UN ACCORD DE PARTAGE GRACE AU PRINTEMPS SOUDANAIS ? |
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Le conseil militaire au pouvoir au Soudan et le mouvement prodémocratie du pays auraient conclu un accord de partage du pouvoir, assorti d’un calendrier pour le passage à un régime civil. Mohammed el-Hassan, envoyé de l’Union africaine, a affirmé vendredi matin que les deux parties avaient convenu de former un conseil souverain conjoint qui gouvernera le pays pendant «trois ans ou un peu plus». Les parties ont convenu de cinq sièges pour les militaires et cinq pour les civils, un siège supplémentaire revenant à un civil avec des antécédents militaires. L’accord qui se dessine pourrait rompre des semaines d’impasse politique depuis que l’armée a renversé le président autocratique Omar al-Bashir en avril. Les discussions sur un accord de partage du pouvoir s’étaient effondrées après que les forces de sécurité eurent rasé un camp de manifestants à Khartoum le 3 juin. Les négociations ont repris plus tôt cette semaine, après des manifestations massives le week-end dernier. La Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait appelé mercredi les autorités soudanaises à lever les restrictions sur internet et à enquêter de manière appropriée sur tous les actes de violence et les allégations de recours excessif à la force. Petit historique Après des mois de manifestations pacifiques, la contestation soudanaise avait fait le 3 juin l'objet d'une violente répression. Le 3 juin, plus de 100 civils, selon l'opposition, avaient été tués lors d'un assaut mené sur ordre des militaires au pouvoir. Pour beaucoup, ce coup de force pouvait signer la fin du « printemps soudanais ». Mais opposition et manifestants ont voulu maintenir la pression en vue d'obtenir un transfert du pouvoir aux civils. Depuis la dispersion sanglante, le 3 juin, du sit-in installé par les manifestants soudanais devant le QG de l'armée à Khartoum, la répression a fait 118 morts et plus de 500 blessés, selon l’opposition. Mais les contestataire ont maintenu la pression sur les généraux au pouvoir. Le Conseil militaire de transition est au pouvoir depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir par l'armée, sous la pression du mouvement de contestation lancé le 19 décembre dans un climat de crise économique aiguë. Un processus politique bloqué entre militaires et civils La contestation réclame un transfert du pouvoir à un gouvernement civil. Les négociations sont suspendues depuis le 20 mai en raison de divergences sur la composition d'une nouvelle instance qui serait chargée de mener la transition pendant trois ans. Après la chute d'Omar el-Béchir, les manifestants ont maintenu un sit-in installé depuis le 6 avril devant le QG de l'armée pour demander le transfert du pouvoir aux civils. Les deux camps avaient alors entamé des discussions sur la période de transition sans réussir pour autant à s'entendre. Née en décembre d'une colère contre le triplement du prix du pain, la contestation a rapidement pris une tournure politique. Le bras de fer a pris une tournure sanglante avec la violente dispersion du sit-in à Khartoum le 3 juin. Après quatre jours de répression, et malgré la médiation de M. Ahmed, la contestation avait lancé dimanche un mouvement de désobéissance civile. Répression du sit-in et 118 morts L'annonce de la reprise des négociations intervient alors que les meneurs de la contestation avaient annoncé lundi soir qu'ils publieraient prochainement la composition de leur propre instance dirigeante avec un Premier ministre. Elle intervient également au lendemain de l'annonce de la venue cette semaine du secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de l'Afrique, Tibor Nagy. Le Département d'Etat a précisé que l'émissaire appellerait « à la fin des attaques contre les civils ». Selon un comité de médecins proche de la contestation, 118 personnes sont mortes et plus de 500 ont été blessées depuis cette date, la majorité dans la dispersion du sit-in. Les autorités estiment à 61 le nombre de morts, dont 49 par des « tirs à balles réelles » à Khartoum. Mardi, des véhicules équipés de mitrailleuses des Forces de soutien rapide (RSF) -- des paramilitaires accusés par la contestation d'être à l'origine de la dispersion du sit-in et de la répression qui a suivi -- ont continué de patrouiller dans plusieurs quartiers de la capitale, pour la plupart déserts. Par ailleurs, neuf personnes ont été tuées lundi dans le village d'al-Dalij au Darfour (ouest), région meurtrie depuis 2003 par une guerre civile, selon le comité de médecins qui tient pour responsable les milices Janjawid, accusées d'atrocités dans la région. Les RSF sont considérés par la contestation et par des experts comme une « nouvelle version » des Janjawid. Reprise des négociations La contestation soudanaise et le Conseil militaire de transition (CMT) ont accepté de reprendre leurs discussions sur la formation d'une nouvelle administration, a annoncé mardi le médiateur éthiopien Mahmoud Dirir, après plus de trois jours de quasi paralysie de Khartoum, la capitale du pays. La contestation soudanaise a en effet accepté de mettre fin au mouvement de désobéissance civile lancé après le début d'une répression meurtrière et de reprendre les discussions avec les militaires au pouvoir afin de trouver une issue à la crise. L'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a aussitôt appelé les Soudanais à « reprendre le travail mercredi », après plus de trois jours de quasi paralysie de la capitale. Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne la violence « L'ALC a accepté de mettre fin au mouvement de désobéissance civile à partir d'aujourd'hui » et « les deux parties ont accepté de reprendre prochainement les discussions », a déclaré mardi M. Drir. Dans un communiqué, les membres du Conseil ont demandé la fin immédiate des violences contre les civils et souligné l'importance du respect des droits humains. George Clooney, très engagé concernant le Darfour Dans un éditorial cosigné avec le militant des droits humains John Prendergast et publié dans Politico, l'acteur américain George Clooney avait exhorté la communauté internationale à traquer l'argent sale provenant du Soudan dans l'espoir que les militaires changent d'attitude face aux manifestations. Une avancée significative dans un pays dévasté par trente ans de gestion calamiteuse et un pouvoir autoritaire et corrompu fondé sur le code légal islamique. |
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| Jaimie Potts pour DayNewsWorld | |
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