ATTAQUE TERRORISTE AU BURKINA-FASO ET TOUJOURS AUCUNE REVENDICATION

Des attaques ont visé, vendredi 2 mars, l’ambassade de France à Ouagadougou, au Burkina Faso, ainsi que l’état-major des forces armées burkinabées.

Plusieurs heures après le début de l’attaque, le gouvernement a communiqué sur un bilan provisoire faisant état de huit morts parmi les forces de l’ordre burkinabées et plus de 80 blessés.

Selon le gouvernement burkinabé, au moins huit assaillants et huit membres des forces de l’ordre ont été tués.

« Un peu plus de 80 blessés ont été pris en charge. Parmi ces 80 blessés, une douzaine ont des blessures assez sévères et parmi ces douze, trois sont considérés comme graves », a précisé le ministre de la communication, Rémi Dandjinou, dressant un nouveau bilan à 19 heures.

Une trentaine de morts: voici le bilan des deux attaques perpétrées ce vendredi dans le centre-ville de Ouagadougou, au Burkina Faso, visant d'une part l'ambassade de France mais aussi l'état-major des armées burkinabé. Pour l'heure, les autorités locales tentent toujours d'établir qui est à l'origine de ces attentats meurtriers, qui n'ont toujours pas été revendiqués.

A Paris, le ministère des affaires étrangères a annoncé qu’aucun ressortissant français n’avait été tué ou blessé

L’état-major a été frappé par un véhicule piégé, a déclaré, vendredi soir, le ministre de la sécurité, Clément Sawadogo. « Le véhicule était bourré d’explosifs, la charge était énorme » et a occasionné « d’énormes dégâts ». « Il y avait une réunion sur le G5 Sahel ».

Clément Sawadogo, le ministre de la Sécurité, a indiqué qu'une réunion militaire pour la création de la force multinationale antijihadiste G5-Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina, le Niger, le Tchad et la Mauritanie, était "peut-être" visée. Il a par ailleurs ajouté que le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd, la salle initialement prévue pour cette réunion ayant été "littéralement détruite par l'explosion".

Les forces spéciales françaises de l’opération « Sabre », basées à Ouagadougou, sont venues en renfort « Les forces françaises au Burkina sont intervenues en soutien à l’action de l’armée burkinabé, elles n’ont pas pris part directement à l’action », a affirmé le porte-parole de l’état-major de l’armée française, le colonel Patrick Steiger. Des hélicoptères français ont survolé la capitale.

« Notre pays a été de nouveau la cible ce vendredi de forces obscurantistes », a dénoncé vendredi soir le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré alors que le pays est depuis 2015 la cible d'attaques jihadistes qui n'avaient toutefois jamais atteint un tel niveau d'organisation .

Le gouvernement a condamné des « actes lâches et barbares »,tout en invitant « les populations à garder le calme et à collaborer avec les forces de défense et de sécurité ».

En début de soirée, le président français, Emmanuel Macron a réaffirmé le « plein engagement de la France » au Sahel. « Tout laisse à penser qu’il s’agit de groupes terroristes », avait déclaré un peu plus tôt le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur LCI, rappelant la détermination de la France à « lutter de manière implacable contre ces groupes terroristes qui veulent déstabiliser le Sahel ».

« Une enquête de flagrance a été ouverte pour tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle », a indiqué de son côté le parquet de Paris, compétent car l’attaque a visé des ressortissants et des intérêts français. Les investigations ont été confiées à la Direction générale des services intérieurs (DGSI) et aux policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT).

Pour le journaliste Antoine Glaser interwievé samedi 3 sur RTL, spécialiste de l'Afrique, cette attaque ciblait très clairement la France. "Les autres attaques, en janvier 2016 et août 2017, ciblaient des cafés, des restaurants, les expatriés. Le fait d'attaquer une ambassade de France en Afrique, le message est clair", estime l'auteur de l'ouvrage Arrogant comme un Français en Afrique, publié aux éditions Fayard en 2016.

"C'est un acte de représailles", vis-à-vis de la France, dont des troupes armées sont présentes au Mali et au Niger voisins du Burkina Faso pour lutter contre le terrorisme au Sahel.

Joanne Courbet pour DayNewsWorld