MALI PLUS DE 70 MORTS DANS DEUX ATTAQUES DJIHADISTES CONTRE LES FORCES DE SECURITE
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Les attaques djihadistes perpétrées mardi contre une école de gendarmerie et l'aéroport militaire de Bamako, la capitale du Mali, ont causé un bilan dramatique de plus de 70 morts et 200 blessés, marquant l'une des agressions les plus meurtrières des dernières années contre les forces de sécurité maliennes. Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué cette attaque.Selon une source sécuritaire, les pertes s’élèvent à 77 morts et 255 blessés. Un document officiel confidentiel, reconnu comme authentique, indique quant à lui une centaine de morts, mentionnant précisément 81 victimes. Le journal **Le Soir de Bamako** annonce en première page que les obsèques d'une cinquantaine d'élèves gendarmes auront lieu ce jeudi. Les autorités maliennes, dominées par la junte militaire, n’ont pas encore communiqué de manière claire et précise sur l’ampleur humaine de cette tragédie, malgré son caractère exceptionnel, contredisant ainsi leurs discours de succès militaires. Cette attaque vient sérieusement ébranler les affirmations de la junte quant à l'efficacité de sa stratégie sécuritaire. Echec de l'Alliance des États du Sahel Les attaques de mardi surviennent au lendemain du premier anniversaire de l'Alliance des États du Sahel, une coalition formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays dirigés par des militaires suite à des coups d'État successifs depuis 2020, ayant rompu avec l'ancienne puissance coloniale française. Ces attaques, parmi les plus violentes jamais enregistrées dans la capitale, portent un coup sévère à la légitimité des autorités de transition, qui avaient placé la "montée en puissance de l’armée" et la "reconquête du territoire" au cœur de leurs priorités. La frappe du JNIM représente un revers majeur pour ces autorités, qui s'empressaient de souligner les réussites de l’armée contre la menace terroriste. Deux jours avant l’attaque, le président de la transition se félicitait des progrès réalisés en matière de défense et de sécurité, en particulier dans le cadre de l’AES. Pourtant, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer au Sahel : les attaques contre les civils ont causé plus de 3 000 morts durant les six premiers mois de 2024, contre 2 500 sur la même période en 2023, d’après l'ONG Acled. Cœur du dispositif militaire visé Au-delà du lourd bilan humain, la double attaque du JNIM est également symboliquement frappante, visant des infrastructures militaires clés. Comme l’analyse Mohamed Amara, expert en sécurité et sociologie, "en frappant l’école de gendarmerie et la base aérienne 101 adjacente à l’aéroport, les terroristes ont touché le cœur du dispositif militaire à Bamako". Selon lui, une attaque de cette ampleur, exposant ainsi les vulnérabilités du système de sécurité malien, est sans précédent. De plus, les observateurs soulignent la portée symbolique de la date choisie par les assaillants : l’attaque a eu lieu lors de l’anniversaire de la gendarmerie nationale, et juste après celui de la création de l’Alliance des États du Sahel. Selon l’expert Wassim Nasr, cette synchronisation vise à affaiblir moralement les forces armées maliennes. Guerre sur plusieurs fronts Pour Niagalé Bagayoko, présidente du centre de recherche African Security Sector Network, "la complexité de la situation actuelle réside dans le fait que plusieurs fronts sont ouverts au Mali". L'armée malienne lutte non seulement contre des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, mais aussi contre des groupes armés du Nord aux revendications autonomistes, souvent qualifiés également de "terroristes" par les autorités. Ces groupes, principalement composés de Touaregs, avaient été repoussés de leur bastion de Kidal par l’armée malienne et leurs alliés russes de Wagner, il y a près d’un an. Cependant, en juillet dernier, ils ont infligé une sévère défaite aux forces maliennes et à Wagner lors d’une bataille stratégique à Tinzaouatène, près de la frontière algérienne. Les militaires ont pris le pouvoir au Mali à la faveur de deux coups d’État en 2020 et 2021 en dénonçant l’incapacité des autorités civiles à rétablir la sécurité dans le pays. Ils ont obtenu le départ de l’armée française et de la force de l'Onu, engagées dans la lutte contre les groupes islamistes armés, mais ont échouer à rétablir la sécurité... |
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| Jenny Chase pour DayNewsWorld | |
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