LES CONDAMNATIONS A MORT
DES DJIHADISTES FRANCAIS EN IRAK |
|
|
Bagdad a déjà condamné plus de 500 étrangers de l'EI - hommes et femmes -, dont certains à la peine capitale, mais aucun n'a jusqu'ici été exécuté. Dans un communiqué ce lundi, le ministère des affaires étrangères déclarait que « les adultes détenus en Irak doivent être jugés par la justice irakienne, dès lors qu’elle se déclare compétente. La France respecte la souveraineté des autorités irakiennes ». Refus de tout retour et jugement en France des affiliés à l' EI La France refuse tout retour et jugement en France de ses ressortissants affiliés à Daesh, comme l’a répété le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ce mardi matin sur France Inter : « Ces terroristes-là, parce qu’il s’agit bien de terroristes qui nous ont attaqués, qui ont aussi été semeurs de mort en Irak, doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes. » Un tribunal de Bagdad a condamné à mort mercredi Yassine Sakkam pour appartenance au groupe djihadiste État islamique (EI), portant à sept le nombre de Français à avoir écopé en quatre jours de la peine capitale dans ce pays. Yassine Sakkam avait été arrêté en Syrie puis transféré en janvier en Irak avec un groupe de 10 djihadistes français présumés. Six d'entre eux ont été condamnés à mort depuis dimanche pour avoir rejoint l'EI. Brahim Nejara, 33 ans, accusé par le renseignement français d'avoir facilité l'envoi de jihadistes vers la Syrie, et Karam El Harchaoui, qui aura 32 ans , ont été condamnés à mort mardi par un tribunal de Bagdad. Dimanche et lundi, Kévin Gonot, Léonard Lopez, Salim Machou et Mustapha Merzoughi avaient aussi été condamnés à la peine capitale par pendaison. La liste des Français condamnés pour appartenance à l'organisation jihadiste pourrait donc s'allonger. Cette série de verdicts relance le débat sur l'épineuse question des djihadistes étrangers : si le retour - et jugement - de ses ressortissants affiliés à l'EI n'est pas envisagé, la France refuse toutefois, dans le même temps, la peine de mort. Une opposition « constante » à la peine de mort Aussi le ministère des Affaires étrangères a-t-il affirmé lundi faire « les démarches nécessaires » auprès des autorités irakiennes après la condamnation de trois Français à la peine de mort. Mardi, la France a affirmé qu'elle « multipli(ait) les démarches pour éviter la peine de mort » à ces ressortissants, alors que Paris milite de longue date pour l'abolition de la peine capitale dans le monde. Pour Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, il s'agit bien de s'opposer par principe à la peine de mort, sans pour autant remettre en cause la justice irakienne ou sa légitimité à juger des Français. « Il y a deux principes, qui ne sont pas contradictoires. Le premier c’est que ces terroristes là – parce qu’il s’agit bien de terroristes, qui nous ont attaqué et qui ont été aussi semeurs de mort en Irak – doivent être jugés là où ils ont commis leur crimes. […] [Le deuxième c’est que], nous sommes tout à fait opposés à la peine de mort et nous le disons. […] Nous multiplions les démarches pour éviter la peine de mort à ces quatre Français », a déclaré Jean-Yves le Drian, ministre des Affaires étrangères, mardi matin sur France Inter Tous ont 30 jours pour faire appel. Les condamnés ont 30 jours pour faire appel, et l'avocat français de Léonard Lopez a déjà annoncé qu'il le ferait. Selon la loi irakienne, quiconque ayant rejoint une organisation « terroriste » - qu'il ait ou non combattu - est passible de la peine de mort. Les défenseurs des droits humains dénoncent par ailleurs « de vrais risques de torture » et « aucune garantie pour des procès équitables » en Irak, 12ème pays le plus corrompu au monde selon l'ONG Transparency International. En Irak, c’est la souveraineté judiciaire irakienne qui prime et non pas les lois françaises... Délicat imbroglio diplomatique......! |
|
| Garett Skyport pour DayNewsWorld | |
![]() |
|




