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CRISE POLITIQUE, SOCIALE ET SANITAIRE

 EN TUNISIE

«Nous traversons les moments les plus délicats de l’histoire de la Tunisie ». C’est par ces mots que le président de la Tunisie, Kaïs Saïed a justifié vendredi 23 juillet au soir, sa reprise en main du pays, en s’octroyant le pouvoir exécutif. « Selon la Constitution, j’ai pris des décisions que nécessite la situation afin de sauver la Tunisie, l’État et le peuple tunisien », a dit le chef d’État, suscitant une vague d’enthousiasme dans les rues de Tunis et dans plusieurs grandes villes du pays. Le président de la République, Kaïs Saïed, a en outre décidé dimanche 25 juillet de geler les activités du Parlement, et a remercié le Premier ministre, Hichem Mechichi. Kaïs Saïed prend ainsi la tête du pouvoir exécutif « avec l'aide d'un gouvernement » dont il sera chargé de la composition, a-t-il précisé. Il récupère également la tête du parquet national.

L'article 80 de la constitution tunisienne

En reprenant la main sur l’exécutif, la présidence assure travailler conformément à la loi. Il utilise l'article 80 de la constitution tunisienne, qui prévoit cette possibilité en cas de « péril imminent » pour « la nation ou la sécurité ou l'indépendance du pays ». « Kaïs Saïed a indiqué avoir activé l’article 80 de la Constitution, selon lequel le président peut prendre les mesures nécessaires en cas de péril imminent menaçant les institutions et la nation », décrypte Aude-Annabelle Canesse, chercheuse spécialiste de la Tunisie au sein du CNRS.

Bras de fer avec Ennahdha: « un coup d’État  »?

Ces mesures, qui devraient être publiées sous forme de décret, ont cependant aussitôt provoqué la colère du parti parlementaire Ennahdha . Le parti proche des islamistes, Ennahdha, en effet, ne mâche pas ses mots après les annonces présidentielles. « Ce qu’a fait Saïed est un coup d’Etat que les militants du parti Ennahdha et le peuple tunisien sauront combattre », a assuré sur Facebook, selon des propos rapportés par le quotidien La Presse de Tunisie, le président du Parlement, Rached Ghannouchi. Il reproche d'ailleurs à Kais Saied de ne pas l'avoir consulté avant de prendre une telle décision, contrairement à ce que prévoit l'article 80 de la Constitution.

Dès lundi matin, des affrontements ont éclaté devant le Parlement tunisien entre des partisans du président et ceux de la formation d’inspiration islamiste. Rached Ghannouchi a débuté un sit-in devant la chambre lundi matin, en compagnie de sa vice-présidente, et de plusieurs autres députés du parti Ennahdha, précise La Presse de Tunisie. Ils voulaient pénétrer dans le Parlement, mais en ont été empêchés par l'armée, déployée sur site.

Une condition n' a pas été respectée

Les pleins pouvoirs peuvent être accordés au président après consultation du chef du gouvernement, du président de l’Assemblée des représentants du peuple et après avoir informé la Cour constitutionnelle. Une condition qui n’a pas été respectée, note l’universitaire. Et pour cause : aucun dirigeant n’a été informé. Surtout, « la Cour constitutionnelle n’a toujours pas été créée », rappelle-t-elle. « Si on ne peut pas parler directement de Coup d’État, ces décisions n’envoient pas de signaux très positifs pour la démocratie », glisse-t-elle.

Une jeune démocratie qui se cherche

En activant l'article 80 de la Constitution, Kais Saied veut mettre fin à l'instabilité dans le pays et au blocage politique permanent. Les désaccords entre président de la République et président du Parlement paralysaient la gestion du pays et les pouvoirs publics. Le Premier ministre, Hichem Mechichi, n'a été nommé qu'en septembre 2020. Il s'agissait alors du troisième chef du gouvernement en moins d'un an.

Si l'élection présidentielle de 2019 voit s'imposer Kaïs Saïed, un candidat indépendant, et plutôt progressiste, élu avec plus de 72% des voix, les élections législatives ne permettent pas de constituer une majorité absolue. «  C'est cette absence de majorité politique claire qui a nourri le blocage institutionnel », explique Béligh Nabli, chercheur associé au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences Po.

« L'enjeu est véritablement de savoir qui exerce effectivement le pouvoir au sein d'un régime dont la nature est assez complexe notamment parce que la Constitution est récente, la démocratie jeune », poursuit Béligh Nabli.

En effet, le régime tunisien actuel n'est en place que depuis 2011 après que l'ex-président autocrate Ben Ali a été chassé du pouvoir lors de la révolution de Jasmin. La Constitution en vigueur est encore plus récente, adoptée en 2014. Elle prévoit un système parlementaire mixte, dans lequel le président de la République n'a que des prérogatives limitées, principalement dans les domaines de la diplomatie et de la sécurité. Ce coup de théâtre ébranle donc la jeune démocratie tunisienne. Avec cet événement, la jeune démocratie se cherche, « pour savoir si le régime politique tunisien est plutôt présidentiel ou parlementaire », analyse Béligh Nabli.

La crise politique, conséquence de la crise sanitaire

Les décisions de Kaïs Saïed surviennent après des manifestations de grande ampleur qui ont émaillé le pays dimanche, jour de la fête de la République. Dimanche, des Tunisiens exaspérés par les luttes de pouvoir et la gestion contestée de la crise sociale et sanitaire par le gouvernement, sont sortis dans la rue en dépit du couvre-feu à Tunis et dans plusieurs autres villes. Des locaux et symboles du parti Ennahdha ont été pris pour cible par les manifestants.

La grogne est aussi liée au manque d'anticipation et de coordination de l'exécutif face à la crise sanitaire, laissant la Tunisie à court d'oxygène.

Le pays, qui, en 2020, comptabilisait très peu de cas de Covid-19, enregistre aujourd’hui le taux de mortalité le plus élevé en Afrique et dans le monde arabe, selon l’Organisation mondiale de la santé. Avec près de 18 000 morts pour 12 millions d'habitants , la pandémie entraîne 150 à 200 décès par jour et asphyxie un système de santé déjà fragile. Si bien que les dons internationaux se sont multipliés ces derniers jours. Le pays a notamment connu trois ministres de la Santé différents depuis le début de la crise sanitaire.

Autant de difficultés que le président Kaïs Saïd entend désormais affronter, en se posant comme l’unique garant du pouvoir exécutif.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

COVID UNE FLAMBEE DES CAS TRES INQUIETANTE

 EN AFRIQUE

La trajectoire des cas de Covid en Afrique est « très, très inquiétante », a estimé vendredi le responsable des situations d’urgence à l’OMS, avec la diffusion de variants plus contagieux et un taux de vaccination dangereusement bas.

Selon les données collectées par l’OMS, il y a eu en Afrique 116 500 infections nouvelles lors de la semaine arrêtée au 13 juin, soit 25 500 de plus que la semaine précédente.

Le docteur Ryan a souligné que vu dans son ensemble le continent ne semblait pas si mal loti, ne comptant que pour un peu plus de 5 % des nouveaux cas enregistrés dans le monde la semaine dernière et pour 2,2 % des décès. Mais dans certains pays les infections ont doublé et elles s’affichent en hausse de plus de 50 % dans d’autres.La troisième vague des cas de Covid-19 « s’amplifie et s’accélère » en Afrique avec les variants, avait déjà alerté jeudi le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le continent, en réclamant une augmentation de l’approvisionnement en vaccins.

Impact plus fort

Comme le Dr Matshidiso Moeti, directrice de l’OMS pour l’Afrique, le docteur Ryan a souligné que le continent est beaucoup plus vulnérable parce qu’il a reçu si peu de vaccins anti-Covid, quand l’Europe ou les États-Unis ont des taux de vaccinations qui leur permettent de revenir à une vie plus normale avec une baisse spectaculaire des infections et des décès.

1% de vaccinés

« La réalité crue c’est que dans une zone avec de multiples variants plus contagieux et qui ont potentiellement un impact plus fort, nous avons laissé de larges parts de la population et les populations vulnérables en Afrique privées de la protection des vaccins, alors que les systèmes de santé sont déjà fragiles », s’est indigné le docteur Ryan. « C’est le résultat d’une distribution inique des vaccins ».

C’est particulièrement vrai pour l’Afrique où seulement 1 % de la population est pleinement vaccinée. L’Afrique avait jusque-là été frappée moins durement par la pandémie que d’autres régions mais cela ne veut pas dire que cela restera le cas.

« Il est totalement prématuré de penser que la prochaine vague en Afrique sera juste une courte pluie et pas une tempête », a dit le médecin. « Je pense qu’il nous faut prendre ce qui se passe en Afrique très, très au sérieux ».




Carl Delsey pour DayNewsWorld

HISTOIRE D'AMITIE FRANCO-TCHADIENNE

EMMANUEL MACRON AUX OBSEQUES

DU PRESIDENT IDRISS DEBY

L’image aura beau faire très « Françafrique », comme le souligne le Parisien, Emmanuel Macron assistera ce vendredi matin à N’Djamena, avec le ministre du Quai d’Orsay Jean-Yves Le Drian, aux obsèques du « maréchal du Tchad », le président Idriss Déby Itno, tué au combat contre les rebelles du Fact au nord du pays , alors sur les lieux des combats pour commander les forces armées. « Idriss Déby, un « guerrier » avait vaincu avec ses pick-up Toyota la puissante armée du colonel libyen Kadhafi, et renversé l’incontrôlable président Hissène Habré. Aucun président français de la Ve n’a jamais manqué à cet allié essentiel en Afrique ».

Ce militaire de carrière venait tout juste d'être réélu pour un sixième mandat à la tête du Tchad lors de la présidentielle du 11 avril. Il avait reçu 79,32% des voix selon les résultats officiels provisoires dévoilés le 19 avril, alors que sa blessure n'avait pas encore été rendue publique. Un plébiscite, alors que près de 65% des électeurs s'étaient déplacés aux urnes.

Une opération à la frontière avec la Libye

Idriss Déby a été grièvement blessé en allant diriger lui-même, à 68 ans, les combats de son armée dans le nord du pays contre une colonne de rebelles infiltrés, comme souvent, depuis la Libye, à plusieurs centaines de kilomètres de N'Djamena. C'est là qu'il a été victime de tirs, plus tôt dans le week-end. « Il a pris la tête des opérations lors du combat héroïque mené contre les hordes terroristes venus de la Libye. Il a été blessé au cours des accrochages et a rendu l'âme une fois rapatrié à N'Djamena », a détaillé à la télévision d'Etat le porte-parole de l'armée, le général Azem Bermandoa Agouna. Le 19 avril, les forces tchadiennes avaient affirmé avoir tué 300 rebelles dans les combats à la frontière. Cinq militaires y avaient perdu la vie.

Une transition assurée par son fils

Après la mort du président tchadien Idriss Déby Itno, qui a dirigé pendant 30 ans son pays d'une main de fer, son fils le général Mahamat Idriss Déby est le nouvel homme fort du Tchad: il prend la tête d'une junte militaire et concentre tous les pouvoirs. Mahamat Idriss Déby, jeune général de l'armée tchadienne âgé de 37 ans, a dissous l'Assemblée nationale et le gouvernement. Il occupe désormais les fonctions de « président de la République, de chef de l'État et de chef suprême des Armées » selon la charte de transition. Ce général quatre étoiles de 37 ans, qui a fait ses preuves à la tête du contingent tchadien déployé en 2013 au Mali pour épauler l’intervention militaire française « Serval », avait été nommé par son père à la tête de la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’Etat (DGSSIE), héritière de la garde présidentielle, corps d’élite le mieux équipé et le mieux organisé de l’armée tchadienne.

« Cela traduit tout de même une certaine continuité, puisque c'est un dirigeant militaire qui succède à un autre militaire, qui plus est de la même famille », réagit Caroline Roussy, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Et de continuer : « Que s'est-il vraiment passé ? On a très peu d'éléments sur les circonstances de sa mort. La transition a été réglée de manière extrêmement rapide, en même temps que l'annonce de sa mort. On peut se poser des questions.. »

Pour de nombreux opposants qui ont toujours été réprimés par le régime d'Idriss Déby, cette prise de pouvoir n'est cependant rien d'autre qu'un « coup d'État ».

« Un coup d'Etat institutionnel » pour l'opposition

Des voix s’élèvent déjà des rangs de l’opposition mais aussi de l’armée pour demander l’organisation d’un dialogue national et inclusif.

Une trentaine de partis d'opposition tchadiens ont dénoncé mercredi « un coup d'Etat institutionnel », et ont appelé « à l'instauration d'une transition dirigée par les civils (...) à travers un dialogue inclusif ». L'opposition a aussi appelé à « ne pas obéir aux décisions illégales, illégitimes et irrégulières prises par le Comité Militaire de Transition, notamment la charte de la transition et le couvre-feu ».

Les menaces pèsent donc de toutes parts sur le nouvel homme fort du régime. Un Zaghawa, comme son père. Un militaire de carrière, comme son père. Jeune, certes. Mais Idriss Déby était lui-même arrivé au pouvoir à 38 ans, à la tête d'une rébellion.

Avec la mort du président tchadien Idriss Déby Itno, mardi, la France perd un pilier de la lutte antiterroriste au Sahel. Alors que le Tchad est le plus grand contributeur de la force allié G5-Sahel, les spécialistes craignent que ses engagements militaires soient remis en question au moment où Paris envisage de réduire progressivement son empreinte militaire dans la région.

« La France perd un allié essentiel ».

C'est avec ces mots que la ministre française des Armées, Florence Parly, a réagi à la mort du président tchadien, Idriss Déby Itno, mardi 20 avril.

L'homme, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant trente ans, était un partenaire solide des Occidentaux, Paris en tête, dans la lutte contre le jihadisme au Sahel. La coopération militaire entre la France et le Tchad est ancienne. L'armée française y est présente de manière quasi permanente depuis l'indépendance du pays, en 1960.

L’avenir de l’opération Barkhane en jeu

Le Tchad est ainsi le premier pays à soutenir la France au Sahel pour l’opération « Serval », lancée la même année pour stopper la progression des groupes jihadistes vers le sud du Mali, devenue ensuite « Barkhane ».Une déstabilisation du pays, dangereuse pour la région, serait un scénario cauchemar pour la France aussi. L’avenir de l’opération Barkhane, dont le PC est installé à N’Djamena, serait en jeu. Au début de l’année, le Tchad a envoyé un bataillon de 1200 soldats très aguerris aux côtés de la force Barkhane contre les djihadistes dans la région des « trois frontières » (Mali-Niger-Burkina Faso).

« Le Tchad est donc un verrou stratégique entre des zones très instables, la Libye, le Soudan, la Centrafrique, le Sahel, Boko Haram, etc., énumère un militaire proche du dossier. Idriss Déby s’est toujours engagé personnellement et activement face à ces crises ».

« Un verrou stratégique entre des zones très instables »

Le Tchad est aussi l'un des piliers de la force conjointe du G5-Sahel – aussi composée de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso et du Niger –, une coalition militaire qui appuie les militaires français depuis 2017. À lui seul, le pays fournit près d'un tiers des forces armées, 1 850 soldats sur les 6 000 déployés. Il est aussi le seul pays du G5 Sahel à avoir déployé un bataillon en dehors de ses frontières nationales, au Niger, dans la région dite des  « trois frontières »réputée pour servir de refuge aux groupes jihadistes sahéliens. Outre son implication au sein du G5-Sahel, le pays fournit le deuxième plus gros contingent au sein de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma). L'armée tchadienne une force moteur contre la menace djihadiste

Idriss Déby avait fait de l’armée tchadienne une force moteur contre la menace djihadiste dans la région du Sahel et du lac Tchad. Et pour le Nigeria, géant de 200 millions d’habitants, sa mort pourrait avoir de lourdes conséquences dans la lutte contre Boko Haram et contre le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Si le Tchad sombre dans le chaos, ça aura des conséquences directes sur le Nigeria et le Niger. » Le Tchad sous Déby a été un rempart contre l’afflux de terroristes venant du Sahel vers la région du lac Tchad. Une période d’incertitude inquiétante s’ouvre avec la disparition subite d'Idriss Déby.

« Une période de flottement »

Or, ces engagements militaires tous azimuts pourraient être remis en question avec la mort du président Déby, notent les experts. La mort du président tchadien risque « d'introduire du flottement », confie Yvan Guichaoua, chercheur à l'université de Kent.

La succession à la tête du pouvoir au Tchad et la lutte contre les rebelles issus du nord auront également un impact direct sur la sécurité dans la région du lac Tchad. « Il est presque certain que nous allons assister à une bataille de succession » à N’Djamena, note le cabinet de conseil en risques nigérian SBM Intelligence dans un rapport publié cette semaine : « Cela signifie que les insurgés auront tout loisir de consolider leur base sur le lac et pourront se déplacer dans la zone pour attaquer l’armée nigériane.

La stabilité du pays menacée

Mardi, le CMT s’est bien engagé à organiser des élections « libres et démocratiques », mais à l’issue d’une « période de transition » de dix-huit mois. Ce conseil réunit, outre Mahamat Déby Itno, le socle de l’ancien système soit quinze généraux en tout. Intervenant à la télévision d’Etat, le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, a promis que « de nouvelles institutions républicaines seront mises en place à l’issue de la transition par l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes ».

Le nouvel homme fort du Tchad aura-t-il le loisir de mener jusqu’au bout cette transition ? Comment parviendra-t-il à maintenir l’unité d’un système qui se fissurait déjà malgré l’autorité et le charisme de son père ? La résurgence de rébellions anciennes et l’apparition de nouveaux groupes menacent en effet la stabilité du pays.

D'autant que le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (le FACT), après avoir annoncé la veille que ses hommes avaient opéré un repli tactique, le chef de la rébellion Mahamat Mahdi Ali a annoncé qu'il marchait sur la capitale.

 " Si l’ordre constitutionnel avait été respecté, nous nous serions arrêtés et aurions été prêts à discuter.

Mais là, toutes les institutions ont été dissoutes et nous ne reconnaissons pas le conseil militaire qui a été mis en place. Une succession assurée par le fils de Déby, c’est bonnet blanc et blanc bonnet ".




Garett Skyport pour DayNewsWorld

 EN JORDANIE VAGUE D'ARRESTATIONS

SUR FOND DE LUTTE DE POUVOIR

Selon le « Washington Post », le prince Hamza a été assigné à résidence après la découverte d'un « complot complexe et de grande envergure » contre le roi Abdallah II.

Ce complot « comprenait au moins un autre membre de la famille royale ainsi que des chefs tribaux et des membres de la direction de la sécurité du pays », a ajouté le quotidien américain en citant un haut responsable d’un service de renseignement du Moyen-Orient.

Dans un communiqué, le chef d’état-major jordanien, le général Youssef Huneiti, avait précisé que le prince Hamza avait été « appelé à arrêter des activités qui pourraient être utilisées pour porter atteinte à la stabilité et la sécurité du royaume » mais avait démenti son arrestation.

L’agence de presse officielle Petra a déclaré que les autorités avaient arrêté un ancien conseiller du roi, Bassem Awadallah, et un nombre indéterminé d’autres personnes pour « des raisons de sécurité ». « Personne n’est au-dessus de la loi. La sécurité et la stabilité de la Jordanie passent avant tout », écrivait le général Huneiti dans le communiqué. « Toutes les mesures qui ont été prises l’ont été dans le cadre de la loi et après une enquête approfondie », a-t-il ajouté.

Une « calomnie »

L’ancien prince héritier et demi-frère du roi Abdallah II de Jordanie, le prince Hamza Ben Hussein, a annoncé avoir été « assigné à résidence » dans son palais d’Amman, après avoir été accusé par l’armée d’activités contre « la sécurité du royaume ».

Dans une vidéo transmise à la BBC par son avocat, le prince Hamza a nié avoir pris part à un complot et a accusé les autorités de son pays de « corruption » et d’« incompétence ». Sa mère, la reine Noor, quatrième et dernière épouse de l’ancien roi Hussein, mort en 1999, a dénoncé sur Twitter, dimanche, une « calomnie » et affirmé « prier pour que la vérité et la justice l’emportent pour toutes les victimes innocentes » de ces arrestations.

« Je ne fais partie d’aucun complot ni d’aucune organisation malfaisante », s’est défendu le prince dans la vidéo, regrettant qu’il ne soit plus possible, selon lui, d’exprimer son opinion ou de critiquer les autorités « sans être intimidé, harcelé ou menacé ». Le pouvoir jordanien pense que « ses intérêts personnels, ses intérêts financiers, sa corruption est plus importante que la vie, la dignité et l’avenir des dix millions de personnes qui vivent ici », a encore accusé le prince Hamza.

Dépouillé de son titre

Hamza est le fils aîné du roi Hussein et de son épouse américaine, la reine Noor, née Lisa Halaby. Conformément au souhait de son père, mort en 1999, il avait été nommé prince héritier lorsque Abdallah était devenu roi. Mais en 2004, Abdallah l’avait dépouillé du titre et l’avait donné à son fils aîné Hussein.

Deux alliés de la Jordanie ont vite apporté leur soutien, samedi, au roi Abdallah II.

« Le roi Abdallah est un partenaire-clé des Etats-Unis, et il a tout notre soutien », a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price. En Arabie saoudite, le palais royal a également fait part dans un tweet de « son appui total (…) aux décisions et mesures prises par le roi Abdallah II et le prince héritier Hussein pour sauvegarder la sécurité et la stabilité » dans le pays.

Le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman, autres membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont apporté leur soutien dans des termes très similaires. Les riches pays du Golfe sont d’importants partenaires de la Jordanie qui dépend grandement de l’aide internationale. Par ailleurs, l’Egypte a exprimé sa « solidarité totale et son soutien au royaume jordanien hachémite représenté par sa majesté Abdallah II », selon le porte-parole de la présidence, Bassem Rady.

L’assignation à résidence du prince et les arrestations surviennent à quelques jours de la célébration du centenaire du royaume.

Le 11 avril 1921, le roi Abdallah, dirigeant du nouvel Etat de Transjordanie, avait formé son premier gouvernement, après la création de l’émirat en mars 1921, aux côtés de la Palestine pendant le mandat britannique.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

TERRORISME AU MOZAMBIQUE

  PALMA TOMBEE AUX MAINS DES DJIHADISTES

La petite ville de Palma, dans le Nord, est tombée aux mains des djihadistes du groupe Al-Shebab, après plusieurs jours d’affrontements avec l’armée.

Depuis samedi, l'extrême nord du Mozambique a basculé.

La ville portuaire de Palma est tombée aux mains d'un groupe djihadiste connu sous le nom de Ahlu Sunna wal Jamaa, ou

« Al-Shebab » ( c'est-à-dire « les jeunes » en arabe).

Cela fait trois ans que cette guérilla djihadiste met sous pression cette région frontalière avec la Tanzanie avec une montée en puissance.

Depuis août 2020, elle contrôle déjà le port stratégique de Mocimboa da Praia, crucial pour l'arrivée du matériel nécessaire aux installations gazières et qui n'a jamais été repris par les militaires mozambicains en dépit de plusieurs tentatives, ces djihadistes sont désormais maîtres d'une bonne partie de la zone côtière.

Violence inouïe et décapitations

L’attaque contre Palma cette ville du bord de l’océan Indien avait débuté mercredi 24 mars 2021. Mercredi, les groupes armés ont lancé une attaque d'envergure contre Palma, simultanément sur trois fronts, le jour même où Total annonçait la reprise des travaux du site d'exploitation gazière, censé être opérationnel en 2024. La ville est tombée entre leurs mains samedi, après trois jours de combats. Le nombre de victimes parmi les civils et les combattants reste inconnu.

Lundi 29 mars au matin, la ville de Palma était toujours plongée dans la violence de l' attaque des militants du groupe djihadiste Ahlu Sunna wal Jamaa, appelés « Al-Chabab ». Au soir du sixième jour de cette attaque, dimanche, le bilan devait déjà se monter à « plusieurs dizaines de victimes », selon un porte-parole de l’armée mozambicaine. Des témoins ont raconté à l'ONG Human Rights Watch qu'ils ont tiré « tous azimuts sur les gens et les bâtiments », laissant une traînée de corps dans les rues.

Un bilan incertain, des milliers d'habitants en fuite

Ce lundi 29 mars, plusieurs agences de l'ONU se sont réunies dans la matinée pour coordonner leurs efforts et organiser le transport vers des zones sûres de milliers de civils ayant fui la ville pour se réfugier dans les forêts et plages environnantes. Mais aussi, en masse, vers le site gazier piloté par Total. Selon une source participant aux opérations d'évacuation, il y aurait entre 6 000 et 10 000 personnes réfugiées à l'intérieur du site ou demandant à l'être, une situation compliquée à gérer d'autant que les travaux de la construction du site gazier, censé être opérationnel en 2024, sont à l'arrêt depuis plusieurs mois.

Les Shebabs terrorisent le nord du Mozambique

Tout a commencé en octobre 2017. Ce jour-là, une trentaine d'hommes armés lancent un raid à l'aube contre trois postes de police à Mocimboa da Praia, ville portuaire de la province de Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie, et à majorité musulmane. C'est le début d'une sanglante guérilla djihadiste qui continue à ravager la province, forçant à ce jour plus de 670 000 personnes à quitter leur foyer, selon l'ONU, et faisant au moins 2 600 morts, dont plus de la moitié de civils, selon l'ONG Acled.

Le mouvement serait né vers 2007, autour d'un groupe baptisé Ansaru-Sunna, qui construit de nouvelles mosquées adoptant un islam rigoriste, selon Éric Morier-Genoud, professeur d'histoire africaine à Belfast. Les autorités locales sous-estiment alors leur capacité de nuisance, qui se nourrit aussi des déçus de l'exportation gazière offshore, qui avant même d'avoir commencé, chasse des habitants de leurs villages et de leurs zones de pêche.Aujourd'hui, la péninsule d'Afungi, centre névralgique des installations gazières représentent l'un des plus gros investissements en Afrique auquel participe notamment le groupe français Total.

Les dirigeants de ces rebelles, surnommés localement « al-shebab », restent un mystère. Mais ils ont fait allégeance au groupe État islamique en 2019. Ils ont incendié de nombreux villages, après les avoir pillés, et pratiquent la décapitation à grande échelle pour terroriser la population. Ils enlèvent aussi jeunes gens et femmes pour grossir leurs rangs. Ils contrôlent une bonne partie de la zone côtière, y compris le port de Mocimboa da Praia, pris en août 2020.

Une armée débordée

Faiblement équipée et peu entraînée, l'armée a d'abord semblé dépassée, dans ce pays d'Afrique australe indépendant du Portugal depuis 1975. Le Mozambique a réussi sa transition démocratique il y a près de 30 ans, à l'issue d'une longue et sanglante guerre civile qui a duré une quinzaine d'années et fait un million de morts, jusqu'à un accord de paix en 1992.

Des milliers de soldats ont été déployés, aboutissant à une accalmie ces derniers mois, mais aussi à la préparation de nouvelles attaques. Les militaires sont « faiblement équipés », commentait Sergio Chichava, de l'université Eduardo Mondlane, à Maputo, et ils s'appuient sur « des armes d'un autre âge ». Washington a annoncé mi-mars l'envoi de forces spéciales américaines pour deux mois de formation. Les autorités ont fait appel à une société militaire privée sud-africaine, Dyck Advisory Group (DAG), pour appuyer les forces de sécurité mozambicaines, qui seraient aussi discrètement épaulées par des mercenaires russes, selon des observateurs.

L'organisation État islamique a revendiqué lundi 29 mars, par le biais de son agence de propagande, l'attaque des derniers jours contre la ville de Palma, dans le nord du Mozambique, a annoncé le service de surveillance des sites Internet islamistes Site.

La prise de la ville de Palma par des terroristes islamistes samedi démontre l'ampleur des défis sécuritaires qui attendent le Mozambique.




Alize Marion pour DayNewsWorld