COUP D'ETAT MILITAIRE AU SOUDAN |
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Le prix du pain aura eu raison du président Béchir. Voilà que depuis plus de trois mois maintenant les Soudanais se révoltent contre le régime du dictateur Béchir. La contestation a démarré après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain le 19 décembre suite à un programme d'austérité imposé par le FMI. La mobilisation s’est ensuite muée en mouvement de protestation contre le régime lui-même, des milliers de Soudanais réclamant le départ du président.
Depuis samedi 6 avril les manifestants ont organisé un si-in devant le siège de l'armée. Le président Omar Al-Bachir, qui dirigeait le Soudan d’une main de fer depuis trente ans, a été renversé jeudi 11 avril par un coup d’Etat de l’armée et a été remplacé par un « conseil militaire de transition » qui entend diriger le pays pendant deux ans. « J’annonce, en tant que ministre de la défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef », a déclaré dans une annonce très attendue à la télévision d’Etat, le ministre de la défense, Awad Ahmed Ibn Auf. Le couvre-feu a été décrété ce jour par le « conseil militaire de transition ». Un cessez-le-feu a aussi été annoncé à travers le pays, notamment dans les Etats en proie aux rébellions comme le Darfour. Si les meneurs de la contestation ont obtenu le départ d’Omar Al-Bachir, ils ont, en revanche, rejeté la décision de l’armée de créer un « conseil militaire » pour mener une transition qui s’annonce particulièrement longue : deux ans. « Le régime a mené un coup d’Etat militaire en présentant encore les mêmes visages (…) contre lesquels notre peuple s’est élevé », a réagi, dans un communiqué, la Déclaration pour la liberté et le changement, tout en appelant le « peuple à continuer son sit-in devant le QG de l’armée et à travers le pays ». Mercredi, Washington avait exhorté le pouvoir « à respecter les droits de tous les Soudanais à exprimer leurs doléances pacifiquement ». Les Etats-Unis et les cinq pays européens membres du Conseil de sécurité de l’ONU – France, Royaume-Uni, Allemagne, Belgique et Pologne – ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur le Soudan. La session devrait se dérouler vendredi. « Si l’armée marginalise la rue, le pire est à craindre », a réagi un observateur. |
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| Jenny Chase pour DayNewsWorld | |
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