FELIX TSHISEKEDI PRESIDENT DU CONGO ALTERNANCE OU CONTINUITE DU POUVOIR

Une nouvelle ère s'ouvre en RDC . L’opposant Félix Tshisekedi est officiellement devenu, jeudi 24 janvier, le cinquième président de la République démocratique du Congo (RDC). Il succède à Joseph Kabila, qui quitte le pouvoir après dix-huit ans à la tête du pays.

Cette alternance politique est la première de l’histoire congolaise à se faire sans violence dans un pays marqué par deux coups d’Etat (1965 et 1997), deux assassinats de dirigeants (Patrice Lumumba, en 1961, et Laurent-Désiré Kabila, en 2001), et deux guerres.

Mais cette élection est contestée par Martin Fayulu, autre opposant de Kabila, qui a dénoncé un « putsch électoral » orchestré par M. Kabila avec la complicité de M. Tshisekedi.

Si les chefs d’Etat africains d'Afrique du Sud, du Kenya, du Burundi et de la Tanzanie ont salué, dès dimanche, l’élection de M. Tshisekedi, d’autres ont tardé dont deux des neuf voisins de la RDC, l’Angola et le Congo.

L’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) quant à elles, dans un communiqué conjoint, ont « pris note » du résultat de cette élection contestée. Quant aux Etats-Unis, ils se sont dit prêt à travailler avec le nouveau président.

Un « accord de coalition politique »

Pour une alternance pacifique, M. Kabila, sénateur à vie de 47 ans, a encouragé les « leaders politiques » à privilégier une

« coalition » plutôt que la « cohabitation ». Ainsi les pro-Tshisekedi et les pro-Kabila ont signé un « accord de coalition politique » et de « partage du pouvoir » qui prévoit que les ministères régaliens (diplomatie, défense, intérieur) reviennent à la famille politique du président élu.

L’Assemblée nationale est quant à elle acquise au président Kabila avec 337 sièges sur 500 si bien que M. Tshisekedi devra choisir un premier ministre dans cette majorité. Néhémie Mwilanya Wilondja,le directeur de cabinet du président Kabila ou Albert Yuma, grand patron congolais, est pressenti pour ce poste. L'armée est également largement façonnée par le pouvoir sortant.
Des échéances formelles cependant devraient permettre d'asseoir le gouvernement.

Vers « un Congo réconcilié »

Félix Thisekedi s'est engagé à réformer la justice, lutter contre la corruption, la pauvreté, l'évasion fiscale et à améliorer le respect des droits de l'homme. Lors de son discours d’investiture, le nouveau président a promis de libérer tous les « prisonniers politiques ».

Il a également assuré qu’il améliorerait le respect des droits humains dans le pays.

« Sous notre mandat, nous veillerons à garantir à chaque citoyen le respect de l’exercice de ses droits fondamentaux. Nous nous engageons à bannir toute forme de discrimination », a-t-il déclaré.

Le nouveau gouvernement va prendre la direction d’un pays riche en minerais, mais dont 70% des 80 millions d’habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté selon le FMI.

Andrew Preston pour DayNewsWorld