DE MEURTRIERS AFFRONTEMENTS A MADAGASCAR

L'opposition au gouvernement malgache avait appelé à manifester contre la nouvelle loi électorale ce 21 avril 2018.

A Madagascar, les députés de l’opposition ont tenté de braver une interdiction de manifester ce samedi 21 avril  2018 à Antananarivo contre les nouvelles lois électorales.

Le préfet de Police de la capitale et le chef de région ont estimé qu'il s'agissait d'un acte illégal.

Le rassemblement a très vite basculé dans de violents heurts avec les forces de l’ordre. La manifestation avait été interdite mardi par les autorités locales et les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants qui ont répliqué en lançant des pierres.

Près d’un millier d’hommes avaient été déployés pour contenir plusieurs milliers de manifestants. Il y a eu beaucoup de jets de pierres en réponse à des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes mais également à des tirs de balles en caoutchouc.

Ce n’est que vers midi que les forces de l’ordre ont usé de leurs armes pour tirer en l’air à balles réelles.

Dépassées par la situation une quarantaine de militaires a trouvé refuge entre les murs de l’hôtel de ville avantd' être exfiltrés.

Les policiers sont armés pour certains d'entre eux d'armes à feu. Ils se déplacent dans les rues de la capitale malgache en pick-up et en moto pour contenir la foule en colère.Ce matin, les affrontements entre les forces de l’ordre ont duré plus de trois heures.

Selon un bilan provisoire donné par le chef de l’hôpital HJRA d’Antananarivo, les affrontements ont fait pour l'heure, 4 mortschez les manifestants, dont deux enfants, et une vingtaine de blessés évacués aussi bien d'un côté comme de l'autre.

L'opposition quant à elle, estime qu'elle a l'autorisation délivrée par la Commune urbaine d'Antananarivo, dirigée par l'épouse de l'ex-président Ravalomanana.

« Nous n’en resterons pas là », a prévenu la députée du parti TIM Hanitra Razasmanantsoa, considérée ces derniers jours comme la porte-parole de l’opposition.

La députée a par ailleurs interpellé le président de la République, actuellement à l’extérieur du pays. Hanitra Razasmanantsoa a demandé à Hery Rajaonarimampianina de rester là « où il est » et de « ne plus revenir pour le bien du pays et de son peuple ».

L’opposition proteste contre « l’adoption scandaleuse de trois lois électorales » au début d’avril par le Parlement.

Des nouvelles lois électorales en cause

Il s'agit d'une lutte contre les lois électorales votée le 4 avril dernier qui est à l'origine de ces mouvements de colère. L'une d'entre prévoit notamment l'inéligibilité des candidats déjà condamnés. Les partis des deux anciens présidents, le TIM de Ravalomanana et le Mapar de Rajoelina et leurs 73 députés contestent ce vote qui excluraient de fait leur leader.

Des actes de corruption pour acheter la voix des parlementaires auraient été constatés par l'opposition. La Haute Cour doit valider dans les prochaines semaines ces nouvelles dispositions.

Alyson Braxton pour DayNewsWorld