PAS DE CINQUIEME MANDAT POUR BOUTEFLIKA
SOUS FOND DE REVOLUTION ALGERIENNE |
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Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, est rentré hier en Algérie après avoir passé deux semaines dans un hôpital de Genève. Depuis deux semaines, les manifestations se succèdent en Algérie pour dénoncer sa nouvelle candidature. Le président Bouteflika, à la tête du pays depuis 1999, ne s'est pas exprimé en public depuis un accident vasculaire cérébral en 2013. Ses adversaires doutent qu'il soit capable d'assurer sa charge et s'inquiètent que l'Algérie soit gouvernée en son nom et dans l'ombre par ses conseillers. Le patient genevois serait « sous menace vitale permanente ». « Affaibli, Bouteflika est "sous menace vitale permanente’ », a annoncé la Tribune de Genève mercredi 6 mars. D’après le quotidien suisse, le président algérien, soigné aux hôpitaux universitaires de Genève (HUG) depuis une dizaine de jours, « souffre de problèmes neurologiques et respiratoires » .
Il ne souffre d’aucun mal mortel à court terme, mais c’est un vieux monsieur qui peine à se remettre des conséquences de son attaque cérébrale de 2013. Car c’est bien en raison des compétences des HUG en matière de neurologie qu’Abdelaziz Bouteflika y séjourne depuis le 24 février. » Le journal suisse raconte que la situation du patient de 82 ans s’est dangereusement dégradée ces dernières années. « D’un état de fragilité mais permettant une vie à peu près normale, il s’est transformé en patient dont l’état est très précaire et nécessite des soins constants. » Les conditions sont réunies pour organiser le 18 avril la présidentielle, ont cependant assuré mercredi les autorités algériennes, malgré la contestation sans précédent suscitée par la candidature à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Or selon le quotidien étranger, l'ancien ministre Ali Benouari a déclaré qu'aucun médecin ne veut délivrer de certificat attestant que le président algérien est en état de se représenter. Bouteflika, 82 ans, sévèrement handicapé qu'il est maintenant par les séquelles d'un AVC en 2013.Il est hospitalisé en Suisse depuis plus de dix jours pour, officiellement, des «examens médicaux périodiques» et l'on ne connait pas la date de son retour en Algérie. Malgré des troubles du langage et une situation sanitaire préoccupante, Bouteflika est en effet en course pour un cinquième mandat après le dépôt de sa candidature dimanche soir. La présidentielle le 18 avril envers et contre tous Des autorités algériennes sont allées de leur couplet en faveur des présidentielles du 18 avril. La présidentielle se tiendra «conformément à la Constitution, dans les conditions requises de transparence, de sérénité et de quiétude», a affirmé le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, en marge d'un conseil ministériel de la Ligue arabe au Caire. L'armée et les forces de sécurité sont «résolument engagées à garantir» la sécurité de la présidentielle, afin de permettre aux Algériens de voter «dans un climat de sérénité, de quiétude et de stabilité», avait de son côté déclaré le chef d'état-major de l'armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah qui « semble abandonner le ton belliqueux qu'il usait jusque-là pour parler de la situation politique en Algérie», avait noté cependant le quotidien francophone El Watan. « Le peuple et l'armée ont une vision commune » Si peu avant le retour du président en Algérie, la formation de Bouteflika,le Front de libération nationale (FLN) au pouvoir depuis l'indépendance, a exhorté toutes les parties à coopérer pour mettre fin à la crise et promouvoir la réconciliation nationale, le chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP), le général Ahmed Gaïd Salah, a affirmé en revanche hier dimanche 10 mars que « le peuple et l'armée ont une vision commune de l'avenir ».« Les liens entre l'armée et la population sont forts et spontanés », a-t-il ajouté lors d'une cérémonie, sans faire directement référence aux manifestations actuelles. L'armée « partage » avec le peuple algérien « les mêmes valeurs et principes », a déclaré, dimanche 10 mars, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne et vice-ministre de la Défense. « Se rejoignent (...) entre le peuple et son armée (...) tous les fondements d'une vision unique du futur de l'Algérie », a-t-il ajouté devant les élèves de plusieurs écoles militaires. Alors qu’une contestation inédite contre le président Abdelaziz Bouteflika secoue l’Algérie depuis le 22 février, ce discours tranche avec ceux prononcés depuis le début de la mobilisation par le général, considéré comme un membre du premier cercle du chef de l'État. C'est celui-là même qui début mars fustigeait encore ceux qui « veulent ramener » l'Algérie aux années de guerre civile (1992-2002), en rappelant que l'armée restait « résolument engagée à garantir » la sécurité de la présidentielle. Le discours du général a donc bien changé...et le revirement n'est pas très loin. Le front du « cinquième mandat » se fissure Et le camp Bouteflika, dans son ensemble,se fissure peu à peu ces derniers jours devant l'ampleur de la contestation des étudiants algériens dans la rue. Ainsi dans un communiqué, la puissante Organisation nationale des Moudjahidine (ONM, qui regroupe les anciens combattants de la guerre d'indépendance), traditionnel soutien de son compagnon d'armes M. Bouteflika, a apporté un soutien inattendu à la contestation. L'ONM dénonce dans un communiqué des institutions «pas à la hauteur des aspirations du peuple» et «une alliance contre nature entre des membres influents du pouvoir» et des personnes «à qui ont été ouvertes les portes pour faire main basse sur l'argent public». Lundi, Sid Ahmed Ferroukhi, ancien ministre et député du Front de libération nationale (FLN) avait annoncé sa démission de son mandat et son départ du parti présidé par M. Bouteflika. Des démissions ont été également annoncées par divers médias au sein du Forum des chefs d'entreprise (FCE), organisation patronale dirigée par Ali Haddad, réputé proche du clan Bouteflika. Même l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), syndicat totalement mis au service du cinquième mandat par son secrétaire général, Abdelmadjid Sidi-Saïd, connaît des défections et des appels à soutenir la contestation populaire. Ces revirements sont un signe que l’abandon de l’option de la candidature de Bouteflika commence à être envisagé au sein du régime. Les magistrats, à leur tour, rentre dans la contestation Un millier de magistrats algériens ont annoncé qu'ils refuseraient de superviser l'élection présidentielle du 18 avril si le chef de l'Etat sortant Abdelaziz Bouteflika est candidat à un cinquième mandat. Dans un communiqué, les juges ajoutent qu'ils ont décidé de créer une nouvelle association. La contestation des Algériens une « situation révolutionnaire pacifique » Depuis le 22 février, les manifestants ont dévoilé l’image d’un peuple plein de détermination. Depuis le 22 février, le mouvement de protestation le plus important des deux dernières décennies en Algérie a poussé des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour exprimer leur opposition à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. La journée de mobilisation s'annonce forte vendredi, coïncidant avec la célébration de la Journée internationale des droits des femmes. L’avocat Mokrane Aït Larbi, un militant respecté des droits humains, a estimé que le pays vivait une « situation révolutionnaire pacifique ». « Cette phase historique ne peut réaliser la rupture par la voie électorale, dont la fraude a déjà commencé au sein du Conseil constitutionnel, et devant l’opinion nationale et internationale », a-t-il commenté. |
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| Joanne Courbet pour DayNewsWorld | |
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« Le chef de l’État se trouve ‘sous menace vitale permanente’ en raison de la dégradation de ses réflexes neurologiques. 