit d’intérêts évident à ce que les producteurs de pétrole et de gaz soient à la tête des négociations sur le climat. Les Émirats arabes unis brûleraient plus de gaz qu’ils ne le déclarent.

Plusieurs enquêtes ont d’ailleurs montré que les Émirats envisagent d’augmenter les exploitations de pétrole de 3,7 millions de barils par jour à 5 millions d’ici 2027.et de gaz, et que des tractations commerciales ont même lieu pendant les réunions prévues pour la COP.

Selon des documents confidentiels obtenus par le Centre for Climate Reporting, les Émirats arabes unis ont ainsi préparé des réunions d’affaires privées impliquant Adnoc avec les délégations de plus de 27 gouvernements étrangers avant le sommet.

La rente pétrolière un gage de stabilité socio-économique des pays du Golfe.

En outre malgré des décennies de politiques visant à diversifier l’économie du pays en dehors du pétrole, le secteur des hydrocarbures des Émirats arabes unis représente un quart du PIB, la moitié des exportations du pays et 80 % des recettes publiques. La rente pétrolière contribue à la stabilité socio-économique.

Cet état de fait est un principe central du contrat social du Golfe arabe, dans lequel les citoyens des six États du Golfe occupent principalement des postes bureaucratiques dans le secteur public, administrant une économie basée sur le pétrole avec une main-d’œuvre expatriée qui domine le secteur privé non pétrolier.


Les préoccupations quant à l'obstruction des politiques pro-climat par les industries fossiles sont donc bien justifiées, compte tenu des preuves indiquant que ces industries ont eu connaissance depuis des décennies des conséquences climatiques de leurs produits.

Cependant le programme politique promu par la présidence des Émirats arabes unis à la COP28 pourrait peut-être contribuer à accélérer la transition vers la sortie des énergies fossiles.

Tout d'abord les Émirats arabes unis et Ahmed al Jaber ont été choisi par la région Asie-Pacifique, qui se compose d’un ensemble diversifié de pays en développement

Le choix du pays qui accueille le sommet de la COP est en effet géré par un processus des Nations unies qui fait l’objet d’une alternance démocratique entre six régions. Les pays de chaque région se consultent pour savoir qui représentera leur région, et ce pays fait une proposition, qui est évaluée et finalisée par le secrétariat qui gère la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Les préoccupations énergétiques des pays du Sud

Pour certains pays du Sud, la perspective d’une élimination progressive des énergies fossiles semble non seulement décourageante, mais aussi une menace pour le développement économique.

Sur les dizaines de pays producteurs de pétrole dans le monde, environ la moitié sont des pays en développement à revenu intermédiaire dont les économies sont très vulnérables face à la volatilité des prix du pétrole et du gaz.

Des études ont suggéré qu’une élimination rapide des énergies fossiles pourrait entraîner des milliers de milliards de dollars de pertes dues aux investissements dans les infrastructures des pays producteurs de pétrole, s’ils n’y sont pas préparés.

En même temps, de nombreux États du Sud sont confrontés aux conséquences démesurées du changement climatique, qu’il s’agisse de phénomènes météorologiques extrêmes ou de l’élévation du niveau de la mer qui peuvent menacer l’existence même de leurs communautés.La présidence des Émirats arabes unis à la COP28 pourrait accélérer la transition énergétique, malgré les critiques suscitées par le choix d'Al Jaber.

Les inquiétudes quant à l'élimination progressive des énergies fossiles sont importantes, notamment pour les pays en développement dont les économies dépendent fortement de ces ressources. Cependant, Al Jaber a qualifié cette transition d'" inévitable " et d' " essentielle ", soulignant la nécessité de renforcer les énergies renouvelables avant de cesser rapidement l'utilisation des combustibles fossiles.

La présidence d'Al Jaber à la COP28 a été interprétée comme une tentative des Émirats arabes unis de verdir leurs projets d'expansion pétrolière et gazière.  

Al-Jaber a cependant passé l’essentiel de sa carrière dans le secteur des énergies renouvelables. En 2006, il a fondé et dirigé la société d’État des Émirats arabes unis spécialisée dans les énergies renouvelables, Masdar, qu’il a aidée à devenir le plus grand opérateur d’énergies renouvelables en Afrique.

Il a été nommé PDG de l’Adnoc en 2016, dans le cadre du lancement officiel par les Émirats arabes unis d’une stratégie nationale pour l’après-pétrole. L’année précédente, le prince héritier Mohammed bin Zayed avait prononcé un discours déclarant que les Émirats arabes unis célébreraient " le dernier baril de pétrole " d’ici le milieu du siècle.

Le programme de la COP28

L’Adnoc a certes été fortement critiquée pour avoir prévu d’investir 150 milliards de dollars dans l’expansion de ses capacités pétrolières et gazières au cours de cette décennie. 

Mais au niveau mondial des plans de croissance des énergies fossiles bien plus importants que ceux des Émirats arabes unis sont menés par les États-Unis, le Canada, la Russie, l’Iran, la Chine et le Brésil. La majeure partie du financement des énergies fossiles dans le monde provient de banques des États-Unis, du Canada et du Japon. 

Et depuis 2015, les banques européennes ont versé un montant colossal de 1,3 billion de dollars dans les combustibles fossiles, dont 130 milliards de dollars pour l' année 2022.

Plusieurs évaluations de l’ONU – comme l’édition 2023 de l’Emissions Gap Report du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), ou même les engagements actuels pris par les États dans le cadre de l’accord de Paris – ont montré que les engagements actuels nous placent sur une trajectoire d’augmentation des températures comprise entre 2,5 et 2,9 °C, bien au-delà des objectifs fixés par l’accord de Paris.

Face à ces nombreuses contradictions, la COP28 est  donc un rendez-vous indispensable qui entend dresser un bilan mondial de la situation, parler de transition énergétique et mettre l’accent sur la solidarité entre pays du nord et pays du sud.

Et les Émirats arabes unis font  preuve d’un leadership qui va au-delà des présidences précédentes de la COP. En effet la valeur totale des projets d’énergie renouvelable prévus par les Émirats arabes unis avec divers partenaires au cours de la décennie s’élève à plus de 300 milliards de dollars.

Le programme de la COP28 prévoit de tripler la capacité des énergies renouvelables au cours des sept prochaines années, en réduisant encore les coûts pour concurrencer rapidement les combustibles fossiles, potentiellement au cours des 20 prochaines années.

Il demande également aux pays d’accepter de cesser la production d’énergies fossiles lorsque les émissions de CO2 ne sont pas capturées d’ici au milieu du siècle, ce qui pourrait accélérer le développement de la capture, de l'utilisation et du stockage du CO2 à des fins commerciales.

Enfin, la restructuration du financement de la lutte contre le changement climatique pour le rendre moins coûteux et réduire le fardeau de la dette, comme le propose la présidence des Émirats arabes unis, pourrait débloquer les milliers de milliards de dollars dont le monde en développement a désespérément besoin pour soutenir ses transitions énergétiques tout en s’industrialisant.

L’an dernier, lors du sommet de la COP27 à Charm el-Cheikh, en Égypte, l’accord visant à constituer un fonds pour les " pertes et dommages " avait été salué comme une avancée majeure, sur l’un des sujets les plus difficiles des négociations climatiques. 

Au cours de cette édition cette décision de novembre 2022 actait le fait que les pays les plus pauvres et les moins émetteurs ont besoin d'aide pour faire face aux conséquences du changement climatique. Mais un an après les négociations, le fonds ne s’est pas encore concrétisé comme l’espéraient les pays en développement.

De grandes questions en suspens

De nombreuses questions ont été soulevées et laissées en suspens à Charm el-Cheikh. Parmi elles : 

qui alimentera ce nouveau fonds ? 

Où sera-t-il situé ? 

Qui aura le pouvoir de le gérer ? 

Et qui aura accès au financement, et surtout qui n’y aura pas accès ? 

Les pays en développement ont accepté que le fonds soit hébergé par la Banque mondiale pour une période intérimaire, malgré des réserves.

De nombreux délégués s’inquiètent de la réputation de la Banque, et notamment de la prédominance des pays développés parmi les donateurs, de l’accent mis sur l’octroi de prêts plutôt que de subventions, et du manque de sensibilité au climat dans les opérations de la Banque. Il est probable que ces inquiétudes resurgissent à Dubaï.

Lors de la COP28, la concrétisation du fonds pour les pertes et dommages sera un test décisif pour la légitimité de l’ensemble du régime de négociation sur le changement climatique.

Certes, le fait qu’un PDG du secteur pétrolier dirige un sommet sur le climat est inquiétant pour tous ceux qui prônent une réduction progressive et rapide des combustibles fossiles mais si le sommet de la COP28 parvient à conclure des accords historiques sur les questions susmentionnées, il s’agira d’une avancée significative dans l’accélération de la transition énergétique . Et le sommet de la COP sera autre chose qu'un simple ballet d'hypocrisie...




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

UN NOUVEL ATTENTAT DU HAMAS 

A JERUSALEM

Trois personnes ont été tuées et six autres blessées par deux hommes qui ont ouvert le feu sur un arrêt de bus, dans la partie ouest de Jérusalem, jeudi 30 novembre au matin. Le Hamas a revendiqué leur acte. Cette attaque a été perpétrée alors que la pause dans les combats à Gaza a été reconduite in extremis jeudi matin pour un septième jour.

Un arrêt de bus de Jérusalem-Ouest pris pour cible

L'attentat a eu lieu jeudi matin, vers 7h40 (heure locale), aux abords d'un arrêt de bus bondé de Jérusalem-Ouest. "Deux terroristes venus en voiture et armés, l'un d'un [fusil d'assaut] M16, et l'autre d'un pistolet", ont ouvert le feu, a déclaré le directeur de la police de la ville à la presse sur les lieux de l'attaque.

Trois personnes ont été tuées, et plusieurs autres ont été touchées, selon la police israélienne. Plusieurs médias israéliens, dont Haaretz et The Times of Israel, font état de six blessés. Les trois morts sont deux femmes de 24 et 67 ans, et un homme de 73 ans, tous de nationalité israélienne, ont précisé les autorités.

Les tireurs abattus par deux soldats et un civil

Des images diffusées par les télévisions israéliennes montrent deux hommes sortant d'une voiture et ouvrant le feu avant d'être abattus. Selon la police, ils "ont été tués rapidement par deux soldats, qui n'étaient pas en service, et un civil, qui leur ont tiré dessus".

Benyamin Nétanyahou les a félicités dans un communiqué. "Mon gouvernement continuera d'étendre la distribution d'armes aux citoyens", a assuré le Premier ministre israélien. Depuis l'attentat du 7 octobre, le gouvernement israélien a facilité l'attribution du permis de porter une arme à feu, et les boutiques d'armement ont vu les ventes auprès des civils se multiplier.

Le Hamas revendique l'attaque et appelle à une "escalade"

Les assaillants ont rapidement été identifiés comme deux frères, dont la police israélienne affirme qu'ils avaient été incarcérés par le passé et qu'ils étaient affiliés au Hamas. Le mouvement islamiste, classé comme terroriste par l'Union européenne, a revendiqué l'attentat jeudi à la mi-journée. "Les frères Mourad Nemr (38 ans) et Ibrahim Nemr (30 ans) (...), membres des brigades Ezzedine al-Qassam de Sour Baher", un quartier de Jérusalem-Est, "se sont sacrifiés en menant une opération", écrit l'organisation dans un communiqué.

Le Hamas appelle également à une "escalade de la résistance" contre Israël, et présente l'attaque de jeudi comme "une réponse naturelle aux crimes sans précédent de l'occupant [Israël] dans la bande de Gaza et contre des enfants à Jénine", une ville de Cisjordanie où deux garçons de 8 et 15 ans ont été tués par l'armée israélienne mercredi.

Avant même cette revendication, le président israélien Isaac Herzog a jugé que cette attaque était "encore un exemple de la situation dans laquelle nous nous trouvons, la guerre sans fin que nous menons contre les organisations terroristes, en particulier le Hamas". 

Le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, a estimé qu'elle rappelait "la menace terroriste affrontée au quotidien par Israël", où il se trouve en visite.




Alize Marion pour DayNewsWorld

ACCORD ISRAEL-HAMAS LIBERATION D'OTAGES TREVE HUMANITAIRE...

Les deux parties ont finalement conclu un premier accord dans la nuit du mardi 21 novembre 2023 au mercredi 22 novembre. Après des semaines de conflit et de pourparlers simultanés, un consensus a été atteint. Le Hamas et Israël se sont entendus sur la libération de 50 otages, enlevés par le groupe terroriste le 7 octobre 2023 dernier, en échange de la libération de prisonniers palestiniens et de l'instauration d'une trêve dans la bande de Gaza.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a qualifié l'accord de "bonne décision" mardi soir, avant le début de la réunion de son cabinet, qui a ensuite donné son feu vert tôt mercredi. Le Hamas, via son chef Ismaïl Haniyeh, a salué la décision de "trêve humanitaire", soulignant que les modalités de l'accord étaient conformes à la vision de la résistance.

Les autorités qataries, au cœur des pourparlers, ont confirmé l'accord dans la nuit, exprimant leur gratitude envers l'Égypte et les États-Unis pour leur contribution aux médiations.

Libération de 50 otages contre 150 prisonniers palestiniens ?

240 otages, capturés lors de l'attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, étaient concernés. Le gouvernement israélien a annoncé avoir approuvé les grandes lignes de la première étape de l'accord, libérant au moins 50 otages, principalement des femmes et des enfants. Aucun militaire ne devrait être relâché.

En échange, un nombre indéterminé de femmes et d'enfants palestiniens détenus en Israël seront également libérés, selon le ministère des Affaires étrangères qatarien. Deux sources parlent de 150 prisonniers.


La nationalité des personnes libérées reste floue, bien que trois ressortissantes américaines figurent parmi les 50 otages, selon un haut responsable de la Maison Blanche. Huit Français sont toujours aux mains du Hamas.

Bien que cet accord porte initialement sur 50 personnes, les États-Unis s'attendent à la libération de davantage d'otages dans les prochains jours. Si ce premier accord ne porte que sur 50 personnes, les États-Unis s’attendent à ce que davantage soient libérées. 

"Il y aura maintenant une pause de plusieurs jours, ils (le Hamas) auront la capacité d’identifier des femmes et des enfants supplémentaires. Nous nous attendons donc à ce qu’il y en ait plus de 50", a déclaré un haut responsable américain à la presse.

Dans une série de messages sur X ce mercredi matin, le gouvernement israélien écrit d’ailleurs que "la libération de dix otages supplémentaires entraînera une journée supplémentaire de pause".

Une trêve d'au moins quatre jours.

L'échange de prisonniers et d'otages se déroulera au cours d'une trêve humanitaire, d'une durée initiale de quatre jours, avec la possibilité de prolongation. 

Cette pause est réclamée depuis longtemps par des organisations internationales et des ONG, pour permettre l'entrée de convois humanitaires et d'aide d'urgence, y compris du carburant, dans la bande de Gaza, soumise à un siège total d'Israël.. Jusque-là, seule une pause quotidienne de quatre heures avait été accordée par le gouvernement hébreu.

La Croix Rouge pourra rendre visite aux otages non encore libérés à Gaza, avec des médicaments.

Difficile de savoir si cet accord va être tenu de bout en bout. Les deux parties ont déjà évoqué un retour à la guerre. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a exprimé le souhait d'une reprise "à pleine force" des opérations après la trêve pour "défaire" le Hamas et créer les conditions nécessaires au retour d'autres otages.

 "Le gouvernement israélien, l’armée israélienne et les forces de sécurité poursuivront la guerre pour ramener toutes les personnes enlevées, éliminer le Hamas et garantir qu’il n’y ait plus aucune menace pour l’État d’Israël depuis Gaza", a d’ailleurs confirmé le gouvernement après son vote. 

"Nous confirmons que nos mains resteront sur la gâchette et que nos bataillons triomphants resteront aux aguets", a également averti le Hamas de son côté.

La pause pour les "otages"ne signifie pas la fin de la guerre.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

POURQUOI DES OPERATIONS CIBLEES DE TSAHAL 

SUR L'HOPITAL AL-CHIFA DE GAZA ?

L'armée israélienne a lancé une opération "ciblée" mercredi dans l’hôpital al-Chifa de Gaza, qu'elle accuse d’abriter une base souterraine du Hamas, ce que nient le mouvement islamiste et la direction de l’établissement.

Où en est l’opération de l’armée israélienne dans l’hôpital al-Chifa ? 

Et que dit le droit international ?

Le raid de l’armée israélienne se poursuit dans l’enceinte de l’hôpital al-Chifa ce jeudi 16 novembre. . Officiellement, il s’agit pour Israël d’une opération "ciblée [...] contre le Hamas dans un secteur spécifique de l'hôpital". Depuis des années, les Israéliens accusent le Hamas d'utiliser les hôpitaux de Gaza comme des bases. Et pour eux, pas de doute, le Hamas "opère à l'intérieur et sous" l'hôpital Al-Chifa, le plus important de l’enclave palestinienne.

Le 27 octobre 2023, le porte-parole de l’armée israélienne, Daniel Hagari, a affirmé disposer "de preuves concrètes que l'hôpital était utilisé pour cacher des membres du Hamas". Il avait présenté, au cours d’une conférence de presse, des photographies et des enregistrements audio prouvant, selon lui, que le mouvement islamiste disposerait de plusieurs complexes souterrains dissimulés sous l'hôpital, accessibles par le réseau de tunnels situé sous la bande de Gaza, et une entrée dans l'un des services.

Des accusations appuyées le 14 novembre par la Maison Blanche, qui a affirmé disposer de renseignements américains selon lesquels le Hamas utiliserait l'hôpital al-Chifa pour diriger ses opérations militaires et probablement stocker des armes.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu’un lien est établi entre le Hamas et cet hôpital. Dans un rapport publié en 2015, l’ONG Amnesty International avait accusé le mouvement islamiste d’avoir torturé et sommairement exécuté des Palestiniens durant l’offensive militaire israélienne contre Gaza, en juillet et août 2014.

"Certaines [personnes] ont été soumises à des interrogatoires et torturées, ou autrement maltraitées dans une clinique ambulatoire désaffectée située dans l’enceinte de l’hôpital d’al-Chifa", soulignait l’ONG.

Le chef politique du Hamas à Gaza,Yahya Sinouar avait confirmé, en 2021, que son mouvement exploite un vaste réseau de tunnels "dépassant les 500 kilomètres".

Yocheved Lifshitz, une femme de 85 ans prise en otage par le Hamas le 7 octobre 2023, a déclaré, après sa libération, qu'elle avait marché pendant des kilomètres dans des tunnels de Gaza qui ressemblaient à "une toile d'araignée".

Armes, munitions et équipements militaires trouvés

Vingt-quatre heures après avoir pénétré dans ce que Tsahal présente comme une plateforme militaire stratégique du Hamas, l’armée israélienne a confirmé que ses "soldats" étaient toujours déployés dans le plus grand complexe hospitalier de Gaza où se trouvent encore, selon l'ONU, quelque 2 300 personnes. Parmi lesquelles des patients, des soignants, ou encore des déplacés.

Un conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que l'armée avait trouvé des armes et d'"autres choses". "Nous sommes entrés dans l'hôpital sur la base de renseignements exploitables", a assuré Mark Regev à la chaîne de télévision américaine MSNBC. Et alors que l’organisation terroriste dément les accusations d’Israël, Tsahal affirme avoir trouvé "des munitions, des armes et des équipements militaires" du Hamas. 

Des photographies d’armes, de grenades et d’autres équipements militaires ont notamment été publiées. Des "images relatives aux otages" capturés lors de l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 ont également été trouvées sur des ordinateurs saisis au cours de l'intervention.Selon les autorités israéliennes, aucun affrontement ni aucun accrochage ne se sont produits à l'intérieur du centre hospitalier, que ce soit avec les civils, les patients ou le personnel soignant

Le malaise des plus proches soutiens d’Israël.

Face à cette opération militaire de Tsahal, la communauté internationale redoute une détérioration irréversible des conditions humanitaire et d’accès aux soins. L'ONU, qui a dénoncé à de multiples reprises la contre-offensive menée par Israël, s’est dit "horrifiée" par l’intervention des militaires israéliens dans une enceinte hospitalière.

Le malaise semble même gagner les plus proches soutiens d’Israël. Le président américain Joe Biden a ainsi appelé dans la nuit de mercredi à jeudi l’armée israélienne à être "extrêmement prudente" dans la conduite de son opération à l’hôpital. Washington a également déclaré ce mercredi ne pas avoir "donné de feu vert aux opérations autour de l’hôpital al-Chifa", pas plus qu’il ne le fait pour les autres décisions militaires d’Israël.

De son côté, la France, qui revendique depuis l’attaque sanglante du 7 octobre dernier "le droit d’Israël de se défendre", a fait part de "sa très vive préoccupation", estimant que la population palestinienne n’avait "pas à payer pour les crimes du Hamas". En marge d’un déplacement en Suisse, le président Emmanuel Macron a condamné "avec la plus grande fermeté" les bombardements d’infrastructures civiles.

"Parce qu’Israël est une démocratie, signataire des mêmes textes et des mêmes chartes que nous, nous avons toujours dit que ce droit à se défendre doit s’inscrire dans le cadre du droit international humanitaire et en respectant les règles de la guerre, et donc en particulier les populations civiles", a-t-il précisé.

Sans surprise en revanche, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a lui qualifié mercredi Israël d'"Etat terroriste", dénonçant le coût en vie humaine des bombardements israéliens dans la bande de Gaza. Médiateur clé dans les négociations sur la libération des otages encore aux mains du Hamas, le Qatar a quant à lui réclamé "une enquête internationale" sur les raids israéliens sur les hôpitaux de Gaza, qualifiant l’opération dans l’établissement al-Chifa de "crime de guerre".

Une situation humanitaire qui s’aggrave

Depuis le 7 octobre dernier, la situation humanitaire à Gaza n’a cessé de se dégrader. Malgré une première livraison d’un peu plus de 23 000 litres de carburant mercredi via le terminal de Rafah, dans le sud du territoire, l'ONU a averti que ses opérations d’aide à Gaza étaient "au bord de l’effondrement" et le chef des Affaires humanitaires des Nations unies a demandé mercredi que cesse "le carnage à Gaza".

Faute de carburant, l’opérateur de télécoms palestinien Paltel a annoncé mercredi "une suspension de tous les services de télécommunications sous quelques heures" et pourrait "menacer encore davantage la vie de la population de Gaza", a prévenu jeudi l’organisation Human Rights Watch.

Mercredi, près de 650 personnes, des étrangers, binationaux et des blessés palestiniens, ont été évacués vers l’Egypte par Rafah, a rapporté l’autorité palestinienne chargée des opérations au terminal frontalier.

L’armée israélienne a assuré de son côté fournir à l’hôpital "couveuses, aliments pour bébés et fournitures médicales".

L'accent mis sur la crise humanitaire dans les hôpitaux a renforcé les appels internationaux en faveur d'un cessez-le-feu qui, pour le Hamas, signifierait probablement une occasion de se regrouper, de se rétablir et de frapper à nouveau.

Et que dit précisément le droit international ?

Une exception à la règle en cas " d’actes nuisibles "

En matière de droit international, les hôpitaux ont droit à une protection pendant les conflits. Mais ils peuvent devenir des cibles légitimes sous certaines conditions, notamment s'ils sont utilisés à des fins militaires.

C’est ce que dit aussi l’article 18 de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre : « Les hôpitaux civils organisés pour donner des soins aux blessés, aux malades, aux infirmes et aux femmes en couches ne pourront, en aucune circonstance, être l’objet d’attaques ; ils seront, en tout temps, respectés et protégés par les parties au conflit. »

Mais, dans l’article suivant, une exception à cette règle est précisée. " La protection due aux hôpitaux civils ne pourra cesser que s’il en est fait usage pour commettre, en dehors des devoirs humanitaires, des actes nuisibles à l’ennemi ", détaille la Convention, sans définir ces derniers.

C'est sur cette base que les troupes israéliennes ont frappé des cibles près des hôpitaux de Gaza, voire des cibles situées à l'intérieur de ceux-ci, et sont entrées dans des bâtiments médicaux.

En se retirant de l’hôpital mercredi, les soldats israéliens ont laissé derrière eux des médicaments, de la nourriture pour nourrissons et des bouteilles d'eau.

La présence d’armes, si elle est avérée, pourrait rentrer dans la liste des " actes nuisibles " et remettre en question la protection de l’hôpital, selon un article du Comité international de la Croix-Rouge, publié le 6 novembre dernier. 

" Lorsqu’ils (les hôpitaux) sont utilisés pour interférer directement ou indirectement dans les opérations militaires et, de ce fait, nuire à l’ennemi, la raison d’être de cette protection disparaît. 

C’est notamment le cas lorsqu’un hôpital est utilisé comme base de lancement d’une attaque, poste d’observation servant à transmettre des informations d’intérêt militaire, dépôt d’armes, centre de liaison avec des troupes armées, ou encore pour abriter des combattants valides ", souligne l’institution d’aide humanitaire.

Contrairement au Hamas, qui ne prétend pas respecter les conventions internationales, il incombe à Israël de prouver qu'il ne viole pas le droit humanitaire international.  




Garett Skyport pour DayNewsWorld

OPERATION TERRESTRE D'ISRAEL 

DETRUIRE LES TUNNELS DU HAMAS

L'opération militaire de l'armée israélienne dans la bande de Gaza a officiellement commencé. 

L'armée israélienne annonce, mardi 31 octobre dans un communiqué, la mort de deux de ses soldats dans des combats dans le nord de la bande de Gaza. Alors qu'elle progresse dans l'enclave palestinienne, elle avait fait état un peu plus tôt dans la journée de "combats féroces" avec le Hamas. De son côté, le mouvement islamiste palestinien avait affirmé que ses combattants avaient "anéanti" une force israélienne en lui tendant une embuscade dans un bâtiment, dans le nord du territoire

Des convois de véhicules blindés de l'armée israélienne (Tsahal) ont été repérés lundi sur l'une des principales routes de la bande de Gaza, convergent vers le centre de la ville de Gaza. Cette opération terrestre a pour objectif principal de cibler le complexe réseau de tunnels souterrains du Hamas, qui représente une véritable ville sous la ville, un labyrinthe de galeries pratiquement impénétrables.

L'infiltration de ces tunnels souterrains reste le défi majeur pour les forces armées israéliennes. Israël cherche à éviter que ce vaste réseau souterrain, utilisé par les combattants du Hamas, ne devienne un piège pour ses soldats. Pour analyser ce dédale souterrain, qui pourrait également abriter les otages enlevés lors de l'attaque terroriste du 7 octobre, Israël mise sur les nombreuses technologies de surveillance développées au fil des années.

Le cyberespionnage contre les cibles du Hamas

Le cyberespionnage contre les cibles du Hamas est l'une des approches employées. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a publié le 27 octobre sur son compte X (anciennement Twitter) unereprésentation en 3D des tunnels situés sous l'hôpital Shifa à Gaza, bien que leur existence ne puisse pas être confirmée.

Les forces israéliennes ont la capacité de déployer des technologies de cyberespionnage contre les cibles du Hamas et leurs proches. L'un des logiciels espions les plus puissants, Pegasus, a été développé par la société israélienne NSO Group, et il permet d'infecter un téléphone simplement en envoyant un SMS. La traçabilité des smartphones fournit des informations précieuses sur les déplacements et les éventuelles cachettes des combattants. Les attaquants peuvent également intercepter les communications, notamment en ciblant les proches, pour obtenir des informations sensibles. Bien qu'il n'existe pas d'outils concrets pour modéliser avec précision les tunnels depuis les airs, il est possible de surveiller l'activité et de repérer les points d'entrée et de sortie.

Tsahal dispose également d'une flotte d'avions espions, y compris des modèles récents tels que l'Oron, testé en août dernier et vanté comme un "bijou du renseignement". Trois avions Gulfstream G550 parcourent le ciel pour collecter et analyser les signaux électromagnétiques. Tous ces appareils sont utilisés pour intercepter des communications, recueillir des images en temps réel et suivre les déplacements.

Du côté des satellites, Israël possède plusieurs engins de surveillance. Une petite constellation de TecSAR, des satellites de reconnaissance radar, permet d'analyser les changements et les activités au sol, signalant à l'armée tout signe d'une nouvelle construction, par exemple. Il est également possible de comparer des images et des données pour détecter des modifications dans les infrastructures.

L'influence de l’Iran

La construction de ce réseau de tunnels souterrains sophistiqués par le Hamas a été un projet de longue haleine, s'étendant sur deux décennies. Dans le tunnel construit en étoile, tout sens de direction est aboli . Est-ce que l'on part en direction de Gaza ? Est-ce en direction de l’Égypte ? On perd tout point de repère. Ces tunnels ne sont pas construits de façon linéaire, ils sont en zigzag. Ils sont sur plusieurs niveaux. Avec des artères, des chambres, des salles,des portes, de l’électricité. C’est une vraie base militaire. C’est une base militaire sous une population civile.

Ils permettent au Hamas d’opérer loin des yeux technologiques de l’État d’Israël et de l’armée israélienne qui est pourtant une des armées les plus performantes du monde.

La possibilité d'une influence extérieure, notamment de l'Iran, est envisagée. Bien que cela ne puisse pas être confirmé pour le moment, il existe des similitudes avec d'autres pays comme la Corée du Nord ou l'Iran, où des tunnels plus larges pourraient permettre le passage de motos ou même de camions. Il est également envisageable que certains endroits servent à la fabrication et au stockage d'armes. 

Du point de vue stratégique, un tunnel peut servir à diverses fins, notamment pour des attaques, des embuscades, des enlèvements de civils ou de soldats, ou même pour le trafic. Tous les tunnels ne sont pas identiques, ce qui signifie que leur détection et leur élimination peuvent varier.

L'opération actuelle un défi considérable

L'opération actuelle représente un défi considérable sur le plan opérationnel. Les forces israéliennes doivent naviguer dans un environnement urbain dense avec des civils présents malgré les évacuations demandées. La guerre souterraine elle-même est complexe, et la lutte contre les tunnels souterrains a toujours été un défi majeur pour les armées. Enfin s' ajoute à la situation une dimension humaine délicate, avec comme prioritésla protection des otages, des civils innocents à Gaza, et la sécurité des militaires engagés dans ces opérations.

"Pour Israël, c’est une guerre existentielle. À ce stade, il n’est pas question de perdre la guerre, il n’est pas question d’un cessez-le-feu non plus parce que c’est une question de droit à la légitime défense."




Alize Marion pour DayNewsWorld

GUERRE HAMAS-ISRAEL

LE ROLE DU QATAR DANS LA LIBERATION 

D' OTAGES  DU HAMAS

Deux toutes premières libérations d’otages qui font figure de "lueur d'espoir". C’est ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge a salué, vendredi 20 octobre, l’arrivée de Judith Raanan, 59 ans, et sa fille de 17 ans, Natalie Raanan, jusqu'alors détenues par le Hamas.

Les deux citoyennes américaines originaires de la région de Chicago se trouvaient en visite chez des proches au kibboutz de Nahal Oz lorsque, le 7 octobre, au cours de l'attaque du Hamas contre Israël, elles ont été enlevées. Cet incident marque la toute première libération d'otages retenues par le mouvement islamiste palestinien depuis le début du conflit.
Les deux femmes remises à la Croix-Rouge

La libération des deux femmes, Judith et Natalie Raanan, a été effectuée à la frontière entre Gaza et Israël, où elles ont été remises au personnel du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), comme en atteste une vidéo diffusée par le Hamas au moment de leur libération le vendredi soir. Dans un communiqué, le CICR exprime son soulagement, déclarant que ces deux semaines d'angoisse ont pris fin. Les forces spéciales israéliennes et le coordinateur des otages et des personnes disparues en Israël les ont également accueillies.

Par la suite, les deux femmes ont été transférées vers le centre d'Israël, où des membres de leur famille les attendaient sur une base militaire israélienne. Le frère de Judith a confirmé que les deux femmes sont en bonne santé et pourraient retourner aux États-Unis dans les prochains jours. Le président américain, Joe Biden, s'est dit extrêmement heureux qu'elles soient bientôt réunies avec leurs familles, après avoir eu l'occasion de s'entretenir avec elles.

Trois jours après la libération d'une Américaine et de sa fille, Judith et Natalie Raanan, toutes les deux otages du Hamas, ce sont deux femmes israéliennes, originaires du kibboutz Nir Oz, proche de la bande de Gaza, qui ont été relâchées, lundi 23 octobre. Quelques heures après leur libération, le bureau du Premier ministre israélien a donné leur identité. Il s'agit de Yocheved Lifschitz, 85 ans, et Nourit Kuper, âgée de 79 ans.

Les deux femmes avaient été prises en otage avec leurs maris, mais tous les deux sont toujours retenus dans la bande de Gaza. Selon le porte-parole de la branche militaire du Hamas, Abou Obeida, ces femmes ont été libérées "pour des raisons humanitaires pressantes", grâce à une médiation du Qatar et de l'Égypte. Après avoir été transporté dans un hélicoptère militaire, les deux ex-otages sont arrivées au centre médical Sourasky de Tel-Aviv, l'une sur une civière et l'autre en fauteuil roulant.

Environ 220 otages sont toujours retenus par le Hamas dans la bande de Gaza, dont dix sont de nationalité américaine. Selon l'armée israélienne, la majorité d'entre eux sont toujours en vie.

La médiation du Qatar

La médiation du Qatar a joué un rôle déterminant dans cette libération, après plusieurs jours de négociations intenses. Le porte-parole militaire du Hamas a affirmé dans un communiqué que les otages avaient été libérées "pour des raisons humanitaires" grâce à la médiation du Qatar. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a également salué l'importante contribution du Qatar à cette libération, tandis que le président français, Emmanuel Macron, a souligné le rôle crucial du Qatar dans cette affaire.

À Doha, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qatari, Majid Al-Ansari, a salué le travail de son gouvernement et a exprimé l'espoir que ces efforts mèneront à la libération de tous les otages civils de toutes les nationalités.

En outre, le porte-parole militaire du Hamas a déclaré que la libération des deux otages avait pour objectif de démontrer au peuple américain et au monde entier que les accusations portées par l'administration de Joe Biden contre le Hamas étaient infondées, une déclaration qui n'a pas été bien reçue par Israël.

"Le Hamas prétend à la face du monde avoir relâché ces femmes qu'il avait prises en otage pour des raisons humanitaires, alors qu'il s'agit d'une organisation terroriste meurtrière qui retient actuellement en otage des nourrissons, des enfants, des femmes et des personnes âgées", a rétorqué Daniel Hagari, le porte-parole de l'armée israélienne.

L'implication du Qatar dans cette libération met en lumière le rôle complexe et influent de ce pays au Proche-Orient, en particulier dans le contexte du conflit israélo-palestinien.

La diplomatie du Qatar

Le Qatar, malgré sa petite taille, joue un rôle central dans les récentes manœuvres diplomatiques au Moyen-Orient. Bien que sa superficie soit à peine comparable à celle de l'île de France, son influence dépasse largement ses frontières.

La toile diplomatique tissée par le Qatar au cours des trente dernières années est impressionnante. Celle-ci repose sur des piliers tels que les réserves d'hydrocarbures et une vision audacieuse de la diplomatie. En France, la marque de cette toile est notamment incarnée par la présence du président du PSG, un exemple de diplomatie sportive qui a culminé avec l'organisation de la dernière Coupe du Monde, un événement coûteux mais prestigieux. 

Le Qatar bénéficie également d'une manne gazière considérable, renforçant son influence, particulièrement dans un contexte de crise des approvisionnements énergétiques suite aux sanctions contre la Russie. Avec un club de football ambitieux, une industrie gazière prospère et la chaîne d'information Al Jazeera, dominante sur le marché arabophone, le Qatar est devenu un acteur incontournable.

Derrière la façade de ces éléments, des réseaux condamnables sont entretenus. Le Qatar cultive des relations solides avec des acteurs régionaux tels que l'Iran et le Hamas. Doha, la capitale qatarie, accueille des responsables du parti islamiste qui gouverne la Bande de Gaza. Ces éléments ne passent pas inaperçus pour les pays en quête de solutions à la crise en cours au Proche-Orient.

Méfiance à l'égard du Qatar ?

L'émirat a su démontrer son habileté en agissant en tant que médiateur dans des dossiers sensibles. Pendant le conflit majeur entre Israël et les factions gazaouies en 2014, il a joué ce rôle de médiateur.

Israël est bien conscient des liens étroits entre le Qatar et le Hamas, dont l'émirat assure la survie financière depuis des années, notamment par des millions de dollars d'aide. Des déclarations publiques ne laissent guère de doutes sur le parti que le Qatar semble avoir choisi. 

Par exemple, quelques heures après les attentats du Hamas, Doha a publiquement tenu Israël pour seul responsable de l'escalade. Cependant, malgré ces déclarations, le Qatar abrite la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient. Et "le Qatar est le sponsor historique du Hamas à la demande du gouvernement d'Israël et des Etats-Unis",a déclaré le professeur de criminologie Alain Bauer sur Cnews

Cette dualité en fait un acteur au positionnement ambigu, capable de jongler avec ses intérêts.

Alors qu'un cessez-le-feu est actuellement hors d'atteinte, le premier domaine dans lequel le Qatar pouvait exercer son influence est bien celui des quelque 220 otages toujours aux mains des terroristes du Hamas . Et pour l'instant avec succès...




Garett Skyport pour DayNewsWorld

UKRAINE ISRAEL CES DEUX CONFLITS MAJEURS 

QUI REBATTENT LES CARTES GEOPOLITIQUES

Le 17 octobre 2023, le président russe Vladimir Poutine a effectué une visite à Pékin où il a rencontré son homologue chinois, Xi Jinping, surnommé son "meilleur ami." Le lendemain, le 18 octobre, le président américain Joe Biden a brièvement fait escale en Israël pour apaiser les tensions extrêmes résultant de l'attaque terroriste perpétrée par le Hamas. Cette séquence temporelle particulière a suscité des spéculations quant à une possible ouverture d'un troisième front militaire pour les États-Unis, situation dont la Chine et la Russie pourraient tirer avantage.

Lors de son arrivée à Pékin le soir du 17 octobre, Vladimir Poutine était officiellement présent pour participer au forum annuel sur les Nouvelles Routes de la Soie (Belt and Road Initiative, BRI). Cependant, il ne fait guère de doute que, par-delà ses déclarations publiques sur ce projet d'envergure, les discussions entre le président russe et son "ami" chinois ont principalement porté sur la situation internationale exceptionnelle engendrée par la récente escalade de violence au Moyen-Orient.

Ouverture d' un troisième front après l' Ukraine et l’Asie de l’Est

L'embrasement soudain de cette région, consécutif aux actes terroristes du Hamas contre Israël le 7 octobre dernier et aux représailles de l'État hébreu, a créé une zone d'instabilité inédite. Cette nouvelle instabilité a ouvert une opportunité inattendue pour la Chine et la Russie. Elle nécessite en effet une implication des forces armées américaines sur un troisième front, en plus des fronts existants en Ukraine et en Asie de l'Est.

De son côté, le président américain Joe Biden s'est rendu en Israël le 18 octobre pour réaffirmer le soutien des États-Unis. Il a également obtenu l'autorisation du gouvernement israélien pour acheminer de l'aide humanitaire à Gaza avant toute intervention militaire majeure dans cette enclave, où vivent environ deux millions de Palestiniens. Cette intervention a pour objectif de détruire les infrastructures du Hamas.

Le président américain a rappelé à Benjamin Netanyahu que le monde était attentif à la situation. Il a exhorté Israël à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils à Gaza de toute conséquence de l'assaut imminent de l'armée israélienne .« Le monde regarde, a rappelé Joe Biden à Benjamin Netanyahu. Israël a les mêmes valeurs que les États-Unis et les autres démocraties et ils observent ce que nous allons faire. » En réponse, le Premier ministre israélien a promis : « Israël fera tout ce qu’il peut pour faire en sorte que les civils ne soient pas touchés. » 

Mercredi, Israël a annoncé qu'il autoriserait l'entrée d'aide humanitaire (eau, nourriture et médicaments) dans la bande de Gaza depuis la frontière égyptienne, une décision qu'il avait refusée jusqu'alors. Cependant, ce geste d'Israël risque de ne pas suffire à apaiser les tensions régionales, d'autant plus que le pays a massé un important contingent de soldats et de réservistes, ainsi qu'un impressionnant arsenal militaire aux abords de Gaza, en préparation à une éventuelle invasion.

L'annonce par le Hamas du bombardement d'un hôpital attribué à Tsahal, qui aurait entraîné la mort de centaines de Palestiniens, a d'ailleurs aussitôt déclenché une vague de colère dans le monde arabo-musulman. Rapidement, le gouvernement israélien a réfuté toute implication dans ce bombardement. Il a été établi par la suite, grâce aux services de renseignements israéliens et américains, que cette catastrophe était probablement due à un tir raté d'une roquette par le Jihad Islamique, allié du Hamas. Il faudra du temps pour que la région retrouve la stabilité.

Une fenêtre inespérée pour Moscou et Pékin ? 

Cette situation a suscité des inquiétudes à Washington quant aux conséquences à moyen et long terme de ces événements tragiques, dans une région qui est déjà une véritable poudrière. L'engagement militaire des États-Unis est déjà fortement sollicité par leur soutien à l'Ukraine pour repousser l'invasion russe depuis février 2022 et leur présence dans la région de l'Asie de l'Est, où les tensions avec la Chine n'ont jamais été aussi vives, notamment autour de Taïwan.
L'ouverture d'un troisième front au Moyen-Orient constituerait un sérieux défi pour les États-Unis, et cette situation pourrait représenter une opportunité pour la Chine et la Russie, qui pourraient être tentées d'étendre leur influence militaire sur ces deux territoires.

Pour l’Amérique cela risque de devenir un casse-tête majeur si le conflit entre Israël et le Hamas devait s’étendre aux pays voisins, en particulier l’Iran surarmé mais aussi le Liban et la Syrie. Ce conflit va d’autre part enterrer pour longtemps la perspective de la reconnaissance d’Israël que s’apprêtait à entériner l’Arabie Saoudite sous l’égide des Etats-Unis. 

C’est d’ailleurs cette perspective qui a vraisemblablement conduit l’Iran à jouer un rôle déterminant dans la préparation des attaques du Hamas en Israël, estiment nombre d’analystes. Cette reconnaissance croisée entre Jérusalem et Riyad aurait en outre constitué un succès majeur pour les Etats-Unis au Proche-Orient où la Chine a marqué des points diplomatiques incontestables depuis le début de cette année.

Position anti-occidentale de la Chine et de la Russie...

L'évolution de la position chinoise depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre est manifeste. Initialement réticente à qualifier cette attaque de "terroriste" et optant pour une prudence diplomatique, la Chine a récemment basculé en faveur des Palestiniens. Cette modification de position a été accompagnée d'une communication publique en direction de l'Iran, qui à son tour a averti Israël d'une possible "attaque préventive" en cas d'intervention militaire de Tsahal à Gaza.

Pendant ce temps, les États-Unis ont mobilisé deux porte-avions et déployé environ 15 000 Marines au large des côtes israéliennes et iraniennes, tout en avertissant ces deux pays de ne pas s'impliquer directement dans le conflit en cours. Il est de notoriété publique que la Chine entretient depuis de nombreuses années des liens étroits, dont certains demeurent confidentiels, avec Téhéran, ainsi qu'avec le Hamas.

Le week-end dernier, la Chine a haussé le ton face à la réponse israélienne aux attaques du Hamas. Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé que les bombardements sur Gaza "dépassent le cadre de la légitime défense" et a insisté sur la nécessité pour Israël de mettre fin à ce qu'il a qualifié de "punition collective infligée au peuple de Gaza."
Le 13 octobre, le président russe Vladimir Poutine est allé encore plus loin en faisant une analogie choquante. Selon Poutine, si le siège de Gaza, imposé par Israël, devait s'intensifier, il pourrait évoquer les souvenirs du siège de Stalingrad par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette comparaison historique a profondément offensé les Israéliens.

Quid de la relation sino-américaine ?

Parallèlement à cette crise en Israël, la relation sino-américaine, déjà tendue, continue de se détériorer, alors que deux échéances cruciales approchent : l'élection présidentielle à Taïwan en janvier 2023 et les élections présidentielles américaines en novembre 2024. 

Xi Jinping a renoué le dialogue avec Washington ces derniers mois, mais des obstacles persistent, notamment liés à des enjeux cruciaux pour la Chine, comme Taïwan, la démocratie, les droits de l'homme et le développement économique. La grande question est la participation ou non de Xi Jinping à la prochaine édition de l’APEC : le Forum de Coopération économique Asie-Pacifique aura lieu du 11 au 17 novembre à San Francisco. Si le président chinois acceptait de venir, ce pourrait être le théâtre d’un sommet bilatéral avec Joe Biden .

La crise en Israël a souligné une tendance plus large : l'éloignement de la Chine et de la Russie de l'Occident au profit d'alliances avec des régimes autoritaires comme l'Iran, l'Afghanistan et la Corée du Nord. La Chine s'efforce également de renforcer ses liens avec les pays du Sud Global, cherchant à capitaliser sur une hostilité commune envers l'Occident, dans l'espoir de prendre la direction de ce groupe pour faire face à l'Amérique et à ses alliés. 

Pour reprendre une formule de la chercheuse Alexandra Novosseloff , " Ce sont ces puissances qui règlent le métronome de l’évolution de ces conflits par leur entente ou, le plus souvent, leur division, voire leur confrontation. L’une des caractéristiques majeures des conflits gelés est qu’ils sont à la fois des conflits internes et des conflits interétatiques. "




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LES CONVOIS D'AIDE HUMANITAIRE 

VONT ENTRER DANS GAZA

L'aide humanitaire tant attendue par les habitants de la bande de Gaza peut finalement transiter par le passage de Rafah depuis l'Égypte. Un média égyptien a rapporté jeudi que les premiers convois d'aide humanitaire bloqués à la frontière égyptienne pourront entrer dans la bande de Gaza à partir de vendredi. Cet accord résulte d'une entente entre les autorités égyptiennes et israéliennes.

L'aide humanitaire, incluant des approvisionnements essentiels tels que du carburant pour les hôpitaux, devrait être acheminée "quotidiennement" vers Gaza pour répondre aux besoins pressants de sa population. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a vivement plaidé en faveur de cet apport humanitaire, soulignant que les 20 camions prévus initialement sont loin de suffire.

Des dizaines de camions remplis d'aide internationale sont en attente en Égypte depuis plusieurs jours, attendant l'opportunité de rallier Gaza. Cependant, il est impératif que cette aide soit substantielle, de l'ordre de 100 camions par jour, et qu'elle soit sécurisée, selon les déclarations de Martin Griffiths, le chef des situations humanitaires d'urgence des Nations unies.
L'eau et la nourriture manquent pour les 2,4 millions d'habitants de Gaza, privés aussi d'électricité, après le siège imposé par Israël depuis le 9 octobre à l'enclave, déjà soumise à un blocus terrestre, maritime et aérien depuis 2007.

La Russie a annoncé jeudi 20 octobre 2023 qu'elle livrera prochainement 27 tonnes d'aide humanitaire, remises aux représentants du Croissant-Rouge égyptien, pour les civils de la bande de Gaza.

"Un avion spécial (...) s'est envolé de l'aérodrome de Ramenskoïe, près de Moscou, vers l'aéroport d'El-Arich, en Égypte. L'aide humanitaire russe sera remise aux représentants du Croissant-Rouge égyptien pour être envoyée dans la bande de Gaza", a déclaré le vice-ministre Ilia Denissov cité dans un communiqué, sans toutefois préciser quand cet avion a décollé. "La population recevra de la farine, du sucre, du riz (et) des pâtes", a-t-il ajouté.

La Russie n'a pas précisé quand son aide devrait être livrée aux civils dans la bande de Gaza.

Mercredi, les présidents américain et égyptien ont annoncé que le passage de l'aide humanitaire depuis l'Égypte vers Gaza serait possible. De nombreuses cargaisons d'aide attendent depuis des jours de l'autre côté de la frontière.

Joe Biden en Israël mercredi

Cette annonce intervient après la visite de Joe Biden en Israël, où il a réaffirmé son soutien à son allié. Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a pris le relis le relais jeudi dans la région, en Israël et dans plusieurs autres capitales, pour appeler à éviter une escalade de la guerre. Pendant ce temps, à Pékin, le président chinois Xi Jinping a exprimé son désir de coopérer avec l'Égypte pour apporter davantage de stabilité à la région et au monde.

La route impraticable en raison des bombardements

Joe Biden, qui est également venu dans la région pour garantir l'accès de l'aide internationale à Gaza, a affirmé avoir obtenu l'accord du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour laisser passer jusqu'à 20 camions par le passage de Rafah, le seul qui ne soit pas contrôlé par Israël. Cependant, il est probable que cette aide n'arrive pas avant vendredi en raison de travaux à effectuer sur la route, endommagée par les bombardements israéliens.

Par la suite, le porte-parole de la présidence égyptienne a confirmé qu'Abdel Fattah al-Sissi et Joe Biden, après leur entretien téléphonique de mercredi soir, étaient tombés d'accord pour acheminer de manière durable l'aide humanitaire vers la bande de Gaza via le terminal de Rafah.

Israël a donné son accord pour le passage de l'aide, mais a posé une condition. Cette assistance ne transitera pas par son territoire tant que les otages détenus par le Hamas ne seront pas libérés. Le mouvement palestinien revendique la détention d'entre 200 et 250 otages, tandis qu'Israël affirme qu'au moins 199 d'entre eux sont retenus.

Mercredi, les États-Unis ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui appelait à une "pause humanitaire". Washington reproche à ce texte de ne pas mentionner le "droit d'Israël à se défendre".




Boby Dean pour DayNewsWorld

FACE A L'HORREUR ISRAEL EXPOSE LES DEPOUILLES DES VICTIMES DU HAMAS

"Nous avons décidé d’exposer cette horreur parce qu’il y a des gens qui nous accusent de mentir et de montrer des ossements de chiens", a notamment affirmé, le docteur Hen Kugel, directeur de l’institut médico-légal de Tel-Aviv.

Le bilan de l’attaque barbare du Hamas sur le sud du pays la semaine dernière est insoutenable: plus de 1300 morts dans des conditions atroces, 3526 blessés dont certains très gravement, 400 personnes portées disparues.

D’après les estimations de Tsahal, entre 150 et 200 personnes sont retenues en otage à Gaza.

"…jamais vu ce degré de barbarie"

À l'Institut médico-légal de Tel-Aviv, l'horreur est indescriptible. Les dépouilles des victimes israéliennes, assassinées par le Hamas le 7 octobre, y sont rassemblées en vue de leur identification. Parmi elles, des corps brûlés, mutilés et en état avancé de décomposition, une scène macabre à laquelle les médecins légistes, vêtus de combinaisons vertes, s'attellent comme à un puzzle morbide, tentant de reconstituer ces restes humains autant que possible. Les cadavres reposent avant examen sur des civières à roulettes, soigneusement enveloppés dans d'épais sacs en plastique noir.

Certains de ces sacs sont de petite taille, correspondant à celle d'un enfant. Chaque corps est minutieusement numéroté et provient de diverses localités, acheminés par des volontaires, principalement des juifs orthodoxes. Conformément à la tradition juive, un corps ne peut être inhumé que s'il est complet, dans la mesure du possible.

"Nous avons choisi de montrer cette horreur, car certains nous accusent de mensonge, prétendant que nous montrons des ossements de chiens", a confessé le directeur de l'Institut, le docteur Hen Kugel, submergé par l'émotion, selon des rapports des médias français comme Le Point. "C'est ma 31e année dans cette profession. Je n'ai jamais été confronté à un tel degré de barbarie, une telle cruauté, un tel acharnement. C'est tout simplement
abominable", a-t-il ajouté en larmes.

Des milliers de victimes

Les autorités israéliennes ont enregistré plus de 1 400 décès depuis l'attaque du 7 octobre 2023, perpétrée par des centaines de membres du Hamas provenant de la bande de Gaza, qui ont tenté de s'infiltrer dans des localités et des kibboutz adjacents au territoire palestinien. Simultanément, Israël a mené des frappes sur Gaza, où les autorités locales ont signalé environ 2 750 décès.

Pour l'identification des corps, en plus des sept médecins légistes de l'Institut de Tel-Aviv, un anthropologue, un radiologue et huit généticiens sont impliqués, avec le soutien d'une trentaine de volontaires.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

COMMENT LES SERVICES DE RENSEIGNEMENTS ISRAELIENS ONT-ILS PU RATER 

LES PREPARATIFS DU HAMAS ?

Israël dispose de moyens très perfectionnés en matière de renseignement, qu’il s’agisse de collecter des informations sur les menaces à l’intérieur du pays ou à l’extérieur de celui-ci, avec des services secrets haut de gamme.

Pourtant lorsque le soleil se coucha sur la ville d'Israël, ses rues baignèrent dans un silence inquiétant. Une ombre obscure planait sur le pays, laissant une question lancinante au cœur de chaque Israélien : comment un tel cauchemar avait-il pu se produire ?

Israël était connu pour sa supériorité en matière de renseignement, que ce soit pour surveiller les menaces intérieures ou extérieures. 

Cependant, le 7 octobre 2023, cette réputation fut ébranlée de manière spectaculaire par une attaque sans précédent du Hamas. Vingt villes israéliennes et plusieurs bases militaires se retrouvèrent sous le feu nourri de cette offensive surprise. 

L'ampleur de la catastrophe laissait médusés même les experts les plus aguerris.

L'incompréhension générale résonnait à l'unisson avec la colère et la peur qui envahissaient le pays. 

Comment Israël avait-il pu être pris au dépourvu ? 

Pourquoi n'avait-on pas pu anticiper cette menace imminente ?

Le 10 octobre 2023, le New York Times publia un article rapportant que les services de renseignement israéliens avaient en réalité détecté des signaux inquiétants au sein des réseaux du Hamas avant l'attaque. 

Cependant, cette information, bien que repérée, ne fut pas correctement interprétée, ni prise au sérieux. Une erreur qui rappelait douloureusement les lacunes du renseignement américain avant les attentats du 11 septembre 2001.

Le spécialiste du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, Javed Ali, qui avait travaillé de nombreuses années au sein des services de renseignement américains, se trouvait au cœur de la tempête intellectuelle qui sévissait alors.

"Analyser le renseignement revient à assembler chaque jour un casse-tête de mille pièces à partir de données isolées afin de formuler des jugements permettant aux décideurs politiques de prendre des décisions éclairées", déclara Javed Ali. Cette tâche herculéenne, bien que difficile, constituait l'épine dorsale de la sécurité nationale.

Nous nous sommes entretenus avec Javed Ali pour tenter de comprendre les rouages des services de renseignement israéliens et les éventuelles failles qui avaient permis cette incursion dévastatrice du Hamas.

1. Les mystères de l'attaque

Les répercussions des attentats du 7 octobre 2023 étaient dévastatrices, mais la question primordiale était de comprendre comment une opération d'une telle envergure avait pu rester hors du radar des services de renseignement israéliens. Selon Ali, l'ampleur de l'attaque laissait présager une planification minutieuse, nécessitant un effort considérable pour dissimuler le complot.

"Ce ne sont pas des opérations que l'on organise du jour au lendemain. Une telle attaque requiert une logistique complexe, une coordination précise et une planification délibérée", expliqua Ali. En outre, la portée géographique de l'attaque suscitait des interrogations quant à une possible implication de l'Iran, bien que certains responsables américains aient nié détenir des preuves tangibles à ce sujet.

Le Hamas était littéralement aux portes d'Israël, ce qui poussait à s'interroger sur la capacité du pays à comprendre les événements se déroulant en Iran, situé à près de 2 000 kilomètres de là. Cette proximité géographique laissait une empreinte mystérieuse sur le déroulement des événements.

Les responsables israéliens avaient tenté d'expliquer leur incapacité à anticiper l'attaque en invoquant l'efficacité de leurs récentes opérations antiterroristes. Ils pensaient que ces actions avaient découragé le Hamas, minimisant sa capacité à mener une offensive d'une telle envergure. Cependant, cette explication ne dissipait pas entièrement le brouillard entourant les circonstances de l'attaque.

2. Les Artisans de l'ombre

Israël, comme les États-Unis, pouvait se targuer de posséder l'un des services de renseignement les plus performants et sophistiqués au monde. La structure et le fonctionnement de ces services étaient similaires à bien des égards à ceux de l'Oncle Sam.

Le Shin Bet, l'équivalent israélien du FBI, avait pour mission la surveillance des menaces intérieures. En revanche, le Mossad, souvent comparé à la CIA américaine, était chargé de la sécurité extérieure. L'État hébreu disposait également d'une agence de renseignement militaire à la manière de la DIA américaine, ainsi que d'autres organismes de renseignement militaire spécialisés dans divers aspects de la sécurité.

Comme la plupart des nations occidentales, Israël tirait profit d'une multitude de sources de renseignements. Parmi celles-ci, le renseignement humain, plus communément appelé espionnage, constituait un pilier essentiel. Il s'agissait d'agents travaillant en coulisses pour obtenir des informations sensibles.

Le renseignement d'origine électromagnétique, qui englobait diverses formes de communications électroniques telles que les appels téléphoniques, les courriels et les messages texte, fournissait également une source cruciale d'informations. Les renseignements par imagerie, tels que les photos satellites des camps d'entraînement et des équipements, complétaient cette panoplie de sources.

Un quatrième type de renseignement était constitué des informations de source ouverte, c'est-à-dire des données accessibles à tous, comme les forums de discussion sur Internet. Avec l'explosion d'Internet et des médias sociaux, ces informations devenaient de plus en plus abondantes, ce qui rendait le travail des analystes encore plus complexe.

3. La Dissemblance entre les deux Géants du Renseignement

Cependant, une différence cruciale séparait les services de renseignement israéliens de leurs homologues américains. Contrairement aux États-Unis, Israël ne disposait pas d'un coordinateur national du renseignement, une autorité centrale chargée de superviser l'ensemble des agences de renseignement.

Aux États-Unis, le directeur du renseignement national dirigeait le Bureau du directeur du renseignement national (ODNI), créé en 2004. Ce système avait été mis en place suite aux recommandations de la Commission sur les attaques du 11 septembre, qui avait relevé les failles du système américain de renseignement, fragmenté entre différentes agences et bureaux.

Le Bureau du directeur du renseignement national était conçu pour résoudre les problèmes complexes qui dépassaient les compétences de chaque agence individuelle, ou lorsqu'il existait des divergences d'analyse. "J'ai travaillé plusieurs années au sein du Bureau du directeur du renseignement national. À un moment donné, j'étais en poste sous la direction directe du directeur du renseignement national", révéla Ali.

En Israël, une telle entité centrale faisait défaut. Cette lacune dans l'architecture de renseignement du pays soulevait des questions quant à sa capacité à anticiper et contrer des menaces complexes.

4. L'Amérique et Israël : Un Partenariat en Renseignement

Les États-Unis et Israël entretenaient des liens étroits en matière de renseignement. Leur partenariat était bilatéral, c'est-à-dire qu'il ne concernait que ces deux nations, sans impliquer d'autres pays.

Les États-Unis possédaient également une alliance plus large en matière de renseignement connue sous le nom de "Groupe des cinq", ou Five Eyes, qui incluait la Grande-Bretagne, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Cependant, dans ces relations bilatérales solides, lorsqu'une partie détenait des informations sur des menaces concernant l'autre, elle était tenue de les transmettre automatiquement.

Néanmoins, il semblait que les États-Unis étaient en train de réorienter leurs priorités en matière de renseignement vers d'autres régions du monde, telles que l'Ukraine, la Russie et la Chine. Cette réorientation pouvait expliquer pourquoi ils n'avaient peut-être pas obtenu des informations pertinentes sur le complot du Hamas, et n'avaient ainsi pas pu les transmettre à Israël pour l'avertir.

À mesure que le soleil se levait sur un Israël en deuil, les questions persistaient, laissant un pays en quête de réponses, de justice et de sécurité. L'attaque du Hamas en 2023 avait révélé les failles d'un système de renseignement apparemment infaillible, mettant en lumière l'importance cruciale de l'analyse minutieuse, de la coopération internationale et de l'adaptation constante pour faire face à des menaces aussi insaisissables que celles qui venaient de se produire.


Alize Marion pour DayNewsWorld

GUERRE ISRAEL-HAMAS " DETRUIRE LE HAMAS "

Cinq jours après l'attaque la plus meurtrière de l'histoire d'Israël, l'escalade de la tension entre Tel-Aviv et le Hamas persiste. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré sa volonté de « détruire » le mouvement palestinien, accentuant les frappes sur Gaza, qui demeure sous siège et d'où ont été lancées plusieurs salves de roquettes vers le sud d'Israël.

"Détruire » le Hamas"

Concernant les pertes humaines, le bilan actuel est de 1200 décès de part et d'autre, avec des perspectives d'alourdissement alors que les opérations de récupération et d'identification des corps se poursuivent. De nombreuses personnes sont encore portées disparues, d'après les informations fournies par l'armée.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, récemment à la tête d'un gouvernement d'urgence formé avec son rival Benny Gantz, a affirmé que son pays était désormais « en mode offensif ». Il a averti que « tout membre du Hamas est un homme mort » et a comparé le Hamas à Daech, promettant de les écraser et de les détruire, tout comme Daech a été détruit par le monde. Ces déclarations marquent la première expression claire de l'intention d'Israël de « détruire » le Hamas.

Les récits des atrocités perpétrées par les combattants palestiniens en Israël ont profondément ému Benjamin Netanyahu. 

Il a décrit des actes d'une cruauté insoutenable, soulignant la barbarie de leurs actions. 

« Nous avons vu des petits enfants ligotés à qui on tire une balle dans la tête, des gens qu’on brûle vifs, des jeunes filles violées et massacrées, des soldats décapités (...). Dans un endroit, ils ont mis des gens ensemble, ont amené des pneus et de l’essence et les ont brûlés vifs », a-t-il affirmé.Israël a mobilisé 300 000 réservistes et déployé des dizaines de milliers de soldats aux abords de la bande de Gaza, laissant craindre une offensive terrestre imminente.

Plus de 1200 morts dans chacun des deux camps

En Israël, les pertes humaines dépassent les 1200, principalement des civils, selon le porte-parole de l'armée israélienne. Des ONG rapportent que plus de 100 personnes ont été tuées dans le seul kibboutz de Beeri, et au moins 270 lors d'une rave party près de Gaza. Le bilan demeure incertain pour le kibboutz de Kfar Aza où des atrocités sur des bébés ont été signalées. Du côté palestinien, le nombre de morts s'élève également à 1200, avec environ 5 600 blessés, selon le dernier bilan des autorités de Gaza.
Plusieurs pays ont commencé à rapatrier leurs ressortissants bloqués en Israël et dans les territoires palestiniens. Israël a admis des enlèvements de civils et de militaires, tandis que de nombreux ressortissants étrangers restent portés disparus.

Dans la bande de Gaza, où vivent 2,3 millions de Palestiniens dans des conditions difficiles, plus de 338 000 personnes ont été déplacées en raison des bombardements. Les approvisionnements en eau, en électricité et en nourriture ont été coupés par Israël, aggravant la situation humanitaire déjà précaire. Des dizaines d'immeubles, usines, mosquées et magasins ont été détruits lors des frappes.

Le Liban et la Cisjordanie frappés par Israël

Mercredi, l’armée israélienne a frappé une nouvelle fois le sud du Liban, en riposte à des tirs de roquettes du Hezbollah, un allié du Hamas. En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, six Palestiniens ont été tués mercredi, quatre dans une attaque de colons israéliens et deux par des soldats, selon l’Autorité palestinienne.Depuis samedi, vingt-neuf Palestiniens ont été tués en Cisjordanie dans les violences liées au conflit entre Israël et le Hamas.

Visite de solidarité de Blinken et aide de l’Allemagne

Sur le plan politique, Netanyahu et Gantz ont annoncé la formation d'un gouvernement d'urgence et d'un cabinet de guerre pendant la durée du conflit.

Cette annonce est intervenue à la veille de l’arrivée jeudi en Israël du secrétaire d’État américain Antony Blinken pour une visite de solidarité, et alors que les États-Unis ont dit être prêts « si nécessaire » à déployer un second porte-avions à des fins de dissuasion.Les premières armes en provenance des Etats-Unis sont arrivées à destination mercredi.

Selon une source officielle turque, le président Recep Tayyip Erdogan a lancé un processus de négociations avec le Hamas en vue d’obtenir la libération des otages après que le mouvement palestinien a menacé de les exécuter.

Les Occidentaux ont apporté leur soutien à Israël, le président russe Vladimir Poutine a appelé à des négociations entre Israéliens et Palestiniens et la Ligue arabe a condamné le siège imposé par Israël à Gaza. L’Allemagne a par ailleurs donné son feu vert à Israël pour utiliser deux drones de combat HeronTP.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

ATTAQUE MEURTRIERE DU HAMAS 

ISRAEL VENGERA CE JOUR NOIR 

PAR UNE GUERRE SANS MERCI

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a endossé dans son discours de lundi 9 octobre 2023 le costume de chef de guerre et montré les muscles, affirmant qu’il allait détruire le Hamas.Frappant du poing avec des mots pleins de fureur, Netanyahu a juré qu’Israël "gagnerait cette guerre", mais a mis en garde contre un coût élevé, faisant allusion à une probable incursion terrestre. 

Le Premier ministre Benjamin s’est engagé à déployer toute la force de l’armée israélienne contre le groupe terroriste palestinien du Hamas de la Bande de Gaza samedi soir, avertissant les Israéliens des jours difficiles qui les attendent.

"Tsahal agira immédiatement pour détruire les capacités du Hamas", a déclaré Netanyahu dans une allocution télévisée, alors que des terroristes étaient toujours retranchés avec des otages dans au moins trois endroits en Israël. 

"Nous allons les paralyser sans pitié et venger ce jour noir qu’ils ont infligé à Israël et à ses citoyens".

"Les habitants de Gaza doivent partir maintenant. Nous serons partout et de toutes nos forces", a-t-il ajouté, alors que des milliers de réservistes se dirigeaient vers les bases militaires en vue d’une contre-offensive largement attendue.

Dans son intervention de lundi, il a détaillé les cinq points de son programme : 

récupérer le contrôle du territoire et "éliminer les terroristes" encore présents en Israël, mener une attaque "massive" contre le Hamas avec "une force inédite", "renforcer les autres fronts, au nord face au Hezbollah" et en Cisjordanie, continuer la campagne pour garantir le soutien de la communauté internationale et enfin " l'unité du peuple" avec la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Les failles côté israélien

Lors de cette guerre, similaire à celle de 1973, le déclenchement brutal a choqué profondément les Israéliens. Les services de renseignement militaires israéliens avaient prévenu le gouvernement que les ennemis percevaient Israël comme vulnérable, mais ils ne s'attendaient pas à une attaque du Hamas à ce moment-là. 

Ils pensaient que le Hamas voulait surtout gouverner Gaza et non déclencher une guerre contre Israël. 

Cependant, le Hamas a soigneusement planifié cette attaque pendant de nombreux mois, ce qui représente le pire échec d'Israël en matière de renseignement depuis 1973.

Les failles côté israélien se sont manifestées à deux niveaux, notamment dans le domaine du renseignement. Jusqu'alors bien informé sur la situation dans la bande de Gaza, le Shabak a récemment perdu ses sources au sein du Hamas. 

Cette cécité est étonnante, car des journalistes avaient signalé que les militants du Hamas s'entraînaient régulièrement à moto et apprenaient à piloter des ULM ces derniers mois. 

Malgré cela, les services israéliens n'ont rien anticipé, soulignant ainsi une faille majeure qu'ils devront justifier.
Cette faille du renseignement est souvent le résultat de lacunes dans la conception politico-militaire du pays. Un parallèle peut être fait avec la guerre du Kippour il y a cinquante ans. 

Malgré de nombreux renseignements sur une possible attaque égyptienne, les responsables politiques refusaient de le croire en raison d'une conception stratégique erronée selon laquelle l'Égypte était trop faible pour lancer une attaque. 

De manière similaire, la conception politico-stratégique actuelle, défendue depuis des années par Nétanyahou, minimise la menace du Hamas et vise à préserver sa présence dans la bande de Gaza pour justifier l'absence de partenaire pour la paix, en raison des divisions au sein de la société palestinienne entre le Hamas et le Fatah.

Pour Nétanyahou et la droite israélienne, le Hamas est devenu une sorte d'assurance contre les pressions internationales. Nétanyahou avait même exprimé en privé que la persistance du Hamas était dans l'intérêt d'Israël. Ainsi, de l'argent du Qatar était versé au Hamas, et environ 20 000 Gazaouis étaient autorisés à travailler en Israël pour rendre la vie sous le Hamas vivable.

Les services de renseignement étaient influencés par cette vision minimisant la menace du Hamas. Récemment, Tzachi Hanegbi, chef du Conseil de sécurité nationale et proche de Nétanyahou, avait déclaré que le Hamas n'avait pas l'intention de reprendre les hostilités.

Les services de renseignement et de nombreux analystes pensaient également que le Hamas préférait exporter la violence palestinienne vers la Cisjordanie occupée par Israël, afin de contribuer à saper le peu de pouvoir d’une Autorité palestinienne déjà faible et impopulaire, dirigée par le Fatah, rival politique du Hamas.

Ces postulats se sont révélés terriblement erronés, tout comme l’étaient les évaluations des renseignements avant le déclenchement de la guerre de 1973. À l’époque, comme aujourd’hui, les adversaires d’Israël n’ont pas été dissuadés par sa supériorité militaire.

Les services de renseignement se sont donc endormis, largement en raison de la posture du gouvernement. Ces derniers mois, le premier ministre était concentré sur son combat pour prendre le contrôle de la Cour suprême, sa priorité absolue jusqu'au 7 octobre.

Cette fois-ci, l’échec est encore plus flagrant, compte tenu des capacités de collecte de renseignements d’Israël. Le Hamas a dû planifier soigneusement cette attaque pendant de nombreux mois. Il s’agit sans aucun doute du pire échec d’Israël en matière de renseignement depuis la guerre de 1973.

Échec des renseignements, mais aussi échec des militaires, les Forces de défense israéliennes étant massivement déployées en Cisjordanie et manifestement pas préparées à une attaque de cette ampleur du côté de Gaza.L'attaque soudaine du Hamas a révélé des lacunes majeures dans le renseignement israélien. L'incapacité à anticiper cette attaque est due en partie à une vision minimisant la menace représentée par le Hamas.

Implications de l'Assaut Hamas

Un débat interne complexe sévissait à l’intérieur du Hamas. Depuis l’exécution ou la disparition des principaux fondateurs de l’organisation qui se réclame des Frères musulmans, des options contradictoires existent sur la manière d’exercer le pouvoir (à Gaza), de le conquérir (au sein de ce qui reste de l’Autorité palestinienne) et de régler le conflit avec Israël. L’aile militaire dirigée par Mohammed Deif et le patron du Hamas à Saza, Yahia Sinwar, semblent avoir pris le dessus sur les « politiques » qui sont le plus souvent à Damas, Téhéran et, dit-on parfois, Istanbul.

L'enlèvement de citoyens israéliens en vue de les échanger contre des membres du Hamas détenus en Israël constitue depuis longtemps un objectif majeur des opérations militaires du mouvement islamiste. 

Un cas emblématique remonte à 2011 lorsque Gilad Shalit, soldat israélien détenu à Gaza depuis 2006, avait été échangé contre plus de 1 000 prisonniers palestiniens, dont Yahya Sinwar, actuel chef du Hamas à Gaza, qui avait passé 22 ans en prison en Israël.
Les rapports faisant état de dizaines d’Israéliens, dont de nombreux civils, capturés par le Hamas lors de l'assaut de ce week-end, suggèrent que cet enlèvement pourrait être un motif central de l'attaque. Un nombre indéterminé d'otages, retenus pendant des heures par les militants du Hamas dans deux villes du sud d’Israël, ont finalement été libérés par les forces spéciales israéliennes.

Un autre objectif du Hamas, plus vaste, pourrait être de miner les négociations en cours entre les États-Unis et l’Arabie saoudite en vue d'un accord de normalisation des relations entre le royaume et Israël. L'échec de ces pourparlers serait une aubaine pour l'Iran, l'un des principaux soutiens du Hamas, et pour ses alliés. 

Téhéran a déclaré soutenir les attaques du Hamas contre Israël, bien qu'on ne sache pas encore si l'Iran ou le Hezbollah, groupe libanais chiite en partenariat croissant avec le Hamas, ouvriront d'autres fronts dans les jours à venir, bien que ce dernier ait déjà tiré des obus contre le territoire israélien le 8 octobre.

Toute escalade du conflit venant de l’Iran ou du Liban poserait de graves problèmes pour Israël. Il en irait de même si la guerre contre le Hamas exacerbait les tensions déjà très sensibles et les affrontements violents entre Israël et les groupes militants palestiniens en Cisjordanie.

Stratégie israélienne et réalité militaire

La rhétorique de victoire militaire ne reflète pas la complexité de ce conflit. Le Hamas ne peut être traité comme une armée traditionnelle, ce qui rend toute solution militaire difficile. Le Hamas n’est pas une armée régulière, qu’on peut vaincre sur le champ de bataille et dont on peut obtenir la reddition. C’est une organisation paramilitaire très décentralisée, dont les combattants, qui se cachent dans des tunnels, sont très difficiles à débusquer. L’aviation israélienne n’y suffira pas.

Pour y parvenir, il faudrait entrer dans Gaza avec des chars et des milliers d’hommes, et il y aurait

Le discours axé sur une victoire militaire ne capture pas la complexité de ce conflit. Le Hamas ne peut être appréhendé comme une force armée conventionnelle, ce qui complique toute résolution militaire. 

Il ne s'agit pas d'une armée conventionnelle, qu'on peut vaincre sur le champ de bataille et contraindre à se rendre. Il s'agit d'une organisation paramilitaire très décentralisée, avec des combattants dissimulés dans des tunnels, ce qui les rend extrêmement difficiles à repérer. L'aviation israélienne ne peut pas à elle seule résoudre ce problème.

Pour parvenir à une solution, il faudrait engager des chars et des milliers d'hommes dans Gaza, ce qui entraînerait de nombreuses pertes des deux côtés, tant parmi les civils gazaouis que parmi les soldats israéliens. Il faut également tenir compte du facteur des otages. Quels sont les intentions du Hamas à l'égard de tous les otages qu'il a emmenés à Gaza ?

Actuellement, le Hamas n'a aucun intérêt à négocier la libération des otages. En supposant, à titre d'exemple, que le mouvement obtienne la libération de tous ses prisonniers actuellement détenus en Israël et libère les otages israéliens qu'il détient, il perdrait alors un bouclier humain puissant. Israël pourrait lancer une attaque massive sur la bande de Gaza sans craindre de causer la mort de ses citoyens.

Il y aura peut-être des négociations, mais elles ne surviendront pas avant un certain temps. En attendant, ces otages seront probablement dispersés dans toute la bande de Gaza, obligeant l'armée à être extrêmement prudente dans chaque décision de bombardement.

Les violences actuelles viennent à peine de commencer, mais elles pourraient devenir les plus sanglantes depuis des décennies, peut-être même depuis la guerre entre Israël et les Palestiniens au Liban dans les années 1980.




Alize Marion pour DayNewsWorld

ISRAEL ATTAQUE PAR LE HAMAS 

CARNAGE A UN FESTIVAL DES OTAGES A GAZA

EMBARQUES DANS UNE GUERRE LONGUE ET DIFFICILE

Au  surlendemain du début de l’offensive massive lancée par le Hamas palestinien depuis la bande de Gaza puis les représailles d’Israël, les combats continuent ce 9 octobre. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti les Israéliens qu’ils étaient "embarqués dans une guerre longue et difficile".

Le président israélien, Isaac Herzog, a appelé à "l’unité dans le peuple, au Parlement et dans un gouvernement d’urgence".

L’armée israélienne a déployé des dizaines de milliers de soldats pour reprendre le contrôle total des régions désertiques près de la bande de Gaza, sauver les otages israéliens qui s’y trouveraient encore et évacuer l’ensemble des habitants de la région d’ici à lundi matin. Le Hamas a fait "plus de 100 prisonniers", a indiqué dimanche le Bureau de presse du gouvernement (GPO).

Pendant la nuit, les frappes aériennes de l’armée se sont poursuivies sur la bande de Gaza, territoire palestinien sous contrôle du Hamas. Les combats se sont également poursuivis au sol entre forces israéliennes et éléments armés de ce mouvement islamiste infiltrés en Israël depuis la veille.

Le siège du commissariat de police de la ville israélienne de Sdérot, limitrophe de Gaza, où étaient retranchés des hommes armés du Hamas a pris fin ce dimanche matin, a annoncé la police dans un communiqué : la police et les forces spéciales de l’armée israélienne "ont neutralisé dix terroristes armés qui se trouvaient dans le commissariat".

"L’ennemi est encore sur le terrain" en Israël, "nous renforçons nos forces surtout près de Gaza et nettoyons la zone", a déclaré dimanche soir le porte-parole de l’armée israélienne, promettant de traquer "es terroristes partout où ils seront".

Des centaines de morts

Les combats ont fait au moins 7OO morts e t2150 blessés côté israélien,. Des binationaux font partie des victimes. 

Dans la bande de Gaza, le Hamas a dénombré à ce stade 700 morts et 2125  blessés.

"Nous avons tué 400 terroristes", a pour sa part indiqué ce dimanche un porte-parole de Tsahal.

"Des civils et des soldats sont aux mains de l’ennemi, c’est le temps de la guerre", affirmé le chef de l’armée israélienne, Herzi Halevi.

"Plusieurs" américains ont été tués dans l’offensive du Hamas, selon un responsable américain, de même que dix Népalais ainsi que des ressortissants d’autres pays parmi lesquels une Française. Le ministère canadien des Affaires étrangères a fait état "du décès d’un Canadien et de la disparition de deux autres".

Profitant de l’effet de surprise de son attaque, absolument pas anticipée par Israël, des combattants du Hamas à bord de véhicules, de bateaux et même de parapentes motorisés se sont joués de l’imposante barrière érigée par Israël autour de la bande de Gaza, attaquant des positions militaires ou des civils en pleine rue.

"Des centaines de terroristes sont entrés en Israël depuis Gaza" et ont "attaqué des dizaines de communautés israéliennes", a affirmé le lieutenant Jonathan Conricus, ancien porte-parole international de l’armée israélienne. 

"Ils sont venus porte à porte, maison par maison, à la recherche de civils israéliens. Certains ont été exécutés de sang-froid" dans leur maison, a-t-il ajouté. Ces incursions se sont ajoutées au lancement de milliers de roquettes sur Israël.

Des soldats et civils capturés

Le Hamas a aussi capturé un nombre important de civils et militaires au cours de cette opération qu’il a baptisée 

"déluge d’Al-Aqsa". 

Les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont affirmé dans une vidéo avoir "capturé plusieurs soldats ennemis" et les Brigades al-Qods, la branche militaire du Jihad islamique palestinien, ont aussi déclaré détenir "de nombreux soldats" israéliens.

Samedi matin, des dizaines de terroristes ont pénétré dans le kibboutz Beeri, , créé en 1946 dans le cadre d’un plan stratégique visant à aider le futur État à résister à une invasion égyptienne. 

Les troupes du Hamas ont pris progressivement hier le contrôle de l’ensemble du kibboutz, dont les 1 200 habitants en font le plus grand des 25 villages qui composent le conseil régional d’Eshkol. 

Plusieurs membres du kibboutz auraient été enlevés et emmenés vers la bande de Gaza.L’opération terroriste entrait dans le cadre d’un raid sans précédent mené par des centaines d’hommes armés du Hamas, qui ont réussi à traverser facilement la zone frontalière sous tension, pénétrant dans au moins trois villes – Ofakim, Sderot et Netivot – et plusieurs villages

Le Nova Festival organisé dans le désert du Néguev, près de la bande de Gaza, a été attaqué par des combattants du mouvement palestinien dès le début de l’offensive de samedi. Selon les médias israéliens, au moins 260 festivaliers seraient décédés. D’autres sont portés disparus, probablement enlevés.

Le site d’information israélien en ligne Ynet avance "une estimation d’une centaine de personnes […] enlevées" alors que les autorités n’avancent encore aucun chiffre.

"Nous avons un nombre significatif d’Israéliens retenus par le Hamas à Gaza", a assuré un porte-parole de l’armée israélienne dans une vidéo publiée sur X.

Pour le Hamas, les otages sont un moyen de pression redoutable

En dépit de leur imprécision, ces chiffres sont ahurissants, tout comme le bilan de 600 morts israéliens, qui dépasse l’ensemble des morts israéliens aux mains de Palestiniens depuis la fin de la seconde intifada et le désengagement de Gaza, en 2005. Dans un petit pays de 9 millions d’habitants, cela signifie qu’une immense part de la population connaît de près ou de loin l’une des victimes.

L'objectif du Hamas est de détruire l'État d'Israël et d'instaurer un État islamique palestinien sur tout le territoire de l'ancienne Palestine dans ses frontières du 4 juin 1967, (territoire comprenant aujourd'hui Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza) et d'avoir Jérusalem pour capitale

Pour le mouvement islamiste, ces captifs sont un moyen de pression redoutable. Dès samedi, un haut cadre, Saleh Al-Arouri, a affirmé que l’organisation avait désormais les moyens de faire libérer tous les militants palestiniens détenus en Israël, en les échangeant. 

En 2011, un précédent gouvernement de Benyamin Nétanyahou avait fait libérer 1 027 prisonniers palestiniens contre un unique otage, le soldat Gilat Shalit, capturé par le Hamas à la faveur d’un raid d’une ampleur sans commune mesure, et détenu durant plus de cinq ans. Yahya Sinouar, l’actuel chef du Hamas à Gaza, lui doit sa liberté.

Conscients de la valeur de ces prises, le mouvement palestinien a mis en place un groupe spécialisé, chargé de la surveillance des prisonniers. Il s’agit de "l’unité de l’ombre", créé en 2006, et dont l’existence a été révélée en 2016. 

Elle s’est notamment fait connaître en diffusant une vidéo du soldat Shalit qui montrait, entre autres, l’otage faire un barbecue sur une plage de Gaza, ou regardant la télé.

" Sans précédent "

"Ce qui s’est passé aujourd’hui est sans précédent en Israël", a reconnu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une allocution télévisée. 

"Tous ces endroits où le Hamas se cache (...) nous allons en faire des ruines".

"Nous sommes sur le point de remporter une grande victoire", a affirmé de son côté Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas.

Cette escalade survient cinquante ans et un jour après le début de la guerre israélo-arabe de 1973 qui avait pris Israël totalement par surprise, entraînant la mort de 2 600 Israéliens et faisant au moins 9 500 morts et disparus côté arabe en trois semaines de combat. 

Il s’agit de l’escalade la plus meurtrière dans le conflit israélo-palestinien depuis des décennies.

L’incursion à Gaza s’est produite au lendemain du 50e anniversaire de l’invasion surprise d’Israël par les armées égyptienne et syrienne lors de la guerre du Kippour, un événement traumatisant qui a ébranlé la confiance de nombreux Israéliens dans la vigilance des dirigeants militaires et politiques du pays.

" Mais la guerre du Kippour s’est déroulée sur le front. Le sentiment d’impuissance et de vulnérabilité lorsque votre propre maison est attaquée – cela rappelle davantage la guerre d’indépendance de 1948 ", a déclaré Barzilai, qui vit à Jérusalem.

Selon le Wall Street Journal qui cite de hauts responsables du Hamas et du Hezbollah, l'Iran aurait approuvé l'offensive du Hamas sur le sol israélien lors d'une réunion qui se serait tenue lundi dernier à Beyrouth, au Liban. Une affirmation démentie par Téhéran auprès des Nations unies. 

"L’attaque, sophistiquée, puissante et coordonnée, puissamment aidée par l’Iran, vient de mettre fin à l’illusion de la paix et du plan issu des accords d’Oslo.", selon Alain Bauer.




Alize Marion pour DayNewsWorld

OPERATION TERRORISTE DE GRANDE AMPLEUR 

DU HAMAS CONTRE ISRAEL

La branche armée du mouvement palestinien Hamas annonce ce samedi 7 octobre avoir déclenché l'opération "déluge d'Al-Aqsa" contre Israël.

Les sirènes d'alerte ont retenti à l'aube. Des centaines de roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza vers Israël, samedi 7 octobre 2023. La branche armée du Hamas a annoncé dans la foulée avoir déclenché l'opération "déluge d'Al-Aqsa" contre Israël.

"Nous avons décidé de mettre un terme à tous les crimes de l'occupation", a déclaré Mohammad Deif, commandant des Brigades Ezzedine al-Qassam, dans un enregistrement audio diffusé par Al-Aqsa TV, chaîne de télévision du Hamas, mouvement islamiste au pouvoir à Gaza.

"Plus de 5.000 roquettes" ont été tirées depuis ce matin, a-t-il précisé. Le Hezbollah, soutien du Hamas, salue une "opération héroïque à grande échelle" et "victorieuse", et dit être "en contact direct avec le commandement" de ce qu'il décrit comme "la résistance palestinienne".

Le Hamas annonce avoir capturé plusieurs soldats israéliens. Plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux montrent des militants du Hamas qui posent avec des personnes présentées comme des otages israéliens. Une séquence vraisemblablement tournée à Gaza montre un pick-up qui transporte des militants armés du Hamas, avec des prisonniers israéliens à leur bord.

Ces frappes ont fait au moins 22morts et environ 545 blessés selon le gouvernement israélien.

De son côté, l'armée israélienne fait état d'une infiltration d'un nombre indéterminé de "terroristes" à partir de Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne, citée par le quotidien israélien Haaretz, affirme que des terroristes se sont inflitrés depuis Gaza par "la mer, les airs et la terre". Selon la même source, des combats sur le sol israélien sont en cours et un élu local a été tué lors d'échanges de tirs avec des assaillants. Le Hamas "paiera un prix sans précédent" pour sa "guerre", a déclaré le Premier ministre Benyamin Nétanyahou. Suivez l'évolution de la situation en direct.

Des frappes aériennes israéliennes en représailles: l’opération « Glaives de fer »

Le mouvement islamiste palestinien a déclenché "une guerre contre l'Etat d'Israël", a réagi le ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant. En représailles, l'armée israélienne a annoncé que plusieurs "dizaines (de ses) avions de combat (étaient) actuellement en train de frapper un certain nombre de cibles" du Hamas sur dans la bande de Gaza.
En riposte aux frappes du Hamas, Israël a lancé l’opération « Glaives de fer » et commencé à bombarder Gaza. L’armée israélienne a confirmé que plusieurs « dizaines [de ses] avions de combat frappaient actuellement un certain nombre de cibles » du Hamas sur ce territoire. « Nous sommes en guerre et nous gagnerons », a également déclaré samedi le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, dans un message vidéo.

L’armée israélienne a par ailleurs fait état, samedi matin, de l’infiltration d’« un nombre indéterminé de terroristes » en territoire israélien à partir de la bande de Gaza. « Il a été demandé aux habitants des zones voisines de la bande de Gaza de rester chez eux », ajoute l’armée. L’armée israélienne a déclaré que le Hamas était à l’origine d’une « attaque combinée, comprenant des tirs de roquettes et des infiltrations de terroristes en territoire israélien depuis la bande de Gaza ».

Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des combattants du Hamas ayant pris une position de l’armée israélienne, des affrontements dans les rues de la ville de Sdérot, des hommes armés tirant sur des voitures de personnes civiles.

La fin de la trêve observée depuis mai.

Cette opération revendiquée par le Hamas met fin à une trêve globalement respectée depuis la fin d'une guerre de cinq jours en mai. Israël avait alors lancé une offensive contre le Jihad islamique palestinien dans la bande de Gaza, qui avait coûté la vie à 34 Palestiniens et une Israélienne. Plus d'un millier de roquettes avaient été tirées de la bande de Gaza vers Israël, pour la plupart interceptées par le système de défense antiaérienne israélien. Israël avait de son côté multiplié les frappes aériennes sur le petit territoire. Une trêve, négociée par l'Égypte, a ensuite été conclue entre Israël et Gaza.

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, était resté à l'écart de ce conflit.

Depuis le début de l'année, les violences liées au conflit israélo-palestinien se sont multipliées et ont coûté la vie à au moins 247 Palestiniens, 33 Israéliens, une Ukrainienne et un Italien,. Ce bilan inclut, côté palestinien, des combattants et des civils, et côté israélien, en majorité des civils et trois membres de la minorité arabe.  

Le chef de l'organe du ministère de la Défense israélien en charge des opérations civiles dans les Territoires palestiniens (COGAT) diffuse une vidéo dans laquelle il met en garde l’ennemi en langue arabe. «Le Hamas a ouvert les portes de l'enfer sur Gaza, le Hamas a pris cette décision et en paiera le prix», avertit Ghassan Aliyan.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

L'ETAU SE REFERME SUR LES FEMMES AFGHANES

Des organisations de défense des droits humains ont condamné lundi la "cruelle" décision de fermer aux Afghanes l’accès au parc Band-e-Amir, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, prisé par les familles pour ses splendides lacs situés dans la touristique province de Bamyan. 

"Non contents de priver les filles et les femmes d’éducation, d’emploi et de liberté de mouvement, les talibans veulent aussi leur retirer les parcs et le sport, et maintenant même la nature", a fustigé Heather Barr, directrice adjointe des droits des femmes pour l’ONG Human Rights Watch.

"Pas à pas, les murs se referment sur les femmes, chaque foyer devenant une prison", a-t-elle dénoncé dans un communiqué. "Il s’agit également de votre capacité à éprouver de la joie", a-t-elle encore insisté, qualifiant cette décision.

"Le tourisme n’est pas obligatoire".

Le ministre de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu, Mohammad Khalid Hanafi, a justifié samedi lors d’une visite de la province de Bamyan l’interdiction par le fait que le port du hijab (habit couvrant le corps et la tête) n’avait pas été respecté au cours des deux dernières années.

"Nous devons prendre des mesures sérieuses dès aujourd’hui. Nous devons empêcher le non-respect du hijab", a-t-il dit. 

"Les femmes et nos sœurs ne pourront plus se rendre au Band-e-Amir tant que nous n’aurons pas établi de directives […]. 

Le tourisme existe, ils peuvent faire du tourisme, mais le tourisme n’est pas obligatoire", a-t-il ajouté.

"Cette explication sur le fait qu’une femme ne porte pas un hijab correct n’a pas le moindre sens", a déploré l’ONG. 

Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, le gouvernement taliban à l’interprétation austère de l’islam, n’a eu de cesse de réduire les droits des Afghanes. 

En deux ans, les écoles secondaires, puis les universités ont fermé leurs portes aux femmes. 

Les parcs, salles de sport et hammams leur sont également interdits. Empêchées de travailler pour les ONG et exclues de la plupart des postes de fonctionnaires, les Afghanes doivent également se couvrir entièrement lorsqu’elles sortent de chez elles.

Principal lieu touristique d’Afghanistan, la vallée de Bamyan située au centre du pays est célèbre pour ses niches creusées dans la falaise désormais vides des bouddhas géants après leur destruction en 2001 par les talibans, mais aussi pour son réseau de lacs turquoise et saphir de Band-e-Amir tout proche, classé au patrimoine de l’Unesco en 2003.

Les talibans font  des femmes afghanes des prisonnières de leur foyers.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

ANTONY BLINKEN AFFIRME DEVANT LE CONSEIL

 DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES QUE LA FAIM

NE DOIT PAS ÊTRE UNE ARME DE GUERRE

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a prononcé un discours empreint de solennité devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, mettant en lumière une vérité indéniable :

l'utilisation de la faim comme une arme de guerre est une aberration inacceptable à laquelle il faut mettre un terme.

Avec une détermination palpable, il a saisi l'occasion pour adresser des critiques acerbes envers la Russie, suite à sa décision de se retirer du pacte d'exportation de céréales par le biais de la mer Noire.

"Dans les couloirs du Kremlin, l'affirmation est avancée que la rupture de cet accord découle des entraves imposées par les sanctions internationales, soi-disant nuisibles aux exportations agricoles.

En vérité, il est essentiel de noter que ces sanctions excluent explicitement de leurs effets les denrées alimentaires ainsi que les fertilisants", a affirmé Blinken avec une fermeté à toute épreuve, devant une assemblée attentive.

Par la suite, le secrétaire d'État a entrepris d'éclairer davantage le contexte, révélant que peu de temps après que Moscou ait pris ses distances avec cette initiative, la Russie s'était lancée dans des exportations de céréales à des prix "atteignant des sommets inédits".

"De manière globale, les tarifs appliqués aux céréales ont enregistré une augmentation dépassant les 8 % à travers le monde", a-t-il ajouté, illustrant ainsi l'impact de cette décision sur les marchés internationaux.

M. Blinken a tenu à souligner que, malgré l'absence d'une telle initiative, qui, de l'avis général, "n'aurait jamais dû être nécessaire", elle a néanmoins généré des "résultats tangibles et concrets".

"Les envois entrepris ont joué un rôle significatif dans la réduction d'environ un quart des prix mondiaux des denrées alimentaires, pour le bénéfice de tous, depuis l'intervention en question", a-t-il exposé avec conviction.

En juillet dernier, les autorités russes avaient énoncé l'extinction de l'accord d'exportation de céréales, évoquant des manquements du côté de Kiev.

Il convient de rappeler que cet accord avait vu le jour il y a un an, dans la ville turque d'Istanbul, sous la médiation conjointe des autorités turques et des Nations Unies.

Ces remarques articulées de manière éloquente par Antony Blinken mettent en évidence l'impératif catégorique de proscrire toute manipulation de la faim à des fins belliqueuses, tout en exposant les tensions latentes entre la Russie et l'Ukraine, ainsi que les implications économiques à l'échelle mondiale suscitées par de telles démarches.

L'urgence d'une diplomatie efficiente et de solutions pacifiques se trouve renforcée par ce plaidoyer, en vue de préserver la stabilité et la sécurité au niveau international.




Sandra Stac pour DayNewsWorld

LE JAPON SE PREPARE A DEVERSER L'EAU DE LA CENTRALE NUCLEAIRE DE FUKUSHIMA DANS L'OCEAN

Dans un contexte où le Japon est confronté à l'ampleur colossale de la gestion des eaux traitées de la centrale nucléaire de Fukushima, une décision controversée se profile à l'horizon :

le déversement de ces eaux dans l'océan !

Selon des informations émanant de sources gouvernementales, cette démarche pourrait prendre forme entre la fin du mois d'août et le début de septembre, à la suite d'un sommet trilatéral impliquant les États-Unis et la Corée du Sud.

Bien que la date exacte de ce lancement reste à établir, les autorités japonaises maintiennent leur engagement envers la période annoncée, située entre le printemps et l'été de cette année.

Lors d'une conférence de presse, Hirokazu Matsuno, le porte-parole du gouvernement, a souligné que la décision de libérer les eaux traitées sera prise une fois que toutes les mesures de sécurité auront été minutieusement validées.

Il a par ailleurs laissé entendre que le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, pourrait jouer un rôle crucial dans ce processus, laissant entrevoir un début de l'opération suite à son retour du sommet trilatéral programmé le 18 août à Camp David, une résidence présidentielle proche de Washington.

Dans un souci d'apaiser les préoccupations légitimes des pêcheurs et des acteurs locaux, le gouvernement a pris des initiatives visant à expliquer en détail les protocoles de sécurité qui seront appliqués. Matsuno a assuré :

"Nous avons transmis aux pêcheurs et aux entreprises locales toutes les garanties de sécurité liées à ce processus. 

Afin de répondre à vos inquiétudes et à vos besoins, nous poursuivrons nos efforts pour assurer votre sécurité et votre présence continue au travail."

Un souci de transparence éclaire également cette démarche, avec l'engagement du Japon à expliquer la décision de déverser les eaux traitées de manière à la fois scientifique et compréhensible.

Le porte-parole du gouvernement a affirmé que cette communication se baserait sur "des fondements scientifiques et une transparence exemplaire", démontrant ainsi l'importance accordée à gagner la confiance du public.

L'annonce du Japon intervient après le soutien exprimé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en juillet dernier, qui a jugé conforme aux normes internationales de sécurité le plan élaboré par le gouvernement japonais pour le déversement des eaux traitées dans la mer.

Les étapes actuelles de traitement des eaux contaminées, effectuées à travers le système ALPS, ont réussi à éliminer la plupart des éléments radioactifs, à l'exception du tritium. Cette eau est ensuite stockée dans des fûts avant d'être relâchée dans l'océan.

Face à la contrainte croissante de l'espace de stockage disponible sur le site de la centrale, le gouvernement japonais et Tokyo Electric Power (TEPCO), la société exploitante de la centrale, ont pris la décision pragmatique de recourir au déversement dans l'océan.

Cette démarche, bien qu'objet de controverses, se justifie par la nécessité de gérer de manière sécurisée le volume croissant d'eau traitée tout en minimisant les risques environnementaux.

En somme, l'approche imminente du Japon pour déverser les eaux traitées de Fukushima dans l'océan suscite un débat complexe portant sur des enjeux de sécurité, de transparence et de durabilité.

Alors que les autorités japonaises s'emploient à mettre en place des mesures scientifiques et transparentes pour gérer cette crise nucléaire en cours, la préservation de l'avenir de la région et de ses écosystèmes demeure au cœur des préoccupations mondiales.


Paul Emison pour DayNewsWorld

LE RETOUR AFFIRME DE LA RUSSIE SUR

LE CONTINENT AFRICAIN AU SOMMET

DE SAINT-PETERSBOURG

Vladimir Poutine accueille ce jeudi 27 juillet 2023, les représentants de 49 des 54 pays africains à Saint-Pétersbourg pour deux jours. Ce grand sommet Russie – Afrique est le deuxième après celui d’octobre 2019 à Sotchi, en Russie. S’il n’a pas donné lieu à des actions concrètes, ce premier sommet avait permis de poser les fondements d’une coopération plus large entre Moscou et l’Afrique.

Cette année, la Russie entend resserrer les liens avec le continent, en mettant en place des plans d’action plus précis. Des tables rondes sont prévues, sur des sujets allant de la santé à la logistique, en passant par la question des engrais ou encore par le nucléaire.

" Aux problèmes africains il doit y avoir des réponses africaines ",

Pour les pays d’Afrique, un rapprochement avec Moscou permettrait de ne plus être sous influence occidentale et chinoise dans les domaines de l’économie et de la diplomatie. A ce titre, la stratégie bien ficelée de Vladimir Poutine fonctionne : " Aux problèmes africains il doit y avoir des réponses africaines ", déclarait ainsi le chef de l’État russe le 24 juillet.

s. La géopolitique est d'ailleurs influencée par la guerre en Ukraine. Après la fin de l’accord céréalier, source d’inquiétude pour le continent, le Kremlin veut rassurer en assurant prendre la relève.

Le président russe, Vladimir Poutine, a effectivement déclaré ce jeudi 27 juillet 2023 aux dirigeants africains qu'il leur offrirait des dizaines de tonnes de céréales malgré les sanctions occidentales. Vladimir Poutine a dit que la Russie était prête à se substituer à l'Ukraine et à approvisionner l'Afrique en céréales, lors d'un sommet Russie-Afrique organisé à Saint-Pétersbourg. "Nous serons prêts à fournir dans les prochains mois de 25.000 à 50.000 tonnes de céréales gratuitement au Burkina Faso, au Zimbabwe, au Mali, à la Somalie, à la République centrafricaine et à l'Erythrée", a-t-il annoncé.La Russie a exporté l'an dernier 60 millions de tonnes de céréales, a indiqué Vladimir Poutine. 

Vladimir Poutine n'a toutefois pas mentionné le Soudan ou le Tchad. La Russie a suspendu sa participation à l'accord sur les exportations de céréales en mer Noire, estimant que les conditions pour qu'il soit une nouvelle fois prolongé n'étaient pas remplies. Moscou réclame notamment des garanties sur les exportations russes de céréales et d'engrais, qu'il estime entravées, même si elles ne sont pas directement visées par les sanctions occidentales prises en réaction à l'invasion de l'Ukraine.

Les Africains pourraient aussi bénéficier d’aides financières directes pour le développement et de la coopération technologique dont ils ont besoin. Cependant, bien qu’elle ait mieux résisté que prévus aux sanctions occidentales, la Russie a vu son PIB baisser de 2,1 % en 2022 selon la Banque mondiale et devrait de nouveau chuter de 2,5 % en 2023. Les nouveaux investissements, en technologie de pointe notamment, intéressent les pays d’Afrique.

La Russie ne figure pas dans les cinq premiers pays exportateurs en Afrique, et sa présence commerciale semble plutôt reposer sur les exportations d’armes

L’investissement russe majeur en Afrique pourrait concerner l’exportation d’armes dont ont bien besoin certains régimes menacés par des groupes djihadistes et des opposants armés. La Russie, en tant qu’héritière de l’Union soviétique, possède un atout indéniable sur le continent africain : celui d’être un grand exportateur d’armes fiables et peu chères. En effet, l’Union soviétique représentait déjà, et de loin, la première source d’importations d’armes pour l’Angola, le Congo, l’Éthiopie ou encore le Mozambique entre 1960 et 1991. C’est donc dans cette lignée que la Russie continue à exporter ses armes de fabrication soviétique aux pays africains : à l’instar de l’URSS, elle continue d’être la première source des importations d’armes pour les pays cités ci-dessus mais également pour l’Algérie, le Mali ou encore pour Madagascar entre 1992 et 2021 C’est donc sur ce terrain de la sécurité que l’influence russe connait un nouvel essor, tout en s’appuyant sur les relations que l’Union soviétique entretenait notamment avec les pays au développement socialiste

Une Russie impérialiste ?

Du côté russe, une collaboration étroite avec le continent africain offre à Vladimir Poutine des opportunités considérables. L'Afrique regorge en effet de métaux précieux, de pétrole et de matières premières hautement convoitées. Les intérêts russes se tournent particulièrement vers les pays abritant des ressources stratégiques, tels que le manganèse au Gabon ou en Afrique du Sud, les diamants en Angola et en République centrafricaine, ainsi que l'uranium en Tanzanie.

Le secteur privé russe joue également un rôle déterminant dans la politique étrangère du pays. L'influence du groupe paramilitaire Wagner au Mali ou en Centrafrique est bien connue, mais les ambitions russes ne s'arrêtent pas là. L'entreprise russe Rosneft, par exemple, a conclu un contrat d'exploitation de gaz offshore au Mozambique.

Se rapprocher de l'Afrique offre à Poutine l'occasion d'étendre sa sphère d'influence en tissant des liens avec les pouvoirs en place. Cette démarche lui permet également de rivaliser avec les influences chinoises et américaines déjà établies sur le continent. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est rendu à deux reprises sur le continent en l'espace de six mois,
montrant que malgré les sanctions liées à la guerre en Ukraine, la Russie n’est pas totalement isolée.

Le président des Comores, Azali Assoumani, qui assure actuellement la présidence de l'Union africaine, a d'ailleurs estimé que les demandes de la Russie devaient être écoutées.

Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, n' avait-il pas déclaré lors d’une visite historique à Bamako le 7 février 2023 : « La lutte contre le terrorisme reste une priorité pour les [pays de la région sahélo-saharienne et du Golfe de Guinée] […] Nous [la Russie et le Mali] voyons la réaction des États occidentaux vis-à-vis de l’évolution de nos relations, […] et cela reflète [leurs] approches néo-coloniales et [leur] politique du « deux poids-deux mesures » […] [Ils] veulent décider du sort de tous les continents, […] mais nous pensons que ces anciennes métropoles oublient comment elles ont exploité et envahi ces territoires ; elles doivent, à mon sens, comprendre que le monde a changé » .

Ce retour de la présence russe est à étudier à la lumière de sa volonté de déconstruire un ordre mondial jugé trop « américano-centré » pour retrouver une place de choix sur la scène internationale. La diplomatie russe use de l’Afrique dans un objectif de « rééquilibrage » des dynamiques de puissance, servant ses propres intérêts .




Garett Skyport pour DayNewsWorld

THAILANDE VERS UNE DEMOCRATIE IMPOSSIBLE

Depuis le 13 juillet 2023, la Thaïlande tente de désigner son nouveau Premier ministre. Suite à sa victoire aux législatives du 14 mai dernier, la coalition pro-démocratie emmenée par le parti réformiste Move Forward a logiquement présenté son leader, le réformiste Pita Limjaroenrat

Mais Pita Limaroenrat rencontre des difficultés au moment d'être élu par l'Assemblée nationale Premier ministre de Thaïlande. Celui-ci n'a pas réussi à rassembler suffisamment de voix pour être désigné par le Parlement.

Un Sénat aux ordres de l'etablishement

Le Parlement thaïlandais a en effet rejeté, jeudi, la candidature du député réformiste Pita Limjaroenrat comme Premier ministre. Le leader du parti Move Forward, vainqueur des élections, n'a pas obtenu la soixantaine de voix de sénateurs dont il avait besoin pour atteindre le seuil requis de 375 voix, malgré le soutien d'une coalition majoritaire à la Chambre basse (312 députés sur 500).

Pour minimiser le poids des 500 députés élus par le peuple, les généraux se sont, en effet, assurés du contrôle total du Sénat. Ses 250 membres n'étant pas élus mais nommés par différentes institutions conservatrices. Seuls 13 de ses 250 membres ont soutenu la candidature de Pita. Les sénateurs ont passé outre les appels de Move Forward de former un gouvernement conforme à la volonté du peuple, qui remettrait la Thaïlande sur la voie de la démocratie.

Résultat : un second vote aura lieu mercredi prochain 19 juillet, un vote en forme de dernière chance pour Pita de devenir chef du gouvernement. En cas de nouveau revers, celui-ci a effectivement indiqué qu'il jetterait l'éponge.

En marche vers une démocratie avec Pita Limjaroenrat ?

Pita Limaroenrat que tout le monde appelle Pita est né en 1981. C’est un jeune plutôt élégant qui dirige depuis plusieurs années le parti Move forward, Aller de l'avant. Ce parti pro-démocratie est la bête noire du pouvoir en place et notamment des militaires qui verrouillent le pays. Le parti a déjà été dissous une première fois en 2019 avant de se reformer sous ce nouveau nom. Pita est au départ un homme d'affaires issu d'une famille aisée. Il a fait ses études aux États-Unis.

Véritable idole de la jeunesse thaïlandaise, cet homme d’affaires de bonne famille espère devenir le prochain Premier ministre de la Thaïlande. Il incarne la rupture avec les militaires au pouvoir depuis une décennie en Thaïlande. Il propose une image moderne de la société avec des mesures qui séduisent comme la légalisation du cannabis à des fins récréatives, la fin du service militaire obligatoire ou encore le mariage pour tous.Son programme de rénovation vise à tourner la page d'une quasi-décennie sous l'autorité de l'ex-général putschiste Prayut Chan-O-Cha, qui a vu les libertés fondamentales reculer et l'économie stagner.

S'imposant hors de ses bastions urbains habituels, sa jeune formation réformiste a gagné plus de 150 sièges de député sur les 500 que compte l'Assemblée et s'est imposée comme la première force politique du royaume.Il a fait également alliance avec d' autres partis pro-démocratie qui disposent d'élus au parlement.

Le Parti Move forward, bête noire du pouvoir

Le pouvoir veut tout faire pour l'empêcher de gouverner. Le pays a connu quand même une douzaine de coups d'État réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1934.

Pour lui barrer la route, la commission électorale a estimé qu'il y avait suffisamment d'éléments pour transmettre à la Cour constitutionnelle un dossier de soupçons d'irrégularité. On reproche au parti de Pita d'avoir possédé durant la campagne des actions dans une chaîne de télévision, et ce en contradiction avec la loi. Le président de la commission électorale a préconisé une suspension de ses fonctions parlementaires.Le député, qui se défend de toute manœuvre illégale, risque la perte de son siège de parlementaire, une peine de prison et un bannissement de la vie politique pendant 20 ans.

Dans un autre dossier, la Cour constitutionnelle a déclaré recevable la plainte d'un avocat qui accuse Pita Limjaroenrat et Move Forward de vouloir "renverser" la monarchie. Aller de l’avant est très offensif sur la question de la réforme du crime de lèse-majesté qui, pour un mot de travers sur le roi Rama X, continue d’envoyer des Thaïlandais en prison.

Dans le passé, des procédures judiciaires bâillon ont permis à plusieurs reprises d’écarter les importuns, que ce soient l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, en exil depuis à Dubaï, ou encore l’ancien opposant Thanatorn Juangroongruangkit. En 2020, la justice avait dissous le parti L’avenir devant nous, ancêtre d’Aller de l’avant.

"Ce n'est pas un vote sur moi ou Move Forward mais un vote pour donner une chance à la Thaïlande de retourner à la normalité", a plaidé Pita Limjaroenrat devant les électeurs, avant l'ouverture du vote.





Andrew Preston pour DayNewsWorld

LES RAISONS DE LA CATASTROPHE FERROVIAIRE MEURTRIERE EN INDE

Les autorités indiennes veulent faire la lumière sur les causes de la tragédie ferroviaire qui a tué au moins 288 personnes, assurant qu'"aucun responsable" de l'accident ne serait épargné.

Les opérations de recherche et sauvetage des victimes sont désormais dimanche 4 juin 2023 achevées et l'heure est aux questionnements sur le déroulement précis des événements survenus vendredi soir.

"Nous avons identifié la cause de l'accident et les personnes qui en sont responsables", a déclaré le ministre indien des Chemins de fer, Ashwini Vaishnaw, en ajoutant qu'il n'était "pas approprié" de divulguer davantage de détails avant le rapport d'enquête final. Selon le ministre, "le changement qui s'est produit lors de l'aiguillage électronique est à l'origine de l'accident", en référence au système informatique complexe gérant le trafic sur les voies ferrées indiennes pour empêcher la collision de trains.

La confusion règne à ce stade mais le Times of India, citant le rapport d'enquête préliminaire, indique dimanche qu'une "erreur humaine" pourrait avoir causé la collision entre trois trains, l'une des pires catastrophes ferroviaires de l'histoire du pays. Le Coromandel Express, reliant Calcutta à Madras, avait reçu le feu vert pour circuler sur la voie principale mais a été dérouté en raison d'une erreur humaine sur une voie où se trouvait déjà un train de marchandises, selon le journal.

Le train de passagers a alors percuté à une allure d'environ 130 km/h le convoi de marchandises. Sous l’impact, vingt et une voitures ont déraillé et trois d’entre elles ont été éjectées sur une voie adjacente, où circulait au même moment un autre train de voyageurs.Trois wagons sont alors tombés sur la voie adjacente, heurtant l'arrière d'un train express qui assurait une liaison entre Bangalore et Calcutta. C'est cette collision qui a provoqué le plus de dégâts, ajoute le Times, citant le rapport préliminaire.Les passagers ont été écrasés, démembrés, sous un choc semblable à une explosion.

La tragédie s'est déroulée près de Balasore, à environ 200 kilomètres de Bhubaneswar, la capitale de l'Etat d'Odisha, dans l'est de l'Inde.Samedi des médias, citant des responsables des chemins de fer, avaient évoqué une erreur de signalisation.

Réaction de Modi

Au moins 288 personnes ont péri dans le drame et 900 ont été blessées, l'accident ferroviaire le plus meurtrier en près de 30 ans. Mais le bilan devrait encore augmenter, et pourrait atteindre 380 morts, selon le directeur général des services d'incendie de l'Etat d'Odisha, Sudhanshu Sarangi.

"Aucun responsable" de l'accident ne sera épargné, a promis le Premier ministre indien Narendra Modi, qui s'est rendu samedi sur les lieux de la catastrophe et a rencontré des blessés à l'hôpital. "Je prie pour que nous sortions de ce triste moment le plus rapidement possible", a-t-il déclaré à la chaîne publique Doordarshan.

A ce stade, l'accident ferroviaire de vendredi soir est le plus meurtrier en Inde depuis 1995, quand deux trains express étaient entrés en collision à Firozabad, près d'Agra, qui abrite le Taj Mahal, faisant plus de 300 morts. Mais le plus meurtrier de l'histoire du pays reste celui du 6 juin 1981 quand, dans l'Etat de Bihar (est), sept wagons d'un train qui traversait un pont étaient tombés dans le fleuve Bagmati, faisant entre 800 et 1000 morts.

De nouveaux investissements et d'améliorations technologiques

L'Inde a connu nombre d'accidents de train meurtriers mais la sécurité s'était améliorée ces dernières années à la faveur de nouveaux investissements et d'améliorations technologiques. En effet le plan d’investissement qui a été retenu pour d'ici à 2030, c’est 715 milliards de dollars qui sont investis dans les infrastructures ferroviaires, à la fois pour les passagers et les trains de marchandises.

Mais l'un des problèmes de l'Inde, c'est qu'elle a choisi de maintenir le transport ferroviaire pour les pondéreux, les grosses marchandises. Et donc il y a une sorte de télescopage qui se produit entre le trafic passager en forte augmentation et le trafic de marchandises.

Et l'accident du 2 juin est précisément lié au fait que vous avez un train de marchandises - on est dans la région est de l'Inde, là où il y a toutes les mines de charbon, de fer, etc - qui était à l'arrêt, et il n'a pas été probablement repéré qu'il était à l'arrêt suffisamment rapidement par le système informatique



Jenny Chase pour DayNewsWorld

PAKISTAN LE SPECTRE DE L'EMBRASEMENT

Au Pakistan, l’arrestation, le 9 mai dernier, de l’ancien premier ministre Imran Khan (août 2018-avril 2022), pour des faits supposés de corruption, a mis le feu aux poudres.

Dans plusieurs villes, de violents affrontements ont mis aux prises les sympathisants de son parti, le Pakistan Tehrik-e-Insaf (Mouvement du Pakistan pour la justice, PTI, de tendance islamo-nationaliste) et les forces de sécurité.

Le 12 mai, l’homme politique a été remis en liberté à la suite d’une décision de la Cour suprême, mais ses ennuis judiciaires ne sont pas terminés, puisqu’il doit encore comparaître pour les faits qui lui sont reprochés.

Cet épisode de contestation, inédit par son intensité, s’inscrit dans le long bras de fer opposant le PTI à la coalition réunie autour de l’actuel premier ministre Shahbaz Sharif, alors que l’armée, dans ce pays de 230 millions d’habitants, continue de jouer un rôle de premier plan.

Une déflagration inattendue

L’ampleur et la virulence des mobilisations semblent avoir pris de court le gouvernement et l’armée, qui pour la première fois a directement été prise pour cible par les protestataires. Cet effet de surprise tient notamment à une perception erronée de la base sociale d’Imran Khan : selon un cliché largement répandu chez leurs opposants et dans les cercles gouvernementaux, les soutiens du PTI seraient essentiellement des « activistes du clavier » cantonnant leur engagement aux réseaux sociaux.

Ces clichés ont été sévèrement démentis par la composition des foules émeutières des derniers jours, au sein desquelles on retrouvait aussi bien des femmes très motivées que des hommes d’affaires et des jeunes de milieu populaire. À cet égard, il faut souligner que 60 % de la population du Pakistan a entre 18 et 35 ans. Cette génération a grandi dans un monde où la menace djihadiste a perdu son caractère existentiel et où le rôle central de l’armée ne va plus de soi.

La capacité d’Imran Khan et de son parti à fédérer les colères et à donner un sens et une direction à des sections très différentes de la population a été minimisée par les autorités, tant civiles que militaires.

Ce n’est pourtant pas la première fois que le PTI démontre ses capacités de mobilisation : en 2014, le parti avait organisé une « marche de la liberté » qui, quatre mois durant, avait drainé des milliers de personnes de Lahore à Islamabad.

Une société traversée d’une multitude de clivages sociaux, ethniques et religieux

Les conflits sociaux qui agitent le Pakistan se mesurent aussi à travers les mouvements antimilitaristes apparus ces dernières années dans les marches tribales du pays, notamment au Baloutchistan, et dans les régions pachtounes, où le Pashtun Tahafuz Movement (Mouvement de protection des Pachtounes – PTM) est parvenu à mobiliser massivement pour dénoncer les exactions commises par les forces de sécurité dans le cadre des opérations antiterroristes, et ce malgré une féroce répression.

Au cours des dernières années, les groupes nationalistes sindhis, plutôt marqués à gauche, ont également refait parler d’eux, notamment en s’attaquant aux intérêts chinois. Mais c’est surtout au Baloutchistan, à la frontière de l’Iran, que le nationalisme ethnique pose le plus grand défi à l’État et à une conception unitaire de la nation qui se suffirait de l’islam comme référent. C’est d’ailleurs dans cette région, interdite aux observateurs étrangers, que l’armée pakistanaise et les milices pro-gouvernementales font preuve de la violence la plus désinhibée.

À cela s’ajoutent des clivages religieux, opposant sunnites et chiites (autour de 20 % de la population musulmane, qui constitue elle-même 96 % de la population) mais aussi différents courants religieux sunnites, notamment les Barelwis, adeptes d’un islam dévotionnel aux influences soufies, et les Deobandis, appartenant à un courant réformé qui s’est détaché de l’islam populaire par son rigorisme et son scripturalisme.

Enfin, la société pakistanaise est profondément inégalitaire. Au Pendjab et à Karachi – deux régions historiquement ancrées dans le monde indien –, les hiérarchies de caste restent très prégnantes. En pays pachtoune ou au Baloutchistan, la société reste dominée par des notables ou des chefs tribaux tandis que dans le Sindh rural le pouvoir économique et politique est concentré entre les mains des grands propriétaires terriens. Dans ce contexte de hiérarchies sociales superposées, le thème du « peuple contre l’establishment », dont le PTI s’est emparé, est fortement mobilisateur.

La grande force du PTI est d’être parvenu à surmonter ces clivages structurels en articulant un discours antisystème transcendant les divisions de caste, de classe et d’ethnie, tout en promouvant un islamo-nationalisme qui, s’il apparaît excluant pour les minorités religieuses (hindous, chrétiens, ahmadis), permet de rassembler l’ensemble de la population musulmane.

Tout en rassemblant largement, Imran Khan a cependant fortement polarisé la société pakistanaise. Il a divisé l’armée, dont une partie des officiers semblent le soutenir, mais aussi les familles, où le PTI et son chef suscitent des opinions fortement contrastées. Ce sont aussi ces divisions qui expliquent la profondeur de la crise actuelle, qui traverse les institutions plutôt qu’elle ne les oppose frontalement.

Une coalition au pouvoir désunie

Il n’y a qu’une unité de façade dans la coalition du Pakistan Democratic Movement (PDM) actuellement au pouvoir.

Les dynasties politiques qui se trouvent à la tête du Pakistan Peoples Party (les Bhutto-Zardari) et de la Pakistan Muslim League Nawaz (les Sharif) sont des rivaux historiques, qui n’ont cessé de se disputer le pouvoir depuis la fin du régime militaire de Zia-ul-Haq en 1988.

Ils partagent cependant un objectif : consolider les institutions démocratiques pour renforcer leur autonomie face au pouvoir militaire, même s’il leur arrive fréquemment de s’incliner devant les coups de force de l’armée, par faiblesse ou par opportunisme. L’objectif du PTI et de son chef est sensiblement différent : il s’agit plutôt pour eux de soumettre l’ensemble des institutions, y compris l’armée, en les contraignant à faire allégeance au leader de la nation.

Imran Khan ne se bat ni pour la démocratie, ni contre l’institution militaire. Il est dans un rapport de force très personnalisé avec le chef de l’armée, qui par certains côtés rappelle la tentative de Zulfikar Ali Bhutto, dans les années 1970, de monopoliser le pouvoir autour de sa personne.

Le poids de l’armée

L’armée conserve un rôle central dans tous les domaines d’activité. On trouve des généraux à la retraite à la tête de nombreuses institutions, du National Accountability Bureau (l’agence anti-corruption, à l’origine de l’arrestation d’Imran Khan, le 9 mai) jusqu’aux instances de direction des universités. À travers ses fondations, l’armée contrôle des pans entiers de l’économie. Elle est aussi l’un des premiers propriétaires fonciers du pays, tant en milieu rural (où les officiers méritants se voient attribuer des terres en fin de carrière) que dans les grandes villes (où elle gère de nombreux projets immobiliers).

Au plan politique, depuis la fin des années 2000, les militaires veillent à ne pas se mettre en première ligne et préfèrent contrôler les affaires en coulisse. C’est ce qui les a conduits à soutenir l’accession au pouvoir d’Imran Khan, à l’issue des élections de 2018. Il s’agissait alors pour l’armée de contenir le PPP et la PMLN, qui représentaient pour elle une menace, avec leur volonté de renforcer l’autonomie du pouvoir civil et des institutions démocratiques aux dépens du pouvoir militaire.

Au cours des années suivantes s’est mis en place un régime hybride, présentant une façade démocratique mais en réalité contrôlé par les militaires. Imran Khan n’a cependant pas tardé à vouloir s’autonomiser de ses anciens patrons, notamment en tentant de placer à la tête de l’armée et de ses puissants services de renseignement des généraux réputés proches de lui.

C'est ce qui a provoqué sa chute, à l’issue d’une motion de censure, en avril 2022 – une destitution dans laquelle la direction du PTI a vu un complot ourdi par l’armée pakistanaise et les États-Unis. Le conflit est encore monté d’un cran suite à la récente arrestation de Khan, dont il a publiquement tenu responsable le chef de l’armée, le général Asim Munir.

Pour le leader du PTI, il s’agit pourtant moins de lancer un processus de démilitarisation du pays que de régler ses comptes et de remporter un bras de fer avec le seul homme susceptible de lui tenir tête. Même s’il engage l’avenir des relations civils-militaires, il s’agit plus là d’un conflit de personnes que d’institutions.

Quels scénarios peut-on envisager ?

Le premier scénario est celui d’une montée des tensions entre le PTI et l’armée. Jouant la carte de la polarisation et de l’agitation, Imran Khan pourrait appeler ses partisans à la résistance, en pariant sur le soutien d’une partie de l’armée voire sur une mutinerie qui pousserait le général Munir vers la sortie. Ce scénario est très improbable. Si l’armée semble plus divisée que jamais, elle reste pour l’instant unie derrière son chef.

Un second scénario est celui d’un retour au pouvoir d’Imran Khan, à l’issue des élections actuellement programmées pour octobre 2023. La tenue du scrutin à la date prévue semble cependant compromise par la crise actuelle et l’on voit mal les chefs de l’armée et les opposants du PTI se résigner au retour de Khan, dont l’un des premiers objectifs sera de punir et d’emprisonner ses adversaires.

Le dernier scénario, le plus probable à court terme, est celui d’une consolidation autoritaire à l’initiative et au bénéfice de l’armée. Celle-ci semble déterminée à instrumentaliser les mobilisations violentes des dernières semaines pour mettre au pas le PTI. Des milliers de sympathisants du parti ont été interpellés ces derniers jours et pourraient être jugés devant des tribunaux militaires. Une grande partie des dirigeants du parti sont également sous les barreaux. Cette stratégie répressive a le soutien du gouvernement de Shahbaz Sharif qui, non sans cynisme, instrumentalise la colère de l’armée pour régler ses propres comptes avec le PTI. Certains membres de la coalition au pouvoir souhaiteraient même profiter des événements des derniers jours pour interdire leur principal rival, afin de l’empêcher de se présenter aux prochaines élections.

En tout état de cause, la démocratie risque de ne pas sortir grandie de cette épreuve…

Article de Laurent Gayer, directeur de recherche CNRS au CERI-Sciences Po, publié dans The Conversation.




Boby Dean pour DayNewsWorld

VICTOIRE SURPRISE DU PARTI PRO-DEMOCRATIE

 EN THAILANDE CONTRE LA JUNTE MILITAIRE

Séisme politique en Thaïlande. La victoire surprise aux législatives ce dimanche 14 mai 2023 du parti progressiste et réformiste Move Forward pourrait marquer un « tournant dans le Royaume où le tabou de la monarchie s'estompe », commente la correspondante du Guardian à Bangkok, qui souligne que c'est « la toute première fois qu'un parti qui a fait campagne pour réformer les lois strictes qui protègent la famille royale arrive en tête des votes ». 

Depuis neuf ans, le pays était dirigé par Prayuth Chan-ocha, porté au pouvoir au terme d’un coup d’État militaire. 

Une “tradition” (la Thaïlande a connu un coup d’État tous les sept ans en moyenne depuis 1932) que l’électorat supporte de moins en moins. Il a donc préféré aux royalistes et aux militaires les partis Move Forward et Pheu Thai.

En marche vers une démocratie avec Pita Limjaroenrat ?

L’espoir de voir le pays accoucher d’une démocratie a désormais un nom : Pita Limjaroenrat. Ce chef de l’opposition, a revendiqué ce lundi 15 mai la victoire de son parti de centre gauche Move Forward, en route pour former une coalition gouvernementale afin de succéder aux généraux au pouvoir depuis presque dix ans.

Véritable idole de la jeunesse thaïlandaise, cet homme d’affaires de bonne famille espère devenir le prochain Premier ministre de la Thaïlande. Il incarne la rupture avec les militaires au pouvoir depuis une décennie en Thaïlande.

« Il est clair que le peuple thaïlandais a exprimé sa volonté de placer le Move Forward Party en tête. Nous pouvons donc gérer la formation du futur gouvernement », a martelé le charismatique leader, âgé de seulement 42 ans. Posture assurée et regard déterminé, Pita Limjaroenrat s'est dit "prêt à devenir le prochain Premier ministre". Il a plaidé, lundi, pour une «'transition en douceur » à la tête du gouvernement.

S'imposant hors de ses bastions urbains habituels, sa jeune formation réformiste a gagné plus de 150 sièges de député sur les 500 que compte l'Assemblée et s'est imposée comme la première force politique du royaume.

Un Sénat aux ordres

Devant négocier dans le cadre de règles constitutionnelles faussées par les militaires, qui avaient mené le coup d'Etat de 2014, Khun Pita, comme l'appellent ses partisans, doit réussir, dans les prochaines semaines, à constituer une large majorité composée d'au moins 376 parlementaires. Pour minimiser le poids des 500 députés élus par le peuple, les généraux se sont, en effet, assurés du contrôle total du Sénat. Ses 250 membres n'étant pas élus mais nommés par différentes institutions conservatrices.

Pour être désigné Premier ministre, le leader de Move Forward doit donc convaincre 376 députés de s'associer à son exécutif. Ce lundi soir, il assurait qu'il était déjà certain de rallier au moins 309 élus, issus de six partis. Il a notamment le soutien du Pheu Thai, le parti populiste, animé par la famille du milliardaire Thaksin Shinawatra, qui avait, jusqu'ici, emporté tous les scrutins législatifs depuis 2001, et devrait, cette fois, avoir un peu plus de 140 élus

Procédures baillons

Mais rien n’est gagné. Car aller de l’avant est très offensif sur la question de la réforme du crime de lèse-majesté qui, pour un mot de travers sur le roi Rama X, continue d’envoyer des Thaïlandais en prison. Or, ce n’est pas la position de ses futurs partenaires de coalition dans un pays où la monarchie divise. 

On ne peut non plus exclure un coup fourré venant des militaires.Les partisans de Pita craignent une procédure en inéligibilité au prétexte, pourtant fermement démenti, qu’il serait actionnaire d’une société de médias, ce qu’interdit le code électoral. 

Dans le passé, des procédures judiciaires bâillon ont permis à plusieurs reprises d’écarter les importuns, que ce soient l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, en exil depuis à Dubaï, ou encore l’ancien opposant Thanatorn Juangroongruangkit. En 2020, la justice avait dissous le parti L’avenir devant nous, ancêtre d’Aller de l’avant.

« C'est un défi spectaculaire pour le pouvoir en place dans le Royaume », estime de son côté le correspondant du Times qui juge néanmoins, comme l'ensemble de la presse internationale, que les généraux thaïlandais ne se laisseront pas si facilement évincer du pouvoir, et « qu'il n'y a aucune garantie que Pita puisse devenir Premier ministre », malgré sa victoire électorale.

La victoire de Pita "constitue le point culminant du mouvement de contestation qui a débuté en 2020, avec des manifestations massives pro-démocratie, lorsque des milliers de personnes dirigées par des jeunes et des étudiants ont défié le gouvernement lié à l’armée, en exigeant tout à la fois la démission du Premier ministre et la réforme de la monarchie", souligne le correspondant d'El Pais.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

POURQUOI TAIWAN ET UKRAINE SONT-ILS

AU CENTRE DES DEBATS DU G7 ?

Les chefs de la diplomatie des pays du G7 sont arrivés dimanche à Karuizawa (centre), une petite station montagnarde japonaise, pour discuter de la pression croissante de la Chine sur Taïwan et du conflit en Ukraine. Les délégations des 7 pays les plus industrialisés succèdent aux ministres de l'Environnement et de l'Energie avec un copieux ordre du jour : armées, espace, technologies, cybersécurité et influence croissante de l'Empire du Milieu. Pour Antony Blinken, qui a fait escale à Hanoï, avant d'arriver au Japon, tout doit être mis en oeuvre pour contrer la montée en puissance de la Chine dans la région de l'Indo-Pacifique.

L'Asie de l'Est sous les radars

L'agenda diplomatique des derniers jours a été en effet marqué par l'Asie de l'Est avec le lancement jeudi par la Corée du Nord de ce qu'elle a affirmé être un "nouveau type" de missile balistique intercontinental (ICBM) à combustible solide. Le week-end dernier, la Chine a mené des manœuvres militaires autour de Taïwan, simulant des attaques et un blocus de l'île qu'elle considère comme faisant partie de son territoire .

Selon les renseignements américains, Pékin accélère le développement de ses moyens stratégiques afin d’avoir, d’ici 2027, une armée susceptible de dissuader les Etats-Unis en cas d’invasion de Taïwan.

Le G7 a régulièrement mis en garde Pékin contre toute tentative de changement par la force du statu quo concernant Taïwan et certains de ses membres tirent à nouveau la sonnette d'alarme. "Nous avons intérêt à ce que la paix et la stabilité règnent dans le détroit de Taïwan", a rappelé dimanche aux journalistes le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell qui s'exprimait par vidéoconférence après avoir été testé positif au Covid-19 cette semaine. "Notre position est la politique d'une seule Chine, nous la respectons et nous continuerons à la soutenir, mais nous voulons désamorcer les tensions et tout changement par la force sera inacceptable", a-t-il ajouté.

"Conserver une liberté de manœuvre"

La formulation du communiqué commun du groupe des sept principaux pays industrialisés (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) sera scrutée après de récents propos du président français Emmanuel Macron. De retour d'une visite en Chine, il a déclaré que l'Europe ne devait pas être prise dans "des crises qui ne seraient pas les (siennes)", irritant des alliés soucieux de ne pas amoindrir les relations avec Washington.

Si les propos du président français Emmanuel Macron sur la nécessité d'une autonomie stratégique de l'Europe face aux États-Unis ont quelque peu secoué en Europe et outre-Atlantique, la ministre des Affaires étrangères allemande, Annalena Baerbock qui était à Pékin en fin de semaine, a quant à elle déclaré qu’une escalade militaire dans le détroit de Taïwan serait un scénario catastrophe pour le monde entier.

Les enjeux économiques mondiaux autour de Taiwan

Un conflit entre la Chine et Taïwan aurait en effet des implications majeures pour l'économie mondiale, en particulier en ce qui concerne la domination du dollar américain. La Chine cherche à étendre son influence dans le Pacifique occidental, ce qui pourrait remettre en question le rôle de la marine américaine en tant que garant des voies maritimes et, par extension, la position dominante du dollar. De plus, le détroit de Taïwan est une route commerciale essentielle, avec près de 90% des plus gros navires du monde en tonnage qui le traversent. 

Un conflit ou un blocus dans la région pourrait causer un chaos économique à l'échelle mondiale. Taïwan est un acteur clé dans la production mondiale de semi-conducteurs, et un conflit dans la région pourrait menacer l'approvisionnement en ces composants essentiels pour de nombreuses industries technologiques. Si l'industrie des semi-conducteurs de Taïwan tombait sous le contrôle du Parti communiste chinois, cela pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour les économies occidentales qui dépendent de ces composants pour leurs propres industries et produits technologiques.

Les alliances politiques et militaires pourraient également être mises à rude épreuve en cas de conflit entre la Chine et Taïwan. La Grande-Bretagne, les États-Unis, l'Australie et d'autres pays de la région pourraient être entraînés dans le conflit en raison de leurs liens étroits et de leurs alliances. Cela pourrait créer des tensions supplémentaires entre les nations et aggraver la situation déjà volatile.

Pour Paul Nadeau, enseignant de Sciences politiques au campus japonais de l'université américaine Temple, les déclarations d'Emmanuel Macron trahissent une réalité : "Chaque membre (du G7) souhaite conserver une liberté de manœuvre dans la manière dont il gère ses relations avec la Chine", politiquement et commercialement. Le consensus sera sans doute plus facile à obtenir sur l'Ukraine, l'occasion pour l'hôte japonais de souligner sa certitude que l'invasion russe ne fait qu'accentuer la nécessité de redoubler de vigilance en Asie.

Le Premier ministre japonais Fumio Kishida, dont le gouvernement a approuvé fin 2022 une révision majeure de sa doctrine de défense face à la montée en puissance chinoise, a averti à plusieurs reprises que "l'Asie pourrait être l'Ukraine de demain".




Jenny Chase pour DayNewsWorld

L’INDE NATION LA PLUS PEUPLEE DU MONDE ?

Les démographes ne savent pas exactement quand l’Inde prendra le titre de nation la plus peuplée du monde mais ils savent que cela arrivera bientôt, si ce n’est déjà fait. L’ONU, quant à elle, a fixé l’annonce à la mi-avril. Mais des instituts démographiques indépendants, comme le World Population Review, assurent que le dépassement est déjà intervenu dès 2022.

 L’Inde est désormais le pays le plus peuplé de la planète et le restera au moins jusqu’à la fin du siècle, avec 1,417 milliard d’habitants, contre 1,412 milliard pour la Chine. Les suivants sur le podium de la démographie mondiale, les Etats-Unis avec 338 millions d’individus, ou l’Indonésie (275 millions) et le Pakistan (234 millions) sont à peine plus grands que l’Etat du Bihar, dans le nord de l’Inde, le plus peuplé du pays.

La Chine et l’Inde comptent toutes deux plus de 1,4 milliard d’habitants et, ensemble, elles représentent plus d’un tiers des 8 milliards d’êtres humains de la planète. La population de l’Inde a augmenté de plus de 1 milliard de personnes depuis l’indépendance en 1947 et va continuer de croître jusqu’en 2060, pour atteindre 1,7 milliard, alors même que le pays a commencé sa transition démographique dans les années 1980. 

Son indice synthétique de fertilité (2 enfants par femmes) se situe désormais légèrement en dessous du seuil de renouvellement (2,1 enfants par femme). L’évolution est très lente car l’Inde n’a pas eu recours, contrairement à la Chine, à une politique coercitive. Le pays ne l’aurait pas supporté, après le traumatisme de la campagne de stérilisation forcée imposée par Indira Gandhi et son fils Sanjay lors de l’état d’urgence en 1976.

La Chine a une population vieillissante avec une croissance stagnante même après que le gouvernement, il y a sept ans, s'est retiré d’une politique de l’enfant unique, et il y a à peine deux ans, a déclaré que les couples pouvaient avoir trois enfants.

L’Inde a une population beaucoup plus jeune, un taux de fécondité plus élevé et a connu une baisse de la mortalité infantile au cours des trois dernières décennies.

Les conséquences sociales et économiques sont importantes. En Inde, cela se traduit par une augmentation de la main-d’œuvre et une croissance qui stimule l’activité économique. En Chine, cela signifie moins d’adultes en âge de travailler capables de subvenir aux besoins d’une population vieillissante.

Une fois qu’un pays atteint un faible niveau de fécondité, il est souvent difficile de récupérer la croissance démographique, même avec des changements dans la politique gouvernementale pour encourager davantage de naissances, a souligné Toshiko Kaneda, directeur technique de la recherche démographique au Population Reference Bureau (PRB) à Washington.

"Psychologiquement, ce sera difficile pour la Chine, surtout compte tenu de la rivalité dans d’autres domaines entre les deux pays, a soulevé Stuart Gietel-Basten. C’est un grand moment dans l’histoire de l’humanité que le relais passe à l’Inde. "  

Une situation qui place cependant l'Inde devant de multiples défis.




Boby Dean pour DayNewsWorld

POURQUOI UN HAUT NIVEAU D'ACTIVITE NUCLEAIRE DETECTE EN COREE DU NORD ?

Un haut niveau d'activité a été détecté dans le principal complexe nucléaire de la Corée du Nord à l'aide d'images satellites, selon un think-tank, après que le dirigeant Kim Jong Un a appelé mardi à accroître la production de "matériel nucléaire militaire".

Des images satellites prises entre le 3 et le 17 mars suggèrent que la construction d'un réacteur à eau légère sur le site de Yongbyon est sur "le point d'être achevée", d'après l'organisation 38 North, basée aux Etats-Unis.

Selon ces mêmes images, l'édification d'un bâtiment a commencé, tandis que des rejets d'eaux issus du système de refroidissement ont été détectés, suggérant que le réacteur s'apprête "à être opérationnel", détaille le rapport du groupe de réflexion.

Un réacteur de cinq mégawatts à Yongbyon continue également à fonctionner et de nouvelles constructions ont débuté autour de l'usine d'enrichissement d'uranium du site, probablement pour augmenter ses capacités.

"Ces développements semblent refléter la récente directive de Kim Jong Un d'augmenter la production de matières fissiles pour renforcer son arsenal nucléaire", a analysé 38 North.

Des médias d'Etat ont montré mardi le numéro 1 nord-coréen, qui a appelé à accroître la production de "matériel nucléaire militaire" afin d'augmenter de "manière exponentielle" la production d'armes nucléaires, en train d'inspecter une rangée d'ogives plus petites qui semble être des ogives nucléaires tactiques.

De leur côté, Séoul et Washington mettent en garde contre un nouvel essai nucléaire nord-coréen depuis début 2022.

L'armée nord-coréenne a multiplié ses exercices militaires ces dernières semaines

Tandis que les deux pays alliés ont renforcé leurs exercices militaires conjoints, Pyongyang procède encore à des tirs et des essais de missiles, tout en accusant Séoul d'être à l'origine de la détérioration de la sécurité régionale.

L'agence officielle KCNA a dénoncé dimanche la série d'exercices conjoints menés par Washington et Séoul, mettant en garde contre la "capacité d'attaque nucléaire" de la Corée du Nord.

L'armée nord-coréenne, qui a multiplié ses exercices militaires ces dernières semaines, a affirmé mardi avoir effectué un deuxième essai de ce qu'elle a présenté comme un "drone d'attaque nucléaire sous-marin".

Alors que Pyongyang a qualifié d'"irréversible" son statut de puissance nucléaire en 2022, le leader nord-coréen a ordonné à son armée ce mois-ci d'intensifier ses manœuvres militaires en vue d'une "guerre réelle".




Alize Marion pour DayNewsWorld

POURQUOI L'OPPOSANT RAHUL GANDHI 

PERD SON SIEGE AU PARLEMENT INDIEN ?

Le chef de file de l'opposition indienne, Rahul Gandhi, n'a jamais été ministre d'un gouvernement fédéral ou d'un État. Pourtant, il reste au centre de la politique d'opposition de l'Inde et la principale cible du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi.

Le BJP au pouvoir du Premier ministre Narendra Modi vient de se débarrasser de son principal opposant pour une phrase prononcée il y a quatre ans. L’opposition s’insurge face à ce nouveau cap franchi dans l’autoritarisme des nationalistes hindous au pouvoir, à un an des élections.

Déchu de son siège de député du Parlement indien

Il risquait en effet de faire de l’ombre à Narendra Modi à l’approche des élections nationales prévues en 2024 : Rahul Gandhi, le chef de file charismatique du Parti du Congrès vient d’être déchu de son siège de député à la chambre basse du Parlement indien, conséquence d’une décision de justice tombée la semaine dernière. Condamné à deux ans de prison pour diffamation envers le premier ministre Modi pour des propos tenus lors de la dernière campagne électorale, l’héritier de la famille Gandhi pourrait se retrouver de facto écarté de la course, alors qu’il incarne les principaux espoirs de l’opposition.

Aujourd'hui, sa condamnation à deux ans de prison dans une affaire de diffamation et son renvoi du parlement vendredi pourraient inciter son parti et ses alliés à renforcer leur opposition au gouvernement du BJP, un an avant les prochaines élections générales.

La condamnation de jeudi est intervenue deux mois à peine après que Gandhi, 52 ans, a achevé une marche de 4 000 km à travers le pays, de la pointe sud de l'Inde au Cachemire, dans l'Himalaya, pour tenter de relancer son parti et de redorer son image, dans ce qu'il a appelé un Bharat Jodo Yatra, ou marche pour l'unification de l'Inde.

La peine d'emprisonnement de Gandhi a été suspendue pendant 30 jours, ce qui lui permet de faire appel auprès d'une juridiction supérieure, mais il ne pourra pas non plus participer aux prochaines élections générales s'il n'obtient pas la suspension ou l'annulation de sa condamnation.

La dynastie Gandhi

Son rôle central dans la politique d'opposition s'explique par le fait que son parti a dirigé l'Inde pendant 54 des 75 années qui se sont écoulées depuis l'indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, et que son père, sa grand-mère et son arrière-grand-père ont été premiers ministres pendant plus de 37 de ces 54 années.

Le Congrès était le plus grand parti politique national sur ce pays de 1,4 milliard d'habitants, jusqu'à ce qu'il soit dépassé par le BJP en 2014.

Bien qu'elle ne soit plus que l'ombre d'elle-même, la famille Gandhi - qui comprend Sonia, la mère de Rahul née en Italie et ancienne chef du parti, et sa sœur Priyanka - domine toujours le Congrès avec une loyauté féroce.

Même si le Congrès s'est affaibli en 2019, remportant moins de 10 % des 545 sièges de la chambre basse, il a obtenu près de 20 % des voix - le plus grand nombre de voix pour un groupe d'opposition - contre 38 % pour le BJP. Le Congrès est le parti au pouvoir ou la principale opposition dans une demi-douzaine d'États importants.

C'est cette puissante lignée et cet héritage que Modi et son parti cherchent à attaquer lorsqu'ils affirment que la politique dynastique n'a pas sa place dans une démocratie.

Un politicien peu sérieux ?

Gandhi s'est lancé dans la politique et a été élu pour la première fois au parlement en 2004 dans la ville d'Amethi, où vit sa famille, dans l'État de l'Uttar Pradesh, au cœur du nord du pays.

Il a réitéré cette victoire en 2009 et en 2014, mais a subi un revers cuisant en 2019 lorsqu'il a perdu son siège. Toutefois, il avait également brigué un siège dans l'État du Kerala et l'avait emporté, ce qui lui avait permis de revenir au Parlement.

L'assiduité de Gandhi au Parlement a été bien inférieure à la moyenne. Ses fréquentes absences de l'hémicycle et du pays ont attiré l'attention des médias et le BJP l'a accusé d'être un politicien "non sérieux".

En dehors du parlement, il a souvent rappelé à ses partisans l'engagement et les sacrifices de sa famille, évoquant l'assassinat de sa grand-mère, Indira Gandhi, alors premier ministre, et de son père, Rajiv Gandhi, ancien premier ministre.

Jeudi, après sa condamnation, il a simplement publié sur Twitter quelques mots en hindi du leader du mouvement pour la liberté, le Mahatma Gandhi, qui n'a pas de lien de parenté avec lui.

"Ma religion est fondée sur la vérité et la non-violence. La vérité est mon Dieu, la non-violence le moyen de l'obtenir. - Mahatma Gandhi".

Célibataire à 52 ans, Gandhi est connu pour être un adepte du fitness et des arts martiaux et a été vu faisant du vélo à New Delhi accompagné d'hommes de sécurité. Selon Neelanjan Sircar, chercheur invité au Centre for Policy Research de New Delhi, sa condamnation et sa disqualification du parlement sont désormais "une question de réussite ou d'échec" pour lui.

Pourra-t-il faire valoir l'argument selon lequel "je suis la cible d'un gouvernement qui ne représente pas nécessairement les intérêts de tous les Indiens", ou sera-t-il perçu comme quelqu'un qui n'est pas un politicien compétent et qui a donc été surclassé par le BJP", s'est interrogé M. Sircar

Dérive autoritaire de Narendra Modi

A un an des prochaines élections, la dérive autoritaire du premier ministre indien Narendra Modi se confirme, avec la mise à l’écart de son principal opposant Rahul Gandhi.

Le tribunal qui a condamné Rahul Gandhi se trouve en effet dans le fief de Narandra Modi, l’état du Gujarat, une région dont le premier ministre a fait le laboratoire de sa politique et où il tire encore toutes les ficelles. Pourtant ce coup de force peut surprendre.

Modi n’a pas forcément tant à craindre de son adversaire. Au moment d’achever son deuxième mandat, sa cote de popularité est toujours au plus haut et beaucoup lui prédisent une nouvelle victoire en 2024.

Dans le camp d’en face, l’opposition semble trop divisée pour rattraper son retard. Le Congrès, ce parti historique autrefois si puissant, n’a plus la même capacité de rassemblement. Raison pour laquelle Rahul Gandhi s’est lancé ces derniers mois dans une grande marche à travers le pays, sur 3500 km, à la rencontre des Indiens. Une référence à la fameuse marche du sel de Gandhi, point de départ de l’indépendance indienne dans les années 1930. Mais même si cette marche qui s’est achevé fin janvier a fait beaucoup parler, rien ne dit pour l’instant que le Congrès réussira à fédérer l’opposition dans l’année qui vient, condition sin equa non pour espérer renverser le pouvoir en place.

A moins que Narendra Modi ne se retrouve éclaboussé par le scandale financier du moment,le « scandale Adani » du nom de l’un des hommes les plus riches de la planète, l’homme d’affaires indien Gautam Adani. A la tête d’un des principaux conglomérats du pays, ce multi-milliardaire qui a fait fortune dans les matières premières se retrouve depuis quelques semaines au cœur d’une énorme affaire d’escroquerie. Il aurait construit un système de fraude à grande échelle, avec la bénédiction des autorités. Or, il s’agit d’un proche du premier ministre Modi. Les marchés qui lui ont été alloués posent question. Le fait qu’il finance le BJP également. Tout est réuni pour que ce scandale remonte jusqu’au chef du gouvernement. L’opposition est donc montée au créneau, avec Rahul Gandhi en première ligne. Cela pourrait expliquer pourquoi le pouvoir cherche à se débarrasser de cet opposant trop bavard.

Pourtant les observateurs en font le constat : ce scandale ne semble pas pour l’instant fragiliser Modi, l’opinion publique indienne s’y intéressant très peu. La mainmise du BJP sur les médias n’y est sans doute pas pour rien

Depuis son arrivée au pouvoir, le parti de Narendra Modi a resserré son emprise sur tous les secteurs de la société – la presse, la justice, l’économie.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

L'AXE RUSSO-CHINOIS ENTRE

DANS UNE "NOUVELLE ERE"

AVEC LA VISITE DE XI JINPING AU KREMLIN

Se rendre en Russie, c’est, pour Xi Jinping, affirmer de façon éclatante son soutien à Vladimir Poutine à un moment critique de la guerre en Ukraine, et quelques jours après l’émission d’un mandat d’arrêt à l’encontre du président russe par la Cour pénale internationale. Par ce geste, le leader chinois rappelle au monde que l’axe sino-russe est solide.

Alternative à une Europe désormais hostile, la République populaire de Chine (RPC) est, pour la Russie, bien plus qu’un soutien de circonstance. C’est un allié réel dans les enceintes internationales et sur les marchés mondiaux pour contrer l’influence occidentale en général et américaine an particulier.

Contre la relation transatlantique, un axe eurasiatique

Le soutien de la RPC à la Russie est loin d’être conjoncturel. Les deux pays n’ont cessé de développer leurs échanges et leurs coopérations au cours deux dernières décennies. Après avoir, en 1994, résolu leurs différends frontaliers issus de la période soviétique, ils ont conclu, dès 2001, un partenariat stratégique bilatéral qui s’est matérialisé sur plusieurs plans.

Les échanges commerciaux ont crû de façon régulière malgré les crises économiques (2008, 2014, 2021). Ils ont même atteint en 2022 le niveau de 190 milliards de dollars, un record, et une augmentation de 30 % par rapport à 2021.

La RPC est devenue dès 2010 le deuxième partenaire commercial de la Russie, derrière l’Union européenne dans son ensemble, mais devant tous les pays de l’UE pris individuellement. Fourniture d’énergie, de minerais et de matériel de défense côté russe, exportation de machines-outils, de produits pharmaceutiques et de composants électroniques côté chinois : les complémentarités se sont rapidement renforcées par l’instauration d’échanges financiers en roubles et yuans et d’une banque de développement au sein des BRICS.

Le gazoduc Force de Sibérie, lancé en 2014 et inauguré en 2019, relie la Sibérie au nord-est de la Chine. Elle sera bientôt renforcée par Force de Sibérie 2. Ces infrastructures donnent à la Russie un débouché alternatif à l’UE, engagée dans une stratégie de sevrage des hydrocarbures russes. Elles offrent également à la RPC un fournisseur d’énergie à bas prix au moment où les États-Unis ont repris une position de leader sur les marchés mondiaux de l’énergie.Comme un symbole de cette intégration économique croissante, le géant gazier russe Gazprom a annoncé mardi avoir livré la veille une quantité « record » de gaz via le gazoduc transfrontalier Force de Sibérie. Poutine a affirmé que l’accord a été « conclu » entre la Chine et la Russie sur le projet de gazoduc Force de Sibérie 2.

Mardi après-midi, Poutine a affirmé à Xi que la Russie peut répondre « à la demande croissante » chinoise en énergie, alors que les hydrocarbures russes sont sanctionnés en Occident. Selon lui, l’objectif est de livrer à la Chine au moins 98 milliards de mètres cubes de gaz russe et 100 millions de tonnes de GNL russe d’ici 2030, alors même que la Russie la réduction de sa production de brut de 500 000 barils par jour jusqu’à fin juin.

« La coopération russo-chinoise a des possibilités et des perspectives vraiment illimitées », s’est exclamé Vladimir Poutine mardi soir au cours d’un dîner d’Etat, en saluant la « nature spéciale des relations russo-chinoises ».

Les Etats-Unis et l'otan pris pour cible

Ce partenariat est largement cimenté par la contestation de l’Occident sur la scène internationale. Bien avant l’arrivée de Xi Jiping au pouvoir en 2013 et avant la rupture de la Russie avec l’Occident en 2014, les deux anciens empires remettaient déjà en cause l’action internationale des États-Unis en particulier et des Occidentaux en général : au Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) comme partout dans le monde, les diplomaties chinoises et russes se sont mutuellement épaulées pour critiquer les interventions de l’OTAN à l’étranger (Serbie, Afghanistan), pour contester les régimes démocratiques libéraux et pour dénoncer les « doubles standards » d’un Occident qui violerait les règles qu’il entend imposer aux autres acteurs internationaux.

Au CSNU, le droit de veto a été abondamment utilisé par la Russie (29 fois) et par la RPC (15 fois) depuis 1991 pour contrer les condamnations occidentales sur l’Ukraine, Taïwan, le Xinjiang, etc. On constate donc une « alliance défensive objective » entre puissances nucléaires membres permanents du CSNU.

La Russie et la Chine ont accusé ce mardi 23 mars 2023 les Etats-Unis de saper la sécurité mondiale en cherchant à déployer des missiles dans plusieurs pays du monde pour «conserver un avantage militaire unilatéral». «La Russie et la Chine se déclarent préoccupées par l'intensification des activités des Etats-Unis visant à créer un système mondial de défense antimissile et à déployer ses éléments dans diverses régions du monde, combiné à un renforcement de la capacité d'armes non nucléaires de haute précision», ont indiqué les président chinois et russe.

La déclaration commune signée ce mardi 23 mars 2023 à l’issue des pourparlers est claire : les deux puissances « sont très préoccupées par le renforcement grandissant des liens entre l’Otan et les pays de la région Asie-Pacifique concernant les questions militaires et celles de la sécurité », en prenant pour cible l'alliance stratégique Aukus réunissant les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie.

Coopération eurasiatique

Cet attelage anti-occidental se double d’une certaine coopération à l’échelle eurasiatique : conjointement créatrices de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS) en 2001, Russie et Chine ont cherché à instaurer une véritable hégémonie conjointe en Eurasie pour lutter contre le terrorisme, le séparatisme et le crime organisé dans la région. Mais aussi pour contrer l’influence des États-Unis dans la région suite aux guerres d’Irak et d’Afghanistan. L’OCS rapproche lors d’exercices militaires réguliers dans toutes les dimensions (air, terre, mer, cyber) les deux puissances militaires et leurs alliés. Le soutien chinois à la Russie s’était signalé en septembre dernier par la participation de la RPC à l’exercice Vostok 2022 en Extrême-Orient.

La visite de XI Jinping à Moscou confirme que la RPC est un « foul weather friend » de la Russie, autrement dit un allié même par temps de crise : en Eurasie et à l’ONU, sur le plan économique et dans les domaines militaires, le partenariat stratégique sino-russe est réel et prétend porter une vision du monde alternative (et hostile) à celle de l’Occident.

De façon plus concrète, la RPC soutient discrètement l’invasion russe en refusant d’adopter des sanctions, en alimentant le complexe militaro-industriel russe et en proposant récemment un plan de paix russo-ukrainien qui met l’accent sur les garanties de sécurité pour la Russie.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LA GUERRE EN UKRAINE UN AN APRES

UN PUISSANT REVELATEUR

DES FRACTURES MONDIALES

La guerre en Ukraine est un puissant révélateur des fractures mondiales car les Occidentaux n’ont pas été massivement suivis dans leur condamnation de l’agression russe. En fait, l’essentiel de l’humanité s’est gardé de prendre position et de condamner la Russie. Ainsi, le G20 financier, réuni à Bangalore en Inde fin février 2023, n’a pas été en mesure de s’accorder sur un communiqué commun, notamment parce que Pékin ne veut pas condamner la guerre qui se déroule sur le sol ukrainien. L’UE peine à convaincre les pays des Sud de condamner l’agression russe.

"Sud global" contre "Nord global"

Dès le début de la guerre en Ukraine, est ainsi apparue une ligne de crête  au sein de la communauté internationale qui se caractérise par une opposition entre le Nord et le Sud. Un an après le début du conflit,  cette opposition s'incarne  davantage encore entre pays du "Sud global", cet ensemble hétérogène de pays autrefois dits "sous-développés" au rôle croissant sur la scène internationale, et ceux du "Nord global", autre nom de l’Occident, selon la terminologie employée par ces premiers

D’un côté, les pays occidentaux ont resserré les rangs autour de l’Ukraine, dépassant leurs rivalités internes pour s’unir face à une agression en contradiction avec l’ordre mis en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. De l’autre, des pays du "Sud global", en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud, ont opté pour un positionnement plus ambigu.

Les divisions sont devenues évidentes dès le 2 mars 2022, lors du premier vote de l’ONU pour condamner la guerre en Ukraine. Si une résolution appelant le Kremlin à cesser son offensive y a été votée par 141 pays, 35 États du "Sud global", historiquement liés à Moscou, dont la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Sénégal se sont abstenus. Un mois plus tard, le nombre d’États abstentionnistes a encore grimpé, malgré la découverte du massacre de Boutcha. Cinquante-huit pays, dont le Brésil, ont refusé le 7 avril de participer au vote organisé pour exclure la Russie du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

Parmi ces pays , des poids lourds comme la Chine et l'Inde qui, forts de leur dynamique économique et stratégique, entendent peser dans les relations internationales. Ces deux puissances ont jusqu'à présent adopté une neutralité calculée, articulée à la défense de leurs propres intérêts .Elles adhèrent au discours russe selon lequel Moscou aurait été "lésé", par l’Otan, en Ukraine.

"Neutralité calculée"

En Inde, la politique de "neutralité calculée" adoptée par le Premier ministre, Narendra Modi, sur la guerre en Ukraine fait consensus. L’adhésion dépasse largement le cercle des partisans du gouvernement hindou : opposants de gauche et médias lui ont emboîté le pas. Tous soutiennent que le conflit en Ukraine est une problématique européenne et que l’Inde doit privilégier ses propres intérêts.

La Chine entretient également un rapport de neutralité calculé avec son grand voisin russe allant jusqu'à menacer de livrer des armes à la Russie. La Chine n’a pas condamné l’agression russe de l’Ukraine. Xi Jinping vient également de proposer un plan de paix, une annonce vraiment inédite, concernant la guerre en Ukraine invitant à une désescalade de la violence pour parvenir à un cessez-le-feu. Là où les Occidentaux espéraient une condamnation de la guerre menée par la Russie en Ukraine et une demande de départ des troupes russes, la Chine demande de ne pas recourir à l’arme nucléaire et de respecter l’intégralité territoriale. Pékin ne souhaite pas, à l’évidence, une aggravation du conflit en Ukraine, mais montre une certaine solidarité avec la Russie, considérant l’extension de l’OTAN à l’Europe orientale comme agressive.

Vers une recomposition géopolitique

En effet à l’ombre de la guerre qui se joue sur le sol ukrainien, l’Europe se ré-OTANise. Les Etats-Unis l’ont revivifiée en s’appuyant sur les pays d’Europe centrale et orientale et incitent ses membres à passer à une économie de guerre. La Finlande et la Suède demandent à y entrer. La Pologne tient une place importante sur l’échiquier américain. Varsovie achète du matériel américain, militaire et nucléaire civil et a annoncé sa volonté de porter ses dépenses militaires à 4% de son PIB, proportionnellement les dépenses les plus élevées des membres de l’OTAN. La Pologne appartiendrait alors à un dispositif défensif qui va de la mer Baltique à la mer Noire. L’influence de Washington a beaucoup grandi en Europe centrale et orientale au prix de l'abandon d’une défense européenne, semble-t-il.

Mais, de leur côté, les marines russe, chinoise et sud-africaine participent à des manœuvres navales inédites qui sont avec le déploiement de missiles hypersoniques Zircon embarqués sur la frégate Amiral Gorchkov. Ces manœuvres illustrent la solidité de la relation qui lie Johannesburg et Moscou, malgré les pressions occidentales. Et illustre les limites de la "neutralité" et de la défense de son propre intérêt, que Pretoria ne cesse d’afficher.

Le conflit ne se résume pas à ‘l’Occident contre le reste du monde’"

Même si ces manœuvres navales - qui se déroulent dans l'océan Indien, au large des côtes sud-africaines – étaient prévues de longue date, elles interviennent à l'issue d'une tournée en Afrique du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui visait à asseoir la stratégie d'influence russe sur le continent, de Bamako à Khartoum en passant par Nouakchott, après avoir visité fin janvier l'Angola et l'Afrique du Sud.  La Chine, elle, se rapproche des pays du Golfe, le dirigeant chinois a été bien reçu à Riyad en décembre 2022, ce qui n’avait pas été le cas de Joe Biden lors de sa tournée de l’été. Elle se rapproche aussi de l’Iran, qui a livré des drones à la Russie. Ce qui montrent bien que cette position de neutralité, partagée par de nombreux pays du "Sud global", est bénéfique à la Russie.

D'ailleurs la Russie profite économiquement de la politique de New Delhi et de Riyad

Le 5 octobre dernier, peu de temps après une visite de Joe Biden à Ryiad pour tenter de convaincre l’Arabie saoudite d’augmenter sa production de pétrole afin d’aider l’Europe à passer l’hiver, les membres de l’Opep ont décidé au contraire de la réduire. Aussi les plus grandes puissances du Sud ont-elles bénéficié des prix très bas pratiqués par la Russie pour écouler son pétrole et son gaz. La Chine en a importé des niveaux records, tandis que l’Inde a multiplié par 33 ses importations. Certains de ces pays ont atteint un tel niveau économique que l’Occident n’est plus en mesure d’exercer une quelconque pression à leur égard. Ce "Sud global" hétérogène trouve son unité dans la revendication d’un ordre mondial "multipolaire", face à "l’hégémonie unipolaire" de l’Occident. Un discours en écho à celui avancé par la Russie pour justifier l’invasion de l’Ukraine, malgré sa complète contradiction avec le droit international.

Monde "multipolaire" contre hégémonie occidentale

Quelques semaines avant d’ordonner l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine, en déplacement en Chine, ne signait-il pas déjà avec Xi Jinping une déclaration sur la nécessité de faire "avancer la multipolarité". Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, mène depuis le début de la guerre une opération de charme. De Pretoria à Khartoum, en passant par l’Égypte, le Mali et l’Éthiopie, il ne cesse d’invoquer la "création d’un ordre mondial multipolaire contre "l’hégémonie de l’Occident".

La Chine pas plus tard qu' hier lundi 6 mars 2023 dénonce sans ambages cette hégémonie occidentale «  Des pays occidentaux, menés par les États-Unis, ont mis en œuvre une politique d'endiguement, d'encerclement et de répression contre la Chine, ce qui a entraîné des défis sans précédent pour le développement de notre pays », a déclaré Xi Jinping selon un compte-rendu de l'agence de presse Chine nouvelle publié lundi soir. Une rhétorique proche de celle de son homologue russe.

Féroce rivalité entre la Chine et les Etats-Unis

D'autant que les sujets de frictions entre la Chine et les Etat-Unis se sont multipliés ces dernières années, du traitement des musulmans ouïghours au déséquilibre de la balance commerciale, en passant par Taïwan, la domination dans les technologies de pointe ou les accusations d'espionnage, dans l’affaire des ballons notamment. Pour la fabrication des semi-conducteurs, les Américains ayant perdu leur position dominante au profit du géant asiatique , les États-Unis, au nom d'une menace supposée à sa sécurité nationale, ont ainsi multiplié ces derniers mois les sanctions à l'encontre des fabricants de puces chinois, désormais entravés pour s'approvisionner en technologies américaines. En février c'est au tour de Tiktok d'être accusé de pouvoir accaparer les données de ses utilisateurs, et des semi-conducteurs…

Un découplage technologique s’annonce, organisé autour d’une bipolarisation sino-américaine, laissant l’Europe, décrochée, largement en retrait. Et qui en préfigure d'autres...




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LA CENSURE WOKE A L'OEUVRE

 DANS LES LIVRES DE JAMES BOND

Des références jugées « offensantes » à la suite d’un examen de sensibilité ont été supprimées des versions rééditées des romans de James Bond, écrits par l’écrivain Ian Fleming, a rapporté samedi 25 février The Telegraph. Une annonce qui intervient peu après la polémique sur la réécriture de certains passages des livres pour enfants de Roald Dahl.

De nouvelles mises à l’index. Des termes jugés offensants à la suite d’un « examen de sensibilité » et certaines « références raciales » ont été supprimés des nouvelles éditions des œuvres classiques de James Bond, a rapporté, samedi 25 février 2023, le quotidien britannique The Telegraph . Ces versions rééditées des romans de l’écrivain Ian Fleming devraient également comporter une « clause de non-responsabilité ».

Contextualisation et avertissements

Cette clause de non-responsabilité devrait être visible sur les premières pages du livre et pourrait être formulée ainsi : « Ce livre a été écrit à une époque où les termes et les attitudes qui pourraient être considérés comme offensants par les lecteurs modernes étaient monnaie courante », indique le journal. Ce dernier poursuit : « Un certain nombre de mises à jour ont été apportées à cette édition, tout en restant le plus proche possible du texte original et de la période dans laquelle il se déroule. »

Ainsi, certains termes, comme le mot « nègre » qui figuraient dans les écrits des années 1950 et 1960 ont été supprimés de cette nouvelle version des aventures de l’agent 007 qui devrait paraître en avril prochain. Certaines représentations des Noirs ont été « retravaillées » ou « supprimées », tandis que d’autres références à d’autres populations – comme celles asiatiques – ont été conservées. C’est notamment le cas de la description caricaturale et parfois grossière d’Oddjob, l’homme de main coréen du personnage d’Auric Goldfinger, dans le roman, du même nom.

Pour autant, certaines phrases considérées de nos jours comme désuètes, homophobes ou particulièrement sexistes ont été conservées. C’est le cas d’une référence à « la douce saveur du viol », à un « travail d’homme » ou bien à l’homosexualité comme un « handicap tenace », rapporte le quotidien anglais.

Polémique autour de la réédition des œuvres de Roald Dahl

Ces corrections sont les résultats d’une commande de la société détentrice des droits littéraires du personnage de James Bond. Celle-ci a en effet passé commande pour une relecture de l’œuvre de James Bond à un groupe de lecteurs sensibles et susceptibles d’apporter des modifications. Cette mise à jour intervient cependant à la suite d’une première polémique au Royaume-Uni sur la réécriture de certains passages des livres pour enfants de Roald Dahl.

En effet, les ayants droit de l’œuvre de Roald Dahl ont annoncé mi février qu’ils comptaient lisser le langage de tous les romans pour enfants de l’écrivain britannique. Le nombre de termes modifiés est vaste, touchant à des questions considérées comme sensibles : race et ethnicité, genre, poids, apparence physique, santé mentale, violences, etc. Un personnage « énormément gros » est dès lors devenu « énorme ». « Un truc fou » est devenu « un truc bizarre ».

Cette révélation avait particulièrement choqué en Grande-Bretagne. « C’est de la censure absurde », avait écrit l’écrivain Salman Rushdie sur Twitter. Malgré cette réécriture en anglais, à l’initiative des ayants droit, son éditeur français, Gallimard, a indiqué, mardi 21 février, qu’il comptait laisser intacts les textes de l’auteur britannique.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LA CHINE "TRES INQUIETE" DU CONFLIT EN UKRAINE PRONE "LE DIALOGUE"

La Chine a appelé mardi à "promouvoir le dialogue" en Ukraine, se disant "très inquiète" du conflit qui "s'intensifie et devient même hors de contrôle". Cette guerre constitue un dossier délicat pour Pékin, en raison de ses forts liens diplomatiques et économiques depuis plusieurs années avec Moscou, consolidés par l'intérêt commun de faire contrepoids à Washington.Officiellement neutre, la Chine appelle à respecter la souveraineté des Etats, y compris de l'Ukraine, tout en exhortant la communauté internationale à prendre en compte les préoccupations de Moscou en matière de sécurité. 

A quelques jours du premier anniversaire de l'invasion russe le 24 février, le secrétaire d'Etat Antony Blinken a dit craindre que la Chine envisage de fournir des armes à la Russie - des allégations démenties par Pékin.

"Voilà près d'un an maintenant que la crise en Ukraine a connu une escalade générale", a déploré mardi Qin Gang, le ministre chinois des Affaires étrangères, lors d'une conférence à Pékin. 

"La Chine est très inquiète de ce conflit qui s'intensifie et devient même hors de contrôle", a-t-il souligné devant plusieurs dizaines d'ambassadeurs et diplomates étrangers.

Pékin voit par ailleurs avec méfiance les livraisons d'armes à l'Ukraine. "Nous demandons aux pays concernés de cesser au plus vite de jeter de l'huile sur le feu et de cesser de rejeter la faute sur la Chine", a souligné Qin Gang, en référence notamment aux appels occidentaux lancés à Pékin afin de mettre la pression sur Moscou.

"Nous continuerons à promouvoir les pourparlers de paix (...) et à travailler avec la communauté internationale afin de promouvoir le dialogue et la consultation, répondre aux préoccupations de toutes les parties et rechercher la sécurité commune".

"Tapage"

Qin Gang a également rejeté tout parallèle entre l'Ukraine et Taïwan, île que la République populaire de Chine entend attacher au reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949.

Il convient de "cesser de faire du tapage en criant 'Aujourd'hui l'Ukraine, demain Taïwan'", a souligné le ministre, répliquant aux inquiétudes sur une potentielle invasion militaire chinoise du territoire insulaire de 23 millions d'habitants. "Les pressions et les tentatives pour contenir la Chine, venant de l'extérieur, sont de plus en plus fortes" et "constituent une menace sérieuse pour la souveraineté et la sécurité de la Chine", a déclaré Qin Gang. "La Chine s'est toujours engagée sur la voie du développement pacifique. Elle n'a jamais pris l'initiative d'un conflit ou d'une guerre, ni envahi un centimètre de terrain d'un autre pays."

Rencontre avec Poutine ?

Sur l'Ukraine, Pékin a affirmé la semaine dernière vouloir rendre publique prochainement une proposition pour trouver "une solution politique" à la guerre. Le patron de la diplomatie chinoise, Wang Yi, est lui attendu mardi en Russie, dernière étape d'une tournée européenne qui l'a déjà mené en France, en Italie, en Hongrie et en Allemagne.

Le Kremlin a déclaré lundi que M. Wang pourrait rencontrer le président Vladimir Poutine au cours de sa visite, selon l'agence de presse russe Tass. La pression occidentale s'accroît sur la Chine, qui n'a jamais appuyé ni critiqué publiquement l'offensive russe, tout en exprimant plusieurs fois son soutien à Moscou face aux sanctions occidentales.

"La fourniture d'un soutien létal à la Russie pour aider à sa guerre d'agression en Ukraine aurait de réelles conséquences sur nos relations avec la Chine", a souligné Antony Blinken. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a lui estimé qu'une éventuelle livraison d'armes par la Chine à la Russie constituerait une "ligne rouge" pour l'Union européenne

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a démenti lundi les allégations américaines, accusant Washington de "diffuser de fausses informations".

"Ce sont les Etats-Unis et non la Chine qui envoient constamment des armes sur le champ de bataille", a-t-il ajouté.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

UNE AIDE HUMANITAIRE AU COMPTE-GOUTTE

EN SYRIE

EN RAISON DE CONSIDERATIONS GEOPOLITIQUES

Dix camions ont franchi , ce dimanche 12 février 2023, la frontière avec la Turquie au point de passage de Bab-al Hawa, dans le nord-ouest de la Syrie. Ils apportent enfin de quoi confectionner des abris d'urgence avec des bâches en plastique, des couvertures, des matelas, des cordes ou encore des vis et des clous. 

Cette aide humanitaire est cruciale, martèlent de concert les ONG, notamment dans les zones rebelles où la situation était déjà dramatique. Avant même les séismes, le nord-ouest de la Syrie abritait, selon l’ONU, 2,9 million de déplacés et 4 millions d’habitants ayant besoin d’une assistance hivernale.

Et pourtant cinq jours plus tard, l'aide humanitaire peine toujours à arriver en Syrie. Si la Turquie a pu bénéficier assez rapidement d'une assistance internationale - 95 pays ont répondu à la demande d’aide de la Turquie - le voisin syrien apparaît comme le grand oublié de cette vague de soutien et n'a d'abord pu compter que sur son allié russe, puis dans un second temps sur les Émirats arabes unis, l'Iran et l'Égypte.

Pourquoi ?

Une région déchirée par la guerre civile

Le pays baigne depuis 11 ans dans une guerre civile opposant le pouvoir central mené d'une main de fer par Bachar Al-Assad et diverses rébellions armées. Un conflit qui a progressivement isolé Damas et son dirigeant autoritaire et qui complexifie aujourd'hui l'envoi de secouristes dans la région.

Le nord de la Syrie touché par le tremblement de terre est en effet un territoire profondément divisé . La région est divisée en quatre : les territoires contrôlés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), principalement kurdes, ceux gérés par des jihadistes, la zone frontalière sous influence turque et celle soumise au régime de Bachar Al-Assad.

La région touchée par le tremblement de terre peut se diviser en quatre zones, chacune contrôlée par un groupe différent. 

D'une part, la ville d’Alep et ses alentours qui sont aux mains du gouvernement de Bachar al-Assad. D'autre part, les zones rebelles avec la région d'Idleb, contrôlée par Hayat Tahrir al-Cham (HTS héritier du groupe Al-Qaïda), celles le long de la frontière turque avec des rebelles pro-Turcs et celles de l'est, tenue par les forces démocratiques syriennes (FDS). 

Et ces quatre zones sont parfois elles-mêmes divisées par différentes factions et milices, décrit le géographe Jean-François Corty membre de l'Ifris .

"Chaque groupe va essayer de tirer la couverture vers elle et de tirer avantage de cette situation", déplore-t-il. Avec comme corollaire une instrumentalisation de l'aide humanitaire...

Le risque de blocage turc

L'attitude de la Turquie constitue également un point de blocage non négligeable à l'acheminement de vivres en Syrie. Les Turcs veulent qu'on les aide eux en priorité. Erdogan joue une partie de sa réélection là-dessus.

Et il est impossible de prendre la direction de la Syrie par la route depuis la Turquie sans l'accord d'Ankara. Sans compter la haine viscérale que voue le régime turc aux populations kurdes, qui vivent encore dans la région, et qui ne peuvent donc rien espérer d'Ankara.

Un unique point de passage à la frontière turco-syrienne

En outre le seul moyen pour accéder au nord-ouest de la Syrie est de passer par des corridors humanitaires à partir de la Turquie, même si « la neige et les températures glaciales » compliquent le transport de matériel, a exposé El-Mostafa Benlamlih, coordinateur auprès de l'ONU, mercredi lors d'un point presse.

 Initialement, les Nations unies garantissaient l'ouverture de quatre points de passage. Mais en 2020, sous la pression de la Russie et de la Chine, alliées du gouvernement syrien, trois postes transfrontaliers ont été fermés. 

Il n'existe plus que celui de Bab al Hawa, unique point de passage sur la frontière, garanti par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. Celui-ci a cependant été touché par les séismes, a indiqué l'ONU mardi.

L'on attend donc la réouverture des trois autres points pour faciliter la mise en place de corridors humanitaires vers la Turquie. Une demande relayée jeudi par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres : 

"Je serais évidemment très heureux si le Conseil de sécurité pouvait trouver un consensus pour autoriser plus de points de passage", a-t-il espéré.

La Syrie de Bachar al-Assad ostracisée

Pour les ONG et États, l'autre solution serait d'acheminer de l'aide directement à partir du territoire syrien contrôlé par Damas. Une demande que le gouvernement de Bachar al-Assad a d'ailleurs explicitement formulée mardi, pressant la communauté internationale à lui venir en aide et en promettant que cela profiterait « à tous les Syriens sur tout le territoire », y compris les zones tenues par les rebelles en Syrie, où 5,3 millions de personnes risquent de se retrouver sans abri, selon l'ONU.

Mais la communauté internationale s'est montrée dans toute son ambiguité. Face à l'urgence de la situation, l'Union européenne et les États-Unis, qui ont rompu toute relation diplomatique avec Damas, semblent chercher des solutions en demi-teinte. Jeudi, la France a ainsi annoncé une aide d'urgence à l'ensemble des régions syriennes, tout en insistant que cela ne changeait pas " l'approche politique " de Paris vis-à-vis du régime de Damas. 

Même son de cloche du côté des États-Unis : "Nous sommes déterminés à apporter de l’aide au peuple syrien comme nous le faisons depuis des années en tant que premier fournisseur d’aide internationale", a déclaré le secrétaire d’État Antony Blinken mercredi. 

"Mais les fonds iront au peuple syrien et non au gouvernement de Damas".

De leur côté, certains pays arabes ont repris contact et envoyé de l'aide au président Bachar al-Assad alors qu'il était ostracisé depuis son exclusion de la Ligue arabe fin 2011.

 Les Émirats arabes unis, premier pays du Golfe à avoir rétabli ses relations avec Damas, ont déjà promis une aide d'au moins 50 millions de dollars et envoyé des avions chargés d'aide humanitaire. L'Arabie saoudite et le Qatar, ont aussi promis une aide, y compris aux zones contrôlées par le gouvernement.

Selon Nick Heras, chercheur au New Lines Institute ces séismes pourraient ainsi être l'occasion, pour Bachar al-Assad, "d'essayer de faire progresser le processus de normalisation de son régime avec le reste du monde arabe".

"Il est impératif que tout le monde considère cette situation pour ce qu’elle est : une crise humanitaire dans laquelle des vies sont en jeu. S’il vous plaît, ne la politisez pas", a lancé mardi 7 février le porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU, Jens Laerke.




Boby Dean pour DayNewsWorld

LA MOLDAVIE DESTABILISEE PAR 

LA GUERRE EN UKRAINE

Afflux de réfugiés, crise énergétique, peur d’une invasion… 

Épuisée par "autant de crises", Natalia Gravilita, Première ministre du pays voisin de l’Ukraine, a démissionné Le vendredi 10 février 2023. Et ce après un an et demi au pouvoir dans cette ex-république soviétique qui subit de plein fouet les conséquences de la guerre dans l’Ukraine .

Dès février 2022, alors que les premières bombes s’abattaient sur Kiev, Chisinau avait déclaré l’état d’urgence sur tout le territoire moldave et fermé son espace aérien. Un espace violé vendredi par le survol d’un missile de croisière russe.

"Une violation inacceptable" de l’espace aérien selon Chisinau.

La veille, les services de renseignement moldaves avaient par ailleurs confirmé des informations de Kiev selon lesquelles Moscou projetait de renverser le gouvernement pro-européen de Chisinau.

En quelques semaines, ce petit pays de 2,6 millions d’habitants a vu affluer 250 000 réfugiés. Dépendant à 100 % du gaz russe avant la guerre et régulièrement privé d’électricité par les frappes sur les installations ukrainiennes, il a aussi encaissé de plein fouet la crise énergétique qui a fait décoller l’inflation (34 %).

Extrêmement dépendant de la Russie, le petit pays de 2,6 millions d’habitants niché entre l’Ukraine et la Roumanie a subi une réduction drastique des livraisons du géant Gazprom après l’invasion russe.

Mais plus que tout, c’est la crainte d’une invasion russe qui crispe Chisinau depuis un an. Une partie de son territoire, la Transnitrie (500 000 habitants), est déjà aux mains de séparatistes depuis 1991 : 

près de 12 000 militaires à la solde du Kremlin sont positionnés dans cette enclave pro-russe. Maia Sandu a accusé Moscou d’être derrière des trafics d’armes, de biens, de traites d’humains ou de financer des manifestations antigouvernementales : bref, de mener une « guerre hybride ».

Menace non démentie par Moscou... 

Le 3 février, dans une interview télévisée, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, n' avait-il pas évoqué une potentielle extension de la guerre en Ukraine à la Moldavie voisine ? 

Son tort à ses yeux ?

Etre aux mains d’une présidente pro-européenne, Maia Sandu, titillée par "l’envie de rejoindre l’Otan"​. 

La question n’est pourtant pas à l’ordre du jour même si le pays a déposé en juin 2022 sa candidature pour intégrer l’Union européenne.

Nommé dès ce vendredi après-midi par la Présidente, le nouveau Premier ministre Dorin Recean, 48 ans, devrait être confirmée rapidement par le Parlement.

Cet entrepreneur dans la fintech, ex-ministre de l’Intérieur, était le "conseiller défense" ​de Maia Sandu depuis l’invasion russe en Ukraine.




Alize Marion pour DayNewsWorld

PLUS DE 19 300 MORTS APRES LE SEISME EN TURQUIE ET EN SYRIE

ET DES CRITIQUES A L'ENCONTRE D'ERDOGAN

Le bilan des séismes qui ont frappé la Turquie et la Syrie ne cesse de s'alourdir.

Selon le dernier bilan annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi, au moins 19 300 personnes sont mortes en Turquie et en Syrie après le séisme de magnitude 7,8 et ses répliques qui ont frappé la région ce lundi. Il dépasse ce jeudi les 19 300 morts, avec plus de 64 000 blessés en Turquie et 5 000 en Syrie. Et les chances de survie s’amenuisent.

Selon les derniers bilans des autorités locales, la Turquie déplore officiellement au moins 16 170 morts et 6 444 bâtiments détruits. Il s’agit du pire bilan depuis le séisme de 1999, d’une magnitude de 7,4 et qui avait fait 17 000 morts dont un millier à Istanbul. En Syrie, au moins 3 162 personnes ont perdu la vie, à la fois dans les zones contrôlées par le gouvernement et les zones rebelles. Au total, le bilan provisoire s’élève à 19 332 morts.

"Le nombre de morts et de blessés devrait s’alourdir considérablement, de nombreuses familles se trouvant encore sous les bâtiments effondrés", a déclaré jeudi matin sur Twitter, Raed Saleh, le chef du service de secours dans le nord-ouest de la Syrie.

Le ministre de l’intérieur turc a averti, mardi, que les prochaines quarante-huit heures seraient "cruciales" pour retrouver d’éventuels survivants. L’aide internationale a commencé à arriver en Turquie, où un deuil national a été décrété pour sept jours.

Il s'impose d'ores et déjà comme l'un des dix plus meurtriers du siècle, et pourrait dépasser les 17.000 morts déplorés lors du dernier séisme d'ampleur en Turquie, en 1999.

Certains experts turcs craignent même un bilan proche du séisme de 1939 (34.000 morts, le pire dans le pays depuis sept siècles) en raison du nombre vraisemblablement très élevé de personnes englouties sous les décombres de milliers d'immeubles.

Erdogan, fortement critiqué, reconnaît "des lacunes"

Après le violent séisme qui a frappé son pays lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan se retrouve sous pression à trois mois d'élections présidentielle et législatives qui s'annonçaient déjà serrées avant la catastrophe. Face à la montée des critiques concernant la lenteur et l'inorganisation des secours, le dirigeant au pouvoir depuis 2003 s'est rendu dans la zone sinistrée mercredi et a amorcé un mea culpa.

"Bien sûr qu'il y a des lacunes, il est impossible d'être préparé à un désastre pareil", a-t-il plaidé depuis la province d'Hatay, près de la frontière syrienne

"Nous avons eu des difficultés au départ avec les aéroports et sur les routes, mais aujourd'hui ça va mieux et ça ira encore mieux demain", a répondu le chef de l'Etat, Recep Tayyip Erdogan pour désamorcer la colère.

"Nous avons mobilisé toutes nos ressources, l'Etat fait son travail avec l'Afad [organisme de secours public, NDLR] et les municipalités concernées avec tous les moyens à sa disposition", a martelé le président turc, en difficulté dans les sondages pour sa réélection lors du scrutin présidentiel du 14 mai.

Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, a annoncé la distribution de 10.000 livres turques (494 euros) à chaque famille touchée.

Recep Tayyip Erdogan se souvient sans doute que c'est l'impéritie des autorités lors du dernier gros tremblement de terre en Turquie, en 1999, qui avait conduit son parti à la victoire trois ans plus tard. Le Premier ministre d'alors, Bulent Ecevit, avait fait l'objet de vives critiques pour avoir négligé les secours aux populations.

Cette fois, le chef de l'État a aussitôt déclaré un niveau d'urgence maximal qui en appelle à l'aide internationale.

"Toute l’aide nécessaire, quelle qu’elle soit"

Les premières équipes de secouristes étrangers sont arrivées mardi, des dizaines de pays ayant proposé leurs services à Ankara dont ceux de l’Union européenne et du Golfe, les États-Unis, la Chine et même l’Ukraine.

Selon M. Erdogan, qui a déclaré l’état d’urgence pour trois mois dans les dix provinces touchées par le séisme, quarante-cinq pays ont proposé leur aide.

"Une réponse efficace à l'urgence pourrait renforcer le chef de l'État et son parti, l'AKP, en suscitant un sentiment de solidarité nationale sous la direction d'Erdogan", estime dans une note Wolfango Piccoli, du cabinet de conseil en risques politiques Teneo, basé à Londres.

De son côté l'opposition affirme que le nombre élevé de décès n'est pas seulement lié au tremblement de terre, mais à des constructions mal réglementées et de mauvaise qualité. La plupart des habitations turques ne sont pas construites aux normes antisismiques, malgré une loi votée en 2007 qui est peu appliquée en raison de la corruption.

Et la Syrie ?

Côté syrien, l’inquiétude de la communauté internationale grandit à mesure que les heures passent. L'aide et les secours et internationaux en Syrie ont plus de difficulté à se mettre en place en raison de considérations géopolitiques. L’aide d’urgence « ne doit pas être politisée » a insisté l’ONU.

L’Organisation des Nations unies (ONU) a toutefois reçu l’assurance qu’une partie de l’aide humanitaire d’urgence "allait passer le jeudi 10 Fevrier 2023" par le point de passage de Bab Al-Hawa, le seul autorisé entre la Turquie et le nord-ouest de la Syrie, a fait savoir l’envoyé spécial de l’ONU à Genève, Geir Pedersen. En Syrie, l’appel lancé par les autorités de Damas a cependant surtout été entendu par son allié russe.

Selon l’armée, plus de 300 militaires russes sont déjà sur place pour aider les secours. Mardi, Washington avait dit travailler avec des organisations non gouvernementales (ONG) locales en Syrie, insistant sur le fait que "ses fonds iront bien sûr au peuple syrien, pas au régime [de Damas]"...




Boby Dean pour DayNewsWorld

LE MONDE SE DIRIGE VERS

 "UNE GUERRE PLUS LARGE" SELON L'ONU

Guerre en Ukraine, crise climatique, pauvreté extrême…

"Nous avons commencé l’année 2023 avec dans notre ligne de mire une convergence de défis jamais vus de notre vivant", s’est alarmé lundi 6 Février 2023 le secrétaire général de l’ONU devant l’Assemblée générale.

Le groupe de scientifiques gérant l’horloge de l’apocalypse a d’ailleurs estimé récemment que l’humanité n’a jamais été aussi proche de la fin du monde, désormais à 90 secondes avant minuit, a-t-il rappelé, y voyant un signal d’alarme.

"Nous devons nous réveiller et nous mettre au travail", a-t-il insisté, dressant une liste des questions urgentes pour 2023.

Tout en haut de cette liste, la guerre en Ukraine.

Les perspectives de paix ne cessent de se réduire. Les risques d’une escalade et d’un carnage supplémentaires ne cessent d’augmenter.

"Je crains que le monde ne soit pas en train d’avancer en dormant comme un somnambule vers une guerre plus large, mais je crains qu’il le fasse en fait les yeux grands ouverts", a-t-il lancé, avant de s’inquiéter d’autres menaces à la paix.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

PLUS DE 5000 MORTS DANS UN PUISSANT SEISME

EN TURQUIE ET EN SYRIE

Plus de 5 000 personnes ont été tuées lundi dans le sud-est de la Turquie et en Syrie voisine par un puissant séisme de magnitude 7,8, suivi quelques heures plus tard par une très forte réplique de magnitude de 7,5, des secousses enregistrées jusqu’au Groenland.

La première secousse de magnitude 7,8 est survenue dans le sud-est de la Turquie, à 60 km environ à vol d’oiseau de la frontière syrienne ; Des dizaines de répliques ont suivi, avant un nouveau séisme de magnitude 7,5 dans le sud-est de la Turquie ;

Plusieurs sites archéologiques ont été touchés en Syrie et notamment la citadelle d’Alep ;

En Turquie, près de 3000 immeubles se sont effondrés, selon le président Recep Tayyip Erdogan

Le bilan ne cesse de s’alourdir, un très grand nombre de personnes restant piégées sous les bâtiments effondrés qui se comptent par milliers. La pluie et la neige, tombée à certains endroits en abondance, et la baisse attendue des températures vont rendre encore plus difficile la situation des personnes se retrouvant sans abri, ainsi que le travail des secours.

Et les bilans ne cessent de grimper.

En Turquie, le décompte des morts s’établit pour le moment à 3419 et celui des blessés à 20 534, selon le vice-président Fuat Oktay.

En Syrie, au moins 1602 personnes sont mortes et 3640 ont été blessées, selon les autorités syriennes et des secouristes dans les zones rebelles. Dans la partie de la Syrie contrôlée par le gouvernement, le bilan a grimpé à 812 morts et 1449 blessés selon le ministère de la Santé.

Dans les zones sous contrôle des rebelles, les Casques blancs (volontaires de la protection civile) ont fait état de 790 morts et plus de 2200 blessés.

Le bilan risque encore d’évoluer dans les villes touchées, Adana, Gaziantep, Sanliurfa, Diyarbakir notamment. À Iskenderun et Adiyaman, ce sont les hôpitaux publics qui ont cédé sous l’effet du séisme, survenu à une profondeur d’environ 17,9 kilomètres. Les intempéries qui frappent cette région montagneuse paralysent les principaux aéroports autour de Diyarbakir et Malatya, où il continue de neiger très fortement, laissant les rescapés hagards, en pyjama dehors dans le froid.

L’OMS a dit elle-même s’attendre au pire et redouter « des bilans huit fois plus élevés que les nombres initiaux ».

Le premier séisme, survenu dans la nuit de dimanche à lundi, a eu lieu au niveau de la faille est-anatolienne, à l'est de la Turquie, où se rencontrent deux plaques tectoniques.Il s'agit d'une frontière tectonique majeure entre l’Anatolie et l’Europe.

Au premier séisme s'en sont suivies de nombreuses répliques, dont une secousse de magnitude 7,5, survenue ce lundi en fin de matinée

La Turquie se trouve sur l'une des zones sismiques les plus actives du monde. Plusieurs tremblements de terre ont eu lieu ces dernières années dans la région. Ce séisme est le plus important en Turquie depuis le tremblement de terre du 17 août 1999, qui avait causé la mort de 17 000 personnes, dont un millier à Istanbul.


Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont la réaction à ce drame sera très probablement suivie à la loupe avant l’élection du 14 mai qui s’annonce très serrée, a appelé à l’union nationale. Un deuil national de sept jour a été décrété.

« Nous espérons que nous sortirons de cette catastrophe ensemble le plus rapidement possible et avec le moins de dégâts possible », a-t-il tweeté, précisant par ailleurs que la Turquie avait reçu l’aide de 45 pays.

Du monde entier affluaient les condoléances, du président américain Joe Biden à ses homologues russe Vladimir Poutine au encore chinois Xi Jinping, en passant par le pape François qui s’est dit « profondément attristé », ainsi que les propositions d’aide humanitaire et médicale.




Boby Dean pour DayNewsWorld

PROLONGATION DE L'ETAT D'URGENCE

PAR LES MILITAIRES EN BIRMANIE

Après une décennie de transition démocratique, la Birmanie est-elle condamnée à revenir durablement dans la période sombre de la dictature militaire ? 

Le 1er février 2023, cela fait deux ans que les militaires ont repris le pouvoir en Birmanie, emprisonnant l’icône de la démocratie Aung San Suu Kyi et entraînant une guerre civile brutale qui a fait plus de 2 800 morts et 13 000 civils derrière les barreaux. Et en ce jour anniversaire, la junte prolonge l'état d'urgence.

En effet le Conseil national de défense et de sécurité, composé de membres de la junte, a convenu ce mercredi de prolonger de six mois l'état d'urgence en Birmanie, ont annoncé les médias officiels.

La demande du chef de la junte Min Aung Hlaing de proroger l'état d'urgence, décrété lorsque les militaires ont renversé le gouvernement d'Aung San Suu Kyi en février 2021, a été acceptée, a déclaré la chaîne de télévision publique MRTV.

Le président par intérim, Myint Swe, a ajouté que "Le pouvoir souverain de l'État a de nouveau été transféré au commandant en chef ".

L'état d'urgence devait expirer fin janvier, mais mardi, le Conseil national de défense et de sécurité s'est réuni pour discuter de l'état de la nation et a conclu qu'il n'était "pas encore revenu à la normale".

Les Birmans vont-ils se résigner à une nouvelle période de dictature militaire en Birmanie ? 

L’armée n’est-elle pas numériquement et matériellement en position de force face au mouvement de désobéissance civile ?

Un mouvement de désobéissance civile ?

Certes Min Aung Hlaing a également affirmé que le « gouvernement œuvrera à l'organisation d'élections dans toutes les régions du pays afin que le peuple ne perde pas ses prérogatives démocratiques ».

Le parti d'opposition mené par Aung San Suu Kyi (la Ligue nationale pour la démocratie ou NLD) a du mal à se faire entendre. Plusieurs hauts représentants de la Ligue nationale pour la démocratie ainsi que des activistes, des intellectuels et des artistes ont d'ailleurs été interpellés dès février 2021 .

La vie continue tant bien que mal, le prix des denrées alimentaires a doublé en deux ans, mais les salaires sont restés les mêmes. L’anniversaire du coup d’État est vécu avec morosité, et une partie de la population a décidé, comme l’année dernière, de rester à la maison – une forme de protestation silencieuse.

Un nouveau train de sanctions internationales

Les États-Unis, rejoints par la Grande-Bretagne, le Canada et l’Australie, ont annoncé, eux, un nouveau train de sanctions. Seront-elles plus efficaces que celles imposées jusqu'à présent à la Birmanie ?

Pour la première fois, Washington vise le plus grand producteur birman de gaz et de pétrole, "MOGE" :

c’est dans les caisses de cette entreprise d’État que la junte puise le gros de ses revenus.

En tout, six responsables (parmi eux le ministre de l’Énergie) et trois entreprises publiques voient leurs avoirs aux États-Unis gelés. Le commerce et des transferts d’argent avec eux seront interdits.

Le Royaume-Uni, lui, met sur sa liste noire deux entreprises qui fournissent du carburant d’aviation à l’armée et financent ainsi une "campagne barbare de raids aériens". 

Le Canada et l’Australie interdisent, eux, désormais, la vente et l’exportation de carburant destiné aux avions de combats.

Car le conflit armé se poursuit dans plusieurs régions du pays. Les villages des minorités ethniques sont encore régulièrement bombardés et incendiés.

Mais selon l’ONG Human Rights Watch, aucune de ces sanctions prises au compte-gouttes n'est assez douloureuse pour forcer le régime militaire à changer sa politique.

Il est d’ailleurs peu probable que les Nations unies, divisées, imposent un embargo sur les armes, seul à même de faire plier la junte. Moscou et Pékin, tous deux soutiens des militaires birmans, s’y opposent fermement.

D'ailleurs pour nombre d'analystes, les sanctions n’ont jamais marché. 

Pour Sophie Boisseau du Rocher, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (IFRI), la solution est dans les mains de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), du fait notamment "que les seuls partenaires [que les militaires birmans] considèrent véritablement, ce sont […] leurs voisins immédiats. […] 

Ce sont les seuls qui peuvent véritablement essayer d’avoir un impact sur la situation, notamment l’Indonésie.

"Ce dernier pays, affirme la chercheuse, "sert d’interface entre les différents acteurs politiques". 

Il s’agirait de trouver "un compromis […] derrière les rideaux"...

A quand  « la tenue d'élections générales libres et équitables et la mise en place une véritable démocratie multipartite » promise déjà en 2021 par Myint Swe, vice-président, devenu président par intérim ?




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

DENONCER AUSSI LA PERSECUTION

DE 360 MILLIONS DE CHRETIENS DANS LE MONDE

"La persécution des chrétiens, minoritaires dans beaucoup de pays, reste dans l’angle mort de nos préoccupations. Elle soulève peu d’indignation. Elle ne suscite pas de sanctions. À l’ombre du silence, elle progresse considérablement d’une année à l’autre.", s'insurge Jeanne Emmanuelle Hutin dans un Editorial du 29 janvier 2023 de l'Ouest.

Un chrétien sur sept

En effet le constat est sans appel : plus de 360 millions de chrétiens ont été « fortement persécutés et discriminés » en raison de leur foi dans le monde en 2022 et la Corée du Nord est le pire pays pour les chrétiens, selon un rapport de l’ONG Portes ouvertes publié mercredi 18 janvier. Cette ONG protestante publie chaque année un « index mondial » de la persécution des chrétiens, recensant toutes les atteintes, allant de l'« oppression quotidienne discrète » aux « violences les plus extrêmes ». Ce rapport annuel révèle un phénomène mondial d’une ampleur considérable.

Deux fois plus qu’il y a trente ans

Entre le 1er octobre 2021 et le 30 septembre 2022, ce sont " plus de 360 millions " de catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes de 76 pays qui ont été "fortement persécutés dans le monde, soit un chrétien sur sept", a affirmé Patrick Victor, directeur de Portes ouvertes France, lors d’un point presse.

Un nombre identique à l’année 2022. Mais depuis trente ans, "la persécution s’est étendue" avec aujourd’hui "76 pays à persécution forte contre 40 " recensés dans le premier index de l’ONG en 1993, a souligné Guillaume Guennec.

En outre,"la persécution s’intensifie dans les pays concernés", a-t-il ajouté.

En 2022, 5 621 chrétiens ont été tués.

L’ONG a aussi comptabilisé "4 542 chrétiens détenus" (dont 1 750 en Inde), contre 4 277 l’année précédente, et " 5 259 chrétiens kidnappés" (dont 4 726 au Nigeria), contre 3 829. Le nombre total d’églises fermées, attaquées, détruites s’établit à 2 110, en baisse (5 110 en 2021).

Toutes persécutions confondues, la Corée du Nord est passée en tête du classement, détrônant l’Afghanistan. Suivent la Somalie, le Yémen, l’Érythrée, la Libye, le Nigeria, le Pakistan, l’Iran, l’Afghanistan et le Soudan.

" 80 chrétiens condamnés " en Iran

Sur les trente dernières années, trois tendances sont constatées. "Le continent africain est marqué par une montée en puissance de l’extrémisme islamique", avec 26 pays à persécution forte contre sept en 1993.

En outre, "les chrétiens sont souvent les victimes du nationalisme religieux ou idéologique", ajoute l’ONG, citant la Chine, depuis 2017, ou encore l’Inde, avec une « explosion des violences ». Enfin, l’organisation déplore "l’exode chrétien" au Moyen-Orient :"les exactions de (l’organisation) État islamique ont encouragé les chrétiens à fuir l’Irak et la Syrie".

Totalitarisme, nationalisme religieux, djihadisme, oppressions islamique et clanique, corruption sont les facteurs de cette persécution, analyse encore Portes Ouvertes.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

DEUX ATTAQUES MEURTRIERES

A JERUSALEM-EST

La première a eu lieu vendredi 27 janvier 2023 au soir, près d'une synagogue, et la deuxième s’est déroulée ce samedi 28 janvier 2023 matin, à proximité d’un site archéologique de la Cité de David.

Au lendemain d’une première fusillade ayant fait sept morts vendredi soir à Jérusalem-Est (Israël), la ville a de nouveau été prise pour cible ce samedi. 

Un père et son fils ont ainsi été blessés dans une seconde attaque perpétrée près d'un site archéologique.

Les faits

Au cours de la première fusillade qui s’est déroulée dans la soirée du vendredi 27 janvier, un Palestinien de 21 ans s’est rendu à proximité d’une synagogue du quartier de Neve Yaakov pendant les prières du shabbat et s’est mis à tirer sur les personnes présentes. 

Sept d'entre elles ont été tuées.

A la suite d’une course poursuite et de tirs échangés avec les policiers, l’auteur des faits a été abattu.

Pour le chef de la police, Kobi Shabtai, il s’agit de "l’une des pires attaques" subies par Israël ces dernières années.

Jérusalem-Est a connu une deuxième attaque ce samedi 28 janvier, au matin. Elle a eu lieu près d’un site archéologique de la Cité de David, dans le quartier de Silwan et a fait deux blessés, un père de 47 ans et son fils de 23 ans.

L’assaillant a été "neutralisé et blessé" par des passants qui détenaient un permis de port d'armes, d’après un communiqué de la police israélienne.

Des bilans lourds, inédits depuis des années, sanglant apogée de quatre semaines de tensions entre Israéliens et Palestiniens.

L'un des deux assaillants âgé de 13 ans

Concernant l'auteur de la première attaque, peu d'informations avaient filtré à son sujet samedi matin. Les enquêteurs ont arrêté quarante-deux personnes en marge de la fusillade. Certaines d’entre elles sont des membres de la famille de l'assaillant de 21 ans ou encore des habitants de son quartier.

L’auteur de la deuxième fusillade de ce samedi est un autre Palestinien. Les policiers ont précisé qu'il s'agissait d'un adolescent âgé de seulement 13 ans. Il a rapidement été interpellé par les forces de l’ordre israéliennes.

Des réactions en cascade

L'attaque de Jérusalem "est une réaction naturelle aux crimes de l'occupation contre notre peuple palestinien", a commenté le Hamas, tandis que Benyamin Nétanyahou a promis des "mesures immédiates". Le président des Etats-Unis, Joe Biden, a fustigé une "atroce attaque terroriste" et une "attaque contre le monde civilisé".

Le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, doit se rendre lundi et mardi en Israël et Cisjordanie pour insister, selon Washington, sur "la nécessité urgente de prendre des mesures de désescalade".  




Sandra Stac pour DayNewsWorld

COVID POURQUOI LE NOMBRE DE DECES 

EN CHINE EST-IL SOUS-EVALUE SELON L'OMS ?

L’OMS avait critiqué ces dernières semaines la réticence de la Chine à partager des données fiables sur la vague de Covid, ainsi que la définition très étroite d’un décès attribué au virus.

Or pour la première fois depuis l'abandon de sa stratégie « zéro Covid », la Chine a admis samedi que près de 60 000 personnes étaient mortes du Covid-19 entre le 8 décembre 2022 et le 12 janvier 2023. Douze fois plus de morts en un mois qu'en trois ans  donc selon les chiffres officiels. En annonçant samedi « 59 938 » décès du Covid-19 dans les hôpitaux, la Chine a rapproché son bilan officiel de la situation réelle.

Un nombre qui semble toutefois largement sous-évalué.

Depuis décembre, les Chinois ne sont quasiment plus soumis à aucune restriction. L'isolement obligatoire et les quarantaines dans des centres ont pris fin. Dans le même temps, les autorités sanitaires ont donné un coup d'accélérateur à la campagne de vaccination chez les plus âgés.

Mais les spécialistes sont formels : avec la brusque levée de toutes les restrictions sanitaires, le véritable bilan est bien plus élevé.

En effet ce bilan n'intègre que les décès enregistrés à l'hôpital, submergées depuis plus d'un mois par une inédite flambée des contaminations. Aucune personne décédée du Covid à domicile ou avant sa prise en charge par un établissement de soins n'est comptabilisé.

Aussi impressionnant soit-il, l'effort de transparence de Pékin (12 fois le bilan total des trois dernières années en seulement cinq semaines) n'est pas représentatif de la réalité.

Entre le 8 décembre 2022, premier jour de l’après-zéro Covid, et le 12 janvier, le nombre de morts liées à la maladie dans les hôpitaux chinois s’est élevé à 59 938, a indiqué Jiao Yahui, directrice du bureau de l’administration médicale au sein de la commission nationale de santé.

Sur ce nombre, 5 503 décès sont dus à une insuffisance respiratoire, et les 54 435 autres résultent d’une combinaison du Covid-19 et d’autres affections. L’âge moyen des personnes décédées s’établit à 80,3 ans, a-t-elle précisé. Neuf patients décédés sur dix étaient âgés de 65 ans et plus.

Jusqu’alors, la Chine ne comptabilisait que les décès dus à une insuffisance respiratoire, et non les décès « liés » au Covid-19. Cette définition très restrictive avait été critiquée par la communauté internationale et par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière a salué la nouvelle communication chinoise.

Estimant d'ailleurs que « seuls 5503 malades sont morts directement d'une insuffisance respiratoire due au Covid-19 », les autorités sanitaires semblent déjà en atténuer la portée.

Peut-être pour satisfaire l'OMS, plutôt que s'astreindre à dresser un bilan crédible.

Un enjeu politique pour Xi Jinping

Difficile pour Pékin d'aller au-delà.  Si la Chine se mettait à changer les chiffres , à alourdir un peu plus le bilan, ne serait-ce pas une manière de se dédire par rapport à la politique 'zéro Covid' qui a été menée ?

Or, le président chinois Xi Jinping, en poste depuis 2020, aujourd'hui fragilisé par trois ans d'épidémie, cherche à garder sa mainmise sur le pouvoir. Les déplacements des millions de Chinois, qui se retrouvent en famille pour les festivités du Nouvel An lunaire, représentent un enjeu fort pour les autorités, qui redoutent un nouveau rebond épidémique.

Sur place, beaucoup d'hôpitaux sont débordés. Les malades seraient parfois si nombreux que les brancards resteraient sur le trottoir , selon nos envoyés spéciaux. Les funérariums saturés.

Une population dénuée de protection face au virus

Si nous supposons que 70 % de la population chinoise est infectée au cours des prochains mois, et que 0,1 % des personnes infectées meurent (une estimation prudente du taux de mortalité de l’omicron dans une population peu exposée au SARS-CoV-2), un calcul simple suggère que le nombre de décès pourrait frôler le million.

Une modélisation de l’université Fundan (Shanghai) arrivait à un chiffre de 1,55 million. À ce stade, la Chine ne peut pas faire grand-chose pour éviter un nombre important de cas et de décès.

Et encore : la population chinoise est peu ou mal vaccinée dans son ensemble, et a été relativement épargnée par les vagues précédentes du fait de la très stricte politique « zéro Covid ». Or la moindre virulence d'Omicron tient essentiellement... à la vaccination et aux précédentes infections. En témoigne le cas de Hong Kong, décimée par Omicron l'hiver dernier.

Qu’en est-il de l’immunité vaccinale ?

En effet les taux de vaccination en Chine sont comparables à ceux des pays occidentaux. Mais ils montrent une caractéristique inhabituelle : ils diminuent avec l’âge.

Alors qu’elles sont les plus exposées au risque de formes graves du Covid, les personnes âgées sont ainsi le groupe démographique le moins vacciné avec seulement 40 % des personnes de plus de 80 ans ayant reçu trois doses.

De plus l’efficacité des vaccins contre la transmission a été sévèrement mise à l’épreuve, surtout depuis qu’Omicron a commencé à se propager fin 2021.

La Chine ayant utilisé des vaccins, dits « inactivés » , fabriqués par les sociétés Sinovac et Sinopharm, ces vaccins généralement sûrs, ont cependant tendance à susciter des réponses immunitaires plus faibles que les nouvelles technologies – telles celles employées dans les vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna) ou à vecteur adénoviral (AstraZeneca et Johnson & Johnson).

Les performances des vaccins chinois ont ainsi été mitigées. Certes, le variant Omicron ( via ses nombreux sous-variants ), dominant au niveau mondial, est associé à une gravité de la maladie et un taux de mortalité significativement plus faibles que le variant Delta qu’il a remplacé…

Mais il reste une menace majeure pour les populations peu immunisées, en particulier les personnes âgées. Début de l’année 2022, Hongkong a été confronté à des problèmes similaires à ceux de la Chine continentale, avec une exposition préalable faible de sa population au virus.

Hongkong avait même des taux de vaccination des personnes âgées encore plus faibles que ceux de la Chine actuellement, mais un système de santé plus solide. Pourtant, la vague Omicron qui a balayé la mégalopole en mars 2022 a entraîné plus de décès cumulés par million d’habitants en quelques jours que ce que de nombreux pays ont connu pendant toute la pandémie…

Autre risque, justement : la survenue de nouveaux variants, du fait de l'intense circulation virale dans l'Empire du milieu.

Or pour l'ancien conseiller de Barack Obama, Ryan Hass, la Chine « va persister dans son refus » d'importer des vaccins à ARN étrangers. Selon lui, « le fait d’adopter des vaccins occidentaux reviendrait à remettre en cause le discours qu’ils ont tenu pendant tout ce temps. Tout cela va provoquer des décès qui auraient pu être évités ».

Le véritable bilan du Covid-19 en Chine ne sera probablement jamais connu, mais il sera lourd.

Au niveau international, l'inquiétude porte sur le risque « d'importation » de cas - même si, pour l'heure, aucun variant inconnu ne semble avoir émergé en Chine.




Boby Dean pour DayNewsWorld

HOMMAGE AU PAPE BENOIT XVI MORT A 95 ANS

ET FERVENT GARDIEN DU DOGME

Le corps de Benoît XVI, décédé samedi à l’âge de 95 ans, est exposé à la basilique Saint-Pierre de Rome. Là-bas, les fidèles pourront rendre un dernier hommage au feu pape émérite, avant ses funérailles prévues jeudi. Les portes de l’immense basilique du Vatican seront ouvertes au public à partir de 9 heures (heure locale) jusqu’à 19 heures, puis de 6 heures à 18 heures mardi et mercredi.

La dépouille de Joseph Ratzinger était restée jusqu’ici dans la petite chapelle privée du monastère où il vivait depuis sa renonciation en 2013, situé au cœur des jardins du Vatican.

Les premières images du pape diffusées

Le Vatican a diffusé dimanche les premières photos du corps du pape émérite, allongé sur un catafalque, vêtu de rouge - la couleur du deuil papal - et coiffé d’une mitre blanche ornée d’une ganse dorée, un chapelet dans les mains. Un crucifix, un sapin de Noël et une crèche sont visibles dans l’arrière-plan.

Le transfert de son corps à la basilique Saint-Pierre, la plus grande église catholique du monde pouvant accueillir des dizaines de milliers de fidèles, aura lieu lundi à l'aube.

La basilique, chef-d’œuvre d’architecture mêlant les styles Renaissance et Baroque achevé en 1626, est aussi l’un des lieux les plus saints du christianisme, puisqu’elle abrite la sépulture de saint Pierre, premier évêque de Rome dont les papes sont les successeurs. Dimanche, le pape François a de nouveau rendu hommage au « bien-aimé » Benoît XVI, « ce fidèle serviteur de l’Évangile et de l’Église ».

Brillant théologien et fervent gardien du dogme, Benoît XVI, dont la renonciation en 2013 avait pris le monde entier par surprise, est mort samedi matin à l'âge de 95 ans, a annoncé le Vatican.

« J'ai la douleur de vous annoncer que le pape émérite, Benoît XVI, est décédé aujourd'hui à 09h34, au Monastère Mater Ecclesiae, au Vatican. D'autres informations vous seront communiquées dès que possible », a annoncé dans un communiqué le directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

Retour sur la vie du pape Benoît XVI

Joseph Ratzinger naît le 16 avril 1927 à Marktl, en Bavière, non loin de la frontière autrichienne. Lorsqu'il a 14 ans (en 1941), il est enrôlé dans les jeunesses hitlériennes. A la fin de la guerre, il commence sa formation de prêtre. Il est ordonné en 1951, tout en poursuivant ses études de théologie.

En 1977, il est nommé archevêque de Munich et Freising, puis cardinal.

En 1981, le pape Jean-Paul II le nomme préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. C'est un des organismes de la curie romaine, chargé de promouvoir la doctrine et les mœurs conformes à la foi dans tout le monde catholique. A ce poste, il se familiarise avec les arcanes du Vatican et côtoie de très près le souverain pontife.Aussi, à la mort de Jean-Paul II, le 2 avril 2005, le cardinal Ratzinger fait partie des favoris pour succéder au pape défunt. Il est effectivement élu le 19 avril 2005 lors du conclave.

« Après le grand pape Jean-Paul II, les cardinaux m'ont élu, simple et humble ouvrier dans la vigne du Seigneur », déclare-t-il après son élection, choisissant le nom de Benoît XVI.

Dernier pape à avoir participé au Concile Vatican II, il a toutefois défendu une ligne conservatrice à la tête de l’Eglise, notamment sur l’avortement, l’homosexualité et l’euthanasie.

Un pontificat marqué par les controverses

Son décès met fin à la cohabitation insolite de deux hommes en blanc : l'Allemand Joseph Ratzinger, brillant théologien peu à l'aise avec les bains de foule, et l'Argentin Jorge Bergoglio, jésuite doté d'une parole incisive qui a voulu remettre les pauvres et les migrants au centre de la mission de l'Eglise.

Le pontificat de Benoît XVI fut marqué par de nombreuses crises .

En 2006, Benoit XVI provoque la colère du monde musulman. Dans un discours à l'université de Ratisbonne , le souverain pontife cite un empereur byzantin pour qui l'islam serait « intrinsèquement violent ». L'allusion fait scandale.

Benoit XVI s'excusera plus tard et rapidement, le Vatican organise plusieurs visites à travers le monde islamique afin de rétablir des relations interreligieuses harmonieuses. Deux mois plus tard, le souverain pontife apparaît priant aux côtés du chef religieux d'Istanbul à la Mosquée Bleue.

Son pontificat fut également marqué en 2012 par la fuite de documents confidentiels (« Vatileaks ») orchestrée par son majordome. Le scandale avait mis en évidence une Curie romaine (gouvernement du Vatican) minée par les intrigues et dénuée de rigueur financière.

Après huit ans de pontificat marqué par de multiples crises, Benoît XVI avait été également rattrapé début 2022 par le drame de la pédocriminalité dans l'Eglise.

Mis en cause par un rapport en Allemagne sur sa gestion des violences sexuelles lorsqu'il était archevêque de Munich, il était sorti de son silence pour demander « pardon » mais avait assuré ne jamais avoir couvert de pédocriminel.

Sa renonciation, annoncée en latin le 11 février 2013, fut une décision personnelle liée à ses forces déclinantes et non à la pression de scandales, avait-il assuré dans un livre de confidences paru en 2016. Par ce geste, inédit en six siècles, le premier pape allemand de l'Histoire moderne a ouvert la voie à ses successeurs dont les forces viendraient à décliner. François, 86 ans et souffrant de douleurs au genou, a lui-même laissé « ouverte » cette possibilité.

« […] je demande pardon du fond du cœur »

Le pape émérite Benoît XVI, décédé samedi à 95 ans, demande « pardon » à tous ceux auxquels il a « causé du tort », dans son testament spirituel rédigé en 2006. « A tous ceux à qui j’ai causé du tort d’une manière ou d’une autre, je demande pardon du fond du cœur », écrit Joseph Ratzinger, pape de 2005 à 2013, dans ce texte datant du 29 août 2006 et publié samedi soir par le service de presse du Saint-Siège.

« Je prie que notre terre restera une terre de foi, et je vous en supplie, chers compatriotes : ne vous laissez pas distraire de la foi », écrit également le 265e pape, qui avait surpris le monde entier en renonçant à sa charge avant de se retirer dans un monastère pendant près de dix ans.

« Et je veux remercier le Seigneur pour ma belle patrie au pied des Alpes. La Bavière, dans laquelle j’ai toujours vu briller la splendeur du Créateur lui-même », ajoute-t-il.

 « Et enfin, je remercie Dieu pour toute la beauté que j’ai pu expérimenter à toutes les étapes de mon voyage, mais surtout à Rome et en Italie, qui est devenue ma deuxième patrie. »

« Restez fermes dans la foi ! Ne vous laissez pas déconcerter ! », exhorte-t-il encore.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

COMMENT REAGIR FACE A LA RESURGENCE DU COVID EN CHINE ?

La Chine traverse une vague de contaminations d'ampleur inédite avec un nouveau sous-variant d’Omicron dénommé

" BF.7 ", et ce depuis l'abandon brutal, au début du mois, de sa politique dite du " zéro Covid ". Selon le Financial Times, les autorités sanitaires chinoises ont estimé que le pays enregistrait près de 37 millions de nouvelles infections par jour. 

Le pays a cependant annoncé la fin des quarantaines obligatoires à l'arrivée sur le territoire à partir du 8 janvier 2023 et la reprise progressive des voyages à l'étranger pour les Chinois. 

Plusieurs pays dont les Etats-Unis s'en inquiètent si bien que Tedros Adhanom Ghebreyesus, le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a appelé Pékin à transmettre des " informations plus détaillées ", et jugé " compréhensibles " les mesures de protections annoncées par d'autres pays envers les voyageurs en provenance de Chine. 

En effet plusieurs pays dont l’Italie ou le Japon, ainsi que les Etats-Unis, ont décidé d’imposer des tests obligatoires à tous les voyageurs venant de Chine.

La Chine répond à l'OMS

" Depuis l'apparition de l'épidémie, la Chine partage des informations et des données fiables avec la communauté internationale, dont l'OMS, d'une façon ouverte et transparente ", a assuré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Wang Wenbin.

" Nous avons partagé la séquence du nouveau coronavirus dès le début et contribué de manière importante au développement de vaccins et de médicaments fiables dans d'autres pays ", a-t-il ajouté devant la presse.

Vendredi, seuls 5.515 nouveaux cas et un décès ont été annoncés par le Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Des chiffres qui ne semblent plus refléter la réalité, les dépistages généralisés n'étant plus obligatoires.

" La Chine a toujours publié ses données sur les morts du Covid-19 et les cas graves dans une volonté d'ouverture et de transparence ", a assuré jeudi une haute responsable de la Santé, Jiao Yahui, citée par l'agence Chine nouvelle.

En Chine, seuls les patients morts d'une déficience respiratoire provoquée par le virus et testés positifs sont considérés comme des victimes du Covid-19. Un responsable de la politique anti-Covid de la Chine, Liang Wannian, a jugé jeudi cette décision appropriée scientifiquement, selon Chine nouvelle. D'autres pays comptabilisent les malades décédés dans les 28 jours consécutifs à un test positif.

L'UE juge « injustifié » le dépistage des visiteurs en provenance de Chine

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies estime par contre que les Européens sont suffisamment immunisés et vaccinés. L'introduction d'un dépistage obligatoire du Covid-19 au sein de l'Union européenne pour les voyageurs arrivant de Chine est « injustifiée », a tranché jeudi le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Les pays de l'UE " ont des niveaux d'immunisation et de vaccination relativement élevés " et les " variants circulant en Chine circulent déjà dans l'UE ", affirme l'agence basée à Stockholm, en ajoutant que " les infections potentielles " importées sont numériquement " plutôt faibles " par rapport au nombre d'infections déjà recensées au quotidien en Europe. Les systèmes de santé du continent sont en outre en mesure de gérer la maladie, selon les experts.

L'ECDC contredit donc l'appel de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qui, après avoir imposé des tests aux passagers aériens en provenance de Chine, voulait imposer la mesure à l'échelle de l'Union. Le Comité de sécurité sanitaire souhaite toutefois " poursuivre les discussions " face à une Italie très inquiète. 

De plus aucun nouveau variant du Covid-19 n'a été identifié. Selon les informations actuellement disponibles, les variants qui circulent en Chine sont jusqu'ici tous de la famille Omicron. Les tests pratiqués en Italie n'ont identifié aucune nouvelle souche. La population européenne a donc acquis une immunité contre eux.

D'ailleurs l'immunologue Brigitte Autran, présidente du Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires ( Covars ), n'a-t-elle pas déclaré ce jeudi 29 décembre à juste titre :

" Le test éventuel ne serait pas un frein à l'entrée du virus. Il n'y a pas de frein à l'entrée du virus :

 le seul frein à l'entrée du virus, c'est de ne pas venir ".




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

CHINE PROTEGER EFFICACEMENT LA VIE DE LA POPULATION CHINOISE CONTRE LE COVID

Après l'abandon début décembre de certaines mesures contre le virus, le président chinois Xi Jinping a appelé lundi 26 décembre 2022 à prendre des mesures pour " protéger efficacement la vie de la population ", au moment où son pays fait face à une flambée de contaminations au Covid-19, a rapporté la télévision d'Etat.

Il s'agit du premier commentaire public de l'homme fort de Pékin depuis l'abandon soudain, début décembre, de strictes mesures anti-Covid, en vigueur depuis 2020.

Trois ans après l'apparition des tout premiers cas de Sars-CoV-2 à Wuhan (centre), le pays fait face à une explosion de cas. De nombreux hôpitaux sont débordés, des pharmacies font état de pénurie de médicaments contre la fièvre, tandis que de nombreux crématoriums auraient rapporté un afflux inhabituellement élevé de corps à incinérer.

" Bâtir un rempart solide contre l'épidémie "

" La prévention et le contrôle du Covid-19 en Chine sont confrontés à une nouvelle situation et de nouvelles tâches ", a souligné Xi Jinping, cité par la télévision d'Etat CCTV.

La Chine n'a annoncé officiellement que six morts du Covid depuis la levée des restrictions. Un bilan largement sous-évalué selon certains experts, alors qu'une grande partie des personnes âgées dans le pays ne sont pas vaccinées contre le virus.

Une faible immunité de la population chinoise

Le contrôle strict de la Chine sur sa population lui a en effet permis d’empêcher une transmission générale du Covid à tout son immense territoire depuis début de 2020 – ce qui est un tour de force.

Les près de 10 millions de cas signalés à l’Organisation mondiale de la santé ces trois dernières années ( les chiffres diffèrent selon les sources ) ne représentent qu’une infime partie de ses 1,412 milliard d’habitants. 

Mais cette réussite a pour conséquence malheureuse que sa population n’a acquis qu’une immunité minimale contre le Covid par exposition au virus.

Qu’en est-il de l’immunité vaccinale ? 

Les taux de vaccination en Chine sont comparables à ceux des pays occidentaux. Mais ils montrent une caractéristique inhabituelle : ils diminuent avec l’âge.

Alors qu’elles sont les plus exposées au risque de formes graves du Covid, les personnes âgées sont ainsi le groupe démographique le moins vacciné avec seulement 40 % des personnes de plus de 80 ans ayant reçu trois doses.

De plus l’efficacité des vaccins contre la transmission a été sévèrement mise à l’épreuve, surtout depuis qu’Omicron a commencé à se propager fin 2021.

La Chine ayant utilisé des vaccins, dits " inactivés ", fabriqués par les sociétés Sinovac et Sinopharm, ces vaccins généralement sûrs, ont cependant tendance à susciter des réponses immunitaires plus faibles que les nouvelles technologies – telles celles employées dans les vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna) ou à vecteur adénoviral (AstraZeneca et Johnson & Johnson).

Les performances des vaccins chinois ont ainsi été mitigées. Certes, le variant Omicron ( via ses nombreux sous-variants ), dominant au niveau mondial, est associé à une gravité de la maladie et un taux de mortalité significativement plus faibles que le variant Delta qu’il a remplacé… 

Mais il reste une menace majeure pour les populations peu immunisées, en particulier les personnes âgées.

Toute campagne de vaccination axée sur les personnes les plus vulnérables est toutefois toujours susceptible d’être bénéfique.

" Nous devons mener une campagne de santé patriotique plus ciblée (...) et bâtir un rempart solide contre l'épidémie ", a précisé le président chinois Xi Jinping




Boby Dean pour DayNewsWorld

ACCORD HISTORIQUE "KUNMING-MONTREAL"

 SUR LA BIODIVERSITE

Les pays du monde entier ont adopté lundi 19 décembre un accord historique à Montréal pour tenter d'enrayer la destruction de la biodiversité et de ses ressources, indispensables à l'humanité.

Le rendez-vous semblait crucial : aucun des précédents objectifs portant sur la période 2010-2020 n’avait été atteint et pourtant la pression sur les milieux naturels ne cesse de s’accroître. Les espèces disparaissent à un rythme sans précédent, plus d’un million est menacé d’extinction et 75 % de la surface terrestre a déjà été altérée par l’homme.

La conférence de l'ONU sur la biodiversité s'ouvrait donc à Montréal avec un défi colossal : conclure en deux semaines un accord historique, la « dernière chance » de sauver les espèces et les milieux naturels d'une destruction irréversible. Les délégués de plus de 190 pays se sont retrouvés jusqu'au 19 décembre pour adopter un nouveau cadre mondial décennal pour sauvegarder la nature et ses ressources indispensables à l'humanité.

« L'humanité est devenue une arme d'extinction massive », avait tonné mardi 13 décembre 2022 le secrétaire général de l'ONU, lors du lever de rideau du sommet, à cause de « notre appétit sans limite pour une croissance économique incontrôlée et inégale ».

« Nous avons ensemble franchi un pas historique »,

Après quatre années de négociations difficiles, dix jours et une nuit de marathon diplomatique, plus de 190 États sont parvenus à un accord sous l'égide de la Chine, présidente de la COP15, malgré une opposition de la République démocratique du Congo. Ce « pacte de paix avec la nature » appelé « accord de Kunming-Montréal » vise à protéger les terres, les océans et les espèces de la pollution, de la dégradation et de la crise climatique.

« Les pays se sont mis d'accord sur une feuille de route visant notamment à protéger 30% de la planète d'ici 2030 et à débloquer 30 milliards de dollars d'aide annuelle à la conservation pour les pays en développement. L'accord a été adopté », a déclaré Huang Runqiu, le président chinois de la COP15, lors d'une séance plénière organisée en pleine nuit, avant de laisser retomber son marteau sous les applaudissements des délégués aux traits tirés par la fatigue.

« Nous avons ensemble franchi un pas historique », s'est félicité Steven Guilbeault, le ministre de l'Environnement du Canada, pays hôte du sommet.

Aires protégées

Mais le texte donne également des garanties pour les peuples autochtones, gardiens de 80% de la biodiversité subsistante sur Terre, propose de restaurer 30% des terres dégradées et de réduire de moitié le risque lié aux pesticides.Et pour tenter de résoudre la question financière toujours brûlante entre le Nord et le Sud, la Chine propose par ailleurs d'atteindre « au moins 20 milliards de dollars » d'aide internationale annuelle pour la biodiversité d'ici 2025 et « au moins 30 milliards d'ici 2030 ».

En échange de leurs efforts, les pays les moins développés réclamaient aux pays riches 100 milliards de dollars par an. Soit au moins 10 fois l'aide internationale actuelle pour la biodiversité.

Outre les subventions, les pays du Sud poussaient aussi fortement à la création d'un fonds mondial dédié à la biodiversité - une question de principe - à l'image de celui obtenu en novembre pour les aider à affronter les dégâts climatiques.

Sur ce point, la Chine propose comme compromis d'établir dès 2023 une branche dédiée à la biodiversité au sein de l'actuel Fonds mondial pour l'environnement (FEM), dont le fonctionnement actuel est jugé très déficient par les pays les moins développés.

Cette COP15, sœur jumelle, dans l'ombre, des COP sur le climat, est « notre chance d'arrêter cette orgie de destruction », avait déclaré le secrétaire général de l'ONU.

L'ambition affichée a été entendue de sceller un accord aussi historique que celui de Paris pour le climat en 2015.

Reste à affiner et perfectionner les mécanismes de financements tout en assurant leur mission première : financer de manière stable et pérenne la protection de la biodiversité.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

LA CHINE ACTE LA FIN DE SA STRATEGIE ZERO COVID . QU'EN EST-IL DE L'IMMUNITE DES CHINOIS ?

La Chine est le seul grand pays qui, jusqu’à récemment, a continué à appliquer une stratégie « zéro Covid ».

Depuis le 7 décembre 2022 dernier, elle fait désormais machine arrière. D’autres pays, dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Singapour, avaient également cherché à éliminer totalement le Covid de leur territoire en début de pandémie, mais tous avaient finalement abandonné cette approche. Les coûts sociaux et économiques croissants étaient devenus insoutenables, tout comme les efforts exigés… face à la prise de conscience que l’élimination locale du Covid ne pouvait être que transitoire, constate.Francois Balloux, Chair Professor, Computational Biology, UCL.

En République populaire de Chine, la stratégie sanitaire qui s’appuyait sur des mesures comme les tests PCR de masse, la fermeture de villes et de provinces entières ou la mise en quarantaine de toute personne susceptible d’avoir été exposée au virus, est à son tour devenue impossible à tenir.

La dureté et souvent l’application arbitraire du zéro Covid a alimenté une fatigue et un ressentiment croissant au sein de la population, qui se sont traduits récemment par de grandes manifestations publiques.

Les restrictions ont également montré leurs limites face à Omicron : moins sévère mais plus transmissible, ce variant a une période d’incubation plus courte que les précédentes lignées du SARS-CoV-2, et il contourne largement la protection contre l’infection conférée par les vaccins originaux.

Il est compréhensible que les autorités chinoises finissent maintenant par prendre des mesures pour assouplir les restrictions… Cependant, la sortie d’une politique zéro Covid a été douloureuse pour tous les pays qui l’ont faite. Et la Chine ne fera pas exception, elle est même confrontée à des défis uniques dans cette transition.

Une faible immunité de la population chinoise

Le contrôle strict de la Chine sur sa population lui a permis d’empêcher une transmission générale du Covid à tout son (immense) territoire depuis début de 2020 – ce qui est un tour de force. Les près de 10 millions de cas signalés à l’Organisation mondiale de la santé ces trois dernières années (les chiffres diffèrent selon les sources) ne représentent qu’une infime partie de ses 1,412 milliard d’habitants. Mais cette réussite a pour conséquence malheureuse que sa population n’a acquis qu’une immunité minimale contre le Covid par exposition au virus.

Qu’en est-il de l’immunité vaccinale ? Les taux de vaccination en Chine sont comparables à ceux des pays occidentaux… Mais ils montrent une caractéristique inhabituelle : ils diminuent avec l’âge. Alors qu’elles sont les plus exposées au risque de formes graves du Covid, les personnes âgées sont ainsi le groupe démographique le moins vacciné avec seulement 40 % des personnes de plus de 80 ans ayant reçu trois doses.

Autre point : l’efficacité des vaccins contre la transmission a été sévèrement mise à l’épreuve, surtout depuis qu’Omicron a commencé à se propager fin 2021. Toutefois, la protection contre les formes les plus sévères et la mort procurée par les vaccins à ARNm utilisés par les pays occidentaux restait, elle, solide.

Mais la Chine a utilisé des vaccins différents de sa conception, dits « inactivés », fabriqués par les sociétés Sinovac et Sinopharm. Ce type de vaccin est basé sur des agents pathogènes (en l’occurrence le SARS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19) qui sont tués, ou inactivés, avant leur inoculation. Si ces vaccins sont généralement sûrs, ils ont tendance à susciter des réponses immunitaires plus faibles que les nouvelles technologies – telles celles employées dans les vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna) ou à vecteur adénoviral (AstraZeneca et Johnson & Johnson).

Les performances des vaccins chinois ont ainsi été mitigées. Alors que deux doses du vaccin Sinovac semblent avoir permis de réduire les décès de 86 % au Chili, les résultats à Singapour suggèrent une moins bonne protection contre les formes sévères que leurs équivalents à ARNm.

Certes, le variant Omicron (via ses nombreux sous-variants), dominant au niveau mondial, est associé à une gravité de la maladie et un taux de mortalité significativement plus faibles que le variant Delta qu’il a remplacé… Mais il reste une menace majeure pour les populations peu immunisées, en particulier les personnes âgées.

Début de l’année 2022, Hongkong a été confronté à des problèmes similaires à ceux de la Chine continentale, avec une exposition préalable faible de sa population au virus. Hongkong avait même des taux de vaccination des personnes âgées encore plus faibles que ceux de la Chine actuellement, mais un système de santé plus solide.

Pourtant, la vague Omicron qui a balayé la mégalopole en mars 2022 a entraîné plus de décès cumulés par million d’habitants en quelques jours que ce que de nombreux pays ont connu pendant toute la pandémie…

Les infections au Covid augmentent maintenant rapidement en Chine, dépassant les 30 000 nouveaux cas quotidiens début décembre (pour tomber moins de 9000 ces jours-ci, du fait de la fin des tests PCR systématiques : attention, ces chiffres ne sont plus significatifs, les particuliers n’informant plus forcément les autorités des résultats des autotests pratiqués à domicile, ndlr). Avec l’assouplissement des restrictions et l’arrêt de la principale application de traçage des déplacements, il ne fait aucun doute que la hausse des contaminations va continuer.

Étant donné le faible niveau d’immunité en Chine, une forte augmentation du nombre de cas pourrait probablement entraîner un grand nombre d’hospitalisations et conduire à un nombre dramatique de décès.

Si nous supposons que 70 % de la population chinoise est infectée au cours des prochains mois, et que 0,1 % des personnes infectées meurent (une estimation prudente du taux de mortalité de l’omicron dans une population peu exposée au SARS-CoV-2), un calcul simple suggère que le nombre de décès pourrait frôler le million. Une modélisation de l’université Fundan (Shanghai) arrivait à un chiffre de 1,55 million.

À ce stade, la Chine ne peut pas faire grand-chose pour éviter un nombre important de cas et de décès. Toute campagne de vaccination axée sur les personnes les plus vulnérables est toutefois toujours susceptible d’être bénéfique.

Les services de santé chinois sont assez fragiles et la pénurie de lits en soins intensifs représente une vulnérabilité particulière. Une levée progressive des restrictions comme l’ont fait d’autres pays est une option pour tenter d’« aplanir la courbe » et éviter que son système sanitaire ne soit débordé. Un aiguillage efficace des patients, en veillant notamment à ce que seuls ceux qui ont le plus besoin de soins soient admis à l’hôpital, pourrait contribuer à réduire le nombre de décès si l’épidémie explosait.

Une population vulnérable

Une vague importante de Covid en Chine n’aura pas nécessairement un impact significatif sur la situation mondiale. Les lignées de SARS-CoV-2 qui se propagent actuellement dans le pays, comme BF.7 (qui se transmet plus vite et avec une période d’incubation plus courte et une plus grande capacité à infecter que les autres variants d’Omicron ; avec un nombre de personnes contaminées en l’absence de mesures de contrôle de la transmission par un individu infecté, ou R0, de 10 ou plus), se retrouvent déjà ailleurs dans le monde.

De plus, la circulation dans une population peu protégée au niveau immunologique ne devrait pas exercer de pression supplémentaire importante sur le virus au point qu’il doive développer de nouveaux variants pour continuer à se propager.

Mais pour la Chine elle-même, la situation est différente. Elle pourrait être confrontée à une possible catastrophe humanitaire, et il s’agit là d’un défi bien plus important.

Les autorités chinoises ont été les premières à prendre des mesures sans précédent pour enrayer la propagation virale et à s’en faire les championnes, fournissant à la planète un modèle drastique de gestion de la pandémie. La Chine a ensuite appliqué ces mesures plus impitoyablement et plus longtemps que tout autre grand pays.

Particulièrement efficace dans un premier temps, la politique zéro Covid s’avère être, sur le long terme, presque « futile » face à l’adaptabilité du SARS-CoV-2.

 Alors que sa population a été plus épargnée que beaucoup d’autres et est de ce fait moins protégée immunologiquement, la Chine est désormais rattrapée par les coûts sociaux et économiques de cette stratégie. Et le virus va continuer à se diffuser, comme il l’a fait partout ailleurs.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.




Boby Dean pour DayNewsWorld

LA COP 15 SUR LA BIODIVERSITE

 L'URGENCE DE PROJETS ET DE FINANCEMENTS AMBITIEUX

Après deux années de reports, la COP15 sur la biodiversité se tiendra finalement du 7 au 19 décembre prochain à Montréal. Le sommet doit permettre d’établir un nouveau cadre mondial pour mettre un terme à l’érosion de la biodiversité d’ici à 2030.

Le rendez-vous semble crucial : aucun des précédents objectifs portant sur la période 2010-2020 n’a pas été atteint et la pression sur les milieux naturels ne cesse de s’accroître. Les espèces disparaissent à un rythme sans précédent, plus d’un million est menacé d’extinction et 75 % de la surface terrestre a déjà été altérée par l’homme.

La conférence de l'ONU sur la biodiversité s'ouvre à Montréal avec un défi colossal : conclure en deux semaines un accord historique, la « dernière chance » de sauver les espèces et les milieux naturels d'une destruction irréversible. Les délégués de plus de 190 pays se retrouvent jusqu'au 19 décembre pour adopter un nouveau cadre mondial décennal pour sauvegarder la nature et ses ressources indispensables à l'humanité.

Le temps presse : un million d'espèces sont menacées d'extinction, un tiers des terres sont gravement dégradées et les sols fertiles disparaissent, tandis que la pollution et le changement climatique accélèrent la dégradation des océans.

« L'humanité est devenue une arme d'extinction massive », a tonné mardi le secrétaire général de l'ONU, lors du lever de rideau du sommet, à cause de « notre appétit sans limite pour une croissance économique incontrôlée et inégale ».

Cette COP15, sœur jumelle, dans l'ombre, des COP sur le climat, est « notre chance d'arrêter cette orgie de destruction », a-t-il déclaré. Mais les négociations patinent depuis trois ans. Il s'agit de concrétiser un accord d'une vingtaine d'objectifs, dont le principal vise à protéger 30% des terres et des mers. D'autres prévoient la restauration des milieux naturels, la réduction des pesticides, la lutte contre les espèces invasives, ou les conditions d'une pêche et d'une agriculture durables.

" L'humanité est devenue une arme d'extinction massive, à cause de notre appétit sans limite pour une croissance économique incontrôlée et inégale",  Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

« Ultime ligne droite »

« Ce sommet est une chance que le monde ne doit pas manquer, probablement la dernière pour les gouvernements d'inverser le cours des choses et de sauver notre précieux système de survie », a déclaré mardi Bernadette Fischler Hooper, responsable du plaidoyer au WWF.

« Nous sommes dans l'ultime ligne droite, et il est temps pour chacun de faire un pas en avant, cela devient crucial », a abondé mardi la patronne du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Inger Andersen, visiblement préoccupée.

100 milliards par an

Mais le sommet, présidé par la Chine et déplacé au Canada en raison de la politique zéro Covid de Pékin, se déroule sans l'appui des leaders mondiaux, pourtant venus en nombre à la COP climat de Charm-el-Cheikh en novembre. Ce sont donc les ministres de l'Environnement qui seront chargés, à partir du 15 décembre, de faire aboutir les négociations.

L'ambition affichée reste de sceller un accord aussi historique que celui de Paris pour le climat en 2015. Mais certains craignent « des stratégies éventuellement délibérées pour provoquer un scénario semblable à Copenhague », où la COP Climat avait connu un échec retentissant en 2009, note l'ONG Avaaz.

Pour éviter cela, les pays doivent s'accorder sur des objectifs mesurables et contrôlés, afin de ne pas répéter l'échec du cadre précédent, adopté en 2010 à Aichi, au Japon. Les financements des pays riches vers les pays en développement seront aussi un point décisif. Une coalition du Sud a réclamé au moins 100 milliards de dollars par an pour la biodiversité, autant que pour le climat, et 700 milliards de dollars par an d'ici 2030.

Certains pays souhaitent mettre en place un fonds dédié à la biodiversité, une proposition à laquelle résistent les pays riches, qui préfèrent perfectionner les canaux existants, notamment les banques publiques de développement.

La question épineuse de la biopiraterie est également source de blocages : de nombreux pays exigent que les pays riches partagent enfin les bénéfices des cosmétiques et des médicaments dérivés des ressources conservées au Sud.

« Le coût de la dégradation des écosystèmes est estimé à 3 000 milliards de dollars par an d'ici 2030 », a rappelé Antonio Guterres.

La question du financement

Des tensions se cristallisent notamment autour de la question du financement du nouveau cadre mondial, condition indispensable à la réussite d’un accord ambitieux. La mobilisation de tous les acteurs, publics comme privés, est nécessaire.

Sont notamment concernées les aires protégées, instrument phare en matière de protection de la biodiversité. Rien que pour atteindre l’objectif de sauvegarder 30 % des habitats terrestres et marins à l’horizon 2030, on estime que les besoins de financement de ces zones s’élèveront entre 149 à 192 milliards de dollars par an.

Face à ces montants considérables, les experts indiquent qu’il faut créer des écosystèmes de financement favorables permettant de diversifier les mécanismes et les sources. À ce titre, plusieurs outils présentent un grand intérêt et gagneraient à être développés.

C’est le cas des Fonds fiduciaires de conservation qui contribuent, moins par des volumes importants que par leur action continue, stable et de long terme à construire cet écosystème de financement. Ils sont une centaine actuellement dans le monde, dont huit soutenus par l’Agence française de développement et le Fonds français pour l’environnement mondial.

Rentable et stable

Les Fonds fiduciaires pour la conservation sont des institutions privées, juridiquement indépendantes, qui se donnent pour objectif de fournir des financements pérennes dédiés à des actions de conservation. Ils agissent tels des « contrats d’assurance vie » pour les aires protégées.

Ainsi des ressources collectées auprès des bailleurs internationaux, des États ou des acteurs du secteur privé permettent de générer, via des investissements diversifiés sur les marchés de capitaux, un rendement financier. Celui-ci est ensuite reversé sous forme de subventions à des aires protégées ou à des organisations non gouvernementales (ONG) agissant en faveur de la biodiversité. Ces fonds viennent ainsi compléter les appuis déjà apportés par les États et les ressources tirées du tourisme.

En Mauritanie par exemple, le Fonds Bacomab s’est ainsi positionné dans les accords de pêche avec l’Union européenne. Il bénéficie depuis d’un transfert financier lié au service rendu par le Parc national du Banc d’Arguin, principal bénéficiaire du Bacomab, pour le renouvellement de la ressource halieutique.

Le Bacomab, en Mauritanie, apporte des financements au parc national du banc d’Arguin et à ses acteurs qui prennent soin des ressources halieutiques.

Ces mécanismes de financements apparus à la fin des années 1990 se sont multipliés et n’ont cessé de se perfectionner au cours des trente dernières années, tout en assurant leur mission première :

financer de manière stable et pérenne la protection de la biodiversité.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

MALGRE LA REPRESSION DES MOLLAHS

LE MOUVEMENT DE GREVE NATIONALE DE TROIS JOURS EN IRAN EST SUIVI

En Iran, le mouvement de contestation né après la mort de Mahsa Amini le 16 septembre dernier cherche un nouveau souffle.

Un appel à la grève générale a été lancée à partir de ce lundi et pendant trois jours, dans le but paralyser le pays.

La colère ne faiblit pas en effet en Iran....

 Et ce, malgré la décision des autorités iraniennes de supprimer la Gasht-e Ershad, la très décriée police des mœurs responsable de l'arrestation de la jeune Mahsa Amini le 13 septembre 2022.

 Mouvement largement suivi.... 

A Téhéran, un nombre indéterminé mais assez important de magasins sont fermés depuis le lundi 5 décembre 2022. 

A Narmak, les gens scandaient « nous n’avons pas donné de morts pour des compromis et nous courber devant un assassin de guide ». 

A Ekbatan, les gens ont scandé « à bas le dictateur, à bas les pasdarans » et « c’est l’année du sacrifice, on va renverser Seyed Ali [Khamenei] », tout en manifestant et en allumant un feu de rue.

Au métro Towhid, les gens ont scandé « Khamenei assassin, son régime est illégitime » et au métro Chariati, ils ont scandé « c’est le dernier message, c’est tout le système qui est visé ».

Sur l’autoroute Niyaech, les jeunes ont lancé à Khamenei « c’est toi l’assassin et le mercenaire »'', peut-on lire dans la presse du NCRI Iran.

Selon des vidéos partagées sur les réseaux, la situation est identique dans plusieurs villes de province, notamment Shiraz et Ispahan.

Dans les villes du Kurdistan iranien le mouvement semble encore plus suivi.

Au 81e jour du soulèvement on observe des manifestations nocturnes à Téhéran et en province, des grèves du bazar dans 45 secteurs de Téhéran et 85 villes, des grèves dans 34 universités... 

Fin de la police des mœurs en Iran : vrai recul ou poudre aux yeux ? 

Le régime de Téhéran a voulu calmer la contestation, qui perdure depuis près de trois mois en Iran :

le procureur général iranien a annoncé, samedi 3 décembre, l'abolition de la police des mœurs à l'origine de l'arrestation de la jeune Mahsa Amini,

Cette déclaration, perçue comme un geste envers les manifestants, est intervenue après la décision des autorités de réviser une loi de 1983 sur le port du voile obligatoire, imposé quatre ans après la révolution islamique de 1979. 

Mahnaz Shirali, l'autrice de Fenêtre sur l'Iran, le cri d'un peuple bâillonné (éd. Les Pérégrines) met en garde contre une déclaration qui « n'est pas une annonce en bonne et due forme », «L'annonce de la suppression de la police des mœurs qui a été faite par le procureur général Mohammad Jafar Montazeri n'est pas une annonce en bonne et due forme.

Pour que la police des mœurs soit supprimée, il aurait fallu qu'une loi soit votée par le Parlement iranien.

Là, le sujet est évoqué de manière ambigüe. 

Cette annonce est davantage destinée à «donner le change à la communauté internationale», un geste de communication vis-à-vis de l'Occident, davantage qu'une main tendue aux manifestants."

D'où la continuation du mouvement.

D'ailleurs les femmes revendiquent la suppression de la République islamique, et non la simple suppression de la police des mœurs. 

Par ailleurs, il ne s'agit pas que de revendications féministes, pour la cause des femmes, mais également de revendications sociales et économiques, le peuple étant affamé. 

Mais au-delà de l'appel inédit à la grève générale, « on est plus sur une sorte de désobéissance civile », selon un expert organiser un tel mouvement en Iran n'est pas chose simple, puisque les syndicats n'existent dans le pays. 

L'appel à la grève circule donc sur les réseaux sociaux sans que l'on sache qui est derrière.

«C'est fait exprès pour ne pas donner des indices sur le mouvement au régime, on est plus sur une sorte de désobéissance civile », explique Farid Vahid, le directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès.

Des étudiants des universités, aux commerçants du Grand Bazar de Téhéran, véritable baromètre de l'insatisfaction en Iran, en passant par les ouvriers dans les raffineries ou les professeurs: tous sont appelés à ne pas travailler pendant trois jours.

La mobilisation dans les grandes villes sera particulièrement scrutée, tout comme celle des ouvriers. 

Si l'on voit de grosses mobilisations dans les grandes villes ou que des ouvriers du secteur pétrochimique ne travaillent pas, cela veut dire qu'on entre dans une autre phase du mouvement. Celle de bloquer le pays pour entrer vraiment dans une logique révolutionnaire», complète Farid Vahid. 

Cette grève n'est pas sans risque pour les organisateurs. 

Après les manifestations des femmes, qui sont de plus en plus nombreuses à abandonner le port du voile, voire descendre plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues serait un affront de plus envers les Mollahs. 

La répression sans pitié des mollahs.

Le chef de l'Autorité judiciaire iranienne a affirmé, face aux bazars fermés, que les « émeutiers » le nom employé pour désigner les manifestants, menaçaient les commerçants pour les forcer à fermer. 

Le régime dispose toutefois d'une arme de dissuasion massive : la répression.

Elle a déjà fait au moins 300 victimes depuis le début du soulèvement, selon les chiffres communiqués par Téhéran. 

Face à la grève qui paralyse l’Iran, la presse locale dénonce l’action d'«émeutiers» et de «sionistes» 

Alors que l’Iran vit son deuxième jour de grève générale, la presse locale insiste sur l’échec de sa mise en œuvre et se fait l’écho d’idées originales pour mettre fin à la révolte, comme bloquer le compte en banque des femmes tête nue 

«Non à la grève forcée» titre en première page le média d’Etat Hamshahri («Concitoyen»), au second jour de la mobilisation générale qui secoue l’Iran. 

«Les anti-révolutionnaires [s’opposant à la révolution iranienne de 1979, ndlr] ont de nouveau été humiliés, leur menace de grève a été vaine», affirme ce quotidien, le plus important du pays avec ses 400 000 exemplaires, photo d’un bazar ouvert et animé en une. 

«Alors que des personnalités et des médias anti-révolutionnaires ont mobilisé toutes leurs ressources ces derniers jours pour appeler à des rassemblements et à des grèves à l’échelle nationale, entre le 14 et le 16 Azar [mois du calendrier perse], des enquêtes de terrain dans différentes villes, en particulier à Téhéran, indiquent que l’appel aux émeutes a rencontré un échec retentissant dès le premier jour.»

Dans ce contexte de contestation, le chef de la justice a annoncé que la peine de mort de certains fauteurs de troubles liés aux services de renseignements étrangers en particulier israéliens, notamment ceux qui avaient commis des assassinats avec des armes, avait été confirmée et sera appliquée très prochainement.

Déjà quatre personnes ont été exécutées dimanche pour les mêmes motifs.

Qualifiées de « voyous », elles ont été exécutées par pendaison pour destruction de biens publics et enlèvement.

Selon les médias iraniens, ces quatre individus ont aussi été reconnus coupables de liens avec les services de renseignements israéliens.

Un mouvement de contestation réprimé dans le sang mais qui s'amplifieraient...




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LA POLITIQUE ZERO COVID POUSSE LES CHINOIS

A MANIFESTER  " XI JINPING DEMISSION ! "

Fait rare en Chine où les faits et gestes des citoyens sont constamment épiés, les manifestations contre les règles sanitaires et les confinements se multiplient ces derniers jours. Qu’il s’agisse de l’usine d’iPhone d’Urumqi, où un confinement a été imposé aux salariés, d'universités de Pékin ou d'autres villes du pays, la colère monte contre le régime et sa décision de poursuivre quoi qu’il arrive sa politique du « zéro covid ».

La colère monte en Chine contre la draconienne politique de « zéro Covid » pratiquée par le gouvernement depuis près de trois ans. La Chine poursuit en effet inlassablement une politique sanitaire zéro Covid, qui implique de stricts confinements, des quarantaines pour les personnes diagnostiquées positives et des tests PCR quasi-quotidiens, provoquant une colère croissante de la population. Les étudiants et les ouvriers sont parfois confinés durant de nombreuses semaines dans les campus ou les sites de production, sans la possibilité de se déplacer librement.

Appel à des « Xi Jinping, démission ! »

« On ne veut pas de tests PCR, on veut la liberté. » Selon une correspondante à Pékin du média allemand Die Zeit, les manifestations contre la politique « zero Covid » et ses restrictions strictes se poursuivent. Des protestations ont éclaté ce matin dans plusieurs villes du pays, dont Shanghai, où des manifestants ont appelé à la démission du président Xi Jinping.

Shanghai

Une vidéo largement diffusée sur internet et géolocalisée à Shanghai par une agence de presse montre certains protestataires crier « Xi Jinping, démission ! » et s'en prendre aussi au Parti communiste chinois. Pour commémorer les victimes d’un incendie qui a fait dix morts jeudi à Urumqi, la capitale du Xinjiang, dans l’Ouest.

Il s'agit là d'une très rare démonstration d'hostilité contre le président et le régime dans la capitale économique du pays, soumise au début de l'année à un épuisant confinement de deux mois. A Shanghai, la police intervient pour tenter de disperser les manifestants, rapportent sur Twitter les journalistes qui suivent la situation. Notre correspondant à Shanghai tweete des images ainsi que des témoignages recueillis dans ces manifestations inédites, dans un pays qui réprime sévèrement toute contestation. Sur Twitter, un correspondant de DW et du Guardian basé à Taïwan, donne la parole à des personnes qui manifestent à Shanghaï contre les restrictions du gouvernement et sa politique du « zéro Covid ».« Imagine who can accept not being allowed to leave the house for four months, with no food, no medicine for the chronically ill, and a woman in labor hemorrhaging in front of the hospital because she has no PCR test result? »

« Imaginez qui peut accepter de ne pas être autorisé à quitter son domicile pendant quatre mois, sans nourriture, sans médicament pour les personnes qui souffrent de maladies chroniques, et une femme qui accouche et fait une hémorragie devant l'hôpital car elle n'a pas le résultat de son test PCR ? Ou des gens qui meurent dans un bus qui les emmène en quarantaine ? »

A Pékin, plusieurs centaines d'étudiants manifestent

Plusieurs centaines d'étudiants de la prestigieuse université Tsinghua à Pékin ont pris part de leur côté dimanche à une manifestation contre la politique de lutte contre le Covid-19.

D'autres villes concernées

Des vidéos sur les réseaux sociaux ont par ailleurs montré une importante veillée à l'Institut des communications de Nankin, où les participants brandissaient également des feuilles de papier blanc, ainsi que de petits rassemblements à Xian, Wuhan et Canton, mais l'authenticité de ces images n'a pas pu être vérifiée Des manifestations ont également éclaté à Wuhan, contre la politique « zéro Covid »

#CHINE « I’m heading home now. Just want to add how incredible this is. Never seen anything like this in the decade that I report on China. The anger seems too much to crack down on. Wonder what happens next. »

#CHINE « Je veux souligner que ce qu'il se passe est incroyable. C'est la première fois que je vois ça depuis 10 ans que je couvre la Chine », a déclaré pour sa part une journaliste du média néerlandais Trouw, sur Twitter, hier soir.

Une colère née à Urumqi

Ces rassemblements emboitent le pas au rassemblement spontané qui s'est déroulé dimanche à l'aube dans la rue Wulumuqi, le nom en mandarin de la ville d'Urumqi dans le Xinjiang, où dix personnes ont péri trois jours plus tôt dans un incendie. Un feu qui a nourri la colère des habitants contre les mesures sanitaires, puisque les autorités sont accusées d’avoir alourdi le bilan humain en ayant imposé un confinement de l’immeuble et en entravant l’arrivée des secours. Puis dans l'après-midi, des centaines de personnes ont manifesté en silence dans le centre de la ville, brandissant des fleurs blanches et des feuilles de papier blanc, devenues un symbole de protestation contre la censure, avant d'être dispersées par la police.

De grandes manifestations ont également éclaté mercredi 23 novembre dans la plus grande usine de fabrication d’iPhone au monde, propriété du sous-traitant taïwanais Foxconn, selon des vidéos et des photos diffusées sur les réseaux sociaux Weibo et Twitter. Toujours en cause le confinement. L’entreprise taïwanaise, principal sous-traitant d’Apple, a en effet été confrontée ces derniers mois à une hausse des cas de Covid-19 sur son site de Zhengzhou, l’incitant à prendre des mesures de confinement. Surnommé « iPhone City », cet immense site industriel emploie généralement quelque 200 000 personnes, dont la plupart résident sur place dans des dortoirs. De premières images circulant sur les réseaux sociaux montrent une foule de travailleurs défilant de jour dans une rue ; certains font face à une rangée de personnes protégées d’une combinaison blanche et à la police antiémeute. Le hashtag #EmeutesFoxconn semblait censuré mercredi midi sur les réseaux sociaux chinois. Quelques messages faisant référence aux manifestations restaient cependant en ligne.

Dans un communiqué, Foxconn a confirmé mercredi que des « violences » ont eu lieu dans son usine. Le groupe taïwanais a reconnu que les travailleurs s’étaient plaints des salaires et des conditions de travail dans l’usine, mais a nié avoir hébergé de nouvelles recrues avec du personnel positif au coronavirus. « En ce qui concerne toute violence, l’entreprise continuera à communiquer avec les employés et le gouvernement [chinois] pour éviter que des incidents similaires ne se reproduisent », a-t-il assuré.

Ces événements sont la preuve que la colère s'est étendue à tout le pays, après presque trois ans de vie passés avec des mesures ultra-strictes contre le virus.

Après trois ans d’une stratégie zéro Covid appliquée avec la plus grande fermeté en Chine, la lassitude tourne au ras-le-bol, et la frustration, parfois à la colère. Les conséquences de cette approche ultra-stricte se font ressentir autant sur la vie quotidienne de la plupart des Chinois que sur l’économie (le Fonds monétaire international prévoit une croissance en 2022 à 3,2 %, la seconde plus basse depuis 1977).

« Concentration du pouvoir »

Le 11 novembre, la Commission nationale de la santé a annoncé une tentative d’allègement des restrictions liées au Covid-19, en précisant qu’il ne s’agissait « pas d’un relâchement de la prévention et du contrôle ». Si une partie de la population, notamment les habitants des campagnes et les plus âgés, continue d’adhérer à cette approche qui a permis d’éviter des centaines de milliers de morts, l’absence de perspectives pèse sur le moral des plus jeunes.

En  les retransmissions de la Coupe du monde de foot, les Chinois découvrent qu'ils sont les seuls au monde à ne pas avoir fait de progrès depuis trois ans de lutte contre le covid. Une exaspération qui à présent se traduit par des manifestations qui se répètent.

« Du jamais vu depuis 1989 et le Printemps de Pekin qui s’est terminé dans le sang. C’est spontané et inorganisé, seule forme d’action possible en Chine", a commenté Pierre Haski, président de Reporters sans Frontières (RSF)

Le manque d’opportunités économiques, mais aussi de voyages, de loisirs, de liberté en général, amène un nombre croissant de Chinois à oser aborder des questions politiques, habituellement évitées dans les conversations au quotidien. La confirmation de Xi Jinping pour un troisième mandat de secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), lors du 20e congrès de l’organisation, mi-octobre, n’a fait qu’accentuer la tendance : le 23 octobre, le dirigeant chinois a dévoilé une équipe exclusivement composée de fidèles.

Une concentration du pouvoir  dangereuse selon certains...




Garett Skyport pour DayNewsWorld

IRAN  L'AYATOLLAH KHAMENI JUGE QUE : 

L'ENNEMI PRINCIPAL C'EST L'ARROGANCE MONDIALE

Alors que des manifestations ont lieu en Iran depuis la mort, il y a deux mois, de Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans arrêtée pour infraction au code vestimentaire strict qui oblige les femmes à porter le voile islamique en public, les autorités dénoncent des « émeutes » et des centaines de personnes ont été arrêtées et plusieurs condamnées à mort.

Les autorités iraniennes continuent à dénoncer les manifestations déclenchées le 16 septembre par la mort de Mahsa Amini. Et considèrent qu'il s'agit « d'émeutes » encouragées par l'Occident, en particulier par les États-Unis.

« Le problème n'est pas quatre émeutiers dans la rue, même si chaque émeutier, chaque terroriste doit être puni (...). Le champ de bataille est bien plus vaste. L'ennemi principal c'est l'arrogance mondiale », a estimé Ali Khamenei, faisant référence à Whasington et ses alliés.

Rancœurs envers les États-Unis

Le plus haut personnage de l'Etat iranien a fait cette déclaration, retransmise par la télévision d'Etat, en recevant samedi 27 novembre 2022 à Téhéran une délégation de jeunes paramilitaires, à l'occasion de la semaine des Bassidji. Cette milice est chargée de la sécurité intérieure du pays, une police des mœurs justement décriée par les Iraniens depuis le début des manifestations.

« Certains nous disent dans les journaux ou sur internet qu'il suffit pour mettre fin aux troubles, commencés il y a quelques semaines, de résoudre votre problème avec l'Amérique et d'écouter la voix de la nation », a-t-il lancé.

« Comment résoudre le problème avec l'Amérique? Le problème sera-t-il résolu en s'asseyant, en négociant et en obtenant un engagement de l'Amérique ? », a-t-il ensuite demandé ?

« Non. La négociation ne résoudra rien. Notre problème avec l'Amérique ne peut être résolu qu'en acceptant de se laisser rançonner par ce pays », a-t-il affirmé.

Selon Ali Khamenei, les États-Unis exigent, pour mettre fin aux hostilités, que l'Iran abandonne son programme nucléaire, change la Constitution, cantonne son influence à l’intérieur de ses frontières et ferme ses industries de défense. « Aucun Iranien ne peut accepter de telles conditions », a-t-il souligné.

Les Bassidji également soutenus par le président

L'ayatollah d'Iran s'en est pris aussi à ceux qui disent qu'il faut « écouter la voix de la nation ». « L'énorme voix de la nation a retenti le 4 novembre (dans des manifestations pro-gouvernementales), ou lors des funérailles du (général Qassem) Soleimani. Cette immense foule c'était la voix de la nation iranienne », a-t-il martelé.

Ce général iranien a été tué à Bagdad dans une frappe de drone menée par les États-Unis, dans une période de vives tensions entre Washington et Téhéran.

Samedi, à l'occasion de la semaine des Bassidji, le président Ebrahim Raïssi a de son côté visité une unité de ces forces à Téhéran, a indiqué l'agence Tasnim. « Vous avez eu une performance brillante dans la lutte contre les émeutiers », a-t-il soutenu devant les membres de cette unité.

Dans trois jours, l'Iran et les États-Unis s'affronteront sur un tout autre terrain, celui de la Coupe du monde. À Doha, les joueurs iraniens n'ont d'ailleurs pas manqué de courage pour dénoncer la répression dans leur pays. Lors de leur premier match face à l'Angleterre, l'équipe a décidé de ne pas chanter l’hymne national. Resté en Iran, un autre footballeur iranien a cependant été arrêté jeudi par le régime pour « propagande », juste après une séance d'entraînement du Foolad Khouzistab

« Si la nation se soulève, nous serons tous jetés à la mer »…..

Face à l'ampleur de la contestation dans l'ensemble du pays, les mollahs ne savent qu'utiliser la répression , le déni, et la désignation d'un agent extérieur comme ennemi pour se maintenir au pouvoir, car il en va de leur vie. L’ayatollah Javadi Amoli, prédicateur du vendredi dans la grande ville de Qom en a pleinement conscience : « Si la nation se soulève, nous serons tous jetés à la mer »…..

La population iranienne se soulève... d'autant que la situation économique est catastrophique. L' inflation et le chômage ont connu une augmentation pratiquement constante au cours des 40 dernières années. Le guide suprême a reconnu, en 2019, ne jamais avoir eu comme objectif l’amélioration de la vie de ses concitoyens, mais le maintien de la République islamique. La population en est exaspérée.

Condamnations à mort...

Le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi a appelé les forces de l’ordre à « réagir fermement ». Devant l’ampleur de la mobilisation, le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a menacé de ne faire preuve d’« aucune indulgence » vis-à-vis des manifestants. En dix jours, plus d'une centaine de personnes ont été tuées selon Iran Human Rights et des centaines arrêtées. Un tribunal de Téhéran a déjà condamné à mort une personne jugée coupable « d’avoir incendié un bâtiment gouvernemental, de trouble à l’ordre public, de rassemblement et conspiration en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale, d’être un ennemi de Dieu et de corruption sur terre ».

La justice iranienne a également prononcé une seconde condamnation à mort en trois jours à l’encontre d’un « émeutier », a annoncé Mizan Online, l’agence de l’Autorité judiciaire. Dans le cadre du même procès, un tribunal révolutionnaire a condamné à mort une autre personne accusée d’avoir« terrorisé des gens dans la rue en utilisant une arme blanche, d’avoir incendié la moto d’un citoyen et attaqué un individu avec un couteau », a indiqué mardi soir l’agence Mizan Online.« L’accusé est un ennemi de Dieu pour avoir fait usage d’armes blanches », selon le verdict. Cinq autres personnes ont été condamnées à des peines de cinq à 10 ans de prison pour « rassemblement et conspiration en vue de commettre des crimes contre la sécurité nationale et trouble à l’ordre public ».

C'est que le propre de la République islamique est l’utilisation simultanée de l’appareil d’un État moderne et de l’idéologie religieuse pour asseoir son autorité, combattre les dissensions et contrôler les femmes. Ce que ne supporte plus la population !

Pour Farid Wahid, directeur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, ces protestations sont le résultat d’années de « frustration économique, politique, sociale ». «  C’est un mouvement fort, symbolique, qui fait peur au régime. Les autorités iraniennes ont reçu un coup très dur, les tabous sont brisés, les Iraniens en ont fini avec la liaison systématique de la politique et de la religion. La situation est tellement catastrophique que ces jeunes sont prêts à mourir pour changer les choses. La mort de Mahsa Amini a été l’étincelle qui a provoqué l’explosion », ajoute-t-il.

De la révolte à la révolution, tous les ferments sont réunis pour la révolution, selon le chercheur Gérard Vespierre.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LA STRATEGIE "ZERO COVID" MISE EN DEFAUT

LA FERMETURE A PEKIN 

DES RESTAURANTS ET ECOLES

Les écoles de nouveau fermées dans plusieurs districts à Pékin. Les autorités ont par ailleurs fait part de deux décès supplémentaires liés à la pneumonie virale dans la capitale chinoise. Ce rebond épidémique met à l’épreuve l’ajustement de la stratégie « zéro Covid » annoncé par les autorités.

Pékin a rapporté mardi 22 novembre un nombre record de cas de Covid-19 en près de trois ans, une hausse qui a poussé les autorités à ordonner la fermeture d'écoles et de restaurants, tandis que nombre d'employés sont appelés à travailler de chez eux.

La capitale de 22 millions d'habitants, qui avait enregistré 621 nouveaux cas locaux dimanche, en a comptabilisé 1438 mardi, un record depuis le début de la pandémie. À l'échelle du pays, le nombre total de cas quotidiens, cas importés inclus, dépasse désormais les 28.000, la province du Guangdong (Sud) et la ville de Chongqing (Sud-Ouest) étant les plus touchées, selon les autorités sanitaires.

Nouveaux variants et premiers décès depuis mai

La Chine est la dernière grande économie mondiale à appliquer une stricte politique sanitaire, dite zéro Covid, qui vise à tout faire pour empêcher contaminations et décès. Elle consiste à imposer des confinements dès l'apparition de cas, des quarantaines aux personnes testées positives et des tests PCR quasi-quotidiens à la population. À la suite des annonces du gouvernement central, plusieurs villes avaient pourtant annoncé la fin des tests Covid quotidiens. On a vu les kiosques à PCR dans les rues fermer, y compris à Pékin. Puis, les stations de tests ont rouvert. Même chose à Shijiazhuang, la capitale du Hebei qui entoure Pékin. Là aussi, dans cette ville pilote de l’optimisation ou de l’ajustement des mesures « zéro Covid», les tests massifs sont revenus, ainsi que les confinements partiels.

La Chine n’est cependant plus dans les confinements « spectre large » de l’année dernière. Les confinés rapportent que leur tour est verrouillée et qu’ils doivent rester chez eux, parce qu’il y a un résident positif quelques étages plus haut ou plus bas.

Ce renforcement temporaire des restrictions sanitaires est lié aux trois premiers décès dus au Covid-19 depuis samedi, chez des personnes âgées à Pékin et les premiers décès officiels depuis six mois en Chine. Mais c’est surtout lié à cette flambée épidémique de la fin de l’automne dans plusieurs mégalopoles chinoises, soit plus 26 800 nouveaux cas sur l’ensemble du territoire dimanche, 594 nouvelles infections dans la capitale : on est quasi revenu aux pics d’avril dernier.

Les autorités de la capitale semblent vouloir éviter pour l'instant un confinement strict comme celui appliqué à Shanghai au printemps, mais ont toutefois renforcé les mesures sanitaires ces derniers jours. Près de 600 zones de la capitale, notamment des immeubles résidentiels, sont considérées à «haut risque», ce qui oblige leurs habitants à rester confinés chez eux ou à être acheminés dans des centres de quarantaine.

Politique zéro Covid mise en défaut ?

Des écoles sont passées aux cours en ligne, des restaurants, salles de sport, parcs et sites touristiques ont été fermés et des employés sont invités à travailler depuis chez eux. Dans les rues, les queues face aux cabines de tests Covid-19 s'allongent, la plupart des lieux publics exigeant désormais un résultat négatif de moins de 24 heures pour entrer.

Mais cette stratégie, efficace dans un premier temps pour enrayer la propagation du virus, semble s'essouffler face aux nouveaux variants et porte un rude coup à l'économie, isolant la Chine du reste du monde et provoquant une forte lassitude des Chinois.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

FIASCO DE LA COP27 QUI NE DEBOUCHE QUE SUR

 UN FINANCEMENT CLIMATIQUE

Au terme de la journée de prolongation de la COP27, les participants ont arraché un accord historique dimanche sur l'aide aux pays pauvres affectés par le changement climatique mais ont échoué à s'entendre sur de nouvelles ambitions pour la baisse des gaz à effet de serre.

Les pays réunis à la conférence climat de Charm el-Cheikh (6-18 novembre 2022) sont parvenus à un accord sur la question des financements climatiques, via la création d’un fonds « pour pertes et dommages ». Dans sa décision finale, la COP27 ouvre ainsi la perspective d’un élargissement des transferts financiers des pays riches vers les pays moins avancés.

Bras de fer entre le Nord et le Sud

Avec cette question des financements au centre des négociations, la COP27 de Charm el-Cheikh promettait un bras de fer entre le Nord et le Sud. Elle n’a pas déjoué les pronostics et l’Afrique, fortement représentée (avec 2,3 fois plus de délégués qu’en 2021), y a donné de la voix.

« Les pertes et dommages dans les pays vulnérables ne peuvent désormais plus être ignorés même si certains pays développés avaient décidé d'ignorer nos souffrances », a salué la jeune militante ougandaise Vanessa Nakate.

Financer les dégâts irréversibles du changement climatique causés par les pays du Nord :

Le Pakistan a pris le leadership de ces pays du Sud qui ne participent que très peu au réchauffement climatique, mais qui subissent déjà des impacts majeurs. Ils réclament des moyens pour compenser les dégâts irréversibles de ce changement climatique.

Le Pakistan, tout particulièrement, a fait cette année les frais du réchauffement climatique. Le montant des dégâts des inondations au Pakistan s’élève à 30 milliards de dollars

Le Pakistan a en effet été touché par de terribles inondations entre juin et septembre. Un tiers du pays s’est retrouvé inondé après de violentes pluies. Plus de 30 millions de personnes ont été touchées directement et plusieurs millions ont dû fuir, selon Imran Saqib, directeur des politiques du WWF au Pakistan. « La plupart sont encore sur les routes et n’ont nulle part où revenir, avec des problèmes d’accès à l’eau potable et aux sanitaires », s’alarme-t-il. 1.700 personnes ont été tuées, 6.000 kilomètres de routes ont été emportées et plus d’1,5 million de maisons ont été détruites ou endommagées, notamment dans les provinces les plus rurales du pays, le Sindh et le Baloutchistan. A cela s’ajoute le problème des récoltes : « beaucoup de cultures, comme celles du coton et de la canne à sucre, ont été touchées », pointe Imran Saqib. « De nombreuses terres sont encore sous les eaux, ce qui est mauvais pour les récoltes à venir ».

Quid des pays émergents ?

Cette polarisation des débats entre pays riches et ceux moins avancés ne doit pas toutefois faire oublier le rôle crucial des pays émergents (la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, etc.) pour affronter le réchauffement global. Ce groupe de pays contrôle en effet plus de 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C’est de lui que dépend au premier chef la décrue de ces émissions.

Financements climatiques, un contentieux aux causes multiples

Sous l’impulsion des États-Unis, les pays développés ont promis en 2009 de transférer au moins 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 vers les pays en développement au titre de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique.

En 2015, la promesse a été inscrite dans l’Accord de Paris. En 2020, le compte n’y était pas (83 milliards selon l’OCDE). Et il ne devrait pas l’être avant 2023, d’après le Climate Finance Delivery Plan.

Une seconde pomme de discorde concerne l’interprétation de l’article 8 de l’Accord de Paris sur l’approche concertée face aux « pertes et dommages » induits par le réchauffement climatique. Les pays moins avancés ou insulaires, lourdement impactés, revendiquent des transferts au titre de ce qu’ils appellent la « dette climatique » des pays riches en se heurtant jusqu’à présent à un front du refus.

Les pays moins avancés n’ont pas accès à des financements parfois conséquents que peuvent obtenir certains pays émergents au titre de la reconversion de leurs infrastructures énergétiques. L’Afrique du Sud et l’Indonésie ont par exemple respectivement obtenu 8,5 et 20 milliards de dollars pour accélérer la sortie du charbon dans le cadre de partenariats avec des pays développés.

Le contentieux est enfin attisé par l’aggravation récente de la précarité énergétique et de l’insécurité alimentaire dans le monde.

L’année 2022 risque d’être celle du premier recul depuis plusieurs décennies du nombre de personnes ayant accès à l’électricité. Aujourd’hui, la guerre en Ukraine se conjugue à la récurrence des chocs climatiques pour renchérir les denrées de base qui deviennent inaccessibles pour les plus pauvres et font dramatiquement remonter la faim dans le monde, effaçant plusieurs décennies de progrès.

L’élargissement des financements

Obtenue à l’arrache durant les deux derniers jours de la conférence, la décision finale de la COP27 va élargir les financements climat de trois façons principales.

Primo, la COP27 a entériné le principe d’un mécanisme dédié au financement des pertes et dommages. C’est une victoire, imposée par les pays moins avancés et les États insulaires qui ont rompu le front uni des pays riches. Elle a été facilitée par la médiation de l’Union européenne, plus ouverte que les États-Unis sur la question.

Reste à négocier le détail du dispositif, notamment le périmètre des donateurs (positionnements des pays émergents ?) et les règles conditionnant l’accès à ces nouveaux financements.

Secundo, les pays se sont entendus pour accroître les financements climat traditionnels, notamment ceux au titre de l’adaptation, avec un accent sur l’agriculture pour faire face à l’insécurité alimentaire. Ces financements additionnels doivent permettre de dépasser les 100 milliards promis en 2009.

Tertio, les deux mécanismes de l’article 6 sur les marchés carbone constituent une troisième source de financement. Celui concernant les États (article 6.2) peut déjà être utilisé, des pays comme le Japon et la Suisse étant prêts à financer par ce biais des réductions d’émission dans d’autres pays.

Il faudra attendre 2024 pour que les acteurs privés puissent accéder à ce type de marché (article 6.4), ce qui facilitera la mobilisation des capitaux privés sans laquelle il ne peut y avoir de changement d’échelle des financements climatiques internationaux.

La question du 1,5 °C redevenue un objet de débat

L’inscription de l’objectif de limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C relativement à l’ère préindustrielle avait constitué une victoire des pays moins avancés et des petits États insulaires qui en avaient fait, en 2015 à la COP21, une condition de leur adhésion à l’Accord de Paris.

Paradoxalement, la question du 1,5 °C est redevenue un objet de débat au moment où ces pays ont obtenu une seconde victoire dans la négociation. Selon certains, le 1,5 °C serait irréaliste, au dire même des scientifiques.

Dans tous les scénarios climatiques analysés dans le 6e rapport du GIEC paru en 2021-2022, on atteint un réchauffement de 1,5 °C d’ici une à deux décennies, pour être ensuite légèrement dépassé. Cette année, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) générées par toutes les activités humaines seront restées à des niveaux record, selon une nouvelle analyse du Global Carbon Project, un organisme réunissant des scientifiques du monde entier. Cette année, les émissions mondiales de CO2 générées par nos activités devraient atteindre 40,6 milliards de tonnes de CO2 ; ce qui nous laisse un « budget carbone restant » de 380 milliards de tonnes de CO2 pour limiter le réchauffement global à 1,5 °C.

L’humanité devrait donc réduire de toute urgence ses émissions pour être en mesure d’éviter les impacts les plus catastrophiques du changement climatique.

La communauté internationale n’a, cependant pas réussi à se montrer plus ambitieuse sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Juste avant la COP, les Nations unies avaient pourtant prévenu qu’en l’état, les engagements climatiques pris par les Etats conduisait à une montée du mercure de 2,4 °C, bien loin du 1.5 degré visé par l’Accord de Paris.

Mais plusieurs pays, comme l’Arabie saoudite et la Chine ont essayé de faire disparaître cet objectif de 1,5 °C, jugé trop contraignant.

Ce mauvais débat sur le 1,5 °C a pollué les discussions sur les actions d’atténuation.

La clef d’une accélération de la baisse des émissions mondiales détenue par les pays émergents

L’autre échec enregistré à Charm-El- Cheikh concerne l’élimination progressive des combustibles fossiles. Aucune mention du sujet dans la déclaration finale, alors qu’on parle de la première cause du réchauffement climatique. Il faut sans doute y voir l’impact de la crise énergétique et les craintes de pénurie qui l’accompagnent. Mais aussi le fruit de l’intense lobbying des pays producteurs.

Cependant si les nouveaux financements sont au rendez-vous, le déploiement des sources d’énergie décarbonné dans les pays moins avancés va pouvoir s’accélérer, notamment en Afrique subsaharienne où les investissements dans le renouvelable ont décroché depuis deux ans. On se situera alors dans le cas de figure où tous les engagements conditionnels pris par les pays peuvent être réalisés.

Quoiqu'il en soit la clef d’une accélération de la baisse des émissions mondiales d’ici 2030 est détenue par les pays émergents qui ont un peu tendance à se faire oublier quand on discute du partage des responsabilités entre le Nord et le Sud. Plus de 60 % des émissions mondiales sont contrôlées par ce groupe de pays, qui n’appartiennent plus à celui des pays moins avancés sans avoir intégré le club des pays riches. Or, ces pays n’ont généralement pas aligné leurs objectifs de moyen terme avec la cible de neutralité qu’ils affichent à long terme. Sitôt qu’ils le feront, la baisse des émissions mondiales prendra un élan bien plus rapide.

Si la COP27 a levé un obstacle de taille à l’accélération de l’action climatique en désamorçant les contentieux qui s’accumulaient sur les financements,elle. n’a par contre apporté aucune avancée dans des résolutions pourtant capitales. De nombreux pays ont estimé que les textes proposés par la présidence égyptienne constituaient un retour en arrière sur les engagements d'en relever régulièrement le niveau, pris à Glasgow. « Cette COP a affaibli les obligations pour les pays de présenter des engagements nouveaux et plus ambitieux", a regretté Laurence Tubiana, architecte des accords de Paris de 2015.

A radio-classique de conclure:

« Cet accord in extremis n’est qu’un cache-misère, le paravent d’une COP parmi les plus conflictuelles de l’Histoire marquée par deux reculades très inquiétantes. Un paravent qui ne masque pas grand-chose, d’ailleurs, puisqu’il s’agit d’un simple accord de principe, dont les modalités et les contributeurs restent à préciser.

Autant dire que les îles du Pacifique ne sont près de recevoir les aides nécessaires à la construction de digues pour les protéger de la montée du niveau des océans. L’urgence a pourtant rarement été aussi grande »




Steve McQuillan pour DayNewsWorld

ENJEUX ET DESSOUS DE LA COUPE DU MONDE 2022

AU QATAR

Le Qatar rêve d’une grande fête du football.

Régime « rentier, oligarchique et clientéliste »), le Qatar a, comme l’explique le chercheur Danyel Reiche, mis en place une politique de soft power par le sport. Celle-ci, initiée à partir de 1995 après la prise de pouvoir du cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, a été renforcée en 2008 par la Qatar National Vision 2030, un programme ayant pour objectif à la fois de renforcer la sécurité nationale et de garantir le maintien au pouvoir de la famille régnante.

C’est dans ce cadre que, du 20 novembre au 18 décembre (jour de fête nationale), le Qatar accueiller la 22e Coupe du monde FIFA. La compétition n'a même pas encore commencé que les polémiques entourant la Coupe du monde 2022 font couler l'encre à flot ces derniers jours. 

Déjà très controversé, le Mondial 2022 au Qatar, qui débute officiellement ce dimanche par un Qatar - Équateur à 17 heures, est plus que jamais dans l'œil du cyclone. Les polémiques s'accumulent en tout cas dangereusement autour de l'organisation de la plus prestigieuse des compétitions.

De vives polémiques

De vives polémiques ont en effet agité les années séparant l’attribution de la compétition (2010) – controversée et entachée de soupçons de corruption – de son organisation.

Ces polémiques portent notamment sur le coût des travaux estimé à 200 milliards de dollars ; sur l’empreinte écologique de l’événement, bien que ce sera le Mondial géographiquement le plus ramassé depuis le tout premier, organisé en 1930 à Montevideo ; sur les conditions de travail sur les chantiers, quasi esclavagistes et le nombre de décès d’ouvriers, pointés en particulier par une enquête du Guardian…

Le non-respect des droits humains et des travailleurs

Dans le désert, difficile en effet d'entendre la voix des travailleurs immigrés ayant œuvré sur les chantiers du Mondial. Malgré quelques avancées sociales mises en avant par les autorités qataries, les ONG dénoncent le non-respect des droits humains dans le pays. Hors de question de parler à visage découvert des conditions de travail dans le pays. Manifester, n'y pensez même pas. Les derniers travailleurs étrangers qui s'y sont risqués, dans les rues de Doha, fin août, ont hérité d'un aller simple vers leur pays d'origine, sans espoir de retour. Contester le régime de l'intérieur est tout simplement impossible. Au rayon des accusations, un chiffre revient en boucle. Quelque 6 500 travailleurs étrangers sont morts dans le pays hôte depuis l'attribution de l'événement, selon une enquête du Guardian publiée en février 2021. L'ONG FairSquare est allée plus loin. A l'aide des documents transmis aux ambassades des ressortissants concernés, elle a pu établir que 60% des décès étaient classés comme « morts naturelles » ou « arrêts cardiaques », deux hypothèses peu crédibles...Quoi qu'il en soit, les candidats au départ pour le Qatar ne manquent pas, notamment en Asie du Sud-Est. Les grandes et modernes maisons construites en ville, les entreprises créées par des migrants de retour sont de véritables incitations à partir pour améliorer son statut social et économique.

Dernièrement, il était impossible de passer à côté des « faux » supporters dans l'émirat, des fans étrangers en réalité mobilisés par le comité d'organisation pour mettre de l'ambiance au Qatar à l'arrivée des différentes nations, mais aussi tout au long du tournoi tout en générant du contenu positif sur les réseaux sociaux. The Guardian révèle justement à ce sujet ce vendredi que ces personnes ne seront finalement tout bonnement pas remboursées par le Qatar !

Le quotidien britannique explique que ces supporters, qui se sont vus offrir le voyage, l'hébergement ainsi qu'une place pour la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde, ont été informés par les autorités qataries qu'elles ne percevraient pas leurs indemnités journalières. La mauvaise image dégagée par ce système mis en place par le Qatar semble avoir motivé le comité d'organisation à rétropédaler.

Cette nouvelle révélation devrait encore un peu plus alimenter les nombreuses critiques autour de cette Coupe du monde 2022, lors de laquelle, contre toute attente, les fans ne pourront pas consommer d'alcool autour des stades.

Les stades construits spécialement pour le Mondial qui déploient des technologies novatrices. Mais derrière les beaux discours des organisateurs, leur coût énergétique et leur impact environnemental posent question.

Le coût environnemental

La Coupe du monde de football, qui s'ouvre ce 20 novembre au Qatar, diffusera à des millions de passionnés les images éclatantes d'une abondance énergétique à contre-temps.

Déplacée en hiver pour échapper aux températures extrêmes de ce riche émirat du Moyen-Orient, la compétition se déroulera dans huit stades, dont sept ont été construits spécialement pour accueillir l'événement planétaire. Autant de « joyaux du désert » – c'est d'ailleurs le surnom de l'un d'entre eux – solidement incrustés dans le récit d'un Mondial « durable » et « neutre en carbone », conté par les organisateurs, la Fifa et le comité suprême Qatar 2022. Des bijoux de technologie assimilés par les associations écologistes à du greenwashing. « Comment des stades climatisés peuvent-ils être durables ? » Voici la question rhétorique posée sur le site officiel du Mondial.

Aussi communiquer sur une compétition « neutre en carbone » et mettre en avant les performances énergétiques des stades – jusque dans les allées de la COP26 – revient-il à « verdir l'emballage, alors que tout le produit pose problème », résume un chercheur. D'autant que, « dans les pays du Golfe, la clim' n'est pas un gros mot. Elle fait partie du mode de vie. », relève un autre chercheur : au Qatar, faire baisser la température à l'intérieur compte pour 60 à 70% de la consommation électrique totale du pays, relevait en 2021 le journal qatari The Peninsula.

Autre grief à l'encontre de ce pays : l'intolérance des moeurs

Ainsi du comportement individuel et collectif dans l’espace public : les traditions vestimentaires locales exigent la couverture du corps, même si une certaine tolérance est accordée aux touristes, et les démonstrations d’affection en public heurtent les valeurs culturelles locales et sont proscrites ; quant à la consommation d’alcool et l’ébriété sur la voie publique, elles sont punies par la loi. Toutefois, il est possible de se procurer de l’alcool dans certains restaurants et hôtels internationaux, et la FIFA a annoncé qu’il sera possible de se procurer de la bière du principal sponsor dans les fan zones trois heures avant et une heure après les matches.

En revanche, l’homosexualité n’est pas tolérée au Qatar. Elle tombe sous le coup de la loi et les personnes reconnues coupables sont passibles de sept ans de prison.

La FIFA assure toutefois qu’elle s’engage avec le Qatar à « garantir la sécurité et l’accueil chaleureux de tous les participants à la Coupe du Monde de la Fifa. Cela implique de veiller à ce que les activités des forces de l’ordre liées à la Coupe du Monde de la Fifa soient strictement nécessaires et proportionnées. Comme cela a été le cas lors de plusieurs événements internationaux que le Qatar a accueillis, la vie privée des personnes sera respectée. »

Alors que plusieurs capitaines ont annoncé qu'ils porteraient le brassard arc-en-ciel en soutien à la communauté LGBTQ+ lors de la Coupe du monde au Qatar (pays où l'homosexualité est interdite et pénalement sanctionnée), Hugo Lloris avait lui expliqué qu'il n'en ferait rien, préférant respecter le pays hôte du Mondial 2022. Nul doute que des démonstrations ostensibles heurteraient les nationaux au point de troubler l’ordre public...

Dans les pays occidentaux, on entend bien plus les critiques sur le non-respect des droits humains et des travailleurs ainsi que les conséquences écologiques et l’intolérance des mœurs que la ferveur populaire. Mais l'objectif est ailleurs pour l'émirat.

« Mettre le Qatar sur la carte du monde »

« La viabilité économique de la Coupe du monde n'entre pas dans les considérations des Qataris. C'est un pays qui a des standards économiques très différents des nôtres avec une manne gazière colossal pour un petit nombre d'habitants. Le PIB par habitant y est l'un des plus élevés du monde », rappelle Mathieu Llorca. Et rappelle la priorité de l'émir Al-Thani et de son père émir avant lui : « mettre le Qatar sur la carte du monde ». A n'importe quel prix.Ce qu'il a en partie réussi.

Un acteur international de premier plan

«  Comment un État « jeune » – il n’est indépendant que depuis 1971 – et dénué de tout attribut classique de la puissance est-il devenu en l’espace de quelques années un acteur international de premier plan, sur lequel les projecteurs du monde entier sont braqués au moment où il accueille la Coupe du Monde de football ?, se demande Lama Fakih , docteur en histoire contemporaine et relations internationales, chargée de cours à l' Université Saint-Joseph de Beyrouth dont nous reproduisons l'analyse publiée dans TheConversation .

Il y a cinquante ans, Doha n'était qu'un petit village de pêcheurs. Pour comprendre la trajectoire spectaculaire du Qatar, le Qatar a employé, principalement l’alliance avec les grandes puissances, la pratique du « hedging » (une approche consistant à maintenir de bonnes rrelations avec tous les acteurs de la communauté internationale, ignorant les divergences que certains peuvent avoir entre eux), et la « diplomatie de niches ». Si cette politique étrangère avait avant tout pour objectif de sécuriser la souveraineté de l’émirat, elle a été rapidement mise au service d’une quête démesurée de puissance, favorisée par un affaiblissement du leadership traditionnel dans le monde arabe.

Protectorat britannique de 1916 à 1968, le Qatar – petit émirat de la péninsule arabique d’une superficie de 11 571 km2 (environ celle de l’Île de France, pour donner un ordre de comparaison) et peuplé de quelque 2,5 millions de personnes aujourd’hui, dont à peine 10 % de Qataris, les autres résidents étant des travailleurs étrangers – n’a qu’une seule frontière terrestre, qui plus est controversée : avec l’immense Arabie saoudite, près de deux cents fois plus étendue. Le Qatar est en quelque sorte coincé entre les deux géants que sont l’Arabie saoudite et l’Iran.

Après son indépendance en 1971, le pays évolue durant près de 25 ans dans l’ombre de Riyad.

La première guerre du Golfe, en 1990-1991, constitue un tournant historique pour les pays du Golfe. Elle aura en particulier un impact majeur sur la relation entre Doha et Washington. Avec l’invasion du Koweït par l’Irak, le Qatar prend conscience de sa propre vulnérabilité et de la facilité avec laquelle l’un de ses puissants voisins pourrait l’annexer. Il considère le parapluie sécuritaire américain comme seule véritable garantie de survie. La base militaire américaine d’Al-Udeid, au Qatar, sera largement utilisée lors de l’opération « Enduring Freedom » contre les talibans afghans.

Le pays émerge progressivement comme allié régional privilégié des Américains – surtout après la révolution de palais de 1995, à laquelle Washington a sans doute donné son assentiment.

Si Hamad Ben Khalifa Al Thani cherche avant tout à assurer la souveraineté de son pays en s’appuyant fermement sur les États-Unis, il n’entend pas tout miser sur cette alliance : le Qatar multiplie les partenariats, au point de s’affirmer assez rapidement comme un acteur incontournable du concert des nations. En effet, Doha opte pour une politique de « hedging », qui consiste à entretenir de bonnes relations avec des acteurs opposés pour réduire des risques éventuels sur le long terme. Cette approche permet aux « petits » de gagner de l’influence pour promouvoir leur autonomie politique. Enfin, le Qatar élabore une diplomatie de niches, stratégie privilégiée des petits États et des puissances moyennes. Grâce à la diplomatie de niches, Doha se forge une image de marque nationale et une visibilité à l’échelle internationale.

Le Qatar cherche ainsi à se doter d’une réputation d’État neutre, ami de tous, « bon citoyen international », moderne, ouvert à l’Occident tout en restant fidèle à son identité arabo-musulmane.

Des moyens financiers quasi illimités avec le gaz

L’émergence « express » de ce pays demeure unique. Elle s’explique donc par la vision stratégique de son leadership, des moyens financiers quasi illimités et des conjonctures régionale et internationale favorables. Le Qatar n’a pu acquérir son statut de puissance régionale que dans la mesure où ses intérêts se confondaient avec ceux d’autres puissances, au premier rang desquelles les États-Unis.

Mais tout cette trajectoire a aussi été rendue possible par le fait que, troisième détenteur de ressources gazières au monde et premier exportateur de gaz naturel liquéfie, l’émirat dispose désormais de l’un des PIB les plus élevés au monde. À titre indicatif, il passe de 8,1 milliars de dollars en 1995 a 44,5 millards en 2005 pour dépasser les 100 milliards a partir de 2010. Cela est surtout possible grâce a son fonds d’investissement souverain fondé en 2005, Qatar Investment Authority (QIA).

Une force économique et d'investissement

Le Qatar investit donc massivement à l’étranger, notamment dans les grandes capitales. La crise financière de 2008 constitue ainsi une opportunité de se rendre indispensable, consolidant de surcroît ses alliances.

L’éducation (avec la Qatar Foundation), le sport (avec l’achat du Paris Saint-Germain, la diffusion de nombreux événements via la chaîne Bein Sports et bien sûr la prochaine Coupe du Monde), la culture (avec les nombreux musées prestigieux, les expositions des plus grands artistes ou l’achat de toiles de maître), les médiations (au Liban, au Darfour ou plus récemment entre les États-Unis et les talibans), et aussi la chaîne d’informations Al Jazeera, sont autant de niches qu’il exploite pour s’affirmer. Cette dernière, est plus explicitement qualifiée par un câble Wikileaks « d’outil diplomatique » servant les intérêts de Doha. Ceci vaut d’ailleurs au Qatar des accusations de soutien au terrorisme, déjà proférées depuis les apparitions exclusives de Ben Laden sur la chaine d’information qatarie en continu Al Jazeera au lendemain de l’invasion de l’Afghanistan en 2001...

L’accueil de cette compétition semble en soi régi par une forme de hedging.

« C'est le jeu d'équilibriste auquel se livre ce pays surexposé médiatiquement depuis qu'il a décroché en 2010 l'organisation de la Coupe du monde 2022 : vendre une image lisse de pavillon-témoin du pays arabe du XXIe siècle tout en s'appuyant sur un système social comparable à celui de l'Arabie saoudite et des autres régimes autoritaires de la région, où la moindre tête qui dépasse est expulsée, dans le meilleur des cas. »

Le Qatar « utilise le sport pour gagner en puissance et en influence sur la scène internationale. Il vise le Graal du sport. », prévient Raphaël Le Magoariec, spécialiste des sociétés de la péninsule arabique et du sport, co-auteur de L'empire du Qatar les nouveaux maîtres du jeu ? (ed. Les Points sur les i.).

Pas sûr pourtant que la projection d'un « soft power »  change les différentes perceptions internationales.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

DEUXIEME CONDAMNATION A MORT EN IRAN

 LIEE AUX EMEUTES

Deuxième condamnation à mort en Iran liée aux « émeutes » et  2000 inculpations enregistrées.

La justice iranienne a prononcé mardi une condamnation à mort à l'encontre d'un « émeutier », a annoncé l'agence de presse de l'Autorité judiciaire. Il s'agit de la seconde peine de ce type en l'espace de trois jours.

La justice iranienne a prononcé mardi une seconde condamnation à mort en trois jours à l’encontre d’un « émeutier », a annoncé Mizan Online, l’agence de l’Autorité judiciaire.

Des manifestations ont lieu en Iran depuis la mort, il y a deux mois, de Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans arrêtée pour infraction au code vestimentaire strict qui oblige les femmes à porter le voile islamique en public.

Les autorités dénoncent des « émeutes » et des centaines de personnes ont été arrêtées.Dimanche, un tribunal de Téhéran avait déjà condamné à mort une personne jugée coupable « d’avoir incendié un bâtiment gouvernemental, de trouble à l’ordre public, de rassemblement et conspiration en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale, d’être un ennemi de Dieu et de corruption sur terre ».

« L’accusé est un ennemi de Dieu »

Cinq autres personnes avaient également été condamnées à des peines de cinq à 10 ans de prison pour « rassemblement et conspiration en vue de commettre des crimes contre la sécurité nationale et trouble à l’ordre public ».

Dans le cadre du même procès, un tribunal révolutionnaire a condamné à mort une autre personne accusée d’avoir

« terrorisé des gens dans la rue en utilisant une arme blanche, d’avoir incendié la moto d’un citoyen et attaqué un individu avec un couteau », a indiqué mardi soir l’agence Mizan Online.

« L’accusé est un ennemi de Dieu pour avoir fait usage d’armes blanches », selon le verdict.

Le tribunal étant de première instance, les condamnés peuvent faire appel, précise l’agence.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

ATTENTAT TERRORISTE A ISTANBUL EN TURQUIE

La panique s’est emparée du cœur d’Istanbul (Turquie) ce dimanche. Une forte explosion a retenti dans l’après-midi sur l’artère commerçante et très fréquentée d’Istiklal au cœur d’Istanbul, ont rapporté les médias turcs.

L’avenue Istiklal, l’artère piétonne la plus fréquentée de la ville, était noire de monde et le soleil se donnait des airs d’été indien. Lorsque retentit le bruit d’une explosion, à 16 h 20, en plein milieu du passage, à l’intersection de la petite rue Imam-Adnan, entre le magasin de vêtements Mango et le glacier Mado.

L’explosion est survenue vers 16h20 (13h20 GMT), au moment où la foule était particulièrement dense dans ce lieu de promenade prisé, le dimanche, des Stambouliotes et des touristes. 

Selon les vidéos diffusées par les réseaux sociaux, l’explosion émet une puissante détonation, accompagnée de flammes, et déclenche aussitôt un mouvement de panique. Un large cratère noir est également visible sur ces images, ainsi que plusieurs corps à terre à proximité. Des familles avec des enfants dans les bras tentaient de fuir le quartier en courant.

De nombreuses victimes

L’attaque a fait six morts et 81 blessés, dont deux graves, selon un dernier bilan, donné ce dimanche soir par le vice-président turc Fuat Oktay. Un père et sa jeune fille ont perdu la vie, a notamment fait savoir Derya Yanik, ministre de la Famille et des Services sociaux. Elle était âgée de 9 ans, selon la télévision publique TRT et le quotidien Cumhuriyet.

Une mère de 38 ans et sa fille de 15 ans, ainsi qu’un couple âgé de 27 et 40 ans sont également décédés dans l’attentat, détaille le quotidien turc.

Réactions des autorités

Par crainte d’une seconde explosion, la zone a été complètement évacuée. Un imposant déploiement de forces de sécurité barre également tous les accès. La police a bouclé les accès à la rue Istiklal et aux rues adjacentes, et les hélicoptères survolaient le centre-ville où résonnaient de nombreuses sirènes. Dans le quartier voisin de Galata, beaucoup de boutiques ont baissé leurs rideaux.

Moins d’une heure après les faits, le Haut conseil audiovisuel turc a interdit aux médias audiovisuels de diffuser des images de la scène pour « empêcher de semer la peur ». Par ailleurs, l’accès aux réseaux sociaux a été restreint en Turquie après l’attentat, selon l’observateur des restrictions en ligne Netblocks.

Les suspects Une Syrienne et le PKK

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé, en direct à la télévision, « un vil attentat ». « Nous considérons qu’il s’agit d’un attentat terroriste dû à l’explosion d’une bombe déclenchée par un assaillant », a déclaré Fuat Oktay, le vice-président.

Alors que ce dernier avait évoqué une « kamikaze » dans un premier temps, le ministre de la Justice, Bekir Bozdag, a ensuite évoqué un « sac » déposé sur un banc. « Une femme s’est assise sur un banc pendant 40 à 45 minutes et, quelque temps après, il y a eu une explosion », a-t-il poursuivi. « Soit ce sac contenait un minuteur, soit quelqu’un l’a activé à distance », a-t-il ajouté.

« Que notre population soit sûre que les auteurs seront punis. Les tentatives de piéger la Turquie et la nation turque dans la terreur ne pourront atteindre leur but ni aujourd’hui ni demain, pas plus que cela a été le cas hier » a promis Erdogan, qui avait déjà été confronté à une campagne de terreur à travers le pays en 2015-2016. Revendiquée en partie par le groupe État islamique, elle avait fait près de 500 morts et plus de 2 000 blessés. « Nous trouverons ceux qui sont derrière cet attentat, qui que ce soit, même s’il va à l’autre bout du monde » a promis Fuat Oktay.


Le ministre de l’Intérieur turc, Souleyman Soylu, a annoncé ce lundi l’arrestation de 46 personnes, dont une partie à Kucukcekmece, dans la banlieue d’Istanbul. Parmi elles, une femme suspectée d’avoir posé la bombe et de nationalité syrienne a reconnu les faits, a confirmé la police turque..Elle aurait déclaré avoir agi sur ordre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et reçu des directives à Kobané dans le nord-est de la Syrie.

La ville est célèbre pour la bataille qui s’y est déroulée et a permis aux forces kurdes de repousser, en 2015, le groupe Etat islamique (EI). Elle est contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les Unités de protection du peuple (YPG), alliées au PKK, sont une composante majeure.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara mais aussi par ses alliés occidentaux dont les États-Unis et l’Union européenne, était depuis dimanche accusé d’être à l’origine de l’attaque par les autorités turques. « Les opérations continuent » pour arrêter d’autres suspects, a précisé le ministre de l’Intérieur.

La Turquie a « rejeté » ce lundi matin les condoléances des États-Unis qui 

« soutiennent les terroristes » kurdes de Kobané, a indiqué Souleyman Soylu.

« Nous n’acceptons pas les condoléances des États-Unis. Notre alliance avec un État qui entretient Kobané et des poches de terreur (…) doit être débattue », a déclaré le ministre, mettant à nouveau en cause le PKK.




Alize Marion pour DayNewsWorld

VIVES TENSIONS ENTRE LES DEUX COREES

ET TIRS DE MISSILES

Les deux Corées ont procédé mercredi à des échanges de tirs de missiles: Pyongyang en a lancé plus de 10, dont l'un est tombé près des eaux territoriales sud-coréennes, ce qui a amené Séoul à riposter avec trois missiles air-sol, le président sud-coréen Yoon Suk-yeol dénonçant une "invasion territoriale de fait". Un missile balistique de courte portée attribué à la Corée du Nord a tout d'abord franchi la Ligne de limite du Nord, qui constitue de fait la frontière maritime entre les deux pays, provoquant une rare alerte au raid aérien demandant aux habitants de l'île sud-coréenne d'Ulleungdo de se réfugier dans des abris souterrains.

Selon l'armée de Séoul, c'est "la première fois depuis la division de la péninsule" à l'issue des combats de la guerre de Corée en 1953 qu'un missile nord-coréen est tombé si proche des eaux territoriales du Sud. M. Yoon a "souligné que la provocation nord-coréenne est une invasion territoriale de fait par un missile qui a franchi la Ligne de limite du Nord pour la première fois depuis la division" de la péninsule, a déclaré la présidence sud-coréenne dans un communiqué.

Le missile tombé au plus proche de la Corée du Sud a amerri dans des eaux situées à seulement 57 kilomètres (35 miles) à l'est de la Corée du Sud continentale, a indiqué l'armée de Séoul, qui a qualifié de "très rare et intolérable" le tir de Pyongyang. "Nous déclarons que notre armée répondra de manière décisive à cela", a-t-elle ajouté.

Peu après, l'armée de Séoul a rapporté avoir tiré trois missiles air-sol près de l'endroit, au niveau de la frontière maritime, où le missile nord-coréen était tombé. L'état-major interarmées sud-coréen avait initialement affirmé avoir identifié un tir de trois missiles balistiques de courte portée.

Mais il a par la suite annoncé que la Corée du Nord avait lancé "plus de 10 missiles de types différents vers l'Est et l'Ouest". Le président Yoon a convoqué une réunion du Conseil national de sécurité au sujet de ce lancement, qui, selon les analystes, est l'un des plus "agressifs et menaçants" depuis plusieurs années. Le président sud-coréen a en outre ordonné des mesures "rapides et sévères afin que les provocations de la Corée du Nord paient un prix fort". Le Japon a également confirmé le lancement de missiles nord-coréens, le Premier ministre japonais Fumio Kishida déclarant aux journalistes vouloir "tenir une réunion sur la sécurité nationale dès que possible".

"Tempête vigilante"

Séoul et Washington organisent actuellement le plus grand exercice aérien conjoint de leur histoire, baptisé "Tempête vigilante" (Vigilant Storm), auquel participent des centaines d'avions de guerre des deux armées. Pak Jong Chon, maréchal et secrétaire du Parti des travailleurs au pouvoir en Corée du Nord, a qualifié ces exercices d'agressifs et provoquants, selon un rapport publié mercredi par la presse officielle nord-coréenne.

Selon lui, le nom de ces manoeuvres fait écho à l'opération "Tempête du désert", nom donné aux opérations militaires de la coalition conduite par les Etats-Unis contre l'Irak en 1990 et 1991 après l'invasion du Koweït.

"Si les Etats-Unis et la Corée du Sud tentent d'utiliser leurs forces armées contre la (République populaire démocratique de Corée) sans crainte, les moyens spéciaux des forces armées de la RPDC accompliront leur mission stratégique sans délai", a déclaré M. Pak, selon l'agence d'Etat KCNA. "Les Etats-Unis et la Corée du Sud devront faire face à une terrible affaire et payer le prix le plus horrible de l'histoire", a ajouté M. Pak.

Près de la Corée du Sud

Les missiles tirés mercredi par la Corée du Nord constituent "la plus agressive et menaçante démonstration (de force) contre le Sud depuis 2010", a déclaré à l'AFP Cheong Seong-chang, chercheur à l'institut Sejong. "Il s'agit d'une situation dangereuse et instable qui pourrait mener à des (affrontements) armés", a-t-il ajouté. En mars 2010, un sous-marin nord-coréen avait torpillé une corvette sud-coréenne, le Cheonan, tuant 46 marins dont 16 effectuaient leur service militaire obligatoire.

En novembre de la même année, le Nord avait bombardé une île frontalière sud-coréenne, causant la mort de deux jeunes soldats. Ce tir mercredi de missiles nord-coréens survient après une série de lancements, notamment de ce que le Nord a qualifié d'exercices nucléaires tactiques. Washington et Séoul avertissent de manière répétée que Pyongyang pourrait effectuer un nouvel essai nucléaire, qui constituerait le 7e de son histoire.

"Aussi longtemps que je me souvienne, la Corée du Nord n'a jamais procédé à une telle provocation lorsque la Corée du Sud et les Etats-Unis menaient des manoeuvres conjointes", a décrit Park Won-gon, professeur à l'université Ewha.

 "Pyongyang semble avoir achevé sa plus puissante (mesure de) dissuasion. C'est une grave menace. Le Nord semble également confiant dans ses capacités nucléaires."




Larry Rick pour DayNewsWorld

BOUSCULADE MEURTRIERE A SEOUL

 POUR HALLOWEN

AVEC AU MOINS 140 MORTS ET 100 BLESSES

Au moins 120 personnes sont mortes et une centaine d'autres ont été blessées dans la nuit de samedi à dimanche dans une bousculade lors d'une fête d'Halloween dans le centre de Séoul, a-t-on appris de source officielle.

Des dizaines de personnes ont été prises en charge en arrêt cardiaque à Séoul ce samedi 29 octobre lors des célébrations d’Halloween, ont indiqué les pompiers sud-coréens

« À 2 h 30 du matin, heure locale, 120 personnes ont été tuées et cent autres blessées », a indiqué à la presse sur les lieux de la catastrophe un responsable des pompiers de la capitale sud-coréenne, Choi Seong-beom

Un porte-parole des pompiers a confirmé l'incident, précisant que 140 ambulances avaient été déployées sur les lieux pour prendre en charge les victimes.

Selon l'agence Yonhap, des milliers de personnes fêtaient Halloween dans le quartier d'Itaewon, et une cinquantaine d'entre elles ont connu un arrêt cardiaque.

Les victimes semblent avoir été prises dans des mouvements de foule au sein de ce quartier de la capitale sud-coréenne où les célébrations d’Halloween rassemblent un grand nombre de personnes.

Le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, a demandé aux hôpitaux de se préparer à accueillir les blessés.

Des photographies publiées par Yonhap montraient plus d'une dizaine de personnes gisant dans une rue, des sauveteurs effectuant des massages cardiaques à certaines d'entre elles, alors que la police tenait la foule à distance par des cordons de sécurité.

Selon des images vidéo, une vingtaine de corps étaient cependant couverts de draps ou de couvertures, les sauveteurs ne tentant pas de réanimer ces gens. D'autres victimes étaient évacuées sur des civières vers des ambulances.

Les célébrations d’Halloween cette année 2022 sont les premières depuis le début de la pandémie de COVID-19, au cours de laquelle les Sud-Coréens ont été obligés de porter le masque à l'extérieur.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

LES FORCES DE SECURITE OUVRENT LE FEU SUR LES FIDELES VENUS SUR LA TOMBE DE MAHSA AMINI 

40 JOURS APRES LE DEUIL

Des heurts ont eu lieu, mercredi 26 octobre, dans la ville natale de Mahsa Amini. « Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes et ouvert le feu sur la place Zindan, dans la ville de Saqez », selon Hengaw. Le groupe de surveillance des violations des droits dans les régions kurdes d'Iran n'a pas précisé s'il y avait des morts ou des blessés.

Dès mardi soir, les autorités avaient renforcé leur dispositif à Saghez, déployant des forces sur une place centrale. Les accès à la ville auraient également été bloqués. Selon des militants des droits humains, les forces de sécurité avaient mis en garde les parents de la jeune femme contre l'organisation d'une cérémonie d'hommage sur sa tombe, allant jusqu'à menacer « la vie de leur fils ».

Malgré des mesures de sécurité renforcées, des colonnes de personnes en deuil avaient afflué à Saqez, dans la province du Kurdistan occidental, pour rendre hommage à Mahsa Amini sur sa tombe, quarante jours après la mort de la jeune femme .

"L'année du sang"

Défiant un dispositif de sécurité renforcé, criant « Femme, vie, liberté » ou « Mort au dictateur », une foule d'hommes et de femmes s'était réunie autour de la tombe de la jeune femme dans le cimetière Aichi de la ville de Saghez, dans la province du Kurdistan (ouest), selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Des fidèles ont commencé tôt mercredi à rejoindre le cimetière.

Des images mises en ligne par des militants et des défenseurs des droits humains montraient une foule très nombreuse, en voiture et à moto, à pied à travers champs et le long des routes, ou même traversant une rivière. Frappant des mains, criant, klaxonnant, la foule a envahi la route reliant Saghez au cimetière, distant de huit kilomètres, selon des images mises en ligne par Hengaw, que cette ONG a déclaré avoir vérifiées. « Cette année est l'année du sang, Seyed Ali sera renversé », criait un groupe sur une vidéo authentifiée , en référence au guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Dans plusieurs villes du Kurdistan, « Sanandaj, Saghez, Divandarreh, Marivan et Kamyaran, des grèves sont largement suivies », selon Hengaw. De même à Javanrud et Ravansar, dans la province du Kermanshah (ouest).

Selon Hengaw, deux figures du football iranien, le légendaire buteur Ali Daei et le gardien Hamed Lak, se sont rendus à Saghez pour ce 40e jour suivant la mort de Mahsa Amini, marquant la fin de la période de deuil traditionnel en Iran.

Ils sont descendus au Kurd Hotel, selon Hengaw, mais « ont été transférés dans la chambre d'hôtes du gouvernement (...) sous la garde des forces de sécurité ».

Cette Kurde iranienne de 22 ans est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique, imposant notamment le port du voile pour les femmes.

Sa mort a déclenché une vague de contestation sans précédent depuis trois ans, qui se poursuit à travers l'Iran. Jeunes femmes et écolières sont montées en première ligne, beaucoup tête nue, brûlant leur voile et bravant les forces de sécurité.

La justice iranienne a annoncé mercredi avoir inculpé plus de 300 personnes, portant à plus de mille le nombre officiel des inculpations liées à ces manifestations..

L'un des plus importants mouvements de contestation en Iran depuis 1979

Ce mouvement de contestation des autorités religieuses iraniennes est l'un des plus importants depuis la révolution islamique de 1979.

Ce mouvement, notamment alimenté jusqu'ici par la jeunesse iranienne – avec des grèves dans des dizaines d'universités – pourrait encore prendre de l'ampleur avec la fin de la période de deuil.

Nouvelles sanctions américaines contre Téhéran

Washington a annoncé mercredi des sanctions économiques visant des responsables iraniens et des entreprises, pour leur répression violente des manifestations qui secouent l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini, et les perturbations volontaires dans l'accès à Internet.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

UN TROISIEME MANDAT OU LE SACRE

DU TOUT-PUISSANT POUR XI JINPING

Troisième sacre historique pour Xi Jinping. Le président chinois a été reconduit dimanche 23 octobre à la tête du Parti communiste, après avoir balayé toute contestation, devenant le dirigeant le plus puissant depuis Mao Zedong, fondateur du régime.

L'homme fort de Pékin a promis de "travailler dur dans l'accomplissement" de ses "tâches", immédiatement après avoir obtenu un troisième mandat de cinq ans, par un Comité central largement remanié du Parti communiste chinois (PCC).

Il devient ainsi le dirigeant le plus puissant depuis Mao Zedong, fondateur du régime.

Point d’orgue de ce XXe congrès, la présentation du nouveau comité permanent du PCC ce dimanche matin, soit les sept hommes qui vont diriger la deuxième économie du monde.

Et comme le veut la tradition, c'est le président qui est arrivé en premier sur le tapis rouge, emmenant ses camarades, notamment Li Qiang, futur Premier ministre. 

Derrière lui et les autres, six costumes sombres et cravates rouges sur les strates du salon d'or, au troisième étage du Palais du peuple. Le visage fermé, bras le long du corps, presque au garde à vous, les six silhouettes ont écouté le secrétaire général et numéro un du Parti faire son discours.

On savait avec le départ à la retraite du Premier ministre Li Keqiang et celui, de l'ancien président Hu Jintao, poussé vers la sortie samedi, qu'il n'y aurait que des hommes du président dans ce comité. Ce sont des figures familières, explique Xi Jinping en les présentant. Il les a connus en partie quand il était secrétaire du Parti communiste du Zhejiang, une province de la côte orientale chinoise, et puis à Shanghai.

Son futur Premier ministre, Li Qiang, est le patron du PCC de Shanghai qui a la terrible réputation d'avoir confiné sa ville et ses habitants pendant 3 mois l'année dernière. Au Parti communiste, la fidélité prime en tout cas sur la popularité. 

Cette nomination est un signe "d’une fuite en avant toujours plus avérée dans l’idéologie, dans l’entêtement de Xi Jinping", observe Chloé Froissart, sinologue et professeure de sciences politiques des universités à l’Inalco.

"La politique zéro covid ne sera pas remise en cause".

Le secrétaire général du PCC de Pékin, Cai Qi, s'occupera du bureau des affaires générales du parti. Li Xi, secrétaire général du PCC de la province du Guangdong (sud), a été nommé au comité de discipline du parti. C'est un poste clé qui supervise la campagne anti-corruption lancée en 2012 par Xi Jinping pour faire tomber les corrompus et ses adversaires politiques.

Pour le jeune Zhao Leji, 65 ans, Ding Xuexiang, qui était assistant politique du président, et Wang Huning, l'idéologue en chef du régime depuis trois générations de dirigeants, ils sont tous considérés comme des proches du secrétaire général du PCC. Les deux grands partants, Li Keqiang, Premier ministre sortant, et Wang Yang, donné un moment comme nouveau chef du gouvernement, étaient tous les deux proches de l’ancien président Hu Jintao et de la faction de Jeunesses communistes.

Le saint des saints du Parti communiste chinois, l’instance suprême, ne compte plus aucun opposant potentiel au numéro un chinois Xi Jinping,.Désormais tenu par les plus proches alliés de Xi, le nouveau Comité permanent confirme la mainmise de Xi Jinping sur la formation politique, selon des analystes.

"Ce sont tous des hommes de Xi, cela montre qu'il veut gouverner au-delà d'un troisième mandat", donc après 2027, souligne Alfred Wu Muluan, expert en politique chinoise à l'Université nationale de Singapour.

Willy Lam, spécialiste du PCC à l'Université chinoise de Hong Kong, pronostiquait "une domination anormalement asymétrique d'une seule faction : celle de Xi Jinping".

Pas plus que le comité permanent, le bureau politique, instance de décision du Parti communiste chinois, ne compte de femme. Une première en 25 ans. L'unique femme qui faisait partie de ce groupe de 25 personnes a pris sa retraite et aucun des nouveaux membres dévoilés ce dimanche n'est une femme.

Évacuation de Hu Jintao

Seul incident marquant durant une cérémonie très chorégraphiée, l'ancien président Hu Jintao a été escorté vers la sortie samedi.

Visiblement contre son gré, l'homme de 79 ans, qui a présidé la Chine de 2003 à 2013, a été incité par des employés à se lever de son siège, situé à côté de Xi Jinping.Cette scène très inhabituelle n'a pas été expliquée par les autorités .

L'agence Chine nouvelle a affirmé en anglais que Hu Jintao "ne se sentait pas bien". Il va "beaucoup mieux" désormais, a-t-elle écrit sur Twitter, réseau social bloqué en Chine .Hu Jintao, qui a paru affaibli physiquement durant le congrès, est le prédécesseur de Xi Jinping et est considéré comme un réformateur. Toute référence récente à son nom semblait avoir été censurée de l'internet chinois.


"La Chine ne peut pas se développer sans le monde, et le monde a aussi besoin de la Chine"

Malgré une concentration presque totale des pouvoirs, Xi Jinping devra faire face à une économie en fort ralentissement, notamment en raison de sa politique « zéro Covid», une rivalité exacerbée avec les États-Unis et des critiques internationales sur les droits humains.

Lors d'une allocution devant la presse après avoir obtenu un troisième mandat à la tête du Parti communiste et donc du pays, Xi Jinping a assuré : "La Chine ne peut pas se développer sans le monde, et le monde a aussi besoin de la Chine".

Le président a salué les "deux miracles" réalisés dans le pays : "un développement économique rapide et une stabilité sociale sur le long terme".

En une décennie à la tête du pays, Xi Jinping a réussi le pari de faire de la Chine la deuxième économie mondiale, dotée d'une des armées les plus puissantes au monde. Le chef de l'État a d'ailleurs été reconduit également à la tête de la Commission militaire centrale. 

Au sein de celle-ci, plusieurs des généraux nouvellement promus font partie de la clique du détroit de Taïwan et sont très belliqueux et poussent pour une invasion de l'île. Cela confirme que Taïwan est une priorité absolue de la Chine de Xi Jinping.

La Grande renaissance de la nation pour 2049

Xi Jinping mène le navire Chine et il a redonné sur l'estrade du salon d'or du Grand Palais du peuple les objectifs : "La construction d'un pays socialiste moderne et la marche vers la grande renaissance de la nation correspond à un souhait et une longue attente, la modernisation de la Chine est le résultat des efforts conjugués du Parti communiste chinois et du peuple chinois".

La modernisation du pays est donc pour 2035, la Grande renaissance de la nation est pour 2049. Désormais, plus rien n'empêche Xi Jinping de se prolonger au pouvoir.

Et si la Chine doit devenir un pays socialiste moderne avec une économie ouverte, c'est le peuple, et surtout le Parti, qui prime sur tout le reste dans cette modernisation.




Alize Marion pour DayNewsWorld

DISCOURS DE XI JINPING AU XX E CONGRES DU PCC

LA CHINE PEUT-ELLE DEVENIR LA PREMIERE PUISSANCE MONDIALE ?

Xi Jinping a ouvert , dimanche 16 octobre 2022, le XXème congrès du parti communiste chinois.

A l’occasion de son discours d’ouverture du Congrès du Parti communiste, le président de la République populaire de Chine a réitéré dimanche que l’objectif premier du Parti restait celui du développement économique, mais que la sécurité du pays devait aussi guider l’action du Parti. Un discours largement consacré aux sujets de politique intérieure, prononcé devant quelque 2 300 délégués du parti, rassemblés dans l'immense Palais du peuple. Ces derniers devraient lui confier dans une semaine un troisième mandat historique à la tête du pays.

L’occasion pour le maître incontesté de Pékin de réaffirmer sa fermeté politique et d’afficher sa volonté de supplanter les Etats-Unis comme première puissance mondiale.

"Le recours à la force" sur Taïwan ?

Xi Jinping ne compte pas céder sur Taïwan. Tout en assurant que la Chine avait toujours « respecté » et s'était toujours « souciée » du peuple taïwanais, Xi Jinping s'est montré déterminé à réunifier « pacifiquement » ce qu'il estime être l'un de ses territoires, bien que la dirigeante taïwanaise, Tsai Ing-Wen, maintient son refus d’intégration à l'Empire du Milieu. « La résolution de la question de Taïwan est l'affaire du peuple chinois, et c'est au peuple chinois de décider », a martelé le chef de la République populaire de Chine devant les 2 300 délégués du PCC, présents au congrès du parti qui s'est ouvert samedi à Pékin. « Les roues historiques de la réunification nationale et du rajeunissement national roulent. La réunification complète de la patrie doit être réalisée. Elle sera réalisée », a-t-il ajouté. Pour parvenir à ses fins, le président chinois n'écarte pas tout recours à « la force », comme l'ont laissé entendre ces récentes manœuvres militaires dissuasives. « Nous œuvrerons avec la plus grande sincérité et les plus grands efforts pour une réunification pacifique de Taïwan, mais nous ne promettrons jamais de renoncer à l'usage de la force et nous nous réservons l'option de prendre toutes les mesures nécessaires », a confirmé Xi Jinping, tout en fustigeant tout « séparatisme » et « ingérence » étrangère dans ce conflit.

En septembre, le président américain Joe Biden avait assuré que les Etats-Unis défendraient l'île convoitée par Pékin « si une attaque sans précédent venait à se produire ». Après quoi, la Chine avait dénoncé une « grave violation » des promesses diplomatiques de Washington.

La lutte contre le réchauffement climatique

C'est justement en raison des tensions avec les Etats-Unis sur la question de Taïwan que Pékin avait annoncé la suspension au 1er septembre de sa coopération avec les Etats-Unis sur le réchauffement climatique, nouée dans les couloirs de la COP26, à Glasgow. Dimanche, Xi Jinping a toutefois évoqué brièvement la crise climatique, assurant que son pays allait « promouvoir activement » la lutte contre le réchauffement de la planète.

La Chine est un des plus gros pollueurs du monde et le premier émetteur de gaz à effet de serre. En mars 2021, le pays a publié le détail de sa politique de réduction de la part des énergies carbonées dans son mix énergétique, promettant de faire grimper la part des énergies renouvelables à 25% en 2025. Selon un rapport du think tank Carbon Tracker, publié en amont de la Conférence pour le climat, ce taux était passé de 7% à 15% entre 2009 et 2019.

« Nous participerons activement à la gouvernance mondiale sur le changement climatique », a encore dit Xi Jinping, tout en s'engageant à « renforcer l'utilisation propre et efficace du charbon ». Le pays, qui ambitionne d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2060, est très dépendant de cette énergie fossile pour alimenter ses centrales électriques.

Sa politique "zéro Covid"

XI Jinping a évoqué la politique « zéro Covid » mise en place par le pays et traduite pas le renforcement du contrôle social sur les citoyens, dont tous les déplacements sont désormais enregistrés informatiquement. La Chine a « protégé au plus haut point la sécurité et la santé du peuple et a atteint des résultats positifs significatifs en coordonnant la prévention et le contrôle de l'épidémie avec le développement économique et social », a-t-il estimé.

Sa campagne anticorruption

Dans son discours, Xi Jinping a également défendu sa redoutable campagne anticorruption, en réponse aux critiques qui l'accusent de l'avoir utilisée pour faire tomber ses rivaux et consolider son pouvoir.« La lutte contre la corruption a remporté une victoire écrasante et a été consolidée de manière exhaustive, éliminant les graves dangers latents au sein du parti, de l'Etat et de l'armée », s'est-il félicité. Selon des chiffres officiels, au moins 1,5 million de personnes ont été sanctionnées lors de cette campagne, entamée par Xi Jinping dès son arrivée au pouvoir en 2012 pour faire tomber les « tigres » (hauts dirigeants) et les « mouches » (petits fonctionnaires) avides de pots-de-vin.

Et à la veille de l’ouverture du XXe Congrès, les dirigeants du PCC ont officiellement entériné la décision d’expulser une poignée de responsables, dont Fu Zhenghua et Shen Deyong, qui faisaient partie du Comité central. Un des chefs de police les plus puissants du pays, Fu a été condamné à la perpétuité en septembre après avoir été accusé de former une « clique politique » avec d’autres hauts responsables de la sécurité, dont Sun Lijun, ancien vice-ministre de la Sécurité publique. Leur disgrâce est sans doute la plus grande purge du système de sécurité depuis que Xi a lancé sa vaste campagne de lutte contre la corruption. Quant à Shen, ancien vice-président de la Cour suprême de Chine, il est en attente de jugement pour corruption.

Pour les détracteurs de Xi Jiping, cette campagne a aussi été pour le numéro un chinois un outil politique, destiné à faire tomber des rivaux.

La Chine cependant dans une impasse

Mais malgré cette auto-consécration et la défense de son bilan, Xi Jiping ne peut ignorer que la Chine est aujourd’hui dans une impasse.

En effet entre la fin des années 70 et le milieu des années 2010, le pays a fait de son développement économique une priorité absolue. En 40 ans, la Chine est devenue l’usine du monde et le premier marché de la planète dans de nombreux secteurs. Pour le plus grand profit de sa population. Mais ce modèle est en crise. La croissance y est devenue anémique – elle ne devrait pas dépasser les 3,2% cette année -, un jeune urbain sur cinq est au chômage et l’immobilier, véritable poumon de l’activité, est à bout de souffle. Et selon Natixis, la dette chinoise représente 275% du PIB.

La crise rampante de l' immobilier

Pilier de l'économie chinoise et symbole du « miracle » des trente dernières années, le secteur immobilier est en effet pris dans une spirale de défiance inédite. Depuis l'effondrement d' Evergrande il y a un an, la bulle immobilière craquelle de toutes parts. Ces faillites en cascade ont mis sur le carreau des dizaines de millions de ménages obligés d'honorer leurs crédits immobiliers pour des logements achetés au prix fort et dont ils n'auront probablement jamais les clefs. Au fil des mois, une grève des remboursements, née sur le réseau social WeChat, s'est propagée dans tout le pays, fragilisant encore davantage des centaines de petites banques locales plombées par des monceaux de créances douteuses. Fin juillet, le boycott concernait plus de 320 chantiers identifiés et 800.000 logements, Natixis y voyant « la partie émergée d'un énorme iceberg ». Quand l'immobilier chinois s'enrhume, c'est tout le pays qui tousse. « Ces dernières années, quasiment 30% de la croissance est venue du boom immobilier », souligne Alicia Garcia Herrero, la chef économiste de Natixis à Hongkong.

Une économie minée par la dette et les choix politiques

La crise de croissance s'explique donc d’abord par un excès d’endettement, notamment au niveau des collectivités locales- la dette chinoise représenterait 275% du PIB- mais surtout, par les choix politiques fait par de Xi Jinping pour asseoir son pouvoir. La stratégie « zéro Covid », encore réaffirmée hier à la tribune du XXème Congrès, bride en effet l’activité des entreprises et la consommation des ménages. De même, la reprise en main des grandes multinationales privées, tout particulièrement dans la Tech agit comme un frein à l’innovation.

Rivalités Chine-Etats-Unis

C'est dans ce contexte difficile que s'annonce le conflit des puissances Chine-Etats-Unis. La lutte entre Washington et Pékin pour le leadership mondial s’annonce comme un bras de fer de longue haleine.

Un pas décisif dans la confrontation entre les deux principales économies mondiales vient d'ailleurs d’être franchi par Joe Biden, avec la mise en place de restrictions dans le secteur sensible des semi-conducteurs, ces « puces » électroniques indispensables à l’ère numérique. Washington est passé à l’action à la veille du rendez-vous politique majeur de Xi Jinping, le 20e Congrès du Parti communiste chinois (PCC). L’administration américaine vient en effet de publier un document d’une centaine de pages [PDF] visant ni plus ni moins, à « décapiter l’industrie chinoise des semi-conducteurs » selon l’image d’un expert américain.

Un leadership mondial qu'il reste à conquérir...dans un bras de fer de longue haleine, avec de réelles conséquences économiques et géopolitiques.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

DE LA REVOLTE CONTRE LE VOILE 

A LA REVOLUTION CONTRE LE REGIME IRANIEN ?

Dix jours après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police pour un voile mal porté, c'est maintenant Hadis Najafi tuée de six balles par la police qui devient le symbole de la révolte iranienne alors que des manifestants continuent de braver le pouvoir qui réprime brutalement. On voit, dos à la caméra, une jeune femme qui noue ses cheveux blonds en chignon et réajuste ses lunettes. 

Elle a laissé son voile et sa peur derrière elle, pour descendre dans la rue rejoindre le mouvement de contestation qui enflamme l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini. Cette vidéo amateur devenue virale sur les réseaux sociaux s'est rapidement imposée comme un symbole de toutes ces femmes qui ôtent leur voile et se coupent les cheveux pour protester contre le code vestimentaire imposé par la République islamique.

Un symbole de courage

Elle illustre surtout les derniers instants de la vie de Hadis Najafi, âgée d'à peine 20 ans, et tuée de six balles dans la tête, le cou et la poitrine par les forces de l'ordre dans la petite ville de Karaj, à l'ouest de Téhéran. «Hadis Najafi n'a pas gardé le silence face à la tyrannie. Elle a été tuée pour avoir protesté contre la mort brutale de Mahsa Amini», a annoncé le 25 septembre 2022 sur Twitter la journaliste et militante américaine d'origine iranienne Masih Alinejad, qui s'est entretenue avec la sœur de la victime. L'annonce de la mort de la jeune femme a ému au-delà des frontières de l'Iran.

« Les jeunes femmes iraniennes sont le véritable catalyseur de cette mobilisation. Le fait qu’elles soient les leaders de ce mouvement est un fait assez inédit en Iran », indique la journaliste Sara Saidi, correspondante en Iran de 2016 à 2019.

Le chant révolutionnaire Bella ciao

Le mouvement en cours dépasse largement le seul enjeu du voile. En première ligne de cette révolte certes, les femmes iraniennes. En signe de contestation, certaines jeunes femmes iraniennes, visage totalement découvert, prennent le risque de poster sur les réseaux sociaux des vidéos dans lesquelles elles revisitent en langue persane l'hymne révolutionnaire italien Bella ciao. Un symbole partagé de façon virale partout dans le monde.

Mais contrairement aux autres mobilisations où les femmes agissaient de manière isolée, il s’agit ici d’un mouvement collectif. Les très jeunes femmes ont réussi à rassembler dans les rues les femmes plus âgées mais aussi les hommes.

Le spécialiste de l’Iran Farid Wahid l'atteste  : « C’est un mouvement féministe, mais qui est soutenu par de nombreux hommes, qui sont là pour leurs sœurs, leurs femmes. Tout le monde est dans la rue, que ce soient les quartiers bourgeois, pauvres, la ville, la campagne. Le pays bouge, partout ! »

En effetl e propre de la République islamique est l’utilisation simultanée de l’appareil d’un État moderne et de l’idéologie religieuse pour asseoir son autorité, combattre les dissensions et contrôler les femmes. Ce que ne supporte plus la population!

Le rejet du pouvoir religieux

Pour montrer leur opposition aux lois religieuses, certains manifestants ont décidé de s'attaquer aux symboles de la République islamique instaurée en 1979. En déboulonnant des statues ou en déchirant des portraits des figures politiques qui ont instauré ces lois à travers tout le pays il y a plus de 40 ans.

Le Guide suprême Ali Khamenei, dans sa 84ème année, préalablement président de la République, est ainsi au sommet de l’État depuis 41 ans . Malade depuis plusieurs années, il est dans l’impossibilité d’incarner pour une jeune population, une espérance, ni de représenter un modèle.

De plus la corruption pratiquée par les fondations religieuses contribue profondément au rejet des religieux. Il faut citer l’ayatollah Javadi Amoli, prédicateur du vendredi dans la grande ville de Qom : « Si la nation se soulève, nous serons tous jetés à la mer »…..

La population iranienne se soulève... d'autant que la situation économique est catastrophique L' inflation et le chômage ont  connu une augmentation pratiquement constante au cours des 40 dernières années. Le guide suprême a reconnu, en 2019, ne jamais avoir eu comme objectif l’amélioration de la vie de ses concitoyens, mais le maintien de la République islamique. La population en est exaspérée

La révolte des minorités

Dans le pays les minorités ethniques, ignorées, aussi se rebellent .La jeune Masha Amini était d’origine Kurde. Téhéran vient de frapper, en Irak, des membres de l’opposition iranienne kurde, renforçant leur énergie à s’opposer au régime. A l’Ouest de l’Iran, la minorité Baloutche a manifesté violemment, la semaine passée, dans la ville de Zahedan, subissant une féroce répression. Ces minorités, ignorées politiquement, réprimées, attendent l’heure de la revanche sur le pouvoir central.


« Un mouvement fort qui fait peur au régime »

Or le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi a appelé les forces de l’ordre à « réagir fermement ». Devant l’ampleur de la mobilisation, le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a menacé dimanche de ne faire preuve d’« aucune indulgence » vis-à-vis des manifestants.

En dix jours,plus d'une centaine de personnes ont été tuées selon Iran Human Rights et des centaines arrêtées.

Pour Farid Wahid, directeur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, ces protestations sont le résultat d’années de « frustration économique, politique, sociale ». «  C’est un mouvement fort, symbolique, qui fait peur au régime. Les autorités iraniennes ont reçu un coup très dur, les tabous sont brisés, les Iraniens en ont fini avec la liaison systématique de la politique et de la religion. La situation est tellement catastrophique que ces jeunes sont prêts à mourir pour changer les choses. La mort de Mahsa Amini a été l’étincelle qui a provoqué l’explosion », ajoute-t-il.

De la révolte à la révolution, tous les ferments sont réunis pour la révolution, selon le chercheur Gérard Vespierre.

Pour seule réponse le gouvernement iranien a choisi la force et a coupé internet à la quasi-totalité de ses 80 millions d'habitants. Cela avait déjà été le cas, fin 2019, lors de manifestations catalysées par la hausse du prix du carburant.

Selon Reuters, la répression avait fait  1 500 victimes...




Jenny Chase pour DayNewsWorld

"FEMMES VIE LIBERTE" 

LE SOUTIEN DES ARTISTES AUX FEMMES IRANNIENNES

Jusqu'à présent, le milieu artistique français s'était fait peu entendre sur le mouvement de contestation déclenché par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini à Téhéran.

Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique qui oblige notamment les femmes à porter le voile. Sa mort a déclenché une vague de manifestations en Iran, violemment réprimée, et des rassemblements de solidarité avec les femmes iraniennes à travers le monde. Le peuple iranien, les femmes en tête, manifeste au péril de sa vie pour un accès aux libertés les plus essentielles. Bravant la mort les Iraniennes sont descendues dans la rue et ont commencé à brûler leurs voiles et à se couper les cheveux. Elles retirent leur hijab en criant « Mort à la République islamique » Un geste particulièrement symbolique: enlever le hijab est un crime punissable en Iran.

Dix jours après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police pour un voile mal porté, c'est ensuite Hadis Najafi tuée de six balles par la police qui devient le symbole de la révolte iranienne alors que des manifestants continuent de braver le pouvoir qui réprime brutalement. On voit, dos à la caméra, une jeune femme qui noue ses cheveux blonds en chignon et réajuste ses lunettes. Elle a laissé son voile et sa peur derrière elle, pour descendre dans la rue rejoindre le mouvement de contestation qui enflamme l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini. Cette vidéo amateur devenue virale sur les réseaux sociaux s'est rapidement imposée comme un symbole de toutes ces femmes qui ôtent leur voile et se coupent les cheveux pour protester contre le code vestimentaire imposé par la République islamique.

Un symbole de courage

Elle illustre surtout les derniers instants de la vie de Hadis Najafi, âgée d'à peine 20 ans, et tuée de six balles dans la tête, le cou et la poitrine par les forces de l'ordre dans la petite ville de Karaj, à l'ouest de Téhéran. «Hadis Najafi n'a pas gardé le silence face à la tyrannie. Elle a été tuée pour avoir protesté contre la mort brutale de Mahsa Amini», a annoncé le 25 septembre 2022 sur Twitter la journaliste et militante américaine d'origine iranienne Masih Alinejad, qui s'est entretenue avec la sœur de la victime. L'annonce de la mort de la jeune femme a ému au-delà des frontières de l'Iran.

« Nous avons décidé de répondre à l'appel qui nous était lancé »

Enfin les actrices Juliette Binoche, Julie Gayet, Isabelle Adjani, Charlotte Gainsbourg, Alexandra Lamy Isabelle Huppert, Laure Camaly, ou encore la chanteuse Angèle.... ont apporté leur soutien à ces femmes tyrannisées par le régime des mollahs iraniens. Dans cette vidéo publiée par le compte Instagram « Soutien femmes Iran », on aperçoit ainsi les actrices françaises. En fond musical, la reprise du chant italien Bella Ciao par la chanteuse iranienne Gandom, devenue l’hymne de la contestation. «Masha Amini est morte pour avoir laissé apparaître quelques mèches de cheveux», écrivent ces artistes dans un communiqué publié sur Instagram.

À l’initiative de cette vidéo, trois avocats : la bâtonnière de Paris Julie Couturier, l’ancienne présidente du Conseil national des barreaux, Christiane Feral Schuhl et Richard Sédillot, spécialisé dans la défense des droits humains.

Le texte qui accompagne la vidéo affirme qu'il est « impossible de ne pas dénoncer encore et toujours cette terrible répression (...).Les arrestations ne font que grossir le nombre des prisonniers et prisonnières déjà détenus en toute illégalité et trop souvent torturés. Nous avons ainsi décidé de répondre à l'appel qui nous était lancé en coupant, nous aussi, quelques-unes de ces mèches ».Toutes ont posté une vidéo les filmant en train de se couper une mèche de cheveux en signe de soutien aux femmes iraniennes.

« Femme Vie Liberté »

Près d'un millier de personnalités du septième art français, dont des stars comme Léa Seydoux, Isabelle Huppert et Dany Boon, des cinéastes renommés ou le patron du Festival de Cannes Thierry Frémaux ont appelé mardi à « soutenir la révolte des femmes en Iran », dans une tribune. Dans cet appel, intitulé « Femme Vie Liberté », le mot d'ordre des manifestations en Iran, les professionnels souhaitent « collectivement exprimer (leur) soutien aux femmes iraniennes qui luttent aujourd’hui pour leur liberté au péril de leur vie, et au peuple iranien qui soutient courageusement leur révolte ».

La tribune a également été signée par des lauréats de la Palme d'Or, comme Julia Ducournau et Jacques Audiard, du Lion d'Or comme Audrey Diwan, et des acteurs aussi divers que Marion Cotillard, Camille Cottin, Louis Garrel ou encore Alex Lutz.

« Nous appelons tou·te·s celles et ceux qui s’insurgent contre l’assassinat de Mahsa Amini et la répression massive, brutale et meurtrière, ordonnée par les autorités iraniennes, à exprimer haut et fort leur solidarité à l’égard du peuple iranien », poursuivent-ils.

Le « combat universel pour les femmes, pour la vie et pour la liberté est aussi le nôtre ».




Jenny Chase pour DayNewsWorld

TRENTE ET UN MORTS DANS LES MANIFESTATIONS EN IRAN CONTRE LE REGIME DES MOLLAHS

La mort de Mahsa Amini aux mains de la police des mœurs a suscité une nouvelle vague de protestation dans la République islamique. Face aux autorités qui nient toute violence ou négligence, les rassemblements se multiplient en Iran, pour protester notamment contre l'obligation de porter le voile. « Le peuple iranien est descendu dans les rues pour se battre pour leurs droits fondamentaux et leur dignité humaine […] et le gouvernement répond à ces manifestations pacifiques avec des balles », a dénoncé le directeur de l’ONG, Mahmood Amiry Moghaddam, dans un communiqué, en publiant un bilan après six jours de manifestations.

L’ONG dit avoir confirmation que des manifestations ont eu lieu dans plus de 30 villes et autres localités urbaines en Iran, et s’alarme « d’arrestations massives » de manifestants et de militants de la société civile.

Les manifestations ont éclaté aussitôt après l’annonce le 16 septembre de la mort de Mahsa Amini, 22 ans et originaire du Kurdistan (nord-ouest), tombée dans le coma après avoir été arrêtée à Téhéran le 13 septembre pour « port de vêtements inappropriés » et détenue par la police des mœurs.

Les premières manifestations se sont déroulées dans la province du Kurdistan d’où elle était originaire. Ces rassemblements de protestation se sont désormais propagés à travers le pays.

Iran Human Rights a indiqué que dans son bilan figuraient onze personnes tuées dans la seule soirée de mercredi dans la ville d’Amol, dans la province de Mazandaran (nord) qui borde la mer Caspienne, et six personnes tuées à Babol dans cette même province.

La grande ville de Tabriz (nord-est) a connu son premier mort dans ces manifestations, selon l’ONG. Jeudi, l’organisation kurde de défense des droits humains « Hengaw » avait indiqué que 15 personnes avaient été tuées dans la province du Kurdistan et d’autres régions du nord de l’Iran peuplées par des Kurdes, dont huit personnes tuées dans la soirée de mercredi. De son côté, la télévision d’État a annoncé jeudi un bilan de 17 personnes - dont des manifestants et des policiers - ayant péri dans ces manifestations.

Le leadership des femmes

A la différence des révoltes passées, les femmes ont pris le leadership en sortant dans la rue avant d’être rejointes par les hommes dans un contexte de difficultés économiques et sociales liées à la baisse du pouvoir d’achat. La contestation s’est transformée en agitation de grande ampleur contre un pouvoir honni.

Partout on scande des slogans hostiles au régime, incendiant même la photo du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

" Pour la première fois, les femmes ont pris la tête d’un mouvement social qui n’est pas culturel alors qu’historiquement elles menaient davantage leurs combats à travers les arts comme la littérature, le cinéma, le théâtre et la peinture ainsi que via le journalisme et la médecine, confie le sociologue Farhad Khosrokhavar, spécialiste de l’Iran et auteur de l’ouvrage Le nouveau jihad en Occident (Robert Laffont, 2018). Le mouvement féministe culturel a ainsi aussi mué en mouvement social ".

 Les Iraniens, épuisés par des années de sanctions et par la pandémie, s'insurgent maintenant contre les symboles même du régime de la République islamique, que sont notamment la question du port du voile et les instruments de répression et de contrôle réactivés depuis l'accession au pouvoir du président Ebrahim Raïssi, en août 2021.

" La contestation souterraine de l’ordre islamiste apparaît aujourd’hui au grand jour, assure l’iranologue Clément Therme, chercheur associé à l’Institut international d’études iraniennes (Rasanah).

Les autorités se trouvent face à un dilemme, soit elles renoncent à l’identité du régime, soit elles basculent dans une répression systématique contre une lame de fond populaire qui appelle à une transformation socio-culturelle profonde du pays. ", poursuit-il dans L'opinion.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

AVEC UNE MOBILISATION PARTIELLE

VLADIMIR POUTINE DURCIT LE TON CONTRE L'OTAN

Huit mois après son déclenchement l'« opération militaire spéciale » en Ukraine a vécu. Sans toutefois prononcer le mot de « guerre », Vladimir Poutine a franchi un nouveau cap, ce mercredi 21 septembre 2022, en décrétant la mobilisation des citoyens pour le front ukrainien, se disant prêt à utiliser « tous les moyens » de son vaste arsenal contre l'Occident. « Ce n'est pas du bluff », a martelé Vladimir Poutine, signifiant qu'il était prêt à utiliser l'arme atomique.

Mobilisation des réservistes et menace nucléaire

« L’oukaze est signé, le processus débute aujourd’hui », a annoncé le président dans une rare adresse télévisée à son peuple.

La mobilisation militaire partielle annoncée concerne 300 000 réservistes, en priorité des citoyens ayant une expérience militaire, âgés de 65 ans pour les plus vieux. Les étudiants et les appelés du contingent ne seront pas concernés par une mobilisation au front, ont pour l’instant promis les autorités russes. Selon le chef de la commission de la défense au Parlement, Andreï Kartapolov, sont principalement concernés les soldats et sous-officiers réservistes de moins de 35 ans ainsi que les officiers subalternes de réserve de moins de 45 ans.

Le ministre de la défense, Sergueï Choïgou, a fait valoir que la ligne de front « est longue de plus de 1 000 kilomètres. Evidemment, il faut renforcer cette ligne et les arrières, il faut contrôler ces territoires », a-t-il dit.

Vers des référendums d'annexion

En outre pas plus tard qu'hier les autorités séparatistes de quatre régions de l'Ukraine ont annoncé la tenue de « référendums d'annexion » du vendredi 23 au mardi 27 septembre. Le lendemain, dans son allocution télévisée, Vladimir Poutine a d'ailleurs apporté son soutien à ces initiatives, défendant le « droit à l'autodétermination » des habitants des provinces de Donetsk, de Louhansk, de Kherson et de Zaporijia.

L'organisation de ces référendums s'est accélérée avec la contre-offensive ukrainienne. « C'est une façon de sanctuariser ces territoires », explique Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France en Russie, directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). « La Russie annonce pour l'extérieur, qu'elle défendra ces territoires comme le sien. ». Avec comme conséquence que « toute menace terrestre sur ces territoires sera considérée comme une menace existentielle par Moscou. », selon Jean de Gliniasty. Une fois ces référendums approuvés , la Russie pourrait donc considérer que la guerre a désormais lieu sur son sol. « Et quand on parle de menace existentielle, c'est l'arme atomique qui est en jeu », poursuit Jean de Gliniasty. Vladimir Poutine a en effet menacé d' « utiliser toutes les armes à notre disposition si l'intégrité territoriale de la Russie est menacée » lors de son allocution télévisée

Même si la légitimité de ces votes est largement contestée par une partie de la communauté internationnale, ces annexions pourraient toutefois connaître une issue similaire à celle de la Crimée, annexée par la Russie en 2014 après un référendum non reconnu par la communauté internationale.

Contre un monde unipolaire occidental ?

La Russie avec cette guerre veut également acter une modification dans le jeu des relations internationales en se disant prêt à utiliser « tous les moyens » de son vaste arsenal contre l'Occident. En effet pour les pays faisant partie de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), il s'agit de contrebalancer l'hégémonie occidentale dans les relations internationnales. Ainsi la Chine et la Russie se sont rapprochées ces dernières années dans le cadre de ce qu'elles ont qualifié de relation « sans limite » visant à contrebalancer la domination mondiale des États-Unis. La semaine dernière, Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping se sont rencontrés en Ouzbékistan, lors d'un sommet régional, et ont rallié à eux des dirigeants asiatiques derrière un nouvel « ordre international » défiant l'influence occidentale.

« Les tentatives de créer un monde unipolaire ont récemment pris une forme absolument laide et sont totalement inacceptables. Nous apprécions beaucoup la position équilibrée de nos amis chinois en ce qui concerne la crise ukrainienne », a déclaré Vladimir Poutine lors de son tête-à-tête avec Xi Jinping, en marge du sommet de Samarcande. « La Chine est disposée à travailler avec la Russie pour assumer sa responsabilité de grande puissance, jouer un rôle de premier plan et injecter de la stabilité et de l’énergie positive dans un monde parcouru par le chaos », lui a répondu le dirigeant chinois qui a repris l’idée d’une alternative à l’actuel ordre mondial.

La Chine appelle à un cessez-le-feu par le dialogue

Toujours est-il qu' après ce sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) le week-end dernier, les dirigeants chinois et indien ont cependant signifié à Poutine leur frustration face aux désordres logistiques, financiers et économiques provoqués par les sanctions internationales contre Moscou.

Et ce mercredi 21 septembre, après l' allocution du président russe Vladimir Poutine annonçant une mobilisation militaire partielle, la Chine appelle à un « cessez-le-feu à travers le dialogue » dans le conflit en Ukraine « Nous appelons les parties concernées à mettre en place un cessez-le-feu à travers le dialogue et la consultation et à trouver une solution qui règle les préoccupations sécuritaires légitimes de toutes les parties dès que possible », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, lors d'une conférence de presse.

« La souveraineté et l'intégrité territoriale de tous les pays doivent être respectées, les objectifs et principes de la charte des Nations unies doivent être suivis, les préoccupations sécuritaires légitimes de tous les pays doivent être prises en compte, et tous les efforts propices à une résolution pacifique des crises doivent être soutenus », a ajouté Wang Wenbin. « La Chine appelle toutes les parties concernées à aplanir leurs différences convenablement par le dialogue et la consultation, et est prête à travailler avec la communauté internationale pour continuer à jouer un rôle constructif dans la désescalade de la situation », insiste-t-il.

Les États-Unis de leur côté « prennent au sérieux » la menace de Vladimir Poutine de recourir à l'arme nucléaire dans la guerre en Ukraine, a dit mercredi un porte-parole de la Maison-Blanche.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LES FEMMES IRANIENNES ENLEVENT LEUR VOILE APRES LA MORT DE MAHSA AMINI ARRETEE

PAR LA POLICE DES MOEURS

La mort d'une jeune femme enflamme l'Iran depuis plusieurs jours. Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs le 13 septembre, est morte trois jours plus tard après être tombée dans le coma. Elle avait été arrêtée à Téhéran pour « port de vêtements inappropriés » par la police des moeurs, une unité chargée de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique d'Iran pour les femmes. En clair parce qu'elle portait un foulard jugé non conforme à loi islamique en vigueur en Iran. Des militants ont jugé sa mort « suspecte » alors que la police de Téhéran a affirmé qu’il n’y avait « pas eu de contact physique » entre les policiers et la victime.

La mort dans des circonstances troubles de cette Kurde iranienne de 22 ans suscite depuis ce week-end une vague d'indignation et des manifestations spontanées dans de nombreuses villes du pays, dont la capitale Téhéran.

Les femmes enlèvent leur hijab

Sur Twitter, les vidéos montrant les manifestations dans le pays témoignent de la colère de la population, notamment du côté des femmes. Certaines retirent leur hijab en criant « Mort à la République islamique » Un geste particulièrement symbolique enlever le hijab est un crime punissable en Iran.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Hengaw a rapporté sur Twitter que deux personnes avaient été tuées à Saqez, la ville natale de Mahsa Amini, après que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule. Dans cette même ville, des manifestants sont allés jusqu'à décrocher un drapeau de la république islamique et le brûler.

Lundi soir, dans la rue Hejab (« voile musulman » en persan) au centre de Téhéran, « plusieurs centaines de personnes ont scandé des slogans contre les autorités, certaines d’entre elles ont enlevé leur hijab », a annoncé l’agence Fars.Une courte vidéo diffusée par cette agence montre une foule de plusieurs dizaines de personnes notamment des femmes ayant retiré leur voile criant « mort à la République islamique ». « La police a arrêté plusieurs personnes et dispersé la foule à l’aide de matraques et de gaz lacrymogènes », a indiqué Fars. Un rassemblement similaire a eu lieu à Mashhad, première ville sainte du pays située dans le Nord-Est, a rapporté l’agence Tasnim.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes iraniennes se sont filmées en train de couper leurs cheveux ou de brûler leur voile en signe de protestation.

Selon la sociologue Mahnaz Shirali, « cette mort a créé un tollé général, une indignation nationale des Iraniens partout dans le pays. C'est toute la société iranienne, aussi bien les hommes que les femmes, qui sont solidaires pour protester contre autant d'injustice ». Beaucoup de femmes notamment s'identifient au sort de Mahsa Amini : « Toutes les femmes iraniennes ont dans leurs souvenirs des accrochages, et plein de mauvais souvenirs avec la police des mœurs qui est partout et qui réprime les femmes systématiquement ».

Le président Ebrahim Raïssi a demandé une enquête. Mais peu de chance qu'elle aboutisse réellement. La défense du droit des femmes est théoriquement dévolue à Ensieh Khazali, vice-présidente de la république islamique, directrice des affaires féminines, un poste très largement honorifique. Nommée par le président Ebrahim Raïssi en septembre 2021, elle est connue pour ses positions ultraconservatrices, notamment sur le mariage des mineures, en toute cohérence avec le gouvernement en place.

De nombreux cinéastes, artistes, personnalités sportives, politiques et religieuses ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux. A l’étranger, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a condamné lundi le décès « inacceptable » de cette jeune femme et appelé les autorités à punir les responsables.

L'Iranienne Masha Amini est devenue un symbole de la répression du pays à l'encontre des femmes.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LE DERNIER VOYAGE DE LA REINE ELISABETH II

La reine Elizabeth II a entamé hier son dernier voyage : son cercueil, parti du domaine de Balmoral en Écosse où elle s’est éteinte, a rejoint Edimbourg au cours d’une procession saluée par des dizaines de milliers de personnes.

Reflet de l’émotion qui a saisi le Royaume-Uni depuis le décès de la monarque au règne le plus long de son Histoire, une foule compacte a accueilli dans la capitale écossaise la dépouille, qui a franchi les grilles du palais d’Holyroodhouse, la résidence royale écossaise à Edimbourg, peu avant 16 h 30 après avoir parcouru lentement 300 kilomètres en six heures.

Le cercueil a passé la nuit dans la salle du trône avant une cérémonie religieuse ce lundi, à laquelle assistera le roi Charles III, à un kilomètre d’Holyroodhouse, en la cathédrale Saint-Gilles, où sera transférée la dépouille. Et demain, elle rejoindra Londres, avant les funérailles nationales le 19 septembre.

Le cercueil de chêne, qui a quitté le domaine de Balmoral peu après 10 heures sous les applaudissements, était recouvert de l’étendard royal écossais sur lequel avait été posée une couronne de bruyères blanches, dahlias et pois de senteur, provenant des jardins du château où la reine a rendu jeudi son dernier souffle. Dans le cortège, la princesse Anne, fille de la souveraine défunte, qui avait pris place avec son mari Tim Laurence dans une limousine suivant le corbillard royal.

Des dizaines de milliers de personnes s’étaient massées le long du parcours, certaines en tenue de deuil, d’autres écrasant une larme ou inclinant la tête au passage du convoi, pour saluer une dernière fois celle qui avait régné 70 ans et 7 mois, présence familière et rassurante, mais toujours mystérieuse, ayant traversé, imperturbable, les époques et les crises.

La Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon a rendu hommage à « une femme extraordinaire ».

Les funérailles de la reine auront  lieu lundi prochain à l’Abbaye de Westminster à Londres, haut lieu des mariages, couronnements et enterrements royaux depuis près d’un millénaire.

C’est là que celle qui n’était encore que la jeune princesse Elizabeth avait épousé en novembre 1947, à 21 ans, Philip Mountbatten. C’est aussi là qu’elle avait été couronnée le 2 juin 1953 à 27 ans, 16 mois après être devenue reine à la mort de son père le roi George VI, le 6 février 1952.

Des dignitaires du monde entier sont attendus, dont le président américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre australien Anthony Albanese, ainsi que de nombreuses têtes couronnées.

Des centaines de milliers de personnes devraient aussi lui rendre un dernier hommage au palais de Westminster, où son cercueil reposera du 14 au 19 septembre, avant d’être transféré à l’Abbaye pour les funérailles qui débuteront à midi, heure de Paris. Au Royaume-Uni, le jour a été décrété férié.

Dans une semaine, la capitale britannique accueillera les premières funérailles nationales depuis celles de Winston Churchill, en 1965.




Kate White pour DayNewsWorld

CHARLES III PROCLAME ROI

Le fils et héritier de la reine Elizabeth II, le roi Charles III, est le nouveau monarque britannique . La transition a été officiellement marquée par la proclamation du roi lors d'une réunion du Conseil d'accession ce samedi. La cérémonie s'est déroulée au palais Saint-James, siège officiel de la monarchie, situé à quelques pas du palais de Buckingham.,

Cette réunion spéciale du Conseil privé a été retransmise à la télévision, une première historique, sous la présidence de Penny Mordaunt, Lord Président du Conseil.

Datant de 1708, le Conseil privé est un organe créé pour conseiller le monarque, même s'il remplit aujourd'hui une fonction essentiellement cérémoniale. Le Telegraph rapporte que si, historiquement, tous les membres du Conseil privé étaient convoqués à la réunion, leur nombre a tellement augmenté (plus de 700 personnes) que seuls 200 sont désormais invités, en donnant la priorité aux ministres actuels, aux anciens Premiers ministres, aux juges de haut rang, aux représentants du Commonwealth et aux archevêques de Canterbury et d'York

Les anciens chefs du gouvernement britannique John Major, Tony Blair, Gordon Brown, David Cameron, Theresa May et Boris Johnson étaient ainsi présents. Le secrétaire privé de la défunte reine en est également membre, tout comme son petit-fils (désormais héritier présomptif), le prince William -le nouveau prince de Galles-, et la reine consort Camilla, qui a été nommée conseillère privée en 2016.

« Dans l'accomplissement de cette lourde tâche qui m'a été confiée, et pour laquelle je consacre désormais le reste de ma vie, je prie pour la direction et l'aide de Dieu tout-puissant », a déclaré le souverain.

« J'ai profondément conscience de cet héritage et des graves devoirs et responsabilités qui m'incombent », a ajouté le nouveau monarque en promettant de suivre l'exemple « inspirant » de « vie et d'abnégation » laissé par sa défunte mère.

« Loyauté, respect et amour »

Le Parlement britannique va désormais lui faire vœu d'allégeance. Le rituel de succession prévoit également la lecture publique de la proclamation dans les capitales des trois autres nations constitutives du Royaume-Uni, outre l'Angleterre - Edimbourg en Ecosse, Belfast en Irlande du Nord et Cardiff au Pays de Galles.

Lors de sa première allocution, vendredi, Charles III avait promis de consacrer sa vie au service de son peuple et de servir la nation britannique avec « loyauté, respect et amour ».

Le nouveau monarque est le roi du Royaume-Uni et de quatorze autres pays parmi lesquels l'Australie, le Canada, et la Nouvelle-Zélande. Long life the King.




Alize Marion pour DayNewsWorld

ELISABETH II UNE REINE MODERNISATRICE

QUI A FAIT ENTRER LA MONARCHIE BRITANNIQUE DANS LE XXIe SIECLE

Lorsque l’historien britannique Sir Ben Pimlott s’est lancé dans sa biographie d’Elizabeth II en 1996, certains de ses collègues se sont étonnés qu’il considère la reine comme digne d’un tel travail de recherche. Pourtant, le jugement de Pimlott s’est avéré judicieux tellement la monarque a marqué son époque.

Le rôle politique de la monarchie a notamment fasciné le monde artistique. 

En 2006, le film The Queen, de Stephen Frears, était consacré au dilemme auquel elle a été confrontée après la mort de la princesse Diana ; en 2013, la pièce de théâtre The Audience de Peter Morgan montrait ses réunions hebdomadaires avec ses premiers ministres. 

La pièce King Charles III de Mike Bartlett (2014), qui imagine les difficultés qu’éprouverait son héritier au moment de lui succéder, et la série dramatique The Crown, diffusée à partir de 2016 sur Netflix, ont donné d’elle une image globalement positive et sympathique.

La reine du peuple

Le règne d’Elizabeth trouve ses origines dans la crise de l’abdication de 1936, l’événement déterminant du XXe siècle pour la monarchie britannique. 

L’abdication inattendue d’Édouard VIII a propulsé sur le trône son jeune frère Albert, timide et bègue, sous le nom de George VI. Peu après, il allait devenir la figure de proue de la nation pendant la Seconde Guerre mondiale.

La guerre a été une expérience formatrice fondamentale pour sa fille aînée, la princesse Elizabeth, âgée de 14 ans alors que les bombes allemandes commencèrent à s’abattre sur Londres en août 1940.

Dans les derniers mois du conflit, elle travailla en tant que mécanicienne automobile au sein de l’ATS (Auxiliary Territorial Service – le service militaire féminin), ce qui signifie qu’elle pouvait légitimement prétendre avoir participé à ce que l’on a appelé « la guerre du peuple ».

Dès lors, elle apparut naturellement plus proche de ses concitoyens que tous ses prédécesseurs sur le trône.

En 1947, quand Elizabeth épouse Philip Mountbatten – qui devient alors Duc d’Édimbourg –, son mariage égaye la vie d’une nation encore en proie à l’austérité et au rationnement de l’après-guerre.

Quelques années plus tard, le 6 février 1952, à la mort de son père, celle qui sera désormais nommée Élizabeth II hérite d’une monarchie dont le pouvoir politique n’a cessé de diminuer depuis le XVIIIe siècle, mais dont le rôle dans la vie publique de la nation semble, au contraire, avoir gagné en importance. Au XXe siècle, on attend des monarques qu’ils s’acquittent de leurs devoirs cérémoniels avec la gravité qui s’impose tout en sachant partager et apprécier les goûts et les intérêts des gens ordinaires.

La cérémonie du couronnement de la reine, en 1953, permet de concilier ces deux rôles. La tradition cérémoniale est rattachée aux origines saxonnes de la monarchie, tandis que sa retransmission télévisée la fait entrer dans le salon des gens ordinaires grâce à la technologie la plus récente. Ironie de l’histoire : c’est parce qu’il doit désormais être visible de tous que le cérémonial royal devient beaucoup plus chorégraphié et plus formel qu’il ne l’avait jamais été auparavant.

Plus tard, en 1969, la reine révolutionne la perception de la monarchie par le grand public lorsque, à l’instigation de Lord Mountbatten et de son gendre, le producteur de télévision Lord Brabourne, elle accepte de participer au documentaire Royal Family de la BBC. Il s’agit d’un portrait remarquablement intime de sa vie domestique, la montrant au petit-déjeuner, en train de participer à un barbecue à Balmoral et faisant un saut dans les magasins locaux.

La même année, l’investiture de son fils Charles comme prince de Galles, autre événement royal télévisé, est suivie en 1970 de la décision de la reine, lors d’une visite en Australie et en Nouvelle-Zélande, de rompre avec le protocole et de se mêler directement à la foule venue la voir. Ces « bains de foule » deviennent rapidement un passage obligé de tout déplacement royal

Le point culminant de la popularité d’Elizabeth II survient lors des célébrations du jubilé d’argent de 1977, qui voient le pays se parer de rouge, de blanc et de bleu lors de fêtes de rue semblables à celles du Jour de la Victoire en 1945. En 1981, le mariage à la cathédrale Saint-Paul du prince Charles et de Lady Diana Spencer sera également un événement extrêmement populaire.

Le temps des troubles

Les décennies suivantes se révèlent beaucoup plus éprouvantes. Au début des années 1990, la controverse sur l’exonération de l’impôt sur le revenu dont bénéficie la reine oblige la Couronne à modifier ses dispositions financières afin que la famille royale s’acquitte de ses obligations fiscales comme tout le monde. À la même époque, des commérages et scandales éclatent autour des jeunes membres de la famille royale. Trois des enfants d’Elizabeth II vont divorcer : la princesse Anne en 1992, le prince Andrew en 1996 et, plus grave encore, le prince héritier Charles, également en 1996. La reine qualifie l’année 1992, celle de l’apogée des scandales, d’« annus horribilis ».

Les révélations sur les humiliations que la princesse Diana avait endurées dans son mariage avec Charles révèlent au public un aspect beaucoup plus dur et moins sympathique de la famille royale, dont l’image se dégrade encore lorsque la reine, de manière inhabituelle, évalue mal l’humeur de ses sujets après la mort accidentelle de Diana en 1997. Après le décès tragique de sa très populaire ex-belle-fille, elle se contente en effet de suivre le protocole, en restant à Balmoral et en gardant ses petits-enfants auprès d’elle.

Cette attitude semble froide et insensible à un public avide de manifestations d’émotions qui auraient été impensables dans les jeunes années de la Reine. « Où est notre Reine ? », demande le Sun, tandis que le Daily Express lui intime : « Montrez-nous que vous vous souciez de nous ! », insistant pour qu’elle rompe avec le protocole et mette en berne l’Union Jack qui flotte au-dessus de Buckingham Palace. Jamais, depuis l’abdication de 1936, la popularité de la monarchie n’était tombée aussi bas.

Brièvement prise à revers par ce brusque revirement de l’opinion publique britannique, la Reine reprend rapidement l’initiative, s’adressant à la nation à la télévision et saluant de la tête le cortège funèbre de Diana au cours d’une cérémonie télévisée intelligemment conçue et chorégraphiée.

Son retour en grâce aux yeux de la majorité de la population se manifeste en 2002 par le succès colossal – et inattendu – de son jubilé d’or, inauguré par le spectacle extraordinaire de Brian May, le guitariste de Queen, exécutant un solo de guitare sur le toit du palais de Buckingham. Dix ans plus tard, quand Londres accueille les Jeux olympiques, la reine est suffisamment sûre d’elle pour accepter d’apparaître dans un mémorable caméo ironique lors de la cérémonie d’ouverture, où elle semble sauter en parachute dans le stade depuis un hélicoptère en compagnie de James Bond.

Le domaine politique

Si la reine Elizabeth a toujours cherché à maintenir la couronne au-dessus des partis politiques, elle n’en a pas moins été pleinement engagée, toute sa vie durant, dans les affaires du monde. Croyant fermement au Commonwealth, en dépit du fait que ses propres premiers ministres avaient depuis longtemps perdu confiance dans cette organisation, elle a joué un rôle de médiatrice dans les conflits entre ses États membres et a apporté son soutien et ses conseils aux dirigeants du Commonwealth – y compris à ceux qui étaient fortement opposés au gouvernement britannique.

Ses premiers ministres ont souvent salué sa sagesse et ses connaissances politiques, résultat de ses années d’expérience et de sa lecture quotidienne assidue des journaux du pays. Harold Wilson a confié qu’assister à la traditionnelle audience hebdomadaire avec la reine sans être préparé lui donnait la même impression qu’être interrogé à l’école sans avoir fait ses devoirs. Il est par ailleurs de notoriété publique que la reine, de son côté, trouvait difficiles les relations avec Margaret Thatcher.

La reine et le duc d’Édimbourg se sont même parfois opposés à l’utilisation politique dont ils pouvaient être l’objet. Par exemple, en 1978, ils n’ont pas dissimulé leur mécontentement quand le ministre des Affaires étrangères de l’époque, David Owen, les a contraints à recevoir au palais de Buckingham le dictateur roumain Nicolae Ceausescu et son épouse. La reine a également souvent joué un rôle très constructif dans la politique étrangère de Londres, donnant un aspect plus cérémonial et public en soutien du travail des ministres.

Par ailleurs, elle a établi de bons rapports avec plusieurs présidents américains, notamment Ronald Reagan et Barack Obama, et sa visite réussie en 2011 en République d’Irlande, au cours de laquelle elle a étonné ses hôtes en s’adressant à eux en gaélique, reste un modèle de l’impact positif que peut avoir une visite d’État.

Elle a même été capable de mettre de côté ses sentiments personnels concernant l’assassinat en 1979 de Lord Mountbatten (l’oncle maternel de son époux) et d’accueillir avec cordialité l’ancien commandant de l’IRA Martin McGuinness quand celui-ci a pris ses fonctions de vice-premier ministre d’Irlande du Nord en 2007.

En réalité, elle n’a exprimé ses propres opinions politiques qu’exceptionnellement, et toujours très brièvement. Ainsi, lors d’une visite à la Bourse de Londres après le krach financier de 2008, elle a demandé sèchement pourquoi personne n’avait vu venir la crise.

En 2014, son appel soigneusement formulé aux Écossais pour qu’ils réfléchissent bien à leur vote lors du référendum sur l’indépendance a été largement – et à juste titre – interprété comme une intervention favorable au maintien de l’Union. Et à l’approche de la conférence COP26 en 2021 à Glasgow, à laquelle elle a dû renoncer de participer pour raisons médicales, elle a exprimé l’irritation qu’elle ressentait en constatant l’insuffisance des actions politiques face à l’urgence du changement climatique.

Les dernières années

Ces dernières années, alors qu’elle avait eu 95 ans le 21 avril 2021, elle avait enfin commencé à ralentir, déléguant davantage à d’autres membres de la famille royale ses fonctions officielles, y compris le dépôt annuel de sa couronne au cénotaphe le dimanche du Souvenir. En mai 2022, elle délègue au prince Charles sa fonction cérémoniale la plus importante, la lecture du discours du Trône lors de l’ouverture officielle du Parlement.

Elle aura toutefois conservé jusqu’au bout sa capacité à faire face aux crises. En 2020, alors que la pandémie de Covid fait rage, la reine, contrairement à son premier ministre, a adressé à la nation – depuis Windsor, où elle est confinée – un message calme et fédérateur. Sa brève allocution combine la solidarité avec son peuple avec l’assurance que, selon une formule empruntée à la fameuse chanson de Vera Lynn datant de la Seconde Guerre mondiale, « We will meet again » – nous nous retrouverons.

Cette dernière décennie lui a également apporté son lot de tristesse. Son petit-fils, le prince Harry, et l’épouse de celui-ci Meghan Markle, ont renoncé à leurs fonctions royales, ce qui a profondément blessé la famille régnante – blessure aggravée lorsque, dans une interview accordée à la journaliste américaine Oprah Winfrey qui fit le tour du monde, les Sussex ont accusé la famille royale de les avoir traités avec cruauté, dédain et même racisme.

Peu après le choc causé par l’interview, Elizabeth perdait son mari depuis 73 ans, le prince Philip, mort le 9 avril 2021 à quelques mois de son 100e anniversaire. Lors de ses funérailles, organisées en petit comité du fait des exigences imposées par la crise sanitaire, la reine était apparue comme une silhouette inhabituellement solitaire, petite, masquée, assise à l’écart des autres personnes présentes. Dans les mois suivants, l’impact profond de cette perte n’est devenu que trop évident, sa santé déclinant progressivement.

La douleur provoquée par l’éloignement des Sussex a été fortement aggravée par la disgrâce, peu après, du prince Andrew, son deuxième fils et, selon certains, son fils préféré, dont le nom est désormais étroitement associé à celui du pédophile américain Jeffrey Epstein. Le monde entier a vu un membre éminent de la famille royale accusé par un tribunal américain de relations sexuelles avec des mineurs ; en outre, Andrew a aggravé son cas en accordant une interview désastreuse à la BBC.

La reine a réagi au scandale avec une détermination remarquable : elle a déchu son fils de tous ses titres royaux et militaires, y compris du très prestigieux « HRH » (Son Altesse Royale), le réduisant, de fait, au statut de simple citoyen. À ses yeux, personne, pas même ses plus proches, ne devaient saper par leur comportement tout ce qu’elle avait accompli au cours de son règne pour protéger et préserver la monarchie.

Le succès de son jubilé de platine, en 2022, montre à quel point elle a conservé l’affection de son peuple ; un moment fort, particulièrement bien accueilli, a été un charmant caméo la montrant prenant le thé avec l’ours Paddington, personnage de contes pour enfants.

Une idée très répandue dans le pays affirme que la reine apparaissait régulièrement dans les rêves des Britanniques ; mais son contact le plus régulier avec ses sujets était son message annuel de Noël, diffusé à la télévision et à la radio. Cette allocution ne reflétait pas seulement son travail et ses engagements au cours de l’année précédente ; elle réaffirmait aussi, avec plus de franchise et de clarté que chez la plupart de ses ministres, sa foi chrétienne profondément ancrée.

En tant que chef de l’Église d’Angleterre, elle était elle-même un leader spirituel et ne l’a jamais oublié. Au fil des années, le message de Noël s’est adapté aux nouvelles technologies, mais son style et son contenu sont restés inchangés, reflétant la monarchie telle qu’elle l’avait façonnée.

Sous Elizabeth II, la monarchie britannique a survécu en changeant son apparence extérieure sans modifier son rôle public. Les détracteurs républicains de la monarchie avaient depuis longtemps renoncé à exiger son abolition immédiate et accepté que la popularité personnelle de la reine rende leur objectif irréalisable de son vivant.

Elizabeth II, dont le règne de 70 ans aura été le plus long de toute l’histoire de la monarchie britannique, laisse à son successeur une sorte de république monarchique dans laquelle les proportions des ingrédients qui la composent – la mystique, le cérémonial, le populisme et l’ouverture – ont été constamment modifiées afin qu’elle reste essentiellement la même. Les dirigeants politiques et les commentateurs du monde entier reconnaissent depuis longtemps que la reine s’est acquittée de son rôle constitutionnel souvent difficile et délicat avec grâce… et avec une habileté politique remarquable.

Sa sagesse et son sens du devoir jamais pris en défaut lui ont valu d’être considérée avec un mélange de respect, d’estime et d’affection qui transcendait les nations, les classes et les générations.

Elle était immensément fière du Royaume-Uni et de son peuple, mais en fin de compte, elle appartenait au monde, et le monde pleurera sa disparition. 




Simon Freeman et Sean Lang pour DayNewsWorld

LA CANICULE EN CHINE UNE GRAVE MENACE

POUR SA SECURITE ALIMENTAIRE

La Chine connaît une vague de chaleur historique, et il faut remonter à 1961 pour retrouver des traces d'une sécheresse de cette ampleur. Des contreforts de l’Himalaya aux gratte-ciel de Shanghai, la moitié de la Chine suffoque cet été.

Les fleuves sont à sec dont le Yangtze, troisième plus grand fleuve du monde, qui traverse la Chine sur plus de 6.000 kilomètres et alimente les vastes plaines du centre, grenier à céréales du pays. Dans les régions le long du Yangtsé, les précipitations ont chuté de 45 % en juillet par rapport à leurs niveaux normaux, a indiqué le ministère de l'eau en Chine.

Une catastrophe pour l'agriculture. « L'étendue rapide de la sécheresse, exacerbée par des températures élevées et des dommages causés par la chaleur, fait peser une grave menace sur la production agricole d'automne », a confirmé ce mercredi le ministère de l'Agriculture. « Les risques pesant sur les grains sont importants, car les six régions concernées représentent 48 % de la production de riz. » Déjà 20 % des récoltes d'automne sont perdues.

Les moissons d’automne sont d'ores et déjà compromises, notamment dans les vastes plaines du Centre, le grenier à céréales de la Chine, où les besoins en eau sont très importants.

Selon Liao Yaoming, expert au centre national de météorologie, « la production agricole est sérieusement touchée. Dans la région du fleuve Yangtze, les cultures de riz et de coton sont affectées. Dans le sud-ouest, c’est le maïs et le soja qui sont concernés. Sans système d’irrigation, ces cultures seront définitivement perdues. »

Face à l'urgence, le gouvernement a débloqué une enveloppe spéciale d’un milliard et demi d’euros pour soutenir les agriculteurs. D’autant que ce coup de chaleur s’ajoute aux restrictions sanitaires liées au Covid-19 qui ont déjà retardé les semences au printemps dernier. Pour rafraîchir l’atmosphère et arroser les cultures, Pékin tente également le lancement d'un catalyseur dans le ciel : dans les nuages, cette technique entraîne de légères pluies.

De mauvaises récoltes risquent donc d'accroître les importations du pays au moment où l'offre de céréales est déjà mise à mal par la guerre en Ukraine.

Une situation qui inquiète les Chinois, dont le pays a déjà été frappé par des épisodes de famines meurtriers dans son histoire.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

LE POUVOIR JAPONAIS ENTRETIENT DES LIENS

AVEC LA SECTE MOON

Un mois exactement après la pourtant large victoire aux élections sénatoriales de la coalition de droite au pouvoir et en particulier du Parti libéral démocrate (PLD), le Premier ministre japonais Fumio Kishida a annoncé, mercredi, un vaste remaniement de son cabinet : quatorze des dix-neuf ministres ont été remplacés, dont le petit frère de Shinzo Abe, Nobuo Kishi, ministre de la Défense.

Cause de ce vaste chamboule-tout ? 

Les révélations de l’homme qui a tué, le 8 juillet, l’ancien Premier ministre Shinzo Abe. Tetsuya Yamagami a confié avoir voulu venger sa mère, détroussée par la Fédération des familles pour la paix mondiale et l’unification (FFPMU).

Or, la FFPMU, c’est le nom de la secte Moon depuis 2015. Le meurtrier reprochait à Shinzo Abe ses liens avec la secte. 

La mort de l’ancien chef de l’exécutif a enclenché un nouveau coup de projecteur sur les exactions de cette puissante organisation et l’ampleur de ses liens avec la sphère politique.

Fondé en 1952 en Corée du Sud par le révérend Sun Myung Moon, ce groupe religieux sectaire s’est rapidement mêlé de politique en adoptant une ligne anticommuniste et s’est implanté au Japon à partir de 1959.

Le grand-père de Shinzo Abe, Nobusuke Kishi, alors Premier ministre, s’inquiétait de la montée du communisme au Japon dans les années 1960 et c’est de cette époque que datent les liens que, de son vivant, Shinzo Abe ne cachait pas.

Mercredi, Tomohiro Tanaka, leader de la FFPMU, a reconnu des « liens » privilégiés avec des politiciens japonais et « des ponts » avec le PLD.

Un lien qui s’est maintenu malgré les victimes du système sectaire. Donations faramineuses, recrutement en porte-à-porte auprès des plus vulnérables : depuis 1994, des dizaines d’affaires civiles et criminelles ont été portées devant les tribunaux de tout l’archipel. 

D’anciens membres dénoncent aussi une participation forcée aux emblématiques mariages collectifs, associés à l’image de la secte.

Celle-ci est tellement bien implantée dans les sphères politiques nippones que, dès le lendemain du vaste remaniement ministériel décidé par Fumio Kishida, hier, les médias japonais pointaient au moins cinq membres du nouveau cabinet comme ayant des liens avec Moon.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

UN AN APRES L'ARRIVEE DES TALIBANS AU POUVOIR LE DROIT DES FEMMES AFGAHNNES EST BAFOUE

Il y a un an, les talibans s'installaient au pouvoir. Au lendemain de la conquête de Kaboul, leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, déclarait ainsi qu'il y aurait « de nombreuses différences » dans leur manière de gouverner, par rapport à leur règne à la fin des années 1990.

Une promesse qui n'a pas été tenue. « On assiste à un effondrement de la notion du respect des droits humains pour toute la population et en particulier pour les minorités ethniques et les femmes », rapporte le président d'Amnesty International France, Jean-Claude Samouiller. Dans un rapport publié fin juillet, l'ONG tire la sonnette d'alarme : le régime se montre désormais particulièrement répressif, notamment vis-à-vis des femmes. « Le concept de corruption morale, qui est un crime dans la législation talibane, est utilisé pour sanctionner les femmes. Sa définition très vague permet d'arrêter à peu près tout le monde: pour une femme qui circule sans 'mahram' ou qui a son foulard mal mis, c'est la prison », constate Jean-Claude Samouiller.

« Les cibles premières des talibans ont été les femmes » constate également Myriam Benraad, professeure en relations internationales à la Schiller International University, auteure de Terrorisme, les affres de la vengeance (2021).

Dès la mise en place de leur gouvernement les interdictions se sont en effet multipliées à l'encontre des femmes, leur retirant toujours plus de droits: elles ont été écartées des postes de fonctionnaires, des collèges et des lycées, interdites de voyager sansêtre accompagnées d' un homme... etc. Dernièrement, le port du voile intégral en public a été rendu obligatoire pour elles.  Conformément à l'interprétation ultra-rigoriste de la charia (loi islamique), faite par les talibans, un décret datant du 7 mai a acté cette nouvelle règle vestimentaire pour les femmes. Le texte, écrit par le ministère de la Promotion de la vertu, qui a remplacé le ministère de la Condition féminine dès septembre 2021, précise que les femmes devraient porter un voile intégral, « car c'est traditionnel et respectueux ».

C'et que les femmes sont un moyen pour les talibans de mieux contrôler, car elles sont souvent le pont entre la vie privée et la communauté. En les coupant de la vie communautaire, ils exercent un plus grand contrôle sur les familles : ils isolent ainsi davantage les foyers et généralisent la dénonciation. Pour isoler toujours plus les femmes, les talibans ont ainsi démantelé le système de protection contre les violences conjugales.

« Nous assistons à l'exclusion progressive des femmes et des filles de la sphère publique et à leur oppression institutionnalisée et systématique », déclarait début juillet Michelle Bachelet, Haute-Commissaire aux droits de l'homme.

Mariages forcés, tortures et menaces

Dans un rapport sur les violences faites aux femmes par les talibans, l'ONG Amnesty International écrit également que « le nombre de mariages d’enfants, de mariage précoces et de mariages forcés en Afghanistan est en forte hausse sous le régime des talibans » notamment en raison de « la crise économique et humanitaire » mais aussi de « l'absence d’opportunités sur le plan scolaire et professionnel pour les femmes et les jeunes filles », sans compter la pression exercée par les talibans.

La raréfaction de l'aide humanitaire et les situations extrêmement précaires dans lesquelles se sont retrouvées des familles a entrainé, en plus, un accroissement de comportements qui nuisent particulièrement aux femmes, notamment dans certaines régions pauvres: l'esclavagisme sexuel, la prostitution ou même la vente d'enfants, pour les familles en grande détresse.

Aujourd'hui beaucoup de femmes militantes se cachent en Afghanistan, entrées dans la clandestinité car elles sont menacées de mort par le régime.

Les ONG réclament une intervention de la communauté internationale « comme des sanctions ciblées ou des interdictions de voyager » visant des talibans, écrit par exemple Amnesty International.

« Si la communauté internationale s’abstient d’agir, elle abandonnera les femmes et les filles d'Afghanistan, et fragilisera les droits partout ailleurs », conclut la secrétaire générale de l'ONG.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LES RAISONS D'UNE NOUVELLE FLAMBEE DE VIOLENCE ENTRE ISRAEL ET GAZA

L’enclave palestinienne de Gaza connaît en ce début du mois d’août 2022 la pire flambée de violence depuis mai 2021.

Depuis fin mars, les forces de sécurité israéliennes mènent en effet des opérations quasi-quotidiennes en Cisjordanie à la suite d’une série d’attaques perpétrées par des Palestiniens et des Arabes israéliens en Israël et en Cisjordanie dans lesquelles 19 personnes, en majorité des civils, ont perdu la vie. Au cours de la même période, au moins 55 Palestiniens ont été tués, principalement en Cisjordanie occupée. Parmi les victimes figurent des militants présumés et des civils, parmi lesquels la journaliste américano-palestinienne d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, qui couvrait une opération israélienne à Jénine.

Une « attaque préventive »

C'est l'arrestation d'un chef du Jihad islamique Bassem al-Saadi en Cisjordanie en début de semaine qui a mené à cette nouvelle confrontation entre l'armée israélienne et Gaza. Craignant en effet des représailles, les autorités israéliennes ont affirmé lancer une opération préventive à Gaza, microterritoire gouverné par le mouvement islamiste Hamas et où le Jihad islamique est bien implanté. L'armée israélienne a donc commencé à frapper vendredi 5 août 2022 l'enclave de 2,3 millions d'habitants sous blocus dans le cadre d'une « attaque préventive » contre le Jihad islamique, a-t-elle dit.

« Une opération de contre-terrorisme », selon Israël

Pour Yaïr Lapid, c'est une « opération de contre-terrorisme précise contre une menace immédiate », celle du Jihad islamique, « un supplétif de l'Iran » voulant « tuer des Israéliens innocents ».

En 2019, la mort d'un commandant du Jihad islamique dans une opération israélienne avait déjà donné lieu à plusieurs jours d'échanges de tirs meurtriers. Le Hamas, qui a combattu Israël lors de quatre guerres depuis sa prise du pouvoir en 2007, s'était lui tenu à distance.

Les forces israéliennes ont également arrêté en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par l'État hébreu, 19 membres du groupe considéré comme terroriste par Israël, les États-Unis et l'Union européenne.

Escalade de la violence

Après les premiers raids, le Jihad islamique a accusé l'État hébreu d'avoir « déclenché une guerre ».

L’opération menée par les forces de sécurité israélienne contre le groupe Djihad islamique a entraîné des représailles, avec des tirs de roquettes visant Jérusalem.

Depuis le début de la flambée de violences entre les deux ennemis, 41 personnes, dont 15 enfants, sont mortes dans la bande de Gaza, selon les autorités palestiniennes. « 41 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants et quatre femmes, et 311 ont été blessés » dans la bande de Gaza lors des opérations militaire israélienne, a indiqué le ministère de la Santé local palestinien dans un communiqué. Le Hamas, mouvement palestinien au pouvoir dans l'enclave, a indiqué que parmi ces victimes, quatre enfants ont été tués dans les nouvelles frappes.

L'armée israélienne a assuré samedi 6 août avoir « neutralisé » les chefs « militaires » du groupe Jihad islamique, lors d'opérations. Oded Basiok, le chef de la direction des opérations de l'armée de l'État hébreu, a fait parvenir un communiqué à l'AFP dans lequel il affirme que « la haute direction de l'aile militaire du Jihad islamique à Gaza a été neutralisée ».

Trêve

Israël a accepté dimanche une trêve proposée par l'Égypte dans la bande de Gaza, a indiqué une source au sein des services de sécurité égyptiens, précisant que Le Caire attendait désormais la réponse palestinienne.

« L'Égypte s'attelle depuis 48 heures » à obtenir une trêve « entre les deux parties », a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat.

Le groupe armé palestinien a de son côté confirmé que les négociations se poursuivaient. « Des discussions sont en cours au plus haut niveau pour un retour au calme, la résistance ne cessera que lorsqu'un terme sera mis à l'agression et aux crimes de l'occupation (israélienne) », a indiqué une source en son sein.

Cette nouvelle confrontation qui a débuté vendredi 5 aout 2022 est la pire entre l'État hébreu et des organisations armées de Gaza depuis la guerre de mai 2021 qui avait fait, en onze jours, 260 morts côté palestinien, parmi lesquels des combattants, et 14 morts en Israël, dont un soldat, d'après les autorités locales.

Le Hamas, qui a combattu Israël lors de quatre guerres depuis sa prise du pouvoir en 2007, s’est lui tenu à distance pour l’instant.

Pour Jamal al-Fadi, professeur de sciences politiques à l’université Al-Azhar de Gaza, le Hamas ne veut pas « être entraîné dans une guerre totale » ​et « comme il ne s’implique pas »​, cette nouvelle flambée de violence devrait prendre fin « dans les jours à venir »​.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

LES ETATS-UNIS A TAIWAN DECLENCHENT LA FUREUR DE LA CHINE

La tension est à son comble entre la Chine et les États-Unis. Au grand dam de Pékin, la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi a atterri sur l’île autonome de Taïwan, hier, en milieu de soirée (heure locale). La preuve d’un «  soutien inconditionnel » de Washington à Taïpei, a aussitôt affirmé la plus haute responsable américaine élue à se rendre sur l’île, depuis la visite de son prédécesseur Newt Gingrich, en 1997.

C’est un camouflet pour Pékin, qui avait, à maintes reprises, alerté le pouvoir américain sur cette attitude «  extrêmement dangereuse » et «  provocatrice ». La Chine considère Taïwan, de facto autonome depuis 1949, comme une province historique qu’elle souhaite reconquérir par n’importe quel moyen. Le régime communiste ne supporte pas les initiatives étrangères risquant de donner à Taïpei une légitimité internationale. 

La présence de Nancy Pelosi à Taipei est donc vécue comme une humiliation par Pékin qui a multiplié les mises en garde et les menaces sans que cela dissuade la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis. Ce sentiment est renforcé par la manière dont elle est traitée par les autorités taïwanaises. En la rencontrant au palais présidentiel plutôt qu’à l’American Institute in Taiwan, l’ambassade américaine de facto à Taipei, ou au Parlement, la présidente Tsai Ing-wen ajoute à cette visite une dose de provocation diplomatique qui laissera des traces à la fois entre les deux rives du détroit de Taïwan et entre Washington et Pékin.

Des manoeuvres d'une ampleur inédite

La visite de Nancy Pelosi n'a d'ailleurs pas manqué de déclencher la fureur immédiate de Pékin En réaction, le pays du président Xi Jinping a d’abord envoyé plusieurs avions de chasse survoler le détroit de Taïwan et menacé : «  Qui joue avec le feu y succombera » , tout en annonçant de futures «  actions militaires ciblées » . Vingt autres avions militaires ont ensuite pénétré, deux heures plus tard, la zone de défense aérienne taiwanaise.

La Chine a en outre démarré ce jeudi 4 aout 2022 les plus importantes manœuvres militaires de son histoire autour de Taïwan, une réponse musclée à la visite de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi sur l’île. Elle a commencé ses exercices militaires dans six zones maritimes autour de Taïwan. « Les exercices commencent » et se poursuivront jusqu’à dimanche midi, a indiqué la télévision publique chinoise CCTV dans un message sur les réseaux sociaux. « Pendant cette période, les navires et aéronefs concernés ne doivent pas pénétrer dans les eaux et les espaces aériens concernés ». Selon le journal Global Times, qui cite des analystes militaires, les exercices sont d’une ampleur « sans précédent » car des missiles vont survoler Taïwan pour la première fois.

« Si les forces taïwanaises viennent volontairement au contact de (l’armée chinoise) et viennent à tirer accidentellement un coup de feu, (l’armée chinoise) répliquera avec vigueur et ce sera à la partie taïwanaise d’en assumer toutes les conséquences », a indiqué une source militaire anonyme au sein de l’armée chinoise.

« Blocus de l’île »

Les autorités de l’île ont dénoncé ce programme, soulignant qu’il menace la sécurité de l’Asie de l’Est. « Certaines des zones des manœuvres de la Chine empiètent sur […] les eaux territoriales de Taïwan », a déclaré Sun Li-fang, le porte-parole du ministère taïwanais de la Défense, fustigeant « un acte irrationnel visant à défier l’ordre international ».

Le ministère a indiqué que l’armée taïwanaise avait tiré une fusée éclairante dans la nuit de mercredi à jeudi pour éloigner un drone qui survolait l’île de Kinmen, qui se trouve à seulement 10 km de la ville de Xiamen, en Chine continentale.

Pour Pékin, ces exercices - ainsi que d’autres, plus limités, démarrés ces derniers jours - sont « une mesure nécessaire et légitime » après la visite de Pelosi. « Ce sont les États-Unis qui sont les provocateurs, et la Chine qui est la victime. La Chine est en situation de légitime défense », a assuré à la presse Hua Chunying, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Les exercices visent à simuler un « blocus » de l’île et incluent « l’assaut de cibles en mer, la frappe de cibles au sol et le contrôle de l’espace aérien », a indiqué l’agence officielle Chine Nouvelle.

Des exercices militaires qualifiés d’«extrêmement menaçants» par le Japon voisin

Des missiles balistiques chinois seraient en effet pour la première fois tombés dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, a déclaré jeudi le ministre de la Défense nippon, Nobuo Kishi.« Le Japon a déposé une protestation auprès de la Chine par la voie diplomatique », a dit Kishi, qualifiant l’incident de « problème grave qui affecte notre sécurité nationale et celle de nos citoyens ».

Certaines îles du département d’Okinawa, à l’extrême sud du Japon, se trouvent à quelques dizaines de kilomètres seulement de Taïwan, et le ministre a affirmé que c’était la première fois que des missiles balistiques chinois entraient dans la ZEE nippone, qui s’étend jusqu’à 200 milles nautiques (370 kilomètres) de ses côtes.

Quelle est la posture des États-Unis ?

Washington pratique une diplomatie dite d’ «  ambiguïté stratégique », consistant à ne reconnaître qu’un seul gouvernement chinois, celui de Pékin, tout en continuant à apporter un soutien décisif à Taïpei. Grâce à une loi de 1979, année même où les relations avec la Chine continentale ont été établies, Washington, qui s’oppose à une reprise de Taïwan par la force, s’est engagé à aider Taïpei à faire face à toute agression.

Compte tenu des tensions déjà vives entre les deux premières puissances de la planète, les Américains auront du mal à minimiser ce court déplacement de la troisième personnalité américaine sur le sol taïwanais. Nancy Pelosi en est d’ailleurs bien consciente. Avant de quitter, mercredi en fin d’après-midi, Taipei pour la Corée du Sud, elle a lancé : « Ne vous méprenez pas : L’Amérique reste inébranlable dans son engagement envers le peuple de Taïwan – maintenant et pour les décennies à venir ».

La Chine vient de répondre en renforçant sa pression militaire, domaine dans lequel le pays a beaucoup progressé ces dernières années.

D’où une augmentation du risque de dérapage qui pourrait conduire à un conflit, d’une prise de contrôle de certains territoires taïwanais comme les îles Pratas ou d’une invasion pure et simple à la manière de la Russie en Ukraine...




Mia Kennedy pour DayNewsWorld

AFGHANISTAN LE CHEF D'AL QAIDA AYMAN

AL-ZAWAHIRI A ETE TUE PAR UN DRONE AMERICAIN

Joe Biden a confirmé, lundi, la mort de l’Egyptien de 71 ans, considéré comme le cerveau du 11 Septembre. Il avait pris les commandes de l’organisation terroriste à la mort d’Oussama Ben Laden.

L’opération s’est déroulée au cours du week-end à Kaboul. Le président américain, Joe Biden, a confirmé lundi 1er août l’information qui avait fuité quelques heures plus tôt dans les médias américains : le chef d’Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, a été tué au cours du week-end lors d’une frappe de drone à Kaboul.

« Samedi, sur mes ordres, les Etats-Unis ont mené à bien une frappe aérienne sur Kaboul, en Aghanistan, qui a tué l’émir d’Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri », a-t-il lancé lors d’une courte allocution depuis la Maison Blanche. « Justice a été rendue et ce dirigeant terroriste n’est plus », a ajouté Joe Biden.

Préparatifs méticuleux

Cette liquidation ponctue une enquête méticuleuse. La CIA, qui présumait Zawahiri malade et terré aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan, a su, en avril, qu’il vivait avec les siens en plein Kaboul, dans une villa cossue proche de nombreuses ambassades. Elle a patiemment observé son habitude de prendre l’air au petit matin, toujours au même balcon de sa villa, dont une maquette avait été présentée à Biden le 1er juillet.

Le président américain a donné son feu vert au plan d’exécution le 25 juillet, convaincu par le renseignement que Zawahiri continuait, à bas bruit, d’émettre ses directives, même si la maison mère du djihad international était affaiblie depuis la mort de Ben Laden, puis la dissidence (et la concurrence) du groupe État islamique à partir de 2014. «" Peu importe le temps que cela prend, peu importe où vous vous cachez, si vous êtes une menace pour notre peuple, les États-Unis vous trouveront et vous élimineront »," a averti Biden.

L’attaque au drone a été menée dans la capitale afghane sans aucune présence militaire américaine au sol, a précisé un responsable américain, preuve de la capacité des Etats-Unis à « identifier et à localiser même les terroristes les plus recherchés au monde et de prendre des mesures afin de les éliminer ». Ayman al-Zawahiri avait été repéré « à de multiples reprises et pour de longues durées sur le balcon où il a finalement été touché » par la frappe dans la capitale afghane, a-t-il ajouté.

Le cerveau du 11septembre 2001

Cet Egyptien de 71 ans était considéré comme le cerveau des attentats du 11 septembre 2001 qui avaient fait près de 3 000 victimes. Zawahiri avait pris les commandes de l’organisation terroriste à la mort d’Oussama Ben Laden, tué lui-même lors d’une opération terrestre conduite par Washington au Pakistan. Héritant en 2011 d’une organisation affaiblie, il avait multiplié les « franchises » et les allégeances de circonstances, de la péninsule arabique au Maghreb, de la Somalie à l’Afghanistan, en Syrie et en Irak.

Dans son intervention télévisée tenue depuis un balcon de la Maison Blanche à Washington, Joe Biden a également souligné le rôle majeur joué par le chef terroriste au sein d’Al-Qaida depuis les attentats :

« Zawahiri était constamment avec Ben Laden durant tout ce temps après le 11-Septembre. De sa cachette, il coordonnait Al-Qaida dans le monde entier. Sa mort constitue un sérieux revers pour Al-Qaida et va détériorer la capacité du groupe à opérer. »

Avec sa mort, il y a tout lieu de penser qu’al-Qaida est décapitée pour de bon : c’est la génération des fondateurs de l’internationale djihadiste qui s’éteint. Aucun nouvel émir n’aura cette légitimité.

L’organisation terroriste avait déjà perdu son numéro 2, Abdullah Ahmed Abdullah, tué en août 2020 dans les rues de Téhéran par des agents israéliens lors d’une mission secrète commanditée par Washington, information révélée à l’époque par le New York Times. Les Etats-Unis avaient par ailleurs annoncé mi-juillet avoir tué le chef du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, Maher Al-Agal, lors d’une frappe de drone, opération qui avait « affaibli de façon considérable la capacité de l’EI de préparer, financer et conduire ses opérations dans la région », selon un porte-parole de l’armée américaine.

Faire le deuil

La disparition d’Ayman Al-Zawahiri va aider les très nombreuses victimes et proches de victimes du 11-Septembre à faire leur deuil, selon le président américain :

« Ground Zero à New York sera toujours là pour nous rappeler la promesse que nous avons fait aux pères, mères, frères, sœurs, amis, collègues de ceux qui ont péri en ce 11 septembre 2001. Ecoutez-moi bien, nous serons toujours là pour protéger nos concitoyens. Nous n’abandonnerons jamais. J’ai l’espoir que cette action décisive [leur] permette de tourner la page. »

Les talibans pris en flagrant délit de duplicité

La mort de Zawahiri fait également apparaître l’accord de Doha (Qatar), conclu en 2020 entre l’administration Trump et les talibans, comme un marché de dupes. En échange du départ des Américains, les islamistes afghans s’étaient en effet engagés à ne plus héberger de terroristes, comme ils l’avaient fait avec al-Qaida jusqu’en 2001. L’accord a été «  grossièrement violé », a constaté, hier, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken.

Preuve de la duplicité – ou de la division – des talibans, le chef d’al-Qaida était, selon de hauts responsables américains, hébergé par un aide de camp de Sirajuddin Haqqani, ministre de l’Intérieur et chef de la faction la plus puissante et la plus radicale, celle qui, depuis un an, règne sur la capitale afghane.

Un an après le chaotique retrait d’Afghanistan

La mort du chef d’Al-Qaida intervient près d’un an après le retrait piteux d’Afghanistan des forces américaines  de l’aéroport de Kaboul cerné par les talibans, en août 2021, qui avait permis à ces derniers de reprendre le contrôle du pays vingt ans après. Les images des civils afghans abandonnés sur le tarmac et de l’attentat sanglant devant l’enceinte, avaient précipité la chute de Biden dans les sondages.

Ce succès tombe à pic pour le président américain, à trois mois des élections de mi-mandat. Il démontre la capacité des États-Unis à frapper, un an après le retrait piteux de leurs soldats

« J’ai fait une promesse, nous continuerons de mener des actions de contre-espionnage en Afghanistan. Mon administration continuera d’attaquer les intérêts d’Al-Qaida. Nous n’arrêtons jamais, nous n’abandonnons jamais, nous ne le lâcherons rien. », a conclu le président dans son allocution.




Kelly Donaldson pour DayNewsWorld

XI XIPING AVERTIT JOE BIDEN DE NE PAS

 " JOUER AVEC LE FEU " SUR TAIWAN

Nancy Pelosi est en route ce 31 août 2022 pour une tournée en Asie. Le président chinois Xi Jinping jeudi , lors d'un entretien de deux heures avec son homologue américain, a averti de ne « pas jouer avec le feu » à propos de Taïwan, selon un média d’État chinois.« Ceux qui jouent avec le feu finissent par se brûler », a prévenu le président chinois, alors que Pékin menace depuis plusieurs jours de « conséquences » si la cheffe des députés américains Nancy Pelosi mène à bien son projet de visite à Taïwan.

« J’espère que la partie américaine comprend parfaitement cela », a ajouté M. Xi, cité par l’agence Chine nouvelle.

Selon cette agence d’État, « les deux présidents ont estimé que leur entretien téléphonique avait été sincère et approfondi ».

La Maison-Blanche a indiqué que l’entretien téléphonique, cinquième sommet virtuel entre les deux responsables depuis que M. Biden est devenu président il y a un an et demi, avait commencé à 8 h 33 et avait duré plus de deux heures.

Pékin et Washington étaient déjà en conflit au sujet du commerce. Les deux puissances mondiales s’opposent maintenant à cause de Taïwan. La Chine estime que l’île, peuplée de 24 millions d’habitants, est l’une de ses provinces historiques qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste du pays.

Opposé à toute initiative qui donnerait aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres États, et donc contre la potentielle visite de Nancy Pelosi.

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Kirby, avait déclaré avant l’appel que seraient à l’ordre du jour « les tensions autour du comportement agressif et coercitif de la Chine dans l’Indo-Pacifique » – terme employé notamment par les États-Unis pour désigner la réalité changeante d’alliances dans la région Asie-Pacifique.

Bien que des responsables américains se rendent fréquemment à Taïwan, Pékin considère qu’un voyage de Mme Pelosi, l’un des plus hauts personnages de l’État américain, serait une provocation majeure.

Washington devra « assumer toutes les conséquences » de cette visite potentielle, que Mme Pelosi n’a pas encore confirmée, avait averti Pékin mercredi.

Les tensions autour de ce voyage ne sont qu’une partie du problème. Les responsables américains craignent que le président Xi ne soit en train de réfléchir à l’usage de la force pour imposer son contrôle à Taïwan.

Les déclarations contradictoires de Joe Biden sur Taïwan – il a dit en mai que les États-Unis défendraient l’île, avant que la Maison-Blanche n’insiste sur le fait que la politique d’« ambiguïté stratégique » n’avait pas changé – n’ont pas aidé.

Selon la Maison-Blanche, le principal objectif de M. Biden était d’établir des « garde-fous » pour les deux superpuissances, afin d’éviter un conflit ouvert en dépit de leurs différends et de leur rivalité géopolitique.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

BIRMANIE PREMIERES EXECUTIONS D'OPPOSANTS POLITIQUES PAR LA JUNTE MILITAIRE

La junte birmane a procédé à l’exécution de quatre prisonniers, dont un ancien député du parti de l’ancienne dirigeante civile Aung San Suu Kyi, a indiqué lundi un média d’État, alors que la peine de mort n’avait plus été pratiquée depuis plus de trente ans.

Depuis le coup d’Etat militaire du 1er février 2021, la Birmanie a condamné à la peine de mort des dizaines d’opposants à la junte. Phyo Zeya Thaw, un ancien député du parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a été arrêté en novembre et condamné à la peine de mort en janvier pour avoir enfreint la loi antiterroriste.

Chanteur de 41 ans, il fut cofondateur du premier groupe de hip-hop birman, Acid, puis emprisonné de 2008 à 2011 pour avoir mené une campagne de graffitis contre la junte. Il avait été élu député de la Ligue nationale pour la démocratie en 2012, lors des premières élections partielles qui lui furent ouvertes, puis de nouveau en 2016.L

Les deux autres prisonniers exécutés sont deux hommes accusés d’avoir tué une femme qu’ils soupçonnaient d’être une informatrice de la junte. L’armée au pouvoir poursuit une répression sanglante contre ses opposants, avec plus de deux mille civils tués et plus de quinze mille personnes arrêtées depuis le coup d’Etat, selon une ONG locale.

« Un acte de la plus grande cruauté »

Les quatre exécutions annoncées lundi constituent un « acte de la plus grande cruauté », a réagi Elaine Pearson, la directrice pour l’Asie de l’ONG Human Rights Watch.

« Ces exécutions […] sont un nouvel exemple du bilan atroce des droits humains en Birmanie. […] L’armée va continuer à piétiner la vie des gens tant qu’elle ne sera pas tenue pour responsable », a déclaré Erwin van der Borght, le directeur Asie-Pacifique d’Amnesty International.

La Ligue nationale pour la démocratie s’est dite « dévasté » lundi après l’exécution des quatre prisonniers. « En plus des innombrables atrocités contre le peuple birman, la junte militaire a effrontément commis un autre crime outrageux (…) ignorant les demandes de la communauté internationale et de ceux qui réclament la justice », a écrit dans un communiqué le parti.

Ces exécutions risquent d’accentuer l’isolement international des militaires birmans, qui avaient pris le pouvoir par la force le 1er février 2021 sous prétexte de prétendues fraudes aux élections de l’année précédente, remportées de façon écrasante par la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

« Ces actes pervers doivent marquer un tournant pour la communauté internationale. (…) Le statu quo de l’inaction internationale doit être fermement rejeté », a réagi Tom Andrews, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Birmanie, dans un communiqué sur Twitter.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

 DES AFFRONTEMENT ENTRE GANGS

ENTRE LE 8 ET LE 12 JUILLET FONT 

AU MOINS 234 MORTS OU BLESSES EN HAITI

Au moins 234 personnes ont été tuées ou blessées entre le 8 et le 12 juillet 2022, victimes de la violence des gangs qui sévissent à Cité Soleil, la commune la plus défavorisée de l’agglomération de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, a annoncé l’ONU samedi.

« La plupart des victimes ne sont pas directement liées aux gangs mais ont été visées par des membres des gangs et nous avons aussi reçu de nouvelles informations sur des violences sexuelles », écrit le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, qui a enregistré 934 meurtres, 684 blessés et 680 enlèvements sur la période de janvier à fin juin 2022.

Des tirs en rafales dans les bidonvilles

Depuis vendredi, les rafales d’armes automatiques crépitent à longueur de journée à Cité Soleil, commune la plus défavorisée et la plus densément peuplée de l’aire métropolitaine : deux factions de gangs s’y affrontent sans que la police, en manque d’hommes et d’équipements, n’intervienne.

Le long des corridors de bidonvilles qui s’y sont formés au fil des quatre dernières décennies, des milliers de familles n’ont d’autre choix que de se terrer chez elles, sans pouvoir se ravitailler en eau et nourriture. Certains habitants sont victimes de balles perdues à l’intérieur même de leurs modestes logements, faits de simples tôles, mais les ambulances ne sont pas autorisées à circuler librement dans la zone pour venir en aide aux blessés.

Impunité

« Nous nous inquiétons profondément de l’aggravation des violences à Port-au-Prince et de la hausse des violations des droits humains qui sont commises contre la population locale par des gangs lourdement armés », écrit Jeremy Laurence, porte-parole du Haut-commissariat.

Depuis plus de deux ans, les gangs multiplient les rapts crapuleux dans la ville, séquestrant des personnes de toutes origines socio-économiques et de toutes nationalités. Jouissant d’une très large impunité, les bandes criminelles ont amplifié leurs actions au fil des semaines : au moins 155 enlèvements ont été commis en juin contre 118 au mois de mai, a signalé le Centre d’analyse et de recherches en droits humains, dans son dernier rapport publié mercredi .

« Nous exhortons les autorités à faire respecter tous les droits humains et à les mettre au cœur de leurs actions dans cette crise. La lutte contre l’impunité et les violences sexuelles, tout comme le renforcement des droits humains et la surveillance de leur mise en application doivent rester une priorité. » , explique Jeremy Laurence.

L'ONU appelle à la fin « immédiate » des violences

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi à l'unanimité une résolution des États-Unis et du Mexique demandant aux États membres de l'organisation d'interdire le transfert d'armes légères à ces gangs.

La Chine, qui avait réclamé en vain un embargo sur les armes légères à destination des gangs en Haïti, a estimé que « cette résolution était un avertissement » pour ces derniers.

Des sanctions individuelles pourraient être prises dans les 90 jours en vertu de la résolution à l'encontre de leurs chefs, a souligné après le vote l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun.

Le texte aurait « pu être meilleur », a-t-il ajouté, estimant cependant qu'il s'agissait « d'un bon pas dans le bon sens ».

Le Conseil de sécurité a aussi prolongé le mandat du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), « qui permettra de renforcer la réponse internationale collective à la crise des droits humains qui se déroule dans le pays, ainsi que de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire », souligne le Haut commissariat.

Ces affrontements meurtriers entre gangs affectent l’ensemble des activités à travers la capitale car c’est à Cité Soleil que se situe le terminal pétrolier qui alimente Port-au-Prince et tout le nord d’Haïti.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

ETAT D'URGENCE AU SKRI LANKA APRES LA FUITE

DU PRESIDENT GOTABAYA RAJAPAKSA AUX MALDIVES

Le Sri Lanka, en proie à une grave crise économique et politique, a déclaré l’état d’urgence, mercredi 13 juillet, quelques heures après la fuite de son président, Gotabaya Rajapaksa, a annoncé le bureau du premier ministre, Dinouk Colombage.

La police a annoncé un couvre-feu à durée indéterminée dans la province de l’Ouest, celle de la capitale Colombo, pour contenir les manifestations. Des milliers de personnes se sont rassemblées devant les bureaux du premier ministre, et les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour les empêcher d’envahir le bâtiment.

Fuite du président aux Maldives

Le président Rajapaksa, conspué par un fort mouvement populaire, s’est posé tôt mercredi aux Maldives après avoir quitté son pays à bord d’un avion militaire. Le dirigeant de 73 ans, qui a promis de démissionner et avait tenté mardi sans succès de quitter le Sri Lanka, a décollé de l’aéroport international de Colombo avec sa femme et un garde du corps à bord d’un Antonov-32, ont rapporté des responsables des services de l’immigration.

Selon des sources aéroportuaires sri-lankaises, l’appareil a été retenu pendant plus d’une heure sur le tarmac de l’aéroport dans l’attente d’une autorisation d’atterrir aux Maldives.

Mardi, M. Rajapaksa avait été refoulé de l’aéroport de Colombo par les agents de l’immigration et certains de ses conseillers avaient envisagé pour lui et ses proches une fuite à bord d’un navire de patrouille, selon une source haut placée dans le domaine de la défense.

Un vaisseau de la marine avait été utilisé pour transférer samedi le chef de l’Etat du palais présidentiel assiégé par les manifestants au port de Trincomalee, dans le nord-est du pays. Puis, M. Rajapaksa avait rejoint lundi en hélicoptère l’aéroport international de Colombo.

Valise remplie de 17,85 millions de roupies

N’ayant pas encore démissionné, ce qu’il a promis de faire mercredi pour une « transition pacifique du pouvoir », M. Rajapaksa bénéficie encore d’une immunité présidentielle.

Dans cette fuite, le président sri-lankais a laissé derrière lui une valise remplie de documents et 17,85 millions de roupies (49 000 euros) en liquide, désormais sous scellés.

Si le chef de l’Etat démissionne comme il l’a promis, le premier ministre, Ranil Wickremesinghe, sera automatiquement nommé président par intérim jusqu’à l’élection par le Parlement d’un député qui exercera le pouvoir jusqu’à la fin du mandat en cours, c’est-à-dire novembre 2024.

M. Rajapaksa est accusé d’avoir mal géré l’économie, menant à l’incapacité du pays, en manque de devises étrangères, à financer les importations les plus essentielles à une population de 22 millions d’habitants. Colombo a fait défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars en avril et est en pourparlers avec le Fonds monétaire international pour un éventuel renflouement.

« Etat d'urgence alimentaire » depuis août 2021

Cette île d'Asie du Sud de 22 millions d'habitants est confrontée à sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948 vis-à-vis du Royaume-Uni, subissant des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments, de longues coupures d'électricité quotidiennes et une inflation record. Le Sri Lanka a par ailleurs presque épuisé ses réserves d’essence. Le gouvernement a ordonné la fermeture des bureaux non essentiels et des écoles afin de réduire les déplacements et d’économiser du carburant

Depuis l'été 2021, le Sri Lanka subit des pénuries de lait en poudre, de kérosène et de gaz de cuisine. Ce pays d'Asie rencontre des problèmes d'approvisionnement et de distribution de nourriture. L'inflation galopante (55 % sur le seul mois de juin) rend les rares choses qu'on peut encore trouver inaccessibles pour une grand