PRESIDENTIELLES A HAUT RISQUE AU MALI |
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Elu en 2013 après l’intervention française pour chasser les islamistes, le président Ibrahim Boubacar Keita(IBK) est candidat à sa propre succession et même favori,alors que le pays reste toujours gangrené par les actes terroristes et les tensions communautaires. Une grande instabilité fait craindre des débordements en ce jour de premier tour des élections, l’armée a été déployée pour éviter les heurts, le gouvernement finance depuis plusieurs jours des spots publicitaires à la télévision pour appeler la population au calme. C'est dire l'état de tensions dans lequel est plongé le Mali.
Pour permettre la tenue du scrutin sur la plus grande partie du territoire, plus de 30 000 membres des forces de sécurité, nationales et étrangères, sont mobilisés, selon le ministère de la Sécurité intérieure. En termes de sécurité, « aujourd'hui, on peut dire que les conditions minimales sont probablement réunies », a déclaré le chef de la mission de l'ONU dans le pays (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, à la radio des Nations unies au Mali, Mikado FM, tout en appelant à rester « vigilant ». Ibrahim Boubacar Keita, 73 ans, élu en 2013 et à la tête du « Rassemblement pour le Mali », remet son mandat en jeu malgré un bilan contesté. En effet l’insécurité a augmenté dans le pays et la situation économique est loin d'être satisfaisante. Mais c'est avant tout la question sécuritaire qui est au cœur des tensions et blesse. Outre les soupçons de fraude de la part du camp présidentiel la menace djihadiste dans le nord du pays -qui avait été reprise aux islamistes radicaux par la France en 2013- se fait croissante . Au dernier jour de campagne vendredi, les jihadistes se sont d'ailleurs invités dans le débat par la voix du chef de la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, dirigeant de l'un des groupes islamistes qui s'étaient emparés de tout le nord du pays en 2012. « Ces élections ne sont rien d'autre que la poursuite d'un mirage et nos peuples n'en récolteront que des illusions, comme ils en ont pris l'habitude », a déclaré dans une vidéo le chef du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans Les tensions communautaires se sont exacerbées ces dernières années dans ce vaste pays enclavé d'Afrique de l'Ouest, comptant une vingtaine d'ethnies. L'insécurité a également miné le centre du pays. Et IBK est très critiqué pour n’avoir pas été assez offensif sur le sujet de l'insécurité. C’est pourquoi le principal leader de l’opposition, Soumaïla Cissé, a promis de ramener « la paix » dans le centre du pays et espère capitaliser sur les enjeux sécuritaires. «Barkhane ne sera pas éternelle» : Qui plus est le Mali vit sous perfusion de l’aide militaire étrangère pour maintenir une stabilité fragile. L’opération française Barkhane, c’est plus de 4 500 soldats tricolores répartis au Sahel pour lutter contre la menace djihadiste, principalement au Mali. Si IBK l’emporte, la communauté internationale redoute qu’il n’en fasse pas plus que sous son premier mandat. Jean-Yves Le Drian, maître d’œuvre de l’intervention française en 2013 quand il dirigeait la Défense a signifié son impatience. La France et ses partenaires ne veulent pas de statu quo qui signifierait une prolongation de leur présence. « Barkhane sera là tant qu’il faudra mais ne sera pas éternelle », explique-t-on au ministère des Armées, qui en formant les armées locales, souhaite à terme « créer les conditions » de son départ. La création en 2014 du G5 Sahel, cadre de coordination de cinq pays de la région pour lutter contre le terrorisme, doit aussi permettre aux pays africains de prendre en main la situation. Deux favoris sur 24 candidats : Les Maliens attendent en tout cas coup du président élu (ou réélu) sur la sécurité. Plus de huit millions d'habitants de ce vaste pays enclavé d'Afrique de l'Ouest, comptant une vingtaine d'ethnies, sont appelés aux urnes pour reconduire le président Ibrahim Boubacar Keïta ou élire un de ses 23 concurrents, dont le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, et une seule femme, Djeneba N'Diaye. Ils votent dimanche 29 juillet pour un scrutin présidentiel qui pèsera sur le sort de l'accord de paix de 2015 et, au-delà, sur l'ensemble du Sahel, toujours confronté à la menace jihadiste malgré cinq ans d'interventions militaires internationales. Les résultats officiels seront connus vendredi au plus tard, avant un éventuel second tour le 12 août. Pas moins de 24 candidats !! L’heure de la revanche pour Soumaïla Cissé a-elle sonné ? Largement battu (près de 78 % des voix) par Ibrahim Boubacar Keïta en 2013, le chef de l’opposition, 68 ans, espère cette fois que le climat d’insécurité incitera les Maliens à se débarrasser d’un président socialiste jugé trop passif. Mais 24 candidats -dont une seule femme- se départageront les suffrages. Parmi eux, bon nombre d’anciens ministres du chef de l’État, ce qui en dit long sur la férocité de la campagne même si le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, et le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, sont donnés favoris Depuis l’avènement de la démocratie, en 1992, moins d’un Malien sur deux s’est déplacé lors des cinq scrutins présidentiels. La dernière élection, en 2013, avait cependant été particulièrement suivie, dans un contexte post-coup d’Etat qui avait ébranlé la République, quelques semaines après le déclenchement de la guerre dans le nord du pays. Le taux de participation est traditionnellement bas, sensiblement inférieur à 50 %, au premier tour de l'élection présidentielle dans ce pays connu aussi pour son rayonnement culturel . |
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| Joanne Courbet pour DayNewsWorld | |
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Des enjeux sécuritaires avant tout :