UN PARTENARIAT STRATEGIQUE DE LA FRANCE

AVEC L'EGYPTE

MALGRE LA DERIVE AUTORITAIRE D'AL- SISSI ?

Emmanuel Macron s’est envolé pour l’Égypte dimanche et y restera jusqu'à mardi. Accompagné d'une délégation de personnalités et de plusieurs ministres, parmi lesquels Jean-Yves Le Drian, le président effectue un déplacement « pour renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays », affirme l’Élysée. Avec son homologue le maréchal Al-Sissi, il devrait parler contrats et sécurité, mais aussi droits de l'Homme.

Culture et archéologie


Le premier jour, le président Macron a entamé sa visite dimanche par une étape au temple d’Abou Simbel, l’un des sites archéologiques emblématiques du pays. Au delà d’une tradition française d’égyptologie qui remonte à Champollion, la France espère aujourd’hui se voir confier de nouvelles missions de fouilles ou de mise en valeur des sites antiques, comme celui de Saqqarah, au sud du Caire. Elle cherche aussi à participer au futur Grand Musée égyptien de Gu
izeh et à la rénovation du célèbre musée archéologique implanté dans le centre du Caire depuis le XIXe siècle.

Au deuxième jour de sa visite en Egypte ce lundi, Emmanuel Macron est accueilli au Caire au palais présidentiel par son homologue égyptien Abdel Fatah al-Sissi pour un entretien en tête-à-tête.

Contrats économiques

Au programme: la signature d’une trentaine d’accords et de contrats commerciaux, pour «quelques centaines de millions d’euros», selon la présidence française. Une cinquantaine de patrons français font d'ailleurs partie du déplacement. Les contrats touchent des secteurs aussi variés que des transports, les énergies renouvelables, la santé ou encore l’agroalimentaire

Partenariat stratégique.

Les deux présidents parleront également défense et sécurité avec la lutte contre le terrorisme. Parmi les contrats emblématiques figure celui des avions de combat Rafale dont 2 4 exemplaires ont été livrés à l’Egypte. devenue le troisième client de vente d'armements pour la France. Des négociations sont en cours pour l’acquisition de 12 autres, mais aucun contrat ne doit être annoncé durant ce voyage , dit-on en coulisses.

Paris soutient l'Egypte comme partenaire stratégique, voyant le pays le plus peuplé du monde arabe comme un pôle de stabilité au Moyen-Orient, en dépit des vives critiques des ONG sur le non respect des droits humains par les autorités égyptiennes. Emmanuel Macron, malgré la dérive autoritaire du président égyptien, ne veut pas rompre toute forme de coopération qui conduirait l'Egypte vers la Russie ou d'autres puissances, bien au contraire.

Droits de l'homme

Plusieurs ONG , dont Amnesty et Human Rights Watch (HRW), sont donc montées au créneau « exigeant la suspension de toute vente française d'armes qui pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international ».

Elles ont appelé lundi Emmanuel Macron à « délivrer un discours fort sur la situation catastrophique des droits humains » en Egypte, « en demandant la libération de tous les prisonniers injustement détenus ». En octobre 2017 Emmanuel Macron avait reçu le président égyptien à Paris, malgré les critiques des ONG. A cette époque le président français avait alors refusé de «donner des leçons» à son homologue sur la question des droits de l’Homme. Or, dimanche soir dans un entretien avec la presse française au Caire, le président Macron a affirmé qu’il allait parler «plus ouvertement» de cette question sensible au cours de sa visite.Selon le président français, «les choses se sont empirées depuis octobre 2017»

En conséquence, il a promis de s’exprimer «de manière plus tranchée, y compris ouvertement (...) parce que je pense que c’est l’intérêt du président Sissi et de la stabilité égyptienne».

Une visite qui vise à diversifier l'offre commerciale française, qui reste "trop faible" selon Emmanuel Macron, la France n'étant que le 11e partenaire de l'Egypte, troisième marché d'Afrique et à "resserrer les liens" entre les deux pays.

Joanne Courbet pour DayNewsWorld