CONTESTATION DE LA PRESIDENTIELLE REMPORTEE PAR EMMERSON MNANGAGWA AU ZIMBABWE

Emmerson Mnangagwa dirigeant sortant et ancien bras droit de Robert Mugabe, remporte la présidentielle avec 50,8 % des suffrages, a annoncé, vendredi 3 août, la commission électorale.

La victoire du a été annoncée dans un climat de fortes tensions;

Victoire de Emmerson Mnangagwa .

Elu dès le premier tour de la présidentielle M. Mnangagwa a devancé le leader de l’opposition Nelson Chamisa, qui a obtenu 44,3 % des voix, a annoncé la présidente de la commission, Priscilla Chigumba, lors d’une conférence de presse à Harare. organisée dans un climat tendu alors que l’armée patrouille dans la capitale.

« Par conséquent, Emmerson Mnangagwa Dambudzo du parti de la ZANU-PF est déclaré président élu de la République du Zimbabwe, à compter du 3 août », a déclaré la présidente de la commission électorale, Priscilla Chigumba, sous quelques acclamations. En effet à cause de climat tendu l’armée patrouille dans les rues à Harare.

A Emmerson Mnangagwa, 75 ans,de saluer « un nouveau départ » tout en d’appelant à l’unité. « Unissons-nous dans la paix, l’unité et l’amour et, ensemble, construisons un nouveau Zimbabwe pour tous », a-t-il lancé sur son compte Twitter.

Contestation des résultats et violence

Mais l’opposition a immédiatement rejeté sa victoire, annonçant qu’elle allait saisir la justice.

Des chiffres que conteste l’opposition. Six personnes ont été tuées au Zimbabwe où l’armée a réprimé mercredi une manifestation de l’opposition qui dénonçait des fraudes aux élections générales, selon un nouveau bilan de la police communiqué jeudi.

«  Les résultats sont faux, (…) nous les rejetons, nous allons dénoncer l’ensemble du processus devant un tribunal », a déclaré Morgan Komichi, porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Nelson Chamisa.

Une manifestation de l’opposition, mercredi, a été réprimée par l’armée par des tirs à balles réelles. Les manifestants dénonçaient des fraudes dans le processus électoral. Six manifestants ont trouvé la mort. Ces élections générales historiques qui devaient marquer un tournant dans l’histoire du pays où les élections ont été régulièrement entachées de fraude et de violence ont tourné au drame.

Le président Mnangagwa avait promis des élections libres, pacifiques et transparentes, dans l’espoir d’attirer de nouveaux les investisseurs occidentaux dans son pays au bord de la faillite et les Zimbabwéens s'étaient rendus aux urnes nombreux dans le calme.

A l’annonce des résultats dans la nuit de jeudi à vendredi, les rues de la capitale Harare et du fief de l’opposition Bulawayo (sud) étaient désertes. Seuls des militaires et des policiers étaient visibles.

Le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale du Zimbabwe, a demandé à Harare de retirer l’armée des rues de la capitale. Le Commonwealth a « catégoriquement dénoncé l’usage excessif de la force contre des civils non armés ».

Tentative d'apaisement

Le président Mnangagwa a appelé, jeudi matin, à l’apaisement, affirmant vouloir résoudre « pacifiquement les différends » avec l’opposition. Il a aussi assuré avoir été en discussions avec Nelson Chamisa pour tenter de « désamorcer » la crise.

Emmerson Mnangagwa , qui a succédé à Robert Mugabe à la suite d’un putsch militaire, a contraint ce dernier à la démission. Robert Mugabe avait dirigé le pays d’une main de fer pendant trente-sept ans. Emmerson Mnangagwa, surnommé « le crocodile », vient de confier à plusieurs militaires des postes-clés dans son gouvernement...

« Nous avons tous été naïfs, y compris la communauté internationale », a estimé Ibbo Mandaza, un analyste du groupe de réflexion Southern African Political and Economic Series (SAPES) basé à Harare.

« Nous avons refusé d'appeler un coup un coup et la communauté internationale a été naïve de penser que les élections seraient libres et justes sous un gouvernement militaire », a-t-il ajouté.

Joanne Courbet pour DayNewsWorld