Les vénérables Ralambo, Andrianampoinimerina, Radama, Ranavalona et tous les autres souverains historiques de la belle île de Madagascar doivent aujourd’hui se retourner dans leurs tombeaux…
Qu’est devenue en moins de quatre ans la patrie du Fihavanana, ce Tanindrazanay Malala ô de l’hymne national, si cher aux vrais patriotes Malagasy ?
A la faveur d’une grave crise politique ayant forcé le Président Marc Ravalomanana et sa famille à l’exil en Afrique du Sud, Andry Nirina Rajoelina, alors maire d’Antananarivo se voit confier le 17 mars 2009 la Présidence de la Haute Autorité de la Transition (HAT). L’espoir suscité au sein de la population est à la hauteur de ses immenses besoins et souffrances.
Quatre ans plus tard, sa déception et son dégoût sont à la hauteur de cet immense espoir trahi.
Après de multiples tergiversations et péripéties confinant au ridicule, une élection présidentielle devrait finalement avoir lieu, avec un premier tour prévu le 25 octobre 2013 et un second tour le 20 décembre 2013.
Entre temps, ces quatre années ont vu le taux de pauvreté exploser pour frapper 92% de la population et le pays dégringoler au 145ème rang mondial en termes d’indice de développement humain, derrière même Haïti.
Parallèlement à cette misère qui dévore la nation Malagasy, des richesses colossales se sont construites à une vitesse fulgurante, qui par la corruption, qui par l’exploitation illicite des ressources naturelles, qui par l’obtention et l’attribution de marchés faramineux dans des conditions plus que douteuses, qui par une combinaison savamment dosée de toute une série de délits, d’abus et de malversations.
La question est maintenant de savoir si le petit nombre qui a si bien su tirer parti de ce système (au détriment de 22 million de leurs concitoyens) ne voudra ou ne pourra pas maintenir cette donne au-delà des élections.
Certains événements récents et hypothèses réalistes peuvent peut-être nous éclairer…
Deux fourgons transportant des billets de banque neufs pour un montant présumé de 232 milliards d’Ariary ont « disparu ». L’annonce en a été faite le 17 septembre 2013, mais la date exacte de la disparition reste à déterminer
Cet incident n’a fait l’objet que de quelques titres dans les journaux et de trop rares commentaires sur les réseaux sociaux.
Mais où va-t-on ?
C’est de l’argent de la Nation Malagasy dont il s’agit !
Du patrimoine de tout un peuple dont on se moque !
Regardons-y de plus près : Les fourgons disparus appartiennent à la Brinks, célèbre enseigne internationale de transport de fonds. Or Brinks Madagascar compte parmi ses actionnaires principaux des noms familiers de la sphère économico-politique : MM. Mamy Ravatomanga et Ylias Akbaraly.
Messieurs, où sont vos dépôts de plainte après cette disparition rocambolesque ? Où en est l’enquête ?
Comment imaginer qu’une société respectée et professionnelle comme la Brinks n’ait pas équipé ses véhicules de balises de tracking GPS ?
Ils en ont tous normalement ! Quelle action a été lancée par le Ministère des Finances et du Budget pour récupérer l’argent disparu ?
Il est impossible que ces véhicules ou que ces fonds n’aient pas laissé de trace et vos silences à tous sonnent comme une insulte au peuple Malagasy qui croupit dans la misère ! De qui se moque-t-on ?
De la même veine : à l’instar de ces deux « étoiles » au firmament des fortunes amassées et consolidées durant la transitions, deux « étoiles » de la politique caracolent en tête, non des sondages, mais des budgets de campagne faramineux l’un avec dit-on 50 millions de dollars lui donnant l’arrogance de prétendre l’emporter au premier tour, l’autre avec 350 véhicules 4x4 flambant neufs à 30.000 euros l’unité, providentiellement « offerts par un ami » et assez « culotté » pour dénoncer le blocage de ce pactole au cours d’une conférence de presse sans même prendre la peine de justifier plus clairement sa provenance exacte…
De qui se moque-t-on ?
Mai ce Hery vaovao (nouveau) n’a rien de nouveau car cela fait 4 ans qu’il occupe le poste de Ministre des Finances et du Budget, tout en étant PCA d’Air Madagascar et à la tête d’un cabinet d’audit au service de très nombreuses sociétés de la place (n’y voyez aucun conflit d’intérêt ! Circulez, il n’y a rien à voir !). Quatre ans qu’il ne peut connaître que dans le détail les manigances financières de la HAT et y participe. Rien de vaovao dans tout cela…
De qui se moque-t-il ?
Les clips servis à volonté dans les médias montrent que le Candidat Hery Rajaonarimampianina mène campagne tambour battant à force de déplacements par avion dans tout le pays. Les initiés remarquerons que les principaux avions utilisés sont frappés du logo du Groupe Sipromad (Ylias Akbaraly) lorsqu’il ne s’agit pas du Falcon de Mamy Ravatomanga. Tiens, encore eux !
Et que lorsque la piste utilisée ne peut accueillit ni les avions de l’un, ni celui de l’autre, c’est un Twin Otter d’Air Madagascar qui dépose le Candidat Vaovao à Antsirabe comme ce fut le cas le weekend du 28-29 septembre dernier. Pratique lorsqu’on est encore PCA (non démissionnaire) d’Air Madagascar, compagnie nationale qui n’en finit pas de dévisser dans un gouffre financier… De qui se moque-t-il ?
Et si le lien entre ces hommes ne s’arrêtait pas là ? Et si tout cela faisait partie d’une image globale, d’un plan échafaudé pour spolier les Malagasy non seulement de leur patrimoine mais également de leur avenir ?
Et si Hery Rajaonarimampianina qui est de plus en plus clairement perçu, non seulement localement mais aussi par la communauté internationale comme le candidat du camp TGV ne s’était aligné dans la course que pour perpétuer le système, à l’instar de tout ce qu’il a couvert durant 4 ans de transition ?
Andry Rajoelina a qualifié le bradage de la BNI, fleuron bancaire Malagasy de transaction privée… Dont l’Etat détient tout de même un peu plus de 30% du capital. Et qui a signé à la place du Gouverneur de la Banque Centrale ? Hery Rajaonarimampianina, Ministre des Finances et du Budget ! Voilà l’Etat Malagasy spolié et deux hommes encore pour se couvrir l’un l’autre… De qui se moque-t-on ?
Quant au nouveau concessionnaire de 4x4, c’est également lui alors Premier Ministre de Rajoelina qui par Note de Service autorise la vente de bois de rose. Et Rajoelina de récemment dénoncer le blocage de la vente des stocks de bois saisis… Deux hommes qui se tiennent encore… De qui se moque-t-on ?
Et si finalement Rajoelina était l’homme de paille d’Akbaraly et de Ravatomanga en 2009, pourquoi ne parieraient-ils pas en 2013 sur deux hommes : Hery Rajaonarimampianina et Camille Vital ?
Deux jokers au lieu d’un seul, c’est plus sûr non ? Surtout lorsqu’il y a plus de 30 candidats en lice… Et puis un financier et un militaire… C’est encore plus sûr : tabler sur le nerf de la guerre et l’art de la guerre…
Dans ce cas, le généreux donateur des 350 véhicules 4x4 pourraient fort bien être local plutôt qu’étranger et êt

re lui-même expert en la matière car concessionnaire lui-même… Mamy Ravatomanga. Et Hyundai, cela rend le lien moins évident que si les véhicules étaient de marque Toyota.
Et une telle flotte de véhicule peut servir à soudoyer tous les chaînons de l’administration et des chambres, tout comme elle peut servir à déplacer des troupes pour un coup d’état en cas de non victoire d’un de ses hommes de paille.
Dans ce cas, nous ne saurions que conseiller Mamy Ravatomanga d’équiper tous ces 4x4 de dispositifs de tracking GPS, et si possible pas de la même marque que ceux des fourgons « disparus » de la Brinks qui ont « refusé » de fonctionner pour donner leur itinéraire et l’emplacement exact du déchargement de leur cargaison, information qui devient de plus en plus un secret de polichinelle et finira bien par être révélée en temps voulu.
Ainsi va le pays… Nos chers Mpanjaka doivent bien s’en retourner dans leurs tombeaux. |