LA POLEMIQUE ENFLE A PROPOS DU RAPPEUR MEDINE

Le rappeur Médine se trouve une nouvelle fois au cœur d'une polémique. Le rappeur français, né au Havre en 1985 et âgé de 35 ans, doit se produire au Bataclan les 19 et 20 octobre prochains, à guichet fermé. Or cette salle parisienne a été endeuillée par l 'attentat terroriste du 13 novembre 2015 ayant causé 90 morts et une centaine de blessés.

Les politiques de droite comme de l'extrême droite, rejoints par plusieurs membres de la majorité présidentielle, comme la députée Aurore Bergé, sont montés au créneau pour faire annuler le spectacle.

Marine Le Pen y voit une « incitation au fondamentalisme islamiste » tandis que Laurent Wauquiez dénonce un « sacrilège pour les victimes, un déshonneur pour la France », ourdi par un « individu (...) se présentant comme une 'islamo-caillera' ». Le sénateur de Vendée Bruno Retailleau en appelle à Gérard Collomb. Il demande au ministre de l'Intérieur d'utiliser «contre ce rappeur les mêmes armes que celles utilisées contre Dieudonné», l'humoriste condamné à plusieurs reprises pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale. Sur le réseau social Twitter, dimanche, les hashtags #Bataclan et #Médine ont été abondamment utilisés.

Le chanteur havrais âgé de 35 ans est accusé par ses détracteurs de paroles haineuses et d'apologie de l'islamisme. En effet en 2 015 Médine avait sorti un album intitulé Démineur, avec une chanson, Don't Laïk, où il disait notamment « Crucifions les laïcards comme à Golgotha Le polygame vaut bien mieux que l'ami Strauss-Kahn» ou encore «J'mets des fatwas sur la tête des cons».

Ces paroles tiré de son album Jihad « “J'suis une Djellaba à la journée de la jupe”, “Je me suffis d'Allah, pas besoin qu'on me laïcise”, “Marianne est une femen tatouée «Fuck God» sur les mamelles”, “Si j'applique la Charia les voleurs pourront plus faire de main courante” », interpellent également

Selon Valeurs actuelles la mairie du Havre, alors dirigée par l’actuel Premier ministre Edouard Philippe, avait accordé, en 2016, 14 290 euros au club de boxe « Don’t Panik Team », fondé par le rappeur Médine.La ville normande a ainsi attribué 14 290 euros de « concours » au club sportif, dont 13 530 euros sous forme de « prestations en nature » et 760 euros sous forme de « subventions de fonctionnement », selon un document officiel municipal révélé sur Twitter par l’activiste identitaire et membre du blog Fdesouche, Damien Rieu.

Le rappeur avait dû se fendre d'une tribune sur le site internet de L'Obs pour condamner la tuerie et se défendre par là même. «En tant qu'artiste, je dénonce toutes formes de violence, terrorisme et autres apologies immorales. J'ai choisi la voie de la non-violence comme la majorité de mes concitoyens à travers la musique pour exprimer mes désaccords avec ma société».

« Ai-je besoin de préciser moi, jeune rappeur du Havre, à ces académiciens, philosophes, essayistes que mon propos est l'incarnation même du combat de Charlie Hebdo ? (pour la liberté d'expression, ndlr) », avait ajouté le chanteur.

L'association de victimes des attentats du 13 novembre Life for Paris a réagi sur Twitter, rappelant que le Bataclan était "complètement libre de sa programmation, sous contrôle de la préfecture de police de Paris" et qu'elle ne laisserait "personne instrumentaliser la mémoire des victimes des attentats à des fins politiciennes, comme c'est le cas dans cette affaire".

Pour l'instant, Médine n'a pas communiqué sur la polémique.

Britney Delsey pour DayNewsWorld