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A MADACASCAR LA JUSTICE ANNULE

UNE PARTIE DES LOIS ELECTORALES

 

La justice malgache a annulé une partie des lois électorales contestées par l'opposition qui considère qu'elles avantagent le régime.

Depuis le 21 avril, de nombreux partisans de l'opposition occupent chaque jour la place du 13-Mai, au cœur d'Antananarivo exigeant la démission du chef de l'Etat.

La crise politique a débuté en effet le 21 avril. Une manifestation de l'opposition, interdite par les autorités, avait alors dégénéré en graves affrontements avec les forces de l'ordre.

Ce face-à-face avait fait au moins deux morts et seize blessés dans les rangs des protestataires, accusant les forces de l'ordre d'avoir ouvert le feu à balles réelles. Les autorités évoquait un bilan de cinq morts.

La Haute cour constitutionnelle malgache a enfin invalidé vendredi une partie des lois électorales contestées dans la rue par l'opposition.

Celle-ci a toutefois décidé de poursuivre sa mobilisation contre le président Hery Rajaonarimampianina. Les magistrats ont jugé «non conformes» à la Constitution plusieurs dispositions des textes récemment votés par le Parlement, sur la révision des listes électorales, la durée des campagnes, l'utilisation des bulletins uniques ou les conditions nécessaires à la candidature à la présidence.

A sept mois des scrutins présidentiel et législatifs annoncés pour la fin de l'année, ils l'accusent d'avoir changé les règles du jeu électoral à son bénéfice.

Pour la députée de l'opposition Hanitriniaina Razafimanantsoa «c'est un première victoire pour le changement», mais pas question de suspendre la fronde, s'est-elle empressée d'ajouter.

«La route continue pour le changement, avec la démission du gouvernement», a lancé l'élue

De son côté, le chef du parti présidentiel HVM a entrevu dans l'arrêt de la Haute cour la fin prochaine du mouvement.

«Aucun réexamen d'article n'est exigé, il y a juste des réserves», a -t-il déclaré.

Le marasme économique qui marque le bilan du président Rajaonarimampianina s'avère violemment critiqué et le mouvement social n'est pas prêt à s'arrêter dans un pays parmi les plus pauvres de la planète.

Elu en 2013, Hery Rajaonarimampianina n'a pas encore annoncé s'il allait briguer un second mandat.

Les deux principaux chefs de l'opposition, les ex-présidents Marc Ravalomanana (2002-2009) et Andry Rajoelina (2009-2014),sont déjà prêts à se lancer dans la bataille.

Andrew Preston pour DayNewsWorld

20 MORTS LORS D'UN MARIAGE HOUTHI

OU LE DESASTRE HUMANITAIRE AU YEMEN

Comme pour nous rappeler l'évidence de la guerre et de la famine au Yémen: Un raid aérien fait au moins 20 morts lors d'un mariage selon les secouristes. Les rebelles Houthis, qui contrôlent la région, ont attribué ces frappes à la coalition sous commandement saoudien qui intervient au Yémen. Les blessés ont été admis dans un hôpital de la capitale provinciale, a indiqué dans un tweet Médecins sans frontières qui soutient cet établissement.

Le conflit, entré dans sa quatrième année, a provoqué «la plus grave crise humanitaire au monde» Les ONG sur le terrain accusent principalement Riyad du massacre en cours. Pourquoi ce silence assourdissant de la communauté internationale ?

MBS de guerre de l'Arabie Saoudite.

«Plus de vingt-deux millions de Yéménites ont désormais besoin d’une certaine forme d’aide humanitaire, dont seize millions n’ont pas accès à l’eau potable, tandis que 8,4 millions sont menacés de famine.» Trois chiffres des Nations unies intolérables.

Le pays est depuis mars 2015 en guerre sans merci entre les rebelles houthis, soutenus par Téhéran et l’autorité centrale, appuyée par une coalition militaire menée par Riyad dans l'opération «Tempête de fermeté» lancée par l’Arabie saoudite

Début avril, dix organisations humanitaires et de défense des droits de l’Homme, dont Human Rights Watch, Action contre la faim et Amnesty International, ont tiré la sonnette d’alarme : ils ont interpellé dans une lettrele président français, Emmanuel Macron pour lui demander de faire pression sur le prince hériter saoudien Mohammed ben Salmane en visite à Paris du 8 au 10 avril.

«Mettre un terme aux attaques illégales contre les civils au Yémen et de lever le blocus qui entrave l’acheminement de l’aide humanitaire» c'est une demande on ne peut plus humanitaire.

«Souvent présenté comme un réformateur, le fils du roi Salmane joue un rôle majeur, en tant que ministre de la Défense, dans la guerre conduite au Yémen», ont rappelée les ONG ;

Selon le consortium d’ONG, citant le Yemen Data Project, «le Yémen a subi plus de 16.000 raids aériens depuis mars 2015 –l’équivalent d’un bombardement toutes les quatre-vingt-dix minutes– tandis que plus d’un tiers de ces attaques ont ciblé des positions non-militaires».

«Depuis trois ans, 6.100 civils ont été tués et 9.683 blessés»

Désastre humanitaire et famine

La diphtérie est de retour et le pays a subi en 2017 la pire épidémie de choléra de l'histoire moderne. La catastrophe humanitaire est pire encore depuis le blocus des ports et des aéroports imposé par l’Arabie saoudite

Un rapport«They die of Boms, We die of need: impact of collapsing public health systems in Yemen», élaboré par l’ONG International Rescue Committee (IRC), souligne que «plus de Yéménites sont morts de privation de produits et services de base qu’en raison des combats. Le blocus de facto imposé depuis novembre dernier par Riyad a étouffé davantage un pays dont 85% des besoins de santé sont importés»

Près d’un million de cas de choléra selon l’organisation.

Selon l’IRC, un enfant yéménite de moins de cinq ans meurt ainsi «chaque dix minutes en raison de l’absence de traitements préventifs», tandis que «520.000 femmes enceintes n’ont pas accès aux services de santé et 462.000 enfants souffrent de malnutrition aiguë, un chiffre en hausse de 200% depuis le début de la guerre», précise le rapport.

Les ONG travailent dans des conditions extrêmement précaires, les acheminements de médicaments et de nourriture se heurtant à des problèmes administratifs et logistiques malgré deux milliards d'aide promis par l'ONU pour cette année...

A International Rescue Committee dans son rapport d'accuser directement les États-Unis et le Royaume-Uni de soutenir l’Arabie saoudite dans sa «guerre dévastatrice» contre le pays

Joanne Courbet pour DayNewsWorld

DE MEURTRIERS AFFRONTEMENTS A MADAGASCAR

L'opposition au gouvernement malgache avait appelé à manifester contre la nouvelle loi électorale ce 21 avril 2018.

A Madagascar, les députés de l’opposition ont tenté de braver une interdiction de manifester ce samedi 21 avril  2018 à Antananarivo contre les nouvelles lois électorales.

Le préfet de Police de la capitale et le chef de région ont estimé qu'il s'agissait d'un acte illégal.

Le rassemblement a très vite basculé dans de violents heurts avec les forces de l’ordre. La manifestation avait été interdite mardi par les autorités locales et les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants qui ont répliqué en lançant des pierres.

Près d’un millier d’hommes avaient été déployés pour contenir plusieurs milliers de manifestants. Il y a eu beaucoup de jets de pierres en réponse à des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes mais également à des tirs de balles en caoutchouc.

Ce n’est que vers midi que les forces de l’ordre ont usé de leurs armes pour tirer en l’air à balles réelles.

Dépassées par la situation une quarantaine de militaires a trouvé refuge entre les murs de l’hôtel de ville avantd' être exfiltrés.

Les policiers sont armés pour certains d'entre eux d'armes à feu. Ils se déplacent dans les rues de la capitale malgache en pick-up et en moto pour contenir la foule en colère.Ce matin, les affrontements entre les forces de l’ordre ont duré plus de trois heures.

Selon un bilan provisoire donné par le chef de l’hôpital HJRA d’Antananarivo, les affrontements ont fait pour l'heure, 4 mortschez les manifestants, dont deux enfants, et une vingtaine de blessés évacués aussi bien d'un côté comme de l'autre.

L'opposition quant à elle, estime qu'elle a l'autorisation délivrée par la Commune urbaine d'Antananarivo, dirigée par l'épouse de l'ex-président Ravalomanana.

« Nous n’en resterons pas là », a prévenu la députée du parti TIM Hanitra Razasmanantsoa, considérée ces derniers jours comme la porte-parole de l’opposition.

La députée a par ailleurs interpellé le président de la République, actuellement à l’extérieur du pays. Hanitra Razasmanantsoa a demandé à Hery Rajaonarimampianina de rester là « où il est » et de « ne plus revenir pour le bien du pays et de son peuple ».

L’opposition proteste contre « l’adoption scandaleuse de trois lois électorales » au début d’avril par le Parlement.

Des nouvelles lois électorales en cause

Il s'agit d'une lutte contre les lois électorales votée le 4 avril dernier qui est à l'origine de ces mouvements de colère. L'une d'entre prévoit notamment l'inéligibilité des candidats déjà condamnés. Les partis des deux anciens présidents, le TIM de Ravalomanana et le Mapar de Rajoelina et leurs 73 députés contestent ce vote qui excluraient de fait leur leader.

Des actes de corruption pour acheter la voix des parlementaires auraient été constatés par l'opposition. La Haute Cour doit valider dans les prochaines semaines ces nouvelles dispositions.

Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LES FUNERAILLES DE WINNIE MANDELA

REMPART CONTRE L'APARTHEID JUSQU'A SA MORT

Le cercueil de «Mama Winnie», recouvert du drapeau sud-africain, a quitté samedi matin son domicile de Soweto.

Des milliers de personnes ont rendu un dernier hommage samedi, dans le township sud-africain de Soweto, à Winnie Madikizela-Mandela, l’héroïne populaire de la lutte contre l'apartheid.

Après dix jours de deuil national décrété en souvenir «Mama Winnie», «la Mère de la nation», décédée le 2 avril à 81 ans, a eu lieu la cérémonie organisée dans le stade d'Orlando.

«C'est ma mère qui a gardé vivante la mémoire de mon père» Nelson Mandela pendant ses 27 années de détention avant qu'il ne devienne président en 1994, a rappelé sa fille aînée, Zenani Mandela-Dlamini.

C'est elle qui «a gardé son nom sur les lèvres des gens, qui a gardé sa mémoire dans le cœur de gens», a-t-elle ajouté pendant que de nombreux chants de lutte étaient chantés dans le stade noir de monde.

Sa fille n'a pas manqué de sen prendre' violemment à ceux qui ont voulu «diaboliser» l'image de sa mère alors qu'elle a combattu et «triomphé» de «l'un des régimes les plus puissants et cruels du siècle dernier».

«Pourquoi ne pas avoir fait de même pour ses homologues masculins et rappeler au monde les nombreux crimes qu'ils ont commis avant d'être appelés saints», a-t-elle dénoncé avec justesse. Le parcours de Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela, connue sous le nom de «Winnie», est indissociable du premier président noir d'Afrique du Sud.

Si Winnie Mandela a été mise en cause dans les exactions commises par sa garde rapprochée, le «Mandela United Football Club», et condamnée à deux ans de prison avec sursis et une amende pour l'enlèvement en 1988 de quatre jeunes hommes, elle n'en reste pas moins un « rempart » contre l'apartheid et a «montré le chemin dans les périodes les plus difficiles» a rappelé le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Elle est restée «révolutionnaire» jusqu'à sa mort, «elle ne s'est jamais fait acheter», a martelé à son tour Julius Malema, le chef du parti de la gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF).

« Un roc » inébranlable, « une héroïne ».

Andrew Preston pour DayNewsWorld

REELECTION SANS SURPRISE DE AL-SISSI

A LA PRESIDENCE EGYPTIENNE

Quelque 60 millions d’électeurs égyptiens, sur près de 100 millions d’habitants du pays le plus peuplé du monde arabe, ont été appelés aux urnes les 26, 27 et 28 mars.

Et c'est sans surprise aucune, avec plus de 90 % des voix, que le président sortant Abdel Fattah al-Sissi âgé de 63 ans a remporté l'élection présidentielle, selon les premières estimations publiées jeudi 29 mars par la presse d'État. Le seul autre candidat, Moussa Mostafa Moussa, a recueilli environ 3% des voix.

Une victoire attendue puisqu'il n'avait face à qu' un seul adversaire, Moussa Mostafa Moussa, inconnu du grand public et partisan affiché du chef de l'État ! Les autres candidats potentiels avaient été emprisonnés ou fortement dissuadés de se présenter. La réélection de Al-Sissi lors de ce nouveau scrutin qui s'est tenu de lundi à mercredi ne surprend donc aucun observateur.

Même si Moussa Mostafa Moussa s'est défendu d'être en lice pour éviter un plébiscite du président sortant, il n'en demeure pas moins que les candidats sérieux avaient été évincés de la course. Ce que dans une interview à la télévision, le président avait estimé regrettable !! .

« J’aurais aimé que soient présents un, deux, trois ou 10 des meilleurs » candidats, avait-il assuré.

Toutefois le taux de participation qui tourne autour des 40% montre le peu d'intérêt qu'a suscité l’élection auprès de la population malgré les menaces d'amendes pour les abstentionnistes. Des millions de jeunes très actifs lors de la révolution de 2011 ont été déçus par la dérive autoritaire du pouvoir et ne se sont pas rendus aux urnes. Des ONG accusent sans ambages les autorités de violations des droits de l'Homme, comme des disparitions forcées, des arrestations arbitraires et des détentions illégales.

Abdel Fattah al-Sissi estimait déjà en 2014 que « parler de libertés » ne devait pas primer sur la « sécurité nationale ». Le terrorisme reste en effet une grande menace dans le pays. Les attentats se sont multipliés ces dernières années et l'Etat islamique oppose une résistance farouche aux forces du régime dans le Sinaï. Non seulement de nombreux policiers et soldats ont été tués dans ces attaques, mais l'EI s'en est également pris aux civils, notamment à la minorité religieuses coptes, qui a payé un lourd tribut en 2017.

Le 9 février, l'opération "Sinaï 2018" a été lancée pour éradiquer les bastions djihadistes qui sévissent depuis cinq ans. À ce jour, la campagne, qui a fait plus de 100 morts parmi les jihadistes mais aussi au moins 20 au sein de l’armée, se poursuit. Mais les cellules de l'EI dans le reste du pays n'ont pas toutes été dissoutes loin s'en faut..

En plus de la menace terroriste toujours présente en Egypte, la crise économique persiste. En dépit de la mise en place d'un programme de réformes, initié avec une aide de 12 milliards de dollars du Fonds monétaire international, l'Égypte subit toujours de plein fouet la crise économique qu'elle connaît depuis les révoltes de 2011. Malgré une légère amélioration par rapport à 2014, le niveau de vie de la population reste au plus bas avec des prix qui ont triplé affectant durement les ménages égyptiens. De plus l'économie n'arrive pas à absorber les 700 000 jeunes de plus en plus éduqués qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

Seule note positive: le pays jouit dernièrement de l'embellie du tourisme après des années de marasme. En 2017, 8,3 millions de visiteurs se sont rendus dans le pays.

Face aux difficultés économiques et à la persistance des troubles sécuritaires Abdel Fattah al-Sissi, qui gouverne d’une main de fer depuis la destitution en 2013 de son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi, doit surmonter deux défis : sortir de l'impasse économique et juguler la menace terroriste.

Joanne Courbet pour DayNewsWorld