More Articles...
There are no translations available.

LE CANAL DE SUEZ BLOQUE

PAR LE PORTE-CONTENEUR « EVER GIVEN »

L’« Ever-Given », battant pavillon panaméen, s’est mis mardi 23 mars 2021 en travers sur le canal de Suez, voie d’eau essentielle au commerce entre l’Asie et l’Europe. Le porte-conteneurs bloquait encore jeudi 25 mars 2021 au matin l’une des routes commerciales les plus empruntées au monde.Venant de Chine, le navire Ever Given faisait route vers les Pays-Bas mercredi.

L’Autorité du canal de Suez (SCA) a déclaré que le navire avait perdu le contrôle à cause de vents violents atteignant 74 km/h et d’une tempête de sable, courante en Egypte à cette époque de l’année.Selon Bernhard Schulte Shipmanagement (BSM), la compagnie basée à Singapour qui assure la gestion technique du navire, les 25 membres d’équipage sont sains et saufs. Aucune pollution ni dommage sur la cargaison du navire n’ont été signalés.

Et l’opération de déblocage pourrait prendre des semaines.

La société japonaise Shoei Kisen Kaisha, propriétaire du porte-conteneurs, a annoncé ce jeudi qu’elle travaillait avec les autorités du canal pour la remise à flot, mais que l’opération était « extrêmement difficile ». . Selon son exploitant, la compagnie de transport taïwanaise Evergreen Marine Corp, L’Ever-Given, qui se rendait de Yantian, en Chine, à Rotterdam, est un des géants des mers, avec ses 400 mètres de longueur, haut comme un immeuble de 20 étages, et une largeur de 59 mètres transportant quelque 22 000 containers de 20 pieds. Certains experts pensent qu’il faudra décharger les 20.000 conteneurs qu’il transporte pour pouvoir débloquer le navire.

Huit remorqueurs sont engagés dans la course contre la montre pour déplacer le navire de 400 mètres de long, explique le Guardian. Des dragues nettoient le sable et la boue autour du navire, a déclaré Bernhard Schulte Shipmanagement, directeur technique de l’Ever Given. Des creuseurs sur la berge ont également creusé la partie avant.

Le canal de Suez dans le commerce maritime

Inauguré en 1869, le canal a depuis connu plusieurs phases d’agrandissement et de modernisation afin d’accompagner les évolutions du commerce maritime. En 2015, le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, avait inauguré un élargissement du canal moyennant 8 milliards de dollars d’investissement, faisant gagner six heures sur le temps de trajet. Trait d’union entre l’Asie et l’Europe, il permet de réduire drastiquement les distances commerciales : 6.000 km de moins entre Singapour et Rotterdam par exemple, soit une à deux semaines de temps de trajet gagné, par rapport au contournement de l’Afrique.

Dix jours supplémentaires

La seule possibilité pour relier l’Europe à l’Asie ou au Moyen-Orient consiste à mettre le cap vers Bonne-Espérance, à la pointe sud de l’Afrique, soit un détour d’environ 9 000 km et une dizaine de jours de voyage supplémentaires. Le blocage du canal de Suez risque de ralentir un commerce maritime déjà en sous-capacité pour répondre à la demande, avec des prix du fret qui ont été multipliés par 6 ou 8 en quelques mois. Ce point de passage stratégique concentre à lui seul entre 10 % et 12 % du volume du commerce mondial chaque année, un chiffre qui suit la hausse des échanges commerciaux entre l’Asie et l’Europe. En 2019, environ 50 navires par jour sont passés par cette voie, représentant près d’un tiers du trafic mondial de porte-conteneurs.

Selon les décomptes de l’agence Clipper Data, plus de 70 navires attendaient mercredi soir de pouvoir passer par le canal de 193 kilomètres de long qui relie la mer Rouge à la mer Méditerranée. Ils seraient 165 selon la revue Lloyd’s List, spécialisée dans le transport maritime.

Les cours du pétrole ont bondi de presque 6 % dans la seule journée de mercredi, portés par les craintes sur l’approvisionnement en or noir. Selon une note de l’agence américaine de l’énergie datant de juillet 2019, 9 % des produits pétroliers transportés en mer transitent par le canal de Suez et l’oléoduc Sumed, situé à proximité

.« Le canal de Suez prend de l’importance pour le transport de produits pétroliers depuis la Russie et les Etats-Unis vers l’Asie », notait l’agence gouvernementale américaine en 2019.




Paul Emison pour DayNewsWorld
There are no translations available.

LE SENEGAL UN PAYS SOUS TENSION

Ousmane Sonko, dont l’arrestation et l’inculpation avaient mis le feu aux poudres, a été placé lundi sous contrôle judiciaire et remis en liberté.

Mais le principal opposant au président Macky Sall est toujours sous le coup d’une accusation de viols qu’il dément, accusant à son tour le pouvoir de vouloir l’empêcher de se représenter à la présidentielle de 2024.

La justice sénégalaise a donc lâché du lest en libérant sous caution Ousmane Sonko, le principal opposant au président Macky Sall.

Mais le pays reste sous tension.

Scènes de guérilla urbaine dans de nombreux quartiers de Dakar mais aussi dans d’autres villes du pays, sièges de médias accusés de proximité avec le pouvoir saccagés, magasins pillés, stations-services détruites, voitures calcinées depuis plusieurs jours… L’expression inouïe d’une violence si rare habituellement révèle de multiples malaises dans un pays habituellement considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest.

Depuis des mois, il y a un ras-le-bol généralisé dans la société sénégalaise. Le chômage des jeunes atteint des sommets, l'économie du pays a été très durement touché par le coronavirus. Les émeutes sont le résultat de toutes ces colères mises bout à bout.

Après plusieurs jours de colère violente, plusieurs morts et une mobilisation anti-régime qui dépasse l'affaire Sonko, le Mouvement de défense de la démocratie (M2D) au Sénégal appelle à suspendre les manifestations. Le mouvement regroupe des partis d’opposition, dont le Pastef d’Ousmane Sonko, ainsi que des mouvements comme Y’en a Marre.

Le M2D souhaite donc une pause avant d'en dire plus sur la suite. Un appel à suspendre les manifestations prévues jusqu’à demain. Le mouvement doit tenir une conférence de presse à 17h au siège du parti Pastef pour se prononcer sur « la suite de la lutte ».

Dans son communiqué, le mouvement ne précise pas les raisons de cet appel à suspendre la mobilisation, mais il annonce qu’il réaffirmera « ses exigences dont la libération immédiate, et sans conditions de tous les prisonniers politiques ».

Le mouvement annoncera aussi « un nouveau mot d’ordre concernant la date, le lieu et la forme des prochaines manifestations ».

C'est un nouveau développement, alors que lundi Ousmane Sonko avait appelé à poursuivre la mobilisation de manière pacifique. Dans sa déclaration, l’opposant s’en est pris au président Macky Sall, qu’il accuse d’avoir « trahi le peuple sénégalais ». Pour lui, le chef de l’État « n’est plus légitime » pour diriger le pays. « La révolution est en marche [...], la peur a changé de camp », disait-il. Et il a appelé le chef de l’État à clarifier ses intentions pour la prochaine présidentielle de 2024, à lever le doute sur une éventuelle candidature à un 3e mandat.

Un « appel au calme et à la retenue » du président Sall

Le président Macky Sall s’est, lui aussi, exprimé dans la soirée. Sa déclaration était très attendue après les troubles de ces derniers jours. Il a lancé un « appel au calme et à la retenue ». Dans un message à la Nation diffusé à la télévision nationale d’un peu plus de dix minutes, le chef de l’État a plaidé pour l’apaisement, « le dialogue et la concertation ». Il assure avoir « compris [...] les inquiétudes et préoccupations des jeunes ».

« La colère exprimée ces derniers jours est aussi liée à l’impact d’une crise économique aggravée par la pandémie de Covid-19 », a dit le chef de l’État.

Il promet une réorientation budgétaire pour répondre aux besoins de la jeunesse en matière de formation et d’emploi.




Garett Skyport pour DayNewsWorld
There are no translations available.

TROIS SOLDATS FRANCAIS TUES EN OPERATION

AU MALI

Trois soldats français ont été tués en opération au Mali lundi, alors que leur véhicule blindé a été atteint par un engin explosif dans la région de Hombori, a annoncé l'Elysée. L'explosion n'a laissé aucune chance aux soldats. Ces mines artisanales se déclenchent sous la pression d'un véhicule ou par télécommande.

Les décès de ces trois soldats appartenant au 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse (Meuse) portent à 47 le nombre de soldats français tués dans l'opération Serval.

Il s'agit du brigadier-chef Tanerii Mauri, du chasseur de 1ère classe Quentin Pauchet et du chasseur de 1ère classe Dorian Issakhanian.

Dans un communiqué, le Président de la République Emmanuel Macron a fait part de sa « très grande émotion ».ll a salué « avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires, morts pour la France dans l'accomplissement de leur mission ». Il « exprime son entière confiance aux militaires français déployés au Sahel, salue leur courage et rappelle la détermination de la France à poursuivre la lutte contre le terrorisme ».

Composée de 5100 hommes, la force Barkhane opère depuis 2014. Son objectif est de permettre aux forces armées du Sahel de faire face à la menace djihadiste.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes, qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit toujours.

Cependant les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.




Britney Delsey pour DayNewsWorld
There are no translations available.

QUEL BILAN

DIX ANS APRES LES PRINTEMPS ARABES ?

Il y a dix ans, le monde arabe allait vivre une série de révoltes populaires improbables, un puissant souffle de liberté qui dura des mois, avant des lendemains qui déchantent. Popularisés et référencés dans les livres d'histoire sous le nom de « Printemps arabes », les soulèvements de la fin d'année 2010 ont conduit à des résultats disparates, souvent décevants.

De la Tunisie au Yémen en passant par l'Égypte, la Libye ou la Syrie, les manifestations populaires, massives, ont été suivies au mieux de réformes précaires, au pire d'un retour à un ordre autoritaire, voire à d'interminables conflits armés.

Malgré ces revers, la flamme de ce mouvement pro-démocratie ne s'est pas éteinte, comme en témoigne la deuxième série de soulèvements huit ans plus tard au Soudan, en Algérie, en Irak, au Liban.

L'acte désespéré de Mohamed Bouazizi

Le 17 décembre 2010, le suicide d'un petit vendeur ambulant de Tunis déclenchait le Printemps arabe, une vague de révolte inattendue et sans précédent en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Tout commence le 17 décembre 2010, lorsqu'un jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, excédé par le harcèlement policier, s'immole par le feu devant le gouvernorat de la petite ville défavorisée de Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie.

Le geste de ce jeune diplômé n'est pas une première, mais son acte désespéré libère une rage jamais vue en Tunisie. Son sort tragique se répand sur les réseaux sociaux naissants. Mohamed Bouazizi décède de ses blessures le 4 janvier 2011, alors que la contestation contre le régime du président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis vingt-trois ans, s'est étendue comme une traînée de poudre.

Dix jours plus tard, Ben Ali devient le premier despote arabe contraint de fuir sous la pression de la rue. Exilé en Arabie saoudite, il y mourra dans l'indifférence en 2019. Dans les semaines suivant sa chute, des manifestations pro-démocratie éclatent en Égypte, en Libye, au Yémen...

À partir du 25 janvier, la rage exprimée dans les rues du Caire, la plus grande ville arabe, donne au phénomène le nom de « Printemps arabe ». Le monde regarde, interloqué, tandis que des centaines de milliers de personnes défilent pour exiger le départ du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981.

L'espoir et l'euphorie renvoyés par ces images relayées en boucle sur les chaînes d'informations chassent un temps le fatalisme de la vie politique du Moyen-Orient.

« Dégage! »

D'inspiration tunisienne, une interjection – « Dégage! » (« irhal »!) – et un slogan – « Le peuple veut la chute du régime » (« Al-chaab yourid iskat al-nidham ») – déferlent un peu partout, renforçant le sentiment d'une destinée régionale commune.

Poussées par une soudaine colère devant le chômage, la corruption, la kleptocratie, le coût de la vie, puis, s'enhardissant, l'absence de libertés personnelles et civiles, des foules immenses ont attaqué, et parfois emporté aux cris de « Dégage » et « le peuple veut la chute du régime », des pouvoirs « militaro-mafiosés ».

Ces paroles résument le puissant désir de changement et de liberté parmi des dizaines de millions d'Arabes. C'est le cri d'une génération qui ignorait jusque-là ses propres capacités. Érigé en incantation à force d'être répété, il libère un temps les peuples de leurs peurs.Un nouveau paradigme émerge au Moyen-Orient, basé sur une prise de conscience collective que les tyrans ne sont pas invincibles et que les changements peuvent venir de l'intérieur, et pas seulement du jeu géopolitique mondial.

Ce « printemps arabe », en allusion, notamment, au « printemps des peuples » européens de 1848, a obtenu en deux mois, pacifiquement et avec l'appui in extremis de l'armée, la chute des présidents Ben Ali, en Tunisie, et Hosni Moubarak , en Egypte . Puis une insurrection a suscité la répression sanglante du régime de Mouammar Kadhafi, suscitant l'intervention des armées britannique et française et l'élimination du recordman de longévité des tyrans du globe.Par effet domino, la révolte s'est propagée au Yémen, où le président Ali Abdallah Saleh est tombé fin 2011, et en Syrie.

La contestation a toutefois à peine effleuré les autres pays arabes, l'Algérie, « vaccinée » par le souvenir de la guerre civile, le Maroc ou la Jordanie, qui ont su accorder à temps des concessions politiques mineures, la Mauritanie, le Soudan, qui ont réprimé les manifestations. L'Arabie saoudite a « acheté » la contestation avec l'argent du pétrole et sauvé, manu militari, le régime de Bahreïn.

« Hiver arabe »

Mais le « Printemps » tant attendu fera long feu. Le retour de flamme a été redoutable dans les cinq pays où le « printemps » a clairement visé le renversement du régime, sans doute en raison du manque de tradition démocratique ou d' Etat de droit de la région. Sans oublier le poids des baronnies ethniques et du religieux.

Cette expression a en tout cas vite donné lieu à une expression inverse, mise en avant dans l'ouvrage de l'Américain Noah Feldman :  « Arab Winter » (« L'hiver arabe »). À l'exception de la Tunisie, le vide créé par la chute de régimes vilipendés n'a pas été comblé par les réformes démocratiques réclamées par la rue. Pire, il a parfois donné lieu à des conflits armés.

Ces printemps arabes ont abouti à une seule transition démocratique, en Tunisie ; une révolution sans transition en Libye ; un putschiste contre-révolutionnaire en Égypte ; une transition avortée au Yémen ; et une guerre civile de liquidation en Syrie.

En Égypte, l'élection en 2012 de Mohamed Morsi, un islamiste dont le programme se heurte à l'opposition farouche d'une partie des contestataires, ouvre la voie à son renversement, l'année suivante, par l'armée. Et à une répression sanglante.Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi rétablit un régime au moins aussi autoritaire que celui de Moubarak, s'érigeant en rempart contre l'islamisme sous l'œil bienveillant d'un Occident déboussolé et dépassé.

En Libye, les révolutionnaires se sont divisés en une myriade de groupes dans un pays plus que jamais fragmenté et sujet aux ingérences étrangères. Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, s'est engouffré dans un conflit civil aux ramifications régionales.

Mais la tombe du Printemps arabe restera la Syrie, où les manifestations pro-démocratie ont mué en un impitoyable conflit avec plus de 380 000 morts et des millions de déplacés. Ici, la tournure des événements et l'inaction internationale ouvrent les portes d'un autre enfer : la répression sans fin, la haine confessionnelle qui se répand, un terreau où les jihadistes de Syrie et d'ailleurs prospèrent. L'expansion des jihadistes atteint son point d'orgue avec la proclamation en 2014 par le groupe État islamique (EI) d'un « califat » à cheval entre la Syrie et l'Irak, presque aussi vaste que la Grande-Bretagne.

Implication des Occidentaux et antiterrorisme

Sont impliqués désormais à divers titres dans le conflit libyen les Occidentaux, l'Egypte, les Emirats arabes unis, la Turquie et la Russie, tandis qu'en Syrie sont intervenues militairement, plus ou moins franchement, absolument toutes les puissances régionales et les grandes puissances mondiales, sauf la Chine. Ces guerres civiles ont aussi favorisé des flux de réfugiés vers l'Europe à l'origine d'une crise migratoire depuis 2015.

De plus la violence extrême des exactions, propagées sur les réseaux sociaux, la capacité de l'EI à attirer des milliers de combattants d'Europe et d'ailleurs et les vagues d'attentats dans le monde entier ont fini d'éteindre en Occident le regard enthousiaste des débuts.

L'attention du monde se focalise sur la lutte antiterroriste plutôt que sur la fin de régimes autocratiques qui ne tardent pas opportunément à se présenter, de nouveau, comme le dernier rempart contre l'islamisme radical.

La Tunisie, « exception du phénomène régional qu'elle a engendré »

À ce titre, la « Révolution du jasmin » en Tunisie, bien que tourmentée, reste l'histoire à succès. L'effusion de sang et les profondes divisions y ont été contenues, le mouvement d'inspiration islamiste Ennahdha, principale force politique du pays, a privilégié le consensus pour mener la transition. « Contrastant avec l'échec en Égypte et le désastre en Syrie, la Tunisie apparaît comme l'exception du phénomène régional qu'elle a engendré », écrit Noah Feldman dans L'hiver arabe.

Mais, là aussi, l'histoire reste inachevée et pour les 11 millions de Tunisiens, les dividendes de la révolte ne sont pas au rendez-vous. Ben Ali est parti, le pays est resté debout, mais la situation économique, un des principaux catalyseurs de la révolte, reste médiocre

Deuxième vague de manifestations en 2018 et la belle surprise du Soudan

Depuis 2018, une deuxième vague de manifestations contre les pouvoirs en place au Soudan, en Algérie, en Irak et au Liban a ravivé les espoirs et semblé prouver la pérennité de l'esprit de 2011 au sein de la jeunesse arabe.

Certes, il a fallu presque dix ans d'infusion après le Printemps arabe, durant lequel des tentatives de contestation avaient été vite réprimées, pour que le Soudan ne renverse à son tour son dictateur, Omar el-Bechir, à la tête d'un régime islamiste depuis trente ans. Mais le résultat, après six mois de désobéissance civile ponctuée par un coup d'Etat semble, pour l'instant, à la hauteur de l'attente. Le gouvernement issu des événements du printemps 2019 mi-civil mi-militaire, assure une transition convaincante sur le plan politique, malgré quelques déceptions et manifestations. Washington a retiré, lundi, le pays de la liste de ceux soutenant le terrorisme.

Des pays, non touchés en 2011, sont loin d’avoir épuisé leurs dynamiques révolutionnaires.

La jeunesse est en effet une génération qui a vécu une expérience humaine unique, qui a appris que libertés individuelle et collective étaient étroitement liées, et revendique une souveraineté populaire.

Elle ne se laissera plus jamais faire, et même dans les pays où l’on a l’impression que plus rien ne se passe, ça bouillonne sous la chape de plomb.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

OPERATION BARKHANE

MORE THAN 50 DJIHADISTS KILLED IN MALI

A major operation has just taken place in Mali against terrorism.

As revealed on Monday by the French Minister of the Armed Forces, Florence Parly, who met in Bamako with the Malian transitional authorities, more than 50 jihadists were killed on October 30, 2020, during an operation led by the Barkhane force near the Burkinabe border.

Four jihadists were also taken prisoner and equipment and weapons were confiscated.

"This action, which is an action of opportunity, deals a significant blow to a terrorist group affiliated with Al Kaida, a katiba (fighting unit, editor's note) of Ansarul Islam, near the border with Burkina Faso", detailed the minister.

According to her, the French army spotted a large column of combatants on motorcycles, who “then grouped together and hid under the trees. Barkhane immediately started the operation ”.

This action is part of a campaign led by Operation Barkhane since the beginning of October in the so-called “three borders” area, between Mali, Niger and Burkina Faso.

Composed of 5,100 men, the Barkhane force has been operating since 2014. Its objective is to enable the armed forces of the Sahel to face the jihadist threat.




Alize Marion for DayNewsWorld