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COUP D'ETAT MILITAIRE AU SOUDAN

Le prix du pain aura eu raison du président Béchir.

Voilà que depuis plus de trois mois maintenant les Soudanais se révoltent contre le régime du dictateur Béchir. La contestation a démarré après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain le 19 décembre suite à un programme d'austérité imposé par le FMI.

La mobilisation s’est ensuite muée en mouvement de protestation contre le régime lui-même, des milliers de Soudanais réclamant le départ du président.

Omar el-Béchir, qui a tenté de réprimer la contestation par la force, a instauré à partir du 22 février l’état d’urgence à l’échelle nationale. 49 personnes sont mortes.

Depuis samedi 6 avril les manifestants ont organisé un si-in devant le siège de l'armée.

Le président Omar Al-Bachir, qui dirigeait le Soudan d’une main de fer depuis trente ans, a été renversé jeudi 11 avril par un coup d’Etat de l’armée et a été remplacé par un « conseil militaire de transition » qui entend diriger le pays pendant deux ans.

« J’annonce, en tant que ministre de la défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef », a déclaré dans une annonce très attendue à la télévision d’Etat, le ministre de la défense, Awad Ahmed Ibn Auf. Le couvre-feu a été décrété ce jour par le « conseil militaire de transition ». Un cessez-le-feu a aussi été annoncé à travers le pays, notamment dans les Etats en proie aux rébellions comme le Darfour.

Si les meneurs de la contestation ont obtenu le départ d’Omar Al-Bachir, ils ont, en revanche, rejeté la décision de l’armée de créer un « conseil militaire » pour mener une transition qui s’annonce particulièrement longue : deux ans.

« Le régime a mené un coup d’Etat militaire en présentant encore les mêmes visages (…) contre lesquels notre peuple s’est élevé », a réagi, dans un communiqué, la Déclaration pour la liberté et le changement, tout en appelant le « peuple à continuer son sit-in devant le QG de l’armée et à travers le pays ».

Mercredi, Washington avait exhorté le pouvoir « à respecter les droits de tous les Soudanais à exprimer leurs doléances pacifiquement ».

Les Etats-Unis et les cinq pays européens membres du Conseil de sécurité de l’ONU – France, Royaume-Uni, Allemagne, Belgique et Pologne – ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur le Soudan. La session devrait se dérouler vendredi.

« Si l’armée marginalise la rue, le pire est à craindre », a réagi un observateur.

Jenny Chase pour DayNewsWorld