DRAME AU MALI TREIZE SOLDATS MORTS

DANS UN ACCIDENT DE DEUX HELICOPTERES

Treize militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères, lors d'une opération de combat contre des djihadistes, a annoncé ce mardi l'Elysée dans un communiqué. Un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manœuvre et d'assaut Cougar, selon l'Etat-major des armées, entraînant la mort de six officiers, six sous-officiers et un caporal-chef  qui se trouvaient à bord.

L'accident est survenu lundi soir dans le cadre d'une opération de Barkhane, qui mobilise 4500 militaires au Sahel. « Engagés au sol depuis quelques jours, les commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à motos. Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000 », explique le ministère des Armées dans un communiqué.

« Selon toute vraisemblance, un abordage entre ces deux aéronefs évoluant à très basse altitude serait à l’origine de l’accident », a expliqué l'Etat-major des Armées dans un communiqué.

Cet incident est  l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983. Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval.

Emmanuel Macron a salué « avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l'armée de terre (...) tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel ».

Pourquoi l'opération barkhane ?

L'opération française, lancée en août 2014 après l'opération Serval de 2013, est menée dans cinq pays (Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Burkina Faso) de la bande sahélo-saharienne, une zone vaste comme l'Europe.

Son but est « l'appropriation par les cinq pays partenaires de la lutte contre les groupes armés terroristes », selon le ministère de la Défense

L'opération Barkhane a pris le relais de Serval pour stabiliser le Sahel, avec 4000 soldats déployés dans cinq pays (le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad).

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et onusiennes, régulièrement ciblées par des attentats meurtriers. Les groupes djihadistes peuvent se fondre dans une population qu'ils connaissent bien. Non seulement ils font régner la terreur en imposant aux habitants leur version ultrarigoriste du Coran, mais ils exploitent également les maux du pays c-à-d. la mal-gouvernance, la faiblesse de l'État face au banditisme, l'impunité pour propager leur propagande et recruter.

Aussi le pays se gangrène-t-il de plus en plus face à la faiblesse de l'État malien qui est au bord de « l'implosion ».

Aussi l'intervention militaire doit-elle se doubler d'une vision politique.

Carl Delsey pour DayNewsWorld